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Accueil du site > Actualités > International > La Corée du Sud : la politique de la peur

La Corée du Sud : la politique de la peur

Le gouvernement sud-coréen a lancé ses exercices en mer histoire de montrer au « Cher Leader » de Corée du Nord que le Pays du Matin Frais n’a pas peur. Appuyé par les Etats-Unis et son porte-parole qui était en visite à Séoul, Hillary Clinton, pour toute action prise à l’encontre du Nord par le Sud, Lee Myung-Bak compte bien pousser les tensions jusqu’à leur limite.

Les pays occidentaux et l’ASEAN n’ont d’ailleurs pas hésité à prévenir tout dérapage, préférant laisser la place à la prudence et au contrôle de chacun. Suite au dépôt au Conseil de Sécurité des Nations Unies du rapport établi par la Corée du Sud dénonçant la Corée du Nord comme responsable du naufrage du navire Cheonan en Mer Jaune fin mars, les Nations Unies ont décidé d’ouvrir une enquête, Pyongyang insistant sur son innocence. Onze pays participeront à cette enquête internationale. Outre les pays ayant déjà participé à la première enquête (USA, Corée du Sud, Suède, Grande-Bretagne et Australie), d’autres pays se joindront aux recherches comme la France, la Turquie ou le Danemark.

Mais cela n’empêche pas les autorités sud-coréennes à provoquer un sentiment général de peur dans la péninsule Sud. Jusqu’à présent, les Coréens ne prêtaient pas grande attention aux dernières informations tombant concernant les réactions du Nord. Le discours de lundi du président Lee Myung-Bak, au cours duquel il qualifia la Corée du Nord comme le « principal ennemi » de la Corée du Sud, n’a pas eu un fort impact sur l’attitude de la population. Ni crainte ni inquiétude jusqu’à présent. Alors hier, le gouvernement a décidé de passer aux choses sérieuses.

Bizarrement, près de 10 000 vétérans sud-coréens se sont réunis sur Seoul Plaza (ci-contre), place pourtant interdite aux rassemblements de ce genre, pour crier au lancement des opérations militaires contre la Corée du Nord. Le gouvernement aurait-il choisi son camp ? Rappelons qu’il y a une semaine, lorsque des groupes civiques ont voulu se réunir sur Seoul Plaza pour commémorer le premier anniversaire de la mort du président Roh Moo-Hyun, l’accès avait été totalement interdit. Deux poids deux mesures.

Et toujours dans ce cadre d’une politique de la peur, les armées americano-coréennes sont passées au niveau Watchon, un système d’alerte mise en place par les deux pays. La situation est passée de Watchcon 3 à Watchcon 2, niveau indiquant « une menace vitale pour le pays ». Pour information, Watchcon 1 prend effet lorsque la guerre est déclarée. Le ministère de la défense Kim Tae-Young en a même remis une couche en indiquant que « le pays est en alerte général suite à des mouvements militaires inhabituelles ». Les exercices d’attaques anti-sous-marins ont commencé hier.

La dictature de Kim Jong-Il joue le jeu du président Lee Myung-Bak. Hier, l’heure était encore aux menaces en annonçant que l’accord de non-agression et de coopération signé entre les deux pays en 1991 était désormais rompu entre les deux Corée. Dans les médias occidentaux, on annonce une tension au plus haut niveau entre les deux Corée.

En Corée du Sud, la tension n’est en aucun point palpable dans la ville de Séoul, pourtant située à une soixantaine de kilomètres de la frontière avec le Nord. Entre la politique de la peur du gouvernement coréen qui ne marche pas (pour l’instant) et la politique de la peur des médias occidentaux (les médias locaux ne faisant que relater les faits), qui suivre ? Personne, probablement… Espérons simplement que la rencontre de cet après-midi entre Lee Myung-Bak et le premier ministre Chinois Wen Jia-Bao calmera les ardeurs de tout le monde...

