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Accueil du site > Actualités > International > L’Ukraine s’est mise elle-même échec et mat face à la Russie et (...)

L’Ukraine s’est mise elle-même échec et mat face à la Russie et a donné à cette dernière les moyens d’intervenir légalement dans le Donbass

Après s'être tirée une balle dans chaque pied avec le blocus du Donbass, que les Républiques Populaires de Donetsk et Lougansk (RPD et RPL) ont retourné contre elle, l'Ukraine est en train de presser la détente du pistolet qu'elle a elle-même mis sur sa tempe lors du Maïdan de 2014.

Au fur et à mesure que les derniers jours et les dernières semaines passent, le plan de Vladimir Poutine concernant l'Ukraine, que beaucoup avaient jugé « mou » dans ses réactions face au massacre de la population du Donbass, commence à se dévoiler.

Mais reprenons l'histoire depuis le début. Lors du Maïdan, en février 2014, Viktor Ianoukovytch, président légitimement élu de l'Ukraine est renversé par un coup d'état, que toutes les chancelleries occidentales ont cautionné comme légitime. Le gros problème, c'est qu'il ne l'était pas, même au regard de la constitution ukrainienne.

Vladimir Oleïnik, qui était jusqu'en 2014, député de la Rada, a écrit un dossier complet sur ces événements (qui a été traduit en français), où il démontre factuellement que le coup d'état de février 2014 était totalement inconstitutionnel.

Pour résumer : une fois Ianoukovytch parti, les pro-Maïdan via la Rada ont changé la constitution ukrainienne, revenant à une version antérieure de cette dernière, afin de légitimer leur coup. Ces changements ont été signés et publiés par Tourtchynov, qui assurait l'intérim de la présidence en tant que président de la Rada. Le problème c'est que jusqu'à la publication de cette nouvelle constitution de manière officielle, Tourtchynov n'est pas en droit de la valider par sa signature. C'était au premier ministre de Ianoukovytch, Mykola Azarov, de la valider.

De plus, la Rada a adopté ces changements constitutionnels avec une résolution, et non une loi, ce qui est là aussi contraire à ce que prévoit la constitution ukrainienne. Et les députés ne pourront même pas prétendre qu'ils ne savaient pas que ce qu'ils faisaient était illicite puisqu'ils ont mis dans cette résolution « … que le respect de la procédure de la révision de la Constitution de l’Ukraine établie par la Constitution de l’Ukraine et déterminée par le Titre XIII de la Constitution de l’Ukraine, est une des conditions de base de la légitimité de l’ordre constitutionnel en Ukraine  ».

De plus ces amendements étaient basés sur une loi de 2004 que la cour constitutionnelle ukrainienne avait invalidée. Or l’exécution des décisions de la Cour Constitutionnelle de l’Ukraine est obligatoire sur le territoire de l’Ukraine et ces décisions sont définitives et sans appel. Donc non seulement les nouvelles autorités ukrainiennes se sont assises sur la constitution, mais en plus, elles se sont assises sur une décision de la cour constitutionnelle qui est seule habilitée à décider de ce qui est constitutionnel ou non.

Et si on regarde de près la destitution de Viktor Ianoukovytch, là on décroche le jackpot. L’article 108 de la Constitution ukrainienne énonce clairement qu'il n'y a que quatre raisons pouvant mettre fin par anticipation aux fonctions du Président de l’Ukraine :
1. la démission ;
2. l’incapacité d’exercer ses fonctions pour raison de santé ;
3. la destitution par la procédure de l’empêchement ;
4. la mort.

Or Ianoukovytch n'a pas démissionné, n'était pas en mauvaise santé, et n'est pas mort (on comprend mieux d'ailleurs pourquoi Ianoukovytch a été poursuivi dans l'Est de l'Ukraine après le renversement du pouvoir afin d'être assassiné, cela aurait résolu le problème de la légalité de sa destitution ; en le sauvant, la Russie a laissé une énorme épine dans le pied des autorités ukrainiennes actuelles).

La seule voie légale pour les putschistes était la procédure d'empêchement. L'article 111 de la constitution ukrainienne est très claire sur les motifs qui peuvent justifier une telle procédure : « Le président de l’Ukraine peut être destitué par la Rada suprême par la procédure de l’empêchement dans le cas où il est coupable de haute trahison ou d’autres crimes. »

Or ce n'est pas cette raison qui a été invoquée pour le destituer. Le décret précise « que le Président ukrainien V. Ianoukovytch s’est désisté d’une manière anticonstitutionnelle de l’exécution de ses responsabilités constitutionnelles et il n’accomplit pas ses devoirs ». Or un tel point n'existe pas et n'est pas prévu dans la constitution ukrainienne pour démettre un président de ses fonctions. Le décret de destitution de Ianoukovytch est donc lui aussi totalement anti-constitutionnel.

En clair, les autorités ukrainiennes actuelles sont totalement et indubitablement illégitimes au regard de la constitution et du droit ukrainiens, et Viktor Ianoukovytch est donc toujours le président ukrainien légitime.

Et là vous me direz que vu que les autorités actuelles sont soutenues par la communauté internationale, cela fait une belle jambe à l'Ukraine et au Donbass. Jusqu'ici oui. Mais plus maintenant.

Car dans leur folie russophobe, et essayant de prouver que Ianoukovytch a commis un crime de haute trahison pour justifier à posteriori leur coup-d'état, les autorités ukrainiennes actuelles viennent elles-même de se poser le pistolet sur la tempe et s'apprêtent à appuyer sur la détente.

Lettre de l'ONU

En effet mi-janvier, certains médias pro-Maïdan comme Radio Svoboda, ont publié une information connue depuis 2014, mais remise en lumière suite à la demande par la partie Ukrainienne à l'ONU de fournir une copie certifiée de la lettre que Vitaly Tchourkine, le représentant russe, avait brandie lors d'une réunion du conseil de sécurité de l'ONU, le 4 mars 2014.

