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La France absente de Mardi gras à La Nouvelle-Orléans

Ville et région dévastées, la France a brillé par son absence lors du premier Mardi gras post-Katrina à La Nouvelle-Orléans. Solidarité francophone et présence symbolique ont une fois de plus manqué de s’exprimer haut et fort.

Costumes, chars, musique, solidarité, et volonté de reconstruire une ville blessée : tels furent les ingrédients du premier Mardi gras de l’après-Katrina à La Nouvelle-Orléans, pour des habitants dont les préoccupations actuelles sont loin de cette fête. Tous les éléments ? L’un faisait cruellement défaut lors de cette célébration, qui cette année, était particulièrement symbolique. C’est la présence française.

Où était la France ? Chez elle, assurément oui ! Dans l’ancienne capitale de la Nouvelle-France, non ! C’est pourtant bien sur ses anciennes terres qu’elle se devait d’honorer, cette année plus qu’une autre, une tradition vivante en Amérique, et qui se meurt en France, celle de Mardi gras.

Soutenir les habitants de cette ville, symbole de la présence française en Amérique (même si elle est depuis longtemps anglophone, et que les francophones se trouvent dans le Sud-Ouest de la Louisiane), qui plus est, majoritairement noire avant le passage du cyclone, était un devoir de la part des autorités de notre pays, tant sur le plan de la mémoire (héritage culturel), que sur le plan international (France, voix des faibles de ce monde), ou celui de la Francophonie, la France étant le membre le plus éminent de cet ensemble.

C’est, de plus, une occasion ratée de montrer notre solidarité avec les Louisianais, après l’annulation, sur fond de crise irakienne, de l’invitation faite à Jacques Chirac par George Bush pour venir célébrer fin 2003 le bicentenaire de la cession de la Louisiane par la France du général Bonaparte aux jeunes États-Unis. Les célébrations culturelles rassemblent, et l’opportunité, sans enjeu ni rivalité, de recoller les morceaux avec les États-Unis a été manquée.

Quid de la France sociétale ? Où sont les associations françaises pour la reconstruction du patrimoine français en Louisiane ? Certes, une solidarité humanitaire avec la Louisiane s’est manifestée après le passage du cyclone, musicale également, avec Solidarité Louisiane ou SOS Musiciens Nouvelle-Orléans notamment, mais il n’existe pas d’initiative privée qui aide à la reconstruction de ce patrimoine commun, c’est-à-dire à toutes ces marques de liens évidents qui transcendent les générations. Il s’agit là non seulement de l’identité de la Louisiane, mais aussi de notre présence passée.

Il est utile de rappeler que ce sont des personnes privées américaines (et japonaises), qui ont précieusement financé la replantation des arbres du parc du Château de Versailles, après la tempête de 1999. En quel honneur l’ont-elles fait ? Pour rendre hommage au soutien de la France de Louis XVI lors de la Guerre d’indépendance américaine.

Nous avons manqué une belle occasion de nous faire apprécier des Louisianais, et notamment de sa petite et fragile communauté francophone (peu rancunière d’avoir été abandonnée il y a deux cent cinquante ans, lors de son déplacement forcé dans cette région par les autorités britanniques), et de recoller les morceaux avec notre allié, avec lequel nous partageons tant, historiquement.


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7 réactions à cet article    


  • alainterieur (---.---.221.74) 2 mars 2006 14:22

    Bien que n’ayant personnellement rien à voir avec les colons qui occupèrent la Louisiane aux XVII et XVIIIe siècles, je pense, tout comme vous, qu’un geste, fût-il symbolique, aurait pu permettre à la France de marquer cet évènement. A défaut de notre président ou de nos ministres, beaucoup trop occupés par les affaires courantes (grippe, chicoun.., GDF, Suez, CNE, CPE, tueurs en série, immigration, sécurité, chômage, ...) la présence de Bernadette Chirac et de son proche David D. eut été du meilleur effet pour occuper le terrain laissé vacant par le couple Busch au milieu des chars et des confetis.


    • (---.---.115.51) 2 mars 2006 14:30

      Guignol GWB :« Brownie, You did a heck of a job »


      • Philippe G. Philippe Guillermic 2 mars 2006 19:57

        Oui vous avez entièrement raison...encore une belle occasion manquée ! D’autant que le sujet d’une inondation catastrophe de la Louisiane avait été le sujet d’une thèse présentée il y a longtemps par un jeune étudiant français : Chirac en personne. C’était en 1954. http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=914784


        • samuel-frédéric servière 3 mars 2006 08:03

          La Nouvelle Orléans aurait mérité un geste des quelques associations françaises agissant aux Etats-Unis... Nous sommes malheureusement loin d’une mobilisation qui, à la relative faillite de l’Etat fédéral dans la gestion de la crise, aurait permis de montrer l’engagement culturel français outre-Atlantique et ainsi renouer les fils d’une relation mise à mal par de trop profondes dissentions politiques sur le plan international.

          Souhaitons à l’avenir que de tels évènements soient l’occasion d’un engagement plus rigoureux de la France. On n’ose imaginer par exemple des comémorations conjointes de la prise de Pittsburg par les anglais autrefois place forte française...... Ou un engagement un peu plus important de la France autour de l’identité des Cadiens, de leur floklore et de leur patrimoine... Il aurait été enfin tout aussi intéressant de se pencher sur les complexes relations des trappeurs français dans les profondeurs de la Nouvelle France avec les tribus indiennes et entretenir ainsi une relation privilégiée avec les « Native Americans », autant de pistes qu’une politique étrangère culturelle bien comprise devrait prendre en compte...... mais nous sommes finalement bien au-delà de la Nouvelle Orléans.


          • Lil P (---.---.121.116) 3 mars 2006 22:46

            Merci, M. Arnoult pour votre expression de solidarite avec les habitants de la Nlle-Orleans. Notre situation ici s’ameliore tous les jours, mais il y a encore beaucoup de travail a faire. Je voudrais vous indiquer que la France etait un des premiers pays a venir nous aider et a offrir des fonds pour la reconstruction de nos ecoles - en particulier nos ecoles francophones. L’annee prochaine votre gouvernement nous enverra des tableaux du musee du Louvre pour faire une exposition dans notre musee, NOMA. Il y aussi des organizations deja en place comme France-Louisiane et The French-American Chamber of Commerce of New Orleans. Nous sommes tres reconnaissants de ce que la France fait pour notre ville. Merci beaucoup !


            • Julien Arnoult (---.---.225.234) 13 mars 2006 21:54

              Je vous remercie chacun pour vos réactions. Bien entendu, le rapport au passé est souvent, aujourd’hui, une chose malaisée et sensible. D’où l’importance des symboles... même si c’est David Douillet (comme évoqué avec humour).


              • Stephane Klein (---.---.101.8) 15 septembre 2006 12:50

                « lors de son déplacement forcé dans cette région par les autorités britanniques »

                Le grand derangement fut une des premieres operations de purification ethnique dont les rosbifs nous ont abreuve durant l’histoire, le Quebec peut en temoigner mais aussi les boers en Afrique du Sud.

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