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Accueil du site > Actualités > International > La centrale nucléaire et le tremblement de terre

La centrale nucléaire et le tremblement de terre

Une dépêche de l’agence AP de ce jour, 19 juillet, nous apprend que les fuites radioactives « officiellement reconnues » ont été plus fortes (+ de 50 % !) que celles annoncées juste après le tremblement de terre qui a frappé la centrale nucléaire japonaise de Kashiwazaki. La polémique gronde au Japon, mais cela peut intéresser l’opinion française...

Commençons par une nouvelle qui ne peut que soulever de nouvelles interrogations sur les faits et les chiffres annoncés depuis lundi : la centrale nucléaire japonaise de Kashiwazaki-Kariwa a été fermée pour le moment et pour une durée indéfinie, par décision du gouvernement japonais.

Et une polémique grandit au Japon après que des experts en radioactivité et des journalistes, emmenés... par le secrétaire général du Parti communiste japonais (PCJ), Kazuo Shii, a mis au jour des mensonges ou omissions initiaux de la part de l’entreprise qui gère le site, TEPCO (Tokyo Electric Power Company), en démontrant que les fuites radiocatives sont bien plus importantes en réalité que celles reconnues au départ, juste après le séisme, mais aussi qu’il y avait maintenant des problèmes quant à la stabilité du sous-sol de la centrale nucléaire.

Un scénario déjà vu quelque part...

Le débat polémique est né de ces découvertes que les dirigeants de TEPCO n’auraient "pas vues de suite" ou "mésestimées à l’origine".

Pour bien apprécier l’importance de ce dossier pour le public français, il faut donner ici une information de départ essentielle : la centrale nucléaire, dont il est fait état, est la plus puissante du monde en termes de production électrique et elle est installée sur une zone sismique connue depuis longtemps.

Elle a été frappée par un tremblement de terre lundi et cela a donné lieu, immédiatement après l’événement, à des rapports et des analyses rassurants émanant de la "seule" direction de TEPCO.

Résumons les déclarations initiales de la direction de TEPCO : "il y a certes des dégâts, mais sans conséquences graves. Nous avons listé une douzaine de points à examiner avec attention. Nous allons les réparer. La fuite radiocative est minime. Nous avons la situation en mains."

C’est donc l’intervention du responsable du Parti communiste japonais, avec des spécialistes scientifiques indépendants et qualifiés, accompagnés par des journalistes, qui a obligé la même direction de TEPCO à admettre aujourd’hui que : les dégâts sont plus importants et profonds que ceux initialement annoncés, la fuite radiocative est bien plus "significative" - bien que sans danger selon elle pour la santé publique (sic !) - et qu’il y avait bien un danger du fait d’une faille dans le sous-sol océanique près de la centrale.

Le résultat de tout ceci est le suivant : la centrale supposée lundi par la direction de TEPCO pouvoir continuer son fonctionnement avec de menues réparations est aujourd’hui complètement arrêtée !

Inquiétudes internationales et soupçons de mensonges initiaux

Il semble même que les révélations du responsable communiste japonais et de son équipe d’experts ont attiré l’attention de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), par leur sérieux et leur véracité.

Son président, M. Mohamed El Baradei, qui se trouvait alors en Malaisie, a immédiatement réagi aux informations de la presse japonaise et aux versions successives de la direction de TEPCO.

Sa réaction est intéressante car il n’ignore pas que les dirigeants de TEPCO ont déjà essuyé, au Japon, et de la part de spécialistes très reconnus, des critiques passées pour leurs informations pas toujours exactes et sincères sur des incidents survenus dans leurs centrales nucléaires.

Il a déclaré : "Ceci (la décision d’arrêt indéfini de la centrale-NDLR) ne signifie pas que le réacteur nucléaire ou le système de fonctionnement aient été endommagés. Je veux espérer et croire que les autorités japonaises seront entièrement transparentes dans les investigations en cours et sur leurs résultats finaux".

Puis, M. El Baradei, ayant dit cela, a proposé immédiatement au gouvernement japonais que des experts de l’AIEA participent aux investigations techniques avec les experts techniques japonais.

