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La crise Israélo Américaine, un leurre politique pour sortir du statu quo

A croire les informations relayées par les mass médias, c’est la crise entre Washington et Tel-Aviv, suite à l’annonce du projet de construction de 1600 nouveaux logements à Jérusalem-Est, pendant la récente visite du vice président américain, Joseph Biden, en Israël. Ambiance.

"[Cette] crise est, selon plusieurs commentateurs, la plus grave depuis au moins une décennie, la coalition gouvernementale, sans être menacée, bat de l’aile et la presse Israélienne tire à boulets rouges sur un premier ministre qui a réussi l’exploit de brouiller Israël avec le seul pays qui est indispensable à sa sécurité" rapporte le journal Le Monde (16/03/10).

"Cela a été un affront, une insulte, plus encore, cela a compromis le fragile effort d’amener la paix dans la région" a déclaré dimanche David Axelrod, conseiller du président Obama. La veille, la secrétaire d’Etat Hilary Clinton eut un entretien téléphonique très dur avec Benjamin Netanyahu selon le département d’Etat. Une quarantaine de minutes pour passer « un savon » à ce dernier et condamner l’attitude profondément négative d’Israël envers Washington, selon la presse Israélienne.

"Nétanyahou a rejeté les demandes américaines en annonçant lundi devant la Knesset qu’il n’était pas question de ralentir la colonisation à Jérusalem-Est" en réponse à Hillary Clinton qui avait "exigé la suspension du plan de constructions à Ramat Shlomo, quartier juif de Jérusalem situé de l’autre côté de la Ligne verte, et un certain nombre de mesures d’apaisement", précise Le Figaro (16/03/10) qui n’hésite pas à parler de "crise historique" entre Washington et Tel-Aviv.

Que le soutien des Etats-Unis à Israël soit inconditionnel et indéfectible, cela n’a rien de surprenant quand on connaît l’influence exercée par les lobbies pro-Israël sur la politique moyen-orientale de Washington. Que les régimes des pays Arabes alignés sur Washington exploitent la cause Palestinienne depuis des décennies pour cadrer avec les visées des Etats-Unis dans la région et se maintenir ainsi au pouvoir, cela est devenu la coutume d’usage. Mais que l’incident entre Washington et Tel-Aviv survienne au moment même où la situation des populations Palestiniennes atteint une détérioration sans précédent et où Israël ferme la porte à toute relance du processus de paix, voilà qui montre à quel point le jeu diplomatique peut être cynique et cruel.

Les enjeux de cet incident se situent, en effet, au niveau des relations entre Washington et Tel-Aviv et ne portent nullement sur une réelle volonté de régler la question Palestinienne et encore moins celle de Jérusalem-Est. L’administration américaine, pressée qu’elle est par les lobbies pro-Israël au sujet du dossier Iranien, s’est déclarée, à maintes reprises, opposée à toute attaque unilatérale par Tsahal des installations nucléaires de l’Iran pour des considérations liées aux intérêts propres des Etats-Unis dans la région (Joseph Biden l’a réitéré à Tel-Aviv). Préoccupée par la situation économique intérieure et les conflits d’Irak et d’Afghanistan, elle a joué la carte de la nécessité d’un geste d’Israël (arrêt de la colonisation, reprise du processus de paix avec les Palestiniens) après les résultats désastreux de l’opération de Gaza. Pour le cabinet Netanyahu, il s’agit avant tout de sortir de la situation d’isolement et d’éviter le retardement, voire l’échec, de son agenda anti-Iran, sans céder sur la question des colonies.

Or, il se trouve que même le renoncement en novembre dernier par l’administration Obama à l’exigence d’arrêt de la colonisation, pour une reprise du processus des négociations Israélo-palestiniennes, n’a pas suffi pour infléchir de manière décisive les positions de Tel-Aviv. Le statu quo, qui dure depuis, prolonge, d’une part, l’isolement d’Israël après l’échec de la destruction du Hamas qui a amené le refus de l’Autorité Palestinienne de reprendre les négociations, la mise hors du jeu des régimes Arabes alliés de Washington et la dégradation des relations de Tel-Aviv avec la Turquie, ainsi que le rapport Goldstone dont le parlement européen vient d’approuver les recommandations à l’approche de la réunion du Quartet, prévue ce vendredi à Moscou. D’autre part, et c’est là où le bas blesse pour Israël et ses lobbies en Amérique, cet isolement risque de donner un argument supplémentaire à l’administration Obama pour faire face aux pressions visant une implication plus énergique de sa part dans le dossier Iranien.

