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L’ombre de Ghost Recon. La guerre de Cinq Jours en Ossétie du Sud-Géorgie (7-12 août 2008)-2/3

Suite de ma trilogie sur la dimension militaire du conflit d’août 2008. La deuxième partie revient sur le déroulement des opérations pendant la guerre.

La guerre des Cinq Jours :

Au sol :

L’offensive géorgienne « Tsminda Veli » (Clear Field) commence le 7 août 2008 avec un assaut d’infanterie contre la capitale ossète Tskhinvali, située dans une vallée entourée de villages peuplés par des Géorgiens, avec un terrain ouvert propice aux déploiements de blindés et d’infanterie. Une préparation d’artillerie initiale précède l’assaut, avec de nombreuses cibles prédésignées et un feu concentré : elle démarre le 7 août à 22h1. Un bataillon d’artillerie indépendant de l’armée géorgienne équipé de LRM BM-21 Grad ouvre le feu à la portée maximum des pièces2. Les Géorgiens emploient notamment des mortiers et des LRM BM-21 Grad pour cette préparation. Les forces de Tbilissi se sont positionnées à l’ouest, à l’est et au sud de la ville de manière à encadrer les cibles adverses par un feu venant de trois côtés différents ; sur les flancs de Tskhinvali interviennent les 3ème et 4ème brigades d’infanterie. Le plan de Tbilissi semble alors simple : capturer la capitale adverse pour faire rentrer la province séparatiste dans le rang. La prise de la ville doit être rapide de façon à établir un barrage au nord de l’agglomération tout en se répandant dans le reste du territoire ossète. Trois routes filent depuis la Géorgie par l’Ossétie vers le nord, vers la capitale Tskhinvali et le tunnel de Roki d’où peut surgir une contre-attaque russe. Parmi les troupes engagées dans l’opération, la 4ème brigade d’infanterie géorgienne a participé à l’exercice Immediate Response 2008 (15-31 juillet) sur la base militaire de Vaziani (1 600 militaires géorgiens et 1 000 soldats américains, notamment le 3rd Battalion du 25th Marines Regiment et le 1st Battalion du 121st Infantry Regiment de la Garde Nationale de l’Etat de Géorgie). A ce moment-là, on trouve encore 117 conseillers militaires américains présents en Géorgie3. Il s’agit donc bien aussi de mettre à l’épreuve la «  vitrine  » des forces armées étrangères entraînées par les Etats-Unis. Le matin du 8 août, les chars et l’infanterie géorgienne se battent pied à pied dans Tskhinvali contre les miliciens ossètes et le bataillon de maintien de la paix russe stationnés dans la cité. Sont engagés côté géorgien les 2ème (déployée en réserve vers la frontière avec l’Abkhazie), 3ème et 4ème brigades d’infanterie, la 1ère brigade d’artillerie, le 53ème bataillon d’infanterie indépendant, les éléments mécanisés et d’artillerie de la 1ère brigade d’infanterie (déployée en Irak), le bataillon de char indépendant, un bataillon d’infanterie indépendant et un bataillon de défense antiaérienne. Les forces spéciales de police du ministère de l’Intérieur sont également présentes. Au total, sans doute 11 à 16 000 hommes sont engagés soit de la moitié aux trois quarts des effectifs terrestres géorgiens.

Les Géorgiens commettent une première erreur liée à leur sous-estimation de la réaction russe. Ils négligent en effet de s’attaquer au tunnel de Roki, la seule voie terrestre d’importance qui relie la Russie, via l’Ossétie du Nord, à la province séparatiste d’Ossétie du Sud. Cette erreur va avoir des conséquences incalculables puisque l’armée russe dispose alors d’une voie d’accès rêvée au théâtre des opérations tout en garantissant par son contrôle ses lignes d’approvisionnement. La direction géorgienne a tout misé sur la prise de Tskhinvali, dans un assaut frontal et massif. Mais la clé du succès réside en la rapidité de l’opération, la ville devant être prise en quelques heures seulement pour assurer la réussite de l’ensemble de la stratégie géorgienne. Or les Ossètes alignent quelques 3 000 soldats réguliers qui, même s’ils sont dépourvus d’armes lourdes suffisantes, disposent d’un arsenal d’armes légères, antichars et antiaériennes particulièrement utiles en combat urbain. Les Géorgiens ont aussi négligé la capacité de riposte de l’aviation russe -la 4ème armée de l’air et de défense aérienne du district militaire du Nord Caucase, en l’occurrence-, et ce d’autant plus qu’ils opèrent de jour, plus ou moins à découvert4.