Cette dernière proposition pourrait manifester que sa confiance envers TEPCO et les autorités japonaises sera plus acquise si ses propres spécialistes sont inclus dans les équipes d’enquête.

Visiblement, M. El Baradei, qui est un homme de dossier et un responsable prudent, n’a pas toute confiance dans la direction de TEPCO pour faire la lumière intégrale et objective sur le problème, pas plus que dans les autorités japonaises... qui ont souvent, par le passé, laissé sans contrôle public TEPCO annoncer des choses par toujours exactes et vraies.

Les habitants, la mer et la mesure de la radioactivité

M. Katsumata, PDG de TEPCO, est venu sur les lieux inspecter la centrale et ce n’est qu’après sa visite que TEPCO a publié un communiqué qui affirmait que la fuite radioactive dans la mer du Japon était de 50 % supérieure à celle initialement indiquée !...

TEPCO n’a toutefois ni indiqué les chiffres précis ni les méthodes concrètes qui auraient permis de donner ces résultats successivement différents dans le temps, mais la société a présenté ses excuses pour ses "erreurs" antérieures aux chercheurs indépendants qui ont permis de constater que les dégâts étaient plus "substantiels" qu’annoncés aussi lundi et au public mondial de savoir que toute la vérité dite lundi n’était pas... exacte.

Selon un porte-parole de TEPCO, la fuite aurait déversé dans la mer des matières radioactives, mais d’une valeur de, je cite l’auteur, "d’1 milliardième des normes japonaises admises" !

Il sera observé ici, pour l’esprit scientifique des lecteurs, que TEPCO a fait monter la fuite radioactive de 50 % en deux jours, selon ses propres calculs non attestés par personne à ce jour, sans que le milliardième cité ait varié. Curieuse arithmétique !

Par ailleurs, TEPCO a voulu rassurer les 93 500 habitants de la ville de Kashiwazaki, en expliquant que tout va bien et que leur santé n’est pas en danger.On est prié de les croire aussi sur parole, surtout après une erreur avouée de 50 % sur la fuite radioactive, correction non avérée due surtout, de l’avis général, aux recherches indépendantes menées et... publiées.

Connaître les vraies données pour une information honnête

Les géologues-sismologues ont de leur côté indiqué que l’épicentre du séisme avait été identifié à 19 km du réacteur nucléaire. Afin de vérifier la stabilité même du sous-sol sur lequel repose la centrale, des examens en profondeur de celui-ci vont être entrepris.

M. El Baradei a souhaité que le Japon fasse "profiter" l’AIEA de ses résultats sur un séisme ayant frappé une centrale nucléaire afin que l’Agence en tire tous les enseignements.

Pour le moment, il semble plus essentiel d’abord d’avérer les données apportées par TEPCO et de vérifier de manière contradictoire l’importance réelle de la fuite radioactive dans la mer du Japon et ses conséquences générales.

Il sera temps ensuite de déterminer si la centrale pourra ou non redémarrer un jour, sachant qu’une faille sous-marine est située à côté d’elle.

Il s’agit ici encore du droit à l’information honnête des citoyens sur leur santé.

Ce qui est en cause et en débat au Japon sur cette centrale nucléaire est la gestion de l’information ainsi que son exactitude mesurée objectivement.

Cela ne peut qu’intéresser les citoyens français, surtout avec la privatisation d’EDF-GDF qui est susceptible d’apporter en France des problèmes similaires d’information en relation avec leur source et ses intérêts propres.

Source principale de cet article : dépêche AP du 19 juillet 2007- correspondant AP Japon


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94 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 19 juillet 2007 10:52

    Le Japon ce n’est pas la France en terme de tremblement de terre et de plaque sismique

    http://www.prim.net/citoyen/definition_risque_majeur/zonage_sismique_france /home.htm

    Un lien plein d’infos


    • loloemr 19 juillet 2007 13:19

      Allez lerma, pour une fois que je suis d’accord avec toi, je vais appuyez tes dires.

