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L’ombre de Ghost Recon1. La guerre de Cinq Jours en Ossétie du Sud-Géorgie (7-12 août 2008)-1/3

Je propose ici une synthèse d’articles en anglais portant sur la dimension militaire du conflit en Ossétie du Sud et en Géorgie qui a eu lieu en août 2008. En raison de la taille de cet écrit, je le fractionne en trois parties : la première porte sur les événements en amont du conflit, la deuxième revient sur le déroulement du conflit lui-même, et la troisième et dernière porte analyse les leçons militaires à tirer des combats. Cet article est publié en parallèle sur mon propre blog, Historicoblog (3) et sur le site Alliance Géostratégique.

Le scénario du conflit de l’été 2008 dans le Sud-Caucase avait été, de manière assez étonnante, anticipé par les réalisateurs d’un jeu vidéo, sorti en 2001, et qui avait connu à l’époque un certain succès : Ghost Recon1, développé par Red Storm Entertainment et édité par Ubisoft2. Dans cette simulation, des ultranationalistes russes prennent le pouvoir à Moscou (en 2008 !) et fomentent des troubles en Géorgie et dans les pays baltes. Le joueur dirige un peloton de Bérets Verts américain présents en Géorgie (D Company, 1st Battalion, 5th US Special Forces Group, une unité fictive excepté le dernier terme) chargé de contrer l’action des ultranationalistes russes par un certain nombre d’opérations spéciales hautement secrètes en lien avec les opérations militaires conventionnelles. Les premières missions du jeu se déroulent d’ailleurs en Ossétie du Sud où les Ghosts pilotés par le joueur font face aux troupes rebelles puis à l’armée russe qui envahit ensuite la Géorgie. Le jeu a été suivi de trois extensions et a connu plusieurs suites, dont la dernière, Ghost Recon : Future Soldier, doit sortir fin 2010 (la bande-annonce du jeu prend d’ailleurs, encore une fois, pour théâtre... la Russie !).

Plus prosaïquement, si quantité d’analyses ont été faites depuis un an et demi à propos du conflit de l’été 2008, peu de descriptions ont émergé sur la dimension proprement militaire de cette guerre : déroulement des opérations, unités engagées, leçons à tirer pour chaque camp, etc. C’est particulièrement vrai pour la réflexion française ou en langue française3, surabondante en termes d’analyses géopolitiques, politiques ou stratégiques (et souvent de qualité), mais moins prolixe dès qu’il s’agit d’aborder l’aspect purement militaire du conflit. Cette synthèse d’articles essentiellement écrits en anglais se veut une première pierre dans un vide qu’il reste encore largement à combler -et sans doute de bien meilleure façon que celle proposée ici. Nous traiterons donc de la préparation et de l’anticipation de la campagne en amont, des opérations de cette guerre sur terre, dans les airs et sur mer, et des leçons à tirer pour chaque protagoniste. Le volet de la cyberguerre ayant déjà été abondamment développé ailleurs, je l’écarte volontairement ici, tout comme la réflexion sur la refonte des forces armées russes et la prise en compte des enseignements du conflit.
 

  1. « Si vis pacem, para bellum » (Si tu veux la paix, prépare la guerre)4 :

  1. Côté géorgien :

L’offensive contre l’Ossétie du Sud était largement prévisible5. Depuis son accession au pouvoir après la « révolution des Roses  » de 2003, le président Mikhail Saakachvili a bâti son programme politique sur le maintien de l’intégrité territoriale du pays. Ce qui suppose réinstaller l’autorité de Tbilissi sur les deux provinces séparatistes : l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Le président géorgien a donc fait le choix de construire une force armée capable de mener cette mission, tout en intégrant l’orientation politique attenante, à savoir jouer à fond l’alliance américaine pour pouvoir intégrer l’OTAN et bénéficier du soutien américain en matière financière, humaine et matérielle. En 2008, le budget de la défense géorgien relativement à la richesse nationale était l’un des plus élevés au monde. Une partie non négligeable de cette nouvelle force armée est expédiée en Irak aux côtés des Américains pour acquérir une expérience opérationnelle. Cette nouvelle armée alignée sur le modèle américain bénéficie d’une intense campagne de publicité et sert en quelque sorte de «  vitrine  », aussi, pour la superpuissance mondiale qui encadre l’opération.

