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La capitulation du « Grand Liban »

Par Ghassan Kadi – Le 4 septembre 2015 – Source : thesaker.is

Traduit par Ludovic, relu par jj et Diane pour Le Saker Francophone

 

Le Grand Liban – le Liban reconnu dans ses frontières officielles par la communauté internationale – est l’enfant chéri de la France et l’héritier des funestes Accords Sykes-Picot, qui partagèrent le Proche-Orient entre la France et la Grande-Bretagne, avant de lui accorder son indépendance.

 

 

La France s’est engagée envers ses protégés libanais (surtout les Maronites, communauté chrétienne prédominante au Liban, qu’on appellera ici Entité politique maronite) à protéger l’indépendance et la souveraineté du pays contre toutes futures visées syriennes. C’est d’ailleurs pour cela que les musulmans libanais [qui au départ étaient contre l’administration française et pour l’intégration à la Syrie, État majoritairement musulman, NdT] parlent ironiquement de la France comme de la mère nourricière du Liban.

L’Entité politique maronite tenait absolument à inclure dans le Grand Liban ces villes importantes que sont Beyrouth, Tripoli et Saïda – des cités avec une forte population musulmane. Les Français fermèrent les yeux et précisèrent par écrit dans la Constitution que le Président de la République et le commandant en chef de l’armée devaient appartenir à la communauté maronite. Leur peur était fondée sur le fait que les musulmans de ces villes se retrouveraient soudainement citoyens d’un État qu’ils considéraient comme un vassal de l’Occident, et qu’ils étaient furieux d’être séparés de leur mère-Syrie et inclus dans un État auquel ils ne s’identifiaient pas.

Quand Nasser devint l’espoir du monde arabe, de nombreux musulmans libanais le suivirent et rejoignirent les rangs du nationalisme pan-arabe. Cela n’a pas duré bien longtemps, et le courant qui l’a remplacé a été plus complexe et sinistre : le fondamentalisme sunnite, tandis que pour la première fois dans l’histoire du Liban, les Chiites commencèrent à s’organiser.

Jusqu’au début des années 1980, les Chiites libanais n’eurent guère voix au chapitre dans la politique du Liban. Les musulmans de Beyrouth, Tripoli et Saïda étaient en majorité Sunnites. Le poste de Premier ministre était réservé au leader de leur communauté, les Chiites devant se contenter de la Présidence de l’Assemblée – une position secondaire, mais ce n’était pas tout. Les Chiites comptaient peu, et leurs régions étaient pauvres. Pour envenimer les choses, ils étaient concentrés dans deux régions, la Bekaa et le Sud, et au Sud, leur voisin, c’était Israël. Contre toute attente, les Chiites ont émergé et ont infligé une défaite historique à Israël en 2006 – un véritable combat de David contre Goliath.

 

Le réveil des Chiites a créé une équation politique entièrement nouvelle pour le Liban, les Chiites y prenant la part du lion. Il est probable que dans un très proche avenir, leur poids soit encore renforcé.

Il semble de plus en plus évident que le Président Assad gagnera la guerre engagée contre lui depuis 2011. D’ailleurs, la coalition qui s’était levée contre lui n’existe plus. Elle s’est fragmentée et l’armée des fondamentalistes (État islamique) est devenue le cauchemar des pays qui l’ont créé.

 

Dans le même temps, l’Entité politique maronite s’est trouvée de nouveaux alliés sur la scène locale, les plus improbables, ses adversaires de toujours, les Sunnites libanais. Ces deux pôles traditionnels de la politique libanaise, les Sunnites et les Maronites, ont compris qu’ils allaient perdre leur statut, à moins de s’unir et de lutter contre les Chiites, et plus précisément contre le Hezbollah.

