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Accueil du site > Actualités > International > L’ONU se mêle de religions... dialogue de haut niveau

L’ONU se mêle de religions... dialogue de haut niveau

Voici un document que l’on pourrait penser tout droit venu d’une quelconque paroisse de bons chrétiens épris de valeurs chrétiennes et oecuméniques... Eh bien non, les documents qui suivent sont des communiqués de presse de l’ONU, le 1er daté du 3/10/07. (Note 6109)

Car il semble qu’à l’ONU, depuis quelque temps, on parle religions et coopération entre grandes religions, pour amener l’humanité vers les lumières prodiguées, c’est bien connu, par lesdites religions. Cette année, l’ONU a d’ailleurs voté une résolution pour condamner la « diffamation des religions »...

Quand le président de l’Assemblée générale de l’ONU se permet de dire : "Les Nations unies en particulier ont un rôle crucial à jouer dans la promotion d’un tel dialogue et dans la promotion de la liberté fondamentale selon laquelle nous devons tous respecter le principe de liberté de religion ou de croyance. « , le bon laïc peut effectivement sentir le vent tourner.

Précision : on appelle »culture", dans des pays non laïcs comme la Belgique, ce qui en réalité est de l’ordre du religieux...

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ORGANISE LES 4 ET 5 OCTOBRE LE PREMIER DIALOGUE DE HAUT NIVEAU SUR LA COMPRÉHENSION ENTRE LES RELIGIONS ET LES CULTURES ET LA COOPÉRATION POUR LA PAIX

L’Assemblée générale organise pour la première fois les 4 et 5 octobre au siège des Nations unies, un Dialogue de haut niveau sur la compréhension entre les religions et les cultures et la coopération pour la paix. La réunion, qui débutera à 10 heures dans la salle de l’Assemblée générale, portera notamment sur la liberté de religion et de croyance et le respect de la diversité des religions et des cultures. Le président de l’Assemblée générale et le secrétaire général ouvriront les débats.

En parallèle à ce Dialogue de haut niveau, des auditions avec des représentants de la société civile se tiendront à partir de 15 heures dans la salle du Conseil de tutelle. Réunissant notamment des universitaires et des dignitaires religieux, elles s’organiseront autour de deux tables rondes, l’une portant sur les défis auxquels se heurte aujourd’hui la coopération entre les religions et les cultures et l’autre sur les pratiques et stratégies optimales pour la promotion de la coopération entre les religions et les cultures. Le Haut Représentant du Secrétaire général pour l’Alliance des civilisations, Jorge Sampaio, participera à ces auditions informelles interactives.

Ce Dialogue de haut niveau fait suite à l’adoption par l’Assemblée générale, le 20 décembre 2006, de la résolution A/RES/61/221 sur « la promotion du dialogue, de l’entente et de la coopération entre religions et cultures au service de la paix ». Une autre résolution, adoptée par consensus le 25 mai 2007 (A/RES/61/269) a fixé les dates des 5 et 6 octobre pour la tenue de cette rencontre.

Les journalistes souhaitant assister au Dialogue de haut niveau ou aux auditions interactives informelles et n’étant pas accrédités auprès des Nations unies sont priés d’adresser un fax sur papier à entête à l’attention de Gary Fowlie, Bureau des accréditations et de la liaison avec les médias au numéro suivant : (212) 963-4642.

(...)

Communiqué de l’Assemblée Générale AG/10630 (extraits)

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SE MET À L’HEURE DU RAPPROCHEMENT

ENTRE LES RELIGIONS ET LES CULTURES

« Nous vivons une période sans précédent grâce à internet et à tout un réseau de télécommunications et de liens économiques qui, bien que contribuant au rapprochement et à l’enrichissement de notre expérience humaine, révèlent les faiblesses de notre compréhension mutuelle », a déclaré ce matin Srgjan Kerim, le président de l’Assemblée générale, à l’ouverture du Dialogue de haut niveau sur la compréhension entre les religions et les cultures et la coopération pour la paix.

(...)

Plusieurs propositions ont été faites pour accélérer le rapprochement entre les peuples. Le ministre des Affaires étrangères de la Thaïlande a recommandé une stratégie en trois étapes dont la première consisterait à ce que chaque région identifie le meilleur moyen de promouvoir la tolérance et le respect de la diversité, en visant les communautés de base. Rien ne peut être imposé de l’extérieur et certainement pas de l’ONU, a prévenu le ministre.

La seconde étape consisterait à identifier les groupes cibles, afin de déterminer les instruments appropriés pour renforcer l’appui à la culture de paix et de tolérance. Les jeunes constituent un groupe cible par excellence et l’instrument-clé est l’éducation. (là c’est carrément un plan de propagande qu’ils sont en train d’évoquer, et comme d’habitude on cherche d’abord à embrigader les jeunes.) Le ministre a, par exemple, proposé de multiplier les programmes d’échanges qui exposent les jeunes à « l’autre ». Il a été rejoint sur ce point par de nombreux intervenants, dont la représentante des États-Unis, qui a préconisé la banalisation de ces programmes.

Une troisième étape, a poursuivi le ministre thaïlandais, serait de coordonner et de consolider les divers efforts au niveau mondial, en évitant les doubles emplois. Cette position a été fermement appuyée par le Haut Représentant pour l’Alliance des civilisations, Jorge Sampaio (portugais, issu du « PS », président du Portugal en 1992, réélu en 2001, participant du Bilderberg 1999). Il est de la plus haute importance d’assurer une étroite coordination entre toutes les activités menées par les organes-clés des Nations unies, a-t-il dit, en rappelant que « c’est la raison pour laquelle on m’a nommé à ce poste ».

L’Alliance des civilisations est une initiative lancée en 2004 par le Premier ministre espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, qui vise à rapprocher les institutions et les sociétés civiles pour surmonter les préjugés et malentendus entre peuples de différentes cultures et religions.

Une réunion ministérielle du Groupe des Amis de l’Alliance des civilisations s’est tenue la semaine dernière, au cours de laquelle l’élan en faveur de l’amélioration des relations interculturelles ne s’est pas démenti. Les ministres ont fait part d’un appui inconditionnel aux initiatives dans les domaines des médias, de la jeunesse et de l’éducation. Le premier Forum annuel de l’Alliance se tiendra en janvier à Madrid.

Aujourd’hui, deux tables rondes ont poursuivi la réflexion. Elles ont porté sur les défis auxquels se heurte aujourd’hui la coopération interreligieuse et culturelle, et sur les pratiques et stratégies optimales pour relever ces défis.

Le Dialogue de haut niveau se poursuivra demain, en séance plénière, à partir de 10 heures.


Rapport du Secrétaire général sur le dialogue, l’entente et la coopération entre religions et cultures au service de la paix (A/62/337)

Dans ce rapport, le Secrétaire général recommande à l’Assemblée générale de proclamer une année internationale du dialogue entre les religions et les cultures, comme elle envisageait de le faire dans sa résolution 61/221. Avant cela, Ban Ki-moon, rend d’abord compte des activités menées par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), l’Alliance des civilisations et le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), dans le domaine du dialogue entre les religions et les cultures. Ces renseignements complètent ceux qui ont été fournis par le Directeur de l’Unesco dans son rapport annuel sur la Décennie internationale de la promotion d’une culture de la paix et de la non-violence au profit des enfants du monde (A/62/97).

Le Secrétaire général rappelle ainsi que le dialogue interculturel fait partie intégrante du projet de stratégie à moyen terme (2008-2013) élaboré pour l’Unesco. Fondé sur la constatation explicite du fait que la promotion de la diversité culturelle est indissociable de la promotion du dialogue, ce projet énonce précisément l’importance des échanges et du dialogue interculturels pour la cohésion sociale, la réconciliation et la paix, et en fait l’un des objectifs des programmes. Cette stratégie englobe le dialogue interconfessionnel, des initiatives spécifiques aux échelons régional et sous-régional, la définition d’un ensemble de valeurs et de principes communs, une thématique axée sur les cinq domaines de compétence de l’Unesco (l’éducation, les sciences naturelles, les sciences humaines et sociales, la culture ainsi que la communication et l’information), l’engagement multipartite et le dialogue visant à faire progresser le respect des droits fondamentaux de la femme.

Aux fins d’établir des liens durables entre les communautés en faveur du dialogue, cette stratégie prévoit notamment plusieurs mesures : privilégier une éducation de qualité ; échanger des renseignements sur les valeurs communes à différents environnements culturels au moyen du système des savoirs locaux et autochtones ; mettre en valeur le rôle joué par la culture pendant et après les conflits pour favoriser la réconciliation, ce grâce au patrimoine culturel ; et souligner l’importance de l’existence de médias libres, indépendants et pluralistes pour prévenir les conflits violents et promouvoir la compréhension mutuelle. En termes d’orientations générales, l’Unesco dresse le bilan des pratiques en usage en matière de dialogue interculturel qui visent à aider les décideurs à élaborer des stratégies politiques consensuelles au service du pluralisme culturel. Un groupe d’études sur le dialogue interculturel, chargé de déterminer quelle suite donner aux résolutions, recommandations et autres actions entreprises sur le terrain par différents acteurs des Nations unies, a ainsi été mis sur pied depuis décembre 2006.