      Le Japon est à la limite de quatre plaques tectoniques, avec deux zones de subduction croisées.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Placas_tect2_pt_BR.svg

      En france, il y a peu de zones sismiques très actives (en gros Alpes + pyrénnées) et le risque est incomparable.

      Les Japonais n’ont aucun endroit sur leur île leur permettant de construire une centrale à l’abri d’un tremblement de terre alors que nous on peut éviter ce risque ...


    • goc goc 19 juillet 2007 15:10

      vous oubliez juste un detail : Cadarache se trouve sur une faille, et a moins de 100km de là a eu lieu en 1908, le plus important tremblement de terre en France

      or en terme geologique, 100ans ne representent qu’une fraction de temps tres infime


    • V.B. 24 juillet 2007 10:23

      Je confirme, sauf pour la date. Le séisme le plus destructeur en France à eu lieu en 1909 (http://www.canalu.com/canalgeo/1310014996/img/doc4.jpg).

      Il a eu lieu sur la faille de la Trévaresse, qui passe exactement sous Marcoule (saint-paul-lès-durance) puisque la faille s’étend de château-Arnoux à Meyrargues (http://www.edusismoprovence.ac-aix-marseille.fr/1/13_details/jpurnal4/geologie.htm).

      Cependant si vous lisez le contenu du lien ci-dessus, vous vous rendrez-compte que le risque est faible pour la prochaine centaine d’année tout au moins, et INCOMPARABLE avec le risque sismique japonais, le japon étant une zone de subduction...


    • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 19 juillet 2007 11:00

      Vous oubliez de parler de la politique habituel des japonais qui est de toujours essayer de cacher les « choses désagréables », jusqu’à nier l’évidence, pour ensuite demander publiquement et médiatiquement le pardon, à genou et la tête contre le sol.

      Et comme d’hab, comme à chaque incident concernant une centrale nucléaire, on a toujours un petit mot pour EDF. A force de vouloir absolument faire du anti-nucléaire à tout pris, cela tourne au ridicule, si on vous écoute en France on aurait des centrales dans un état équivalent à celle de la Biélorussie, avec des enceintes en papier mâchée et qui se trouveraient toutes sur des failles sismique de forte activité. smiley


      • Avatar 19 juillet 2007 11:07

        L’histoire récente nous montre que les nuages radioactifs reconnaissent les frontières et savent s’arrêter nets aux postes de douanes.

        Les voisins des nippons n’ont donc pas à s’inquiéter !!!

         smiley


      • Achéron 19 juillet 2007 12:13

        C’est pas faux smiley


      • Yannick J. Yannick J. 19 juillet 2007 13:33

        aaahhh tout à fait il a été vachtement poli ce nuage de tchernobyl... pile poil arèté aux frontières !!!

        remarques, logique pour un nuage mutant....


      • g.jacquin g.jacquin 19 juillet 2007 14:48

        Ah ! le débat avance... Cela faisait longtemps qu’on nous avait pas parlé de Tchernobyl !!! smiley

        En même temps, bien qu’il soit nécessaire d’attendre les résultats des dégâts pour commencer à analyser et éventuellement critiquer, il faut remarquer que ce séisme particulièrement violent, n’a pas réduit en cendre cette centrale ! Et de ce point de vue, c’est (assez) rassurant.

        g.jacquin


      • goc goc 19 juillet 2007 15:12

        c’est quoi que t’as pas compris ??

        radioactif ???

         smiley


      • Dégueuloir Dégueuloir 19 juillet 2007 22:19

        on se rassure comme on peut !mais il en reste pas moins vrai que l’on est assis au milieu de bombe à retardement,que la centrale soit neuve et de dernier cri ou ancienne (comme il en reste dans le monde)il faut être réaliste,de grands dangers existent et je souhaite sincérement qu’il n’arrive rien car une catastrophe majeure est toujours possible et les conséquences seraient incommensurables.Vous les inconditionnels du nucléaire,êtes vous prêts à assumer les grands risques pour tous les autres ? Songez aussi au prix exorbitant d’une centrale N et au coût du démantellement futur sans compter les risques multipliés,combien nous a couté superphénix ? un gouffre ! que va t’on laisser aux générations futures,des déchets,des centrales à démanteler et peut-être les conséquences d’accidents irresponsables .J’ai bien peur que le nucléaire ne fusse pas l’avenir.....voir comme substitutions possibles,la fusion froide et l’énergie libre .....