Cette fois, la France n’a pu apporter qu’un appui secondaire. La France n’est plus la grande puissance des années 1920 et son rayon d’action politique et économique est limité. C’est un autre pays qui a apporté son appui à cette nouvelle alliance libanaise, et, ironie du sort, il s’agit du plus fondamentaliste des États musulmans, l’Arabie saoudite.

Grâce à ses liens solides avec les Saoudiens et à son immense richesse, Saad Hariri, à la tête de l’Entité politique sunnite a formé l’épine dorsale financière d’une alliance avec l’Arabie et les États-Unis, avec la France en retrait, une alliance dont le but était de garantir l’intégrité et la souveraineté du Liban comme État distinct et indépendant de la Syrie.

 

Walid Joumblatt

 

Cette alliance, appelée Alliance du 14 Mars, comprenait au départ l’Entité politique maronite, l’Entité politique sunnite menée par Hariri, ainsi que le leader druze Walid Joumblatt, mais Joumblatt la quitta rapidement.

 

Hassan Nasrallah

 

En face, nous avons la Coalition du 8 Mars. Le principal acteur est le Hezbollah, mais on y trouve aussi le PSNS (Parti socialiste nationaliste syrien, laïc), le Parti communiste libanais et, contre toute attente, le général Aoun, ancien commandant en chef de l’armée, et Sleiman Frangié [petit-fils d’un ancien Président de la République, NdT] qui forment l’Axe de la Résistance. Le PSNS qui milite pour l’unification de la Grande Syrie a été créé par un Grec orthodoxe libanais, Antoun Saadé. Résolument laïc, le parti s’est engagé en Syrie aux côtés du Hezbollah et de l’armée syrienne.

Tandis que l’Alliance du 14 Mars entre Maronites et Sunnites est un mariage de convenance avec des objectifs anti-chiites, la Coalition du 8 Mars est laïque, même si elle est dirigée par le Hezbollah – le parti de Dieu –, un parti qui recrute essentiellement dans la communauté chiite. Ses membres et ses sympathisants, notamment les jeunes, en ont assez d’une Constitution basée sur les rapports de forces entre communautés religieuses, entre autres choses.

 

Michel Aoun

 

Plus encore, la présence du général Michel Aoun dans cette coalition marque la fin de l’Entité politique maronite. Les Maronites sont déchirés en deux camps à peu près égaux. Un camp continue à suivre les leaders et les partis traditionnels, tandis que l’autre, conduit par Aoun, veut des réformes et souhaite établir de bonnes relations avec la Syrie.

Dans le même temps, comme le cours de la guerre en Syrie ne semble pas tourner en faveur du 14 Mars, le nouveau roi d’Arabie saoudite vient de faire ce qui s’apparente à un coup d’État. A peine installé sur le trône, il a élevé son fils le prince Mohammed comme prince héritier adjoint, et dans les faits, Mohammed est devenu le roi officieux d’Arabie.

Même lorsque le roi Fayçal obligea son aîné corrompu et débauché à abdiquer, en 1964, il avait établi une lignée claire pour l’accession au trône, pour les règnes de Khaled, Fahd et Abdallah. Tout cela vient de changer, et le nouveau prince n’aime guère l’ancienne génération ni ses clients, dont Hariri.

 

Saad Hariri

 

Les rumeurs courent que Hariri connaît de graves ennuis financiers. L’une de ses sociétés, Oger Liban [société de télécoms, NdT] a fermé, et seuls les employés qui avaient des liens solides avec leur patron ont reçu des indemnités. Les autres sont partis les mains vides. Mais la compagnie-mère elle-même, Saudi Oger, semble être en difficulté, avec une dette de un milliard de dollars. En d’autres temps, Hariri aurait siphonné le trésor royal pour combler le trou, pas cette fois-ci.

Quand la guerre en Syrie se terminera, et cela pourrait arriver rapidement maintenant, tout indique que Assad va gagner, et que le Hezbollah va être encore plus puissant, tandis que les traditionnelles Entité politique maronite et Entité politique sunnite seront à leur plus bas.

