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Accueil du site > Actualités > International > L’humanitaire au service du capital

L’humanitaire au service du capital

« nous avons les meilleures relations avec les ONG, qui sont un tel multiplicateur de forces pour nous, une part si importante de notre équipe de combat. (...) Car [nous] sommes tous engagés vers le même but singulier, aider l’humanité, aider chaque homme et chaque femme dans le monde qui est dans le besoin, qui a faim (...), donner à tous la possibilité de rêver à un avenir qui sera plus radieux » disait Collin Powell (1). « Les Etats démocratiques doivent se mobiliser et exiger ce qui n’est au fond que le début de la démocratie, que des personnels humanitaires d’autres pays puissent porter secours à des populations innocentes » renchérit Nicolas Sarkozy à l’occasion du 90ème anniversaire de la Croix Rouge (2).« Ensemble pour l’humanité : 90 ans et au-delà » lui répond Juan Manuel Suárez del Toro son président. Bernard Kouchner, lui, parle de « l’idéologie occidentale des droits de l’homme » et du « droit d’ingérence humanitaire ». Mais ce droit n’est, en fait, que le droit du plus fort c’est-à-dire du non droit. L’humanitaire, quels que soient sa forme et ses acteurs, sert de prétexte et de couverture à des visées hégémoniques et impérialistes. Il est strictement au service du capital et des classes dominantes.

Hier on envoyait les missionnaires pour civiliser les « sauvages » en leur apportant lumière et civilisation, aujourd’hui on « s’ingère humainement » pour leur offrir démocratie et liberté. L’humanitaire a remplacé le missionnaire.

Un homme comme Bernard Kouchner, principal promoteur du « droit d’ingérence humanitaire », symbolise très bien l’hypocrisie, le cynisme et la violence de cette vision « humanitaire » du monde utilisée par les pays riches. Il est l’incarnation vivante de ce que représente ce droit. Payé par Total, il rédige un rapport niant, si l’on peut dire, totalement le travail forcé et les traitements inhumains infligés par le groupe pétrolier aux ouvriers birmans. Kouchner l’humanitaire, était également un farouche partisan de la guerre contre l’Irak (3) dont le nombre de victimes dépasse le million de morts. Kouchner, après Bush et Sarkozy, préparait aussi le monde au « pire » c’est-à-dire à « la guerre » contre, cette fois, l’Iran (4).Son amour pour l’humanitaire n’a d’égal que son admiration pour la guerre !

L’humanitaire et la guerre sont deux moyens contradictoires mais complémentaires avec un seul objectif :servir les intérêts des classes dominantes. Il est difficile de distinguer clairement l’humanitaire du militaire tellement les deux instruments sont imbriqués l’un dans l’autre. On fait la guerre au nom de l’humanitaire et on invoque l’humanitaire pour justifier la guerre. Mais l’humanitaire reste souvent subordonné au militaire comme le rappelle Stéphane Sisco membre du Conseil d’administration de Médecins du Monde, « La coopération s’opère à tous les niveaux sous la conduite du Pentagone, seul capable d’assurer le rôle de leader. Comme nous le voyons en Irak les forces armées fixent l’ordre des priorités et maîtrisent le déroulement de la mission, du pré-déploiement à la sortie de crise (exit strategy). Le contrôle est laissé au militaire, subordonnant l’acteur civil et humanitaire »(5). Idem en Afghanistan : « La militarisation de l’aide, les ERP [Equipes de reconstruction provinciales dirigées par l’Organisation du Traité de l’Atlantique nord, OTAN], le trop grand nombre de services de sécurité et la confusion croissante des rôles ont contribué à réduire l’espace humanitaire et à véhiculer de fausses images sur le travail des ONG », confiait à l’IRIN (un département d’informations humanitaires des Nations Unies) Ashley Jackson, chercheur pour Oxfam à Kaboul(6). Les mêmes raisons engendrent les mêmes comportements au-delà des convictions des militants.