      • pffff 20 juillet 2007 00:21

        La fusion froide ?! smiley smiley smiley smiley


      • g.jacquin g.jacquin 20 juillet 2007 05:07

        Si justement ! Je trouve le sujet trop grave pour ne pas raconter n’importe quoi !

        S’il arrivait une catastrophe sur un réacteur de dernière génération, ou que ce soit dans le monde, à tord ou à raison, c’est l’ensemble du programme Français qui serait remis en cause !

        Je serais curieux de savoir comment on pourrait substituer 80GWe de nucléaire par une autre source de production, du jour au lendemain.

        Je suppose (mais je peu me tromper) que les anti-nucléaire seraient les premiers à hurler suite aux nombreuses coupures d’électricité qui en résulterait et apprécieraient un tarif du kWh multiplié probablement par 50 ou 100. Et que diraient-ils des 160 000 éoliennes qui devraient couvrir le territoire pour retrouver les 80 GWe du nuc....

        En même temps, je ne peux imaginer, quand mettant une centrale nucléaire à proximité d’une faille, les concepteurs n’aient pas intégrés les risques et fait le nécessaire pour que celle ci ne soit pas détruite au premier séisme.

        Donc, je redis : Cela ne sert à rien de laisser supposer que peut être.... Attendons d’en savoir plus.

        g.jacquin


      • Dégueuloir Dégueuloir 20 juillet 2007 15:02

        je vois.... smiley il faut un putain de coup de poing dans la « gueule » pour comprendre enfin que le nucléaire est un miroir aux alouettes,combien faudra t’il de catastrophes majeures pour prendre conscience...« science sans conscience est la mort de l’âme »...Toutefois il faut être aussi pragmatique,on ne peut arrêter du jour au lendemain la production,il va falloir une génération pour sortir de cette impasse !! à condition de commencer dés maintenant...il y avait quelqu’un qui riait de bon coeur au sujet de la « fusion froide »,je lui conseille de se documenter,des chercheurs éminents ont planché sur le sujet et le font encore (sans crédits ) ainsi que sur l’énergie libre,mais il existe d’autres voies de recherche,les lois de la physique actuelles sont incomplètes et ça, les scientifiques le savent bien,de grandes découvertes sont sur le point d’avoir lieu,le nouveau accelérateur du CERN à Genéve démontrera à n’en point douter de nouvelles données sur l’énergie et la matière avec des possibilités futures quant à la production ...


      • Dégueuloir Dégueuloir 20 juillet 2007 15:06

        « Il n’y a pas de crise de l’Energie, mais simplement une crise d’Ignorance » B. Fuller http://quanthomme.free.fr/energielibre/fusion/PageMenuFfroide.htm


      • BMD 24 juillet 2007 13:24

        Mais les paranoïaques antinucléaires sont des complices objectifs de la politique actuelle de développement du charbon, qui a déjà beaucoup plus tué par la pollution atmosphérique et par les accidents miniers que ne l’a fait le nucléaire et qui nous mettra à genoux avec l’effet de serre. Renseignez-vous !


      • g.jacquin g.jacquin 25 juillet 2007 05:35

        @dégueuloir

        Je vous trouve bien excessif ! C’est votre pseudo (ou votre nom mais cela m’étonnerait) qui vous monte à la tête ?

        Si le nucléaire était un miroir aux alouettes, depuis le temps, cela se saurait !

        Donc vous ne voyez rien...

        Lorsque vous allumez votre lampe de chevet le soir, c’est plus de 85% de l’énergie nucléaire que cette lampe consomme. Mais vous avez le choix, si vous voulez lire, vous pouvez toujours allumer une bougie (mais là encore, cela m’étonnerait) !

        Et tous les coups de poing dans la g....e n’y changeront rien.

        Si vous voulez vous battre contre le nucléaire, commencez par manifester pour la fermeture des quelques centrales, type Tchernobyl qui fonctionnent encore...

