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Accueil du site > Actualités > International > La Chine progresse-t-elle au plan des droits humains ?

La Chine progresse-t-elle au plan des droits humains ?

À la 65ème session de l’Assemblée générale de l’ONU, qui s’est ouverte le 23 septembre, les gesticulations de Mahmoud Ahmadinejad ont éclipsé dans l’actualité les interventions d’un peu plus de 30 chefs d’État ou de gouvernement dont le Premier ministre du Conseil des Affaires d’État de Chine, Wen Jiabao qui a, le 21 septembre dernier, fait une intervention intitulée « Connaître une vraie Chine ». Le Premier Ministre Wen en était à son deuxième déplacement aux Nations Unies, après celui de 2008.

Diplomatie oblige, monsieur Wen a, selon un communiqué officiel émanant de son gouvernement, rencontré le président américain Barack Obama, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et d’autres dirigeants étrangers, ainsi que des célébrités des communautés économiques et financières américaines, des groupes pour l’amitié sino-américaine, et des médias chinois et étrangers. Le premier ministre chinois a participé à un sommet des pays membres du conseil de sécurité de l’ONU et à un débat de haut niveau sur le sida. Il a rencontré l’ancien président américain, Bill Clinton, pour lui transmettre le message habituel selon lequel la confiance politique et stratégique mutuelle était cruciale pour développer plus avant les relations sino-américaines. Pour monsieur Wen, les relations sino-américaines se trouvaient actuellement à un moment crucial, mais que dans l’ensemble, les intérêts communs surpassaient les différends et les désaccords. Le Premier ministre chinois a dit souhaiter que M. Clinton puisse jouer un rôle actif pour promouvoir les relations sino-américaines.

Au-delà de ce calendrier diplomatique chargé, que faut-il retenir de la prestation de Wen Jiabao devant l’Assemblée générale de l’ONU ? Dans son exposé, monsieur Wen a affirmé que la Chine, qui célèbre son nouveau statut de deuxième économie mondiale, est toujours un pays en développement dont le produit intérieur brut par habitant n’est qu’un dixième de celui des pays développés. Toutefois, avertit monsieur Wen, la croissance économique devait s’accompagner d’une réforme du système politique du pays qui doit impérativement résoudre ses problèmes de « concentration excessive du pouvoir » et « créer de nouvelles conditions qui permettent au peuple de critiquer et de superviser le gouvernement » afin d’aller vers plus « d’équité et de justice ». « Le développement est notre première priorité. Nous allons principalement nous reposer sur nos propres efforts pour continuer à nous développer », a rappelé Wen Jiabao.

« La nation chinoise qui a créé un miracle économique, va aussi créer une splendeur culturelle », déclarait également Wen Jiabao. Et dans cet élan de réforme, pour un pays aussi peuplé que la Chine, rappelle Wen Jiabao, l’éducation doit jouer un rôle encore plus important. « La construction d’un pays de première classe demande une éducation de première classe et des talents de premier ordre ». Dans le cadre de l’objectif millénaire du développement de l’ONU, la Chine, selon Wen Jiabao, s’efforce de protéger la santé des femmes et des enfants en assumant toutes les responsabilités en la matière. En tant que pays le plus peuplé du monde, la Chine a obtenu des progrès dans ce domaine, déclarait Wen Jiabao lors de la cérémonie de démarrage de la stratégie sur la santé des femmes et des enfants de l’ONU.

Au plan intérieur, la Chine vient de publier le livre blanc « Les progrès réalisés par la Chine en matière de droits de l’homme en 2009 ». Neuf de ces livres blancs ont été, par le passé, publiés. L’objectif de leur publication est de permettre à la communauté internationale de mieux connaître la situation des droits de l’homme en Chine. En 2009, le gouvernement chinois a promulgué et mis en application le Plan d’action national sur les droits de l’Homme (2009-2010). Selon Liu Huawen, chercheur adjoint de l’Institut de recherche juridique à l’Académie des sciences sociales de Chine, cité par Radio Chine Internationale, « le livre blanc démontre de manière objective et globale que le gouvernement et le peuple chinois ont effectivement promu la réalisation des droits de l’homme au fur et à mesure du développement économique et social, du progrès politique et juridique et de la prospérité de la vie matérielle et culturelle. Grâce à ce livre blanc, on peut constater les succès remportés par la Chine pour protéger les droits de l’homme, de même que les perspectives de développement en la matière ».

S’il y avait autant de progrès en matière des droits de l’homme en Chine, pourquoi l’Union européenne sent-elle le besoin de soulever, lors de son prochain sommet avec Pékin le 6 octobre, cette question ? Si l’Union européenne reconnaît que la Chine a progressé en matière de droits économiques et sociaux, et qu’elle a beaucoup fait pour améliorer la situation économique de millions de citoyens chinois, le commissaire au Commerce, Karel De Gucht, rappelle qu’il y a de fortes attentes à l’échelle internationale pour que la Chine se conforme à des normes internationalement reconnues en matière de droits de l’homme. Ce que souhaitait Liu Xiaobo qui lançait en 2008 la « Charte 08 » qui réaffirmait que la « déclaration universelle des droits de l’Homme » et les « pactes sur les droits civils et politiques » devaient constituer des normes d’action pour le gouvernement et le peuple chinois. Ce qui lui a valu onze ans de prison pour subversion. Il sera à nouveau question de la situation au Tibet. L’Union européenne appelle la Chine à permettre au peuple tibétain d’exercer pleinement ses droits politiques, religieux, économiques et sociaux. Cette démarche suscite toutefois des divergences entre pays de l’UE.

Les États-Unis ont dressé une liste d’entreprises chinoises dont les produits sont interdits à l’importation parce que ces sociétés sont soupçonnées d’être des paravents cachant des « laogai » (camps de rééducation par le travail). L’Union européenne, en revanche, ne dispose pas d’un tel instrument mais elle se montre prête à étudier l’efficacité de la législation américaine visant à empêcher de telles importations. « Nous devons reconnaître qu’il y a des limites à cette approche, qui n’a pas entraîné pour l’instant de changement notable dans la politique chinoise en matière de laogai  », a déclaré le commissaire Stefan Füle.