Ce que les observateurs ne voient pas est le fait que le Grand Liban a capitulé. Il a renoncé à tout, depuis le traitement des ordures jusqu’à l’élection d’un Président de la République.

A ce propos, le Liban n’a plus de Président depuis plus d’un an. Si l’appartenance du Président à la communauté maronite a été la garantie de la survie de l’État, comment celle-ci serait-elle possible, si les Maronites eux-mêmes ne parviennent plus à s’entendre sur un candidat ?

Mais, là encore, ce n’est pas tout.

Une fois que la Syrie aura gagné la guerre, elle ne pourra pas laisser un foyer d’infection à ses frontières. Le Liban a été infiltré par des milliers d’activistes d’État islamique et de combattants sunnites. Ils se sont concentrés dans le Nord et le Nord-est, tenant notamment des bastions dans la ville d’Ersal et la ville de Tripoli – la deuxième ville du Liban. Il va falloir éliminer ces radicaux, et seuls l’armée syrienne et ses alliés libanais pourront s’en charger [discutable : le Hezbollah suffira largement à la tâche]. Ceux qui ne voient pas ce grand nettoyage arriver vont être surpris.

Quel pays, ou quelle puissance, pourra intervenir alors pour sauver l’intégrité et la souveraineté du Liban ? Qui viendra jouer le rôle de la mère nourricière pour les Maronites ? Pour quels Maronites, au fait ? Les derniers supporters de la traditionnelle Entité politique maronite ou les partisans du Général Aoun ?

Le Grand Liban a capitulé. Sa constitution communautaire-religieuse a failli. Le sol s’est dérobé sous les pieds de son système politique. Les institutions déclinantes, fondées sur la corruption et les pots-de-vin, sont arrivées à leur terme.

Le Grand Liban était un mensonge français, une plaisanterie que même son architecte, le Général Gouraud, n’imaginait pas tenir un siècle entier.

Les Libanais des différentes obédiences politiques sont tous armés, mécontents et déçus de ce que leur laissent le gouvernement et les politiciens. Des milliers d’entre eux sont descendus dans la rue pour exiger des réformes, mais il ne peut y avoir de réformes venant d’un système politique bâti sur des sables mouvants, et fait de bric et de broc.

Les tas d’ordures qui encombrent le pays et qui viennent de provoquer une crise majeure sont la manifestation physique d’une pourriture plus profonde et encore plus sinistre qui ronge la nature même de l’État et sa souveraineté en tant qu’État indépendant, son identité et sa constitution archaïque et tribale.

Ainsi donc nous avons d’un côté le spectre du gouvernement libanais, qui est communautaire, corrompu, faible et dysfonctionnel, et de l’autre, nous avons l’axe libanais de la Résistance (la Coalition du 8 Mars) qui est laïc, organisé, fort et capable. En cas de problème, l’Axe de la Résistance est désormais une force plus efficace que l’armée libanaise elle-même. Il n’est donc pas difficile d’imaginer que cette alliance peut, ou peut-être doit, prendre un jour la direction du pays pour réinventer une nouvelle voie pour sa gouvernance et pour son identité.

Cette fois, quand l’armée syrienne entrera au Liban, elle n’en repartira pas. Le Liban n’a plus les moyens de rester en paix et en sécurité et il doit assumer sa vraie identité en se réunifiant avec la mère-Syrie. Cela fait bientôt un siècle que l’on couvre l’État libanais d’échafaudages pour tenter de raffermir sa structure. Personne ne semble être capable, ni même être désireux de poursuivre ce travail, et les échafaudages eux-mêmes sont en train de tomber en ruines.*

Ghassan Kadi

 

* Ce dernier paragraphe est très discutable : ayant mis en déroute Israël à deux reprises, le Hezbollah est tout à fait capable d'éliminer toute présence terroriste du Liban. Tant la Syrie que le Hezbollah, et la majorité des Libanais, favoriseraient certainement une union étroite à une réunification. [Sayed Hasan]