Le 6 janvier 2017, l'ONU a répondu favorablement à la demande, et a fourni la copie de la lettre, qui contient ce qui suit :

« En ma qualité de Président de l’Ukraine légalement élu, je déclare par la présente ce qui suit.
Les événements qui se sont déroulés sur la place Maïdan et la prise illégale du pouvoir à Kiev ont mené l’Ukraine au bord de la guerre civile. Le chaos et l’anarchie règnent dans le pays et les vies, la sécurité et les droits du peuple – en particulier dans le sud-est du pays et en Crimée – sont menacés. Sous l’influence des pays occidentaux, des actes de terreur et de violence sont commis et des personnes sont persécutées pour des motifs politiques et linguistiques.
Je demande par conséquent au Président de la Fédération de Russie, V. V. P
outine, de faire intervenir les forces armées russes pour rétablir l’ordre public, la paix et la stabilité et pour protéger le peuple ukrainien. »

Oui, vous avez bien lu. Dès mars 2014, Viktor Ianoukovytch demandait, comme Bachar el-Assad le fera plus tard, en septembre 2015, d'intervenir militairement dans son pays pour y rétablir l'ordre.

Alors vous demanderez-vous, pourquoi la Russie ne l'a-t-elle pas fait ? Il faut se souvenir, qu'à ce moment-là, la Russie doit déjà gérer le dossier Criméen. La Crimée, refusant le coup d'état, a lancé l'organisation du référendum visant à demander si les habitants veulent revenir au sein de la Russie. Prévu initialement en mai, le référendum est avancé au 30 mars le jour même où Ianoukovytch écrit cette lettre, puis la date sera avancée de nouveau au 16 mars cinq jours plus tard.

Au moment où Tchourkine brandit cette lettre devant le Conseil de Sécurité de l'ONU, les événements en Crimée s'accélèrent déjà d'une façon assez difficile à contrôler, et l'intervention russe pour protéger les habitants de la péninsule des menaces des groupuscules néo-nazis ukrainiens permet déjà aux USA et à leurs valets de hurler à l'invasion russe.

Si la Russie accédait à la demande de Ianoukovytch, cela voulait dire prendre la responsabilité de l'Ukraine, qui est un gouffre financier (sans parler du bordel politique), alors la Russie ne veut pas jouer le rôle de gendarme du monde, les USA et l'OTAN tenaient le prétexte parfait pour déclencher une guerre, et la Russie devait déjà gérer le dossier Criméen. Ensuite ce sera l'emballement, le retour de la Crimée est validé par le référendum et la situation dégénère dans le Donbass. Et en Syrie cela n'était guère mieux. Il y avait trop de fronts à gérer, et trop de risques sur le plan intérieur et international, la Russie a donc temporisé.

Le plus urgent était de gérer la Crimée. Un point hautement stratégique que la Russie ne pouvait pas se permettre de perdre. Et puis fidèles à la tradition russe, les autorités du pays préfèrent essayer de négocier, de discuter plutôt que de devoir en venir aux armes. C'est l'essence même de Minsk-1, puis de Minsk-2. Les russes, se souvenant de ce que leur a coûté la deuxième guerre mondiale, préfèrent un mauvais accord à une bonne guerre.

Et ce, même s'ils savent que l'Ukraine ne respectera jamais ces accords, comme l'a ouvertement déclaré le député ukrainien Anton Geraschenko, sur le plateau de la chaîne télévisée 112 :

« Disons tout de suite que les accords de Minsk n’ont pas été mis en œuvre depuis le jour même où ils ont été signés en février 2015. Vu du côté ukrainien, ce fut une mesure temporaire et, je vais être honnête, une tromperie délibérée. Rappelez-vous que le premier accord de Minsk a été signé suite à la catastrophe militaire près de Ilovaïsk quand nous n’avions plus aucune force pour défendre le front de Donetsk à Marioupol. Le deuxième accord de Minsk a été signé suite à la perfide agression russe sur Debaltsevo et la formation du « Chaudron de Debaltsevo ». Ces accords ne sont pas des accords internationaux ou quoi que ce soit de ce genre.  » (traduction depuis l'article du Saker)

Malheureusement pour Geraschenko, depuis la résolution de l'ONU sur ces accords, ceux-ci sont bien un accord international contraignant, que les autorités ukrainiennes avouent ne pas respecter, de manière ouverte.

Alors quel pourrait-être le plan de Poutine ? Je vais vous livrer ici mon intuition, sans promettre que cela reflète exactement ce qu'il pense (ce serait prétentieux de ma part), ni ce qu'il a fait, mais qui me semble hautement plausible.

Devant gérer plusieurs crises graves, Poutine a choisi de temporiser, de jouer la patience et la négociation afin de repousser le moment d'en venir aux armes, tout en laissant l'adversaire dévoiler son jeu, révéler son véritable visage et ses intentions, et offrir sur un plateau d'argent le bâton pour se faire battre.

Devant l'échec actuel de Trump a faire barrage aux forces néo-conservatrices, Poutine a considéré que la patience avait assez duré, et que la bagarre étant inévitable, il fallait désormais se donner les moyens de la gagner. Et pour cela, en excellent juriste et judoka qu'il est, toute la préparation préliminaire du terrain opérée par la Russie va désormais pouvoir être utilisée. Y compris le sauvetage de Ianoukovytch.

Cela a commencé par les mises en garde de plus en plus fermes envers l'Ukraine sur toute tentative de briser les accords de Minsk. Puis face à la nouvelle escalade sur le front fin janvier, début février, et du blocus du Donbass, ce fut la reconnaissance des documents officiels de la RPD et de la RPL afin de désenclaver les deux républiques sur le plan humanitaire et économique, tout en reconnaissant par la tangente la légitimité des autorités qui délivrent ces documents (ce qui s’avérera très utile pour la suite du plan).

Cette manœuvre a pour but aussi d'être un ultime avertissement envers l'Ukraine afin d'éviter le bain de sang. Si elle persiste à vouloir régler le conflit du Donbass par la force comme le scandent de plus en plus d'officiels ukrainiens, alors la Russie pourrait bien sortir son atout majeur : Ianoukovytch et le fait que légalement, il est toujours président de l'Ukraine. Quoi qu'en disent les chancelleries occidentales.

