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Accueil du site > Actualités > International > La FAO est beaucoup trop au service de l’agro-industrie

La FAO est beaucoup trop au service de l’agro-industrie

L’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) fait la promotion de l’investissement privé dans le secteur agricole. Le monde entier y gagnera, soutient-elle. La FAO penche résolument en faveur de l’agro-industrialisation là où subsistent des modes traditionnels de production agricole.

Oubliez l’idée de développer des formes alternatives de marchés agricoles. Pour la FAO, ce sont les grandes chaînes d’alimentation qui orientent la production agricole, et c’est très bien ainsi.

Certes, l’organisation reconnaît l’importance des coopératives et de l’appui du secteur public. Elle n’en est pas moins pour un schéma de développement qui rattacherait le moindre petit producteur agricole aux supermarchés des grandes villes.

Pour la FAO, cette tendance est irréversible.

Les supermarchés sont en passe de devenir les principaux intervenants des chaînes d’approvisionnement alimentaire nationales et régionales, car ce sont eux qui définissent les catégories de produits et les normes et qui font fonctionner les chaînes d’approvisionnement transfrontalières.

FAO, Investir dans l’agriculture pour la sécurité alimentaire.

Le modèle que célèbre la FAO ? La sous-traitance agro-industrielle. Dans ce modèle, les entreprises « soutiennent » les agriculteurs en leur fournissant aide technique, matériel, financement, pour qu’ils puissent cultiver un produit donné, qu’elles vont leur acheter.

Je sens les larmes monter aux yeux des plus sensibles d’entre vous. L’agro-industrie accomplit une oeuvre civilisatrice digne de celles des missionnaires d’autrefois. N’est-il pas temps de convertir les pauvres indigènes à cette nouvelle religion qu’est devenu le marché ?

À quoi bon résister, pensent certains...

Avec l’arrivée prochaine de monsieur B à sa tête, les liaisons dangereuses entre l’ONU et le secteur privé ne peuvent que s’accentuer.

Pourtant, il y a des alternatives possibles.

D’abord, il faut accepter de voir la réalité en face : le problème n’est pas la sous-production agricole, mais la pauvreté, qui empêche des centaines de millions d’êtres humains de se nourrir convenablement.

Certains pays souffrant de famines endémiques sont des exportateurs de produits agricoles !

Ensuite, il faut refuser le discours pseudoscientifique des multinationales de l’agro-alimentaire. Ce ne sont pas les modes de production qui sont en cause, mais les modes de distribution qui déterminent ce qui est produit.

Les multinationales ont tout avantage à faire la promotion d’une agriculture qui utilise des intrants payants pour elles.

De plus, pour obtenir les fruits exotiques et les légumes hors saison qui ornent les étalages des supermarchés dans les pays riches, il est utile de déprécier les cultures traditionnelles. Les marchés étrangers sont plus rentables.

L’attitude de la FAO est à l’image des prêteurs internationaux qui font la morale aux paysans, bien que le montant global de l’aide à l’agriculture soit passé de 9 à 5 milliards de dollars.

Il n’est pas étonnant que les multinationales réussissent à convaincre autant de paysans de se transformer en nouveaux serfs de l’agro-industrie.

Pour que des alternatives voient le jour, il faut à la fois une réforme en profondeur de l’aide internationale et davantage d’initiatives comme celles des Agronomes sans frontière.

Oui, des alternatives sont possibles. La FAO doit cesser de cautionner le mal-développement.


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14 réactions à cet article    


  • ZEN zen 19 octobre 2006 20:45

    Merci pour ce trés nécessaire rappel, qui nous oblige à ne pas nous apitoyer sur la misère de certains pays africains, par exemple, mais à comprendre la logique d’un système pervers qui les appauvrit d’année en année...

    L’obligation sans discernement du libre échange fait que au Mali, par ex, le litre de lait en poudre coûte moins cher d’un euro que le lait frais produit localement, le riz importé à bas prix de Thaïlande par le Sénégal ruine les agriculteurs de Gambie, le coton du Tchad ne peut rivaliser, malgré sa qualité, avec celui, subventionné des USA,etc...et l’on s’étonne de l ’exode agricole vers des villes devenues dramatiquement ingérables et de la pression migratoire vers l’Europe.

    Nous ne jouons pas dans la même cour...

