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L’Union Européenne ne peut se permettre de tourner le dos aux élections en RDC

A travers ses missions humanitaires et ses programmes de développement international, l’Union Européenne (UE) s’est de plus en plus engagée dans les problèmes de la République Démocratique du Congo (RDC). Néanmoins, le dessein de son soutien financier et humanitaire peut être drastiquement décousu si l’UE perd sa chance de garantir le bon déroulement d’élections libres, justes et transparentes en novembre prochain.

L’UE est déjà investie dans de nombreuses missions en RDC. Parmi ses participations les plus innovatrices et les plus remarquables, on peut noter la mission Opération Artémis de 2003, laquelle, à travers l’emploi de forces armées, veilla à ce que les violations de droits de l’homme se réduisirent dans les zones du pays les plus dangereuses. En outre, l’UE s’est aussi engagée dans la mission de réforme du secteur de la sécurité (RSS) en 2005, durant laquelle sa responsabilité comprenait le conseil et l’assistance aux autorités congolaise pour assurer que l’égalité des sexes et que les enfants atteint par les conflits armés soient restitués dans la société. De 2008 à 2013, les documents de stratégie pays de l’UE s’élèvent à plus d’un demi-million d’euros pour le soutien à la reconstruction. De plus, l’UE a promis de donner 47.5 millions d’euros pour assister le processus démocratique dans les prochaines élections présidentielles et législatives.

Parce qu’au cœur de ses programmes de développement, la démocratie et la bonne gouvernance prennent une place importante, l’UE a entre ses mains la possibilité d’octroyer ses chères objectifs au peuple congolais en novembre prochain. A vrai dire, puisque l’UE assiste la RDC depuis très longtemps, il est nécessaire qu’elle s’engage pleinement dans des élections qui auront un impact notable sur le futur du pays – quel que soit le résultat. En ce moment, cependant, l’UE pense envoyer 118 observateurs d’élections pour garantir le bon déroulement du scrutin ; bien moins, malheureusement, qu’en 2006.

Le rôle des observateurs d’élections est essentiel pour pouvoir supprimer toutes les éventuelles disputes et troubles politiques qui pourront découler d’un résultat du suffrage contesté. De plus, organiser des missions d’observateurs d’élections permet à l’UE de travailler dans le cadre d’un partenariat actif et engagé avec les sociétés civiles congolaises et autres développements politiques. Cependant, même si ce soutien est essentiel et primordial, l’UE doit aussi maintenir une certaine pression sur la RDC pour assurer que les fonds versés envers le bon déroulement des élections et envers le Congo en général soient employés à bon escient, de manière à contrebalancer sa diminution d’envoi d’observateurs d’élections en 2011.

L’UE est le plus grand contributeur multilatéral dans la RDC et, en tant que tel, son engagement dans l’assistance au bon déroulement du scrutin en novembre est crucial pour garantir le bon partenariat entre l’UE et l’Afrique dans le secteur du développement. Une analyse des relations entre l’UE et la RDC nous révèle qu’il existe un net degré d’intérêt en commun entre les institutions de l’UE et les objectifs des états membres. Il en va en effet de soi, qu’un système démocratique et transparent aide à consolider la sécurité d’état et les structures judiciaires et pourront ainsi aider les entreprises européennes de conduire en toute sécurité, et efficacement, leurs affaires commerciales au Congo.

En 2006, l’UE et l’ONU étaient responsables pour la sécurité des élections ; cette fois-ci, néanmoins, malgré la violence incessante dans les provinces de l’Est et la très grande chance de turbulences aux alentours de la période électorale, cette lourde tâche sera entreprise par les congolais. Ces inquiétudes s’ajoutent aussi à l’annuellement du programme de formation d’officiers de police par les forces armées de l’UE (EUFOR) entrepris en 2006. La présence de l’UE durant les préparations et pendant les élections sera donc essentielle pour surveiller et garantir que la sécurité autour des bureaux de votes et la capitale soient efficaces, et que le résultat du scrutin soit reconnu comme légitime.

Alors que des contraintes financières limitent la capacité de l’UE d’envoyer des observateurs d’élections, quelques députés européens ont avancé leurs inquiétudes sur le manque de progrès dans le processus de démocratisions depuis les élections démocratiques congolaises de 2006. Selon un rapport de l’UE, à la suite des élections de 2006, le nombre de doublons sur les listes électorales s’est élevé à 292,353 (d’après l’International Crisis Group) parmi lesquels ont été trouvé sur la liste environ 2 000 officiers de police, de soldats et d’étrangers. Cette fois-ci, donc, avec moins d’argent, l’emploi efficace des fonds jouera une part essentielle dans les identifications de fraudes et pour assurer que les congolais aient un compte-rendu indépendant de leurs élections.

De surcroit, si la sérieuse responsabilité de s’engager à collaborer au bon déroulement de ces élections échoue, toute manifestation ultérieure, particulièrement en cas de preuve d’irrégularité électorale, sera bien moins déterminante. Cela signifie que l’impact de l’UE à travers son investissement versé pendant de nombreuses années et son engagement jusqu’à ce jour, pourraient être compromis, et que le développement et la promotion de la transparence dans le futur pourraient être en effet bien plus compliqué. Pour illustrer cela, il suffit de comparer le rôle que l’UE a joué pendant les élections présidentielles et législatives au Soudan ; si l’UE ne s’était pas entremis d’une manière sérieuse durant ces élections il y un an en arrière, il aurait été peu probable qu’elle puisse influencer, comme elle le fait dès maintenant, les décisions politiques du Soudan sur son chemin vers la démocratie.

Finalement, le risque de ne pas prendre ces élections sérieusement envoient un message de très mauvaise augure aux programmes sponsorisés par l’UE, lesquels soutiennent les sociétés civiles, la liberté de la presse et la bonne gouvernance et se trouvent déjà bien plus éloignées du centre d’attention qu’en 2006. En effet, de rester engager pendant, et au-delà des élections ne concerne pas que l’intérêt propre des pays européens, mais aussi et surtout de l’engagement de l’UE dans le long-terme dans la RDC. Ainsi donc, l’UE devra être disposée à se compromettre dans des discussions potentiellement difficiles et devra faire en sorte de pouvoir les poursuivre attentivement.


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1 réactions à cet article    


  • Kingli Kingli 16 décembre 2011 09:58

    Après les élections, c’est le fiasco total...

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