C’est au nom du droit d’ingérence humanitaire que les pays occidentaux (États-Unis, Union Européenne notamment) souvent avec l’aide de l’OTAN, leur bras armé, que le Kurdistan irakien fut envahi en 1991, l’opération « Restore hope » menée en Somalie en 1992, ou l’envoi d’une force d’intervention de l’OTAN au Kosovo en 1999 etc. Quant à l’opération « Turquoise » menée par la France au Rwanda en 1994, toujours au nom de l’humanitaire, après le génocide des Tutsi auquel elle a largement contribué , voilà ce qu’en pensent les prêtres catholiques rescapés de cette tragédie humaine : « Les responsables du génocide sont les soldats et les partis politiques du MRND et de la CDR, à tous les échelons, mais plus particulièrement aux échelons supérieurs, appuyés par la France qui a entraîné leurs milices. C’est pourquoi nous considérons que l’intervention soi-disant humanitaire de la France est une entreprise cynique » (7).

Ainsi le droit d’ingérence, sous des prétextes humanitaires, permet et facilite l’ingérence impérialiste. Le droit d’ingérence est le droit du plus fort. Seuls les États les plus puissants peuvent intervenir et envahir militairement les pays pauvres sous la bannière humanitaire pour mieux piller leurs richesses. C’est pourquoi les pays du sud ont rejeté ce « droit d’intervention humanitaire » à la Havane en 2000 lors du sommet du G77(qui représente tout de même environ les 4/5 de l’humanité).


Chevènement : "Le droit d’ingérence est un néo-impérialisme"
 
Les pays capitalistes ne font appel au droit d’ingérence humanitaire que pour mieux servir leurs propres intérêts. Dans le cas contraire, ils invoquent le droit de non ingérence dans les affaires intérieures des États souverains. Cette vision sélective de l’humanitaire conduit ces États à intervenir massivement par exemple au Kosovo et à rester passif face aux massacres perpétrés par l’armée israélienne à Gaza. C’est de l’humanitaire à géographie variable !
 
Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) et autres associations liées à l’humanitaire, quelque soit par ailleurs la sincérité de leurs militants, ne peuvent que se mouvoir dans les limites de ce cadre général tracées par les intérêts économiques des classes dominantes. La plupart des ONG humanitaires dépendent financièrement de leurs propres États, des instances européennes comme le service d’aide humanitaire de la Commission Européenne (DG-ECHO) ou des institutions internationales. Ainsi par exemple Save the Children USA, International Rescue Committee et World Vision ont reçu un financement de 2 millions de dollars de USAID, l’agence américaine pour la coopération et l’aide humanitaire, pour « soulager » la population irakienne(8). C’est le cas également des ONG humanitaires scandinaves, belges et hollandaises où la part du financement public reste prédominante (9). Et même lorsque ces ONG et associations sont financées essentiellement par des fonds privés comme c’est le cas de Médecins sans frontières(MSF), Médecins du monde(MDM), La Fédération internationale de la Croix-Rouge, Action contre la Faim etc(10), l’influence de l’État reste déterminante ne serait-ce qu’à travers les très généreuses exonérations d’impôts liées aux dons.
 
La collecte de dons justement (fundraising comme elles disent) devient, de plus plus, l’une des priorités pour ne pas dire la priorité des grandes associations humanitaires. Pour atteindre cet objectif vital pour elles, les ONG humanitaires recourent aux mêmes techniques de gestion que les entreprises privées. Pour séduire le généreux donateur, toute une panoplie de techniques est utilisée : marketing (humanitaire ?), publicité commerciale, recours aux agences spécialisées dans les techniques de communication, alliance avec les fondations comme celle du milliardaire bill Gates par exemple et surtout avec les multinationales (on dit partenariat cela fait plus moderne) qui à leur tour instrumentalisent ces associations pour améliorer leur image de marque etc.(11).
 
Mais au-delà de ces techniques, ce qui est frappant c’est cette marchandisation croissante et sans scrupules des principes même de l’humanitaire. Celui-ci, là encore, se révèle un outil intéressant au service de l’entreprise et, partant, du capital.
 
Les entreprises se servent volontiers également de la loi du 4 février 1995 sur le congé de solidarité internationale qui leur permet d’envoyer leurs salariés en mission humanitaire à l’étranger. Le Crédit Agricole, le Club Méditerranée, Price Waterhouse Coopers, IBM, L’Oréal, SFR, Areva etc.(12) ont bien compris l’intérêt de cette opération de relations publiques qui leur permet, à peu de frais, de redorer leur blason bien terni par des scandales sociaux, écologiques et éthiques liés à leur recherche effrénée du profit.
 
