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Accueil du site > Actualités > International > L’opinion publique cubaine

L’opinion publique cubaine

Eh oui, il y a une opinion cubaine qui s’exprime sur les derniers évènements de l’actualité de la grande île.

D’abord une grande joie de beaucoup de cubains qui revoient avec bonheur leur vieux "leader" dans ses sorties actuelles : au Ministère des Affaires Etrangères, où il parle aux ambassadeurs pendant plus d’une heure, au centre de recherche pour l’économie mondiale, au centre national d’investigations scientifiques, à l’aquarium national où il s’est entretenu avec la fille de Che Guevara qui y est vétérinaire, à la télévision pour un long entretien.

Cinq sorties en neuf jours pour le rescapé de près de 600 tentatives d’attentat, amoindri par la maladie mais toujours là. On dit même qu’il assisterait le 26 juillet à Santiago au 57ème anniversaire de l’attaque de la caserne Moncada, à quelques jours de son 84ème anniversaire le 13 août. "Normal, s’il va mieux, qu’il se promène partout. On rapporte ce qu’il fait et ses idées nous intéressent" répond ce cubain à la question de savoir pourquoi Fidel Castro réapparaît au moment où l’Etat cubain libère les détenus de 2003.

Y a-t-il entre Fidel et Raul Castro qui dirige l’Etat depuis 2008 des divergences d’appréciations sur ces libérations ?

"La population s’en fout, des gens payés par Washington" répond un autre cubain.
Ces dissidents, "une minorité qui n’a aucune représentativité". "C’est bon de recevoir des dollars des USA et de ne pas bouger le petit doigt en faisant concurrence à Gandhi (j’ai tort de comparer cette bande au père de l’indépendance de l’Inde, une personne humble et désintéressée)".

L’homme de la rue "a déploré la mort des délinquants de droit commun qui se sont laissés manipuler par les anti-cubains". La mort de Orlando Zapata après 85 jours de grève de la faim en a attristé plus d’un, malgré la déclaration de l’assemblée nationale du pouvoir populaire de la République : "le Parlement européen vient de voter une résolution de condamnation de notre pays qui manipule des sentiments... Le prétexte avancé a été le décès d’un détenu, condamné d’abord pour des délits communs, puis manipulé par des intérêts étatsuniens et par la contre-révolution".

Les opposants au castrisme ne sont pas compris (conséquence de la propagande politique ?) : "risquer sa vie pour un retour de Cuba à un passé odieux, pour que Cuba revienne sous la houlette des USA, montre que les dissidents ne connaissent pas l’histoire de Cuba, les interventions américaines avant la Révolution, en application de l’Amendement Platt, la république bananière de Batista".

"Onze millions de cubains ne peuvent pas être d’accord pour un retour de Posada Carrilès", opposant historique à la révolution cubaine qui est accusé d’être à l’origine de l’attentat de 1976 contre un DC8 de Cubana de Aviacion, faisant 76 morts à La Barbade, et des attentats contre les hôtels havanais en 1997, en accord avec la FNCA (Fundacion Nacional Cubano Americana), basée à Miami.
Officiellement "Cuba est un pays en guerre non déclarée par les USA, la plus grande puissance de la planète". Et lorsqu’on se présente comme un ressortissant de l’Union Européenne, on ne nous l’envoie pas dire : "les USA entraînent dans cette croisade anti-cubaine les gouvernements européens. Dans les années 80 et 90, il aurait fallu une position commune contre Pinochet au Chili, contre les dictatures en Argentine et dans les autres pays d’Amérique centrale et latine".

Ainsi donc Cuba ne correspond pas à sa réputation. Les cubains peuvent être critiques envers les autorités sur les problèmes du quotidien. Mais "les dames en blanc" qui ont manifesté pour l’amélioration des conditions de vie des détenus sont, pour un opposant déterminé, instrumentalisées par les USA ; le même parle "d’indifférence totale d’une partie de la population prise entre le pouvoir et les USA".