Les forces armées géorgiennes ne se sont développées véritablement qu’à la fin du mandat de l’ex-président Edouard Chevardnadze (renversé par la révolution des Roses en 2003) malgré un premier conflit avec l’Abkhazie (1992-1993) immédiatement après la chute de l’URSS6. Les Etats-Unis assurent le financement de ce renforcement entre avril 2002 et avril 2004 par le biais du Georgia Train and Equip Program, à hauteur de 64 millions de dollars. Celui-ci implique la formation de trois bataillons de la 11ème brigade d’infanterie (devenue ensuite 1ère brigade d’infanterie), du 16ème bataillon de montagne de la Garde Nationale, et d’un bataillon mécanisé combiné essentiellement. Ce sont en tout plus de 2 700 soldats géorgiens qui sont entraînés par les Américains. Du matériel est également acquis : 10 hélicoptères UH-1 des Etats-Unis et 2 autres de la Turquie, 12 jets d’entraînement L-29, 2 hélicoptères Mi-14, 2 navires lance-missiles rapides classe Matka et 6 patrouilleurs de l’Ukraine. Après la révolution des Roses et l’arrivée au pouvoir de Mikhail Saakachvili en 2003, une série de documents conceptuels est adoptée par l’armée géorgienne entre 2005 et 2007. Tous placent la question du maintien de l’intégrité territoriale de la Géorgie -et donc, in fine, la récupération des deux provinces séparatistes- au premier rang des priorités. L’adversaire principal reste clairement la Russie. La Géorgie vise à bâtir une armée professionnelle capable à la fois de mener une guerre conventionnelle et des actions de guérilla, dans le but de reconquérir les provinces perdues et d’infliger suffisamment de pertes à la Russie pour décourager toute entreprise d’envergure. Cette posture implique certains choix.

L’armée de terre géorgienne est le coeur des forces armées. Le président Saakachvili a d’ailleurs transféré sous son autorité les anciennes troupes du ministère de l’Intérieur fin 2004. L’essentiel des forces terrestres se compose de 5 brigades d’infanterie, d’une brigade d’artillerie, d’une brigade du génie et de 6 bataillons indépendants (dont un blindé avec 50 chars T-72). Ces forces terrestres regroupent pas moins de 22 000 hommes. La 5ème brigade d’infanterie et la brigade du génie sont encore au stade de l’entraînement au moment du conflit d’août 2008. Les brigades d’infanterie géorgiennes, qui disposent théoriquement de 3 265 hommes chacune, sont abondamment pourvues en artillerie, chars et véhicules blindés7. La brigade d’artillerie, forte de 1 200 hommes, aligne une quantité importante de pièces de 152 mm, de LRM (lance-roquettes multiples) et de canons antichars. Il faut ajouter qu’à l’été 2008, l’essentiel de la 1ère brigade d’infanterie géorgienne (sans doute la meilleure unité de l’armée) est déployé en Irak aux côtés des Américains (2 000 hommes). A partir de 2004, la Géorgie cherche à faire de la Garde Nationale une véritable réserve rapidement mobilisable en cas de conflit.

L’armée de l’air géorgienne compte en 2008 2 000 hommes. Son noyau est formé des 12 avions d’appui rapproché Su-25 Frogfoot (plus 2 appareils d’entraînement), plus 12 jets d’entraînement L-39 Albatros. Elle dispose aussi de 6 avions de transport léger An-2, de 8 hélicoptères d’attaque Mi-24 Hind en différentes versions, de 18 Mi-8 Hip de transport, de 2 Mi-14, de 6 UH-1 et de 6 Bell 212. La petite marine géorgienne, forte de 1 000 hommes, aligne 2 navires lance-missiles rapides, 8 patrouilleurs, 2 petits navires de débarquement. Les garde-côtes géorgiens disposent de plus d’une trentaine d’embarcations.