 


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11 réactions à cet article    


  • Passante Passante 8 septembre 2015 18:51

    non mais quelle vaste connerie !


    vouloir résumer près d’un siècle d’histoire en ces quelques lignes, et si biaisées...

    pendant que je vous écris, j’entends des rafales passer au-dessus de la montagne 
    pour aller se prendre des selfies avec daësh, on y reviendra...

    au moment de sykes-picot, oui, il s’agissait d’établir un maronistan, 
    et nombreux furent ceux qui voulaient s’en tenir à la seule montagne chrétienne, 
    seulement la vallée de la bekaa, même très musulmane était nécessaire, 
    réservoir à blé, et voilà pourquoi elle fut adjointe.

    ensuite, ce que votre idiot à plume ignore allègrement, 
    c’est qu’avant ce momentum de 1920, le Liban de l’Emirat lui était bien plus étendu, 
    faisant le double du Liban du 20e siècle.

    et il est vrai qu’à cet instant post-WW1, les sunnites voulaient plutôt une grande syrie.
    seulement des générations entières sont passées, des systèmes politiques ont changé.
    ainisi, ce que votre illuminé passe sous silence, 
    c’est rien moins que l’objet de la guerre du Liban : 
    en finir avec la domination maronite, et voilà qui fut fait, 
    le président maronite de la 2e république s’en tient aux inaugurations et aux chrysanthèmes, 
    il n’est plus rien, le maronitisme politique est donc tombé.

    y ajouter que le link france-liban est quand même fortement précédé 
    du link vatican-liban au moment où avant même Louis XIV, bien avant, 
    l’église maronite se retrouve devoir pencher du côté de l’occident 
    plutôt que de celui des églises d’orient, 
    pour des raisons historiques trop longues à développer ici.

    le sunnite oui fut nassérien ; le chrétien lui ne fut rien, 
    sinon la prolongation de la classe colonisante par une classe exploitante, sans plus.
    des générations sont passées, et ces gens dans la rue du jour, rapidement évoqués, 
    ont pour principale caractéristique d’avoir rejoint les données de 1840 : 
    au diable quiconque met sa religion en avant et cherche les différences.

    1943 fut la date où sunnites et chrétiens se partagent le gâteau au détriment du chiite 
    qui subissait encore les suites de sa vaste marginalisation par ces connasses d’ottomans.

    ce qui se joue aujourd’hui au liban n’a rien, plus rien d’une guerre de communautés : 
    toutes les religions sont dans la rue, elles sont le prolétariat en réveil 
    face à une sorte de SARL qui se fait passer encore pour un gouvernement 
    et qui a très peur pour ses affaires, car ce gouvernement, mafia divisé,e
     est très près de tomber, ces quelques jours peut-être...

    voilà la seule raison de la visite de hollande soon à beyrouth : 
    non pas parler de migrants dont il se fout, 
    mais venir apporter quelque reluisant soutien à une caste d’exploitants 
    qui ne sait plus se parrainer elle-même.

    back later for the rest ..




    • Passante Passante 8 septembre 2015 19:14

      poursuivons :


      et vous osez, et sous le nom même de sayyed hassan, 
      publier ces lignes qui ne sont qu’appel à la fitna ? 
      sans parler du déni des réalités : 
      que reste-t-il de bachar exactement à part la zone de damas et un peu du nord, 
      et le tout avec soutien très appuyé du hezbollah ? 
      que reste-t-il de l’armée de béchu le moustachu s’il n’arrive plus à arrêter 
      une dizaine de millier de daëchiens ?

      et même en cas de victoire (ne rions pas), que faire des statistiques exactement ?
      additionnons les millions de syriens et de libanais, résultat :
      plus de 20 millions de sunnites 
      et tout le reste pour répartir maronites, chiites et druzes etc.