L’île est toujours dans le schéma de l’agression économique US. Les blogs individuels fleurissent, mais ils sont individuels et l’opposition n’a toujours pas de leader.
 
A. ROUMESTAND, auteur d’un livre en préparation sur Fidel Castro

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13 réactions à cet article    


  • ELCHETORIX 21 juillet 2010 12:30

    Bonjour monsieur
    merci pour votre article assez objectif sur la situation géopolitique de l’île de CUBA !
    Je connais ce pays et apprécie la joie de vivre de ses citoyens , d’ailleurs je me pose la question si je vais passer la retraite là-bas , surtout si notre marionnette du NOM ou DSK devient ou soit reélu en 2012 .
    Cordialement .
    RA .


    • Jean-paul 21 juillet 2010 15:42

      ELCHETORIX
      Revolutionnaire de pacotille .Vous ne connaissez Cuba qu’a travers les informations pro castro que vous lisez sur internet et que vous trouvez objectif en tant que bon marxiste .
      .Vous ne connaissez pas ce pays .,vous n’y etes jamais alle .
      Pour votre retraite sachez que vous ne pourrez avoir qu’un mois de visa de tourisme et a Varadero .Sonar no cuesta nada.
      Quant a l’article on dirait un article du journal granma .


    • Laminak 21 juillet 2010 16:01

      Jean-Paul,

      Malgre le respect que je vous dois cela est faux.
      On peut s’installer a Cuba, on peut y rester plus d’un mois.
      On peut meme y acheter de l’immobilier. Soit car on a un fort potentiel ’economique’,
      soit en passant par un cubain ou une cubaine.
      Et il en faut pas negliger le ’marche noir’ et les moyens de s’arranger.
      Pour ma part j’ai ete a cuba.... Et quasiment jamais a l’hotel, mais avec les gens.
      Une bonne journee a tous.

      Ps : j’y ai ete souvent, il est vrai dans de bonnes conditions. J’ai aussi ete aux etats unis.
      Different.


    • Jean-paul 21 juillet 2010 16:53

      Veuillez m’expliquer comment s’installer a Cuba (mariage ?) Visa ???
      Biensur le marche noir existe et les prete noms aussi ,mais attention vous pouvez achetez une maison ( qualifiee invendable par le gouvernement) mais cela on ne vous le dira pas .
      Vous pouvez voyager sac a dos en bus et dormir dans les hotels de l’etat (pousada ),mais cela tres rares sont les touriste qui le font .Il faut deja savoir parler espagnol .


      • asterix asterix 21 juillet 2010 17:40

        J’ai également vécu plusieurs années à Cuba et, à lire votre article, j’ai l’impression qu’il ne s’agissait pas du même pays. Au premier abord, le cubain vous dira qu’il aime Fidel parce qu’il ne sait pas qui vous êtes. Puis, quand vous l’aurez à moitié bourré, ou mieux, quand il aura appris à vous faire confiance, l’avis sera tout à fait différent.
        Epouser une cubaine revient à vous mettre la corde au cou. Connaissez-vous le terme « jinitera »  ? La chercheuse d’or...


        • Laminak 3 août 2010 17:19

          Asterix,

          Jinetera : oui chercheuse d’or. Ou cavaliere... A eviter et ca se fait facilement.
          Epouser n’est rien, ce qu’il faut eviter c’est l’emmener en Europe. L’epouser et rester la bas... Et la vous verrez quelles sont ses motivations. Il y a des Cubaines tres biens.
          Comme dans tous les pays du monde il faut passer du temps avec quelqu’un. Et non pas flasher et s’installer ou epouser dans les 6 mois.
          Rien de specifique a Cuba.
          Lami.