Cela n’empêche pas le pays du Milieu de publier un livre blanc sur « Les progrès réalisés par la Chine en matière de droits de l’homme en 2009 ». Et d’évoquer le fait que, en raison de son développement insuffisant et déséquilibré, il y demeure encore des problèmes liés aux droits de l’Homme. Le gouvernement chinois est en train de prendre des mesures énergiques visant à promouvoir le développement scientifique et l’harmonie sociale tout en s’efforçant de rendre la société plus équitable et harmonieuse, et la vie de la population, plus respectable et plus heureuse.

Lors de cette rencontre du 6 octobre, sera-t-il question de Chen Guangcheng, juriste autodidacte et aveugle, qui a aidé des villageois à engager des poursuites contre les autorités de la ville de Linyi, lesquelles auraient forcé des milliers de femmes à avorter afin que les quotas fixés par le gouvernement central soient respectés ? Chen Guangcheng a été libéré de prison jeudi après avoir purgé sa peine de plus de quatre ans de réclusion. Comme l’indique Libération, selon des documents et témoignages, des avortements forcés étaient pratiqués - et le sont peut-être toujours - jusqu’au huitième mois de grossesse. Les cadres ne reculaient devant rien pour remplir les quotas dont dépendent leur promotion et leur salaire. Afin de contraindre une femme attendant un enfant « hors-quota » à sortir de sa cachette, ils prenaient en otage des membres de sa famille. C’est pour avoir dénoncé ces méthodes mafieuses que Chen Guangcheng a été condamné.

Lors de cette rencontre du 6 octobre, sera-t-il également question de Gao Zhisheng, célèbre avocat chinois des droits de l’Homme, qui a été récompensé par l’Association du Barreau américain pour son travail en faveur des droits Humains ? Lors d’une cérémonie à San Francisco, sa fille, âgée de 17 ans, a accepté le prix au nom de son père. Gao est l’un des avocats les plus respectés. Il a souvent accepté de défendre les propriétaires d’immeubles, les églises chrétiennes et les pratiquants du Falun Gong. Gao est porté disparu depuis l’an dernier. Il a brièvement réapparu en avril de cette année avant de disparaître à nouveau. Personne ne sait s’il se cache, s’il est détenu ou mort.

Le philosophe et académicien chinois, Xu Youyu, a suggéré au Comité Nobel de Stockholm que Liu Xiaobo soit le nouveau lauréat du prix Nobel de la paix en cette année 2010. Le mouvement prend de l’ampleur, comme en témoigne cette lettre signée de Vaclav Havel dans le New-York Times. Jeffrey N Wasserstrom est professeur d’histoire à l’University of California à Irvine et éditeur du Journal of Asian Studies. Il explique que les dirigeants chinois ont une personnalité double et leur facette confiante inquiète leurs voisins et les Etats-Unis. Le fait que la Chine s’empresse de trouver des arrangements avec certains manifestants, plutôt que de traiter toute forme d’action collective comme subversive, peut être vu comme un sentiment de sécurité croissant. A l’inverse, les actions les plus dérangeantes de la Chine peuvent être attribuées à un sentiment d’insécurité exacerbé. Pensez à la manière rude dont l’empêcheur de tourner en rond Liu Xiaobo a été traité. Accusé de « subversion » sur de fausses accusations, ce critique a été condamné à onze ans de prison pour avoir lancé une pétition sur Internet mettant au défi les libertés civiles. Comment un activiste pourrait-il troubler une élite sûre d’elle-même ?


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32 réactions à cet article    


  • ALBIE Alain 27 septembre 2010 11:51

    Bonjour Pierre,

    il semble que tu te spécialises dans un domaine très porteur d’un point de vue médiatique, tu as entièrement raison.

    Pour ce qui est de conseils et remontrances émanant de l’Europe, qu’elle se fasse d’abord propre sur elle (comme d’autres pays d’ailleurs), et elle viendra ensuite expliquer tout ce qu’il ne faut pas faire en la matière.

    On y trouve en effet tous les anciens esclavagistes, colonisateurs et autres spécialistes des gazage en tout genre.

    Oui, je sais, c’était avant, mais personne ne m’a jamais dit avant quoi.

    Pour ma part, je vais ouvrir un nouveau site sur le Canada, vue l’étendue, il doit bien y avoir quelque chose à en dire, même si ce pays ne fait pas la une.


    • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 27 septembre 2010 12:35

      Alain


      Je vous rassure. Il y a beaucoup à dire sur le Canada. Tiens je vous donne un sccop. Une revue canadienne anglaise a déclaré que le Québec était la province la plus corrompue du Canada. Non pas l’une des plus corrompues. Mais la plus corrompue. Voilà ce qui se produit lorsqu’une publication, dans ses jugements, manque de nuances. Et ce sont des journalistes professionnels qui ouvrent à la revue MacClean. Et cette même revue a consacré plusieurs articles également défavorables à la Chine

    • ALBIE Alain 27 septembre 2010 12:41

      Mon cher Pierre, il y a même des journalistes professionnels(CNN) qui avaient affirmé photo à l’appui que les moines ayant participé aux émeutes tibétaines étaient en fait des soldats.

      En fait, il s’agissait bien de militaires à qui l’on remettait une soutane, mais pour être figurant dans un film

      CNN s’est excusé, mais pas trop fort tout de même.


    • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 27 septembre 2010 13:02

      Alain


      Avez-vous pris connaissance, vous qui habitez la Chine, du livre blanc sur les droits de l’homme  ? Est-il exact, selon vous, que Internet est devenue un nouveau moyen pour le gouvernement de jauger l’opinion publique, et par conséquent d’améliorer sa gouvernance, comme l’indique ce livre blanc ? Vous conviendrez qu’il est difficile de savoir si la Chine dit toute la vérité et rien que la vérité dans ce livre blanc ? Il n’y a que l’Occident qui ne dit que des mensonges et rien que des mensonges à l’égard de la Chine ?

    • ALBIE Alain 27 septembre 2010 18:05

      Vous parlez de LA CHINE, c’est qui LA CHINE ?

      d’après moi, il s’agit d’une entité assez vague pour permettre à des personnes ne connaissant rien de ce pays de pouvoir enrichir leur notoriété.