        Quand à la fusion, quelle soit froide ou chaude, peu importe, l’objectif est de produire de l’énergie. Mais en attendant, nous sommes pas mal à ne pas vouloir régresser.

        « Science sans conscience est la mort de l’âme » ...Rabelais va se retourner dans sa tombe...

        Il a écrit : « Sagesse n’entre pas en âme malveillante et que Science sans Conscience n’est que ruine de l’âme »

        En la matière, la sagesse, c’est déjà d’attendre les résultats de l’enquête avant de tirer des conclusions hâtives et que votre conscience se mette à la place de ceux qui ne pourront payer leur facture d’électricité lorsque vous aurez arrêté toutes les centrales nucléaires.

        g.jacquin


      • faxtronic faxtronic 19 juillet 2007 11:46

        Des problemes similaires !!!!! Le japon, similaire a la france en question de seisme ???? Il y a 1 seisme toutes les 5 minutes au japon. En 1 an j en ai vecu trois de grandes ampleur, ou on a l’impression que qu’ il y a un train qui vous passe a cote, ou bien je me souviens qu’il y avit un volcan apparu dans la ville de Tottori. Les journalistes pataugeaient dans l’asphalte fondu, ca les faisait marre.

        Similaire, le japon et la france, question de mentalite ! Surement pas. Le Japon, il y a beaucoup de silence et de secret. Combien de lyceem savent ils que la particapation du Japon a la seconde mondiale ne s’est pas limite a Hiroshima, peu je pense. Neanmoins des que le scandale approche, la honte surgit et les coupables sont confits de honte, contrairement a la France, helas...

        Par contre c’est un accident nucleaire tres interessant a etudier, car cette centrale est moderne, contrairement a la bouse sovietique de Tchernobyl. Comment sera l’accident, de quel taille l’impact sera. Tres interessant tout cela.


        • Achéron 19 juillet 2007 12:12

          Même si je partage votre opinion, je ne sais pas si le terme « intéressant » est adéquat dans cette situation... smiley


        • faxtronic faxtronic 19 juillet 2007 12:35

          Si, interessant. Il n’y a pas a y mettre d’emotions paraistes. Une centrale des plus modernes a subit un choc. Comment va t elle reagir ? Voila quelque chose qui peut ne apprendre bien des choses, si l’on supprime l’emotivite, le scoop ou la propagande. les specialistes tireront de cette inopputune faille pour ameliorer encore plus les centrales nucleaires et reduire les risques d’accident.


        • Algunet 19 juillet 2007 12:39

          Tout votre argumentaire tient dans le fait que la dose de radioactivité qui s’est échappée et le double de celle annoncée initialement « plus de 50% ! » Pensez ! Peu vous importe si cette dose infime est largement en dessous du seuil admis comme sans danger en ne dépassant pas le seuil de sécurité, de 2 fois rien on serait passé à 3 fois rien…

          Non, ce qui est en cause dans cette affaire ce n’est pas la cinquantaine d’incidents mineurs recensés ni la faible dose de radioactivité déversée dans la mer, c’est le temps de réaction de Tepco, son erreur de calcul et donc sa crédibilité. Les autorités n’ont pas caché leur inquiétude à ce sujet. « Je crois que l’on ne peut faire fonctionner les centrales nucléaires qu’avec la confiance de la population », a déclaré mardi le Premier ministre Shinzo Abe aux journalistes à Tokyo. La réponse est claire et responsable, la centrale ne redémarrera que lorsque l’autorité gouvernemental en relation avec l’AIEA sera sure de l’aptitude des dirigeants du site avec en parallèle la certitude que la centrale répond effectivement aux normes de sécurité... Quant à votre aparté avec EDF et les privatisations à venir qui ne pourraient qu’apporter des effets similaires elle n’engage que vous et n’est pas du tout démontrée.


          • mandrier 19 juillet 2007 12:41

            C’est bien pour cela qu’il faut confier la conception, la maitrise d’ouvrage et l’exploitation à des organismes tels que le CEA et EDF... Privatiser des centrales nucléaires c’est aller à l’aventure ...