        • Jean-paul 21 juillet 2010 17:50

          Asterix
          Exact le Cubain ne prononce jamais le mot Fidel il fait juste un signe de la main pour designer la barbe .Il a trop peur des « chivatos »


          • Jean-paul 21 juillet 2010 17:53

            Encore exact ,on ne dit pas une pute mais une jinetera .


            • Michel Maugis Michel Maugis 22 juillet 2010 01:29

              @ROUMESTAND

              Je crois rêver !, après la merveilleuse bloggeuse Danielle, dont j´apprécie la quasi totalité de ses analyses depuis plusieurs années, voici un autre tout nouveau sur Agoravox, et avec deux superbes articles en quelques jours.

              Bienvenu Monsieur Roumestand !.

              Chapeau !!
              Votre article est excellent. J´admire votre style journalistique, non militant en surface, pour ne pas heurter, mais certainement dans votre âme, celle de celui qui sent la nécessité de défendre un petit pays, par la taille, mais géant par sa dignité, par sa fermeté, par sa résistance devant l´infamie, à l´image des millions de martyres lâchement assassinés par ces crapules trolliennes, suivez mon regard, qui ne savent que mentir en tournant en rond avec leurs histoires décontextuées et tautologiques.

              Ces derniers haïssent Cuba et sa Révolution, parce que justement c´est une révolution socialiste. Ils haïssent Cuba, non pour les maux réels ou fantasmés, mais pour ses succès locaux et internationaux. Cela est évident.

              Il faut éviter de leur répondre directement. On ne doit pas discuter avec la mauvaise foi.
               
              Peut être alors sera t´il possible de converser entre défenseurs de ce merveilleux géant de dignité. Je le souhaite, cela causera certainement la mort de ces crapules par noyade dans leur propre vomissures haineuses.

              Au plaisir de vous lire et de vous commenter.

              Michel Maugis

               
               
               
               
               

               
               


              • Tomas Lotuyo 26 juillet 2010 09:13

                Il y a encore du boulot...

                La nécessaire disparition du capitalisme ne doit pas masquer l’échec quasiment total de la politique castriste.

                A l’heure actuelle, (aujourd’hui 26 juillet, jour de fête nationale) les cubains ne se demandent pas si c’est un grand bonheur que Fidel apparaisse de nouveau en public, ils attendent simplement de savoir si le café va revenir dans les bodegas.

                Le mois dernier le ministre du sucre a été viré pour cause de plus mauvaise récolte depuis un siècle, le prix des denrées en pesos cubains grimpe bien plus vite que les salaires, et je ne parle pas de ces produits « en devises ». Toujours le café (produit à Cuba) qu’on peut acheter à 14 CUC le kilo, soit près d’un mois de salaire moyen.

                Au cours des 10 dernières années j’ai passé en tout plus de 2 ans à Cuba et votre « article » digne de Granma ou de la mesa redonda n’a rien à voir avec la réalité cubaine. Je connais des cubains depuis assez longtemps pour avoir vu des évolutions dans leur vocabulaire.
                Au début ils disaient « la revolucion » puis c’est devenu « el gobierno » et maintenant ce n’est pas rare qu’on entende (dans les maisons, mais pas à voix basse) « la dictadura ».

                J’ai vu à La Havane (avec mes yeux, pas sur internet ni des on-dit) des hommes se faire tabasser avec une rare violence pour avoir crié en public qu’ils ne supportaient plus la situation et leur leader.

                Je n’arrive pas à comprendre que vous défendiez sans faillir ce régime qui n’arrive même plus à soutenir le niveau de vie ultra-basique des cubains. Cuba est sous perfusion étrangère et malgré le pétrole vénézuélien, le courant est régulièrement coupé, l’alimentation provient à 80 % de l’extérieur, et sans l’envoi d’argent de tous les cubains « traîtres » qui ont quitté le pays plus rien ne fonctionnerait.