      J’adore le « Vous qui habitez en Chine » en ce qui concerne le livre blanc.

      celui-ci, qui est je crois le neuvième du genre, est destiné à l’opinion publique étrangère, et non aux chinois. Il est d’ailleurs amusant de constater que l’inverse n’existe pas, sans doute à cause d’une perfection génétique faisant que l’occident n’a aucun défaut, ou de cette éponge magique qui efface le passé parfois même très récent.

      Si un pour ce pays vous intéresse pour autre chose que pour noircir des lignes, vous pourrez,en cherchant un peu, apprendre que ce pays n’est non pas dirigé depuis Pékin, mais par des gouvernement locaux qui prennent de plus en plus le pouvoir.

      Cela rend extrêmement difficile de parler de LA CHINE, comme vous le faites.

      Pour ce qui est d’Internet utilisé auprès de la population, le fait est que le gouvernement lance régulièrement des enquêtes, et a même ouvert un site où il est possible de dénoncer certains cas de corruption, ce qui est un des problèmes majeurs auquel la population est confrontée.

      Mais toutes ces choses, vous les connaissez en tant que rédacteur d’un article sur un pays qui pour info n’est plus gouverné par Mao depuis un peu plus de 30 ans. je dis cela au cas où ...


    • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 27 septembre 2010 21:11

      Alain


      Il est malheureux que vous vous braquiez derrière une pensée unique. Je ne pourrai et ne voudrai surtout pas vous convaincre de modifier votre opinion. Je n’ai aucune frustration à l’égard du monde occidental même si j’en réalise les limites et les défauts. Vous vous réfugiez derrière ce travers que vous reprochez à tout observateur qui veut comprendre la Chine : les préjugés. 

      Et c’est la deuxième fois que vous me prévenez que vous allez ouvrir un nouveau site sur le Canada. Je vous invite à le faire et j’en serai un lecteur assidu. Entre temps, la pauvreté de votre argumentaire ne vous fait pas honneur, vous qui habitez ce grand pays et qui semblez l’aprécier. Oubliez l’Europe et expliquez-nous pourquoi nous nous trompons chaque fois que nous tentons une analyse sur ce grand pays. Mettre au premier rang vos frustrations personnelles ne fait pas avancer le schmilblick. 



    • ALBIE Alain 28 septembre 2010 03:44

      « Mettre au premier rang vos frustrations personnelles ne fait pas avancer le schmilblick. »


      Vouloir à tout prix surfer sur la vague du moment en se donnant une image faussement humaniste donne la médiocrité constable dans votre article.

      Google+Google n’a jamais donné à quiconque un talent de journaliste ou d’écrivain.

      On peut tromper les lecteurs sur un article, voir deux, mais pas sur la durée. Cela explique que ce genre de "prestation’, se limite souvent à une seule tentative.

      La Chine, les droits de l’homme, vous n’en avez en fait rien à faire, ce qui vous intéresse c’est publier et paraître.



    • JL JL 27 septembre 2010 12:13

      Bonjour Pierre R Chantelois, c’est intéressant.

      Vous dites : « S’il y avait autant de progrès en matière des droits de l’homme en Chine, pourquoi l’Union européenne sent-elle le besoin de soulever, lors de son prochain sommet avec Pékin le 6 octobre, cette question ? »

      Je crois que cette question est inappropriée. Bernard Maris, invité ce matin sur France Culture disait à ce sujet : "Le capitalisme c’est : « On te donne des objets, mais tu fermes ta gueule » ! Cela vaut aussi bien pour la Chine que pour le monde occidental.

      Les sirènes libérales, bien qu’elles s’en défendent, nous chantent chaque jours les louanges de la main invisible  ! Il est urgent de ne rien faire, nous disent-elles. C’est ça qu’on veut pour la Chine ? La vérité, ce n’est pas que la Chine va nous rejoindre, ni que nous allons rejoindre la Chine, la vérité c’est que les uns et les autres convergent vers un monde infernal, le néo-fascisme : l’un sous les couleurs de la démocratie électronique, l’autre sous les couleurs du socialisme. Mais l’un comme l’autre pillant et polluant la planète par de plus d’objets aussi stupides qu’éphémères.


      • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 27 septembre 2010 12:37

        JL


        Point de vue intéressant qui a le mérite de n’être pas univoque. 

      • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 27 septembre 2010 12:29

        Euh.. Et la France où en est-elle avec 100 démonstrations populacières chaque mois sur la voie publique ?

        Un pays où tout le monde est mécontent, devrait se pencher d’abord sur son cas, non ?

        Et d’ailleurs on se demande bien où sont pasés aujourd’hui tous les « droits de l’homme » inventés par la Mère Patrie Française puisqu’il ne subsiste rien, ni au sein de l’Hexagone tout a fait plat, ni sur l’ensemble de la surface de la Terre globalement sphérique !

        Mohammed MADJOUR.


        • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 27 septembre 2010 12:41

          Madjour


          Est-ce que le comportement malsain de l’un excuse le comportement de l’autre ? Autant la France que le Canada ont des comportements à se reprocher. Et si nous discutions de la Chine ? Peut-elle se permettre la liberté de 100 démonstrations populacières chaque mois sur la voie publique ?


        • ALBIE Alain 27 septembre 2010 12:44

          « Est-ce que le comportement malsain de l’un excuse le comportement de l’autre ? »

          Ça , c’est l’argument universel : faites ce que je dis, mais ne dites pas ce que je fais.

          C’est comme si une prostituée venait donner des leçons de moralité, trop drôle.


        • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 27 septembre 2010 13:14

          Alain


          Vous interprétez à votre avantage la réponse que j’ai faite à Madjour. Ce que j’évite de faire à l’égard des gens qui ont le courage de leurs idées.

        • ALBIE Alain 27 septembre 2010 12:43

          A quand Pierre un article sur l’Inde, votre plus grande démocratie du monde. Comme pour la Chine, pas besoin d’en connaître quoi que ce soit : Google est ton ami !


          • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 27 septembre 2010 13:06

            Alain


            Pour aujourd’hui, c’est le livre blanc sur les droits de l’homme qui ont attiré mon attention. Que vous m’en fassiez reproche est votre droit. J’aimerais entendre votre commentaire sur la déclaration de votre Premier ministre sur ses déclarations devant l’Assemblée générale des Nations Unies : la croissance économique devait s’accompagner d’une réforme du système politique du pays qui doit impérativement résoudre ses problèmes de « concentration excessive du pouvoir » et « créer de nouvelles conditions qui permettent au peuple de critiquer et de superviser le gouvernement » afin d’aller vers plus « d’équité et de justice.