    J’ai retenu un passage de la revue à laquelle vous renvoyez : « En fait, l’agriculture orientée vers l’exportation a réduit la sécurité de l’alimentation en encourageant un passage de la production locale viable à petite échelle à la production industrielle non-viable. Elle apporte aussi des changements dans la possession des ressources naturelles et des moyens de production, qui passent des petits propriétaires/producteurs autonomes à des grands intérêts commerciaux. Les paysans sont déplacés de leurs fermes, pendant que les intérêts commerciaux s’emparent de la terre pour la production de produits d’exportation. Ces entreprises ont souvent un impact environnemental négatif, créant d’autres difficultés pour les communautés locales. »


    • cultilandes (---.---.144.138) 19 octobre 2006 22:07

      Si le lait en poudre et le coton américain arrivent moins cher que les produits locaux dans les pays pauvres, ce n’est pas à cause du libre-échange, c’est dû aux subventions déloyales à l’exportation ! Pour d’autres produits, ce peut être dû à l’aide alimentaire...

      En économie libérale « parfaite », il n’y a pas de subvention, pas de distortion de concurrence, pas de corruption non plus. La corruption de certains gouvernants se nourrit des aides internationales, des marchés étatiques et autres politiques publiques.

      L’augmentation du pétrole, donc du coût des transports devrait aider les productions locales. La « relocalisation » doit se faire lorsqu’elle est économiquement justifiée.


    • ZEN zen 19 octobre 2006 23:32

      @cultiland

      « En économie libérale »parfaite« , il n’y a pas de subvention, pas de distortion de concurrence, pas de corruption non plus »

      ll n’y en a aucune. Les USA subventionnent la métallurgie, l’agriculture,les industries militaires de pointe, etc...et imposent leurs prix en jouant sur le dollar-roi...


    • Zamenhof (---.---.193.97) 19 octobre 2006 21:11

      Très bonne réflexion !

      Et tout ça allors qu’on commence à s’percavoir, que contrairement à certainse objections l’agriculture biologique peut nous nourrir tous : http://miiraslimake.over-blog.com/article-3727584.html


      • ZEN zen 19 octobre 2006 21:43

        Le problème de l’agriculture en Afrique (que je connais mieux), c’est notre problème...

        Extrait du Courrier :

        "Les Accords de Marrakech (instituant l’OMC en 1994) n’ont d’ailleurs pas été non plus à l’avantage de l’Afrique : alors que le FMI lui déconseille les subsides, jugés dépenses déraisonnables pour l’équilibre de la balance commerciales, les pays riches du Nord subventionnent quant à eux allégrement leurs produits d’exportation (essentiellement les produits agricoles). Sous l’effet de ce dumping, les productions subventionnées du Nord envahissent les marchés africains au détriment des productions locales. Parallèlement, le Nord fait preuve de protectionnisme à l’égard des produits du Sud. Par exemple, les tarifs moyens imposées par le Nord sur les produits manufacturés importés du Sud restent quatre fois plus élevés que ceux imposés sur les produits venant d’autres pays du Nord. Par conséquent, les produits africains n’ont pas accès aux marchés protectionnistes du Nord, tandis que la mondialisation se limite en grande partie à des échanges Nord-Nord.

        En clair, selon les plans du FMI, l’Afrique donne la priorité à l’exportation (...). Une telle politique a évidemment pour but de récolter les devises utiles au paiement de la dette sans les dépenser dans des politiques publiques. Mais vu que les prix des matières premières ne cessent de chuter, que les capitaux internationaux boudent l’Afrique et que les pays riches du Nord ferment leurs marchés aux produits manufacturés du Sud, une telle politique a comme conséquence de plonger le continent africain dans une pauvreté toujours plus accrue.

        A cette aune, c’est le modèle de développement imposé à l’Afrique qu’il convient de remettre en question. Depuis le milieu des années 80 et les plans d’ajustement du FMI, l’économie africaine a en effet été progressivement extravertie au fur et à mesure que la pauvreté grandissait. S’il est vrai qu’une modernisation des infrastructures et une démocratisation des appareils d’État étaient nécessaires, les bouleversements imposés par le FMI ont en réalité abouti à une situation dramatiquement absurde. Alors qu’en France, par exemple, 75% de la production nationale est destinée au marché intérieur (les 25% restants étant destinés au commerce international), c’est l’inverse qui se produit en Afrique : les trois quarts de la production sont exportés et il ne reste plus que les miettes pour les populations locales. Il faut donc réfléchir aujourd’hui à un modèle de développement différent, accordant la priorité aux marchés intérieurs africains et au financement par la mobilisation de l’épargne africaine. Un modèle de développement permettant à l’Afrique, comme cela a été possible pour les pays riches du Nord, de d’abord solidement ancrer son économie sur le plan intérieur avant de s’ouvrir sur le monde."


        • cultilandes (---.---.144.138) 19 octobre 2006 22:20

          Le développement de l’Afrique, en effet ne peut être fait que par les africains eux-mêmes, comme se sont développés des pays asiatiques, en s’ouvrant au marché, mais avec rigueur...


