Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > L’exploitation des employés par la diaspora arabo-musulmane au (...)

L’exploitation des employés par la diaspora arabo-musulmane au Burundi

Les méthodes d’embauche et conditions de travail des employés chez les riches commerçants arabo-musulmans constituent une exploitation d’êtres humains, et frôlent le racisme ; mais elles restent ignorées ou impunies dans ce pays où il est presque impossible de trouver un travail bien rémunéré.

Au Burundi, les gens ont tendance à dire que le « travail appelle le travail », signifiant que c’est au sein d’un travail qu’on peut en trouver un autre, ou aussi longtemps qu’on ne travaille pas, il sera en pratique difficile de trouver un travail ; ou encore, pour espérer trouver un travail rémunérateur, il faut commencer par un travail moins rémunérateur. Et ce travail moins remunérateur se trouve généralement chez les commerçants arobo-musulmans, appelés aussi « njinji » au Burundi.

Ces commerçants, pour la plupart, sont originaires de la péninsule arabique, principalement des Emirats arabes-unis, et sont présents au Burundi depuis plus de quatre décennies.

Quatre-vingts pour cent de ces Arabes viennent de Mascat, territoire faisant partie des Emirats arabes-unis, même si plus de deux tiers ne sont jamais partis chez eux, rendre visite à leurs ancêtres ou aux membres de leurs familles vivant dans la péninsule arabique.

Ces riches commerçants vivent avec leurs familles dans le quartier appelé quartier asiatique, où ils sont majoritairement représentés.

Dans ce quartier vivent plus de trois génerations d’Arabes, dont certains ont épousé des femmes burundaises et donné naissance aux enfants métis, lesquels ont aussi épousé des femmes burundaises, qui ont donné naissance à des enfants difficilement identifiables aux Arabes. Ce qui fait que ce quartier regorge d’Arabes blancs, métis et noirs.

Ces familles arabes sont détentrices de deux tiers des commerces de détail, notamment des magasins, centres commerciaux, cyber-cafés, transport des marchandises, commerce de carburant, etc. Bénéficiant des apports de capitaux des Emirats arabes-unis, surtout de Dubaï et Mascat, ils sont parvenus à bâtir un empire commercial et économique au Burundi.

Cependant, leurs méthodes de travail, et les conditions dans lesquelles se touvent leurs employés, relèvent de l’esclavagisme et frôlent le racisme.

D’abord, ils évitent d’employer les personnes qui ont fréquenté l’école, puisqu’ils les considèrent comme suspectes et capables de dévoiler leurs mauvaises méthodes de travail. D’ailleurs, ces Arabes ne sont jamais passés sur les bancs de l’école, le commerce étant leur seule préoccupation.

Les employés qui acceptent de travailler avec eux doivent cumuler des fonctions au sein de la société ou de la maison ; il n’est pas rare de trouver un comptable faire aussi le chauffeur ou le précepteur de leurs enfants.

Les employés vendeurs doivent aussi faire les travaux domestiques dans leurs maisons après les heures de travail.

Le système d’embauche n’est fonction ni de la compétence ou aptitude du demandeur d’emploi, ni de son CV, mais des affinités qui rapprochent le demandeur d’emploi de la famille.

La hiérarchisation au sein du travail est aussi inexistante, parce qu’un planton ou portier peut avoir un salaire plus élevé que celui d’un chef comptable ou d’un magasinier.

Les salaires fixés par ces commerçants ne tiennent aucunement compte de la position de l’employé dans la société. Comme les salaires sont fixés arbitrairement, selon le bon vouloir du patron, ils sont payés irrégulièrement, sans respect du calendrier convenu.

D’ailleurs, les salaires payés par ces commerçants arabes ne garantissent en rien le pouvoir d’achat du consommateur : un employé perçoit en moyenne 25 000 francs mensuels, soit 24 dollars US ; un planton ou veilleur de nuit a à peine 10 000 francs par mois, soit l’équivalent de 9 dollars US.

Parfois, les maigres salaires ne sont pas versés en espèces, mais en nature, habits ou objets vendus dans le magasin.

Cette somme non seulement ne suffit pas à couvrir les frais de transport mensuels, mais encore ne permettra pas à l’employé de se nourrir ni se vêtir. De plus, l’’employé devra non seulement travailller au magasin ou dans la société, mais il lui sera aussi demandé d’exécuter certains travaux ménagers, pour le même salaire.

Les horaires de travail ne sont jamais respectés, puisque l’employeur estime qu’il a fait une grande faveur à l’employé en l’embauchant, et que ce dernier doit rester travailler toute la journée aussi longtemps que son employeur aura besoin de lui.

Il n’est pas rare de constater que certains employés travaillent du matin au soir sans repos, sans recupération, et sans paiement d’heures supplémentaires, et ils n’ont aucunement le droit de contestation, sous peine de se retrouver du jour au lendemain dans la rue, comme la plupart des personnes.

Pour les jeunes filles employées, la situation est encore pire, parce que les salaires perçus seront fonction de l’acceptation de relations sexuelles avec le patron, et les jeunes filles refusent rarement cette proposition, puisqu’elles sont devant un dilemme : perdre son emploi, ou le conserver et bénéficier de divers avantages, comme l’augmentation du salaire ou la promesse de devenir la maîtresse du patron et bénéficier de tous les avantages dont une femme peut jouir dans son foyer.

D’ailleurs, plusieurs mariages et relations entre ces arabes commerçants et les filles employées ont débuté de la sorte ; certaines femmes burundaises mariées à ces riches commerçants arabes ont été dans le passé leurs employées.

Il n’existe aucune règle non plus en matière de licencement des travailleurs : le patron peut décider de licencier sans préavis ; il suffit seulement qu’un employé ne lui plaise pas, ou qu’un des membres de sa famille ne veuille plus le voir. Il n’est pas rare de constater des licenciements à l’emporte-pièce, où en plein travail, le patron décide que l’employé doit partir.

Ces riches arabo-musulmans privilègient aussi les employés de confession musulmane, qui ont l’espoir de disposer de quelques avantages, comme une promotion et une augmentation de salaire. Bien que les activités commerciales dirigées par ces riches arabo-musulmans procurent de l’emploi à de nombreux individus, il est aussi vrai que ces emplois représentent un chômage déguisé, et constituent un passe temps.

L’effort au travail, fourni par certains employés locaux, reste vain, parce que les postes de responsabilité ne seront jamais octroyés à une personne de couleur, mais à des frères arabes.

Ces commerçants prétendent que tous les employés sont des voleurs, et qu’il ne faut pas leur faire confiance.

Dans un pays où les lois s’appliquent difficilement aux riches, les commerçants arabo-musulmans ne s’inquiètent guère, puisque les pouvoirs publics, non seulement n’ont ni les moyens ni les possibilités de proposer autre chose aux employés exploités et mal payés, mais en plus situent leurs priorités ailleurs.