L’humanitaire et les grands médias notamment la télévision entretiennent des relations intimes, voire incestueuses. La misère du monde est régulièrement projetée sur la scène médiatique non pas pour expliquer aux citoyens ses véritables causes et dénoncer ses responsables, pourtant connus, mais pour augmenter l’audimat en exploitant les bons sentiments altruistes du téléspectateur. La souffrance humaine se transforme en spectacle. Artistes, sportifs de haut niveau, hommes et femmes politiques etc. sont ainsi utilisés dans ce show médiatique. Le malheur des autres, l’émotion, la détresse humaine attirent le public et, par conséquent, augmentent les recettes publicitaires des chaînes télévisuelles.
 
Les acteurs de l’humanitaire, eux, avec leur rationalité capitaliste de gestion, tentent de « vendre » les souffrances des victimes, à travers les médias, aux précieux donateurs qui sont en quelque sorte leurs « clients ».

L’humanitaire ne fait que soulager, dans le meilleur des cas, très momentanément la détresse humaine. Il ne s’attaque pour ainsi dire jamais aux racines des malheurs des hommes c’est-à-dire au capitalisme et son fonctionnement. Dans ce sens, il est non seulement au service de l’ordre établi, mais il le perpétue. L’humanitaire dans un système inhumain, est donc une illusion pour ne pas dire une absurdité.

 

Mohamed Belaali

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(1) Conférence à Washington, 26 octobre 200, cité par Rony Brauman « Mission civilisatrice, ingérence humanitaire » in Le Monde diplomatique de septembre 2005 :

(2) http://www.francesoir.fr/politique/2009/05/04/nicolas-sarkozy-defend-l-ingerence-humanitaire.html

(3) http://www.rue89.com/2007/08/22/kouchner-en-2003-facile-detre-contre-la-guerre

(4) voir l’AFP du 16 septembre 2007.

(5) http://www.infosentinel.com/info/article_09_sisco.php

(6) http://www.irinnews.org/fr/ReportFrench.aspx?ReportId=85779

(7) African Rights, Death, Despair, 1142. http://www.voltairenet.org/article8056.html

(8) http://www.grip.org/bdg/g2050.html

(9) « Les organisations non gouvernementales (ONG) : un acteur incontournable de l’aide humanitaire », Philippe Ryfman

(10) Voir les sites officiels de ces ONG/Associations notamment leurs rapports financiers.

(11) Pour plus de développements sur cet aspect du sujet, voir le travail de Zsuzsa Ferenczy « Les ONG humanitaires, leur financement et les médias ». Institut Européen des Hautes études Internationales. Comme exemple de ce marketing « humanitaire », voir l’affiche d’Action contre la Faim http://www.culture-buzz.fr/blog/Street-Marketing-Humanitaire-261.html

(12) Pour plus de détails, voir le site de Planète Urgence http://www.planete-urgence.org/

 

En complément : Les ONG avec Christophe Réveillard et Aymeric Chauprade


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32 réactions à cet article    


  • jako jako 28 août 2009 11:51

    Lu d’une traite, bel article . Oui l’autre face du miroir ONG est assez étrange, en plus de ce mouvement dont se sont accaparés pas mal d’organismes/entreprises on va bientot pouvoir rajouter l’ecolobusiness


    • LE CHAT LE CHAT 28 août 2009 13:16

      faire un blocus autour de l’Irak et y laisser mourrir des centaines de milliers d’enfant démontre le respect la vie humaine qu’ont les promoteurs du devoir d’ingérence ...


    • LE CHAT LE CHAT 28 août 2009 12:32

      bonne réflection ! comment ne pas être étonner que les humanitaires soient devenus de cibles dans bien des pays !


      • Annie 28 août 2009 20:03

        Ils deviennent des cibles lorsque l’armée américaine entre autres mais pas exclusivement balancent des colis de vivres des avions. Il devient difficile ensuite pour les populations concernées de faire la distinction. Pendant ce temps, les dirigeants des ONG dînent en bonne compagnie à Davos.