            • faxtronic faxtronic 19 juillet 2007 12:46

              oui c’est clair. les centrales nucleaires sont strategiques et potentiellement dangereuses si mal utilisee, et se doivent d’etre sous controle de l’etat. mais bon, cela fut decidé autrement.


            • g.jacquin g.jacquin 19 juillet 2007 14:54

              On peut même dire de façon globale, que privatiser une partie d’EDF (quelle qu’elle soit) est de toute façon, prendre un risque totalement inutile qui ne peut que nous couter cher.

              g.jacquin


            • 2D 19 juillet 2007 13:01

              Moi je trouve que vous pointez fort justement du doigt le probleme quipeut se poser avec la privatisation des fournisseurs d’energie : l’interet de l’entreprise est rarement celui de l’ensemble des citoyens, et celles ci ne se genent pas pour travestir la vérité quand cela les arrange. Ceci etant dit, normalement en France les centrales devraient rester dans le giron public. ce qui peut laisser esperer une maintenance des equipements et un souci constant de la securité des citoyens. @avatar : l’experience du nuage s’arretant a la frontiere nous demontre effectivement que la confiance en nos dirigeants doit etre toute relative en ce domaine. @Ierma : cadarache ne serait pas situé en plein dans une zone sismique... ? tous les professeurs de geologie de n’impporte quelle université vous diront qu’a moyen terme le sud de la france connaitra des seismes majeurs. c’est incontournable. le mouvement des plaques qui ont fait naitre les alpes ne s’est jamais arreté...


              • Sorw 19 juillet 2007 13:19

                Article intéressant, finalement on apprend pas mal de choses ... mais j’ai un peu peur que ce soit surtout la dépêche de l’AFP qui soit intéressante à l’origine. Je note quelques petits problèmes cela dit :

                1) L’article n’est pas vraiment objectif

                2) L’article donne l’impression de dénoncer un scandale. L’incident de la centrale en est-il vraiment un ?

                3) La plupart des phrases se terminant par un point d’exclamation font tâche et doivent clairement être reformulées pour obtenir un style journalistique correct.

                Je pense avoir appris beaucoup en lisant l’article, mais le style agressif le rend très délicat à lire.

                - Sorw


                • g.jacquin g.jacquin 19 juillet 2007 15:09

                  J’ajouterai qu’il y en assez d’entendre parler au conditionnel. C’est vrai pour de nombreux articles sur AV (on n’a pas affaire à des pros) mais c’est surtout vrai pour les Pujadas et autres PPDA (j’en passe et des biens meilleurs mais moins connus).

                  Le conditionnel, c’est exprimer le doute, traiter une info non confirmée...

                  En d’autre termes plus franchouillard, si tu ne sais pas de quoi tu parles, tu fermes ta g....e. smiley

                  Hors c’est bien le cas avec cet article qui repose sur des infos non confirmées (quantité de radiations émises).

                  g.jacquin


                • tseparis tseparis 19 juillet 2007 19:27

                  L’article est au contraire très objectif. Il fait suite aux premières déclarations minimisant les dégâts et le risque. Voir info du 16 juillet :
                  http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3216,36-936128@51-935738,0.html
                  et
                  http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3216,36-936303@51-935738,0.html
                  où il était question de « fuite bégnine »
                  et
                  http://www.lemonde.fr/web/blog_element/0,40-0@2-3216,50-936128,0.html
                  (même chose de toutes les chaines infos TV (lci, bfm, itele, euronews...)
                  voir aussi sur Naturavox le premier billet de Fab. :
                  http://www.naturavox.fr/article.php3?id_article=1397

                  @Morgul : les normes de sécurité des constructions des centrales en France sont nettement moins élevées qu’au Japon, car, et c’est l’erreur, on est parti du postulat d’une sismicité moindre en France.

                  Pour en revenir au Japon, je trouve comme T.Rex aberrant d’y avoir construit des centrales nucléaires. En supposant qu’en cas d’accident tout s’arrête bien (7 réacteurs à arrêter en un clin d’oeil, cela reste à prouver..) la matière radioactive existante ne s’en répandra pas moins dans la nature, si destruction de la centrale sous l’effet d’un futur séisme, il y a.