La professionnalisation de l’armée géorgienne peut compter sur deux atouts : un moral plutôt élevé des militaires en raison de la question lancinante des provinces séparatistes, et un salaire relativement important au vu du niveau de vie moyen du pays. En revanche, des faiblesses apparaissent rapidement : la formation accélérée mène de jeunes officiers à de hautes responsabilités, et des officiers subalternes se retrouvent parfois à commander des brigades d’infanterie. L’armée géorgienne est avant tout un outil au service du politique, et en l’occurrence du président Saakachvili. L’entraînement des trois premières brigades d’infanterie a lieu entre 2005 et 2007. En revanche, la Garde Nationale géorgienne n’atteindra jamais le niveau opérationnel souhaité. Des problèmes de discipline sont signalés au sein de l’armée. Les officiers ne cherchent pas à améliorer leur capacité militaire et se reposent assez peu sur leurs subordonnés. Tous ces problèmes se retrouveront lors du conflit à venir.

Des achats importants de matériels sont effectués à partir de 2003. En 2006-2007, ce sont plus de 31 000 AK-74 et plus de 15 000 AKM qui sont acquis auprès de l’Ukraine. En janvier 2008, les Kalachnikov sont remplacées par un lot de 4 000 carabines M4A3 achetées aux Etats-Unis. Entre 2003 et 2006, des canons automoteurs de 152 mm et 203 mm sont commandés à l’Ukraine et en République Tchèque, des LRM à Israël, à la Bosnie-Herzégovine et encore une fois à Prague, ces deux dernières fournissant également des mortiers avec la Bulgarie et la Grèce (60 pour celle-ci en 2008). Le poing blindé géorgien est considérablement renforcé par l’acquisition de matériel soviétique en Ukraine et en République Tchèque : 160 T-72, 52 BMP-2, 15 BMP-1U améliorés, 30 véhicules de transport de troupes BTR-80 notamment entre 2004 et 2007. Un effort est fait pour accroître la mobilité de l’armée par l’achat de 400 camions KrAZ à l’Ukraine, et de pickups Land Rover et Toyota. Des lance-missiles antichars et leurs munitions sont achetés en Bulgarie (150 lanceurs et 1 750 missiles). Pour l’aviation, de nombreux hélicoptères sont achetés pendant cette période et une compagnie israélienne met la moitié des Su-25 géorgiens au standard Su-25MK Scorpion. La marine acquiert un navire lance-missile rapide classe Dioskuria de la Grèce avec 10 missiles Exocet. Le ministère de l’Intérieur géorgien reçoit quant à lui une centaine de véhicules blindés légers Otokar Cobra de la Turquie en 2007.

Il semble que le président Saakchvili ait finalement succombé lui-même à l’intense campagne médiatique entourant la forge de ce nouvel outil militaire. Il en vient à croire que l’usage de la force, par le biais de cette armée remodelée, suffirait à régler rapidement le problème des deux régions séparatistes. L’attaque sur l’Ossétie du Sud n’a pas été spontanée. Dès les premiers jours du mois d’août, les Géorgiens concentrent en effet une quantité importante d’hommes et de matériels dans les enclaves géorgiennes d’Ossétie du Sud sujettes aux affrontements répétés depuis le début de l’année 2008 : 2ème, 3ème et 4ème brigades d’infanterie, des éléments de la 1ère brigade déployée pour l’essentiel en Irak, le bataillon de chars de Gori -au total 9 bataillons d’infanterie, 5 bataillons de chars et 8 bataillons d’artillerie, des forces spéciales et les troupes du ministère de l’Intérieur. Une bonne partie de l’armée géorgienne est donc engagée dans l’opération de reconquête de la première province séparatiste. Au soir du 7 août, cette force est prête à porter le premier coup.