      • John Eastwood 2 John Eastwood 2 28 août 2009 13:14

        Merci à l’auteur pour cet article dont je partage totalement les idées.

        Nos hommes d’affaire privatisent les derniers points d’eau d’une région désertique, pour le compte d’une grande entreprise, et ensuite on envoie nos bonnes âmes humanitaires distribuer des pilules pour lutter contre la soif, voilà notre relation avec les pays en voie de développement…


        • bernard29 bernard29 28 août 2009 13:27

          Attali a trouver mieux et plus direct. Il a bien vu en tant que ex dirigeant de la BERD ( remercié pour cause de mauvaise gestion) que ce n’était qu’une question d’argent . Alors en tant que spécialiste il a réfléchi au comment pomper les gens du Sud en faisant croire qu’on va aider les pauvres à s’en sortir grace au micro crédit à 18 % d’intérêt. Et pendant ce temps là, les planéte-finances « managers » se sucrent en plus avec des subventions. Ils pompent des deux bouts. Et aprés ils viennent faire des conférences et des livres de « prospective ».


          • ZEN ZEN 28 août 2009 13:49

            Merci pour cet article très clair, qui fait le point courageusement
            Que de confusions entretenues dans le grand public !
            Ceux qui luttent dans l’ombre ,de manière désintéressée et non médiatique sont les victimes du « show médiatique »


            • Nobody knows me Nobody knows me 28 août 2009 14:09

              Article intéressant. Rien ne les arrête.
              Vous verrez qu’un jour on trouvera des mecs pour nous vendre de l’air...
              Déjà que les brevets sur la génétique sont en bonne voie, il faudra peut-être bientôt demander l’autorisation de faire un gosse au cas où un brevet serait violé.


              • non666 non666 28 août 2009 14:16

                Excellent.
                En particulier la video de Chauprade qui resume fort bien les enjeux des ONG et du controle des medias.
                En France, malheureusement , nous en sommes au meme point.
                Les medias sont TOUS sous controle et les ONG sont Toutes en de mauvaises mains....

                http://www.e-rural.net/info/spip.php?article487#lagardere


                • Ahlen Ahlen 28 août 2009 14:36

                  Bravo pour cet article. On ne peut plus clair. Cerises sur le gâteau : La photo de Kouchner et les commentaires « délicieux » de Chévènement avec Ruquier (vidéo). Décidément, toutes les vertus sont en danger de mort. Quant à la suite, on la voit déjà en Palestine, en Irak, en Afghanistan, au Soudan, au Yémen, en Asie du sud-est, et puis le Pakistan... Dans tous ces pays, à qui prône la démocratie, l’autre l’aide contre la faim, cet autre « d’arrêter » un génocide (l’intensifier, oui !). Mais nous, les communs des mortels, nous ne voyons dans ces pays que plus de despotisme, plus de meurtres et plus de famine. Le monde est dominé par Satan !


                  • jltisserand 28 août 2009 14:40

                    Article d’une grande justesse. L’avenir des pays pauvres ne pourra se vivre qu’après avoir viré TOUTES LES ONG. En fait en plus du néocolonialisme qu’lles exporte, elles font grassement vivre leurs dirigeants. Dans le pays où je vis le directeur de World Vision palpe 200 000 $ / an. Pas mal. Ca doit lui permettre de se regarder plus facilement dans le miroir qua,d il se rase tous les matins.
                    Après il ne faut pas s’étonner des surenchères comme celle de L’arche de Zoé au Tchad.


                    • Pepe 29 août 2009 00:04

                      « Après il ne faut pas s’étonner des surenchères comme celle de L’arche de Zoé au Tchad »

                      Pas trop d’accord avec vous, c’est justement parce que cette petite ONG agissait sans l’aval du MAE, que ces membres bénévoles, des vrais, sans salaires, en congés sans soldes ont payés très cher leur côté « francs-tireurs » !
                      Mais bon, leur seul souci était de sauver des gosses, beaucoup moins important que les pétrodollars, le commerce des armes à feu aux yeux de nos dirigeants, aussi tout le monde les a bien laissé tomber, et pour certains comme Kouchner et Rama Yade ne se sont pas gêné de les enfoncer un peu plus par des déclarations malhonettes relayées par une « presse »à la botte".