                • grosquick 19 juillet 2007 13:44

                  Bonjour tous ! Je suis tout nouvellement inscrit, cet article me fait penser à une petite corrélation... Je vais un peu dévier des autres commentaires juste pour rappeller que le centre de recherche nucléaire français (Cadarche) accueillant le projet ITER est situé en plein sur la faille sismique la plus active de France (la faille d’Aix en Provence-Durance).


                  • Anto 19 juillet 2007 13:56

                    Et justement, il est amusant(?) de noter que Cadarache etait justement en competition avec un site Japonais pour accueillir ITER. Alors ? Est-ce qu’une activite sismique minimale est necessaire pour que la fusion nucleaire soit stable ?


                  • Nicolas Proix 19 juillet 2007 14:12

                    . . . et peut-être aussi rappeler que Cadarache (les installations actuelles aussi bien qu’ITER) n’est PAS une centrale nucléaire. Et ne contient donc pas des tonnes de matières fissiles et radioactives. C’est un centre d’essai, donc contenant des quantités très limitées de produits.

                    Qui plus est, ITER sera un centre de recherche sur la fusion nucléaire. Donc l’utilisation et la production de matières très peu radioactives en comparaison de l’uranium 235, de l’uranium 238 et du plutonium 239.


                  • Anto 19 juillet 2007 14:36

                    taratata. Nicolas. La principale securite qu’apporte ITER ne vient pas du fait qu’ils n’utilisent pas de plutonium. C’est surtout le fait que la reaction nucleaire ne risque pas de s’emballer dans un tokamak. Par contre, ITER est un projet experimental qui nous permettra de creer des plasma plus puissant et plus long. Donc quelque chose que notre theorie ne decrit pas entierement, quelque chose qui va faire avancer la recherche.

                    Et, la fusion, la creation d’une reaction solaire dans un milieu confine est potentiellement infiniment plus dangereuse qu’une centrale nucleaire.

                    Donc , pointer le fait que ITER est sur une faille, est tout sauf anodin. Tout ce que l’on peut esperer c’est que ce risque a ete correctement evalue.


                  • rem 19 juillet 2007 17:03

                    « Créer un soleil miniature » n’est pas plus dangereux qu’une centrale nucléaire. Les quantités sont largement inférieures au seuil critique. Les conditions de fusion sont tellement strictes qu’au moindre incident la réaction s’arrête. Ensuite la demi-vie des éléments est de l’ordre de Quelque années contre quelque millions d’années.

                    le seul d’exemple de fusion nucléaire qui dégénère date de 2004.

                    Mais ca se passait dans le deuxième volet des aventures de Spiderman.


                  • Anto 19 juillet 2007 17:29

                    oui et si vous aviez lu ce que j’ai ecrit vous verriez que je n’ai rien a y redire. Il est certain que nous ne savons pas creer une fusion qui s’auto-alimente et que ITER ne le permettra pas. En theorie, toute anomalie a l’interieur du champs de confinement arrete la reaction immediatement. MAIS, si un jour la fusion etait maitrisee et si un jour il venait a y avoir un accident, ce ne serait pas une explosion mais on peut imaginer bien plus grave dans la nesure ou elle s’alimente elle meme. Vous voyez toute la nuance qu’apporte l’adverbe « potentiellement » ?


                  • clairette 19 juillet 2007 14:03

                    @ l’auteur,

                    Votre nouvel article me plaît bien !

                    Nous savons, pour l’avoir lu, vu et entendu en 1985, ce que valent les « mises au point » de certain gouvernement, pourtant d’un pays (le nôtre) : « où il ne pourrait exister la moindre censure sur quelque sujet que ce soit... »

                    D’accord avec les réflexions de quelques intervenants sur la situation géographique de Cadarache... même si c’est moindre comme risque... et sur les dangers de confier « au privé » l’entretien de nos centrales nucléaires !

                    Tout sujet de réflexion sur des crises pouvant arriver chez nous ne peut être que bénéfique en enrichissant l’expérience collective !