        • Michel Monette 19 octobre 2006 23:14

          Au Québec, notre modèle de mise en marché a beaucoup contribué à affermir la production agricole. Si nous payons peut-être un peu plus cher pour certains produits de base qui sont contingentés, en revanche les producteurs agricoles peuvent compter sur un marché plus stable. Certains voudraient que tout cela disparaisse pour permettre une baisse des prix profitable aux consommateurs. Mais nous ne sommes pas dupes. Une fois les producteurs disparus, les prix remonteraient comme par magie.

          Je crois que Joseph Stiglitz a raison lorsqu’il dit que le « one size fits all » en économie a eu des effets catastrophiques. Il faut cesser de présenter la libéralisation des marchés comme la réponse aux problèmes d’alimentation. Je ne dis pas par contre que le contrôle de la mise en marché est forcément LA solution. Chaque pays doit trouver la solution la mieux adaptée, dans son propre intérêt. Parfois le contrôle de la mise en marché est la meilleure stratégie, parfois c’est l’ouverture des marchés. Une chose toutefois, le dumping est « agriculturicide » et devrait être banni des pratiques commerciales.


        • Michel Monette 20 octobre 2006 03:31

          Au Québec, notre modèle de mise en marché a beaucoup contribué à affermir la production agricole. Si nous payons peut-être un peu plus cher pour certains produits de base qui sont contingentés, en revanche les producteurs agricoles peuvent compter sur un marché plus stable. Certains voudraient que tout cela disparaisse pour permettre une baisse des prix profitable aux consommateurs. Mais nous ne sommes pas dupes. Une fois les producteurs disparus, les prix remonteraient comme par magie.

          Joseph Stiglitz soutien que le « one size fits all » en économie a eu des effets catastrophiques. Il a raison. Il faut cesser de présenter la libéralisation des marchés agricoles comme la réponse absolue aux problèmes d’alimentation. Je ne dis pas, par contre, que le contrôle de la mise en marché est forcément LA solution. Chaque pays doit trouver les solutions les mieux adaptées, dans son propre intérêt. Parfois le contrôle de la mise en marché est la meilleure stratégie, parfois c’est l’ouverture des marchés. Une chose certaine toutefois, le dumping est « agriculturicide » et devrait être banni des pratiques commerciales.


          • ZEN zen 20 octobre 2006 13:37

            @L’auteur

            Pouvez-vous être plus précis sur le système de subventions à l’agriculture en usage au Canada, en comparaison avec le système européen, et plus précisément français ? Merci.


            • Michel Monette 20 octobre 2006 14:18

              Voici un début de réponse : Un autre modèle agricole est possible. Je ne connais pas bien le système européen, cependant.


            • Mickey Mouse (---.---.33.34) 20 octobre 2006 13:46

              Bonne article ! Merci ! Et à ce propos je ne saurais que conseiller la lecture du livre « L’Empire de la honte » de JEAN ZIEGLER - Edition Fayard, Paris, 2005, 323 pages, 20 euros.

              http://www.amazon.fr/Lempire-honte-Jean-Ziegler/dp/2213623996/ref=pd_bxgy_b_img_b/403-0867631-9798829?ie=UTF8

              Biographie de l’auteur : Jean Ziegler est rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels La Suisse lave plus blanc (1990), La Suisse, l’or et les morts (1997), Les Nouveaux maîtres du monde (2002).

              Présentation de l’éditeur : Nous assistons aujourd’hui à un formidable mouvement de reféodalisation du monde. C’est que le 11 septembre n’a pas seulement été l’occasion pour George W. Bush d’étendre l’emprise des Etats-Unis sur le monde, l’événement a frappé les trois coups de la mise en coupe réglée des peuples de l’hémisphère Sud par les grandes sociétés transcontinentales. Pour parvenir à imposer ce régime inédit de soumission des peuples aux intérêts des grandes compagnies privées, il est deux armes de destruction massive dont les maîtres de l’empire de la honte savent admirablement jouer : la dette et la faim. Par l’endettement, les Etats abdiquent leur souveraineté ; par la faim qui en découle, les peuples agonisent et renoncent à la liberté. Cette formidable machine à broyer et à soumettre ne supporte plus aucune des limitations que le droit international prétendait traditionnellement imposer aux rapport entre les États et entre les peuples. Du coup, c’est le régime de la violence structurelle et permanente qui, partout, gagne du terrain au Sud, tandis que le droit international agonise. Mais qui sont donc ces cosmocrates qui, peu à peu, privatisent jusqu’à l’eau que les peuples doivent désormais leur acheter ? Ce livre traque leurs méthodes les plus sournoises : ici on brevète le vivant, là on casse les résistances syndicales, ailleurs on impose la culture des OGM par la force. Oui, c’est bien l’empire de la honte qui s’est mis subrepticement en place sur la planète. Mais c’est précisément sur la honte qu’est fondé le ressort révolutionnaire, comme nous l’ont appris les insurgés de 1789. Cette révolution, elle est en marche : insurrections des consciences ici, insurrections de la faim là-bas. Elle seule peut conduire à la refondation du droit à la recherche du bonheur, cette vieille affaire du XVIIIe siècle. Jean Ziegler, qui témoigne ici d’une connaissance exceptionnelle du terrain, y appelle sans réserve en conclusion.