      mais quelle haute pensée votre gaston ! on sent qu’il connaît bien les libanais...
      y’en a-t-il un qui ne crèverait pas pour empêcher l’entrée du moindre soldat syrien ?
      croyez-vous que la position de michel aoun serait la même vis-à-vis du hezbollah et de bachar si jamais le syrien essaie de revenir après 30 ans pour le sortir ?...

      si le haririsme fut une abjection séoudienne bien pire que la guerre, que le mandat, que le gouvernorat, si hariri fut le champion du Crapulat (1920-2015), il va certes céder la place à une prédominance chiite du nombre, mais seulement au Liban, pas en Syrie, il faut être vraiment ignorant, une fois l’addition supra effectuée pour imaginer autre chose...

      de toute manière, il y a une société civile libanaise, une tradition démocratique à laquelle même le hezbollah souscrit pleinement, choses totalement ignorées de cet héritage de staline que fut la syrie assadienne.

      quant à l’iran, quel idiot ne se doute pas que le rôle premier de daësh n’est rien que de bloquer l’axe téhéran beytouth en passant par damas.

      tout cela est de la géopolitique d’égoût, et à la va-vite.
      insulte à l’histoire, insulte aux peuples, insulte à l’intelligence, 
      insulte au sayyed surtout, à son intelligence, 
      franchement je vous lisais de près, désormais je me méfie de tous les comas possibles.
      vous êtes comme un chiite de l’extérieur, un faux chiite ici avoué du moment que vous souscrivez à votre saker,
      autrement vous seriez soudain en train d’avancer que l’ensemble des discours de nasrallah - que vous vous crevez à traduire - eh bien tout cela ne serait... que mensonges ?
      chapeau.

      pourquoi aller plus loin, la mauvaise foi ne mérite pas le détour,
      je ne vous réponds pas,
      j’éclaire quelques copains d’AV sur une sale manip
      dont la maladresse est bien toute la gloire

    • leypanou 8 septembre 2015 19:22

      @Passante
      « toutes les religions sont dans la rue, elles sont le prolétariat en réveil 

      face à une sorte de SARL qui se fait passer encore pour un gouvernement  » : c’est un point de vue que ne partage pas Tony Cartalucci par exemple qui peut être résumé par repérer les leaders et suivez l’argent.

      D’une manière générale, c’est une méthode classique de profiter de revendications légitimes de personnes pour demander un changement de régime qui ne satisfait pas à 100%.


    • Passante Passante 8 septembre 2015 19:51

      @leypanou

      merci de répondre leypanou, mais ce qui se déroule au Liban en ce moment est si compliqué que moi-même j’hésite encore à écrire plus avant, sachant surtout que l’événement est sans doute pour demain et jours suivants où l’on aura la mafia politicienne sans parrain unique donc en échec d’un côté, et la foule de l’autre.
      cette foule qui s’est levée en gros vers le 22/8 est accusée de tous bords de collaborer d’être infiltrée etc.

      on l’accuse de suivre les iraniens contre le haririsme, d’être financée par les USA, par le qatar, la liste est longue, pourtant tout cela demeure incompréhensible et soudain si l’on n’a pas un suivi des dix dernières années et des 25 années de haririsme surtout.

      il s’agit de la fin de la domination séoudienne oui, d’abord par excès de vol interne sans services en retour, hariri père nous ayant expliqué en gros que nous nous étions disputés pendant 15 ans avec 200.000 morts juste pour qu’il mette la main sur quelques millions de mètres carrés au centre-ville histoire d’ouvrir un mall pour millionnaires asserti d’un vaste bar à putes pour golfeux quelques kilomètres plus loin, tel fut le projet de ce grand visionnaire...

      cela est mort, dans la rue, dans le discours, sur les télés. grands fous rires, partout, grande respiration, pareille à celle du 27 avril 2005 lendemain du retrait du dernier soldat syrien, ou encore pareille au grand bol d’air que fut le 25 mai 2000 jour du retrait de tsahal.