Bienvenue en Corée du Sud

 


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9 réactions à cet article    


  • Frédéric 11 28 mai 2010 11:21

    L’article en question est en contradiction avec celui précédent ’’même pas peur’’  smiley


    • Arosmik Arosmik 28 mai 2010 11:41


      1. Même pas peur = la population. Le précédent explique que la population ne semble pas craindre les mouvements nord-coréens.
      2. Politique de la peur = le gouvernement. Celui-ci explique que le gouvernement de Lee Myung-Bak tente par tous les moyens d’inquiéter une population sud-coréenne qui préfère les résultats du baseball aux ébats intercoréens...

       smiley


    • jullien 28 mai 2010 12:29

      Les Nations-Unies n’ont pas pu enquêter sur les ADM irakiennes. Et pour cause...


    • Pegasus Pegasus 28 mai 2010 12:55

      Les Russes vont envoyer leurs experts :

      http://fr.rian.ru/world/20100526/18...

      Sur proposition de Séoul même. Faudra trouver autre chose.

      Sinon oui, le gouvernement du Sud, qui a foiré sa communication au moment de l’incident et montré qu’il n’y avait pas grand chose derrière sa politique « dure » à l’égard de Pyongyang essaye de compenser en sur jouant une rhétorique de confrontation qui ne prends pour ainsi dire pas.

      A moins d’une connerie genre garde à la détente facile sur la DMZ, les deux parties vont enchainer les déclarations inflammatoires jusqu’à ce que Pékin dise à Kim Jung-Il de se calmer, ou que Washington fasse pression sur le Sud s’il voit que celui-ci à pris le soutien des USA dans l’affaire pour un chèque en blanc.


    • Pegasus Pegasus 28 mai 2010 14:24

      En fait si, les Nations-Unies ont pu enquêter en Irak sur les ADM avant que Bush fasse sans doute la plus gigantesque connerie de l’histoire des USA. Conclusions : détruites au début des années 90 et programme arrêté


    • pingveno 28 mai 2010 21:58

      Celui-ci explique que le gouvernement de Lee Myung-Bak tente par tous les moyens d’inquiéter une population sud-coréenne qui préfère les résultats du baseball aux ébats intercoréens...

      Ce n’est pas nouveau. Ce pays est certes plus démocratique que la Chine mais moins que le nôtre : il ne fait pas bon y prononcer des phrases pouvant être interprétées comme favorables au voisin du Nord. Loin de moi l’idée de vouloir défendre Pyongyang, mais tout de même Séoul obéit un peu trop à Washington, or les américains c’est bien connu sont pour la liberté d’expression... à condition d’être d’accord avec eux !


    • Etre Realiste 28 mai 2010 14:19

      L’OCCIDENT ne comprend qu’un seul langage....ce lui de la FORCE !!
      Alors méfiez-vous de PYONG-YANG !!
      Ce régime possède l’arme atomique, alors la Coréé du Sud ferait mieux de baisser son pantlon, sinon ils n’auront plus que leurs yeux pour pleurer....

      et ils viendront nous emmerder (nous ici en France), en nous demandant de leur envoyer des soldats parmi nos enfants, pour défendre ces tapettes !!


      • asterix asterix 28 mai 2010 23:06

        Je ne suis pas d’accord avec une politique de la peur qui ne peut mener qu’aux excès, au braquage de l’autre sur ses positions. Mais le réalisme veut aussi que le grand leader nord-coréen est totalement incontrôlable, qu’il a la bombe et qu’il se trouve aux portes de la Chine. Verriez-vous celle-ci ne pas réagir à un contre-feu nucléaire à ses portes ?
        L’ASEAN n’en a rien à foutre de la Corée, c’est un immense Hiroshima qui l’inquiète. 


        • Pegasus Pegasus 29 mai 2010 15:03

          Une déclaration intéressante de la Chine
          http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/05/29/pekin-ne-protegera-pas-les-naufrageurs-du-cheonan_1364904_3216.html

          Et les chinois aussi sont invités par la Corée du Sud. Au vu de la confiance affichée par Séoul, il semblerait que l’affaire de la torpille soit pliée.

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