                    • ZEN ZEN 28 août 2009 15:35

                      Dominique Louise Pelegrin dans son analyse parue dans “Télérama” du 13 nov. 91 :
                       « Que dire d’un monde où, à défaut d’humanité, il n’y aurait plus que des humanitaires ? »


                      • Annie 28 août 2009 15:42

                        Je n’accepte pas tout dans votre article mais il est salutaire parce qu’il aborde les vraies questions. Je relève quand même une grande contradiction, très courante. C’est le fait de vouloir s’attaquer aux racines des problèmes qui a poussé les ONG humanitaires à se jeter dans les bras des politiciens et à instrumentaliser leur action. Certaines grandes ONG ont abandonné le principe de neutralité, et privilégient certaines causes par rapport à d’autres et malheureusement aussi certaines solutions. L’action humanitaire a toujours navigué en eaux troubles, mais jamais autant que maintenant. 
                        Certaines ONG comme MSF ont défini très strictement leurs champs d’intervention et respectent le mieux à mon avis le principe de No Harm. Les autres désormais majoritaires voient l’action humanitaire comme un moyen parmi d’autres d’atteindre certains objectifs de développement. Et elles jouent pour cela sur la confusion des rôles.
                        L’action humanitaire a besoin d’être redéfinie pour redevenir ce qu’elle était au départ : un modeste geste de solidarité, limité dans le temps, divorcé de considérations politiques et subordonné à nulle autre considération que celle de sauver des vies. Un pansement sur une jambe de bois peut-être, mais un pansement quand même.
                        Une autre question que vous n’abordez pas en détail est celle de leur légitimité :
                         1) à intervenir dans des politiques gouvernementales (de leur pays ou des pays d’opération)
                        2) à privilégier les revendications de certains groupes aux dépens des autres. Il est intéressant de noter que bon nombre d’entre elles ne soutiennent pas les mouvements de base légitimes comme des syndicats.


                        • goc goc 28 août 2009 16:24

                          @ l’auteur

                          Vous avez oublié un autre aspect des ONG, c’est la mise en place de structures a but ouvertement commerciales dans les pays ravagés par la guerre

                          Lors de la guerre des Balkans, les USA et la France se sont battus comme des chiffonniers pour « fournir » le materiel destinés aux pompiers locaux, et ce n’est qu’un exemple. D’ailleurs avant cette affaire, nous avions la facheuse habitude de venir pour « sauver », et les ricains, pour « vendre » apres nous.
                           Depuis on est devenu aussi mecantiles, et ce grace aux ONG et a leur representant le plus abject, à savoir : kouchner


                          • adeline 28 août 2009 17:20

                            @Goc oui exact plus (à vérifier) le fait que les ONG servent à fond pour introduire les OGM sous pretexte d’aides ...........


                            • anny paule 28 août 2009 18:00

                              Pour poursuivre cet article très pertient et très clair, je suggère deux lectures :
                              Un roman autobiographique de Jean Christophe Ruffin nous en dit long sur les ONG et sur Krouchner (« Un léopard sur le garrot »),
                              un autre roman du même auteur ,« Asmara et les causes perdues », est lui aussi très éloquent... Cela se lit bien, c’est très bien écrit ... c’est une vision de l’intérieur par un ancien de Médecins sans frontières..


                              • appoline appoline 28 août 2009 18:29

                                Kouchner, un véritable problème. Quand les vipères se déguisent en couleuvre et ainsi feindre un air inoffensif, cela peut tourner à la catastrophe. A espérer que l’air des ONG va bientôt se terminer, enfin telles qu’elles sont chapeautées pour le moment, le pire est que les populations démunies leur font confiance et tromper cette confiance relève de la plus haute trahison. Kouchner est une honte car il a quasiment inauguré cet état d’esprit chez les humanitaire ; maqué avec une bilderberger qui rêve de ramener de quelques milliards la populace mondiale, il fallait bien s’attendre que nanard n’aille pas à l’étranger avec sa soutane.