Il n’est donc pas exclu que la crise Israélo américaine soit, quelque part, délibérée et que les choses ne tarderont pas à rentrer dans l’ordre entre les deux pays dans les semaines à venir, moyennant de petites concessions mutuelles et probablement une revue à la baisse supplémentaire des attentes des Palestiniens. Cela permettrait à l’administration Obama de relancer, sous une forme ou une autre, le processus de paix même s’il est voué d’avance à l’échec compte tenu des positions radicales du cabinet Netanyahu, et à Israël de rompre l’isolement et d’accentuer la pression sur l’Iran. Quant à l’Autorité Palestinienne et aux voisins Arabes alignés sur Washington, cela donnerait à l’administration Obama l’occasion de les remettre à nouveau dans le jeu après leur déconfiture suite à l’opération de Gaza.

Ben Khabou

Réf. Photo.
par Ben Khabou vendredi 19 mars 2010 - 21 réactions
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  • Par John Eastwood 2 (xxx.xxx.xxx.5) 19 mars 2010 11:21

    quelle crise ? Il n’y a pas de crise, OBAMA dement toute crise dans les relations entre les USA et Israel est l’article de l’AFP le plus envoye a la presse et le plus visible sur google actu depuis 24 heures.

    Une fois de plus on utilise les medias pour creer une confusion, un rideau de fumee, des qu’Israel entame une bataille, la presse titre les USA sont tres faches contre Israel, les USA refusent la colonisation et veulent la Paix, les USA vont punir Israel, puis on termine par les USA dementent toute tension avec Israel....

    Et hop, rideau de fumee, Israel a ce qu’il voulait, garde ses subventions US, les USA eux gardent la face, et la politique de colonisation continue toujours. Merci aux Medias d’avoir jouer le jeu.

    mais aujourd’hui, un exclave chinois au service des israeliens a ete tue par un tir de roquette (une fois de plus la victime israelienne n’est ni juive ni israelienne,, mais bon pour une fois c’est mentionne).... On passe a l’etape superieure, Israel est en position de victime a nouveau et va pouvoir detruire encore plus, tuer des innocents, des enfants probablement, et gagner du terrain, des terrains....

    Avec le soutien de la presse toujours, enfin de la presse judeo-maconnique.






  • Par Leila (xxx.xxx.xxx.250) 19 mars 2010 12:01
    Leila

    Je n’ai rien compris dans cet article. Suis-je idiote ?

    Il n’y a pas de statu quo. Les Israéliens occupent les trois quarts de la Palestine et poursuivent tranquillement leur conquête sous les yeux des Américains et des Européens. La création d’un Etat palestinien est déjà devenue impossible, comme l’a dit Gideon Levy. Dans dix ans, le "Grand Israël" sera une réalité. 

    Mais cet Etat voyou, militairement suréquipé, entouré de barrières fortifiées, champion de l’apartheid, ne survivra pas éternellement.
  • Par Ben Khabou (xxx.xxx.xxx.135) 19 mars 2010 13:42
    Ben Khabou

    Bonjour Leila,

    Vous avez raison, Israël poursuite sa politique en Palestine et refuse de concéder le moindre geste tant que l’administration Obama ne s’engage pas énergiquement à ses yeux sur le dossier du nucléaire Iranien. De leurs côtés les EU, compte tenu de leurs difficultés, inversent les priorités et exigent d’abord que le processus des négociations au PO puisse redémarrer. C’est ce que je voulais entendre par "Statu Quo" dans ce jeu de pressions réciproques entre ces deux pays. Le mot n’est pas bien choisi, je vous le concède.

  • Par Ben Khabou (xxx.xxx.xxx.135) 19 mars 2010 14:16
    Ben Khabou

    Merci Katalyseur pour votre post.
    L’échec de l’opération Plomb Durci n’est plus à démontrer car tout simplement l’entité dont elle visait la destruction tient toujours en place et s’est peut être même renforcée comme vous dites. Comme dans toute guerre, l’échec à un prix politique et celui-ci, non plus, il n’est pas négligeable si l’on y regarde bien.

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