C’est pourquoi ces commerçants constituent un autre pouvoir dans ce pays, parce qu’ils peuvent influer sur le cours de certains produits stratégiques, comme les hydrocarbures, dont ils detiennent presque le monopole du transport et de la livraison dans différentes stations à travers le pays.

Certains habitants de la capitale, Bujumbura, estiment que travailler chez un commerçant arabe, c’est accepter de tout faire, de tout donner. C’est pour cette raison que de nombreuses personnes choisissent de travailler chez ces riches commerçants arabes quand elles ont constaté qu’elles n’ont d’autre choix.

Avec la mondialisation, qui facilite la circulation des biens et services, ces riches commerçants arabes présents au Burundi effectuent des transferts de fonds dans leur pays d’origine, en investissements, dans l’immobilier et dans les services. Et ces richesses proviennent du travail que fournissent pour eux ces employés locaux burundais, mal payés, mal nourris, et victimes de tous les sévices.

Source : Kilosho Barthélemy Covalence Genève


Moyenne des avis sur cet article :  3.93/5   (71 votes)




Réagissez à l'article

464 réactions à cet article    


  • (---.---.152.139) 17 octobre 2006 10:56

    On trouve ce que tu decris comme esclavage un peu partout :

    Les commerçants français au Sénégal.

    Les conditions de certains immigrés en France.

    Les conditions des noirs et des hispaniques aux USA.

    Et j’en passe...Partout où le travail ne court pas les rues...

    Alors coller : « Arabo-musulman » sur cet aspect de rélation employeur-employé me semble faire partie de ce qu’on appelle : « Article d’appel »...Sans plus !

    Que fait le gouvernement devant ce que tu décris comme pratiques non conformes aux droits de l’homme ?

    Pourquoi la loi ne s’applique que difficilement aux riches ?

    Tout le monde veut être dans l’air du temps, cela devient un phénomène de média chez nous !

    Bien à toi


    • Bof (---.---.237.238) 18 octobre 2006 17:53

      Et les caissières de supermarché ?


    • José w (---.---.25.142) 17 octobre 2006 11:06

      Ah, toujours cette islamophobie rampante qui se répand en large et en travers.

      Le système est simple et bien rodé : les médias alignés donnent le ton sous la pression des lobbies qui les détiennent ou les gouvernent (leurs actionnaires militaro-financiers en général), et ils sont ensuite relayés par tous les idiots « utiles » (et il n’en manque pas, il suffit de regarder les très nombreux articles à ce sujet sur Agoravox), qui espèrent, par leur modeste contribution spontanée, que les « grands » les remarqueront et leur rendront l’ascenseur un jour ou l’autre, ou pour le moins, noteront leur bienveillance et leur aimable collaboration...

      C’est parait-il ce qu’en France on appelle la « démocratie »...


      • Ezzedine el Kassem falloujah 17 octobre 2006 11:10

        Je me demande si l’auteur ne cache pas une certaine Arabophobie, racisme très développé chez les Chrétiens noirs de Côte d’Ivoire, du Malawi et du Burundi, derrière sa juste dénonciation d’une exploitation de main d’oeuvre, et « d’employés », comme malheureusement on n’en voit trop souvent.

        Sélim l’Arabe


        • Ezzedine el Kassem falloujah 17 octobre 2006 11:13

          Bravo José W tu as vu très juste,ils exploitent le filon jusqu’à la corde, mais la ficelle commence à devenir un peu grosse « toujours la même dénonciation d’un fait particulier faire monter en neige l’Islamophobie très répandue » et laisser prendre la bouillie indigeste.

          Sélim Sabbah

          Historien


        • panama (---.---.198.59) 17 octobre 2006 11:19

          J’ai du mal à croire que l’ethnie dominée (noire et chrétienne) soit plus raciste que l’ethnie dominante (d’origine arabe et musulmane)...

          Ce n’est malheureusement pas une question de religion ici. L’exploitation de l’homme par l’homme est bien une réalité de notre monde actuel.

          Un peu plus dure à supporter quand le pays n’a pas de loi protégeant tous ses citoyens, ou ne peut pas les faire appliquer.

          Car objectivement, il vaut mieux être tunisien en France que noir et chrétien au Burundi, d’après ce que raconte l’auteur...


        • (---.---.143.61) 17 octobre 2006 11:11

          arabes par ci, arabes par la ! on s’en lasse pas chez agoravox de taper chez nos amis arabes !


          • (---.---.152.139) 17 octobre 2006 11:58

            Y a-t-il que ce problème qui fait surface, aujourdhui et comme par hasard...en Burundi ?

            Tous ces massacres entre ethnies, génocides au Rwanda et au Burundi, d’où viennent les armes ?

            Que pense l’auteur de l’ ampleur du phénomène des enfants soldats au Burundi ?

            Que dit La Constitution de la République du Burundi ?

            ...


            • Tristan Valmour 17 octobre 2006 12:51

              Monsieur,

              Ce que vous évoquez est une bien triste réalité que connaissent de nombreux pays d’Afrique Noire, j’en parle par expérience. Mais contrairement à vous, je ne vais pas en accuser une communauté particulière, ici les « arabo-musulmans ».

              Prenons la Côte d’Ivoire d’avant la guerre civile, le dernier pays d’Afrique où j’ai vécu. Je vais shématiser l’organisation de l’économie ivoirienne et on pourra toujours trouver à redire : les grandes entreprises sont détenues par des Français, le moyen commerce par les Libanais (chrétiens et musulmans), le petit commerce par les Sénégalais, quelques Ivoiriens et d’autres communautés. On y trouve également une importante communauté de Burkinabés et de Maliens qui constitue la main d’oeuvre. Les Burkinabés et les Maliens sont noirs et musulmans. La première partie du shéma (Français et Libanais) se retrouve dans presque tous les pays d’Afrique de l’Ouest.

              Un nombre important de Libanais (musulmans comme chrétiens) non scolarisés dans les écoles françaises ou internationales maltraitent certes les Africains et adoptent un comportement ouvertement raciste. Certains Français aussi, mais il est vrai que d’expérience, ils ne sont plus guère nombreux. On pense tous aux « célibataires » (qui ont laissé leur femme en France) qui écument Treshville ou la Zone 4 à la recherche de « go ». Un nombre important de Sénégalais (musulmans) et d’Ivoiriens (chrétiens) aux revenus confortables pour le pays maltraitaient également les Burkinabés (musulmans) et les Maliens (musulmans). Bref, le racisme et la maltraitance se retrouve un peu partout, même s’il faut reconnaître qu’il y a eu d’énormes progrès (il faut encore en faire) au sein de la communauté blanche. L’effet de l’éducation peut-être ?