Le principal objectif de la réaction militaire russe va être de s’assurer une ferme emprise sur les deux républiques séparatistes géorgiennes, Ossétie du Sud et Abkhazie, de façon à disposer de bases sûres de l’autre côté de la chaîne du Caucase et d’améliorer une position stratégique importante dans cette barrière montagneuse. La Russie prépare depuis un certain temps l’installation d’une base pour la flotte de la mer Noire dans le port abkhaze d’Ochamchire, et la récupération de l’ancienne base aérienne soviétique abkhaze de Gudauta. Pour atteindre l’objectif militaire initial, les Russes visent à disposer d’une supériorité numérique écrasante par le déploiement rapide de forces terrestres sous le couvert d’opérations aériennes et navales. On s’inscrit donc dans la droite ligne des tactiques militaires soviétiques. Le premier objectif semble avoir été de prendre le contrôle des deux républiques séparatistes et d’obtenir la supériorité aérienne et navale. Un deuxième objectif est d’empêcher tout renforcement de troupes géorgiennes ou étrangères, le cas échéant. Il est atteint par des frappes sur les routes, les chemins de fer et les ports géorgiens, sur les unités de réserve appelées sur le front et en rendant les pistes géorgiennes inutilisables. En analysant la conduite des troupes russes après le cessez-le-feu, il est clair qu’un autre objectif est d’éradiquer le potentiel militaire géorgien par la destruction des infrastructures et la capture ou l’annihilation du matériel. Les militaires russes ont dû d’ailleurs recevoir des consignes strictes car on peut constater que les objectifs politiques ou civils, qui, une fois frappés, auraient pu faire s’écrouler le pays rapidement, n’ont quasiment pas été touchés. Malgré la prégnance de l’héritage militaire soviétique, on arrive à distinguer une certaine influence de l’art de la guerre occidental contemporain sur les opérations menées par l’armée russe. La participation des troupes d’autres ministères montre la volonté de mener des opérations conjointes ; une véritable guerre de l’information est conduite pour justifier l’entreprise russe, avec une couverture abondante des opérations par les médias favorables à Moscou, et à l’inverse des cyber-attaques sur les sites géorgiens trop virulents ou à l’audience trop importante. Le discours des militaires russes est de présenter l’intervention comme une opération de maintien de la paix, tout en passant pour une victime de l’agression géorgienne, bien que cela ne se retrouve pas, en définitive, dans la manière de mener les opérations militaires. On est là encore en pleine maskirovka (stratégie de déception) soviétique, à l’image de ce qui avait été fait en Afghanistan ou en Tchétchénie5.

La contre-offensive russe est menée par la 58ème armée, force pivot du district militaire du Nord Caucase, sans doute l’une des troupes les mieux entraînées au sein de toute l’armée russe6. La 58ème armée avait été spécialement recréée pour le premier conflit en Tchétchénie, en 1995 ; forte de 70 000 hommes, son PC se trouve dans la capitale de l’Ossétie du Nord, Vladikavkaz. Elle regroupe 690 chars, 2 000 véhicules blindés ou véhicules transport de troupes, 125 pièces d’artillerie, 190 LRM (type BM-21 Grad ou BM-27 Ouragan) et 450 canons anti-aériens. Sa composante aérienne (4ème armée de l’air et de défense aérienne) dispose de 120 avions de combat et 70 hélicoptères.

Les chars et l’infanterie géorgienne (3 500-4 000 hommes) entrent dans Tskhinvali au matin du 8 août. Les Ossètes ont laissé 300 combattants dans la ville pour mener des actions de retardement. Le 42ème bataillon d’infanterie de la 4ème brigade d’infanterie géorgienne, accompagné par le bataillon de chars de la 1ère brigade (14 T-72 et 4 BTR-80) progresse vers le nord-ouest de Tskhinvali. A l’aube, ils sont attaqués par 4 véhicules ossètes sur lesquels sont montés des canons antichars sans recul SPG-9. A l’aide de leur équipement de vision nocturne, les T-72 détruisent facilement les véhicules adverses7. Les chars géorgiens se retrouvent ensuite coupés de leur infanterie et 5 sont détruits par les Ossètes ou le bataillon de maintien de la paix russe équipé d’armes antichars. Une compagnie d’infanterie du 42ème bataillon se retrouve isolée dans la capitale ossète ; envoyé pour la dégager, le bataillon de chars indépendant de Gori perd 4 blindés et leurs équipages sous les coups de missiles antichars. Les Géorgiens lancent des frappes sur la capitale et ses environs avec les quelques avions d’appui rapproché Su-25 dont ils disposent. Mais la principale piste ossète reste intacte et les hélicoptères partent frapper les renforts géorgiens qui montent en ligne. Une colonne de 3 chars et 8 véhicules blindés aurait ainsi été détruite entièrement par les airs en début d’après-midi. Dans les combats de rues, les Ossètes parviennent à retourner plusieurs véhicules de combat et un véhicule de construction américaine Humvee pris aux Géorgiens. Comme souvent lors de combats de ce genre, l’utilisation de véhicules capturés entraîne des méprises : les BMP retournés abattent 3 hélicoptères UH-1 ossètes qui avaient été pris pour des appareils géorgiens8. Le 8 août toujours, après midi, le bataillon de chars géorgien de la 1ère brigade d’infanterie, replié dans les plaines à l’ouest de Tskhinvali, est attaqué par des Su-24 qui largent de nombreuses bombes à fragmentation anti-personnels au-dessus de ses positions, tuant ou blessant beaucoup de soldats géorgiens9.