Créée en 2005 à l’initiative de l’Espagne et de la Turquie, sous les auspices des Nations unies, l’Alliance des civilisations cherche, explique le Secrétaire général, à améliorer l’entente et la coopération entre les nations et les peuples, quelles que soient leur culture et leur religion, et ce faisant, à contribuer à la lutte contre les forces qui alimentent la polarisation et l’extrémisme. L’Alliance, qui depuis avril 2007 a l’ancien président du Portugal, Jorge Sampaio à sa tête, soutient toute une gamme de projets et d’initiatives, notamment la mise en place d’un centre d’échanges en ligne de pratiques optimales, d’outils et de ressources sur le dialogue transculturel et les projets de coopération. Elle est également en train de mettre sur pied un mécanisme d’intervention rapide impliquant les médias, afin qu’il existe des tribunes pour mener des débats constructifs et faire connaître différentes opinions lorsque des questions transculturelles avivent les tensions. Elle travaille en outre à plusieurs autres initiatives comme la création d’un fonds pour les médias afin de promouvoir les productions qui transcendent les cultures, les religions et les pays ou encore l’ouverture d’un centre pour l’emploi des jeunes, destiné à offrir davantage de possibilités d’emplois aux jeunes au Moyen-Orient. (là c’est l’indépendance des médias qui est allègrement piétinée)

L’Alliance collabore également avec des organisations de la société civile, qui cherchent à renforcer l’entente et la coopération transculturelles et interconfessionnelles. Elle organisera son premier forum international en janvier 2008, et dont le but sera de mettre sur pied des initiatives communes et de promouvoir des projets pour améliorer les relations entre les cultures et les communautés.

Le FNUAP, poursuit le Secrétaire général, offre, lui, une assise concrète et axée sur les droits au dialogue entre les religions et les cultures grâce aux travaux qu’il mène depuis des décennies auprès d’autorités religieuses. Il œuvre dans les domaines visés dans son mandat : la dynamique démographique (urbanisation et migration par exemple), la santé en matière de procréation et l’égalité des sexes. Sur le terrain, le FNUAP contribue au renforcement des capacités des agents religieux du changement et à leur mobilisation. Depuis que l’Assemblée générale a adopté sa résolution 61/221, le FNUAP a multiplié les activités et contribué au dialogue entre les religions et les cultures en mettant en œuvre des programmes spécifiques au Bangladesh, au Honduras ou en Ouganda. Le Fonds a aussi créé et consolidé deux groupes thématiques interculturels chargés d’intégrer les questions autochtones dans les programmes, comme en Équateur ou en Bolivie.

Le Secrétaire général conclut son rapport en faisant observer que le système des Nations unies a multiplié les activités visant à promouvoir le dialogue entre les cultures et les religions, et il se mobilise de plus en plus pour contribuer à la réalisation de cet objectif. Ces activités viennent utilement étayer les initiatives que prennent les États membres et d’autres acteurs internationaux pour favoriser le dialogue. Dans les rapports annuels qu’il adressera au Secrétaire général, Jorge Sampaio, Haut Représentant pour l’Alliance des civilisations, formulera des propositions quant à l’action que le système des Nations unies devrait mener dans ce domaine.

Déclarations

M. SRGJAN KERIM, président de la soixante-deuxième session de l’Assemblée générale, a rappelé qu’en organisant ce Dialogue de haut niveau, l’Assemblée prenait des mesures concrètes en vue de faire progresser les valeurs de tolérance et de coopération, consacrées par la Charte des Nations unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme. Il a noté que nous vivons une période sans précédent grâce à internet et à tout un réseau de télécommunications et de liens économiques qui, bien que contribuant au rapprochement et à l’enrichissement de notre expérience humaine, révèlent les faiblesses de la compréhension mutuelle. Nous avons pourtant l’occasion et la responsabilité de remplacer l’intolérance et la discrimination par la compréhension et la tolérance mutuelle. Les Nations unies en particulier ont un rôle crucial à jouer dans la promotion d’un tel dialogue et dans la promotion de la liberté fondamentale selon laquelle nous devons tous respecter le principe de liberté de religion ou de croyance. Ce faisant, nous devons aussi reconnaître que les crimes commis au nom de la religion sont les pires que l’on puisse commettre et que la religion ne peut servir de prétexte à la guerre.

Plusieurs recommandations ont été faites lors du débat thématique organisé plus tôt cette année par l’Assemblée et consacré aux « civilisations et défis pour la paix » : il faut reconnaître le droit légitime des autres pour avoir un dialogue significatif. Par ailleurs, les chefs spirituels doivent s’appuyer sur la tolérance de leur propre foi pour promouvoir la compréhension mutuelle au sein de leurs communautés. Nous devons utiliser tous les outils à notre disposition, y compris les médias et les campagnes de sensibilisation, pour lancer ce dialogue à l’échelle mondiale. De leur côté, les gouvernements doivent aussi véhiculer de telles valeurs dans leurs programmes scolaires, afin d’éradiquer les stéréotypes qui nourrissent l’incompréhension. (oui et aussi pour préparer le terrain à la mondialisation politique... bientôt l’ONU sera la seule organisation qui se revendiquera garante de la paix et de la coopération entre les peuples...)

Ce dialogue ne sera aussi couronné de succès qu’à condition que l’ensemble des composantes de la société, qu’il s’agisse du secteur privé, de la société civile, des groupes religieux et des ONG, y participent pleinement. Cette année, alors que nous fêtons le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, beaucoup continuent de voir leurs droits déniés ou violés. Je suggère personnellement la réconciliation comme bon compromis entre l’oubli et la mémoire, a-t-il ajouté. Il a rappelé en conclusion les paroles de Dante Alighieri, pour qui le plus beau cadeau que Dieu nous ait fait est celui de la volonté et de la liberté, avec celui de l’intelligence.

M. BAN KI-MOON, Secrétaire général de l’ONU, a déclaré que partout où il s’est rendu depuis sa nomination, il avait constaté des aspirations communes à la paix, à la liberté et à la prospérité.

(...)

L’Assemblée générale, a estimé le Secrétaire général, est la plate-forme universelle idéale pour initier un tel dialogue. La réunion d’aujourd’hui intervient d’ailleurs à un moment particulièrement bienvenu, puisque les juifs célèbrent la Torah et les musulmans approchent de la fin du mois sacré du Ramadan. De telles occasions nous rappellent que les hommes et les femmes de foi du monde entier peuvent être réunis plutôt que divisés, par leurs convictions et leurs croyances et dans quelque chose qui les transcende, a affirmé le Secrétaire général. Rappelant ensuite qu’une réunion ministérielle de l’Alliance des civilisations avait eu lieu la semaine dernière, il s’est félicité de ce que le nombre des membres de l’Alliance ait presque doublé depuis sa séance inaugurale. Le Secrétaire général a conclu en disant qu’en regardant la salle de l’Assemblée générale, il pouvait voir que les États membres étaient unis dans leur choix du dialogue plutôt que de la confrontation.

(...)

M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a tenu à rappeler que les trois principales religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l’islam, ont un héritage commun et s’accordent sur de nombreuses valeurs universelles telles que la paix, l’honnêteté, la dignité, la coopération, la patience, la tolérance et l’harmonie. M. Akram a souligné que les manifestations d’incompréhension rencontrées aujourd’hui entre les cultures et les civilisations ne sont pas le résultat de divergences entre les religions mais de divergences sur des questions politiques telles que les crises au Moyen-Orient.

(...)

Il a également appelé tous les pays à interdire les organisations extrémistes et la littérature de haine, la diffamation des personnalités religieuses sous le prétexte de la liberté d’expression. Il a finalement fait des propositions relatives à la réforme des programmes scolaires, et à l’adoption de politiques bien réfléchies pour la protection des minorités religieuses. Dans certaines sociétés où la migration a créé un mélange soudain de foi et de culture et des processus d’intégration graduelle et pacifique, il serait peut-être utile, a suggéré le représentant, de mettre en place des mesures d’établissement de la confiance pour surmonter la haine et les stéréotypes dont certains ont permis l’émergence.

M. FIORENZO STOLFI, Premier ministre et ministre des Affaires politiques et étrangères et de la planification économique de Saint-Marin, a déclaré que le renforcement du dialogue entre les cultures et les religions est une condition sine qua non pour surmonter les divisions et la méfiance, consolider la coopération entre les États et les peuples et par-là même, atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Il a rappelé que lorsqu’il présidait la Commission ministérielle du Conseil de l’Europe, Saint-Marin avait organisé une Conférence européenne sur la dimension religieuse du dialogue interculturel. Une Conférence, a-t-il ajouté, qui a connu la participation des représentants du monde diplomatique et religieux de toute l’Europe, de chercheurs et de représentants d’associations et de la presse. À cette occasion, le représentant du Secrétaire général des Nations unies avait mis l’accent sur la nécessité urgente de jeter des ponts et de prendre part à un dialogue interculturel constant et constructif, qui veille à la promotion de valeurs communes et d’aspirations partagées. C’est à cette même occasion que fut présenté un « document sur le dialogue interculturel », a indiqué M. Stolfi, en ajoutant que ce projet sera publié par le Conseil de l’Europe en 2008, année qui sera également consacrée par l’Union européenne au Dialogue interculturel.

Saint-Marin, a poursuivi le Premier ministre, a aussi été coauteur d’une résolution sur l’élimination de toutes les formes de discrimination basée sur la religion qui après avoir été soumise au Conseil des droits de l’homme, le sera à la Troisième Commission. D’autre part, le Conseil de l’Europe a confié à Saint-Marin la coordination de la première réunion annuelle consacrée à la dimension religieuse du dialogue entre les cultures qui se tiendra au printemps 2008 avec la participation de 47 États membres et des représentants du monde religieux et de la société civile, a-t-il annoncé. Cependant, a poursuivi M. Stolfi, le dialogue ne saurait être séparé du respect par les cultures et les religions, des valeurs communes qui constituent les fondements de la coexistence au sein de la communauté internationale et de la coopération entre les peuples, en l’occurrence le respect des droits de l’homme, des règles démocratiques, de l’état de droit et des principes de justice.