            •  C BARRATIER C BARRATIER 27 septembre 2010 15:20

              Le machin ONU n’est pas habilité à se pencher sur les droits de l’Homme...Ceux de la femme restent précaires d’ailleurs en Occident comme en Orient. Par contre, en CHINE la femme s’affirme.
               Des avis autorisés notent que l’ONU ne voterait pas aujourd’hui la déclaration universelle.
              Les droits de l’Homme et de la Femme ne peuvent être défendus que par le combat quotidien avec participation de chacun. Ici et maintenant il y a beaucoup à faire, c’est la montée des inégalités, le pillage de minorités sur des majorités réduites à la misère. Que deviennent nos droits constitutionnels à être soignés, à avoir une retraite digne ? Nous nous enfonçons.
              Je pense que pendant que nous plongeons effectivement la Chine monte. ça se verra vite, c’est un très grand pays par rapport à la France, et l’Europe..
              Qui sait : les chinois nous aideront peut être à nous réveiller et à aller vers de nouvelles conquêtes humaines ?


              • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 27 septembre 2010 15:35

                C Barratier


                Je partage une partie de votre message. Le Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies n’est pas le lieu le plus neutre pour émettre des avis sur la conduite des pays membres ou non-membres. Le Conseil est jugé par trop partial et ses avis sont parfois très contestables. 

                La question que je me pose est la suivante à l’égard de la Chine. Si elle occupait le rang de première puissance mondiale, en termes économique, militaire, commerciale, se comporterait-elle de manière identique aux États-Unis en voulant imposer une certaine hégémonie pour protéger des intérêts régionaux ? Qu’une puissance remplace l’autre, je veux bien. Quels changements cela apporterait-il à l’humanité ?

              • franco-chinois 27 septembre 2010 15:20

                Bonjour Pierre,

                "la croissance économique devait s’accompagner d’une réforme du système politique du pays qui doit impérativement résoudre ses problèmes de « concentration excessive du pouvoir » et « créer de nouvelles conditions qui permettent au peuple de critiquer et de superviser le gouvernement » afin d’aller vers plus « d’équité et de justice. « 

                C’est le défi que doit réaliser la Chine, bien des chinois en sont conscients.

                La question est comment faire - sans sacrifier la stabilité et l’unité du pays. Les discussions ou plutôt luttes, font rage au sein du parti dirigeant et au sein des think tanks. Mais, personne n’a la recette. D’ailleurs, comme disait Chomsky en Chine, il est dans l’intérêt de personne que la Chine devienne un USA-bis.

                Les critiques, notamment ceux des français, sont d’ailleurs bienvenus, comment disait le président du parlement chinois il y a quelques mois.

                Or une critique pertinente, ne peut pas être séparée d’une bonne connaissance de la civilisation. Et le problème est que des Mateo Ricci, se comptent sur les doigts d’une seule main. Ce qui n’est pas un hasard puisque au moment où la philosophie devenait une discipline académique en Europe, la sagesse chinoise était reléguée par ces mêmes scolastiques, comme étant une sous-philosophie. Cette situation dure plus ou moins jusqu’à maintenant. C’est ainsi que les critiques venus de l’occident (lieu géographique) - basés sur des catégories occidentales et des logiques dialectiques, dichotomiques -, sont souvent ethnocentriques et à côté de la plaque. Pire, elles sont souvent perçues en Chine comme condescendants et humiliants.

                Qui plus est, les relations entre les pays sont essentiellement basées sur le commerce, sur le rapport de force. Même des critiques utiles, sont souvent manipulés au profit de ceux qui ont la foi en »la main invisible régulant automatiquement le marché« . Et le marché chinois n’est pas aussi ouvert, n’est pas aussi libre comme on l’entend en Europe ou aux USA - ceux qui pourrait expliquer sa relative stabilité par rapport aux crises économiques du système international. Et cette situation irrite beaucoup les dents longs.

                Étant donné que les médias en occident - qui perdent d’ailleurs de crédibilité à cause de la main mise des multi-nationaux ou de la »main invisible « mais sangsue -, ne reflètent à longueur de la journée, que les côté négatifs de la Chine.

                A cela il faut ajouter le concours en duo de cette »gauche" europeenne - trop embourgeoisée, manque d’idées et incapable de renouveler ou d’innover dans la pensée depuis les années 70. Pour exister, il ne reste plus qu’a ces bien-pensants, de cantonner dans des critiques pour critique et la défenses de manière stérile des causes des veufs et d’orphelins lointains.

                Cette difficulté de dialogue peut se remédier si l’on se donne les réels moyens pour se comprendre. Mais combien en sont-ils conscients, vu la logique très ancrée en Europe et en Amérique du nord, de l’identification au Même ?
                 


                • franco-chinois 27 septembre 2010 15:31

                  Eratum :

                  Étant donné que les médias en occident - qui perdent d’ailleurs de crédibilité à cause de la main mise des multi-nationaux ou de la « main invisible » mais sangsue -, ne reflètent à longueur de la journée, que les côté négatifs de la Chine, ainsi, l’information sur la Chine est bien trop partielles et partiales.


                  • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 27 septembre 2010 15:58

                    Franco-chinois


                    Merci de votre long commentaire que j’apprécie pleinement. Il reste une chose qui est totalement imprévisible et incontrôlable : l’opinion publique. Beaucoup de gouvernements souhaiteraient la contrôler car elle dérape parfois et peut se révéler dévastatrice. La France ne fait pas exception à ces dérapages de l’opinion publique. Le Canada et la Chine non plus. 

                    Faut-il être expert pour avoir une opinion sur ce qui se passe en Chine ? Si tel était le cas, cela équivaudrait à interdire à quiconque de réfléchir sur une situation géopolitique qui pourrait l’intéresser à plusieurs niveaux : intérêt personnel, financier, économique, social, sanitaire ou autres. Les Chinois eux-mêmes ont-ils la latitude nécessaire pour se faire une opinion sur leur gouvernement ? Il appartient à ces derniers d’y répondre, s’ils le peuvent. 