      à cela, à cette agonie séoudienne live, les USA ne sauraient oeuvrer, sinon ben hollande ne passerait pas en soutien tout simplement..
      ces jeunes d’abord ne prétendent pas faire de politique, de plus pour la plupart ils/elles sont chiites, les leaders, mêlés à toutes les autres religions ; ensuite, la grogne porte sur tout le monde.
      c’est unique parce que nul parti, nulle figure politique n’est derrière, et c’est comme une maturation.
      d’où le fait que le débat porte sur une éventualité de proportionnelle de sorte justement à ce que les partis deviennent outre-passables, ce qui n’arrange AUCUN des partis politiques fussent-ils pro-US, pro-séoud ou pro-iran...

      et c’est bien cette histoire de pro-bidule qui est mise en question et dont ils cherchent à finir, base de la corruption.
      des tribunaux populaires sont mis en place, et vu la diversité hallucinante des sources diverses du mouvement qui a du mal à surmonter ses contradictions, quelles que soient la tentation de la vision complotiste, je ne crois pas sincèrement, du fin fond de ma paranoïa ambiante et habituelle, qu’il y aurait là une main invisible.

      il vous suffirait de venir passer deux jours dans l’odeur locale des détritus et vous seriez dans la rue.
      sans parler de toute la saison touristique perdue, quand c’est gens-là n’ont rien d’autre.
      les USA n’ont que faire de cette guerre contre l’incompétence.

      et si les circonstances font que l’armée française se retrouve partant pour la syriesur le même bord presque que le hezbollah, ce n’est pas pour autant, même si l’axe séoudien est lâché, ce n’est pas pour autant qu’amener téhéran aux portes de tel-aviv soit la meilleure option pour eux sur la table, il faut raison garder.

      les meneurs du mouvement en sont conscients et le disent : attention, tout sera fait pour nous tirer à droite ou à gauche par les partis comme par les ambassades, c’est d’abord là la vraie bataille.
      il suffit de zapper sur les télés libanaises pour piger que hariri comme le hezbollah, les druzes comme les chrétiens en tant qu’entités politiques ne cherchent qu’à faire taire tout cela, et c’est une déferlante, et une guerre véritable.
      et cet article en fait partie, mais comme il est d’une maladresse sans mesure, et d’une connerie avancée, il glisse dans les poubelles de l’histoire avec ceux qu’ils cherche à chanter.

      car le dénominateur commun de la rue c’est bien : marre des amerlos, marre des frenchs, marre des turbans, de daësh comme de téhéran, il s’agit de citoyenneté.

      pronostic perso ?
      c’est parti pour au moins six mois de conflits très sérieux car la pègre locale va chercher à défendre ses intérêts, mais ghandi existe.


    • leypanou 8 septembre 2015 22:12

      @Passante
      Merci d’avoir répondu : je ne fais qu’essayer d’avoir le maximum de points de vue possible. En tout état de cause, je n’aurais pas aimé être au Liban en ce moment. Mais les mauvaises traditions, pour les éradiquer, il faut beaucoup de temps, du courage, à condition de commencer.


    • Passante Passante 8 septembre 2015 22:24

      @leypanou


      rien ne vaut les joies des rues (nauséabondes) du Liban en ce moment, 
      surtout que les fruits pourris tous seuls 
      tombent... d’un souffle ! 
      rien ne vaut les heures des grands tournants de la rue, 
      rien n’égale les fous rires de la jeunesse piétinant les idoles, 
      et c’est pas six mois de combats ou plus 
      qui feront plus qu’une virgule au vu des décennies de lutte précédentes.
      cette mienne assurance, partagée, est due au fait qu’on sait, une fois la parole libérée,
      que la victoire est acquise, et sans retour.
      qui a sorti le chien syrien et la hyène israëlienne en deux ans,
      ne saurait être stoppé par quelques rats.