                Et encore, je passe beaucoup plus de temps à La Havane que dans les provinces les moins bien loties. L’ambiance de délation permanente qui règne à Santiago de Cuba est hallucinante : chacun surveille son voisin dans l’espoir de recevoir une petite récompense, un téléphone (authentique, pour mieux dénoncer, sans doute) pour avoir informé la « révolution » que les gens de la maison à côté ont réparé leur toit avec des matériaux provenant du marché noir. L’autre possibilité est d’attendre l’aide de l’état, ce qui se traduit très souvent par un « derrumbe » de plus, une maison remplacée par un tas de gravats.

                Oui, c’est sûr, les cubains ont le sens de l’humour et de la fête, il faut bien ça pour tenir le coup. Mais affirmer que si l’on n’est pas « 100 % d’accord avec la revolucion on est un agent des USA » n’a pas de sens dans un pays comme le nôtre où l’on peut se déplacer et savoir ce qui se passe.

                Allez, une petite dernière : oui, les cubains ont une relation particulière avec Fidel, dans leur immense majorité ils seront tristes le jour de sa mort, mais en même temps ils se sentiront soulagés de n’avoir plus à vivre en fonction de ses rêves si éloignés du réel.

                 


                • Laminak 3 août 2010 17:24

                  Oui enfin une precision, les cubains « n’achetent » pas le cafe en CUC mais en devise nationnale, le peso. Quand ils ne l’echangent pas. Et les Cubains se sentent onliges de donner a plus pauvre que soi.
                  Et une autre en 10 dix ans de Cuba la situation a bien change. Avant le matin avant d’aller aux cours on disait ’tu as eu de l’eau pour la douche ?’ Oui mais froide :)
                  Maintenant la question ne se pose plus.... Pour les touristes bien sur.
                  Les Ginettes existent toujours (Jineteras). En france une femme ne coute pas d’argent, n’est ce pas ?
                  Les Cubains enregistrent tres peu de viols le saviez vous ?
                  Lami.


                • Tomas Lotuyo 4 août 2010 19:33

                  Une précision à la précision, je ne dis pas que les cubains ne payent pas le café en moneda nacional, mais simplement qu’en cet été 2010, il y a une pénurie de café dans les bodegas (là où l’on se rend avec sa libreta pour acheter des produits de base en pesos cubains).

                  Dans ce cas, la seule solution est de « morirse en la shopping » c’est à dire de payer le prix ultra fort en CUC, ce qui arrive régulièrement pour l’huile, par exemple.


                • Tomas Lotuyo 10 septembre 2010 14:14

                  Dites donc, ça devient de plus en plus difficile de faire l’éloge du magnifique régime cubain.

                  Avec les nouvelles déclarations de Fidel, qui confirment ce que n’importe qui peut voir à Cuba, sauf Salim Lamrani et quelques aveugles professionnels, il devient de plus en évident que la fin est proche pour ce gouvernement qui préfère la fidélité à la compétence.

                  Si Fidel se permet de reconnaître que « modèle cubain ne fonctionne plus » c’est que la banqueroute est vraiment au coin de la rue. Le Vénézuela ne va pas garder Chavez comme président et le dernier robinet va être coupé, les chinois ont aussi dû annoncer qu’ils allaient cesser de livrer aux petits cadres du parti des voitures qui seront en ruine avant même d’avoir été payées.

                  Pour l’instant on ne sait pas comment les cubains sont informés de cette déclaration, mais ce qui est sûr c’est que l’information doit circuler partout dans l’île, faisant tomber l’une des dernières barières qui justifient l’immobilisme absolu d’un état qui n’arrive même plus à faire semblant de croire aux balivernes qui emplissent les médias officiels depuis bien longtemps.

                  Je vous pose la question, à vous qui soutenez de l’étranger cette révolution momifiée, comment analysez-vous ces mots du compañero Fidel ? Est-il manipulé par la CIA ? Est-ce une ruse pour recevoir de l’aide internationale ? Fidel va-t-il être jugé pour dissidence ?

                  Manifestez vous, cela m’intéresse.

                  Merci

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