Reconnaissant la complexité des problèmes qui caractérisent chaque fois plus les réalités nationales, le Premier ministre a estimé qu’il ne faisait aucun doute que le dialogue aidera à surmonter la peur, le rejet de l’autre, la discrimination culturelle ou religieuse, le radicalisme et la violence. Il a souligné que les actions menées par les ONG, le secteur privé et les médias étaient d’une grande importance et a conclu en indiquant qu’au niveau national, la participation dans des campagnes thématiques pouvait devenir le moteur d’une action qui impliquerait dûment les jeunes.

pape_2La première mesure, a estimé M. Vartan OSKANIAN, ministre des Affaires étrangères de l’Arménie, doit être prise au niveau national et régional. Ainsi, en Thaïlande, la nouvelle constitution continue de protéger et de promouvoir les libertés religieuses, a fait valoir le ministre. Un dialogue interconfessionnel est organisé au niveau local par des leaders religieux pour discuter des problèmes qui se posent à tous, comme la dégradation de l’environnement, par exemple. Les pays d’Asie du Sud-Est, qu’ils soient majoritairement musulmans, chrétiens ou bouddhistes œuvrent actuellement à l’établissement d’une Communauté de l’ANASE, où la diversité est promue comme une force. Chaque nation, chaque région doit pouvoir identifier le meilleur moyen de promouvoir la tolérance et le respect de la diversité en touchant les communautés de base. Rien ne peut être imposé de l’extérieur et certainement pas de l’ONU qui peut pourtant encourager les choses, a dit le ministre.

La seconde étape consisterait à identifier les groupes cibles, afin de déterminer les instruments appropriés pour renforcer l’appui à la culture de paix et de tolérance. Les jeunes constituent un groupe cible par excellence et l’instrument-clé est l’éducation. Une éducation qui inculque la tolérance et le respect des valeurs des autres cultures et religions. Le ministre a, par exemple, proposé de multiplier les programmes d’échanges qui exposent les jeunes à « l’autre ». Une troisième étape serait de coordonner et de consolider les divers efforts au niveau mondial, en évitant les doubles emplois. Le ministre a, par exemple, proposé que le prochain rapport du Secrétaire général sur la question comprenne les activités menées en dehors du système des Nations unies, y compris aux niveaux régional et sous-régional.

(...)

Le dialogue politique international n’a pas été capable de faire cesser les guerres dont le nombre va en augmentant, a-t-il poursuivi. Pendant ce temps, a remarqué l’Envoyé du Nicaragua, l’immense majorité des États membres ne fait qu’observer car, dans le dialogue politique, on considère comme « politiquement incorrect » d’attirer l’attention sur, ou de critiquer, les puissants, y compris dans les cas des violations les plus flagrantes de la Charte. Il devient donc nécessaire de transcender le dialogue purement politique et de nous retrouver sur le terrain, plus profond, de notre humanité partagée, c’est-à-dire sur le terrain de nos religions, où siègent nos croyances les plus enracinées quant à la valeur et au sens de la vie humaine, a ajouté le révérend D’Escotto Brockmann, avant d’indiquer que la loi suprême de l’amour, sans exceptions ni exclusions, est sans aucun doute la valeur première unissant toutes les religions. Insistant sur l’unicité de Dieu, il a cité en conclusion une anecdote relatée par Louis Fischer qui, ayant remarqué que Gandhi avait un portrait de Jésus-Christ sur le mur, s’était exclamé : « Mais vous êtes chrétien ? Pourquoi cette image de Jésus sur le mur ? Ce à quoi Gandhi avait répondu « bien sûr que je suis chrétien et musulman et hindou et bouddhiste et juif ».

M. METROPOLITAN VALENTIN D’ORENBOURG, Leader de l’Église orthodoxe de la Fédération de Russie, a déclaré que la religion était trop souvent utilisée pour justifier le terrorisme. Selon lui, le problème le plus important d’une société lorsqu’elle perd le fait religieux, c’est son atomisation. Privé de la dimension spirituelle et verticale de la vie, l’homme se réfugie dans l’argent et les choses matérielles, qui ne suffisent pas à lui donner une direction véritable. Il s’est déclaré persuadé que c’était la moralité traditionnelle qui constituait la base du respect mutuel des religions et des cultures. L’éducation des jeunes générations aux religions traditionnelles devrait donc être renforcée pour leur permettre de se faire une idée plus précise des différences entre les peuples. Il a cité en exemple le modèle interreligieux qui prévaut en Fédération de Russie, qui reconnaît le droit des uns et des autres à vivre librement leurs croyances, que ce soit aux niveaux public ou privé. Par ailleurs, en 1998, un Conseil interreligieux russe fondé sur le principe d’inviolabilité des religions, a été mis sur pied. M. D’Orenbourg s’est ensuite félicité des initiatives prises par les Nations unies telles que l’Initiative tripartite en faveur de la paix et l’Alliance des civilisations. Il a suggéré, pour sa part, de créer à l’ONU une plate-forme multilatérale pour permettre aux représentants des grandes religions du monde entier d’échanger leurs points de vue.

(...)

M. ROD KEMP (Australie) a déclaré que bien que le droit à la liberté de religion ou de croyance constitue un droit essentiel et une composante fondamentale de toute société harmonieuse et soit inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, il n’en reste pas moins que dans de multiples régions du monde, nombre de personnes ne jouissent pas de telles libertés : elles ne peuvent prier librement et elles souffrent de discrimination. L’intolérance et l’extrémisme religieux continuent de menacer la sécurité, la paix et la stabilité mondiales, a-t-il ajouté, soulignant qu’il était important de défendre la liberté religieuse et de reconnaître que l’on pouvait et devait permettre que des idées et des croyances différentes puissent coexister et prospérer. En effet, la tolérance et le respect du pluralisme constituent des valeurs essentielles pour des sociétés ouvertes, a-t-il ajouté.

JOAO GOMES CRAVINHO, Secrétaire d’État aux affaires étrangères et à la coopération du Portugal, a affirmé que l’Europe avait un rôle-clé à jouer dans la promotion de la compréhension interculturelle et interreligieuse avec d’autres régions du monde. « L’Union européenne est fondée sur les principes de liberté, démocratie, respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ainsi que des règles de droit » a-t-il ajouté. Il a souligné que la compréhension et l’acceptation mutuelles des valeurs de base entre Européens de tous horizons culturels, sociaux ou religieux, étaient cruciales pour garantir une cohabitation pacifique et une cohésion sociale. Il a rappelé que les politiques d’intégration et de non-discrimination de l’Union européenne, indispensables au dialogue, trouvent leurs origines dans le respect des principes d’égalité devant la loi, de prohibition de la discrimination et du combat contre le terrorisme, de la diversité culturelle, linguistique et religieuse, et de l’égalité entre les sexes. Le Secrétaire d’État a en outre déclaré que la culture européenne a été enrichie par les influences extérieures au travers de son histoire, et qu’a contrario, les idées européennes ont eu une profonde influence sur de nombreuses cultures dans le monde.

Des Européens de diverses origines sociale, culturelle et religieuse contribuent aujourd’hui à la diversité et à la prospérité de l’Europe. Cette dernière a une identité multiple, reflétant une panoplie d’influences venues des migrations et de la mondialisation. Le Secrétaire d’État a ajouté que l’Europe s’attachait à cet effet à développer et à renforcer le dialogue avec ses communautés, minorités ethniques et religieuses en incluant notamment son engagement positif avec les musulmans de et hors d’Europe. M. Cravinho a par ailleurs souligné que les cadres politique et juridique de l’UE sont essentiels pour assurer la paix et la cohésion sociale, et marginaliser le radicalisme et l’extrémisme. Il a insisté sur la grande activité de l’Union européenne dans la promotion de la compréhension interculturelle et interreligieuse. Le processus Euromed-Barcelone fournit ainsi le cadre du dialogue entre l’Union et ses voisins méditerranéens, et dans lequel a été créé la Fondation euro-méditerranéenne Anna Lindh pour le dialogue des cultures dont le but est le rapprochement des civilisations vivant de part et d’autre de la Méditerranée. En outre, l’ASEM, qui réunit 43 États asiatiques et européens, a permis de favoriser la compréhension mutuelle des religions et promouvoir la diversité culturelle, mais également d’accélérer les échanges culturels, intellectuels, éducatifs entre Européens et Asiatiques. L’Europe soutient aussi l’Initiative sur l’alliance des civilisations qui, avec l’aide des Nations unies, vise à intensifier les actions collectives entre diverses sociétés pour combattre l’extrémisme, surmonter les barrières culturelles et sociales entre l’Occident et les mondes musulmans, et réduire les tensions et la polarisation entre les sociétés dont les valeurs culturelles et religieuses diffèrent.

M. Cravinho a par ailleurs plaidé en faveur d’une action globale, concertée, cohérente et complémentaire, mise en place par l’Alliance et les Nations unies, pour accroître le dialogue et la compréhension interconfessionnelle. En outre, il a affirmé que le document du Conseil de l’Europe sur le dialogue interculturel sera adopté en novembre 2007, et aura pour objectif de développer un sens de la communauté et d’appartenance à un monde multiculturel. Enfin, l’Année européenne du dialogue interculturel, dont le budget atteint 10 millions d’euros, présentera en 2008 une grande variété de projets et d’activités en vue de promouvoir la diversité culturelle et religieuse.