              Quel est le dénominateur commun ? C’est l’accès au pouvoir, à la puissance, qui conduit certains - et ils sont en effet trop nombreux - à adopter un comportement inhumain, ce, en l’absence d’un Etat capable de se gérer. C’est l’accès à l’éducation qui permet d’éviter cela. Malheureusement, d’après l’UNESCO, l’éducation recule dans ces pays (augmentation du nombre d’enfants/ classe, et profs très mal payés).

              cordialement


            • Marsupilami (---.---.54.163) 17 octobre 2006 13:55

              @ Tristan Valmour

              Bien vu, mais malheureusement l’éducation ne suffit pas pour endiguer l’esclavagisme. Voir par exemple le sort que les Italiens (qui ont un système éducatif qui fonctionne à peu près) réservent à leurs esclaves de la tomate (article paru dans Courrier international que je reproduis intégralement vu qu’il n’est accessible que dans l’espace abonnés :

              CLANDESTINS DANS LE SUD DE L’ITALIE • Un saisonnier en enfer

              De l’aube au crépuscule, des immigrés récoltent les tomates à la merci de contremaîtres sans scrupule. Un reporter de L’Espresso s’est fait passer pour l’un d’eux.

              Le patron porte une chemise blanche, un pantalon noir et des chaussures poussiéreuses. Né dans les Pouilles, il parle très peu italien. Pour se faire comprendre, il fait appel à son gorille, un Maghrébin qui assure l’ordre et la sécurité dans les champs. “Demande-lui un peu ce qu’il veut, celui-là. S’il cherche du travail, dis-lui que pour aujourd’hui nous sommes au complet”, lâche-t-il en dialecte avant de s’en aller à bord de son 4x4. Le Maghrébin, lui, parle parfaitement italien. Il n’a pas de galon sur son tee-shirt taché de sueur, mais on sent tout de suite que le chef, ici, c’est lui. “Tu es roumain ?” Un demi-sourire lui confirme qu’il ne s’est pas trompé. “Je peux te prendre, mais demain, promet-il. Tu as une copine ? - Une copine ? - Amène-moi une de tes copines. Pour le patron. Si tu lui en amènes une, il te fait travailler tout de suite. Une fille, n’importe laquelle.” Le petit chef désigne une jeune fille d’une vingtaine d’années qui s’active avec son compagnon autour d’un gros engin servant à la cueillette mécanique des tomates. “Ce sont des Roumains, comme toi. Elle, avec le patron, elle y est allée, précise-t-il. - Mais je suis tout seul.- Alors, pas de travail.”

              Une jeune fille pour le patron, pour qu’il puisse la violer. Voilà le prix de la main-d’œuvre au cœur des Pouilles. Un triangle d’esclaves qui recouvre la quasi-totalité de la province [département] de Foggia, de Cerignola à Candela, en passant par San Severo, au nord. Ils sont au moins cinq mille, voire sept mille. Personne ne les a jamais recensés avec précision. Tous sont étrangers. Tous exploités et payés au noir. Des Roumains avec ou sans carte de séjour, des Bulgares, des Polonais, mais aussi des Africains originaires du Nigeria, du Niger, du Mali, du Burkina Faso, d’Ouganda, du Sénégal, du Soudan et d’Erythrée. Certains sont arrivés il y a quelques jours. Ils sont partis de Libye parce qu’ils savent qu’ici, l’été, ils vont trouver du travail. Pour veiller sur leurs affaires, les agriculteurs et propriétaires terriens s’appuient sur un réseau de contremaîtres sans pitié [les caporali, comme on les désigne en italien], pour la plupart des Italiens, des Arabes et des Européens de l’Est.

              Ils logent leurs saisonniers dans des taudis sans eau, sans électricité ni hygiène. Ils les font travailler de 6 heures du matin à 10 heures du soir. Et ils les paient - quand ils les paient - 15 à 20 euros par jour. Ceux qui protestent sont réduits au silence à coups de barre de fer. Certains se sont adressés à la préfecture de Foggia. Là, ils ont fait connaissance avec la loi sur l’immigration. Ils ont été arrêtés ou simplement expulsés parce qu’ils n’avaient pas de permis de travail. D’autres se sont enfuis. Les gorilles les ont cherchés toute la nuit. Ils les ont rattrapés. Certains ont été tués.

              C’est la saison de l’or rouge, l’époque de la cueillette des tomates. Les fruits cultivés ici finissent en boîtes ou en coulis, et les moins mûrs, en salade. Ils partent du triangle des esclaves pour arriver dans les assiettes de toute l’Italie et d’une bonne partie de l’Europe. Sans compter les tomates en grappes pour les pizzas, ou d’autres légumes comme les aubergines et les poivrons. Dans quelques jours, ce sera le moment des vendanges. Les exploitants feignent de ne rien savoir. Et, une fois la cueillette terminée, ils iront tous faire la queue pour encaisser les subventions de Bruxelles.

              Il suffit d’un rien pour entrer sur le marché le plus sale de l’Europe agricole : un nom inventé, qu’on utilisera de temps à autre ; une photocopie de l’arrêté de refus de séjour délivré il y a un an par le centre de détention des immigrés de Lampedusa ; et un vélo, pour fuir le plus loin possible en cas de danger. Le contremaître qui exige une jeune fille en sacrifice contrôle la cueillette des tomates à Stornara. L’un des premiers champs à gauche à la sortie du village, le long de la route qui mène à Stornarella. Pour arriver jusqu’ici, il faut pédaler sur la nationale 16 avant de se faufiler sur une dizaine de kilomètres parmi les oliveraies. A la gare de Foggia, Mahmoud, un Ivoirien de 35 ans, m’avait dit que la récolte avait sans doute déjà commencé. Lui, il vit dans un fossé du côté de Lucera et est sans travail. Les tomates doivent encore mûrir, alors, en attendant, Mahmoud vivote en vendant des renseignements aux derniers arrivants pour quelques pièces.