Mais pourquoi est-ce alors l'Ukraine qui a ressorti cette vieille histoire de lettre à l'ONU, et pas la Russie ? Je pense que cela fait aussi partie du plan de Poutine. Si c'était la Russie qui avait ressorti cette affaire, les occidentaux pouvaient l'accuser de tenter de justifier par avance sa future invasion de l'Ukraine. Mais si c'est l'Ukraine qui ressort ce vieux serpent de mer, alors personne ne peut y trouver à redire si cela est ensuite utilisé par la Russie (et je pense que la Russie a fait en sorte que l'Ukraine sorte çà des cartons par une information habilement glissée auprès des forces les plus russophobes du pays).

Si l'Ukraine lance une nouvelle offensive, et que l'intervention de la Russie s'avère inévitable, alors comme el-Assad en septembre 2015, Ianoukovytch pourrait réitérer sa demande d'intervention militaire de la Russie en Ukraine, en circonvenant cette-dernière au Donbass, afin de stopper le bain de sang tout en n'imposant pas une responsabilité et une charge financière trop lourde à la Russie. Une demande qui serait acceptée cette fois par la Russie, qui aurait alors la base juridique légale pour intervenir au regard du droit international, et la base morale pour le faire après avoir laissé plus de deux ans à l'Ukraine pour appliquer les accords de paix qu'elle avait signés, et qu'elle n'a jamais respectés.

Les chancelleries occidentales hurleront, comme lors de la guerre en Ossétie du Sud en 2008, mais dans les faits, sur le plan légal, elles ne pourront rien faire contre cela, et la Russie pourra les confronter à leur inaction à faire appliquer les accords de Minsk pour faire taire les plus réticents.

Et si l'armée ukrainienne n'a pas réussi en bientôt trois ans à vaincre une milice populaire, je vous laisse imaginer dans quel état elle finira face à l'armée russe. Ensuite la Russie pourra au choix reconnaître ouvertement la RPD et la RPL, ou les intégrer au sein de la fédération de Russie selon le choix de la population, grâce à la première pierre de légitimation posée par la reconnaissance des documents et donc des autorités des deux républiques (si les autorités sont légitimes, leurs actes le sont aussi, y compris d'organiser un référendum).

Voilà comment, avec patience et détermination, la Russie vient de mettre les autorités ukrainiennes actuelles « échec et mat » avec leur participation active. Comme le dit le proverbe viking « C'est en faisant des lois qu'on bâtit un pays, et c'est en les violant qu'on le détruit ». Les nouvelles autorités ukrainiennes, et les néo-conservateurs auraient dû méditer sur ce proverbe.

Christelle Néant

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184 réactions à cet article    


  • Pseudonyme Pseudonyme 2 mars 17:18

    Je ne sais s’il faut se réjouir....même si j’ai noté qu’effectivement l’ancien président était sorti de son silence. Trump, pourrait-être court-circuité par son retour diplomatique et l’intervention russe le placer dans la pire situation vis à vis des faucons ...


    • Christelle Néant Christelle Néant 2 mars 17:36

      @Pseudonyme
      Il n’y a aucune réjouissance dans mon article, seulement une analyse pragmatique de la situation. Je ne peux pas me réjouir à l’idée que la Russie soit obligée d’intervenir pour empêcher un bain de sang et se mette ainsi en danger sur le plan international parce que les instances prévues pour (l’ONU en tête) n’ont pas fait leur boulot, et que certains pays (USA et UE) ont foutu la merde en Ukraine pour que quelques uns s’en mettent plein les poches. Zakharchenko a d’ailleurs déclaré sur Rossia 1 que l’Ukraine n’en a plus que pour 60 jours à vivre. Il ne donnerait pas une telle date butoir s’il n’était pas au courant qu’un truc se prépare. Les événements s’accélèrent, et les peuples se trouvent au milieu du cyclone.


    • Pierre Pierre 2 mars 17:39

      Bonjour Christelle,

      C’est un article intéressant surtout en ce qui concerne la lettre de Viktor Ianoukovytch.
      Je sais depuis longtemps que Vladimir Poutine tient là un joker qu’il peut sortir au moment opportun.
      Il y a cependant autre chose qu’on n’évoque jamais, c’est le temps. 
      Vladimir Poutine a besoin de gagner du temps parce que l’armée russe est en pleine modernisation et même si elle semble en avance sur l’objectif 2020, il n’y a que les unités d’élite qui sont correctement équipées pour le moment. 
      La qualité des équipements est remarquable mais il manque la quantité et la Russie a besoin d’exporter ses matériels militaires (et a donc besoin de temps) pour financer le rééquipement de sa propre armée. De plus, il y a encore beaucoup d’équipements qui sont au stade de prototype.
      Il faut se dire qu’en 2014, l’armée russe ne valait pas celle d’aujourd’hui et celle d’aujourd’hui ne vaudra pas celle de 2020 d’où l’explication de ce qui semble être de l’atermoiement du président russe.
      L’autre facteur temps est la situation sociale qui se détériore en Ukraine et il n’y a aucune perspective d’amélioration sans une improbable aide massive de l’UE. 
      Au plus que le temps passe, au plus que la population va s’appauvrir. D’ici quelques temps, les Ukrainiens n’auront plus aucune envie de défendre un pays gouverné par des bandits et des voleurs (j’emploie les termes que les Ukrainiens utilisent).
      Il y a encore une dernière chance d’en revenir aux accords de Minsk II mais s’il prenait l’envie au gouvernement actuel de lancer une opération militaire de grande ampleur dans le Donbass, je crains que d’ici quelques années, il y aura deux Ukraine. 
      Voyez la carte de cet article pour vous faire une idée de ce que cela donnerait.

      • Pierre Pierre 2 mars 17:46

        @Pierre
        Il y a un point-virgule qui s’est mal placé. Voici le lien. Il faut évidement retirer la Crimée à cette autre Ukraine.