Mme KAREN HUGUES, Sous-secrétaire d’État pour la diplomatie publique et les affaires publiques des États-Unis, a rappelé qu’entre autres libertés, la Déclaration universelle des droits de l’homme consacrait la liberté de religion. Voyageant dans le monde entier, j’ai rencontré des personnes de bonne volonté de toute foi, a-t-elle ajouté. Mais elle s’est déclarée préoccupée par le fait que la liberté d’avoir une religion était de plus en plus confondue avec la liberté que l’on prend au nom de la religion. Ainsi, elle est parfois, au même titre que l’ethnie, source de divisions. Nous vivons dans un monde de haine où la religion est pervertie à des fins politiques, a-t-elle regretté. Elle a cependant tenu à rassurer les musulmans sur le fait que les Américains ne les confondaient pas avec les terroristes, soulignant que plusieurs millions de musulmans pratiquent paisiblement leur culte aux États-Unis. Mme Hugues a cité ensuite le président de l’Afghanistan, Hamid Karzaï, qui a déclaré tout récemment que les attentats terroristes n’étaient jamais qu’un détournement de la religion à des fins meurtrières. Le moment est donc venu pour que les gens de bonne volonté et de toutes confessions se liguent contre les extrémistes, a-t-elle appelé, précisant que l’Amérique souhaitait relancer le dialogue en ce domaine. Le gouvernement américain encourage le dialogue interconfessionnel à travers des programmes d’échanges culturels et religieux dans le monde entier. Nous avons aussi dépêché des musiciens pour promouvoir la tolérance et prouver que les cultures peuvent s’enrichir mutuellement. Enfin, nous encourageons les Américains à se rendre à l’étranger pour tirer le meilleur parti possible des autres cultures, a conclu Mme Hugues.

(...)

Il (représentant du Bélarusse) a tenu à saluer la création d’un centre de coordination sur le dialogue interreligieux et le dialogue interculturel au sein du Secrétariat des Nations unies, de même qu’il a encouragé l’utilisation des technologies de l’information et l’implication de toutes les ressources des agences spécialisées de l’Organisation. Au sujet de la rencontre ministérielle du Mouvement des pays non alignés à Téhéran en septembre 2007, il a rappelé que pour la première fois, les ministres des Affaires étrangères ont inscrit à leur ordre du jour le thème de la diversité culturelle et des droits de l’homme, de même qu’ils ont adopté une déclaration et un programme d’action et décidé d’établir un centre traitant de ce thème.

(...)

M. LYUBOMIR KYUCHUKOV, vice-ministre des Affaires étrangères de la Bulgarie, a rappelé l’expérience historique de son pays en matière de tolérance, véritable carrefour du christianisme et de l’islam. Il a ensuite déclaré que la réussite d’un dialogue interculturel dépendait dans une large mesure de la coopération entre les Nations unies et les organisations régionales pertinentes, comme l’Union européenne. Dans ce contexte, le partenariat de ces deux organisations s’est concrétisé par plusieurs projets, a expliqué le vice-ministre, qui s’est notamment félicité que l’année 2008 ait été déclarée Année européenne du dialogue interculturel. Cette initiative vise à faciliter l’intégration des minorités ethniques et religieuses, en particulier des communautés musulmanes dans les environnements non musulmans.

Auditions avec des représentants de la société civile :

Déclaration

Dans un message lu par Iqbal Riza, Conseiller spécial du Secrétaire général pour l’Alliance des civilisations, M. JORGE SAMPAIO, Haut Représentant des Nations unies pour l’Alliance des civilisations, a déclaré que le débat que mène l’Assemblée générale aujourd’hui est particulièrement pertinent dans la mesure où il fait reconnaître au plus haut niveau la nécessité d’apaiser les tensions culturelles et religieuses croissantes. Nul doute que les Nations unies ont un rôle de chef de file à jouer pour défaire la polarisation croissante des cultures et des sociétés, source de conflit à une époque menacée par le choc des civilisations. À cet égard, il est de la plus haute importance d’assurer une étroite coordination entre toutes les activités menées par les organes-clés des Nations unies impliqués dans les activités liées au dialogue interculturel et interreligieux.

C’est la raison pour laquelle on m’a nommé Haut Représentant pour l’Alliance des civilisations, a souligné Jorge Sampaio. Dans son message, il a rendu compte de la réunion ministérielle du Groupe des Amis de l’Alliance des civilisations, qui s’est tenue la semaine dernière. M. Sampaio a tout d’abord souligné que celle-ci avait révélé un engagement très fort en faveur de l’amélioration des relations interculturelles. Les ministres ont fait part d’un appui inconditionnel aux initiatives dans les domaines des médias, de la jeunesse et de l’éducation.

Le Haut Représentant leur a fait une série de suggestions, notamment le développement par les organisations internationales et les organes de la Charte de partenariats avec l’Alliance. Il a également recommandé le développement par les pays de leurs propres stratégies nationales pour le dialogue interculturel, et la nomination par les pays et par les organisations internationales d’un Coordonnateur, qui soit à la fois responsable de la mise en œuvre de la Charte et le « point focal » dans les relations avec le Secrétariat de l’Alliance et les autres partenaires.

J’ai aussi exhorté les ministres à tirer parti du Premier Forum annuel de l’Alliance, qui se tiendra en janvier à Madrid, a ajouté M. Sampaio, et à présenter à l’opinion publique des engagements en phase avec ces suggestions. Saluant le rôle des acteurs non étatiques dans la promotion d’une Alliance mondiale pour la paix, il s’est réjoui en conclusion de la présence de la société civile cet après-midi.

Table Ronde 1

Défis auxquels se heurte aujourd’hui la coopération entre les religions et les cultures

(...)

Finalement, le monde des affaires est le meilleur exemple d’une cohabitation multiculturelle et multireligieuse réussie, s’est réjouie KATY TALL SARRE, Administratrice d’INFOGEST (Sénégal). L’idée de mettre en place un conseil consultatif interreligieux au sein de l’ONU, a été avancée par Sohanlal Gandhi qui a conclu en citant Jonathan Swift : « Nous avons juste assez de religions pour nous haïr, mais pas assez pour nous aimer les uns les autres ».

Table Ronde 2ONU

Pratiques et stratégies optimales pour la promotion de la coopération entre les religions et les cultures

« Le dialogue interreligieux est indispensable pour obtenir une paix durable, » a déclaré aujourd’hui le révérend Dr CARLOS CESAR TAMEZ LUNA, Recteur de la Communauté théologique du Honduras. « Il faut vaincre l’intolérance, car la violence est le fruit de l’intolérance, et promouvoir une culture du respect et d’acceptation des différences », a-t-il ajouté avant de saluer différentes initiatives de rassemblements œcuméniques et de forums interreligieux.

«  Les dirigeants religieux ont un rôle particulier à jouer pour créer une atmosphère de coopération et de compréhension,  » a poursuivi MITRA DELIRI, de la Bahà’i International Community, qui participait également à cet événement. « Ils doivent mettre l’accent sur les principes spirituels les plus aptes à inciter à l’unité et à la justice. La religion doit pouvoir guérir une humanité malade. Si elle ne fait que renforcer le mal, il faut la repenser, » a-t-elle estimé.

De nombreux intervenants ont également souligné l’importance de l’éducation. « L’éducation est un élément-clé pour parvenir à une réelle compréhension entre les peuples », a indiqué TATSUYA YOSHIOKA, Directeur de Peace Boat, « mais celle-ci doit s’effectuer tout au long d’une vie et impliquer tous les niveaux de la société civile, des gouvernements et de l’ONU ». Mitra Deliri a recommandé la création d’un programme pédagogique religieux qui inciterait tant au développement intellectuel que spirituel et permettrait ainsi, selon elle, de faire évoluer la société.

« L’ONU devrait également encourager les délégations des États membres, son personnel ainsi que les dirigeants religieux à se familiariser avec les grands axes des principales religions du monde », a-t-elle poursuivi, « Les décideurs pourraient ainsi d’autant mieux distinguer nos points communs parmi tant de diversité culturelle et religieuse ».

Mitra Deliri a prévenu qu’un dialogue ouvert et efficace exige tout d’abord la compréhension, une compréhension qui ne peut s’effectuer sans connaissance. Cette connaissance est le fondement même de toute cohésion sociale, a-t-elle souligné ».

crying20mohammedVoilà pour les dernières discussions de haut niveau, donc.


En mars 2006, le Conseil économique et social de l’ONU avait déjà sorti un rapport intitulé : « Droits civils et politiques, notamment la question de l’intolérance religieuse », portant essentiellement sur le cas de la France, suite à la visite en septembre 2005 de la Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la liberté de religion ou de conviction. Visite effectuée notamment à l’invitation du ministre de d’Intérieur de l’époque c’est-à-dire Sarkozy.

Ce rapport est lui aussi une attaque contre le prinicpe de laïcité. Le résumé présent au début du rapport est édifiant. On peut y lire un recensement des griefs des extrémistes religieux et des sectes contre la version française de la laïcité et la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État :

« Tout en reconnaissant que l’organisation d’une société selon le principe de la séparation des Églises et de l’État garantit le droit fondamental à la liberté de religion ou de conviction, la Rapporteuse spéciale déplore que, dans certaines circonstances, une interprétation sélective et une application rigide de ce principe aient conduit à sacrifier le droit susmentionné. Elle se félicite néanmoins du débat qui se déroule actuellement au sein de la société française au sujet de la loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État et estime qu’une évaluation approfondie de son application dans le contexte actuel, marqué par une diversification accrue des religions, est un processus nécessaire dans une société démocratique fondée sur l’état de droit. Concernant la question des sectes, terme qui désigne des groupes organisés autour d’un culte mais aussi de nouveaux mouvements religieux ou de nouvelles communautés de conviction, la Rapporteuse spéciale est d’avis que la politique du gouvernement a peut-être contribué au climat de suspicion générale à l’égard des communautés inscrites sur une liste qui a été dressée suite à un rapport parlementaire, et qu’elle a porté atteinte au droit à la liberté de religion ou de conviction de certains membres de ces communautés ou groupes.