                    J’ai évoqué les déclarations de Wen Jiabao devant l’Assemblée générale de l’ONU parce qu’elles m’apparaissaient très importantes. J’ai dit en introduction que, malheureusement, les gesticulations de Mahmoud Ahmadinejad avaient éclipsé l’annonce d’une orientation fondamentalement nouvelle du premier ministre chinois. Je voulais susciter sur cette question un débat. Pour ma part, je constate qu’il s’installe en Chine deux écoles de pensée : celle Hu Jintao et celle de Wen Jiabao. Hu Jintao serait-il prêt à réformer le gouvernement au point d’accepter la libre expression du peuple aux affaires de l’État ? Le PCC sera-t-il prêt à céder une partie de ses immenses pouvoirs au profit d’une pluralité d’opinions au sein de la Chine actuelle. 

                    Il est évident que la Chine évolue. Il existe maintenant des milliardaires dans ce pays. Comme il existe une classe pauvre et indigente qui n’a de voix que le soupir qui lui reste pour survivre. Au centre, il y a cette classe bourgeoise, intellectuelle, formée et éduquée. Le changement viendra là. Je ne crois pas que cette classe jeune et vigoureuse se mette à lire les préceptes de Mao tous les matins. Elle a d’autres préoccupations. 

                    J’ai également voulu souligner la publication de la neuvième édition du livre sur les Droits de l’homme. Toute une dichotomie sépare la théorie de l’action. Et cela ne vaut pas que pour la Chine. Mais il s’agit bien de la Chine ici. La dissidence est sévère réprimée et il ne faut point s’en cacher. En tant que deuxième puissance économique, la Chine en est bien consciente. 

                    Il faut cesser d’analyser la Chine par les médias occidentaux et de tout mettre sur le dos de ces derniers la mauvaise opinion qu’ont les populations sur ce pays. Le conflit Chine-Japon et les enjeux qui sous-tendent ce conflit n’est pas créé par les médias occidentaux. Vieux contentieux depuis la dernière guerre quise porte maintenant sur des enjeux économiques, les îlots (Diaoyu pour la Chine, Senkaku pour le Japon) riches en hydrocarbures. Les positions de la Chine en faveur de l’Iran au Conseil de sécurité peuvent être analysées sans que pour autant un sacrilège soit commis. 

                    Pierre R

                    • franco-chinois 27 septembre 2010 17:30

                      Bonjour Pierre,

                      Vous avez parfaitement raison : les événements sont désormais internationaux. Toute analyse bien appuyée sur des faits permet de mieux comprendre les phénomènes. Ce que je constate dans ce monde, c’est la logique de lutte et non la logique d’entente, qui prime et qui empêche le dialogue en levant des voiles. 

                      Il est un fait de constater que dans les manuels scolaires français, on étudie l’arrière chambre d’un sarcophage égyptien, mais on ignore qui est Lao Tseu ou Zhuang Tseu. La tache d’analyse sur la Chine est donc difficile. Il suffit d’ailleurs de constater que même les sinologues s’engueulent entre eux.

                      L’opinion publique est « imprévisible et incontrôlable », j’ajouterai qu’elle est volatile et indéfinissable. On entend un brouhaha. Les essaies de le canaliser ou de le formuler clairement se traduisent jusqu’à présent, à écrire l’histoire des humains avec son propre sang.

                      En absence de juridiction ou jurisprudence universelle, les droits de l’homme ne sont qu’un droit formel, un vœux. Et sans jurisprudence, foutaise (formule selon Deleuze). De plus, la notion de souveraineté, est en conflit avec la notion de l’universalité (A. Arendt).

                      Aussi bien les chinois que les européens, tant que c’est la logique de « qui en a une plus grosse » qui prime, parler des droits de l’homme sur la scène internationale, c’est une hypocrisie.

                      Sauf, si l’on essaie réellement de dialoguer et de cooperer pour une jurisprudence internationale ou améliorer chacun chez soi, les conditions humaines.

                      Quant aux récents conflits territoriaux entre la Chine et le japon, il est intéressant de voir les réactions des gens de Hongkong et de Taiwan.

                      Amclmt,

                      Liang


                      • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 27 septembre 2010 20:53

                        Liang


                        Votre commentaire est fort précis et pertinent. Je comprends bien que vous connaissez à fond la Chine, si je me fie à votre prénom. Déduction peut-être téméraire, si tel est le cas, je vous prie de m’en excuser. J’ai tenté de poser un regard sur la Chine en fonction de la Chine et non en fonction des médias occidentaux. J’ai cherché à pointer des références chinoises et de mettre en valeur une partie de la prestation du premier ministre devant l’Assemblée générale des Nations Unies. Relativement à Lao Tseu et Zhuang Tseu, vous avez raison. La grande majorité ne connait pas ou peu ces deux penseurs. Je pourrais vous soulever que les générations actuelles connaissent peu ou pas Platon ou Aristote, trop éloignés de leurs champs de préoccupation immédiate. 

                        S’agissant des Droits de l’Homme, (je préfère les droits de la Personne), je dois vous dire que dans mon pays, nous avons deux Chartes : une fédérale et l’autre provinciale. Et depuis leur adoption, la jurisprudence devient - avec le temps - plus abondante et elle soutient mieux les récents jugements qui font appel à ces lois. Je ne dirais pas qu’elles sont une foutaise (formule selon Deleuze) mais elles sont, dans leurs limites, des pistes à explorer, une sagesse à approfondir lorsqu’elles ne sont utilisées à des fins servilement commerciales ou mercantiles. Faut-il rappeler que le moine bouddhiste japonais Nichiren Daishonin avait exprimé, avant l’adoption des Chartes des droits de la personne, un grand respect pour les nonnes et femmes laïques. Permettez-moi cet exemple : pourquoi Guantanamo est apparu si odieux aux yeux des observateurs du monde entier ? Parce qu’on y a suspendu l’Habeas Corpus, notamment. Or l’Habeas Corpus est un fondement des droits de la personne. 

                        Votre citation df’Hannah Arendt, je pourrais vous opposer cette réflexion si vraie de nos jours : la véracité n’a jamais figuré au nombre des vertus politiques, et le mensonge a toujours été considéré comme un moyen parfaitement justifié dans les affaires politiques

                        J’observe avec beaucoup d’intérêt le conflit sino-japonais. Mais vous conviendrez que c’est là une toute autre que nous pourrions débattre à un autre moment. Je vous remercie.