 

  1. Côté russe :

La Russie se prépare déjà depuis un certain temps à l’éventualité d’une opération militaire contre la Géorgie, dans le cas d’une attaque de Tbilissi contre les deux provinces séparatistes appuyées par Moscou8. En juillet 2008, l’exercice « Caucasus Frontier 2008 » répète déjà ce scénario pour les forces russes de la région du Nord Caucase. Moscou est donc prête le cas échéant à déployer rapidement des troupes en Ossétie du Sud, malgré les difficultés posées par le terrain, et en particulier le goulot d’étranglement que représente le tunnel de Roki, seule voie d’accès ou presque à l’Ossétie du Sud.

Les forces armées russes ont développé depuis des années leurs capacités à mener des actions armées ou à faire face à des conflits locaux dans le Caucase. Deux nouvelles brigades de montagne motorisées ont ainsi été crées dans le district militaire du Nord Caucase en 2007 et plusieurs unités ont été transformées en groupes d’intervention prêts à l’action, composés de soldats engagés sous contrat. Les exercices de coopération entre les diverses branches de l’armée, mais aussi avec les forces du FSB ou du ministère de l’Intérieur ont été très nombreux ces dernières années. Par ailleurs, le service de renseignement militaire (GRU) suit de très près les développements des affrontements entre Géorgiens et Ossètes, notamment en infiltrant le déliquescent service de renseignement de la république séparatiste (KGB).

Les préparatifs russes ne signifient d’ailleurs pas qu’une action militaire contre la Géorgie est envisagée. Le haut commandement souhaite avant tout être au point si l’éventualité d’un conflit se présente. Des préparatifs pour une opération militaire majeure en Abkhazie sont cependant réalisés au printemps et au début de l’été 2008. Le 31 mai, des troupes russes spécialistes des chemins de fer sont envoyées réparer quelques 54 km de tronçons en Abkhazie ; leur travail sera achevé le 2 août. Des transferts massifs de troupes sont ensuite effectués via ces chemins de fer, essentiels pour un déploiement avancé des unités mécanisées russes.

Il faut revenir sur les préparatifs russes en Abkhazie qui montrent à l’évidence l’excellence du renseignement du côté de Moscou, ainsi qu’une volonté de planification et d’organisation des forces engagées en cas de conflit beaucoup plus poussée que lors des deux guerres en Tchétchénie, par exemple9. Le 6 mars 2008, le ministre russe des Affaires Etrangères annonce la levée des sanctions économiques contre l’Abkhazie, qui avait été adoptées par la Communauté des Etats Indépendants en 1996. Cette mesure n’est, de fait, que la reconnaissance des liens étroits qui unissent déjà la Russie à cette république séparatiste géorgienne. Le 20 avril, un MiG-29 russe abat un drone de reconnaissance géorgien au-dessus de l’Abkhazie, sans doute pour empêcher Tbilissi d’observer à sa guise le déploiement de nouvelles forces russes dans la région. Quelques jours plus tard, en effet, les forces de maintien de la paix russes en Abkhazie passent de 2 000 à 3 000 hommes par l’arrivée d’un bataillon de parachutistes renforcé, équipé de 10 pièces d’artillerie, matériel qui n’est pas indispensable, loin s’en faut, à une opération de maintien de la paix. Puis c’est l’arrivée des 400 spécialistes militaires des chemins de fer qui vont réparer les voies nécessaires utilisées ensuite pour l’acheminement des troupes russes jusqu’en août. Plus précisément, elles s’occupent des voies, avec 20 tunnels ou ponts, au sud de la capitale abkhaze Soukhoumi à la ville côtière d’Ochamchire10. Ce chemin de fer était hors d’usage depuis la guerre entre Géorgie et Abkhazie consécutive à l’effondrement de l’URSS. Les Russes se servent des voies ferrées pour acheminer des blindés et du matériel lourd, d’où l’existence de ce corps spécialisé dans la réparation des chemins de fer (dirigé ici par le général Sergei Kimets). Ces chemins de fer se terminent à quelques 35 km seulement de la ligne de séparation entre Géorgie et Abkhazie, juste hors de portée de l’artillerie géorgienne ; le corps de réparation, lui, est replié à proximité, au sud de Sotchi, en Russie, pour être prêt à se redéployer sur place en cas de guerre. D’autres renforts sont discrètement acheminés par rail fin juillet.