Un bataillon d’élite de parachutistes et de petites unités des forces spéciales (Spetsnaz) sont les premières troupes russes expédiées sur place. Le 104ème régiment de la 76ème division aéroportée de Pskov (1 550 hommes), avec une centaine de véhicules et 200 hommes de la brigade de Pechora10 du renseignement militaire (GRU) est envoyé à Tskhinvali pour doubler la présence militaire russe sur place11. Très vite, 15 000 hommes et 150 blindés et canons automoteurs sont déployés en Ossétie du Sud. Il faut noter la remarquable amélioration russe au niveau de l’acheminement des troupes, très supérieur à ceux des conflits précédents. Et alors qu’aucun pont aérien n’était envisageable à ce moment-là en raison de la menace constituée par la DCA géorgienne. En tout, c’est l’équivalent d’une division de fusiliers motorisés que l’armée russe lance en premier jet dans la bataille d’Ossétie du Sud12. Entre 8h et midi le 8 août, des unités de la 19ème division de fusiliers motorisés de la 58ème armée commencent à entrer en Ossétie du Sud. Privée au départ de protection aérienne, cette unité subit quelques pertes par l’action de l’aviation géorgienne13. Trois groupes tactiques au niveau du bataillon sont formés par la 19ème division à partir de ses 135ème, 503ème et 693ème régiments de fusiliers motorisés ; ils nettoient les routes et les hauteurs jusqu’en fin de journée pour arriver à l’extrémité ouest de Tskhinvali, en Ossétie du Sud14. L’unité ne s’engage pas directement dans la capitale, du fait de l’abondant échange d’artillerie, de la présence de l’infanterie géorgienne et du souvenir traumatisant de l’expérience de Grozny en 1994-1995. Un char russe est néanmoins détruit après avoir reçu 4 roquettes antichars (2 sur le glacis qui éliminent l’infanterie portée, une dans les chenilles, une dernière enfin entre la tourelle et le châssis)15. Un autre char est immobilisé par un jet de grenade sur une trappe ouverte16. Le 135ème régiment de fusiliers motorisés attaque à l’ouest de Tskhinvali ; le 693ème régiment reste au centre, tandis que le 503ème régiment contourne la ville par l’est. Les Russes veulent profiter de la présence de plaines à l’ouest de la cité pour décongestionner la route venant du tunnel de Roki encombrée par les colonnes de matériel déboulant en Ossétie du Sud. En tout ce sont 120 chars T-72, 190 véhicules de combat BMP et 95 véhicules de transport de troupes BTR-80 qui font face aux 20 véhicules blindés géorgiens restants.

Le 8 août, des éléments des 98ème division aéroportée d’Ivanovo et 45ème régiment de reconnaissance parachutiste du district militaire de Moscou (Kubinka) servent à constituer des groupes d’intervention de la taille du bataillon qui participent à la reconquête de Tskhinvali sur les Géorgiens. Ces troupes d’élite, qui font partie de la réserve stratégique russe, sont constamment prêtes à intervenir ; leur transfert par air dans la zone d’opérations montre l’excellence du transport aérien militaire ainsi que la planification qui avait précédé l’offensive17. Au soir, les forces russes se battent dans les faubourgs de Tskhinvali.

Le 9 août, les Géorgiens défendent toujours leurs positions à Tskhinvali et dans les environs. Les Russes connaissent quelques difficultés en raison du rassemblement des troupes à expédier en renfort dans tout le district militaire du Nord Caucase. Par ailleurs, même s’ils contrôlent le tunnel de Roki, cette artère n’autorise qu’un déploiement saccadé au fur et à mesure du transit passant par ce goulot d’étranglement. Les Géorgiens parviennent à monter des contre-attaques et des embuscades, parfois avec l’utilisation de chars ; dans l’une d’entre elles, montée par un peloton de reconnaissance de la 2ème brigade d’infanterie géorgienne, est blessé le commandant de la 58ème armée russe, le général A. Khrulyov18. 12 blindés géorgiens sont néanmoins détruits dans une seule de ces contre-attaques désespérées19. Les Russes ne bougent pas trop ce jour-là et se contentent de frappes aériennes à l’intérieur de Tskhinvali. Des éléments du 503ème régiment de fusiliers motorisés sont cependant victimes de tirs fratricides, pris par erreur pour des Géorgiens20. Des pertes sont aussi subies par les Russes dans leurs tentatives pour chasser la 3ème brigade d’infanterie des hauteurs de Prisi.

Le 10 août, les Géorgiens capturent l’essentiel de la ville de Tskhinvali, rejetant les forces ossètes et le bataillon de maintien de la paix russe au nord de l’agglomération. Mais l’accumulation des forces russes en Ossétie du Sud va porter ses fruits. Au soir du 10 août, la capitale a changé de mains. Les Géorgiens sont rejetés hors de la ville et perdent le contrôle des importantes hauteurs de Prisi, dont ils s’étaient servis pour bombarder la ville quelques jours auparavant. L’essentiel de leur artillerie sur place est neutralisé. Pour se protéger de l’action de l’aviation russe, l’infanterie géorgienne monte des duos de fantassins sur véhicules, l’un conduisant, l’autre étant armé d’un MANPADS (lance-missile sol-air portable)21. Les Ossètes, appuyés par les forces russes, nettoient les approches nord de Tskhinvali et plusieurs forces présentes dans des enclaves géorgiennes d’Ossétie du Sud. Au soir de ce même 10 août, les Russes disposent alors de 6 groupes tactiques régimentaires : 135ème, 503ème et 693ème régiments de fusiliers motorisés de la 19ème division de fusiliers motorisés, les 70ème et 71ème régiments de fusiliers motorisés de la 42ème division de fusiliers motorisés de Tchétchénie, le dernier étant constitué d’un mélange d’unités des 104ème et 234ème régiments de parachutistes de la 76ème division aéroportée de Pskov. Sont également présents dans les combats de rues de Tskhinvali ou en Ossétie du Sud des unités du 45ème régiment de reconnaissance parachutiste (218ème bataillon de forces spéciales en particulier), des 10ème et 22ème brigades de forces spéciales (Spetsnaz) et de nombreuses unités d’artillerie et de DCA. Deux compagnies tchétchènes des bataillons spéciaux Vostok et Zapad (sous commandement du GRU) et des groupes régimentaires tactiques de la 98ème division aéroportée d’Ivanovo (notamment son 217ème régiment de parachutistes) sont également déployés dans la zone22. L’arrivée des éléments tchétchènes a été particulièrement bienvenue dans la bataille ; ces troupes capturent bientôt suffisamment de BMP géorgiens pour se déplacer plus rapidement et montent un raid jusqu’à la ville géorgienne de Gori. Ils tombent néanmoins dans une embuscade qui leur occasionne quelques pertes avant de réussir à se replier23. Parmi les autres unités russes déployées pendant le conflit, il y aura la 33ème brigade de montagne de fusiliers motorisés (venant du Daghestan), la 114ème brigade de lance-roquettes (district d’Astrakhan, elle est équipée de missiles Tochka-U et Iskander).