                      • franco-chinois 28 septembre 2010 00:25

                        Bonsoir Pierre,

                        Voue n’êtes pas trompé sur mon origine. Je suis d’origine chinoise mais vivant sur le sol français depuis 30 ans avec une famille issu de mixage. Mais je ne prétend nullement connaitre la Chine « à fond ». Ce qui me fascine, ce sont les points communs de deux civilisations ainsi que les différences qui permettent de s’enrichir, de dépasser les confrontations.

                        Au sujet de Platon ou de Lao Tseu, il est regrettable que, aussi bien en Chine que dans les pays développés, les jeunes générations ne s’y intéressent. Fruit pourri du consumérisme égoïste. Si l’on oublie le chemin parcouru, il est difficile de voir claire le présent. 

                        L’exemple de deux Chartes au Canada, fédérales et provinciales, est extrêmement intéressant. Elles permettent de nuancer les interprétations (du droit formel) pour une meilleure concrétisation – des lois applicables, au lieu de mélanger l’uniformisation ou l’identification forcée avec l’universalisme (quoique, ce dernier, est aussi sujet à précaution car trop souvent d’interprétation ethnocentrique). La Chine pourra sans aucun doute s’y inspirer.

                        D’ailleurs, des milliers d’étudiants chinois dans les universités des pays développés, sont là pour étudier tout ce qui se font de mieux ailleurs. Tout ou tard, l’élévation du niveau d’éducation fera sont effet. Par ailleurs, des échanges dans tous les domaines avec la Chine, si nombreux de nos jours, joueront aussi un rôle positif pour améliorer les conditions humaines ou les droits de la Personne comme vous l’appelez. Pas uniquement en Chine, je l’espère.

                        Mais de « l’autre côté », que savons nous du système de valeurs en Chine ou comment est il construit et se modifie ? Comment cette vielle civilisation a retrouvé cet élan sans précédant ? Ce sont des vrais questions. Or ce qui est à la mode, c’est de coller sur le dos de la Chine toutes les casseroles, notamment sur les sujets dits sensibles.

                        Le sujet sur lequel vous avancez, vous conviendrez que c’est très délicat. Car trop souvent manipulés par des groupes d’influences composés d’ilotes des temps modernes, et par des politiciens en posture du juge avec en main, plusieurs poids et plusieurs mesures. Entre temps, les droits humains, se trouvent reculés, même sur le sol dit de « sa patrie ».

                        C’est sans doute pour cette raison que Alain, mon ami Gascon, à qui les mono neurones du net lui ont déjà collé tous les noms, s’est trouvé irrité.

                        Par ailleurs, je vous approuve pleinement quant à la citation d’Hannah Arendt

                        Salutations.


                      • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 28 septembre 2010 02:17

                        Liang


                        Merci de votre réponse documentée, encore une fois. Je voudrais vous souligner que toutes les références citées dans cet article viennent de sites chinois, notamment Radio Chine international qu’on ne taxera pas d’ennemie de l’État smiley Je reviens encore sur une marotte. L’ouverture du premier ministre vers une réforme de l’État. C’est un élément important dans la problématique actuelle de la Chine. Comment cette réforme sera-t-elle perçue et quelles sont ses chances de concrétisation ? Nous ne sommes pas, vous en conviendrez, dans les clichés éculés et véhiculés par l’Occident. Nous sommes au coeur même du noyau chinois. 

                        Si une telle réforme globale devait être adoptée par l’appareil d’État chinois et par le PCC, cela pourrait signifier une transformation profonde du mécanisme de décisions de la Chine qui s’ouvrirait sur un rôle plus grand de sa population aux affaires de l’État. Et la question qui m’importe est la suivante : cela voudrait-il dire que le PCC qui sert d’interface entre le peuple et son gouvernement pourrait perdre de son influence ou de ses pouvoirs qui sont particulièrement importants. 

                        Nous avons assisté par le passé à des réformes qui n’ont abouti qu’à des congédiements ou à des limogeages des dirigeants chinois. Wen Jiabao, qui semble apprécié en Chine, est souventes fois comparé à Zhou Enlai. Est-ce que le premier ministre et le président ont cette extraordinaire capacité d’une vision commune comme l’a démontré le tandem Zhou Enlai et Mao Zedong ? Nous ne sommes plus en 1978 avec la politique de réforme et d’ouverture amorcée sous Deng Xiaoping. Depuis, le PIB per capita s’est multiplié par dix. Ce qui n’est pas rien. Autre question fondamentale. Wen Jiabao, en vieux sage, a survécu au limogeage de Zhao Ziyang. Est-il suffisamment en bonne posture pour mener à termes les réformes annoncées devant l’Assemblée générale des Nations Unies ? Un point qui a été soulevé brièvement dans cette chronique est l’appréciation du yen. Jusqu’oü est prête à aller la Banque populaire de Chine pour accélérer la réforme du système de fixation du taux de change du Renminbi, répondant ainsi aux demandes des États-Unis dont le déficit commercial est colossal. Depuis son adhésion à l’OMC, la Chine ne peut plus jouer seule et elle doit prendre en compte le fait que des règles du jeu dictent le marché et que la Chine doit les accepter. Si on reconnait à la Chine que son rattrapage économique est un cas unique, il lui faudra bien un jour redresser son économie qui est fortement déséquilibrée. Et un tel ajustement risque d’être difficile, comme le notait Wen Jiabao. 

                        Beaucoup de questions qui restent passionnantes et qui dépassent les anecdotes. 

                        Relativement aux opinions d’Alain, je ne les commenterai pas au-delà de ce que j’ai déjà exprimé sur la question. 

                        La Chine est incontournable. Il faut chercher à la comprendre et il faut cesser de la craindre. Ce que je m’efforce de faire le plus simplement du monde. 

                        Amicalement

                      • franco-chinois 28 septembre 2010 14:32

                        Bonjour,

                        "Si une telle réforme globale devait être adoptée par l’appareil d’État chinois et par le PCC, cela pourrait signifier une transformation profonde du mécanisme de décisions de la Chine qui s’ouvrirait sur un rôle plus grand de sa population aux affaires de l’État. « 

                        C’est une évidence inéluctable. Mais le rôle de la population, à mon avis, se restraindra à celui de la surveillance de l’excice du pouvoir. Localement, les fonctions secondaires (les place vice- ) sont déjà ouverts à la population par concours.