              Ce doit être la journée la plus chaude de l’été. Quarante-deux degrés, annonçaient les journaux à la gare. Dans l’air brûlant, une étable abandonnée se dresse, perdue dans les champs. A l’intérieur, des Africains se reposent sur un vieux canapé, sous un arbre. L’un d’eux parle tamachek. Ce sont des Touaregs. Un salut dans leur langue facilite les présentations. La ségrégation raciale est très stricte ici. Les Roumains dorment avec les Roumains, les Bulgares avec les Bulgares, les Africains avec les Africains. Même chose pour le recrutement. Les contremaîtres ne tolèrent aucune exception. S’il veut voir comment les Noirs sont traités, un Blanc n’a pas d’autre choix que de prendre un faux nom : Donald Woods, sud-africain, comme le célèbre journaliste qui a dénoncé les atrocités de l’apartheid au reste du monde. “Si tu es sud-africain, tu peux rester”, me lance Asserid, 28 ans. Parti de Tahoua, au Niger, en septembre 2005, il a débarqué à Lampedusa en juin 2006. Cela fait cinq jours qu’il est dans les Pouilles. Il est resté enfermé quarante jours au centre de détention de Caltanissetta, en Sicile, avant d’être relâché avec un arrêté de refus de séjour. Asserid a traversé le Sahara à pied et en 4x4 décati jusqu’à Al-Zuwara, la ville libyenne des trafiquants et des bateaux qui lèvent l’ancre pour l’Italie. “En Libye, tous les immigrés savent que les Italiens recrutent des étrangers pour la cueillette des tomates. C’est pour ça que je suis ici. Mais ce n’est qu’une étape. J’espère pouvoir bientôt économiser et aller à Paris”, me confie Asserid. Adama, 40 ans, Touareg nigérien d’Agadez, a fait le trajet inverse. Il a atterri à Paris avec un visa de tourisme. Mais les choses ont mal tourné, et ce travailleur clandestin s’est fait expulser de France. Il est alors descendu dans les Pouilles, répondant à l’appel de l’or rouge. “Ici, c’est le campement touareg le plus au nord de l’Histoire”, dit-il en riant. Pourtant, il n’y a pas quoi de rire. L’eau qu’ils tirent du puits est pleine de purin et de désherbants. Les W-C ? Une colonie de mouches au-dessus d’une fosse. Pour dormir à deux sur des matelas crasseux par terre, ils doivent payer au contremaître 50 euros par personne et par mois. Et encore, le tarif est avantageux. Dans d’autres taudis, on retire jusqu’à 5 euros par nuit sur les salaires. Ils doivent aussi verser 50 centimes, voire 1 euro, par heure travaillée, auxquels viennent s’ajouter les 5 euros par jour pour le transport dans les champs. A deux heures et demie de l’après-midi, le caporale arrive à bord de sa Golf. “C’est vraiment un Africain, celui-là ?” demande-t-il aux autres en désignant le seul Blanc de l’assistance. Personne ne peut répondre avec certitude. “Je paie 3 euros de l’heure. Ça te va ? Si t’es d’accord, monte.”

              Trois devant, cinq à l’arrière et un jeune garçon blotti sur la plage arrière. Rien que pour ce trajet de dix minutes, le gorille va encaisser 40 euros. Les autres l’appellent Giovanni. Ils ont déjà travaillé de 6 heures à 12 h 30. La pause de deux heures n’est pas un cadeau de la direction. Aujourd’hui, il fait tellement chaud que les patrons ont dû faire la sieste. “Moi John, et toi ?” se présente aussitôt Giovanni en me regardant dans le rétroviseur. Et d’ajouter : “John est gentil si toi gentil. Mais si toi méchant...” Il ne comprend ni l’anglais ni le français, ce qui a l’avantage de mettre un terme à la conversation. Mais le poignard de plongée qu’il tient bien en vue sur le tableau de bord parle pour lui. “Giovanni, aujourd’hui, on est vendredi et tu ne nous as pas payés depuis trois semaines. On a bientôt fini notre réserve de pâtes. Ça fait quinze jours qu’on ne mange que des pâtes à la tomate. Les jeunes sont épuisés. Ils ont besoin de viande pour travailler”, rappelle Amadou, 29 ans, originaire du Niger, reflétant l’humeur de chacun. Les 3 euros de l’heure qu’on leur avait promis n’étaient qu’un leurre. Mais Giovanni promet encore. Quand il répond, il dit toujours : “Nous les Turcs...” Sa plaque d’immatriculation est pourtant bulgare. Et, avec son accent, il pourrait bien être russe ou ukrainien. “Je te jure sur Dieu, poursuit-il. Aujourd’hui, il y aura de l’argent pour vous payer. Tu dois me croire. Je travaille comme toi à Stornara. Je ne me moque pas de mes collègues.” Giovanni habite un pavillon en brique, sur la droite à mi-chemin de la route qui mène à Stornarella, pas très loin d’une autre étable croulante sans eau, remplies de matelas et d’esclaves.


            • Marsupilami (---.---.54.163) 17 octobre 2006 13:56

              La Golf file à toute allure en direction de Lavello. Le champ est coincé entre deux vignobles. Les tomates doivent être cueillies à la main. Quand il voit arriver le groupe d’Africains, le patron imite le cri des singes. Puis il donne ses ordres mêlés d’insultes. Au même instant, une camionnette décharge neuf Roumains. Parmi eux, trois jeunes filles, les seules de toute l’équipe. On travaille tête baissée. Et gare à ceux qui lèvent les yeux ! “Qu’est-ce que t’as à regarder ? Baisse les yeux et cueille”, vocifère le patron en se rapprochant dangereusement. Il s’appelle Leonardo, il est originaire des Pouilles et a une trentaine d’années. Il porte un bermuda, un marcel et des lunettes de soleil à la mode, comme s’il revenait tout droit de la plage. D’après sa façon de parler, ce doit être le propriétaire de l’exploitation agricole, à moins que ce ne soit son fils. Il s’occupe de la main-d’œuvre - une sorte de chef des sous-chefs. Leonardo se fait aider par un autre Italien, le contremaître des Roumains, tee-shirt blanc, cheveux longs et moustache soignée. Un troisième Italien est là, probablement l’acheteur de la récolte. Maigre, cheveux courts et blonds, téléphone portable autour du cou sur une chaîne en or. Il parle avec un fort accent napolitain. Il gare son 4x4 et donne aussitôt de la voix. Quelqu’un a posé par erreur des cageots pleins sur des plants de tomate. “Le premier que je revois poser un cageot sur les plants, que Jésus-Christ m’en soit témoin, je lui casse la tête avec”, aboie-t-il comme un fou.

              Giovanni part chercher d’autres saisonniers. Il revient aussi deux fois avec de l’eau : quatre bouteilles en plastique d’un litre et demi, à partager entre 17 travailleurs assoiffés. Les bouteilles ont été remplies Dieu sait où. L’eau a un sale goût. Mais elle a au moins le mérite d’être fraîche. La plupart des Africains n’ont pas déjeuné, ni même petit-déjeuné. Ils se débrouillent pour manger des tomates vertes en cachette. Et tant pis si elles sont pleines de pesticides. Leonardo veut savoir comment il peut y avoir des Blancs en Afrique. Il déambule entre les dos courbés tel un instituteur parmi des écoliers. Et il donne sa permission à Mohamed, un jeune Guinéen de 28 ans. Ici, pour arrêter de travailler ou pour parler, il faut toujours demander la permission. Mohamed sait bien pourquoi il y a des Blancs en Afrique du Sud. Il est diplômé en sciences politiques et relations internationales de l’université d’Alger. Il parle italien, anglais, français et arabe. Et il répond, tout en restant à genoux devant cet Italien qui n’a pas honte d’admettre n’avoir jamais entendu parler de Nelson Mandela. “Vous avez compris ?” répète Leonardo quelques instants plus tard à ses deux compères. “En Italie, [les Italiens] les plus clairs vivent dans le Nord, tandis que nous, au Sud, on est plus foncés. En Afrique, c’est le contraire, les Blancs sont dans le Sud et les Noirs qui sont là viennent du Nord.”