                    • Thomas Thomas 19 juillet 2007 14:08

                      L’industrie, tout particulièrement l’industrie nucléaire, est toujours prise entre deux feux : ne pas communiquer, c’est mentir, communiquer la vérité, c’est souvent affoler une population dont les réactions sont rarement constructives.

                      Le nucléaire alimente tant de phantasmes et de peurs irrationnelles que, pour un peu, sa seule évocation fait pousser des bras surnuméraires et tomber les cheveux.

                      Pendant ce temps, les secteurs de la chimie et des hydrocarbures peuvent tranquillement polluer l’atmosphère, les sols et les eaux en suscitant au plus une réaction fataliste de la population. De toute façon, la bagnole, c’est sacrée.

                      Si nous voulons avoir systématiquement la vérité sur tous les incidents/accidents industriels, il faut que le public soit prêt à l’entendre.

                      Et avant de critiquer systématiquement les secteurs de l’énergie (nucléaire ou fossile), chacun devrait s’interroger sur sa propre contribution : que faisons-nous individuellement pour réduire nos dépenses énergétiques ? Economiser l’électricité au quotidien, c’est autant de centrales en moins, autant de risques en moins.


                      • lefranc-tireur lefranc-tireur 19 juillet 2007 14:27

                        Pour aller dans le sens très objectif de l’auteur concernant les 50 % en 2 jours qui ne représentent pour solde de tout compte très difficile à trouver dans ce fatras scriptural :

                        La question de la privatisation des centrale nucléaires ne devrait poser aucun problème : en effet, les ouvriers, tous syndiqués, sont adhérents de la cgt . Au pire , de la faible cfdt.syndicats qui ne représentent que 6 % des « travailleurs » soit 0.2 % de la population francaise ( juste pour imiter l’« auteur ». je ne connais pas les valeurs )

                        Hors, en ce qui concerne ceux qui ont mis à jour ce scandale au japon, ce sont comme indiqué plus souvent que la valeur du 0, 00000000001 ( plus lisible comme ça :D ) c’est la cgt du japon. Hors, tchernobyl, c’était le pc ( PS soviétique ) et le gouvernement qui stoppa le nuage radio-actif à nos frontières comme charles martel les arabes à poitier n’était que le gouvernement socialo-communiste de l’époque .

                        Donc, nous devrions en toute logique être en toute sécurité. [ fin mode troll off / ]

                        Sur ce, bon week-end , moi, je vais m’éclairer aux bougies.

                        A mon avis, faudra être vigilants à la rentrée si vous voulez casser dans l’oeuf tous ces buz que certains s’entraînent à mettre en place .


                        • Thomas Thomas 19 juillet 2007 14:38

                          Concernant le fameux nuage de Tchernobyl, j’avais obtenu une explication plus convaincante lorsque j’avais fait ma formation de radioprotection : le nuage ne s’est évidemment pas arrêté à la frontière ; en revanche, le seuil imposant une information du public était à l’époque nettement plus tolérant en France qu’en Suisse en en Allemagne. Cela, combiné au fait que la France était plus éloignée (donc l’activité du nuage était plus diluée) fait que le seuil d’alerte n’était pas atteint en France... d’où pas d’alerte, pas de nuage !


                        • Plus robert que Redford 20 juillet 2007 00:21

                          Pas d’accord ! Rappelez-vous le témoignage des pompiers (ou des gendarmes, je ne sais plus) de Porto Vecchio qui ayant constaté que le détecteur de radioactivité hurlait de façon récurrente l’ont débranché persuadés d’avoir affaire à un dysfonctionnement inopportun ! Je suppose que l’engin en question était réglé par rapport à un seuil normatif, histoire de ne pas gueuler au moindre pet de travers... Donc, le seuil a bel et bien été dépassé sans que quiconque ne se pose de question sur le coup !


                        • BMD 25 juillet 2007 10:11

                          A propos du nuage qui s’est arrêté à nos frontières. N’était-ce pas Madelin le ministre de l’Industrie à cette époque ? et quelqu’un peut-il se rappeler les termes exacts de la fameuse phrase et qui l’a prononcée ?

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