      • Pierre Pierre 2 mars 18:02

        @Pierre
        En complément de mon commentaire, voici un article sur l’évolution de l’armée russe depuis 2008. (Guerre de Géorgie). Je ne crois pas que l’armée ukrainienne aurait la moindre chance de tenir plus d’une semaine.


      • Christelle Néant Christelle Néant 2 mars 21:07

        @Pierre
        Très bon commentaire, je n’ai pas étalé toutes les raisons de la temporisation russe, mais il est clair que plus la Russie gagne de temps plus son armée sera prête.


      • Alren Alren 3 mars 12:20

        @Pierre

        L’autre facteur temps est la situation sociale qui se détériore en Ukraine et il n’y a aucune perspective d’amélioration sans une improbable aide massive de l’UE.

        L’UE n’a pas les moyens d’une aide massive à l’Ukraine.

        En agglomérant au noyau relativement aisé des pays fondateurs de la CE, des pays dont le niveau de vie était inférieur, Espagne, Portugal, Irlande, Grèce puis pays de l’est afin de constituer un grand bloc « libéral », les dirigeants conservateurs de ces pays fondateurs, France, République Fédérale d’Allemagne, et les trois du Benelux, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg ont surestimé leurs capacités financières.

        Ils ont cru à tort qu’ils pourraient amener ces pays à un niveau de vie similaire au leur par des transferts massifs de fonds et d’activité (délocalisations) sans voir que le dépouillement de leurs propres pays, comme des réservoirs que l’on vide engendrerait partout une stagnation économique camouflée provisoirement par l’endettement et la fabrication de monnaie de singe par la BCE.

        Il s’agissait de faire croire que l’ultra-capitalisme était "la meilleure solution".

        Aujourd’hui, l’illusion est dissipée pour tout le monde : ce n’est plus le moment de jouer aux riches en donnant de l’argent à un pays dirigé par des corrompus incapables.


      • Pierre Pierre 3 mars 13:02
        @Alren
        Je suis entièrement d’accord avec votre commentaire. 
        J’ai écrit un peu plus bas un commentaire complémentaire qui va dans le même sens.
        J’ajoute que la suppression des visas pour les Ukrainiens va permettre à des dizaines, voire des centaines de milliers d’Ukrainiens de venir travailler en UE pour quelques euros de l’heure.
        C’est tout ce que nos dirigeants ont trouvé pour venir en l’aide de la population ukrainienne.

      • microf 3 mars 00:12

        Très très bon article aux analyses profondes.
        Le Président Poutine est á la politique ce qu´était Mozart á la musique, á savoir, un virtuose, c´est pourquoi je lui ait donné ce nom, á savoir, le MOZART de la politique.
        Pour ce qui est de l´armée Russe, elle est prête, et même l´Occident le sait, sinon, l´Occident aurait déja attaqué la Russie, alors ce n´est l´Ukraine qui peut la stopper, car comme le dit Christelle, si l´armée Ukrainienne n´a pas réussie depuis des années á vaincre de simple combattants du Donbass, ce n´est pas avec l´armée Russe qu´elle va tenir, et je suis sûr que même en Ukraine, l´intervention de la Russie est attendue et sera saluée comme la bienvenue et une délivrance.
        Je suis aussi sûr que l´Occident même si il ne le dira pas, saluera aussi l´intervention Russe en Ukraine pour s´en débarrasser, et ne protestera que pour la forme.


        • Christelle Néant Christelle Néant 3 mars 05:49

          @microf
          Merci du compliment smiley Je considère aussi Poutine comme un virtuose de la politique, et jusqu’ici si je sentais qu’il avait un plan au cas où je cherchais encore les détails du comment jusqu’à récemment.


        • Mychris Mychris 3 mars 08:51

          @microf

          Discours très poutinien, à la gloire du « chef »

          Rhétorique habituelle et bien huillée :
          1) Gloire à Poutine
          2) Occident veut détruire la Grande Russie incluant ses sphères d’influences (Mais bon on est pas impérialiste, hein...)
          3) L’armée russe est prête à répondre aux attaques car son armée est la plus forte du monde.

          Face à l’armée Russe, l’Ukraine ne tiendra qu’une journée voir quelques heures. Mais face à l’armée américaine la Russie subirait au minimum de lourdes pertes en cas de conflit conventionnel. En intervenant militairement (avec leurs vrais insignes cette fois) au Donbass voir plus loin, la Russie créera un précédent qui risque « d’émouvoir » au minimum les pays baltes et la Pologne voyant revenir l’ogre soviétique sous une nouvelle forme, provoquant une réaction en chaine, qui dans une logique d’embrasement conduirait sans aucun doutes à un conflit armé.


        • roman_garev 3 mars 10:16

          @Mychris
          « Mais face à l’armée américaine la Russie subirait au minimum de lourdes pertes en cas de conflit conventionnel. »


          Ah bon ? Mais comment voyez-vous l’arrivée éventuelle de cette glorieuse armée américaine dans les parages russes ? En avions qui seront annihilés longtemps avant leur approches des frontières russes ? En bâteaux à couler en mer Noire depuis la Crimée ? En touristes, car il n’y a pas d’autres moyens ?

        • Pierre Pierre 3 mars 10:52
          @Mychris
          Informez-vous. L’armée US est usée par ses guerres des quinze dernières années. 70 % du matériel est HS. 
          Et ensuite, quelle motivation trouver pour galvaniser l’US Army pour se battre aux frontières de la Russie ? 
          De toute façon, il n’y aura pas de guerre conventionnelle aux portes de la Russie. La doctrine de première frappe (tactique ?) nucléaire russe prévoit son utilisation dès que le territoire national sera en danger.
          Je ne suis pas au courant des plans concernant l’Ukraine mais il est sûr qu’il y a plusieurs scénarios envisagés.
          A mon avis, le plus probable, c’est l’utilisation de soldats ukrainiens ou de mercenaires sous drapeau ukrainien avec le soutien de l’armée russe de l’arrière pour bouter les forces ukrainiennes hors de Novorussie où elles seraient bien accueillies. L’ouest et le centre de l’Ukraine n’intéressent pas les Russes. 