              Michele est le plus âgé parmi les Roumains. La soixantaine, les cheveux gris, il est en train de charger des cageots pleins sur la remorque du tracteur. Le fond d’un cageot cède et douze kilos de tomates se répandent sur le sol. Michele n’a pas le temps de se baisser pour les ramasser. Leonardo, le poing fermé, le frappe à la tête. “Fais gaffe, connard  ! hurle-t-il. Tu crois qu’on reste là à attendre pour que tu fiches en l’air les cageots ?” Sans doute Michele demande-t-il pardon. Il est trop fatigué et humilié pour parler à voix haute. “Pardon mon cul ! continue Leonardo. Tu dois faire plus attention.” Nous nous arrêtons tous pour regarder. Une jeune fille se redresse pour protester. “Ça suffit maintenant, remettez-vous au travail, sinon ce soir vous ne rentrerez pas chez vous tant que vous n’aurez pas fini”, braille le type à l’accent napolitain en accourant comme un lion en furie. Comme si ces gens avaient un chez-eux. Michele charge à nouveau la remorque, aidé de deux autres Roumains. Mais, une demi-heure plus tard, il s’assied par terre en se tenant la tête. Il saigne abondamment du nez. L’un de ses camarades de travail presse une tomate mûre sur son front pour le rafraîchir. L’homme à la moustache soignée explique à Leonardo ce qui s’est passé. “J’ai dû lui casser une pierre entre les deux yeux. Obligé. Ce con s’en est pris à moi parce que tu l’avais frappé. Et puis, parce que ce soir il n’y a pas d’argent pour les payer. Mais je n’y suis pour rien, moi. C’est lui qui a ramassé une pierre, je la lui ai juste ôtée des mains. Tu te rends compte, menacé par un Roumain de merde !” Leonardo sourit.

              On ne s’arrête qu’au coucher du soleil. Michele va mieux. Les Roumains se rassemblent autour de leur contremaître. Giovanni prend son équipe en photo. Ça l’aide à faire les paies et lui permet de vérifier, au passage, si certains n’ont pas quitté le groupe. Ensuite, il fait signer le registre des heures travaillées. Aujourd’hui, on finit plus tôt que d’habitude. “Les carabiniers patrouillent dans les parages”, expliquera-t-il à Amadou dans la voiture, sur le chemin du retour. Giovanni désigne un champ de tomates le long de la route. “Tu vois, là ? Cet après-midi, les carabiniers sont venus pour embarquer certains de mes gars. Je travaille aussi ici. Des Africains comme toi et des Roumains. Ils les ont embarqués pour les expulser. Mais, n’aie pas peur, le champ où vous travaillez est contrôlé par la Mafia”, affirme-t-il. C’est fréquent, les jours de paie. Parfois, ce sont même les patrons qui appellent les policiers ou les carabiniers pour dénoncer les immigrés en situation irrégulière. Il suffit d’un coup de téléphone anonyme. Les gorilles gardent alors l’argent pour eux. Et la préfecture met à jour ses statistiques en tenant compte des nouvelles expulsions. Amadou lui fait remarquer qu’une fois de plus ils ne sont pas payés. “Tu es musulman ? lui demande Giovanni. Oui ? Alors je te jure sur Allah que, la semaine prochaine, je vous paie tous. Et si vous avez besoin de viande, je te jure que je vous invite tous chez moi. La semaine prochaine, évidemment. Quand vous pourrez payer la viande.”

              Les gorilles opèrent comme une police parallèle. Les exploitants agricoles s’adressent à eux en cas de problèmes, mais aussi pour imposer leurs règles. “Demain matin, je passe vous prendre à 5 heures”, annonce Giovanni après avoir déchargé ses passagers. Il est près de 22 heures. Le temps de prendre une douche improvisée avec l’eau du puits et de préparer un maigre repas, cela fait à peine cinq heures de sommeil. Mes compagnons m’exposent les sanctions. Celui qui se présente en retard est puni à coups de poing une fois arrivé dans les champs ; celui qui ne va pas travailler doit verser une amende de 20 euros au contremaître, et ce même s’il est malade. Même genre d’histoires une cinquantaine de kilomètres plus au nord. Jadis bourg agricole, Villaggio Amendola n’est plus aujourd’hui qu’un village fantôme peuplé d’émigrés roumains et bulgares réduits en esclavage. A Villaggio Amendola, même l’église abandonnée est remplie de matelas. Ici, il n’y a pas un seul Italien. Ce sont tous des cueilleurs étrangers - tous sauf une : Giuseppina Lombardo, 51 ans. Pour les agriculteurs du coin, c’est une sainte femme. Elle et son ami tunisien, un certain Aziz, sont capables de vous rassembler une équipe de cueilleurs de tomates en moins d’une demi-heure. Giuseppina et Aziz ont fait de l’esclavage leur fonds de commerce. Le seul puits de Villaggio Amendola leur appartient. L’eau est polluée, mais ils la vendent quand même : 50 centimes le bidon de vingt litres. Ils possèdent également le seul magasin du village. On y trouve des bouteilles d’eau minérale, pour ceux qui voudraient éviter la dysenterie et perdre ainsi une journée de travail. Ils ont aussi de la viande et de la volaille. “Avec des prix majorés de 100 % et de qualité douteuse”, expliquent les habitants. Aziz, comme tous les autres gorilles, ne pardonne pas à ceux qui parlent. Lui et sa compagne règnent en maîtres ici. Certains se souviennent encore de ce qui s’est passé durant la semaine de Pâques 2005. Un après-midi, un jeune Roumain de 22 ans, arrivé quatre jours plus tôt, revient à Villaggio Amendola des sacs en plastique à la main. Il est allé faire des courses à Foggia et passe devant le magasin du contremaître avec ses achats. Une bouteille d’huile, un peu de pâtes. Aziz aurait pris ça pour un geste de rébellion. Les Roumains racontent avoir vu deux hommes attaquer le nouveau venu peu de temps après et le traîner, ensanglanté et à demi évanoui, à bord d’une fourgonnette. Personne au village n’a plus revu le jeune garçon.

              Les patrons dénoncent les clandestins pour ne pas les payer

              L’histoire s’est répétée le 20 juillet dernier. La veille, Pavel, 39 ans, a eu une altercation avec Giuseppina Lombardo. Il a laissé tomber 15 euros sur le sol du magasin et la femme est persuadée qu’il les avait volés dans la caisse. En Roumanie, Pavel était cuisinier pour 150 euros par mois. Depuis le 20 mars 2004, date à laquelle il est arrivé dans les Pouilles, il supportait sans broncher violence et vexations, afin d’envoyer tout ce qu’il parvenait à économiser à sa femme et à sa “petite fée”, sa fille de 15 ans. Pavel était un rapide. En 2005, il a réussi à remplir 15 bennes par jour : 4 500 kg de tomates, de l’aube jusqu’à la nuit. A 3 euros la benne, la paie était bonne, estimait-il. Une fois déduits le transport et la commission du contremaître, Pavel pouvait gagner de 25 à 30 euros par jour. Mais, le 20 juillet, Aziz l’a empêché de renouveler son exploit. A 2 heures de l’après-midi, une journée où l’on ne travaille pas, le Tunisien l’a surpris pendant son sommeil et l’a roué de coups avec une barre de fer. Le Roumain dit avoir eu la vie sauve grâce à l’intervention de ses camarades de chambrée, qui l’ont pourtant laissé perdre tout son sang sur son matelas jusqu’à 1 heure du matin. Les clandestins ont trop peur d’Aziz. Ils ont peur aussi d’appeler la police, qui risque de les renvoyer chez eux. A 20 heures, quelqu’un a tout de même fini par appeler l’hôpital en cachette. L’ambulance et une patrouille de carabiniers ne sont arrivées que cinq heures plus tard à Villaggio Amendola.