La seconde étape de la campagne côté russe consiste à ouvrir un deuxième front dans le nord-ouest de la Géorgie. 1 000 parachutistes de trois compagnies d’assaut sont déployés en Abkhazie. Embarquées dans le port russe de Novorossiisk, celles-ci établissent une tête de pont sur la côte abkhaze de la mer Noire avant de se mettre en marche vers l’amont de la gorge de Kodori, une vallée stratégique qui sépare l’Abkhazie de la Géorgie. Elles doivent également empêcher toute attaque géorgienne de ce côté-là. Au total ce sont quelques 9 000 soldats russes qui seront déployés en Abkhazie appuyés par 350 véhicules blindés24. Ces troupes proviennent de la 7ème division aéroportée de Novorossiisk (247ème régiment aéroporté d’assaut, Stavropol) de la 76ème division aéroportée de Pskov une fois encore, de la 20ème division d’infanterie motorisée25 et deux bataillons de fusiliers marins de la flotte de la mer Noire26. La 31ème brigade aéoroportée (district d’Ulyanovsk) est aussi déployée en Abkhazie mais ne participe pas aux combats. Avec ce soutien, les forces armées abkhazes chassent les Géorgiens de la vallée du Kodori.

Le 11 août, les Géorgiens continuent à bombarder Tskhinvali à partir de leurs positions et de certaines hauteurs tout en menant un féroce combat de retardement dans certains enclaves géorgiennes d’Ossétie du Sud. Mais au soir, ils doivent se replier sur Gori, en Géorgie. Après la prise de Tskhinvali, les forces russes entrent en Géorgie pour couper l’autoroute principale du pays et les voies de chemin de fer situées à l’ouest de Gori. Les combats suivant la prise de la capitale en Ossétie du Sud sont marqués par l’utilisation massive, côté russe, des LRM Ouragan et Smertch ainsi que de missiles Totchka-U qui, combinés à un recours intensif à l’aviation d’appui rapproché, aboutissent à une déroute rapide des forces géorgiennes. En Géorgie, 2 000 paras russes de la 7ème division aéroportée venant d’Abkhazie occupent la ville de Zugdidi27, tandis qu’une colonne blindée continue 30 km plus loin jusqu’à la ville de Senaki, capturant une base militaire et un aérodrome tout en sécurisant toutes les voies de communication sur le territoire géorgien, par route ou par rail. Lors de la retraite géorgienne vers la ville de Gori, le 12 août, la 4ème brigade d’infanterie est particulièrement malmenée par l’action de l’aviation russe28. La retraite se transforme quasiment en déroute et des quantités importantes de matériel et de munitions sont abandonnées, en particulier ceux de la brigade d’artillerie géorgienne29.

Malgré le cessez-le-feu signé au soir du 12 août 2008, les forces russes mènent plusieurs raids en territoire géorgien pour détruire davantage de matériels et d’infrastructures militaires. Du 13 au 15 août, les paras russes lancent plusieurs raids sur le port de Poti et mettent hors service l’essentiel des navires de combat de la petite flotte géorgienne. D’autres raids permettent de capturer quantité de matériels dans les bases de Gori et Senaki. Des pointes blindés russes s’avancent jusqu’à 20 km de Tbilissi. Le gros de la 1ère brigade d’infanterie géorgienne, rapatrié en urgence d’Irak par des avions de transport C-17 américains, se positionne au nord de la capitale dans l’attente d’une attaque russe. Le moral des dernières unités combattantes géorgiennes est alors au plus bas30.

Dans les airs :

Du 8 au 12 août 2008, les forces aériennes russes mènent plusieurs centaines de sorties (au moins 200) au-dessus de la Géorgie (et des deux républiques séparatistes). Elles utilisent principalement trois types d’appareils : des bombardiers tactiques SU-24M Fencer, des avions d’appui rapproché Su-25 Frogfoot, et des bombardiers à long rayon d’action Tu-22M3 Backfire. L’armée de l’air russe reçoit des objectifs bien précis, et le but des frappes, comme l’action des forces au sol, vise avant tout à détruire le potentiel militaire géorgien. La force aérienne géorgienne, qui de fait a été la première à intervenir dans le conflit, est limitée par sa taille relativement modeste et par son écrasante infériorité face à l’aviation russe.

Les Su-25 géorgiens mènent des raids sur Tskhinvali au matin du 8 août ; à 8h, une frappe touche le QG du bataillon de maintien de la paix russe dans la capitale ossète, tuant 15 soldats. A 12h30, un village censé abriter des officiels du gouvernement d’Ossétie du Sud est victime lui aussi d’un raid aérien. Le lendemain 9 9 août, à 13h30, des Su-25 géorgiens tentent de détruire le tunnel de Roki, principale voie d’acheminement des troupes russes sur le théâtre d’opérations. Le raid échoue et un deuxième Su-25 est abattu depuis le déclenchement des hostilités, deux jours plus tôt. Une nouvelle tentative a lieu encore le 11 août qui se solde par la perte d’un troisième Su-2531.