        • microf 3 mars 10:54

          @Mychris
          Très bon commentaire cher Mychris, vous avez raison Poutine est un chef et même un grand chef, c´est mon idole, « et je suis éternellement attaché á lui », reprenant la phrase qu´un homme politique Francais a une fois prononcé.

          D´après vous s´il y avait combat entre les armées Russes et Américaines qui vaincra ?.
          Voila des années que l´armée Américaine est en Syrie et n´a rien fait, l´armée Russe arrive et en moins d´un an fait du vrai bon boulot, alors vous voyez mon cher Mychris qu il n´ya pas macht entre l´armée Russe et l´armée Américaine, et l´armée Américaine le sait, c´est pourquoi l´Amérique elle est entrain de battre en retraite en Europe et demande aux Européens de s´occuper d´eux même, et veut s´entendre Poutine.
          Je vais même vous prédire quelque chose, il n´yaura pas de combat entre la Russie et l´Ukraine, bientôt, les Ukrainiens vont se rendre á la Russie.


        • Laurent 47 3 mars 12:59

          @Mychris
          Lors de la guerre du Vietnam, la fameuse armée américaine s’est prise la branlée du siècle contre des vietnamiens qui ne disposaient pas d’une telle puissance !
          Mais les vietnamiens savaient pourquoi ils se battaient, alors que les appelés américains se demandaient ce qu’ils foutaient dans cette galère !
          Les seuls qui puissent affirmer que les Etats-Unis sortiraient vainqueurs face à la Russie dans un combat conventionnel, sont les états-majors américains eux-mêmes.
          Or, contrairement à vous, ils en sont beaucoup moins convaincus !
          D’autant que, comme le dit Christelle Néant, la Russie n’interviendrait qu’en accord avec les résolutions de l’ONU comme elle l’a toujours fait, donc avec le Droit pour elle.
          Navré de vous décevoir, mais le matériel terrestre de pointe russe n’a rien à envier à celui des Etats-Unis, si l’on en juge par les exportations dans de nombreux pays !


        • Alren Alren 3 mars 16:19

          @roman_garev

          Avant d’avoir lu votre commentaire, je me préparai à faire la même réponse à Mychris qui visiblement n’a aucune idée des contraintes de la logistique militaire.

          Il faudrait plusieurs semaines aux militaires US pour grouper en Ukraine le matériel et le personnel nécessaire pour une offensive contre une armée aussi puissante que l’armée russe.

          Et bien entendu, à l’heure des satellites espions qui peuvent « voir » une pierre de sucre depuis l’espace, ce déploiement ne passerait pas inaperçu.

          Les Russes pourraient tranquillement préparer des contre-mesures d’autant plus facilement que si le conflit commençait dans le Donbass, ce serait à leur porte et dans la continuité continentale.

          D’autre part les pertes prévisibles en vies humaines seraient sans commune mesure pour les soldats US avec ce qu’ils ont connu en Irak, en Afghanistan ou en Syrie.

          Qui voudra « mourir pour Kiev » ? Moins que « mourir pour Dantzig » !


        • JP94 4 mars 21:35

          @roman_garev

          L’armée américaine ne se risquerait évidemment jamais à une telle attaque, d’autant que si ses responsables sont animés par la russophobie et obéissent aux intérêts de leur industrie militaire, la population ne le voudrait pas ( elle n’accepte que les guerres où elle ne perd pas ses propres soldats, et l’armée US n’a perdu que 0,5% de ses effectifs durant la 2de GM ( et pas forcément en combattant), ce qui déjà leur semble énorme... et leurs généraux doivent être un peu réalistes... 

          L’Armée américaine a déjà envahi une fois la Russie, en 1917. et dans une alliance de 14 pays, plus les armées blanches... à l’époque, l’Armée rouge n’en était qu’à ses débuts ... 

          Mais s’ils tentaient l’aventure, je pense que les soldats américains déserteraient aussi sec.
          Tandis que côté russe, c’est toute la population qui combattrait. 

          Ce serait la fin de cette puissance.

          Jamais les Américains ne gagnent de guerre terrestre. C’est un mythe.

          Ils ont eu au plus face à eux 1 division combattante de la Wehrmacht et ça leur a donné du fil à retordre ... s’ils étaient si puissants, pourquoi ne pas avoir débarqué le 6 juin ... 1940 ? 
          Il est vrai qu’ils espéraient l’effondrement puis l’épuisement de l’URSS...


        • lecteur 21 mars 18:17

          @Mychrisquelqu’un comprend ce que la Russie Baltique Avec sa petite région de Kaliningrad ? Poutine et pourquoi ces gens qui détestent tout russe ?


        • Dom66 Dom66 3 mars 00:54

          Bonsoir Christelle Néant,

          Merci pour cet article, que j’ai lu avec intérêt.

          La dernière fois que j’ai eu un contact avec mes amis  de  Donetsk  voila un mois environ,(refugiés en Crimée pour une partie, et leurs enfants  en Russie, pas loin du Donbass à kamensk exactement ) me disaient qu’ils espéraient un engagement militaire de l’armée Russe, pour calmer ces troupes de nazis. Je sais que Poutine est un homme qui réfléchi  avant d’agir, et que les habitants des RPD et RPL en ont assez de vivre cette guerre qui leur est imposée.

          Vous qui vivez dans cette région et côtoyez les habitants et combattants, quel sont dans l’ensemble leurs opinions sur une éventuelle intervention de la Russie ? en parlent ils ?

          Amitiés


          • Christelle Néant Christelle Néant 3 mars 05:47

            @Dom66
            Ici la plupart des gens sont pour une intervention de la Russie, car ainsi cela signifierait la fin rapide de la guerre.


          • Mychris Mychris 3 mars 07:38

            "Lors du Maïdan, en février 2014, Viktor Ianoukovitch, président légitimement élu de l’Ukraine est renversé par un coup d’état, que toutes les chancelleries occidentales ont cautionné comme légitime."

            Certe, mais vouloir présenter Ianukowitch comme un saint tout simplement parce qu’il était favorable à la Russie, reste une réécriture de l’histoire.