              Le 31 juillet, Pavel a quitté l’hôpital de Foggia, les bras dans le plâtre et des broches plein les os. Violant le code de déontologie, les médecins et infirmières l’ont remis à la police. Là, on le traite en clandestin. Même si, à partir du 1er janvier 2007, tous les Roumains vont être citoyens de l’Union européenne. Les bras immobilisés, Pavel n’arrive pas à tenir un stylo. Le “chef de la police, dottoressa Piera Romagnosi”, paraphant l’arrêté d’expulsion, note qu’il “refuse de signer”. La préfecture de Foggia n’y va pas non plus par quatre chemins. Dans l’arrêté d’expulsion, on précise que Pavel est “sans passeport” - une circonstance aggravante. Et pourtant, Pavel a bien un passeport. Finalement, ne sachant que faire, un inspecteur lui donne 10 euros. Et une voiture de police le reconduit à Villaggio Amendola. Ils le déposent devant le magasin de Giuseppina et Aziz. Le Tunisien s’en occupe sur-le-champ. Il veut montrer à tout le monde qui commande ici. Il menace Pavel, qui part se réfugier dans une maison abandonnée à un kilomètre du village. L’un de ses compatriotes lui apporte en secret un peu de pain et de quoi boire. Après neuf jours de douleurs atroces, un ami roumain parvient à contacter un avocat de Foggia. L’avocat rencontre Pavel et le ramène immédiatement à l’hôpital. Les blessures se sont infectées. Le saisonnier roumain est dans un état grave et souffre de dénutrition. Il est hospitalisé pour une septicémie. Le 21 août, Pavel a de nouveau quitté l’hôpital. Il s’est rendu à la préfecture pour compléter sa plainte contre le contremaître tunisien et sa complice italienne, plainte qu’il n’avait pas pu déposer aux policiers de l’hôpital avant le 14 août. L’avocat qui lui a sauvé la vie l’accompagne. Mais, au terme de sa journée à la préfecture, le parquet le fait arrêter, le considérant comme un immigré clandestin. Il n’a pas respecté son arrêté d’expulsion, qui, comme il est écrit, l’obligeait à quitter le sol italien à partir de l’aéroport de Fiumicino, à Rome. Et peu importe si son état de santé ne lui permettait pas de voyager. On l’oblige à dormir sur un banc de bois dans une cellule. Le jour suivant, son procès s’ouvre, pour être immédiatement reporté au mois d’octobre. Non seulement Pavel a perdu son travail, mais il risque maintenant de un à quatre ans de prison. Plus que ce dont pourra écoper le gorille tunisien, qui, en attendant, reste libre.

              Fabrizio Gatti, L’Espresso


            • Tristan Valmour 17 octobre 2006 20:50

              A Marsupilami,

              Ce que vous dites est vrai, mais cela ne concerne pas 80% des italiens quand même !!!

              Or, c’est sans doute gràce à l’éducation, non ?


            • Marsupilami (---.---.54.163) 18 octobre 2006 05:31

              @ Tristan

              Tu as raison, ça ne concerne que quelques trop nombreuses crapules de l’Italie du Sud. N’empêche : cet esclavage se passe en Europe, et les esclavagistes ont été éduqués. L’éducation ne suffit donc pas. Dans ce cas de figure il faudrait une intervention de l’Etat qui, apparemment, ferme les yeux sur ces horreurs...


            • Torr-Ben (---.---.117.178) 17 octobre 2006 12:33

              Ah bon ! je croyais qu’il n’ y avait que des occidentaux leucodermes qui étaient des salauds...merde alors ! les autres sont comme çà aussi ? Quand je me regarde, je me désole, quand je me compare, je me console.


              • DEALBATA (---.---.166.140) 17 octobre 2006 12:33

                « Avec la mondialisation, qui facilite la circulation des biens et services, ces riches commerçants arabes présents en FRANCE effectuent des transferts de fonds dans leur pays d’origine, en investissements, dans l’immobilier et dans les services. Et ces richesses proviennent du travail que fournissent pour eux ces employés locaux FRANCAIS, mal payés, mal nourris, et victimes de tous les sévices. »

                C’est drôle, j’ai échangé BURUNDI par FRANCE et cela devient tout de suite une fiction, quoique ?Enfin pour la deuxième partie, on ne va plus attendre très longtemps.

                A bon entendeur.


                • Serpico (---.---.206.112) 17 octobre 2006 13:02

                  Tu as mesuré ton QI ?

                  Surtout assieds-toi au moment d’entendre le résultat.

                  On ne sait jamais.


                • (---.---.152.139) 17 octobre 2006 14:37

                  @ Beta bloqué

                  Ton commentaire est un sacré mauvais « DEAL », BETA !

                  Par contre, je te conseille pas de mesurer ton Q.I., reste comme tu es et innonde les fils avec des commentaires pareils.

                   smiley


                • thomas 17 octobre 2006 12:45

                  Faudrait se détendre un peu les arabomusulmans du site. Vous etes toujours a nier des faits qui existent en insinuant une cabale. Ya pas qu’au Burundi ou les conditions de travail des sont catastrophique, c’est sur, mais travaillez dans les pays arabe ca à jamais été une panacée.

                  Ya qu’a voir la situation des travailleurs asiatiques ou noir dans la peninsule arabique.

                  Ya qu’a voir ce qui c’est passé au liban recemment.

                  Desolé mais l’arabe raciste esclavagiste c’est pas un mythe. Abolition de l’esclavage en arabie saoudite 1962.

                  Alors certes tous les arabes ne sont pas des racistes, mais comme à dit un rappeur francais (oxmopuccino) c’est pas évident d’etre noir au Maroc.


                  • Serpico (---.---.206.112) 17 octobre 2006 13:01

                    Il n’y a rien à nier : il y a des cons partout, chez les arabes comme chez les lapons ou les français.

                    Parler de « racisme arabe » efface toute bonne foi de votre part.

                    Toutefois, s’il y a des crimes ailleurs, il s’agit d’être organisé : dans les années 70, en pleine répression chilienne, alors que les chiliens mouraient et disparaissaient par milliers, quelle était la grande cause en France ? L’EXCISION DU CLITORIS chez ces salauds d’Africains.

                    On avait d’un côté le clitoris qui foutait le camp et, de l’autre, des femmes, clitoris compris, qui crevaient.