Du fait de l’absence d’intercepteur, la Géorgie doit se reposer essentiellement sur ses forces anti-aériennes pour empêcher les Russes d’établir très vite leur supériorité dans les airs32. A l’époque soviétique, ce n’est pas moins d’une armée entière (réduite à un corps en 1991) de défense anti-aérienne qui était basée en Géorgie. Dans les troubles suivant la chute de l’URSS, la Géorgie parvient à conserver au moins un bataillon de missiles sol-air SA-2 et deux autres de missiles sol-air SA-13 ainsi que quelques radars P-18 Spoon Rest. Les Géorgiens emploient leur bataillon de SA-2 pendant la guerre contre l’Abkhazie (1992-1993) : c’est l’un de ces missiles qui détruit un chasseur russe Su-27 Flanker près de Gudauta le 19 mars 1993. Les deux bataillons de SA-3 restent ensuite seuls en service dans les forces géorgiennes et sont déployés à Tbilissi et Poti - 7 lanceurs quadruples modernisés par les Ukrainiens en 2005. La Géorgie garde également de l’époque soviétique tout un arsenal de canons antiaériens : KS-19 de 100 mm, S-60 de 57 mm, canons bitubes ZU-23/2 de 23 mm, canons automoteurs ZSU-23/4 Shilka avec 4 pièces de 23 mm, ainsi que des lance-missiles sol-air portables (SA-7, SA-14 et SA-16).

Avec l’arrivée au pouvoir de M. Saakachvili en 2003 et l’objectif avoué de mettre au pas les deux républiques séparatistes, la Géorgie cherche à se doter de systèmes sol-air modernes pour contrer l’action inévitable de l’aviation russe en cas de conflit. Elle achète d’abord un bataillon de Buk-M1 (SA-11) à l’Ukraine en 2007, composé de trois batteries -chaque batterie étant composée de deux lanceurs autopropulsés et d’un véhicule de transport de munitions/rechargement autopropulsé également. Le tout accompagné de 48 missiles sol-air. Selon l’Ukraine, au 12 juin 2008, une autre batterie de Buk-M1 aurait été livré à la Géorgie. L’Ukraine, encore une fois, livre également 8 lanceurs autopropulsés Osa-AK (SA-8B), soit deux batteries, et 6 à 10 lanceurs autopropulsés Osa-AKM. Les Buk et les Osa sont déployés par les Géorgiens à Gori, Senaki et Kutaisi. Kiev cède également à la Géorgie deux radars modernes 36-D6M qui sont déployés à Tbilissi et à Savshevebi près de Gori. Ce sont des radars mobiles de surveillance en 3D d’une portée de 360 km. L’Ukraine livre aussi un système radar de surveillance électronique passive Kolchuga-M, capable de détecter même les avions furtifs. En mai 2008, ce sont peut-être pas moins de 4 Kolchuga-M plus un système Mandat de guerre électronique qui auraient été expédiés en Géorgie. Une compagnie privée ukrainienne modernise par ailleurs les systèmes P-18 Spoon Rest géorgiens, convertis en P-180U. Au déclenchement des hostilités, la Géorgie aligne 4 P-180 U à Alekseyevka près de Tbilissi, Marneuli, Poti et Batoumi. La même compagnie ukrainienne unifie les composantes radars civiles et militaires géorgiennes en 2006 dans un système de contrôle tactique, d’alerte avancée et de commandement. Le centre de ce système, basé à Tbilissi, est connecté en 2008 au réseau de défense anti-aérienne de l’OTAN via la Turquie. Enfin, l’Ukraine aurait livré ou projeté de livrer 50 lanceurs de missiles sol-air portables SA-16 avec au moins 400 munitions améliorées par les industries de Kiev.

Si l’Ukraine reste le principal fournisseur de la défense anti-aérienne géorgienne, d’autres pays d’Europe de l’Est participent à la construction de cet arsenal. La Bulgarie a ainsi vendu à la Géorgie 12 canons antiaériens bitubes ZU-23/2 et pas loin de 400 missiles pour MANPADS (lance-missiles sol-air portables) SA-16. La Pologne aurait fourni 30 lanceurs Grom33 (des SA-16 améliorés) avec une centaine de missiles. Pour finir, la Géorgie aurait aussi acquis en 2008 une batterie du nouveau lanceur autopropulsé israëlien Spyder-SR développé par la fameuse compagnie Rafael. Le ministère de la défense russe assure de son côté que la compagnie turque Aselsan aurait vendu à la Géorgie son système de contrôle tactique, d’alerte avancée et de commandement Skywatcher. Au final, le système de défense anti-aérienne géorgien lors du conflit équivaut à ceux des meilleurs divisions de ligne soviétique de la fin de l’URSS.