            Article de capital sur l’enrichissement du fils ainé de Ianoukovitch durant le mandat de son papa :
            http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/le-fils-de-viktor-ianoukovitch-a-la-tete-d-un-vaste-empire-914670

            Article de rfi sur la liberté de la presse sous Ianoukovitch :
            http://www.rfi.fr/europe/20120929-ukraine-liberte-presse-mise-epreuve-le-pouvoir

            Article sur sa Datcha construite sur fonds publiques :
            http://www.midilibre.fr/2014/02/23/ukraine-des-centaines-d-ukrainiens-visitent-la-scandaleuse-maison-de-i-ex-president-en-fuite,826021.php

            Tout cela en déclarant 80 000$ de revenus annuels.

            A montrer trop ostensiblement que l’on est corrompu jusqu’à la moelle, que l’on tabasse et fait disparaitre des journalistes et que l’on met ses opposants en prison après des procès grotesques, ou que l’on achète les juges on finit par subir un coup d’état. Et au delà de la forme c’est la raison de la destitution de Ianoukovitch.


            • roman_garev 3 mars 08:27

              @Mychris
              Je lis votre citation de l’article, puis votre phrase sur « mais présenter Ianoukowitch comme un saint », et s’ensuit l’accusation de ce dernier...

              J’essaie de trouver : qui, quand et où « présente Ianoukowitch comme un saint »... mais je ne le trouve pas. Avez-vous des lunettes spéciales pour détecter cela ?

            • Mychris Mychris 3 mars 08:57

              @roman_garev
              Monsieur Garev je ne souhaite plus débattre avec un personnage qui en bon stalinien souhaite me voir comparaitre devant un tribunal pour « délit d’opinion » (cf votre réaction dans un article précédent)
              Je vous invite cependant à lire ma réaction jusqu’au bout pour comprendre celle-ci.


            • roman_garev 3 mars 09:56

              @Mychris
              Après avoir lu votre réaction à ce qui n’était pas écrit, (« A montrer trop ostensiblement que l’on est corrompu jusqu’à la moelle, que l’on tabasse et fait disparaitre des journalistes et que l’on met ses opposants en prison après des procès grotesques, ou que l’on achète les juges on finit par subir un coup d’état » je me demande, c’est à quand votre panégyrique à ces autres de vos jours qui ont succédé à ce chenapan, pas du tout « corrompus jusqu’à la moelle » (Porochenko, Kolomoïsky, Iatsenuk...), et qui, contrairement à celui qui « tabassait » (car je ne vois pas dans votre « réaction » des noms de journalistes disparus, sans doute vous les connaissez), simplement tuent les journalistes (Bouzina, Cheremet : plus de 15 en 2014-2016 ), les avocats, les députés..........


            • Pierre Pierre 3 mars 10:07
              @Mychris
              je suis toujours sidéré par la naïveté de certains commentaires. Comme s’il est utile de dénoncer la corruption de Viktor ianoukovych a posteriori pour justifier un coup d’Etat alors que les motivations étaient tout autres. D’ailleurs, si Viktor Ianoukovych avait signé le partenariat avec l’UE, personne ne parlerait de corrompu.
              Il faut savoir que la corruption est endémique en Ukraine, du plus petit fonctionnaire aux plus puissants oligarques. Ils appellent cela : faire du business. Ce qui est irritant, c’est la corruption au plus petit niveau (lors de mon dernier voyage en Ukraine, je me suis fait avoir trois fois en deux semaines : une fois à la douane et deux fois par la police. C’est la corruption visible qui irrite, autant les étrangers que les Ukrainiens.
              La corruption au plus haut niveau est invisible comme en UE. 
              Alors quand je lis que suivant une étude du Parlement européen il y a 990 milliards d’euros par an (lien) de corruption en Union européenne, je me dis que la corruption ukrainienne est de la broutille.
              Nous savons maintenant qu’il s’agissait pour les Etats-Unis d’enfoncer un coin entre la Russie et l’Ukraine pour arrimer cette dernière au bloc occidental avant que la Russie ne devienne trop puissante. 
              Une simple petite recherche sur Internet vous apprendra qu’il fallait chasser la flotte russe de Sébastopol. Savez-vous que déjà du temps de Viktor Ianoukovych, les Etats-Unis avaient acquis des immeubles pour y installer leurs services. Viktor Ianoukovych n’était pas pro-russe, il mangeait aux deux râteliers.
              Les militants de Pravy sektor qui faisaient le coup de poing (et de feu) avec la police anti-émeute sur le Maïdan étaient les nervis de la guerre des oligarques et des intérêts géopolitiques des Etats-Unis avec une incroyable ingérence de cette dernière dans les affaires intérieures d’un Etat souverain. 
              Pour faire une comparaison, qu’auriez-vous dit si un ambassadeur et un ministre russes ou chinois avaient participé à la manif pour tous et y distribuaient des chocolats aux participants ? Vous crieriez au scandale et c’est pourtant ce qui s’est passé à Kiev sans que les médias avec leurs classements verts n’y trouvent à redire. 
              Tout cela pourrait me laisser de marbre mais je sais que cela a une influence sur nos économies européennes ne fut-ce que par les sanctions, l’augmentation des budgets militaires ou le rétablissement de la conscription comme en Suède.

            • JC_Lavau JC_Lavau 3 mars 10:10

              @Mychris. Tiens ? Vous n’avez jamais escamoté que György Soros, Victoria Nuland, la C.I.A., l’USAID et le Department of State....

              Ah oui c’est vrai, si vous ne lez aviez pas escamotés, vous seriez accusé d’être d’extrême droite et complotiste...

            • Mychris Mychris 3 mars 10:34

              @Pierre

              Bonjour Pierre et merci pour vos commentaires que je trouve à chaque fois construit et productifs bien que je ne partage pas vos opinions.

              Ce n’est pas la naïveté qui me fait évoquer la corruption de Ianoukovitch, j’explique simplement l’adhésion populaire du Maïdan initiale. Il ne fait aucun doute que le mouvement a été récupéré par la suite à des fins politiques.
              D’autre part, je n’ai jamais dit que les personnes au pouvoir actuellement ne sont pas corrompues. Elle le sont également en effet.
              Quand à la corruption endémique, elle est bien réelle, cependant dans mes nombreux déplacements je ne suis plus arrêté tout les 10kms par la police comme en 2013.