                         »Et la question qui m’importe est la suivante : cela voudrait-il dire que le PCC qui sert d’interface entre le peuple et son gouvernement pourrait perdre de son influence ou de ses pouvoirs qui sont particulièrement importants. « 

                        Le PCC, n’est pas un parti au sens classique que nous avons habitude d’entendre en occident. Il comprend dans son sein, aussi bien des maoistes que des patrons libéraux. La vie dans ce parti, est démocratique depuis un peu plus d’1 an : tout se passe par le vote et la parole dans son sein est libre.

                        La Chine jusqu’en 1976, n’a connu que le pouvoir absolu et à vie. La doctrine politique confuséenne (avant 1949) - vertu de l’homme politique, respect des rituels (l’ordre - lois et rites), pouvoir au dessous de la loi -, avait joué un rôle fondamental dans la justification et l’organisation de l’état.

                        La révolution chinoise, menée par Sun Yat Sien ou par Mao, luttaient contre cette doctrine, bien trop ancrée dans la tête des gens. A la place de cette doctrine, Mao a introduit un autre absolutisme révolutionnaire, en grande partie, emprunté à la philosophie messianique de l’occident.

                        Deng Xiaoping, en abolissant le pouvoir à vie - l’introduction de deux mandats -, a bien plus modifié la pensée. C’est le point le plus important jusqu’à présent, dans toute l’histoire chinoise. En même, temps, il a introduit dans la tête des gens, la notion de l’état de droits - en opposition à »pouvoir au dessus de la loi« et, l’abondon de l’idéologie absolutiste - remplacement par la théorie du chat, le pragmatisme.

                        Jiang Zheming a permis une plus grande représentativité du PCC en admettant dans son sein, les patrons libéraux. Ce point, philosophiquement, peut-être interprété comme l’introduction du »dynamique de contradictoires« - philosophie chinoise par essence. La dialectique chinoise n’exclue pas, elle vit avec contradiction, très similaire à celle d’Héraclite.

                        Hu jintao a introduit la notion de »développement scientifique« et »l’harmonie« . Cela signifie très concrétement : démocratisation de la vie politique mais dans l’ordre. Toujoirs dans la ligné du »dynamique de contradictoires« . Il traduit aussi une lutte entre une démocratisation à l’occidentale (multipartisme) et »un modèle de société socialiste à la chinoise" (?, j’avoue que c’est très flou et mal défini).

                        Les récentes déclarations de Wen Jiaobao à Shen Zhen et puis après, celle de Hu jintao, refletent sans doute cette lutte au sein du PCC.

                        Ainsi, la réforme politique se fait, à petit pas. Jusqu’à où ? Personne ne sait. Multipartisme comme la démocratie occidentale ou une gouvernance de type manageriale ? Je craint bien que non, car dans ce cas, si la Chine n’éclate pas, on aura un USA-Bis ce qui n’est pas non plus souhaitable .

                        Le modèle chinois s’appuyera toujours sur un Ordre - stabilité et l’unité du pays pour le moment - incarné en corps par le PCC. La ligne directrice, est inscrite dans la Constitution : construire un etat moderne socialiste sous le guide du PCC. Plus exactement, un état moderne avec l’économie à dominance publique.

                        Pour le moment, ce qui se déssine, c’est un état avec un seul parti mais démocratique dans son sein. La population, votent de manière très locale (petit élécteurs déleguant successivement le pouvoir politique aux grands électeurs ?). Leur rôle essentiel est la surveillance de l’exercie du pouvoir  : déjà en parti vrai avec le net mais tout le monde attend la loi et les decrets sur la Presse, en discussion depuis plus de 10 ans.

                        Liang

                        PS : quand on analyse la politique en Chine, la dialectique dichotomique ne marche pas. Il faut faire appel plutôt à celle de Hegel ou de Leibniz, qui sont bien plus proche de la pensée chinoise - traduit parfaitement par l’esprit du jeu de Go.


                      • L'enfoiré L’enfoiré 27 septembre 2010 19:46

                        Pierre,

                        Hier, j’ai vu sur France2 un très beau documentaire « Grandeurs nature »  : « Chine sauvage : sur les terres du Panda ».
                        Il y avait une phrase qui disait tout en deux mots : la Chine fascine et intrigue. Autre monde, qu’on a difficile à comprendre vu de chez nous, de notre occident qui se fait tirer cette fois par la barbichette.

                        J’ai relevé quelques phrases marquantes de cet exposé.

                        « Nous allons principalement nous reposer sur nos propres efforts pour continuer à nous développer » , a rappelé Wen Jiabao.
                        >>> C’est un peu le malheur des décisions de la Chine, son manque de regard vers l’extérieur à vouloir faire tout sans concertation. Le monde est devenu un village, pas uniquement par Internet, mais par l’ouverture du commerce mondial, l’OMC. On n’a pas encore créé l’OMH, celle des humains. Souvent confondu avec les marchandises, cela ferait peut-être du bien à l’ensemble des nations.
                        Les démocraties sont à géométrie variable. La Corée du Nord, la Birmanie, le Zimbabwe ne vivent que par la vision tournée vers un seul homme autoritaire, ou un groupe militaire dictateur.
                        L’Europe, il n’y a pas si longtemps, avait des Franco, des régimes militaires comme en Grèce.
                        Je ne vais pas parlé du Chili, de l’Argentine, de Cuba.... cela mériterait une analyse pour chacun.
                        Seule la dissidence qui partait de l’étranger pouvait fonctionner. Pourquoi tenaient-ils par les intérêts partagés avec les autres états. La Chine veut faire cavalier seul, ce qui la rend moins « sympathique »

                        « La construction d’un pays de première classe demande une éducation de première classe et des talents de premier ordre »
                        >>>Exact. Elle sait très bien qu’elle a beaucoup de chemin à faire pour s’étendre dans tous les villages et villes qui ne sont pas Pékin, Shanghai et autres dans lesquelles la vie grouille par millions d’habitants. En fait, on devrait dire les « Chines » comme on disait les Indes.