C’est à ce redoutable outil, pas forcément évalué à sa juste mesure, auquel sont confrontées les forces aériennes russes lorsqu’elles commencent à entrer en action le 8 août 200834. La 4ème armée de l’air et de défense aérienne russe, composante du district militaire du Nord Caucase, engage les 559ème et 959ème régiments de bombardiers tactiques (équipés de Su-24), les 368ème, 461ème et 960ème régiments d’aviation d’assaut (équipés de Su-25), les 3ème, 19ème et 31ème régiments de chasse (le premier sur Su-27 Flanker, les deux autres sur MiG-29 Fulcrum), tandis que les 55ème et 487ème régiments d’hélicoptères (avec des Mi-8 de transport et des Mi-24 d’attaque) fournissent une couverture héliportée. L’aviation stratégique russe met aussi à disposition le 52ème régiment de bombardiers lourds (équipés en Tu-22M3 Backfire) et le 840ème régiment de bombardiers lourds (équipés en Tu-22M3 Backfire) de sa 37ème armée aérienne.

A 9h45 le 8 août, les appareils russes lancent 5 bombes guidées sur le radar 36-D6M de Savshevebi près de Gori, objectif attaqué à deux autres reprises les 10 et 11 août. A 10h57, trois autres projectiles guidés visent des installations militaires encore à proximité de Gori. Vers 10h30, les bombardiers tactiques Su-24M s’en prennent aux troupes géorgiennes pour les empêcher d’atteindre le tunnel de Roki, indispensable à l’acheminement des forces russes en Ossétie du Sud. Une autre cible des forces aériennes russes lors de ce premier jour d’action réside dans les pistes de son homologue géorgienne, qui sont toutes frappées. 3 avions légers de transport An-2 et 2 jets d’entraînement L-39 d’entraînement sont détruits au sol. Le lendemain 9 août à 10h22, la base de Gori est bombardée, plusieurs hélicoptères géorgiens sont détruits et l’attaque fait 5 morts et 26 blessés parmi le personnel. Dans la nuit, entre minuit et une heure du matin, c’est le port de Poti, sur la mer Noire, qui avait été touché par l’aviation russe. Le 10 août à 5h45 puis à 19h10, deux raids aériens visent l’usine d’assemblage des Su-25 JSC Tbilaviamsherni de Tbilissi, qui reçoit trois impacts de bombe. Le lendemain 11 août, entre 3h et 4h30 du matin, l’aviation russe frappe le port de Batoumi et notamment le centre de commandement aérien géorgien. Des attaques aériennes sont également menées contre des chars géorgiens à Gori, la base de Senaki, le radar de l’aéroport de Tbilissi.

L’aviation russe intervient aussi en appui du deuxième front ouvert en Abkhazie à partir du 9 août. En début d’après-midi ce jour-là, deux villages de la gorge de Kodori abritant des positions géorgiennes sont bombardés. Le 10 août, entre 7h40 et 8h45, l’aviation russe attaque un autre village abritant également des unités géorgiennes ainsi que les environs de la ville de Zugdidi. La gorge de Kodori est continuellement matraquée tout le long des 10 et 11 août.

L’action des forces aériennes russes en soutien de l’offensive au sol est dévastatrice et les dégâts provoqués considérables. Les appareils de Moscou auraient employé des bombes à fragmentation. Il faut noter cependant que les deux principales conduites traversant la Géorgie, BTC pour le pétrole et BTE pour le gaz, n’ont pas été directement touchées, ce qui appuie l’idée selon laquelle l’objectif n’est «  que  » d’annihiler l’outil militaire géorgien. Les Russes revendiquent par ailleurs la destruction de 3 Su-25 géorgiens dans les airs.

Les forces aériennes russes, cependant, ont laissé quelques plumes dans la confrontation face à un système anti-aérien géorgien largement sous-estimé et qui les a privés d’une supériorité aérienne totale dès les premières heures des hostilités. Officiellement, la Russie reconnaît la perte de 4 appareils, 3 Su-25 et 1 Tu-22M3R, la plupart abattus par des missiles sol-air. Le 9 août, un Su-25 piloté par un colonel est descendu par un missile géorgien, le pilote s’éjectant sain et sauf. Le même jour, un SA-11 (Buk-M1) détruit un Tu-22M3R Backfire employé pour une mission de reconnaissance au-dessus de Gori. Le navigateur est tué mais le pilote, le colonel Igor Zinov, est capturé. Tous les membres d’équipage de ce bombardier sont en fait des instructeurs du centre d’essais Valery Chkalov, appelés d’urgence en opérations du fait du manque de pilotes qualifiés. Zinov et les autres membres d’équipage seront plus tard échangés (le 19 août) contre 15 soldats géorgiens faits prisonniers par les Russes. Les 2 autres Su-25 ont été abattus le 11 août, probablement par des missiles sol-air35.

La Géorgie, quant à elle, revendique au moins une dizaine d’appareils russes abattus, les revendications les plus fantaisistes allant jusqu’à la centaine ! Les spécialistes, russes en particulier, s’accordent à dire que l’on peut estimer au moins à 7 le nombre d’appareils réellement perdus par les VVS pendant le conflit : 1 bombardier Tu-22M3 Backfire, un bombardier tactique Su-24M, un appareil de reconnaisance Su-24MR Fencer E et 4 avions d’appui rapproché Su-25. Ce relatif succès géorgien est dû à l’utilisation combiné du radar passif Kolchuga-M et des missiles SAM Buk et Osa. Les Buk, en particulier, seraient responsables de la destruction de 3 des 4 Su-25 perdus et du Tu-22M3 Backfire. Les Osa auraient détruit les 2 Su-24, tandis que le dernier Su-25 russe aurait été victime d’un tir ami de lance-missile sol-air portable36. Si l’on suit cette version, le premier jour d’opérations aériennes voit la destruction de 3 Su-25, du Su-24 de reconnaissance et du Tu-22 (soit 5 appareils), suivie de la perte d’un Su-25 le 9 et d’un Su-24 de bombardement le 10 ou le 11 août. A cette liste, d’autres sources ajoutent un hélicoptère d’attaque Mi-24. Il faut noter que la compagnie russe Sukhoi a précisé que 3 autres Su-25 avaient été touchés par des SAM ou des MANPADS géorgiens, mais ont pu rentrer à leur base37.