                    Tout ce qui intéressait les féministes et les droits-de-l’hommistes, c’était le petit bout de chair.

                    Que les gens crèvent, ce qui nous importe c’est le clito.


                  • thomas 17 octobre 2006 13:07

                    excisé une femme ça n’a jamais été un gage d’intelligence. Mais l’excisation comme la maltraitance de ses employé c’est une affaire d’education de culture.

                    Alors défendre une culture sur un point tel que le racisme ou le minimiser c’est etre un con.


                  • Serpico (---.---.206.112) 17 octobre 2006 13:11

                    Le con, c’est celui qui accorde la priorité au clitoris avant la vie humaine.

                    S’il n’y avait pas les massacres de masse, l’excision peut devenir prioritaire.

                    Cela dit, vous vous précipitez à conclure que je suis pour l’excision.

                    Je re-précise : c’est une question d’échelle de valeur.

                    Si je dois choisir entre défendre une femme qui doit se faire exciser et une femme qui va se faire exécuter, il n’y a pas d’hésitation : je défends celle qui va mourir.

                    Vous trouvez que je suis con de faire ça ?


                  • thomas 17 octobre 2006 14:56

                    Je ne vous traité pas de con... « entre choisir entre une femme excisé et une femme executé » il n’y a pas a choisir.


                  • em3xx (---.---.110.3) 17 octobre 2006 16:16

                    En effet Thomas... vous avez raison.

                    Serpico dit : "Si je dois choisir entre défendre une femme qui doit se faire exciser et une femme qui va se faire exécuter, il n’y a pas d’hésitation : je défends celle qui va mourir (...) Vous trouvez que je suis con de faire ça ?

                    Qui vous a demandé de choisir entre les deux ? Je ne sais pas si vous êtes « con » de faire ca mais vous vous posez des questions débiles.


                  • Serpico (---.---.244.102) 18 octobre 2006 00:44

                    em3xx

                    La question est débile mais la réponse des intellos français (et des media) dans les 70 a été de faire passer le clitoris AVANT les massacrés du Chili.

                    On voit bien que vous ne lisez pas jusqu’au bout. Ni d’un bout à l’autre.


                  • Bill (---.---.76.11) 17 octobre 2006 12:54

                    @ Deabalta

                    Deabalta, ne le prends pas mal, je trouve que la façon que tu as de développer ton idée est fort malvenue. Je crois comprendre ce que tu veux dire, mais tu peux aussi t’exprimer en développant ta pensée sur un autre mode, il y a surement des problèmes que tu peux soulever, mais pas de cette façon-là.


                    • wrisya (---.---.231.251) 17 octobre 2006 13:01

                      A l’auteur,

                      Bonjour,

                      La manière dont l’article est rédigé laisse sous-tendre que ces hommes sont exploités par une communauté à cause de leur obédience religieuse (catholiques ou autres) alors qu’à mon sens, ils ne sont exploités que parce qu’ils sont Noirs (comme dans beaucoup d’endroits) et donc, c’est cette dimension là xénophobe qu’il aurait fallu mettre en exergue ou du moins différencier.

                      Je ne trouve pas dans ce cas pertinent de dire qu’ils sont exploités par des arabo-muslims (ce qui relève -à tort- de la redondance pour bon nombre de personnes) car ici, cette appréciation n’apporte aucune pertinence au sujet... En tout cas je ne la vois pas.

                      Cdt


                      • Serpico (---.---.206.112) 17 octobre 2006 13:06

                        Wrisia

                        « ils ne sont exploités que parce qu’ils sont Noirs »
                        — -

                        Il serait difficile d’exploiter d’autres hommes que des noirs dans un pays noir.

                        Encore des conclusions hasardeuses.


                      • wrisya (---.---.231.251) 17 octobre 2006 13:15

                        C’est pourtant simple à comprendre.

                        Je renvoyais aux propos de l’auteur concernant la discrimination exercée par la communauté de commerçants dits « arabes » envers la population autochtone et là, cela n’a rien à voir avec une sorte d’ auto-discrimination.


                      • ka (---.---.30.12) 17 octobre 2006 14:55

                        Bonjour Wrisya

                        Je crois en effet qu’il ne faut pas faire des raccourcis systématiques. Tout homme quelle que soit son origine, sa couleur de peau ou sa confession peut devenir bourreau ou victime. Je pense qu’ici il est plus question de pouvoir, d’argent, d’intimidation, et d’exploitation de la part de certains, de pauvreté et de désespoir de la part des autres, que de couleur de peau ou de confession.

                        En l’occurence ici il s’agit d’exploitation par des arabo-musulmans sur des burundis mais on sait que l’esclavagisme et l’esclavage n’ont pas de couleur. Certains blancs comme ceux cités par Marsu, diplomates africains noirs, ou arabes enrichis aux pétrodollars des pays du Moyen-Orient s’adonnent à l’esclavage moderne en toute impunité. Et quand ce n’est pas de l’exploitation au niveau du travail c’est de l’exploitation sexuelle (les proxénètes) et parfois on mêle joyeusement les deux.


                      • Marsupilami (---.---.54.163) 17 octobre 2006 15:06

                        @ Ka

                        Content de te retrouver dans le cyberespace. Comme tu dis, l’esclavage n’a pas de couleur, de religion ni de niveau d’éducation. L’homme n’est pas un loup pour l’homme, comme disent les crétins qui ignorent que jamais un loup n’aurait l’idée d’inventer l’esclavage, mais un homme pour l’homme. Paradoxe qui n’en est pas un : l’inhumanité est le propre de ce que l’homme peut faire de pire contre lui-même. Foutons la paix aux loups, sauf quand on est bergers et qu’on a des moutons à protéger. Dans ce cas, pas de problème : pan !... et tant pis pour ce qu’en pensent les écolobobos. Grosse bise électronique.


                      • Marsupilami (---.---.54.163) 17 octobre 2006 15:23

                        @ Ka & Wrysia

                        Pour être désagréable, je ferai remarquer que les esclavagistes italiens blancs-catholiques engagent de préférence des « kapos » arabo-musulmans pour surveiller leurs esclaves modernes : ils savent que ce sont des experts (y compris pour esclavagiser leurs « frères » en religion), tout comme les esclavagistes modernes du sud de la France ou de l’Espagne qui opèrent exactement de la même manière.


                      • Marsupilami (---.---.54.163) 17 octobre 2006 15:26

                        Horreur ! le néant bleuâtre est de retour !!! Tous aux abris !


                      • ka (---.---.30.12) 17 octobre 2006 15:46

                        Salut Marsu

                        D’accord avec toi pour dire que l’homme est un homme pour l’homme mais pour ce qui est du pan je ne suis pas écolobobo mais j’aurais du mal peut-être parce que je ne suis pas bergère.

                        Grosse bise à toi aussi.

                        PS : au fait dis-moi, en Palombie les marsupilamis ne sont pas exploités au moins ?