                        « En 2009, le gouvernement chinois a promulgué et mis en application le Plan d’action national sur les droits de l’Homme (2009-2010). ... livre blanc... constater les succès remportés par la Chine pour protéger les droits de l’homme, de même que les perspectives de développement en la matière ». »

                        >>>J’ignorais qu’un livre blanc était sorti. Est-ce des suites des JO de Pékin ?

                        Karel De Gucht, rappelle qu’il y a de fortes attentes à l’échelle internationale pour que la Chine se conforme à des normes internationalement reconnues en matière de droits de l’homme

                        >>> De Gucht, on connait évidemment. Il n’a pas sa langue dans sa poche. Il s’est même fait remonter les bretelles à la suite d’une visite chez Kabila fils.

                        « question de la situation au Tibet. »

                        >>>Je ne sais pourquoi, on prend en permanence le Tibet comme référence.
                        Le Tibet n’est qu’une des régions. Qu’elle veut faire sécession, ce n’est pas nouveau. La Flandre veut le faire aussi. Mais tout le monde ne pense pas ainsi. La comparaison est assez distante, je sais. Mais on connait le problème du régionalisme ou nationalisme.

                        « Le gouvernement chinois est en train de prendre des mesures énergiques visant à promouvoir le développement scientifique et l’harmonie sociale tout en s’efforçant de rendre la société plus équitable et harmonieuse, et la vie de la population, plus respectable et plus heureuse. »

                        C’est incontestable. Mais c’est comme une tache d’huile qui doit s’étendre.

                        « pour avoir lancé une pétition sur Internet mettant au défi les libertés civiles. Comment un activiste pourrait-il troubler une élite sûre d’elle-même ? »

                        Pourquoi rester en Chine pour le faire. C’est prendre beaucoup de risques. D’après moi.
                        La dissidence n’est jamais aimée...
                        Là, j’enfonce des portes ouvertes.
                         smiley


                        • amipb amipb 28 septembre 2010 14:23

                          @L’enfoiré : la différence entre la Flandre et le Tibet est que ce dernier a été envahi il y a 60 ans, et subit une destruction culturelle et environnementale forte. La comparaison entre les deux a donc du mal à tenir.


                        • L'enfoiré L’enfoiré 30 septembre 2010 13:38

                          Amipb,
                           "La comparaison est assez distante, je sais. Mais on connait le problème du régionalisme ou nationalisme."
                          Ai-je dis, je vous rappelle.
                          En fait, qu’est-ce que le citoyen lambda qui travaille dans son coin, dans sa verte campagne ou montagne a à y gagner dans les nationalismes ?
                          Sa vie changera-t-elle ?
                          Non, plus on coupe en rondelle, plus on place de monde pour diriger les morceaux.
                          Voilà, le fin de mot de l’histoire, mais je ne vous ai rien dit, bien sûr.
                          Faut pas trop répéter.
                           smiley


                        • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 27 septembre 2010 21:02

                          L’enfoiré


                          J’ai vu des reportages de notre télévision nationale sur le patrimoine végétal de la Chine et sur ces paysages magnifiques de ce vaste pays. Images d’une splendeur incroyable. 

                          Lorsque vous écrivez : Les démocraties sont à géométrie variable. La Corée du Nord, la Birmanie, le Zimbabwe ne vivent que par la vision tournée vers un seul homme autoritaire, ou un groupe militaire dictateur, je comprends bien que vous ne tenez ces derniers pays pour des démocraties. 

                          Le choix du Tibet n’est pas mon fait. Le choix du Tibet est une décision, contestable ou non, de l’Union européenne. C’est une question qui fâche. Notre premier ministre, Stephen Harper, l’a appris bien malgré lui par une sévère remontrance de la Chine. 

                          Pourquoi rester en Chine pou8r signer une pétition ? Pourquoi Aung San Suu Kyi a-t-elle préféré combattre le régime birman de l’intérieur, avec toutes les conséquences que cela a entraînées ? Les motivations sont parfois insondables mais elles n’enlèvent rien au geste héroïque des personnes qui agissent en fonction de ces dernières. 

                          Merci pour votre commentaire.

                          • L'enfoiré L’enfoiré 30 septembre 2010 13:40

                            Pierre,

                            " Pourquoi Aung San Suu Kyi a-t-elle préféré combattre le régime birman de l’intérieur, avec toutes les conséquences que cela a entraînées ?« 

                            C’est très vrai.
                            Il y a des héros. Tout le monde n’en est pas.
                            Comme le chantait si bien Brassens »Mourir pour des idées d’accord, mais de mort lente".
                            Il y a aussi Jacques Dutronc qui retourne sa veste du bon côté.
                             smiley


                          • xray 29 septembre 2010 11:19


                            Avant de s’intéresser aux droits humains en Chine,  il serait peut-être mieux de regarder ce qui se passe en France. 

                            La niche à chien fait de la résistance.  
                            (Par nature, les fonctionnaires sont toujours à la recherche de quelque chose à voler.) 
                            http://echofrance23.wordpress.com/ 



                            • Un Franc Pek 5 janvier 2011 03:13

                              Un article bien long sans veritable conclusion ni réelle polémique et pour cause, après avoir dréssé le constat des bonnes intentions du gouvernement chinois qui, à mon avis, sont loin d’être hypocrites, vous avez juste repris des éléments de rédactionels de journalistes qui un peu comme vous ( que je decouvre seulement aujourd’hui ) ont la subversion dans le sang ! Pour moi, et je rejoins là le point de vue de Albie alain, il me semble que votre unique objectif n’était que de remuer des mots afin d’être publié. Juste une histoire d’ego ( le votre ). La réalité est toute autre. Jamais la chine n’a eu d’aussi bon gouvernement et le fait qu’il soit autocratique n’enlève rien à sa performance de bien gérer ce vaisseau d’1millard4 d’habitant. Coté droits de l’homme, et je suis bien placer pour en parler puisque je dirige une équipe de 80 personnes dansune des campagnes les plus reculées, je peux vous dire qu’ils se situent là ou on les soupconnent le moins : dans la générosité, la gentillesse, le pacifisme et l’esprit familial profond de sa population et de ses cadres dirigeants. Attention, le social n’est pas un vain mot en ce beau pays et ce n’est pas aux pseudos intellectuels de gauche occidentaux de donner des leçons ! smiley

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