A partir du 15 juillet 2008, l’exercice « Caucasus Frontier2008 » prend place dans les parties méridionales du district militaire du Nord Caucase, impliquant au moins 8 000 hommes, 700 véhicules et 30 avions de combat. Mais la presse russe soutient que le nombre d’hommes engagé a été sensiblement supérieur. La 58ème armée russe est la principale formation engagée dans cet exercice, avec sa composante aviation, la 4ème armée de l’air et de défense aérienne ; elle constitue le coeur du district militaire russe du Nord Caucase et c’est elle qui mènera, pour l’essentiel, l’opération en Géorgie au mois d’août. Des troupes aéroportées, motorisées et de montagne sont mises à contribution. L’on y voit aussi des éléments de la 76ème division aéroportée de Pskov, et des troupes de marine des flottes de la mer Noire et de la mer Caspienne. Les parachutistes sont déployés à proximité de la frontière avec l’Ossétie du Sud, près des passes montagneuses de Roki et Mamisoni. Elles sont bientôt renforcées par des troupes mécanisées et de montagne. Les troupes de marine de la mer Noire mènent des exercices de débarquement près d’Adler, au sud de Sotchi, appuyés par l’aviation, les navires de combat de la flotte de la mer Noire, qui conduisent des barrages d’artillerie et des tirs de missiles antiaériens. Le but officiel de l’exercice est de se préparer aux opérations contre-terroristes, mais une autre finalité de l’exercice est de préparer les troupes au maintien de la paix dans les zones de conflit. Plusieurs unités impliquées par la suite dans la guerre contre la Géorgie participent à cet exercice, par exemple le large navire d’assaut (BDK) Tsezar Kunikov. Par ailleurs, certaines unités impliquées ne regagnent pas leurs lieux de départ la 58ème armée russe du Nord Caucase reste en état d’alerte jusqu’au déclenchement du conflit.

 

  1. La guerre aérienne sur le sol géorgien avant le 7 août 200811 :

La Russie avait mené des opérations aériennes pendant la guerre entre la Géorgie et la province séparatiste d’Abkhazie déclenchée en 1992. La base abkhaze de Gudauta est d’ailleurs toujours sous contrôle russe en août 2008. Le 19 août 1993, un missile sol-air SA-2 géorgien abat un Su-27 Flanker russe près de Gudauta. Après la fin de la guerre, de nombreux incidents frontaliers interviennent entre les deux protagonistes, mais peu d’entre eux impliquent des moyens aériens. Les observateurs de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe notent néanmoins, entre 1999 et 2004, de fréquentes incursions aériennes russes au-dessus du territoire géorgien. En septembre 2002, les Russes renforcent la flotte aérienne du district militaire du Nord Caucase -base principale à Mozdok, Ossétie du Nord- dans l’éventualité de frappes sur la gorge de Pankisi, en Géorgie, utilisée par la rébellion tchétchène pour acheminer hommes et matériels. En août 2007, un appareil russe, probablement un Su-24, largue ce qui semble être un missile antiradar sur une station radar géorgienne. 2008 est une année tournant dans l’escalade des incidents. La Russie emploie délibérément sa force aérienne pour entretenir les tensions consécutives à la récente indépendance du Kosovo et aux affrontements entre Ossètes et Géorgiens dans la république séparatiste. Mais les Géorgiens réagissent également : le 5 avril, 2 Su-25 survolent une partie de l’Abkhazie. Le 8 juillet, 4 chasseurs russes survolent l’Ossétie du Sud. Mais ce sont surtout les drones utilisés par les Géorgiens au-dessus de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie qui vont être un enjeu et provoquer des incidents. Entre août 2007 et juin 2008, ce sont pas moins de 7 drones abattus que revendiquent les autorités abkhazes. Les 18 mars, 20 avril, 4, 8 et 12 mai, la mission des Nations Unies sur place signale des intrusions de drones géorgiens, dont 3 (des Hermes 450 de construction israëlienne) sont descendus, le deuxième l’étant par un missile air-air R-73 tiré par un MiG-29 ou un Su-27 russe. Le 6 août 2008, six appareils géorgiens (des Su-25 et sans doute un couple d’appareils d’entraînement L-39 Albatros) mènent des missions de reconnaissance au-dessus de l’Ossétie du Sud, ce qui est vu par les autorités locales comme un prélude à l’offensive déclenchée le lendemain.