      l’important c’est que lorsque j’achète de nouveaux pneus , 
      il faut prendre garde à bien revisser les roues sinon c’est le ravin garanti : 
      traduire : il ne suffira pas de mettre l’accent sur l’exécutif ou le législatif, 
      car sans un pouvoir judiciaire pour contrôler tout ça, ça part vite en couille, 
      d’où le fait qu’après « you stink », la seconde organisation qui monte qui monte 
      et prendra bientôt le lead, c’est bel et bien « nous demandons des comptes », 
      vu l’absence de juges réels au Liban sinon fantoches prostitués quasi tous sous la menace du kalash des politichiens.

    • Passante Passante 8 septembre 2015 20:02

      https://www.facebook.com/tol3etre7etkom/timeline


      ici la page FB du principal mouvement (« vous puez ») parmi des dizaines qui organisent les manifs.
      normalement c’est en arabe mais souvent/parfois traduit en anglais,
      ça devrait redevenir intéressant à partir de demain soir et suivants.
      doit y avoir déjà quelques films ou photos

      • Alex Alex 8 septembre 2015 21:18

        Le Liban est l’exemple-type de pétaudière à laquelle il faut s’attendre dès qu’une minorité religieuse atteint une masse suffisamment critique pour exiger le partage du pouvoir.



        • zygzornifle zygzornifle 9 septembre 2015 13:01

          le Liban n’a que quelques mois d’avance sur l’Europe .....


          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 9 septembre 2015 17:46

            Vous vous rendez compte par cet article comme le Liban et la Syrie en s’unissant en un seul pays enfermeraient Israël dans sa solitude et à l’extrême de son ambition...


            • Jonas 9 septembre 2015 19:52

                Une preuve flagrante de ce que j’ai dénoncée depuis le début, suite à la lecture des articles de ce clown . Il vient de montrer son vrai visage celui du porte-parole de l’ambassade d’Iran sur le site d’AgoraVox. 


              Malgré l’aide de l’Iran et du Hezbollah , Bachar Al-Assad, n’a pas pour longtemps. l’Etat islamique sera défait et avec lui le dictateur syrien, qui rejoindra les autres dictateurs aux poubelles de l’histoire. 
              Ce crétin , ose ,insulter un petit pays , le Liban qui était , appelé la « Suisse du Moyen -Orient » et souvent donné comme exemple, avant la montée du Hezbollah et de ses milices. 

               . Le système qui a dominé en Syrie était fondé sur l’armée , le Baas, les Alaouites et la famille présidentielle qui verrouille définitivement la société et la vie publique syriennes. Comme l’écrivait le chercher Michel Seurat , en Syrie , c’est une « Assabiyya » qui a réussit , faisant allusion à ce concept d’Ibn Khaldun ( 1332/1406). « Une communauté soudée par des liens de sang ayant un même destin, et Seurat poursuit,  »les Alaouites , minorité confessionnelle regroupant 10% de la population , originaires des zones rurales et montagneuses du Nord-Ouest du pays , ont fait main basse sur l’Etat. La assabiyya s’appuies sur la solidarité automatique de ses membres à seule fin de détenir un pouvoir absolu et non pas pour réaliser un programme quelconque. Cet esprit de corps nourrit un système où la communauté Alaouite fournit le plus grand nombre de personnel de l’appareil de l’Etat , civil et militaire, en oubliant les autres minorités dont la communauté la plus importante celle des sunnites.
              Je rappelle afin que personne ne l’ignore , le premier responsable de la tragédie de la Syrie est le dictateur Bachar Al-Assad . Mais avant le fils , il y avait le père dictateur Hafez Al-Assad arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat. Ce pays depuis son indépendance à toujours été instable , les onze ou douze coups d’Etat le prouvent.. Le Liban est une simple victime de la situation qui a toujours prévalu en Syrie. 

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