Toutefois, la Rapporteuse spéciale a observé que depuis quelques années les autorités françaises abordaient de manière plus équilibrée ce phénomène et avaient ajusté leur politique, transformant notamment la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) en Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES). Elle n’en continuera pas moins de suivre de près les différentes actions entreprises par la MIVILUDES.

La Rapporteuse spéciale estime que la loi de 2004 sur le port de signes religieux ostensibles dans les écoles publiques se justifie dans la mesure où elle a vocation, conformément au principe de l’intérêt supérieur de l’enfant, à protéger l’autonomie des mineurs qui risquent d’être pressés de porter un voile ou un autre signe religieux, ou d’y être contraints. Cependant, cette loi prive de leurs droits les mineurs qui ont choisi en toute liberté de porter un signe religieux à l’école par conviction religieuse. De plus, l’application de cette loi par les établissements d’enseignement a conduit, dans de nombreux cas, à des abus qui ont provoqué des humiliations, particulièrement chez de jeunes musulmanes. »

Prenons le passage (points 82 à 85 en particulier) sur les sectes, par exemple, où est examinée la pertinence des conclusions de la Commission d’enquête parlementaire sur les sectes :

"82. Durant sa visite, la Rapporteuse spéciale a rencontré des représentants de certains des groupes religieux ou communautés de conviction qui avaient été inscrits sur la liste de 1996, dont des membres de l’Église de scientologie et des Témoins de Jéhovah. La plupart ont reconnu que leur situation s’était quelque peu améliorée, mais des cas de discrimination illégale ont continué d’être soulevés, notamment dans l’enseignement, du fait d’une campagne antisectes qui est souvent menée sans encadrement approprié, d’où la stigmatisation d’un certain nombre d’enfants qui seraient membres de ces groupes.

83. L’existence et la publication de la liste des sectes ont touché plus que la liberté de religion ou de conviction : le simple fait d’être membre d’un groupe figurant sur cette liste a été un motif de décisions d’ordre judiciaire ou autre qui ont porté préjudice à d’autres droits individuels, comme par exemple dans le cas de garde d’enfants.

Puis, après un état des lieux extrêmement partial sur l’état de la (des) religion(s) en France, la Rapporteuse soumet ses conclusions :

"84. Par ailleurs, il existe un certain nombre d’affaires pendantes, concernant notamment des questions fiscales, Krishnadans lesquelles des groupes religieux ou communautés de conviction ont signalé des cas de discrimination. À cet égard, il a été porté à la connaissance de la Rapporteuse spéciale qu’en vertu de la loi du 9 décembre 1905 certains groupes ou mouvements peuvent bénéficier d’une exonération fiscale sous réserve qu’ils exercent exclusivement un culte, appréciation que certains interlocuteurs ont assimilée à une forme de reconnaissance du caractère religieux du groupe concerné.

85. Enfin, certains groupes se sont plaints de ce que la construction de lieux de culte se heurtait à des difficultés et obstacles et de ce que les centres de détention ne leur soient pas accessibles.

87. Néanmoins, la question de la répression des sectes pose un problème au regard de la liberté de religion ou de conviction, telle qu’elle est protégée par les normes internationales. Suite à l’adoption de la loi About-Picard susmentionnée, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a souligné, dans sa résolution 1309 (2002), que « [s]i un État membre est parfaitement habilité à prendre toutes les mesures qu’il estime nécessaires pour protéger son ordre public, les restrictions autorisées aux libertés garanties par les articles 9 (liberté de pensée, de conscience et de religion), 10 (liberté d’expression) et 11 (liberté de réunion et d’association) de la CEDH [Convention européenne des droits de l’homme] sont soumises à des conditions précises [.] [et a] invit[é] le gouvernement français à revoir cette loi. ».

96. La Rapporteuse spéciale note que la France se trouve aujourd’hui dans une situation différente de celle qui existait au moment de l’adoption de la loi de 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État, qui est à la base du principe de laïcité en France.

Tout en reconnaissant qu’une société organisée selon ce principe est sans doute non seulement saine, mais aussi garante du droit fondamental à la liberté de religion ou de conviction, elle déplore que, dans certaines circonstances, une interprétation sélective et une application rigide de ce principe aient conduit à sacrifier le droit à la liberté de religion ou de conviction.


97. La Rapporteuse spéciale se félicite de ce que le centième anniversaire de la loi de 1905 ait déclenché un important débat au sein de la société française, et estime qu’un examen approfondi de son application dans le contexte actuel, marqué par un pluralisme religieux, est un processus nécessaire dans une société démocratique fondée sur l’état de droit."

 


A propos de la loi sur les signes religieux à l’école :


Ainsi l’ONU veut plus de tolérance à l’égard des sectes, plus de tolérance envers les gamines voilées (sans savoir pourquoi le plus souvent), et une révision de la loi de 1905. A quel titre ? Dans quel but ?

Légitimer les dérives idéologiques semble donc être à l’ordre du jour au sein du symbole de l’entente internationale qu’est l’ONU.

Au final, ces "dialogues" et "rapports" ont permis de mettre en place des objectifs, à atteindre par étapes. On peut donc parler d’élaboration d’une stratégie qui va mettre les religions au coeur du processus de mondialisation politique. Il faut rappeler que seuls 2 pays au monde ont inscrit la laïcité dans leurs Constitutions : la Turquie et la France.

En Turquie les religieux de Tayep Erdogan ont pris la majorité de l’Assemblée et du gouvernement

pp8laic2En France Sarkozy révise la notion même de laïcité, et se mêle d’organiser des institutions religieuses (Conseil francais du culte musulman). En 2004, il publie La République, les religions et l’espérance, une attaque en règle contre le principe de la laïcité, dans lequel il prône un rapprochement entre le religieux et le politique.

Dans son discours à l’Assemblée générale de l’ONU, le 26 septembre, il est revenu à sa manière sur le rôle de la religion dans la paix mondiale. Certes, ce qu’il dit n’est pas faux, mais chacun peut mettre ce qu’il veut derrière le concept de ’respect des religions et des croyances’, mais un esprit mal tourné y voit une remise en cause de la laïcité parce qu’il sait que Sarkozy, lui met derrière ce concept. Notre cher président a donc déclaré : "Je veux dire au nom de la France qu’il n’y aura pas de paix dans le monde sans le respect de la diversité, sans le respect des identités nationales, sans le respect - j’ose le mot - des religions et des croyances, sans le respect des cultures".

A tel point que la France, comme l’a remarqué la Rapporteuse de l’ONU, est devenue depuis quelques années beaucoup moins répressive envers les sectes. Les Témoins de Jéovah, dont des organisations ont obtenu le statut d’"association culturelle", et que la jurisprudence favorise fortement. Par exemple, le Conseil d’Etat (pour, en gros le dernier round des procès qui partent en appel, puis cassation, etc.), a estimé dans un arrêt de 2000, qu’il ne fallait pas prendre en compte la doctrine des Témoins de Jéovah pour dire si on leur donne ou pas le statut d’"association culturelle". Comme le trouble à l’ordre public n’est pas avéré au moment de la demande de statuts (l’autre grande restriction pour ce statut), c’est laisser le champ libre aux associations "culturelles" sectaires.

A la fin de cette session à l’ONU au cours de laquelle Sarkozy s’est adressé, en clôture des débats de l’Assemblée générale, c’est un représentant du Vatican qui prend la parole. Certes, Mgr Mamberti a parlé de la paix dans le monde, mais aussi pour évoquer un grand dialogue - de haut niveau s’entend - entre les religions pour amener le monde vers la paix. Ceci en ces mots : "Le Saint-Siège soutient l’opération « Dialogue de haut niveau sur la compréhension et la coopération interreligieuse pour la paix » que l’on s’apprête à lancer. Le dialogue entre des peuples aux cultures et religions différentes ne constitue pas une option. Il est en réalité indispensable au renouveau de la vie internationale". Enfin, il a conclu en attaquant l’avortement et l’euthanasie : "Il faut tout faire pour combattre et limiter la culture de la mort admise par certains milieux sociaux et juridiques, qui considèrent la suppression de la vie comme un acte du service social et médical".

La laïcité a donc pris du plomb dans l’aile, et manifestement ce n’est que le début d’un processus devant nous amener à considérer les religions comme liées à la notion de paix et de concorde entre les peuples, ce qui serait bien la 1re fois dans l’Histoire...

"101. Les préoccupations de la Rapporteuse spéciale sont plus graves en ce qui concerne les conséquences indirectes, à long terme, de la loi n° 2004-228

102. La Rapporteuse spéciale encourage le gouvernement à suivre de près la manière dont les établissements d’enseignement appliquent cette loi afin d’éviter le sentiment d’humiliation qu’on lui a signalé durant sa visite. Elle recommande aussi une application souple de la loi de façon à tenir compte du cas des enfants pour lesquels le fait d’arborer des signes religieux fait partie intégrante de leur foi.

103. Le gouvernement devrait, en toutes circonstances, faire valoir le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant et garantir le droit fondamental d’avoir accès à l’éducation, comme cela a été recommandé par plusieurs organes conventionnels des Nations unies."

Sur les sectes :

"108. Toutefois, elle est d’avis que la politique suivie et les mesures adoptées par les autorités françaises ont provoqué des situations où le droit à la liberté de religion ou de conviction de membres de ces groupes a été indûment restreint. En outre, la condamnation publique de certains de ces groupes ainsi que la stigmatisation de leurs membres se sont soldées par certaines formes de discrimination, notamment à l’égard de leurs enfants.