            • anna anna 3 mars 10:52

              @Mychris
              Et les câbles secrètes américaines, révélés par Wikileaks sur la corruption de Porochenko, vous en faites quoi ? 





              Cela n’a pas gêné les américains de le « faire élire » comme président après le Maidan...

            • Pierre Pierre 3 mars 12:34
              @Mychris
              Bonjour et merci de votre réponse courtoise. 
              Mon dernier voyage en Ukraine date justement de 2013 et mes mésaventures dont je parle plus haut date de celle année-là. 
              J’ai de nombreux amis que je me suis fait dans les années 80 en Ukraine et je garde le contact avec eux ou avec leurs épouses ou enfants parce que les hommes meurent jeunes en Ukraine.
              C’est vrai que dans l’ouest et dans le centre du pays, la situation est presque normale pour ceux qui travaillent excepté pour le coût de l’énergie mais c’est récent.
              La vie est chère mais les Ukrainiens cultivent généralement une parcelle ou ils ont des parents à la campagne et il n’y a pas de pénurie de nourriture. De plus, ils sont très doués pour conserver les aliments en bocaux. smiley C’est cependant une vie que peu d’Européens supporteraient mais l’Ukraine a connu des moments plus durs dans son histoire.
              Ce qui m’inquiète plus, c’est qu’il croient que l’UE va les aider gratuitement. Je ne fais que leur répéter qu’ils devront rembourser tout l’argent qu’on leur prête et que cette dette sera portée par des générations mais ils ne répondent jamais à cela.
              J’ai moins d’informations directes du sud et de l’est de l’Ukraine, ce sont des régions plus industrielles, mais d’après ce que je lis, la situation se dégrade assez vite vu qu’ils ont perdu le débouché russe et qu’il n’y a pas beaucoup d’autres perspectives. 
              C’est pourquoi je pense que cette partie de l’Ukraine pourrait bien avoir bientôt des velléités séparatistes.
              Pour mes opinions que vous ne partagez pas, il faudrait d’abord que je les précise.
              Je n’ai pas d’affection particulière pour Poutine. J’ai toujours dit qu’il défend les intérêts de la Russie et que c’est un patriote. Cela inclus les intérêts des oligarques russes fidèles au pays mais on ne peut le lui reprocher, les gouvernements occidentaux défendent aussi les intérêts de leurs grands patrons et de leurs banques.
              Du point de vue économique, la Russie qui a d’énormes richesses dans son sol mène une politique libérale conservatrice avec des entreprises nationales mixtes dont les bénéfices sont partagés entre le pouvoir et le privé (oligarques). Cela permet d’obtenir des marges budgétaire sans pressurer exagérément la population et les entreprises.
              C’est un système économique différent du système occidental qui se dirige vers un pur libéralisme d’où toute intervention de l’Etat est de plus en plus exclue.
              A mon avis, c’est cette concurrence au pur libéralisme qui justifie la guerre économique qui est livrée à la Russie.
              Du point de vue sociétal, la société russe est plus conservatrice et très attachée aux valeurs traditionnelles. 
              Il y a un gouffre avec nos conceptions basées sur l’individualisme et sur nos mœurs libertariennes.
              Une très large majorité de Russes approuvent la politique de Poutine concernant ces deux aspects, l’économique et le sociétal.
              J’ai très difficile à déceler ce que les Ukrainiens veulent. Ils sont attachés aux mêmes valeurs sociétales que les Russes et je dirais même avec encore plus de ferveurs mais c’est incompatible avec les valeurs occidentales (homosexualité, mixité raciale, place de l’Eglise etc.) et pourtant, ils voudraient majoritairement adhérer à l’UE.
              Du point de vue économique, ils ne voient que nos avantages sociaux mais ils ne voient pas qu’ils diminuent constamment et que les nouvelles générations n’en bénéficieront pas comme leurs parents.
              Ma position est claire. Il faut laisser les Russes et les autre peuples vivre comme ils l’entendent et cesser de croire au monde unipolaire. 
              Les peuples européens doivent pouvoir choisir librement à travers leurs élections les systèmes économique et sociétal qu’ils veulent. 
              Il faut cesser d’imposer notre modèle aux autres peuples et ne pas faire miroiter des adhésions à l’UE à des pays qui n’ont pas vocation à nous rejoindre comme par exemple l’Ukraine ou la Turquie.
              Je l’ai déjà dit plusieurs fois, il y a un pays au monde qui veut une hégémonie globale et c’est les Etats-Unis que ce soit avec Obama ou avec Trump. Pour eux, une guerre en Mer de Chine ou dans l’est de l’Europe est aussi exotique qu’une guerre et Papouasie. Alors, si nous ne voulons pas revivre les horreurs du passé, nous avons intérêt à prendre notre destin en main.




            • Laurent 47 3 mars 13:03

              @Mychris
              Et Porochenko, le nazi milliardaire qui trempe dans le chocolat et les massacres dans le Donbass, c’est un S.D.F. peut-être ?


            • Laurent 47 3 mars 13:13

              @Pierre
              Le problème, c’est que l’Ukraine est partagée en deux partie inconciliables :
              La majeure partie du pays est peuplée de citoyens démocrates qui ont cru en un avenir meilleur après le putsch du Maïdan, et n’ont pas vu le piège tendu par les Etats-Unis.
              L’ouest du pays, c’est-à-dire la Galicie, est peuplé de nostalgiques du 3ème Reich qui ont combattu avec la Waffen SS durant la 2ème guerre mondiale.
              Ce sont ceux-là qui ont pris le pouvoir par la force !
              Alors, si la Russie intervient pour les écraser comme des punaises malfaisantes, je ne crois pas que beaucoup d’ukrainiens vont les pleurer !