                              • ZEN ZEN 28 août 2009 21:24

                                Cet organisme, auquel j’ai participé quelques années, me semblent échapper à la critique
                                Il vise l’essentiel : l’éducation, et tout spécialement l’éducation des petites filles dans les pays où l’émancipation des femmes représente une assurance de développement
                                Rien de spectaculaire, du travail patient et obscur


                                • Annie 28 août 2009 22:15

                                  Zen,
                                  L’organisme auquel vous faites allusion est purement une organisation de développement. Comme vous le dites, rien de spectaculaire, un travail de longue haleine et un mandat bien défini. 
                                  Les ONG dont parle l’article sont devenus des multinationales. Il s’agit aujourd’hui de confédérations, éparpillées à des endroits stratégiques du monde, Genève, New York, Bruxelles, dont le budget pèse plus lourd que celui de certains pays africains, qui ont leurs entrées dans la plupart des antichambres des gouvernements et qui se frottent à Bill Gates, les émirs saoudiens ou Gordon Brown. Les salaires de leurs dirigeants ne sont pas mirobolants, mais leur influence l’est, et ce que l’article montre très bien est que certaines promeuvent des politiques de libéralisation économique, mais non pas ouvertement en préconisant la privatisation des services publics, car elles en sont revenues (exemple privatisation des services d’eau financée par le gouvernement britannique en Tanzanie : un échec cuisant) mais en encourageant la formation de partenariats publics privés. La théorie étant les services publics doivent rester sous le contrôle de l’état mais qu’ils « peuvent » être éventuellement gérés par des entreprises privées.


                                • MAIKEULKEUL 28 août 2009 23:03

                                  Il faut faire attention de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain.
                                  L’auteur a raison de stigmatiser ces ONG multinationales qui sont sur place pour véhiculer les idéologies des pays dont elles sont issus et dont elles dépendent financièrement

                                  Ce sont les néocons qui ont les premiers utilisé ce vecteur en en prenant le contrôle ou en les créant de toutes pièces.
                                  Ces associations, car elles telles, se développent trop vite, sont rapidement incapables de s’autofinancer elles-mêmes, et dépendent rapidement des subventions allouées par les uns et les autres. Elles deviennent le fer de lance de ceux qui les financent.

                                  Heureusement, il y en a encore un certain nombre, des petites en général, qui font un travail de fourmi. Vous ne les verrez pas faire la une des médias, mais le peu qu’elles font, notamment en Afrique, arrive à soulager des populations en souffrance.


                                  • chems eddine Chitour 28 août 2009 23:19

                                    Constater c’est bien, proposer des solutions c’est encore mieux !!

                                    La trame de l’article me plait ; C’est celle du procès de l’humanitaire manipulé. On se souvient tous comment Bernard Kouchner a été désavoué par la suite par MSF. on se souvient aussi des positions courageuses de Rony Brauman. Il est vrai que l’humanitaire qui fait dans le « m’as tu vu » notamment par une mondialisation honteuse : l’arrivèe des marines venue sauver les somaliens sous l’oeil des caméras ou encore mieux, le sac de riz à la Kouchner : il parait d’ailleurs qu’il aurait refait la prise plusieurs fois. Cependant l’humanitaire dont on ne parle pas aussez parce qu’il n’interesse pas les grands médias lourds aux ordres, c’est celui des sans grades, de mère Théresa, à l’abbé Pierre en passant par Soeur Emmanuel qui font ce que leur conscience leur dcte pas pour les besoins de la caméra ou par un quelconque strapontin...
                                    Que faut-il faire alors ? Là où il y a humanitaire il a détresse . Cette détresse n’est pas tombée du ciel. 8 conflits sur 10 sont en Afrique ou au Moyen Orient. C’est soit un problème de famines du à un libéralisme sauvage causé entre autres par des potentats adoulés par l’Occident qui protège ses anciens prvilèges au besoin par la force, relativisant ainsi les indpendances bâclées de ces pays.soit des conflits ethniques savamment entretenues pendarnt que les multinatioles prospèrent
                                    Dans tous les cas, si les armes constuties par ce même Occident pyromane-pompier ne circulaient pas, la mortalité baisserait . Il faut savoir aussi que le marché des armes dépasse les mille milliards de dollars- alors qu’il faut une cinquataine de milliard d’après Jacques Diouf pour éradiquer la faim 
                                    Dans tous les cas, ceux qui ont faim ne peuvent pas vivre indéfinimément de perfusion conjoncturelle, il faut mettre en placedes programmes de développement de ces pays ; Se pose alors le problème de l’indépendance réelle de ces peuples, dont l’Occident en mettant des hommes de paille au pouvoir, ne veut à aucun prix. Ainsi va le monde. !! Nous aurons encore besoin d’humaitaire pendant longtemps cela fait partie de la stratégie occidentale