                        Merde Demian West est de retour il va encore tout faire foirer. Il me rapelle Chipeur le renard dans Dora l’exploratrice, bon je pense pas que tu connaisses mais il a exactement la même façon de procéder. Alors que Dora et Babouche vaquent tranquilement à leurs occupations il débarque pour leur chiper quelque chose comme Demian qui déboule sur n’importe quel sujet pour faire sa chasse aux sorcières et nous chiper nos petits moments tranquiles.

                        Demian arrête de faire chier ! Demian arrête de faire chier ! Demian arrête de faire chier !


                      • Marsupilami (---.---.54.163) 17 octobre 2006 16:00

                        Depuis l’apparition de son fil de discussion onaniste « Demian sors de ce corps » sur Agoravox, D.W. n’existe plus que comme roquet-caniche de ceux à l’arrière desquels il se traîne comme un impuissant opposant. Une caricature d’inanité suiviste et faussement récalcitrante. L’inverse d’une vision du monde : un mâchonnage mollasson de mollets dont ces derniers se foutent tant ils sont solides. D.W. n’est plus que l’ombre du chien qu’il n’a pas. Un clone de spectre poursuivant le fantôme de ce qu’il n’a jamais été. Une bavure hypocondriaque, narcissique et grotesque sur la partition du silence. Un poster de star dégringolant du mur d’une chambre d’adolescent depuis longtemps désertée. Un mistral gagnant qui fait perdre à tous les coups : l’inverse de la magie de l’enfance. Ni enfant, ni adolescent, ni adulte, ni vieux, D.W. n’est rien : fausse image bleutée d’une fausse existence sans azurs, la chose se répand comme un Klein vomi bleuâtre, inconsistant mais autosuffisant, à la fois fait-néant et faux néant : néant surpeuplé par le vide de l’inconsistance, parasité par le trop-plein du rien-du-tout égomaniaque, vertige absolu du non-être. Le trollage inepte en tant qu’âme du monde. Le qu’on-m’enterre diffamateur en tant que filousophie. La chose bleuâtre n’est même pas absurde (l’absurde est plus consistant qu’elle) : non, la chose bleuâtre est le reflet exact du monde médiatique moderne : trompeuse, fallacieuse, égotiste, inculte, moi-jeux-esque, bref cauchemerdesque.

                        Et cet ectoplasme caoutchouteux et pollué jusqu’à son manque d’os est l’e-conne d’Adoravox. Que dire de plus ?


                      • ka (---.---.30.12) 17 octobre 2006 16:04

                        « Pour être désagréable, je ferai remarquer que les esclavagistes italiens blancs-catholiques engagent de préférence des »kapos« arabo-musulmans pour surveiller leurs esclaves modernes : ils savent que ce sont des experts (y compris pour esclavagiser leurs »frères« en religion), tout comme les esclavagistes modernes du sud de la France ou de l’Espagne qui opèrent exactement de la même manière. »

                        C’est pas que ce sont des experts mais c’est surtout que ces cons ne se rendent pas compte qu’ils sont eux-même exploités, parce qu’il ne faut pas se leurrer si les ces esclavagistes italiens pouvaient leur cracher à la figure il le ferait sans hésiter. C’est propablement l’appat du gain qui a courcircuité leurs neurones. Mais de toute façon ces « kapos » comme tu dis ne doivent pas être très futés pour en arriver à faire ce qu’ils font : dénigrer leurs frères. Ne pouvant probablement pas convoiter une place un peu plus respectable et rentable entre autre à cause de leurs origines ils s’adonnent à de basses besognes pour des miettes.

                        Mais ce genre de pratiques a concerné tous les peuples. Durant la traite des noirs certains n’hésitaient pas à participer à cette horreur en vendant leurs frères au plus offrant quand il avaient eux-même le privilège de ne pas être esclaves, enfin si on veut.


                      • ka (---.---.30.12) 17 octobre 2006 16:24

                        Waou il est tout ça Demian !

                        Moi je le vois surtout comme quelqu’un qui a tellement l’esprit de contradiction qu’il se contredit lui-même.

                        Il pense tellement détenir la vérité (en réalité sa vérité) qu’il n’est plus crédible quel que soit le thème qu’il aborde, enfin s’il exprime vraiment sa pensée parce que j’ai plus l’impression qu’il ne fait que dire des choses sans véritablement les avoir pensées au préalable, si ce n’est pour les agencer en se persuadant que ça fait beau, donc il privilégie la forme au fond, ce qui est totalement inutile dans un forum citoyen.


                      • Marsupilami (---.---.54.163) 17 octobre 2006 16:27

                        @ Ka

                        Je suis évidemment tout à fait d’accord avec toi. N’empêche que seuls les pays « arabo-musulmans » (pour simplifier) n’ont pas fait leur aggiornamento (c’est une litote ironique) sur l’esclavage, et que les marchands d’esclaves « modernes » très catholiques des abords de la Mediterranée exploitent à fond la tradition arabo-musulmane d’esclavagisme « classsique » et les nervis qu’elle a induits.

                        Humour : je me demande combien d’esclaves possède D.W. pour être tout le temps là sur Agoravox ?


                      • ka (---.---.30.12) 17 octobre 2006 16:36

                        2 secondes Marsu je vais préparer et donner le biberon à ma petite nièce qui vient de se réveiller et je reviens pour continuer notre discussion.


                      • Johan Johan 17 octobre 2006 16:44

                        A Marsu,

                        Je crois que nous avons lu les mêmes articles sur l’esclavage dans le Sud de l’Italie (les Pouilles).

                        A l’article de Courrier Inernational, tu peux ajouter celui du Monde du 23 septembre (qui l’a précédé et inspiré, en fait).

                        Ce ne sont pas forcément des arabo musulmans qui se chargent d’être les kapos. Ce sont les brutes de l’ethnie des esclaves. Ainsi l’envie de se rebeller est moindre (pas de critère racial ou religieux) et il n’y a aucun moyen de feindre l’incompréhension. Les articles évoquaient souvent des polonais.

                        Sans compter la détresse morale que l’on ressent à être opprimé par son frère.

                        Quand à l’aggiornamiento, il n’a pas été fait sur l’ensemble du monde. Si tu veux j’ai écrit un article sur le sujet. sediffuser@hotmail.fr et je te l’envoie (ainsi qu’à toute personne intéressée).

                        A la revoyure.


                      • Marsupilami (---.---.54.163) 17 octobre 2006 16:59

                        @ Johan

                        Je suis d’accord avec toi sur le fond.

                        @ Ka

                        Moi mon truc immédiat c’est pas la tété, mais je vais au bistrot retrouver Idir. Ce crétin bèrbère ne jurait que par Madonna et, pire, Britney Spears et diverses conasses disco étasuniennes. Par la sainte intermédiaire de sa môman (à qui j’ai fait découvrir Souad Massi grâce à mes mauvaises fréquentations), il écoute désormais Souad Massi sans défaillir. Rogntudjuuuu...

                        Bon, j’y vais.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès