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Accueil du site > Actualités > International > La Chine a lancé une OPA amicale sur l’Afrique

La Chine a lancé une OPA amicale sur l’Afrique

Le gouvernement chinois a tenu à marquer d’un éclat particulier le troisième Forum de la coopération Chine-Afrique qui s’est déroulé à Pékin du 3 au 5 novembre. Le sommet organisé à l’occasion de ce forum a réuni 41 chefs d’Etat et de gouvernements ainsi que des représentants officiels de 48 pays africains ayant établi des relations diplomatiques avec la Chine. Pékin entend prouver ainsi l’adhésion massive des dirigeants africains à une politique de développement qui prend le contre-pied des pratiques occidentales.

Le sommet de Pékin s’est clôturé dimanche après-midi après l’adoption de deux documents qualifiés d’historiques : la Déclaration de Pékin, et le Plan d’action de Pékin (2007-2009). Il constitue le plus grand événement jamais organisé entre dirigeants chinois et africains depuis la fondation de la République populaire de Chine en 1949.

La Déclaration de Pékin situe le contexte d’une coopération entre "le plus grand pays en développement du monde" et "le continent regroupant le plus grand nombre de pays en développement". Elle exhorte les pays développés à "accroître l’aide aux pays africains [...] afin de renforcer la capacité de celle-ci à combattre la pauvreté, et de l’aider à réaliser les objectifs de développement du millénaire définis par les Nations unies."

Elle demande que la réforme de l’ONU permette le "renforcement de son rôle", réaffirme celui de l’Assemblée générale, qu’elle la conduise à se pencher davantage sur la question du développement et réserve une plus grande place aux pays africains au sein du Conseil de sécurité et dans les autres agences de l’ONU.

La déclaration insiste sur l’importance de la reprise du cycle de négociations de Doha dans le cadre de l’OMC afin de favoriser un "développement équilibré, coordonné et durable".

Par ce sommet, la Chine définit les bases d’un partenariat stratégique gagnant-gagnant à long terme avec les Etats africains, tant sur le plan économique que sur le plan diplomatique.

Un partenariat économique ambitieux

D’un point de vue économique, si l’Afrique dispose de matières premières essentielles au développement de la Chine, il serait réducteur d’envisager leurs relations sous ce seul aspect. Pékin n’a jamais caché ses ambitions de lancer son économie à la conquête du monde, et, dans le monde, il y a l’Afrique avec ses neuf cents millions d’habitants. Des siècles de pratique du commerce avec une population asiatique peu solvable ont procuré aux Chinois une vision bien plus fine du marché que les pratiques héritées de la colonisation occidentale. Qu’importe que la population d’un pays ne gagne que quelques euros par jour, si ces euros tombent dans les caisses des fabriques chinoises. Multipliés par un milliard de clients, ce sont des milliards d’euros qui aboutissent chaque année dans les ateliers textiles, de plasturgie ou de métallerie de l’Empire du milieu. Rares sont les marchés au fin fond des villes, des brousses ou des savanes dans lesquels ne figurent aucun vêtement, ustensiles de cuisine ou simples outils estampillés made in China appréciés par les populations locales. Avec ses grossistes et ses distributeurs installés dans presque tout ce que le tiers-monde compte de localités marchandes, la Chine s’est créée une logistique puissante, essentielle dans le combat économique qu’elle mène aujourd’hui, se forgeant une avance quasiment irrécupérable. Forte de cet atout, la Chine peut se permettre d’acquérir des matières premières dans des conditions économiques respectables : les mineurs qui extraient le coltan au Zaïre, les gemmes à Madagascar ou le phosphate au Maroc, s’habillent et s’équipent chinois. Mieux ils seront payés, plus ils s’équiperont de produits de première nécessité que l’Occident n’est plus en mesure de fournir à un prix concurrentiel. Les petits ruisseaux mènent aux grands océans et les océans à la mer jaune. Ce n’est certainement pas un hasard si Pékin a choisi d’annoncer la semaine dernière la construction de cinq nouvelles plates-formes portuaires. À terme, cinq nouveaux Anvers.

Dans ce contexte, les contrats annoncés - qui portent sur 1,9 milliard de dollars, le doublement de l’aide de la Chine à l’Afrique en trois ans et l’annulation de dettes non précisées - procèdent de l’effet d’annonce profitable à la conclusion d’un sommet historique, mais ne constituent en rien l’épine dorsale d’un programme économique autrement plus ambitieux.

Qu’importe la couleur du chat

Politiquement, en proclamant la nécessité d’accroître le rôle de l’Afrique dans les institutions internationales, la Chine accélère le développement d’un réseau d’alliés, commencé lors des précédents forums, dans le bras de fer qui l’oppose aux Etats-Unis. Afin d’encourager et de consolider ces alliances, la Chine entretient une rhétorique en complète rupture avec l’approche post-coloniale de l’Occident. Pékin ne s’est pas privé de rappeler que la Chine elle-même a su s’affranchir des effets de toute présence étrangère sur son territoire. En inscrivant son dialogue dans une logique Sud-Sud, elle ne manque pas d’atouts pour se poser en leader d’un mouvement de libération qui n’avouerait pas son nom.

Passant outre les pratiques du FMI et de la Banque mondiale qui subordonnent leurs prêts à une meilleure "gouvernance", ce néologisme qui réduit le rôle des Etats à celui de succursales bancaires, elle libère les chefs d’Etats d’une politique intérieure axée sur le seul profit des investisseurs occidentaux. La Chine dispense ses équipements - voies ferrées, hôpitaux, réseaux de communication - à travers toute l’Afrique en fonction de ses propres intérêts politiques et commerciaux. Les reproches concernant le non-respect des Droits de l’homme émeuvent d’autant moins Pékin que de nombreux chefs d’Etats africains ne sont parvenus et ne se maintiennent au pouvoir, emprisonnant ou liquidant leurs opposants, qu’avec l’appui des anciennes puissances coloniales ou des Etats-Unis, derrière un semblant de démocratie propre à apaiser les mauvaises consciences.

Le sommet a permis au président Hu Jintao de rencontrer individuellement quarante et un chefs d’Etat ou de gouvernement africains, reconnaissant de facto les conditions pas toujours très claires de leur arrivée au pouvoir. Une façon de placer le slogan de la réunion "Amitié, paix, coopération et développement" au-dessus des querelles d’investiture. Qu’importe qu’un chat soit noir ou blanc, disait Deng Tsiao Ping, pourvu qu’il attrape les souris. La Chine maintiendra ses relations avec les Etats africains pourvu qu’ils ne reconnaissent qu’une seule Chine et qu’ils acceptent les termes de sa coopération : matières premières contre beaucoup de produits chinois. L’expertise chinoise dans l’élévation du niveau de vie d’une population constitue un argument de poids dans la suite des relations sino-africaines. Jeune Afrique souligne "l’émergence, en quinze ans, d’une classe moyenne [...] qui bouleverse l’économie du pays." Ce seul fait, aux yeux de nombreux Africains, vaut largement tous les conseils du FMI. Le sommet de Pékin aura ceci d’historique qu’il est le premier coin enfoncé dans une stratégie de rupture entre l’Afrique et l’Occident.

Il reste à la Chine à exercer toute son habileté diplomatique dans la pacification de l’Afrique pour devenir la puissance de référence du développement de ce continent.

Forum culturel

La reconnaissance de l’identité culturelle du continent africain constitue un aspect inhérent à la politique chinoise. Si le G8 ou l’OMC n’ont jamais songé à inviter des groupes de danses folkloriques, ou à exposer "quelque 300 pièces de sculpture, de la peinture, du tricot, de la poterie" à l’occasion de leurs arides conférences d’experts, les Chinois, eux, en ont tout de suite compris la nécessité. À l’heure où elle rentre dans le club très restreint des grandes puissances mondiales, au détriment des Etats européens, la Chine a souligné son opposition radicale avec les règles du dialogue Nord-Sud conduit par l’Occident, que les Africains traduisent non sans raison en relations dominant-dominé. Les Etats-Unis comme les anciennes puissances coloniales sont restés figés dans une vision civilisatrice de leur action en Afrique au détriment de l’identité même de ces peuples. À vouloir leur imposer un mode de vie basé sur leurs propres pratiques, les occidentaux n’ont jamais été en mesure d’offrir aux pays africains un modèle de développement répondant à la culture du continent. Le respect de la culture africaine, placée au même plan que la culture chinoise, pose les bases d’un dialogue beaucoup plus fécond dont nous ne devrions pas attendre longtemps les effets. Au lieu de copies de marques occidentales sur des polos, ce sont bientôt des boubous ornés de logos de marques chinoises que les Africaines s’arracheront sur les marchés.

En s’engageant en Afrique, la Chine s’avance néanmoins sur des voies difficilement carrossables. Ses projets d’implantation - comme les dix villages industriels intégrés dédiés exclusivement aux entreprises chinoises qu’elle projette d’installer (comprenant des activités manufacturières et de services : technologies de l’information et des communications, ingénierie légère, textile-habillement) - vont accroître la présence de techniciens et de commerçants chinois dont les populations locales ne voient pas toujours l’arrivée du meilleur œil. Tant qu’il était marginal, ce phénomène ne posait guère de difficultés. Il n’est pas dit que la montée en puissance d’une élite chinoise en Afrique soit mieux perçue que nos propres implantations coloniales. Il faudra dans doute de nombreux efforts aux Chinois pour apprendre à danser aux rythmes africains et ne pas retomber dans une relation dominants-dominés.

L’arrivée de la production chinoise sur le continent a déjà fait ses premières victimes dans l’industrie textile du Maghreb. Selon le site tunisien Babnet, certains diplomates africains présents au sommet de Pékin se sont déjà inquiétés de ce que le flux des produits manufacturés bon marché, de la Chine vers l’Afrique, paralyse l’industrie locale. Les relations culturelles ne pourront suffire à créer le climat de confiance nécessaire aux ambitions de l’Empire du milieu en Afrique.

Échec des ambitions françaises

Le premier sommet franco-africain avait réuni à Paris le 13 novembre 1973 onze dirigeants à l’initiative de Hamani Diori, chef de l’Etat nigérien. L’événement fut qualifié d’historique par la presse de l’époque. Le but de la rencontre était de créer le cadre d’un dialogue régulier entre la France et l’Afrique francophone afin de développer une zone pacifique de prospérité hors de l’influence des deux grandes puissances, les USA et l’Union soviétique. En plaçant délibérément le sommet sino-africain de Pékin dans le cadre d’un dialogue Sud-Sud, la Chine s’impose comme étant la seule puissance capable d’offrir à l’Afrique l’espoir d’une politique de développement économique réaliste, pragmatique et par conséquent applicable. Elle entérine l’échec de trente-trois ans de politique africaine française. La venue de Jacques Chirac à Pékin à la veille du sommet peut constituer le présage d’une volonté de Pékin de ne pas délibérément offrir Paris en sacrifice au dieu de la coopération sino-africaine. L’avenir dira si cela sera suffisant pour éviter une perte radicale des bénéfices économiques et politiques de la colonisation.

Renaud Delaporte

Sources :

http://www.french.xinhuanet.com

http://www.chinafrique.com

http://www.questionchine.net

http://fr.chinabroadcast.cn

http://fr.allafrica.com

Photo : xinhuanet


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118 réactions à cet article    


  • monteno (---.---.179.94) 6 novembre 2006 13:12

    @l’auteur

    J’ai l’impression que ton article est naïf !

    Lis l’article sur le même sujet du journal The Economist de la semaine dernière, et tu comprendras ce que je veux dire !

    Comment expliques tu que la Chine n’ait aucun projet avec le Zimbabwe , qui est dirigé par un vieux communiste, Mugabe, mais n’a ni pétrole ni matières premières ?


    • Anto (---.---.178.10) 6 novembre 2006 14:28

      Je ne le trouve pas naif au contraire. L’avez vous lu entièrement ? Je trouve au contraire qu’il illustre bien le fait que depuis la décolonisation, l’Afrique a toujours coopéré avec les occidentaux à reculons.

      Elle voit (à tort ou à raison)en la République chinoise une alternative au modèle liberal incarné par le FMI qu’elle n’a jamais adopté et vis a vis duquel elle s’est toujours sentie humiliée.

      Axel Kabou en parle mieux que je ne le ferais jamais dans l’opuvrage « Et si l’Afrique refusait le dévelopement ».

      C’est sur cette corde sensible qu’ont joué les chinois en avançant l’argument de l’annulation de la dette.

      Quant à la situation au zimbabwé, je n’ai pas lu l’article auquel vous faites référence donc si vous pouviez étayer...

      je me donc base juste sur ce que vous avez écrit. l’auteur montre bien que cette alliance ne se fait pas entre enfants de coeurs. La Chine investit en Afrique.Il n’est pas question pour elle de faire de l’humanitaire ni de se relancer dans mondialisation du communisme à la Trotsky. Réduire les intentions du gouvernement chinois à cela, voila qui serait naif.


    • jeantho (---.---.116.57) 6 novembre 2006 19:20

      Tout ça a l’air très superficiel : à qui appartiennent vraiment les capitaux de la Chine, qui est un pays bourré de délocalisations financières et industrielles occidentales ?

      A mon avis, c’est toujours la même oligarchie financière anglo-américaine (avec quelques super-riches français dans un rôle marginal) qui tire les ficelles, mais la main d’oeuvre chinoise revient moins chère.


    • monteno (---.---.179.94) 7 novembre 2006 11:21

      Ce que je trouve naïf c’est :

      de ne pas voir que la Chine ressemble de plus en plus au point de vue de sa façon de traiter l’économie et les affaires à un pays occidental ;

      de ne pas voir que la Chine vient acquérir et controler sur du long terme un approvisionnement en pétrole et en matières premières, quitte à la payer en construction d’infratructures ;

      de ne pas voir que la Chine ne s’interesse qu’aux états Africains qui ont soit du pétrole soit des gisements de matières premières, et pas aux états Africains comme le Zimbabwé qui n’ont pas de ressources interessante pour elle ;

      de ne pas voir que la Chine vient renforcer sa position vis à vis de Taiwan en exigeant des états africains de cesser de reconnaître Taiwan ;

      de ne pas voir qu’un des problèmes numéro 1 des états africains est un niveau de corruption trés élevé qui est un frein considérable au développment ; les états occidentaux cherchent à réduire cette corruption avec certaines exigences en contrepartie de leur aide ; la Chine flatte au contraire les chefs d’etat africains en n’abordant pas ce point ; elle se contente de faire du business as usual dans son intérêt propre ;

      de ne pas voir que la Chine peut freiner tout développement d’industries locales en Afrique en apportant ses produits qu’elle peut, contrairement aux états occidentaux, produire à cout trés bas et donc trés concurrentiels aux produits développés en Afrique ;

      de ne pas voir que la Chine envoie ses propres cadres et ouvriers effectuer les travaux en Afrique, sans promouvoir là non plus le développement d’entreprises locales ; je me demande d’ailleurs comment cette politique va être acceptée par les états africains qui ont souvent imposé aux occidentaux « l’africanisation » de leurs entreprises, euphémisme pour dire imposer que le personnel y compris le personnel de direction inclut un certain nombre de cadres africains ;

      Je vous recommande enfin de lire l’article du journal The Economist de la première semaine de novembre : il explique cela beaucoup mieux que moi de façon beaucoup plus documentée ( on peut trouver ce journal partout en France, seulement il est rédigé en anglais).


    • Renaud Delaporte Renaud Delaporte 7 novembre 2006 17:14

      Il serait en effet bien naïf de ne pas voir tout cela. De nombreux points que vous soulevez sont évoqués dans l’article, que vous semblez avoir lu un peu vite.

      Concernant le Zimbabwe, vous semblez mal renseigné. La Chine y investi massivement. Elle est aussi en passe d’en devenir le premier fournisseur du pays. Elle vient par exemple d’y vendre mille trois cent kilomètres de rails afin de moderniser le réseau de chemin de fer. Sans doute pour faciliter les exportations de nickel et de cuivre.

      Cdt

      Renaud Delaporte


    • castor de Belgique (---.---.9.30) 6 novembre 2006 13:21

      Excellent article... Félicitations pour votre clairvoyance. Mais quel pessimisme pour l’action de ces politiques occidentales, qui ne sont pas épargnées par votre plume, loin s’en faut. Cette évolution serait-elle inexorable ? Outre le constat, j’aurais aimé être réconforté par un plan d’action, ou au moins une prise de conscience.


      • labototo (---.---.101.120) 6 novembre 2006 13:21

        Article sans complaisance avec notre pratique de l’Afrique : on sent qu’on y perd notre pré-carré, on critique la Chine comme dans un miroir : corruption, pillage des ressources, pollution.

        Cpendant, on écrit Deng xiaoping : http://fr.wikipedia.org/wiki/Deng_Xiaoping

        Il faut également voir l’émergence de la chine en Afrique comme une chance pour cette dernière de contrebalancer le diktat du FMI ou de la banque mondiale.


        • Depi Depi 6 novembre 2006 13:26

          La politique chinoise en Afrique n’a rien d’une OPA amicale. C’est juste pour la forme.

          Pourquoi donc les ivoiriens sont-ils en train de déchanter après avoir accueilli à bras ouverts les Chinois ?

          Tout simplement parce qu’ils font venir leur main d’oeuvre et qu’ils commencent à ruiner l’économie nationale au travers de leurs importations de produits chinois qu’ils fabriquent donc en Chine, avant de les revendre en Côte d’Ivoire. Des commerces et entreprises commencent à fermer boutique à cause de ce phénomène, notamment avec les boutiques ouvertes par des Chinois « Tout à 1 000 Francs CFA ».

          Alors, bien sur, on peut voir ça comme un bienfait pour le pays, même si cela me semble un peu difficile mais on se demande surtout si cette politique va aider l’Afrique à sortir du trou dans lequel elle est depuis des années. En restant complaisant envers tout type de régime en Afrique, qu’il soit sanguinaire ou démocratique, la Chine roule dans les traces des précédents ex-colonisateurs que nous sommes.


          • labototo (---.---.101.120) 6 novembre 2006 13:51

            Oui certains Ivoiriens déchantent peut-être. Mais que pensent-ils de la France, ces mêmes Ivoiriens ? Ce n’est plus du désenchantement, apparemment.


          • Marie Pierre (---.---.99.177) 6 novembre 2006 13:59

            Bien d’accord avec ce commentaire : la Chine construit en ce moment les routes, les infrastructures industrielles avec des prisonniers chinois qui ne coûtent rien en main d’oeuvre. La population africaine n’est pas « invitée », la Tunisie et le Maroc y perdent des usines de confection !

            Ce n’est vraiment pas une OPA amicale ! mais un pillage...


          • Depi Depi 6 novembre 2006 14:07

            Le vent tourne. A l’heure de la guerre civile, la propagande d’Etat a fustigé l’Etat français pour son implication et la mise en place de la force Licorne. Aujourd’hui, ils craignent surtout leur départ.

            De plus, il y a toujours eu de bonne relation entre la France et la Côte d’Ivoire si on oublie cette passade qui est aujourd’hui révolue à en croire les titres des quotidiens d’Abidjan qui ne crient plus au complot et au coup d’état tous les jours.

            Toutefois, la politique française en Afrique est un autre sujet et on pourrait en parler longuement mais ça reviendrait à parler de la colonisation et de l’« après » ce qui mériterait plus qu’un commentaire je pense. Mon propos n’était pas de dire que la France était mieux que la Chine dans sa politique africaine


          • Marsupilami (---.---.32.156) 6 novembre 2006 14:20

            D’accord avec Marie-Pierre. Il s’agit bien d’un pillage chinois à très grande échelle. Lire sur ce sujet, par exemple, cet article de L’Expansion. La stratégie chinoise est d’un cynisme absolu.


          • labototo (---.---.101.120) 6 novembre 2006 14:44

            Je ne veux pas défendre la coopération Chinoise à tous prix, mais de quel pillage parlez vous ?

            Les Chinois achètent des matières premières à l’Afrique. Ne le faisons nous pas ?

            La différence entre la Chine et nous, c’est que pour un même produit que nous vendons 10€, ils le vendent à 1€.


          • Renaud Delaporte Renaud Delaporte 6 novembre 2006 14:47

            J’ai initialement titré l’article « La Chine lance une OPA sur l’Afrique ». Je n’ai rajouté le mot « amicale » qu’après avoir lu ce dimanche de nombreuses déclarations de chefs d’Etats africains largement favorables à la position chinoise. Pour aller jusqu’au bout de la métaphore - mais en est-ce une ? - une OPA ne se conclut jamais sans licenciements smiley. Les accords sino-africains pourront bénéficier à l’économie du continent. Qu’elle profite aux Africains eux-mêmes... c’est une autre histoire qui s’écrit déjà au Soudan où se révèle le « cynisme absolu » des chinois qu’évoque Marsupilami.

            D’autre part, les places du « conseil d’administration » ne sont pas encore attribuées, sauf la présidence ! (Moubarak tient la corde pour la vice-présidence). La lutte sera chaude !


          • Depi Depi 6 novembre 2006 14:56

            La Chine est devenue le deuxième importateur en Afrique et sera sans doute dans très peu de temps le pays qui importera le plus de matières premières d’Afrique. C’est bien pratique, en échange du soutien à l’ONU des pires régimes africains, l’Afrique s’engage à fournir la Chine.

            Une des nombreuses preuves est la protection qu’offre la Chine au Soudan, l’empêchant de recevoir des sanctions du Conseil de Sécurité. Cela aide aussi la diplomatie chinoise, en ce qui concerne... Taiwan ? Encore un exemple.

            Bien entendu que cela réjouit les chefs d’état africains. Cela leur permet de faire des économies, de contracter des prêts presque sans condition aux banques chinoises.. Donc à les endetter encore un peu plus.

            L’Afrique offre également des débouchés aux produits chinois qui arrivent en masse et sont vendus dans des boutiques, qui sont controlées par l’ambassadeur chinois. Il en va de même pour les entreprises de BTP ou de télécoms. J’ai du mal à voir le bienfait pour l’économie ? Cela ne fait qu’accroître la croissance de manière superficielle, de permettre d’avoir de nouvelles infrastructures et de paupériser un peu plus la population ?


          • Marie Pierre (---.---.99.177) 6 novembre 2006 14:58

            @Laboto

            Les chinois n’achètent pas toujours la matière première à l’Afrique : ils troquent des kilomètres de routes contre la matière première. L’Afrique aura des routes, qu’elle pourrait elle-même construire, mais ce sont les chinois qui seront au boulot. L’Afrique ne produira plus de vêtements, il seront faits en Chine.

            Voilà pourquoi je parle de pillage.


          • labototo (---.---.101.120) 6 novembre 2006 15:06

            Les ouvriers Chinois construisent la route. OK. C’est dommage pour les travailleurs potentiels locaux. Mais bon, ils ne la ramènent pas en Chine cette route, non ?

            Et les Chinois, ils ne viennent pas avec leur fusils ou des menaces. Donc je ne vois pas le pillage (du moins, au sens pire que nous).


          • Antoine Diederick « the Contrarian ». (---.---.160.37) 6 novembre 2006 15:52

            bien vu Marie-Pierre....c’est ce qui va se passer....sous le vernis des bureaux des diplomates et des baies vitrées éclairées des tours orgueilleuses des entreprises....

            A moins que...


          • Anto (---.---.178.10) 6 novembre 2006 16:09

            Je me fais l’avocat du diable : Le cynisme est aussi du côté africain. Il faut voir comment en Afrique noire notamment, l’investissement dans quelqu’entreprise qu’elle soit est faible, comment l’aide humanitaire est considérée comme un dû, comment les élites, dirigeantes ou non, semblent désabusées.

            La connivence entre les pilleurs et les pillés est désespérante. Les chinois sont suffisamment malins pour jouer sur une parodie de panafricanisme dont on a vu ces 30 dernières années qu’il n’existait que dans les mots (rwanda, darfour, bissau, somalie et j’en passe).

            Mais c’est insulter l’intelligence des africains que de les réduire au statut de victime. Dans la plus pure tradition d’improvisation dans la prise de décision, on considère que la chine est une solution miracle pour s’extirper du joug de l’occident. Les dommages collatéraux d’une telle alliance ne leur sont pas inconnus mais ignorés pour le moment. « On avisera quand on sera devant ».

            Mon probleme c’est que alors que l’Afrique réunit le plus de pays « en voie de developpement », j’ai l’impression qu’à quelques exceptions près, elle régresse. Ca me rend malade qu’un continent aussi riche soit dans cet état de délabrement et ce nouvel épisode ne va rien arranger.


          • Antoine Diederick « the Contrarian ». (---.---.160.37) 6 novembre 2006 16:14

            sans doute Marsu exagère, cynisme des chinois ? « Terra incognita » à mon sens ...car finalement nous ne voyons qu’une Chine, celle qui copie l’Occident sans faiblir et ds un curieux paradoxe celui du communisme appliqué à la politique du marché.

            La Chine découvrira-t-elle les Droits de l’Homme lorsque les ouvriers chinois prendront en main via des syndicats libres leur destinée... ?

            Le cynisme, bien sûr, il existe...pourtant je crois que la Chine et les chinois —ils sont nombreux—aspirent aussi à plus de liberté et ils vont la réclamer alors nous verrons nous aussi les choses autrement et les dirigeants chinois de mme.


          • Darkfox (---.---.141.125) 6 novembre 2006 16:41

            pour information la Chine est maintenue sous une chape de plomb, tout soulevement équivaut à une répression sanglante ( goulag , dons organes forcés...) De plus le pays est maintenu en parti de manière artificielle a une pauvreté calculée... donc les rêves d’une Chine moderne..faut les mettre au placard.

            La Chine n’a qu’une ambition dominée... L’Afrique refait la même erreur qu’avec la colonisation en réempruntant mais la où ils ne savent pas où ils vont c’est qu’un chinois n’annule pas ses dettes... :) donc nous verrons bien les bienfaits du gentil chinois ....

            L europe y a déjà gouter grace aux transfert de technologies :)


          • Antoine Diederick (---.---.160.37) 6 novembre 2006 17:22

            @Anto (IP:xxx.x12.178.10) le 6 novembre 2006 à 16H09

            Oui, intéressant votre commentaire. Il y peu, des hommes d’affaire congolais sont passé par les chambres de commerce belges pour relancer les relations de commerce .

            Tous le monde, tout sourire...jusqu’au moment où une intervenante qualifiée pour cela, à fait un rappel très vrai : « Où se trouve la sécurité juridique pour entreprendre en affaire et investir.... ? » Cela a provoqué un froid.... smiley

            C’est une question de fond...le reste serait peut - être du « brigandage » ?


          • monteno (---.---.179.94) 6 novembre 2006 18:11

            @Marie Pierre

            Je partage votre avis !

            ce que vous suggérez est trés bien développé ds l’article que j’ai indiqué du journal The Economist de la semaine dernière. Malgré la demande plus haut, je ne vois pas l’interêt de le résumer ici, il vaut mieux aller le lire directement !


          • monteno (---.---.179.94) 6 novembre 2006 18:28

            Savez vous comment on appelle le continent africain en chinois ?

            Le caractère chinois qui nomme l’afrique signifie en chinois : « le pays raté » ou « le mauvais pays »...

            L’avenir dira peut-être si les chinois choisiront un autre caractère pour désigner le continent africain !


          • tal (---.---.89.160) 6 novembre 2006 18:40

            «  Il s’agit bien d’un pillage... Lire sur ce sujet, par exemple, cet article de L’Expansion. La stratégie chinoise est d’un cynisme absolu. »  smiley smiley smiley

            L’Expansion malgré ses pompeuses prétentions, de magazine économique « sérieux »,s’est trompé dans un certain nombre de ses analyses et prospectives, surtout concernant quelques pays d’afrique.

            Et la stratégie française ou occidentale,elle est quoi depuis les 150 ans de présence coloniale suivie des 50 ans de « coopération équitable » ? De toutes façons la France, les Européens, et l’occicent plus généralement devraient s’en foutre , eux qui ont toujours prétendu pour trente six milles bonnes raisons,que rien n’était réalisable en Afrique, et attendre gentiment l’échec de cette stratégie chinoise. Ils devraien être de ceux qui se réjouissent,étant assurés que ça ne marchera pas. Ils devraient au contraire remercier les Chinois.Mais voila que soudain leurs bons sentiments se réveillent,ils ont un gros chagrin de savoir que la Chine veut « faire bobo » à l’Afrique, ils éprouvent des sentiments altruistes à l’égard de l’Afrique, et pleurent par avance sur ce qu’ils considèrent déja comme une expoitation et, un pillage du continent noir.C’est curieux ,il y a quelquechose qui nous échappe...Quel toupet !!!

            Décidément le ridicule ne tue plus


          • labototo (---.---.101.120) 6 novembre 2006 21:15

            houlà, ça fait mauvais genre.

            Est ce que cela signifie quelque chose sur le point de vue de la Chine aujourd’hui ?

            Rappellons, que ce ne sont pas les Chinois qui organisés la traite des Noirs.


          • Saint Sébastien (---.---.108.158) 7 novembre 2006 11:19

            Vous avez la mémoire un peu courte, et oubliez que toute contestation en chine est réprimée dans le sang. La chine est une sorte de laboratoire et son experience a pour titre « Peût-on avoir une économe libérale sans libertés ».


          • Sergei GASPARATOV (---.---.70.101) 7 novembre 2006 15:24

            Ce que déclare DEPI est la stricte vérité. La Chine a besoin de matières premières de tout ordre, que l’Afrique dispose dans son sous-sol à volonté. La Chine ne fait aucun distinction entre les régimes. Les droits de l’homme elle les occulte. Ce qui l’intéresse s’est developper à moindre frais son économie et son expension égémonique.

            Comme Cuba que j’ai connu. Quand les rusees y étaient, ils avaient apporté à ce pays leur culture, leur technologie, leur science leur politique et un deveolppement économique viable. Tant qu’ils y étaient, tout est allé bien.

            En 1991, les russes sont partis. Cuba aujourd’hui se meurt. Tout s’effondre. Les usines sont obsolètes.Il n’y a plus de pièces détachées. Pour les usines, les avions, les automobiles, les tracteurs, les camions. La Russie a abandonné Cuba. Les autoroutes sont vides et mortelles. Les cubains sont revenus à la traction boeuf et charettes. A pied ou en camion à bestiaux. Plus rien ne fonctionne. Chacun pour soi, Dieu pour tous. L’économie russe n’est plus là et l’embargo toujours en vigueur ne permet pas à ce pays de se développer. Malgré le tourisme occidental, il ne décolle pas. Les cubains souffrent de ce lien avec le progrés qui se fait sans eux.

            l’Afrique c’est pareil. Une fois la Chine ses affaires faites, elle partira. Les africains se mordront les doigts d’avoir à court terme épuisé leurs ressources sans vraiment une contre partie viable.

            Une seule économie et un seul partenaire, s’est la ruine inéluctable. Les chinois sont trés forts. Ils ont été les premiers commerçants depuis la nuit des temps. L’histoire est là pour nous rappeler ce qu’à été la Chine. C’est toujours un éternel recommencement.


          • pilou007 (---.---.8.65) 6 novembre 2006 13:49

            C’est super, il est vrai que le seul moyen pour l’Afrique de s’en sortir est de se libérer des griffes de l’occident qui ne pense qu’a la piller en plaçant des chefs d’états à leur solde. L’arrivée de la chine sur le plan africain est de bonne augure, on verra bien ce que veulent faire les chinois, la piller aussi ou bien avoir réellement une relation gagnante-gagnante.


            • amba (---.---.128.5) 6 novembre 2006 13:55

              Tout ça est bien beau, mais l’ambition de la Chine de développer l’Afrique masque mal une tentative d’imposer des relations quasi exlcusive avec l’empire du milieu. Le non développment de l’Afrique depuis 40 ans tient beaucoup plus à elle même et à ces coutumes(corruption, dictatures, graves incompétences et insuffisences de natures diverses, gabegies économiques, etc..) qu’à l’action des anciens pays coloniaux. Respecter des coutumes, des cultures c’est bien, mais si ce respect est un frein au développement on voit mal comment les chinois pourront, d’ici quelques années, éviter un rejet massif de ce qu’ils sont par les africains... bonne chance aux chinois..


              • tal (---.---.89.160) 6 novembre 2006 21:35

                Voila un commentaire courageux, même si il y a dedans un peu de mauvaise foi, mais ça passe bien malgré tout, grace à des vérités comme celles dites sur le poids de quelques coutumes et autres traditions, dont l’Afrique a du mal a se débarasser à l’aube du XXI°Siecle.

                Maintenant quant à la totale innocence de l’occident esclavagiste et colonisateur qui n’a fait que du bien, et n’est donc en rien responsable d’une partie des malheurs actuels de l’Afrique,ça c’est la nouvelle Vulgate telle qu’écrite par les Finkielkraut, Bruckhner, Gluksmann et compagnie, c’est autre chose..

                J’en parlerai à mon cheval ! smiley


              • tal (---.---.89.160) 6 novembre 2006 14:36

                @ l’auteur

                Excéllent article merci

                Peut-être que « nos amis africains » prendront enfin conscience d’une certaine réalité, a savoir que ce que nous faisons dans le cadre de l’Europe, où existe la même corruption que chez eux, mais à la puissance mille, nous ne voulons pas le faire chez eux, pour des raisons évidentes qui sont comme le disait JMLP lorsqu’il énonçait ses préférences au niveau des peuples, sur le mode familial : « d’abord mon frère, puis mon cousin, et ensuite mon ami... »

                « Nos amis africains » sont à même de vérifier sur des exemples comme la Bulgarie et la Roumanie qui à compter de Janvier 2007, intégreront la CEE, que toutes tendances et opinions politiques confondues nous partageons en Europe cette généreuse devise du FN. Ces 2 pays qui vont être tirés d’une misère noire (sans jeu de mot), une misère pas très éloignée de celle de nombreux pays Africains, devront, grâce aux dons, aux prêts, aux investissements et aides de toutes sortes, être en mesure de se hisser comme l’Irlande (traitée jadis « d’excroissance Africaine ») au niveau de vie moyen Européen. Ainsi en a décidé la grande famille Européenne. « Nos amis africains » auront aussi cette fois pour conseillers dans leur parcours de développement, des gens ayant une autre perception de l’Homme Noire.

                La pénétration Chinoise en Afrique Noire s’opère sur deux fronts.L’un au niveau Macroéconomique, l’autre au niveau microéconomie. Cette présence chinoise en Afrique en général, et tout particulièrement au sud du Sahara, se manifeste semble-t-il, sur le mode associatif et fusionnel dans le tissu social, et non dissociatif selon le schéma offert jadis propre à la domination coloniale de l’occident. Les Chinois se mêlent aux gens du peuple, sont présents sur les marchés, comme de simples locaux -Nous aurions dit autrefois comme les indigènes- Ils travaillent aussi comme de simples cantonniers sur les routes, tout en assurant la maîtrise d’œuvre, Ils parcourent déjà les campagnes vendant des médicaments au dixième du prix proposé par les pharmacies traditionnelles dont l’approvisionnement se fait via les circuits commerciaux officiels des grands laboratoires européens,mais aussi par divers trafics. Ils forment des médecins « aux pieds nus », ils ouvrent dans les quartiers populaires, des petites échoppes, des restaurants, des magasins d’alimentation, comme il le font dans les pays riches,ils travaillent la terre, avec le paysan Africain,ils mettent en place des banques locales aptes a consentir des prêts à des taux extrêmement faibles (taux zéro) En bref, il mettent la main à la pâte.

                A l’argument que nous leur opposons et que nous entendons sournoisement faire valoir à « nos amis Africains », a savoir que c’est une nouvelle forme de colonialisme, les Chinois rétorquent malicieusement, mais très à propos, qu’ils n’ont aucune vocation a coloniser qui que ce soit, ayant été eux même colonisés dans le passé, et que pour eux ce qui importe, est de permettre un développement pouvant favoriser l’émergence d’une classe moyenne dans ces pays. En d’autres termes, et sans perdre de vue les intérêts légitimes de l’Empire du milieu, ils préconisent pour cette région la plus mal aimée et, la plus déshéritée du globe, au lieu du « grand bond en avant », « le petit saut en avant ».La Chine aujourd’hui usine du monde, est aussi le laboratoire qui inspire son action en Afrique. Des investissements, et des coopérations dans des domaines tels que les infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires se font déjà depuis un certain temps, comme pour la construction d’une centrale nucléaire au Nigeria dans les trois prochaines années.Ils sont en train de nous damer le pion, et banaliser auprès de « nos amis Africains » des technologies aussi pointues. Et si c’est derniers parvenaient a assimiler ces technologies ? On n’ose y penser !


                • tal (---.---.89.160) 6 novembre 2006 14:37

                  @ l’auteur

                  suite et fin

                  Finis les pre-carrès, terminés les protégés, envolées les chasses gardées, il faut passer la main. Les Chinois sont fichus de hisser bon nombre de pays Africains, a un niveau technologique d’abord rudimentaire, puis de plus en plus performant qui leur permettrait à leur tour, mondialisation oblige, d’opérer eux aussi vers l’Afrique pour des raisons de coût , certaines des sous-traitances qu’elle a en charge .

                  N’est-ce pas là,une véritable opportunité qui s’offre là, à cette Afrique si mal aimée de nous autres occidentaux.Ne nous leurrons pas,les besoins énergétiques de ce géant en termes de population et, de développement économique, sont tels qu’il mettra en place les moyens les plus inédits pour y parvenir.Les obstacles que l’Occident pourra dresser sur son chemin(troubles à visée déstabilisatrice,corruption renforcée,etc.),se donneront désormais comme des combats d’arrière-garde. L’aide de la chine à l’Afrique s’établit à plus du double de celle de la CEE, qui pour 2006,avoisinait, les 1,7mds € . Pékin a également promis 3 milliards de dollars de prêts à taux préférentiels, et 2 milliards de crédits à l’export pour les trois prochaines années, et la création d’un fonds de développement Chine Afrique.

                  cette Afrique dont on ne parle toujours , qu’en termes négatifs,qui alimente toute une littérature faite le plus souvent de clichés et de poncifs.Littérrature toujours placée en tête de gondole en librairie.Les auteurs sont toujours des « spécialistes » donc comme nous, des blancs.Ils savent que la description caricaturale de l’Afrique dans ses maux les plus divers, est « vendeur ».Ils nous savent friands de cette Afrique-là.Elle nous rassure, nous conforte sur notre « supériorité » sur « notre haut degré de civilisation par rapport à eux ».Elle nous sert en quelque sorte, d’étalon de mesure.En la regardant au travers de ces lectures et des reportages télévisés,nous mesurons le chemin parcouru par nous, et en ce sens, cette Afrique a pour nous valeur thérapeutique. Ainsi, « nos amis Africains » sommés désormais de croire, que ces cent cinquante ans de colonisation furent bénévoles, désintéressées, et à seule fin civilisatrice, tout comme furent désintéressées et altruistes ces cinquante dernières années post-coloniales, auront peut-être dans vingt ou trente ans un début d’éléments de réponse sur ces deux siècles, qui selon certains nouveaux économistes, historiens et philosophes et autres grands prêtres chargés de la déculpabilisation de l’Occident, représentèrent pour nous plus une charge qu’une affaire lucrative.Mais hélas ! « nos amis Africains » sont des ingrats et n’acceptent pas notre version.Qu’a cela ne tienne,qu’ils se débrouillent comme nous,... avec la Chine ! Dans son ouvrage « le Choc des civilisations » Samuel Huntington évoquant dans un chapitre, l’hypothèse d’un affrontement planétaire entre Blocs,sur fond de conflit nucléaire,nous fait part de sa vision apocalyptique que nous nous refusons de croire prémonitoire,puis conclut en ces termes : 

                  « L’Afrique, quant a elle, non seulement rien n’à rien à offrir pour contribuer à la reconstruction de l’Europe, mais elle déverse des hordes d’immigrants résolus à se partager les restes. » Comme c’est bien dit, et avec quel mépris ! Quand on sait ce qu’elle a donné en vies humaines durant la Traite,et ses contributions aux deux derniers conflits mondiaux en Europe.Les écrits de tous ces intellectuels donnent bien la mesure du peu de considération,et même du mépris dans lequel nous tenons l’Afrique et l’Homme noir. « Nos amis Africains » descendants de Cham selon la Bible, pourront peut-être s’affranchir de cette terrible malédiction proférée par Noé ce patriarche de l’ancien testament en ces termes : « Maudit soit Canaan ! Qu’il soit l’esclave de l’esclave de ses frères ».Et pour conclure dans le religieux, peut-être verront-ils la réalisation de cette autre prophétie cette fois du nouveau testament : « Les premiers seront les derniers et les derniers les premiers ». « Quand la Chine s’éveillera, le monde tremblera » aurait dit Napoléon. Il tremble !


                  • ZEN zen 6 novembre 2006 14:59

                    Article trés bien fait, qui montre bien la complexité du problème.

                    @Tal

                    Tes perspectives sont intéressantes, mais je suis moins optimiste que toi sur l’effet de levier positif que pourraient produire les investissements chinois en Afrique.On le voit en Algérie, où des entreprises chinoises construisent de nouvelles cité avec une main-d’Oeuvre...chinoise.Mais peut-être que dans l’avenir, par une sorte de ruse de l’histoire, les choses pourraient changer.C’est bien d’avoir rappelé un passage de Huntington, ce sinistre « prophète » que l’histoire oubliera vite, je l’espère.

                    Bien à toi.


                    • tal (---.---.89.160) 6 novembre 2006 15:32

                      @ Zen.

                      Bonjour.

                      Tu as raison sans doute, il ne faut pas être éxagérément optimiste. Mais ce qui m’exaspère le plus est ce véritable procès d’intentions auquel se livre déja la presse Française et, probablement occidentale. Je pense que concernant l’Afrique,un peu de retenue de leur part serait de mise. En conclusion,je vais dans ton sens,il faut attendre pour voir mais sans parti pris.

                      « Semper Africa aliquid novi affert ».

                      Bien à toi

                      tal smiley


                    • Yoyo (---.---.132.225) 6 novembre 2006 16:33

                      @tal :

                      Beaucoup de journaux en France appartiennent a des groupes industriels comme Bouygue et qui se retrouvent donc maintenant en concurrance directe avec les entreprises chinoises en Afrique.

                      Ceci explique celà ...


                    • Anto (---.---.178.10) 6 novembre 2006 17:33

                      bouygues n’est rien à coté de l’industrie de la mode, mais on en parle pas !

                      Faut pas oublier que vogue et glamour sont tenus par les magnats du textile européens dont on sait qu’ils font faire leurs fringues par des enfants en Afrique. Cette presse là diabolise les habits made in China.

                      C’est un complot séculaire. Il est de notoriété publique que tous les scandales politiques majeurs de l’Humanité ont été piloté par l’industrie de la mode.


                    • khaliassabia (---.---.60.113) 6 novembre 2006 15:05

                      Meme si la nature de la relation sino-africaines aurait forcement un caractere pragmatique, cela serait propre et engageant.

                      Propre,pourquoi ? La chine n’est pas une ancienne puissance coloniale, elle va traiter ces pas comme des pays, pas comme des anciennes colonies, que l’on peut decider le destin de sa politique en provoquant un coup d’etat voire une guerre civile vu les larbins qu’on a laissés dans les rouages du pouvoir et qu’on use continuellement et eternellement afin de proteger leur interets,ici et là,dans cette afrique fatalement pauvre et blessée. C’est un contre poids qui emmerge face à un poids que les africains porte que l’on veuille ou pas, le poid de l’oncle Sam bien evidement, sans avoir la moindre recompense pour leur effort depensé..et meme si il y aurait une aide, soyons certains que ça serait considerée comme une aumone.C’est meprisant...de la part des occidentaux bien sur.ON ACCEPTE CE MEPRIS POUR AVOIR QUELQUE SOUS. C’EST HONTEUX DE LA PART DE , SOIT DISANT, LES TERRES DES LIBERTES ET DROITS HUMAINS..LES JUSTES.

                      Cela dit, que l’un puisse donner mieux, et celui qui donne mieux c’est celui qui doit passer.On a un choix, on nous impose pas quoi que ce soit, on negocier pour choisir le moin mal.

                      Que la chine vive pour l’afrique et vice versa.


                      • Leopold (---.---.232.8) 6 novembre 2006 15:25

                        Je suis fatigué donc je laisse le president Wade parler pour moi aujourd’hui

                        [...] ’’J’arrive de France et des Etats-Unis, mais partout on nous dit, en substance, que la Chine va envahir l’Afrique et surtout noyauter notre commerce et nos faibles industries en déversant sur notre continent ses milliers de produits à bas prix. J’ai répondu à mes interlocuteurs que nous ne sommes pas des enfants de choeur et que nous savons que tous les pays défendent leurs intérêts ; mais nous ne pouvons pas douter un seul instant que la Chine ignore que l’Afrique a refusé, au lendemain des indépendances, d’être le dépotoir de l’Europe ou de l’Amérique pour devenir un souk réduit au commerce sans aucune industrialisation’’, a souligné le président Wade.

                        Selon lui, ’’il y a plus d’un demi-siècle, on parlait déjà du ’péril jaune. On ne l’a jamais vu. On ne le verra pas en Afrique. Une certaine propagande veut simplement créer chez nous des réflexes négatifs de peur, mais les Africains sont majeurs et savent ce qui est bon pour eux et ce qui ne l’est pas. La coopération chinoise est la bienvenue. Elle est rapide et efficace’’.

                        CTN


                        • Antoine Diederick « the Contrarian ». (---.---.160.37) 6 novembre 2006 16:01

                          ...il pense le Président déjà à son portefeuille smiley

                          Je suis sans illusions.... smiley

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Renaud Delaporte

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