                                    Prof.Chems Eddine Chitour


                                    • Ahlen Ahlen 29 août 2009 00:45

                                      « Ainsi va le monde. !! Nous aurons encore besoin d’humanitaire pendant longtemps cela fait partie de la stratégie occidentale ».

                                      Cette dernière phrase de votre post me semble en trop. Elle est en complète contradiction avec celle qui précède et donne pleinement raison au Président du Soudan qui a du mettre à la porte la plupart des ONG au détriment des besoins de son peuple meurtri, certes, mais pour sauvegarder le peu de souveraineté qui lui reste !

                                      C’est précisément pour lutter contre ce dilemme que l’article a été proposé et il est pertinent.


                                    • Georges Yang 29 août 2009 11:48

                                      Tout à fait de votre avis, il ne faut pas comparer le m’as tu vu Kouchner avec Rony Brauman, le seul qui ait reconnu que l’assistance sans contrôle des camps de réfugiés rwandais au Zaire et en Tanzanie avait permis la fuite et l’impunité des assassins (soit dit en passant avec l’aide du gouvernement français, lors de l’opération turquoise°°


                                    • JL JL 29 août 2009 09:43

                                      Le « droit d’ingérence humanitaire » est un mot de la novlangue qui signifie qu’on s’en bat les c. avec le « devoir d’assistance à personnes en danger », d’autant plus que l’on est un artisan de la stratégie du choc et au service du capitalisme de catastrophe.


                                      • Georges Yang 29 août 2009 11:42

                                        Kouchner est à l’humanitaire, ce que Marc Levy est à la littérature et Lorry à la chanson française. S’il était crédible en début de carrière, Biafra, création d’MSF, il a commencé à naviguer en eau trouble dès l’affaire des boat people et s’est définitivement discrédité avec le Rwanda, l’Irak et le Kosovo. Cela dit, l’humanitaire existe certes pour servir certains intérêts occidentaux, mais il existe avant tout du fait de l’incurie de nombreux dirigeants du tiers monde.

                                        C’est faire de l’anti-occidentalisme primaire que de n’y voir qu’un outil de domination aux mains des grandes puissances.

                                        Par contre, la « professionnalisation » a tué l’état d’esprit et développé une bureaucratie humanitaire qui de nos jours n’est dépassée que par les agences des Nations Unies.

                                        Par contre, n’y voir que du néocolonialisme est une vision plutôt réductrice.

                                        Le cirque médiatique existe, mais surtout dans des endroits qui font l’actualité et drainent des donations.

                                        Exemple : le Darfour, les camps de réfugiés après le génocide au Rwanda.

                                        Mais les crises oubliées où il n’est pas rentable de se montrer avec un sac de riz sont souvent prises en charge par des gens compétents qui ne font pas de vent.

                                         


                                        • Annie 29 août 2009 12:23

                                          @George,
                                          Vous vous souvenez sûrement de la crise du Niger en 2005. Au plus fort de la crise, alors que MSF se trouvait sur le terrain seul depuis des mois et avait tiré la sonnette d’alarme à plusieurs reprises, un grand rassemblement en marge du G8, la coalition Make Poverty History tenait son plus grand rally, avec Kofi Annan, Bono, Geldolf, etc. Pas une seule fois les intervenants n’ont prononcé le mot Niger, et aucun n’était présent dans ce pays. Ils sont ensuite intervenus sous la pression de l’opinion publique. Lisez l’excellent dossier constitué par MSF sur cette crise. Remarquez aussi l’évolution du langage : on ne parle plus de famine mais d’insécurité alimentaire, de protection des marchés, de soutien aux moyens d’existence. Le choix des mots est important en cela qu’il conditionne les objectifs d’interventions, à savoir on ne soigne plus la malnutrition mais l’économie. Il n’y a aucun complot, seulement un virage idéologique de la part des ONG, dans leur choix et leur cible d’intervention. 