Par ces quelques chiffres, on mesure l’ampleur de la surprise côté russe lors de la première journée de frappes, qui voit les pertes les plus sévères face à la défense anti-aérienne géorgienne. Cela conduit presque à un arrêt des opérations le 9 août, qui reprennent véritablement le lendemain. L’aviation russe n’a donc pas eu la partie facile, loin de là.

Sur mer :

La flotte de la mer Noire, une des composantes les plus efficaces de la marine russe, est mise à contribution pour assurer le blocus de la côte géorgienne.. La rapidité de réaction des unités de la flotte russe montre un degré de préparation avancé qui précède sans aucun doute l’attaque géorgienne sur Tskhinvali le 7 août38.

La flotte russe quitte Sébastopol le 8 août au soir ; la task force dépêchée dans la zone des combats comprend le croiseur lance-missiles Moskva de la classe Slava, le destroyer Smetlivy de classe Kashin, la corvette Mirazh (classe Nanuchka III), les corvettes R-239 et R-334 (classe Tarantul III), les corvettes Aleksandrovets et Murmanets (classe Grisha V), trois dragueurs de mines (dont les Turbinist et Zhukov), trois Landing Ship Tank (dont les Saratov et Yamal) un transport et un navire de sauvetage. La Russie cherche d’abord à empêcher de nouveaux transferts d’armes venant d’Ukraine en particulier à destination des ports géorgiens de la mer Noire. Au soir du 9 août, le détachement naval russe rencontre 4 vedettes lance-torpilles géorgiennes. La corvette Mirazh coule l’une d’entre elles avec deux missiles anti-navires Malakhit (SS-N-9) dans ce qui est sans doute le premier engagement naval de la marine russe depuis 194539. Les troupes russes débarquées en Abkhazie l’ont probablement été par 3 LST de classe Alligator ou Ropucha ; au total plus de 900 hommes auraient été transportés par mer40.

(à suivre)

2Frédéric Labarre, « Sustainable Armor Capability for Small Powers : The Case of Georgia in the August War », Baltic Security and Defense Review, volume 11, n°9, 2009, p.93.

3Jacques Sapir, La Guerre d’Ossétie du Sud et ses conséquences. Réflexions sur une crise du XXIe siècle, Paris, 29 septembre 2008, p.17

5Carolina Vendil Pallin, Fredrik Westerlund, « Russia’s war in Georgia : lessons and consequences », Small Wars & Insurgencies, volume 20, numéro 2, juin 2009, p.403-404.

6Richard Giragosian, “Georgian planning flaws led to campaign failure”, Jane’s Defence Weekly,

15 August 2008.

7Frédéric Labarre, « Sustainable Armor Capability for Small Powers : The Case of Georgia in the August War », Baltic Security and Defense Review, volume 11, n°9, 2009, p.94. Ces véhicules sont comparables aux fameux technicals africains.

9Frédéric Labarre, « Sustainable Armor Capability for Small Powers : The Case of Georgia in the August War », Baltic Security and Defense Review, volume 11, n°9, 2009, p.95.

10Roger McDermott, « Russia’s Conventional Armed Forces and the Georgian War », The US Army War College, 6 août 2009, p.66.

11Roger McDermott, Les forces armées russes : le pouvoir de l’illusion, Russie.Nei.Visions n°37, IFRI, mars 2009, p.19-20.

12Felix K. Chang, « Russia Resurgent : An Initial Look at Russian Military Performance in Georgia », Foreign Policy Research Institute, 13 août 2008.

13« Russia’s rapid reaction. But short war shows lack of modern systems », International Institute for Strategic Studies, volume 14, numéro 7, septembre 2008.

14Mikhail Barabanov, « The August War between Russia and Georgia », Moscou Defense Brief n°3 (13), 2008.

15Frédéric Labarre, « Sustainable Armor Capability for Small Powers : The Case of Georgia in the August War », Baltic Security and Defense Review, volume 11, n°9, 2009, p.96.

16Au moins deux blindés russes sont donc détruits dans ces engagements, dont 1 T-72 en soutien du 693ème régiment de fusiliers motorisés.

17Felix K. Felix K. Chang, « Russia Resurgent : An Initial Look at Russian Military Performance in Georgia », Foreign Policy Research Institute, 13 août 2008.

18Mikhail Barabanov, « The August War between Russia and Georgia », Moscou Defense Brief n°3 (13), 2008.

20Frédéric Labarre, « Sustainable Armor Capability for Small Powers : The Case of Georgia in the August War », Baltic Security and Defense Review, volume 11, n°9, 2009, p.96.

21Frédéric Labarre, « Sustainable Armor Capability for Small Powers : The Case of Georgia in the August War », Baltic Security and Defense Review, volume 11, n°9, 2009, p.97.

22Mikhail Barabanov, « The August War between Russia and Georgia », Moscou Defense Brief n°3 (13), 2008.

24Felix K. Chang, « Russia Resurgent : An Initial Look at Russian Military Performance in Georgia », Foreign Policy Research Institute, 13 août 2008.