109. La Rapporteuse spéciale a noté que la politique observée par le gouvernement a peut-être contribué à créer un climat de suspicion et d’intolérance générales à l’égard des communautés inscrites sur la liste, dressée en 1996 par l’Assemblée nationale, des mouvements et groupes qualifiés de sectes. En outre, les campagnes et autres actions qui ont été lancées par des associations composées, entre autres, de victimes d’actes criminels commis par ces groupes, avaient souvent un caractère émotionnel.

110. La Rapporteuse spéciale note que les autorités françaises ont adopté dernièrement une approche plus équilibrée de ce phénomène en ajustant leur politique, notamment par la transformation de la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) en Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES). Néanmoins, d’autres améliorations s’imposent pour faire en sorte que le droit à la liberté de religion ou de conviction de tous les individus soit garanti et pour éviter la stigmatisation des membres de certains groupes religieux ou communautés de conviction, notamment de ceux qui n’ont jamais commis d’infraction pénale au regard de la loi française.

111. La Rapporteuse spéciale forme l’espoir que les futures initiatives de la MIVILUDES seront conformes au droit à la liberté de religion ou de conviction et qu’elles éviteront les erreurs du passé. Elle continuera de suivre de près les différentes actions qui sont entreprises par la Mission interministérielle.

112. La Rapporteuse spéciale exhorte le gouvernement à faire en sorte que ses mécanismes chargés de la question de ces groupes religieux ou communautés de conviction livrent un message fondé sur la tolérance, la liberté de religion ou de conviction, et le principe selon lequel nul ne peut être jugé pour ses actes autrement que par les voies judiciaires appropriées.

113. En outre, elle recommande au gouvernement de suivre de plus près les actions et campagnes de prévention qui sont menées dans tout le pays par des entités privées ou des organisations patronnées par l’État, notamment dans le système scolaire, afin d’éviter que les enfants des membres de ces groupes n’en pâtissent.

114. Elle engage vivement les instances judiciaires et les mécanismes de résolution des conflits à ne plus se reporter à la liste qui a été publiée par le Parlement en 1996, et à ne plus l’utiliser."

L’application de ce texte par les établissements d’enseignement s’est soldée, dans un certain nombre de cas, par des abus qui ont provoqué des humiliations, notamment chez de jeunes musulmanes. Selon de nombreuses sources, cette humiliation ne peut qu’engendrer la radicalisation des personnes concernées et de leur entourage. De plus, la stigmatisation du voile a été à l’origine de cas d’intolérance religieuse lorsque les femmes le portent hors de l’école, à l’université ou sur le lieu de travail. Bien que cette loi ait été conçue pour réglementer le port de signes liés à toutes les religions, elle semble cibler principalement les filles de culture musulmane portant le voile."


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71 réactions à cet article    


  • ZEN ZEN 4 janvier 2008 13:47

    « La laïcité a donc pris du plomb dans l’aile, et manifestement ce n’est que le début d’un processus devant nous amener à considérer les religions comme liées à la notion de paix et de concorde entre les peuples... »

    On a vu les résultats ..


    • Gandalf Tzecoatl 5 janvier 2008 18:46

      Le blasphème fait-il partie du « dogme laîc » ?


    • Gandalf Tzecoatl 5 janvier 2008 18:49

      On attend la prochaine prose onusienne sur l’areligion (agnosticisme, athéisme, etc).


    • Gandalf Tzecoatl 5 janvier 2008 18:52

      L’alaîcité onusienne est à déplorer.


    • Marsupilami Marsupilami 4 janvier 2008 13:58

      @ L’auteur

      Bon article bien documenté. Décidément, du néochanoine bling-bling du Latran à la langue de bois religieuse de l’ONU, les mauvaises nouvelles pleuvent pour la laïcité...


      • Ceri 4 janvier 2008 15:33

        en fait on dirait qu’ils utilisent comme prétexte les revendications des islamistes ou des musulmans intégristes, pour remmettre les religions sur le devant de la scène et leur donner le role que demandent les intégristes de toutes les religions.

        Quand on voit que l’ONU suit exactement le mouvement, on peut craindre que leur « gouvernance mondiale » ne passe par lesdites religions. D’ailleurs l’ONu a voté une résolution interdisant la diffamation des religions, comme pour préparer le terrain à une pensée unique à moitié mystique, comme pour tuer tout rationalisme dans l’oeuf.


      • balao (---.---.171.244) 4 janvier 2008 15:44

        Le suprême ravissement sera d’entendre piailler le poulailler quand le pasteur baptiste sera élu président des states (à moins que ce soit le mormon !)


      • Marsupilami Marsupilami 4 janvier 2008 16:49

        @ Ceri

        « en fait on dirait qu’ils utilisent comme prétexte les revendications des islamistes ou des musulmans intégristes, pour remettre les religions sur le devant de la scène et leur donner le role que demandent les intégristes de toutes les religions ».

        Oui, c’est exactement ça. Les islamistes ont ouvert une brêche et maintenant les autres religions s’engouffrent dedans dans une sainte alliance contre les libertés individuelles et démocratiques. Y a qu’à voir comment les églises chrétiennes ont soutenu les islamistes lors de l’affaire des caricatures de Mahomet, et comme elles soutiennent la construction de mosquées pour mieux pouvoir flinguer la loi sur la laïcité de 1905. Ce texte de l’ONU est à gerber de bien-pensance munichoise.


      • HELIOS HELIOS 4 janvier 2008 14:25

        hé bien, on est mal barré. Si au moins on se sentait protégé par notre président, mais non, on se sent trahi !

        Donc ça y est, la religion est en train de sortir de la sphère privée pour dialoguer au plus haut niveau avec les z’autorités des pays. le loup sort du bois....

        Nous allons sombrer une fois de plus dans l’obscurantisme comme le demontre l’intervention du représentant du vatican, trés rapide a la dégainer puisqu’il préconise immédiatement l’arret de l’avortement.

        En fin de compte, tout le monde est immédiatement d’accord lorsqu’il s’agit de soumettre un peu plus de 50% du monde. Au nom de la religion, et en plus de leur foulard, elles devront aussi rester a la maison pour assurer la prise en charge de la famille qu’appelle de tous ses voeux le pape ben-oït XVI !!!

        Putain de monde, les integristes sont difficile à éliminer....


        • Ceri Ceri 4 janvier 2008 22:05

          comment se sentir protégé par Sarko quand on connait son programme ? Sarko est une dérive en lui même


        • Senatus populusque (Courouve) Courouve 4 janvier 2008 14:32

          Avec ce voile islamique, sorte de heaume textile composé de plusieurs pièces, parfois étendu, tel un uniforme, à l’ensemble du corps, ce n’est plus la personne qui porte un signe ou un insigne (comme la légion d’honneur à la boutonnière), mais au contraire le signe qui enveloppe et cache la personne, à la grande différence de la kippa juive ou de la vieille médaille chrétienne. Or la plupart des commentateurs dissertent sur la symbolique du voile et négligent sa réalité essentielle, qui est d’être un signe qui dissimule une personne.

          De là viennent les problèmes avec les photos d’identité, normalement exigées de face et tête nue, pour pouvoir réaliser des contrôles efficaces dans les mêmes conditions, de face et tête nue. Comment identifier à coup sûr les élèves ou étudiantes et les candidates aux examens tels que le bac, contrôles continus et concours, avec ce voile à géométrie variable, qui commence parfois au ras des sourcils ? Pour n’encourager ni les fraudes, ni le plus grand danger de la pénétration islamique, ce voile devrait disparaître à la fois des cartes d’identité et des salles d’examen, comme il devrait disparaître de tous les lieux d’enseignement public ou quasi-public (privé sous contrat d’association). Le sénateur centriste Nicolas About avait déposé une excellente proposition de loi pour régler ce problème d’identification des personnes sans stigmatiser personne. Elle n’a malheureusement pas été examinée par le Parlement. La seule sécurité dans les établissements d’enseignement exigerait d’ailleurs qu’un contrôle des cartes d’élèves et étudiants, avec photos strictement conformes, soit effectué à l’entrée, comme cela se fait depuis plusieurs années dans les Universités, au moins pendant Vigipirate. C’est cette légitime exigence d’identification des personnes qui fit demander au maire U.M.P. de Nogent-sur-Marne que les futures mariées soient découvertes lors de la cérémonie du mariage civil, et aux banques que les personnes se présentent tête nue à l’entrée, voire sans lunettes de soleil ... Le voile dans la rue et dans les transports publics est lui aussi gênant, car il modifie notre espace public traditionnel et complique les éventuels contrôles d’identité, alors même que la menace terroriste actuelle émane précisément de cette mouvance islamique qui promeut le port du voile.

          En admettant que circulent dans nos rues des personnes non identifiables, des OVNI (objets voilés non identifiables), nous changerions de société. Selon un sondage SOFRES de janvier 2004, environ 57 % des Français estimaient alors que le port ostensible de signes religieux représente une menace pour la cohésion nationale.


          • Ceri 4 janvier 2008 15:35

            il n’y a pas que le voile islamique qui pose problème, mais aussi les Evangélistes, les Opus Dei et catho traditionalistes, ainsi que diverses sectes qui déssormais se présentent comme des mouvements culturels et/ ou philosophiques.


          • Mjolnir (---.---.152.193) 4 janvier 2008 14:40

            « mais chacun peut mettre ce qu’il veut derrière le concept de ’respect des religions et des croyances’ »

            Je trouve que c’est une phrase clé. Le mot « respect » est devenu un passe partout dans les discours de nombreux politiciens pour avoir un consensus superficel, dans n’importe quel domaine. On ne prend pas de risque tant qu’on ne précise pas en quoi consiste ce fameux respect.