                                        • abdelkader17 29 août 2009 14:24

                                          Kouchner est un acteur incontournablle de l’impérialisme humanitaire,doctrine légitime aux yeux des masses occidentales désinformées.Les ong ne sont devenues que des organismes relais des pouvoirs capitalisto impérialistes occidentaux,ils accompagnent les campagnes militaires occidentales devenant ainsi leurs aides de camp et leur caution morale,vaste fumisterie pour des entreprises de dévastation et de prédation.

                                           


                                          • sheeldon 29 août 2009 15:19

                                            merci pour ce bon article

                                            cordialement


                                            • Diva Diva 29 août 2009 15:29

                                              Très très bon article !


                                              • Rémi FRITSCH Rémi FRITSCH 30 août 2009 16:03

                                                Merci pour cet article qui pose une vraie question de fond !

                                                Dommage que vous nous ayiez pas épargné le cliché ô combien racoleur - vous tombez-vous même dans le piège du marketing que vous dénoncez :) - de Kouchner et du sac de riz !

                                                Au risque de vous surprendre, l’humanitaire ne se limite pas aux 20h de CNN ou de TF1 !

                                                Merci également de vous autoriser à penser que celles et ceux qui vont sur le terrain, parfois au péril de leur vie, sont sincères !

                                                Au fait, vous en connaissez beaucoup, vous, d’intervenants de la société civile qui « s’attaquent pour ainsi dire toujours aux racines des malheurs des hommes c’est-à-dire au capitalisme et son fonctionnement » ???

                                                Si oui, merci de les citer en toute honnêteté et transparence, pour notre plus grand bien !

                                                Quant à conclure que « l’humanitaire ne fait que soulager, dans le meilleur des cas, que très momentanément la détresse humaine »...franchement, je me demande si vous savez de quoi vous parlez, au delà d’une réelle capacité à vous documenter sur tout ce que de mauvaises langues pourraient être tentées de qualifier d’anti-américanisme primaire !

                                                Bref, oui, votre article est très intéressant, mais pas fini, car enfin, si vous dites : « l’humanitaire perpétue l’ordre établi », vous nous laissez sur notre faim...

                                                En toute logique, si je continue votre article, avec tout le respect que je vous dois, je vous propose d’assumer et d’éviter d’être traité de « raccoleur » en nous proposant vos solutions :

                                                1°) supprimer l’humanitaire, donc ne plus témoigner, ne plus soigner, ne plus dénoncer les exactions, bref, laisser le champ libre à l’inhumain... et j’attends votre nouvelle charte et comment vous allez vous y prendre pour intervenir où on vous l’interdit officiellement sous peine de mort,

                                                2°) supprimer l’ordre établi, autrement dit : faire la révolution, forcément anti-capitaliste, puisque le capitalisme est à l’origine de tous nos maux si j’ai bien compris...et là, j’attends votre programme autre qu’un melting-pot « mélenchono-besancenotique » !

                                                A moindre que vous ayez une autre voie, tout aussi politiquement incorrecte, voir inavouable pour ne l’avoir point énoncée ?

                                                Merci donc de bien vouloir continuer à nous éclairer.

                                                Respectueusement.


                                                • TTLT 2 septembre 2009 17:54

                                                  Alors comme ça Médecins du Monde dénonce la confusion entre humanitaire et militaire ?!!! Ils n’ont pourtant pas pris leurs distances avec Kouchner toujours obnubilé par les interventions militaro-humanitaires. Pour preuve, le choix de son Conseiller Spécial (Eric Chevallier, ex directeur des opérations de MDM) et les financements accordés par le Ministère des affaires étrangères (curieusement seule une poignée d’ONG proches du gouvernement y ont droit). Merci pour les preuves d’indépendance…..

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Auteur de l'article

Mohamed Belaali


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