25Mikhail Barabanov, « The August War between Russia and Georgia », Moscou Defense Brief n°3 (13), 2008.

26« Russia’s rapid reaction. But short war shows lack of modern systems », International Institute for Strategic Studies, volume 14, numéro 7, septembre 2008.

27Mikhail Barabanov, « The August War between Russia and Georgia », Moscou Defense Brief n°3 (13), 2008.

28« Russia’s rapid reaction. But short war shows lack of modern systems », International Institute for Strategic Studies, volume 14, numéro 7, septembre 2008.

29Mikhail Barabanov, « The August War between Russia and Georgia », Moscou Defense Brief n°3 (13), 2008.

30Mikhail Barabanov, « The August War between Russia and Georgia », Moscou Defense Brief n°3 (13), 2008.

31Stéphane Lefebvre and Roger McDermott, « Air Power and the Russian-Georgian conflict of 2008 : lessons learned and Russian military reforms », Air Power Review volume 12, numéro 1, printemps 2009, p.95-96.

32Said Aminov, « Georgia’s Air Defense in the War with South Ossetia », Moscow Defense Brief n°3, 2008.

33Fabriqués par la firme polonaise MESKO. Cf Luc Mampaey, Les pyromanes du Caucase : les complicités du réarmement de la Géorgie, Note d’analyse du GRIP (Groupe de Recherche et d’Information sur la Paix et la sécurité, 26 septembre 2008, p.3.

34Stéphane Lefebvre and Roger McDermott, « Air Power and the Russian-Georgian conflict of 2008 : lessons learned and Russian military reforms », Air Power Review volume 12, numéro 1, printemps 2009, p.97-99.

35Stéphane Lefebvre and Roger McDermott, « Air Power and the Russian-Georgian conflict of 2008 : lessons learned and Russian military reforms », Air Power Review volume 12, numéro 1, printemps 2009, p.99.

36Stéphane Lefebvre and Roger McDermott, « Air Power and the Russian-Georgian conflict of 2008 : lessons learned and Russian military reforms », Air Power Review volume 12, numéro 1, printemps 2009, p.99-100.

37Said Aminov, « Georgia’s Air Defense in the War with South Ossetia », Moscow Defense Brief n°3, 2008.

38 Roger McDermott, « Russia’s Conventional Armed Forces and the Georgian War », The US Army War College, 6 août 2009, p.73-74.

39Mikhail Barabanov, « The August War between Russia and Georgia », Moscou Defense Brief n°3 (13), 2008.

40Felix K. Chang, « Russia Resurgent : An Initial Look at Russian Military Performance in Georgia », Foreign Policy Research Institute, 13 août 2008.


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8 réactions à cet article    


  • staybehind 23 avril 2010 12:37

    alors là,un grand bravo à l’auteur !!!!!
    excellent article,j’attends avec impatience la suite.......


    • Stéphane Mantoux Stéphane Mantoux 24 avril 2010 11:41

      Merci à vous deux pour vos commentaires.


    • stef stef 23 avril 2010 12:40

      Vivement le 3e article de cette série.


      • morice morice 23 avril 2010 13:37

        précisez SVP ce qui s’est passé après, notamment la saisie par les russes de matériels de première importance en communications, qui bloque depuis toute intervention israélienne contre l’Iran, les russes ayant refilé les infos aux iraniens.... 


        • Stéphane Mantoux Stéphane Mantoux 23 avril 2010 14:57

          Je n’en parlerai pas dans la troisième partie mais merci de l’avoir précisé.
          Je me suis concentré, faute de temps, sur les combats eux-mêmes et non pas sur d’autres aspects intéressants comme celui-ci ; mon article n’a pas vocation à être exhaustif de toute façon.

          Peut-être l’objet d’un autre (cyberguerre + communications, etc) ?

          Cordialement.


        • zelectron zelectron 23 avril 2010 15:00

          une des suites...Sébastopol qui vient d’être soldé sans augmentation du loyer aux Russes pour du gaz soit-disant assuré en disponibilité, prix et qualité...


          • Frédéric 11 26 avril 2010 08:39

            Tiens, je ne savait pas que Mr Mantoux mettez aussi ses articles sur Agora, je l’avait lu sur Geostrategique, réseau des blogs parlant de la Défense à consulter (un peu de pub ne fait pas de mal).

            A noter que l’auteur voulait parler de bombes à sous-munitions, pas à fragmentation, dans le chapitre sur la guerre aérienne.

            L’article montre l’importance d’une bonne DCA, et hélas, la France semble bien moins équipée en quantité que la Géorgie.

            Le bombardement de Bouaké en Cote d’Ivoire montre que même en OPEX en Afrique, le danger aérien n’est pas nul, et avec les drones qui prolifèrent (voir ceux Iranien donné au Hez.), celui augmente en ces années 2010,

            Pour en retourné à l’article, je ne comprend l’oubli de couper l’arrière de l’ennemi lors de l’offensive géorgienne. Le terrain était bien connue des Georgiens qui n’ont pas exploité leur potentiel blindé à leur maximum et on tenté une ’’bete’’ attaque frontale.


            • Stéphane Mantoux Stéphane Mantoux 27 avril 2010 07:08

              Bonjour,

              Eh oui je publie sur Agora Vox depuis un certain temps (autre chose qu’Allliance Géostratégique...).

              Encore une fois, bombes à sous-munitions ; j’avais hésité à remplacer puis, pris par autre chose, j’ai oublié...

              A bientôt.

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