            D’une manière générale, ce sont les individus qu’il faut respecter et par là, leur croyance. Je ne vois aucune raison de mettre en avant et à part le respect des croyances, qui n’est qu’un des composants possible des individus, parmis d’autres.

            Quand une personne très croyante parle de « respect » des croyances, c’est souvent surtout la leur qu’il faut respecter, au détriment des autres.(voir les multiples débats sur l’introduction du créationisme dans le programme scolaire)

            Et que faire quand deux parties ont des convictions religieuses qui s’opposent ? (sur la propriété d’un territoire ou d’une ville comme en moyen orient par exemple) Il est impossible de respecter intégralement les croyances des deux parties. Il faut bien se mettre d’accord et la seule possibilité est d’avoir une base objective, c’est à dire en se basant sur la RAISON et les faits concrets, et non sur des croyances qui sont strictement subjectives. Dans un c as apreil, je dirais même que le respect des religionsdoit passer en seconde plan.


            • Mjolnir (---.---.152.193) 4 janvier 2008 14:42

              je rectifie : « Dans un cas pareil,... »


            • Senatus populusque (Courouve) Courouve 4 janvier 2008 14:46

              La laïcité, c’est la liberté de conscience, + la liberté des cultes, + la séparation des Eglises et de l’Etat.

              Imposer le respect des croyances, comme semble le faire notre Constitution, c’est un abus de pouvoir. Mais peut-être faut-il entendre que c’est l’Etat qui respecte les croyances, et que ce respect ne s’impose pas aux citoyens.


            • Senatus populusque (Courouve) Courouve 4 janvier 2008 14:50

              Article 1er de la Constitution de 1958.

              (al. 1) La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. Son organisation est décentralisée.


            • chabou (---.---.212.67) 5 janvier 2008 20:43

              la liberte c’est avant tout de disposer librement de son propre corps


            • Michel THYS (---.---.175.88) 4 janvier 2008 15:41

              Certes,la Rapporteuse spéciale de l’ONU, et tous les intervenants, prônent la tolérance, la liberté religieuse ou de « conviction », mais sans y inclure nommément l’option laïque ! Le rapport mentionne (103) : « Le gouvernement devrait, en toutes circonstances faire valoir le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant et garantir le droit fondamental d’avoir accès à l’éducation ». Mais cette éducation devrait aussi inclure la découverte de l’humanisme laïque, de ses principes, de ses valeurs, de ses fondements et de ses objectifs ... ! Il va de soi qu’en l’absence d’une telle information, la « liberté religieuse ou de conviction » est inexistante ! Un « voeu pieux » ...

              Alors que les conflits d’origine largement religieuse se multiplient, comment Sarkozy peut-il estimer qu’« il n’y aura pas de respect dans le monde sans le respect de la diversité, sans le respect des identités nationales, sans le respect des cultures, sans le respect - j’ose le dire - des religions et des croyances ? ». Il exclut bien sûr le respect des non-croyants ... ! Comment ne se rend-il pas compte que les religions, à force de prétendre détenir chacune LA Vérité, prouvent au contraire leur incapacité à générer une coexistence pacifique ?

              Oui, « la laïcité a pris du plomb dans l’aile ! »... Pourtant, la laïcité philosophique n’est pas antireligieuse, même si, pour les athées, les religions sont globalement plus nocives que bénéfiques, tant sur le plan individuel que collectif et historique. Elle souhaite seulement que les jeunes puissent choisir, aussi librement et aussi tardivement que possible, de croire ou de ne pas croire, sans être soumis aux seules influences familiales et culturelles, affectives et unilatérales. La laïcité philosophique est donc bien plus capable que les religions « d’éradiquer les stéréotypes qui nourrissent l’incompréhension ».Mais elle ne demande qu’à être placée sur un plan d’égalité avec les religions. Puisse donc la laïcité politique sortir enfin de sa frilosité et promouvoir la laïcité philosophique en tant qu’ alternative non aliénante permettant de donner un sens moins individualiste à l’existence. Certes, des générations seront nécessaires. Et à condition que le « choc des civilisations » ne dégénère pas entre-temps ... Michel THYS Waterloo.


              • lulux (---.---.145.42) 4 janvier 2008 16:09

                propos typiquement islamophobes


                • Mjolnir (---.---.152.193) 4 janvier 2008 16:37

                  une perle :

                  « Il a également appelé tous les pays à interdire les organisations extrémistes et la littérature de haine, la diffamation des personnalités religieuses sous le prétexte de la liberté d’expression. »

                  Instauration d’un délit de blasphème en vue ?


                  • Philippe Vassé Philippe Vassé 4 janvier 2008 16:46

                    A l’auteur,

                    Je suis d’accord avec la position de principe que vous défendez dans l’article et condamne les dérives religeuses de l’ONU, mais je suis par contre sidéré que le premier paragraphe de cet article très précis et clair reproduise la plus grosse erreur de mot pour un partisan de la laïcité.

                    Un laïc est un catholique qui n’est pas membre du clergé. Un laïque est un citoyen partisan de la laïcité de l’Etat, de l’Ecole publique et des institutions de la République. Le mot s’écrit de même manière au féminin et au masculin.

                    Il est cocasse de voir que les dérives antilaïques depuis quelques décennies et sous tous les gouvernements aient façonné un réflexe qui a abouti à ce que des partisans honnêtes de la laïcité confondent bien les deux mots.

                    Car, derrière le mot « laïc », choisi à dessein, se cachent les influences séculières, pas toujours assumées avec transparence de l’Eglise catholique sur la société civile laïque.

                    En quelque sorte, ce mot cache bien des maux non-dits que tous les chercheurs et le grand public connaissent aujourd’hui : infiltration ou entrisme de l’Eglise et de ses « laïcs » militants dans l’Etat, les partis politiques, les syndicats, les associations....même laïques !!!

                    Il est donc indispensable de commencer par les bons mots pour défendre la laïcité : un(e) laïque est un(e) citoyen(ne), qui, CROYANT OU NON, est partisan de la neutralité de l’Etat et de sa non-intervention dans la sphère privée, dans la vie privée et la conscience personnelle des citoyens.

                    Le contraire de la laïcité est l’intrusion de l’Etat dans la vie privée et la conscience des citoyens, c’est la porte ouverte à toutes les dictatures.

                    La laïcité ne reconnaît aucune religion, n’est ennemi d’aucune religion ou philosophie, elle ne connaît que des citoyens égaux. Elle ne prend pas parti pour certains contre d’autres en fonction de leur foi, elle protège la société toute entière et chaque citoyen en ses droits égaux. Elle est garante des libertés individuelles et collectives, la détruire, c’est attenter aux libertés de tous et de chacun.

                    On le voit : laïque et laïc, c’est l’opposé exact !

                    Que tous s’en souviennent pour le futur.

                    Bien cordialement,


                    • Mjolnir (---.---.152.193) 4 janvier 2008 16:56

                      Très intéressant, merci, j’ai dû faire la faute plusieurs fois.

                      Cette différence n’est précisée qu’en remarque dans le site « trésor de la langue française » où l’entrée de « laïc » renvoie vers « laïque ». Un coup d’oeil rapide sur la définition de ce terme ne dit rien sur cette distinction fondamentale.


                    • Ceri 4 janvier 2008 17:04

                      vous définissez la laicité telle qu’elle existe en belgique. Hier encore j’ai parlé à un pretre belge pour qui un laïc était un chrétien non pretre. Or, en France, un laïc est celui qui considère que l’espace public ne doit pas être envahi par le domaine du religieux. Après, que ceratins essaient de reprendre le terme pour noyer le poisson ne m’étonne pas.


                    • Mjolnir (---.---.152.193) 4 janvier 2008 17:09

                      copier/coller d’un extrait de la définition donnée par le site « Trésor de la langue française »

                      Rem. ,,Depuis la crise de 1880-1910 entre l’Église et l’État, l’usage s’est établi en France, de réserver les deux orthographes du mot à deux significations différentes : laïc s’écrit des chrétiens qui n’appartiennent pas au clergé ni aux ordres religieux (le nom correspondant est laïcat, « ensemble des laïcs ») ; laïque s’écrit de ce qui respecte strictement la neutralité vis-à-vis des diverses religions`` (DUPRÉ 1972).


                    • Philippe Vassé (---.---.185.102) 5 janvier 2008 09:38

                      A l’auteur,

                      la langue française ne relève pas des prêtres, fussent-ils belges. Elle relève de ce qui est commun et connu, valable pour la société française dans le cas présent.

                      Je souhaite donc que vous puissiez être clair et délimiter les laïcs qui relèvent du laïcat catholiques et les laïques qui sont des citoyens pour qui la laïcité est la neutralité totale de l’Etat face aux choses privées, quelles qu’elles soient et qui soutiennent ce principe essentiel pour la paix civile.

                      Il y a déjà assez de faux laïques-vrais laïcs comme cela qui infiltrent au sens propre la sphère publique sans rajouter des erreurs funestes, surtout que cela va dans votre sens.

                      Bien cordialement,


                    • jeanclaude (---.---.167.188) 4 janvier 2008 17:51

                      C’est très bien et normal tout celà. Une instance internationale n’a pas à être normative. La majorité des états a un autre rapport à la croyance et à la religion que les miltants laïcs de France. C’est la France qui est l’exception.

                      Cette situation devrait faire réfléchir ceux qui ont une position absolument négative à la religion. Il y a un équilibre à trouver.