            • Pierre Pierre 3 mars 13:55
              @Laurent 47
              D’accord avec vous mais il y a pour le moment un sentiment général anti-russe dans le centre et dans l’est de l’Ukraine qui est entretenu par les médias. 
              Si la Russie doit intervenir elle limitera son intervention à l’est et peut-être au sud où elle aura sans doute un accueil favorable.
              Ecraser l’armé ukrainienne n’est pas une bonne idée parce qu’elle est composée de conscrits de tout le pays. Il vaudrait mieux la neutraliser mais je ne sais pas comment.
              A part quelques têtes brulées, les unités de nazis sont plutôt à l’arrière et elles font la police.

            • roman_garev 3 mars 14:17

              @Pierre
              Bonjour Pierre.

              « Si la Russie doit intervenir... » 
              Non, c’est impossible, il ne faut pas l’admettre même en tant qu’hypotèse peu probable. Laissez ces épouvantails aux russophobes.
              Pour mieux comprendre l’avenir de l’Ukraine, je vous conseille de lire cette brillante analyse de Mikhaïl Khazine sur 4 « zones » futures à la place de l’Ukraine actuelle.

            • roman_garev 3 mars 14:19

              @roman_garev

              ...hypothèse...

            • roman_garev 3 mars 14:31

              @roman_garev
              Pardon, cet article n’est pas de Khazine (quoique publié sur son site), mais d’un certain Stanislav Bézguine. Mais cela ne chage pas beaucoup...


            • Pierre Pierre 3 mars 15:02

              @Pierre
              Correction de mon commentaire de 13:55. Lisez « ...il y a pour le moment un sentiment général anti-russe dans le centre et dans l’ouest de l’Ukraine... »


            • Alren Alren 3 mars 16:29

              @Pierre

              La corruption c’est comme une épidémie : quand quelqu’un qui est mal payé constate que les corrompus vivent beaucoup mieux que lui et ne sont pas punis, il se dit en voyant sa famille dans la précarité :« Je serai bien bête de ne pas faire comme les autres ».

              Le pays est d’autant plus vite pourri que l’exemple de la corruption vient d’en haut. Elle ne peut être ostensible que si la Justice ne peut pas intervenir si elle est corrompue elle-même ou si la démocratie est totalement bafouée par des putchistes et des milices violentes.

              C’est ce qui se passe en Ukraine.
              Je crains que le pays ne mette longtemps à guérir. Il y faudra une révolution citoyenne et malheureusement pour les gens que la situation devienne totalement insupportable..


            • Pierre Pierre 3 mars 16:37
              @roman_garev
              Bonjour roman,
              Merci pour l’article, il est très drôle, surtout dans sa première partie. Vous m’avez mis de bonne humeur pour le reste de la journée.
              Depuis le premier article que j’ai publié sur l’Ukraine, c’était en 2013, je n’ai aucune idée de la façon dont cette crise va se terminer.
              J’ai reçu la visite de l’ami d’un ami ukrainien il y a quelques mois. Il est d’origine russe mais il a toujours habité en Ukraine centrale et maintenant il travaille et habite en Belgique. 
              Il m’a garanti que la situation est stable et qu’il n’y a pas de problème à l’Ouest.
              Personnellement, je crois que les problèmes ukrainiens ne font que commencer et que les situations sont différentes d’une région à l’autre.
              Bien sûr que je ne souhaite pas que la Russie ait à intervenir en Ukraine mais le risque existe vu que je ne crois pas que la population russe accepterait un massacre ou une expulsion des russophones suite à une offensive des forces ukrainiennes.
              Quel sera l’avenir de l’Ukraine ? S’il n’y a pas de progrès avec Minsk II, ce sera sans doute une partition en deux, en trois ou en quatre, je ne sais pas mais je ne vois pas les Ukrainiens de l’Est encore cohabiter dans un pays uni avec ceux qui les ont bombardés.

            • Pierre Pierre 3 mars 17:20
              @Alren
              C’est vrai que les Ukrainiens gagnent des cacahuètes par rapport à nous et que cela les incite à faire du « business » pour arrondir les fins de mois. C’est cependant une situation insupportable qui ne peut perdurer. 
              Mychris dit que la situation s’est améliorée. Tant mieux et j’espère que c’est vrai. 
              C’est un sujet que je ne veux pas évoquer avec mes contacts en Ukraine, je ne voudrais pas qu’on découvre des message accusateurs sur leurs PC. 
              Mais le vrai problème, c’est la corruption aux plus hauts sommets. Les enveloppes qu’on donne pour obtenir des contrats, la corruption des parlementaires, des juges, des fonctionnaires etc.
              C’est malheureusement un phénomène mondial dont on ne parle pas beaucoup dans nos médias.

            • roman_garev 3 mars 17:39

              @Pierre
              D’accord.

              Pas de problème à l’Ouest ? Humm... Si on pense à l’extraction illégale et barbare, par des milliers d’affamés, de l’ambre jaune près de Rovno, ou au montagnes d’ordures qui ont presque enseveli Lviv et que le maire essaie d’expédier en dizaines de camions quelque part à centaines de kilomètres pour les vider la nuit au beau milieu d’un champ ou d’un terrain d’une ville, ou à la contrebande massive vers la Pologne, la Slovaquie, etc. dont le budget semble dépasser celui d’une région entière, ou des millions d’Ouest-Ukrainiens bossant aux chantiers russes sans pouvoir trouver un travail chez eux (votre ami de Belgique en est la preuve vivante qui a eu plus de la chance)... 
              Enfin, oui, la Russie agressive ni le Donbass ne massacre ni ne pille pas ces civils comme ces Ouest-Ukrainiens le font au Donbass (des tonnes de saint-frusquin jusqu’aux slips usés pillés aux maisons donbassiens par les punisseurs supposés défendre la population partent par colis à leur domiciles pour être vendues au bazar), donc pas de problèmes et la situation est stable, oui, c’est bien ça.
              Ni massacre ni expulsion massive des Donbassiens n’est plus possible, vu que le Donbass possède suffisamment de forces armées pour les prévenir ou contre-attaquer au cas où, en expulsant les nazis dehors leurs territoires des oblasts anciens.

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