 

1Vidéo d’introduction du jeu : http://www.youtube.com/watch?v=XvVZRwlwebo .

2Site officiel de la série des Ghost Recon : http://ghostrecon.fr.ubi.com/ .

3Une exception : Jacques Sapir, La Guerre d’Ossétie du Sud et ses conséquences. Réflexions sur une crise du XXIe siècle, Paris, 29 septembre 2008.

4Citation tirée de l’oeuvre de Végèce, Epitoma Rei Militaris (fin du IVème siècle ap. J.-C.).

5Mikhail Barabanov, « The August War between Russia and Georgia », Moscou Defense Brief n°3 (13), 2008.

6Vyacheslav Tseluyko, « Force Development and the Armed Forces of Georgia under Saakashvili », Moscow Defense Brief n°3, 2008.

7Pour le détail de tous les matériels géorgiens, cf Vyacheslav Tseluyko, « Force Development and the Armed Forces of Georgia under Saakashvili », Moscow Defense Brief n°3, 2008.

8Carolina Vendil Pallin, Fredrik Westerlund, « Russia’s war in Georgia : lessons and consequences », Small Wars & Insurgencies, volume 20, numéro 2, juin 2009, p.404-407.

9Martin Malek, « Georgia and Russia : the unknown prelude to the Five Day War » », The Caucasian Review of International Affairs, volume 3 (2), printemps 2009, p.227-232.

10Pavel Felgenhauer, « Russian railroad troops complete mission in Abkhazia », Eurasia Daily Monitor, volume 5, n°146, 30 juillet 2008.

11Stéphane Lefebvre and Roger McDermott, « Air Power and the Russian-Georgian conflict of 2008 : lessons learned and Russian military reforms », Air Power Review, volume 12, numéro 1, printemps 2009, p.93-95.


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5 réactions à cet article    


    • Johnny Marocco 12 avril 2010 19:29

      Et que dire du pitch de départ de Splinter Cell ( le 1er), du même éditeur, mais surtout, du même auteur, Tom Clancy, sorte de Mme Irma de la géopolitique moderne... à moins que...


      • Jean-Fred 13 avril 2010 10:30

        Article excellent, on attend la suite avec impatience !!


        • Stéphane Mantoux Stéphane Mantoux 13 avril 2010 11:12

          Merci à vous pour le commentaire, et autres également.

          Les deux autres parties sont prêtes à la publication mais en raison de la taille, j’espace un peu dans le temps les mises en ligne.

          A bientôt !


        • Frédéric 11 26 avril 2010 08:43

          Est ce quelqu’un à une idée du pourquoi du manque de préparation de la marine géogienne.

          Pas même un simple champ de mines posé à l’ouverture des hostilité et une attaque de la flotte russe sans utilisation des Exocet qu’elle était sencé possédé ?

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