                      Ce fait met aussi en lumière la pseudo-objectivité du regard porté par les non croyants actifs sur la religion et la croyance comme culture, dans l’Histoire. Avec tous les anachronismes exposés régulièrement dans les discussions ici sur AV.


                      • Ceri Ceri 5 janvier 2008 21:57

                        Je vais parler de ce que je connais le mieux. En Belgique, les curés étaient catholiques, certes, mais aussi du coté des ouvriers dans la plupart des conflits depuis le début.

                        En France, on a fait la « Révolution » (...) et juste après on a droit à Napo 1er et son concordat, et puis ensuite retour à la monarchie avec la bénédiction de l’Eglise. Et pas qu’une seule fois. Ce même XIXè a vu d’innombrables restrictions du droit de vote, histoire de préserver des intérets aussi peu républicains qu’appréciés par ladite Eglise.

                        Il est donc logique qu’en France, pour préserver la « République », on ait cherché à cantonner la religion à la sphère privée, et à séparer la politique du domaine religieux.

                        En Turquie c’est pareil, la « démocratie » n’a pu arriver qu’à la condition de séparer les 2 aussi.


                      • adeline 4 janvier 2008 18:04

                        Merci Mr Ceri, voire un article pareil noté à 60% plus est déja en soi bien inquiétant surtout ici.. mais bon il n’y a que 15 votes


                        • (---.---.224.27) 4 janvier 2008 23:34

                          déjà je suis une femme, et en + s’il fallait se fier àla notation des articles pour se faire une idée de leur valeur, ça se saurait.

                          J’ai vu des textes sur le foot notés à 80% et de très bons articles saqués.


                        • docdory docdory 4 janvier 2008 18:57

                          @ Ceri

                          Merci d’avoir dénoncé cette ignoble offensive mondiale contre la laïcité ! l’ONU serait elle devenue l’ Obscurantisme des Nations Unies ??? !!


                          • chabou (---.---.212.67) 5 janvier 2008 20:49

                            mais de quoi parlez vous , la laicite n’est plus ni moins l’application de la loi relative aux droits de l’homme 1789,

                            la ici te ( la ici t’es)

                            tu es ici bas, ici (lieu) bas(2pieds sur terre)

                            2 pieds me suffisent pour me faire percevoir la verite ici bas, pas vous


                          • tannhauser72 (---.---.91.28) 4 janvier 2008 20:10

                            Pourquoi toujours autant pleurnicher... les temps changent, que ce soit du côté français, ou de celui de l’ONU, il faudra bien finir par prendre en considération la valeur positive de la religion, du moins quand son message est le plus conforme à l’homme (ce qui, certes, n’est pas le cas de toutes les religions). ainsi au lieu de dire « vade retro » face à toutes les religions, en s’inquiétant de la montée du fait religieux, la lumière se fera sur chacune d’elles. Ce sera fort salutaire. Tout cela annonce des temps nouveaux.

                            Ce qui m’étonne, c’est cette sacralisation excessive d’un concept au contenu pourtant assez relatif. Quand la laïcité est évoquée (ou plutôt invoquée, devrait-on dire), tout le monde n’en a pas la même définition. Le Pape donne sa définition, et les catholiques français l’adoptent, contre la définition que donnent les laïcards français. Ainsi ces derniers pleurent quand, selon eux, une atteinte est portée à ce qu’il y a de plus sacré. Pourtant, qui est pour la laïcité pense du bien de la révolution française (elle s’inscrit dans la continuité révolutionnaire). La révolution a bien porté la main sur une personne sacrée, le Roi de France, elle a bien combattu la religion avec la violence que chacun sait (du moins l’espérons-nous). Quelle autorité peuvent avoir les laïcards quand ils exigent le respect de la laïcité, alors qu’ils justifient les violences révolutionnaires ?


                            • Ceri Ceri 4 janvier 2008 21:57

                              je ne dis pas que la religion n’a aucune valeur positive. Personnellement je m’en méfie énormément mais je reconnais qu’il n’y a pas forcément que des aspects négatifs pour tout le monde dans le concepts de la religion ni la manière dont certains la vivent.

                              Je me méfie des religions pour différentes raisons :
                              - je me méfie de tous les Dogmes
                              - j’ai quelques notions en histoire
                              - je constate qu’on continue à voir des éctrémistes religieux tenter et parfois réussir à nous imposer leurs délires
                              - je constate qu’on invoque toujours la Religion au XXIème suiècle pour faire la guerre
                              - les néo cons US sont des extrémistes religieux
                              - on parle d’« axe du mal » ce qui est proprement hallucinant à notre époque

                              etc.

                              en gros, autantje respecte le fait de croire à quelque chose, autant je me méfie del’Eglise,cette institution, et de la Religion en tant que Dogme.


                            • Lil_Pims 4 janvier 2008 21:59

                              Les Laicards ne vous saluent pas et personnellement je crois que je viens de decouvrir un mot. N’importe quoi encore une fois. Vous parlez d’evolution alors qu’il y a fanatisation dans tous les camps.

                              Lorsque l’extremisme des 3 religions monotheistes est en progression on ne peut decemment pas parler de progres ! Bien sur que la violence est condamnable, la laicite imposee par la force n’etait pas la meilleure des solutions c certain mais defendre la laicite en 2008 ca n’a rien a voir avec la defense d’un mouvement revolutionnaire ! Vla les amalgames a deux balles.

                              « Personne sacree du roi » ??? QUOI ?

                              L’etat ne devrait JAMAIS avoir a etre meler aux histoires religieuse. La foi est un acte prive, qui se doit de le rester que ce soit dans le respect des croyances d’autrui et/ou par simple pudeur.

                              La laicite est une exception culturelle francaise a laquelle nous devons nous accrocher autant qu’aux valeurs qu’elle vehicule : l’egalite de tous et le respect des croyances de chacuns pour autant qu’elles respectent celles des autres. Et lorsque le president de la Republique se permet des signes de croix lors d’interventions officielles je trouve cela bien inquietant.


                            • tannhauser72 (---.---.91.28) 4 janvier 2008 20:11

                              Les temps changent... n’êtes vous pas de ceux qui disent qu’il faut vivre avec son temps ? quand il y a une évolution, il faut la suivre, surtout quand elle est positive (souvent l’évolution va dans le mauvais sens, mais quand elle va dans le bon sens, on aurait tort d’adopter une posture conservatrice)


                              • Lil_Pims 4 janvier 2008 22:08

                                Je me repete mais j’aimerais bien que l’on m’explique OU est l’evolution positive dans la situation actuelle !!

                                Nous avons affaire a un retour en arriere voire meme aux temps des croisees ! Des presidents de tous bords sont fanatises et vous nous dites que nous devons suivre cette voie ??? Il faut etre inconscient pour avoir de telles pensees lorsque l’on voit tous les jours les consequences de l’extremisme religieux, toute religion confondues !

                                Etre laique aujourd’hui est la position la plus moderne qui soit n’en deplaise a certains.


                              • tannhauser72 (---.---.91.28) 4 janvier 2008 23:37

                                Ce n’est qu’aux yeux de certains, qu’il y a « retour en arrière »... Rassurez-vous, la course du temps va toujours le même sens, il n’y a pas de retour à quelque chose d’antérieur, mais simplement un éclairage progressif, au fur et à mesure qu’on avance dans le temps. Il n’est pas très raisonnable d’avoir une fixation sur les croisades, l’inquisition, ou je ne sais quelle autre chanson... L’orientation qui est prise va dans le sens de la sagesse. Voyez-vous, il y a plusieurs époques successives : celle des croisades, celle des condamnations de celles-ci, puis enfin un regard neuf sur l’histoire et sur la manière d’appréhender l’avenir. L’ère de l’autoflagellation est close, il faut passer à autre chose. Il serait peut-être plus sensé de reconsidérer les religions avec un autre regard, un regard neuf, et non un regard a priori désapprobateur qui n’apporte rien de constructif.

                                Être laïque serait la position la plus moderne. Soit, mais la sémantique du concept est plus que flottante selon les personnes, j’ai eu déjà l’occasion de l’expliquer. IL est clair en revanche que le laïcisme est derrière nous. Les vieilles rangaines contre la religion n’ont plus vraiment de sens.


                              • (---.---.224.27) 4 janvier 2008 23:40

                                eh bien moi je trouve que l’Histoire fait des boucles, on tourne littéralement en rond.


                              • Francis (---.---.163.205) 4 janvier 2008 21:51

                                Pourquoi se scandaliser de voir des religieux justifier leurs religions ? Les laïcs n’en font-ils pas autant ? La laïcité vit de ses valeurs propres et n’a pas à priori à se définir par rapport aux religions. Si la France s’est dotée d’institutions laïques, ce n’est pas le cas partout dans le monde, elle serait même une exception. L’ONU n’est pas laïque à ma connaissance. Religieux ne veut pas dire à tout coup intolérance. La laïcité n’est pas exempte d’intolérance. Religion et laïcité sont deux philosophies avec leurs zélateurs et leurs délateurs.L’avènement de la France laïque est d’ailleurs le résultat d’une maturation religieuse propre au christianisme : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Le phénomène religieux est une donnée incontournable de l’histoire du monde, il serait parfaitement absurde de faire comme s’il n’existait pas et tout à fait vain de vouloir le cantonner dans un hypothétique for intérieur individuel. Le message religieux est par essence universel et global. C’est à la pensée laïque de faire l’effort de se revendiquer comme telle au lieu de se croire prisonnière des eaux mauvaises comme l’ours blanc sur son minuscule iceberg qui fond...


                                • Ceri Ceri 4 janvier 2008 22:01

                                  pour moi religion =risques . Donc : à cadrer de près surtout quand on voit dans quel processus s’inscrit ce retour mondial à la religion.

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