              • Qwyzyx (---.---.3.53) 20 octobre 2006 22:28

                Je suis à Rome et je connais bien la FAO, qui a son siège dans la capitale italienne.

                Ce que vous décrivez n’est pas du tout ce que j’y vois et ce que je connais de ses programmes.

                Je peux vous dire que les Nations Unies ont un budget qui se réduit d’années en années qui ne permet pas à la FAO d’initier des programmes de grande ampleur. C’est plutôt le contraire de ce que vous dénoncez qui est privilégié (d’après toujours ce que j’en sais), c’est-à-dire des projets d’accompagnement pour l’amélioration de l’agriculture locale.

                Je tiens à préciser aux lecteurs que le problème de la faim dans le monde ne relève pas d’une sous production mais de l’absence de maîtrise du stockage des récoltes, ce qui s’appelle « l’après récolte ». En effet, il arrive que 80% des récoltes soient perdues (pourissement, larves, nuisibles, absences de structures ou de méthodes, etc.). C’est cette perte qui est la première cause des famines et de la sous nutrition. La mauvaise récolte aggrave cette situation, mais il ne s’agit que d’un épisode accidentel (même s’il est dramatique). C’est une erreur de s’y arrêter et de croire qu’il s’agit de la cause de la faim dans le monde.

                Rien à voir avec une prétendue orientation industrielle du développement de l’agriculture dans le Monde. Du moins, encore une fois, à ce que j’en sais.

                http://www.fao.org/docrep/T0522F/T0522F01.htm


                • Michel Monette 20 octobre 2006 23:44

                  Voilà qui devient intéressant. Pourtant la FAO fait la promotion d’une production agricole où les grandes entreprises du secteur agro-industriel qui alimentent les supermarchés jouent un rôle clé. Si la FAO est de moins en moins en mesure d’intervenir, est-ce que cela n’explique pas son appel à une plus grande intégration de l’agriculture paysanne à la chaine agro-industrielle ?

                  Votre explication concernant l’après-récolte soulève une dimension méconnue et je vous remercie de nous l’avoir précisé. Quelles sont les solutions pratiques pour régler ce grave problème ?


                • Bergame (---.---.21.92) 25 octobre 2006 12:39

                  C’est-à-dire que l’orientation première de votre article -au demeurant très intéressant, Michel Monette- semble être d’une manière ou d’une autre, de contester l’orientation « privée » que la FAO donne à sa stratégie. Et de fait, cette orientation est sans doute contestable. Ce que j’ajouterais simplement, c’est que c’est l’orientation que l’ensemble des organisations internationales ayant partie liée au développement ont décidées d’adopter l’une après l’autre. C’est très clair avec la Banque Mondiale -que je connais bien- qui a décidé de doper sa branche « privée » IFC (International Finance Corporation) au détriment, manifestement, des équipes de la WB proprement dite qui, elle, est dédiée au « public » (en filigrane, c’est peut-être l’une des raisons des tensions dont vous vous faites l’écho par ailleurs entre Wolfowitz et les équipes de la WB -en plus de la personnalité de Wolfowitz lui-même, bref).

                  Cette orientation stratégique est donc contestable, sans doute. Mais elle se fonde aussi sur un constat, qui est la présence d’une corruption endémique dans les pays concernées par les activités de ces organisations. L’idée, très simple au demeurant, est que l’aide, lorsqu’elle est adressée aux Etats, présente une propension manifeste à se perdre dans la nature. En revanche, l’injection locale, dans l’économie privée, peut éventuellement se révéler plus efficace (pas pour rien qu’on parle tellement de micro-crédit actuellement, voila typiquement le genre d’activité que promeuvent aujourd’hui les organisations d’aide internationale). On table sur la génération d’économies locales adossées à des PME rendues « sustainables ».

                  Pour la FAO, les choses se jouent un peu différemment, mais l’intégration de l’industrie agro-alimentaire dans sa stratégie me semble relever de la même logique. Ajoutons, mais cela va sans dire, que tout cela est aussi très bien supporté par une doctrine idéologique qui, de toutes façons, tend bien plus à valoriser l’entreprise privée que les structures étatiques.

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