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La Géorgie au royaume des poupées Russes

Le 08/08/08 restera dans l’histoire du XXIème comme le premier Moment d’un parcours complexe de dominos dont le circuit fut bâtit tout au long du XXème siècle brique après brique !

Qu’est-ce à dire ? D’un côté, la Chine qui entre de manière fracassante dans le concert des nations à travers la cérémonie démesurée des JO de Pékin. Sa civilisation peut désormais être reconnue à l’égale de celles des grandes puissances occidentales. D’un autre côté, la Russie qui retrouve sa place de 2ème superpuissance politique sur la scène internationale. Une telle coïncidence reflète une réalité beaucoup pragmatique. Alors que les Etats-Unis ont su provoquer la ruine des superpuissances communistes grâce à la suprématie économique de son système libéral à la fin du XXème siècle, ces dernières ont su apprendre de leur échec cuisant pour s’adapter à l’économie de marché. Aujourd’hui, force est de constater qu’elles ont accompli leur développement socio-économique extrêmement rapide à l’aide des outils de la mondialisation mis en place par les Etats-Unis afin de s’accorder une hégémonie militaro-diplomatique écrasant.

Et la Géorgie dans tout cela ?

On peut, en effet, se demander quel est le lien entre l’évolution de ces grands courants géopolitiques et la Géorgie ? Il suffit de passer en revue le casting du conflit.

Deux provinces russophiles, Abkhazie et Ossétie du Sud, déclarent leur indépendance unilatéralement en 1992. Elles acquièrent leur indépendance à la fois par la force avec un soutien logistique de Moscou et par la démocratie avec un référendum en Ossétie du sud. Ce référendum est contesté par les puissances occidentales. Or on se demande bien comment une province russophile et russophone qui a acquis son indépendance et vote pour ses institutions ne pourrait pas acquérir son indépendance au regard du droit onusien ? L’affaire du Kosovo apparait dans ce domaine beaucoup plus litigieuse sur le plan du droit international !

Un pays nouvellement indépendant, la Géorgie, lutte pour éviter de sombrer dans la pauvreté en monnayant le droit de passage sur son sol d’oléoducs et gazoducs aux puissances occidentales. Or à quoi sert cet argent ! Il est utilisé par le nouveau président Saakachvili pour lutter contre la corruption, qui gangrène son pays, à l’image de tous les autres pays sans grandes ressources propres dans le monde, et pour s’armer à grands frais, auprès des Etats-Unis notamment via Israël.

Deux superpuissances, Etats-Unis et Russie, qui disposent toutes deux d’un droit de véto à l’ONU.

Cette simple présentation suffit à démontrer que la Géorgie n’est qu’une marionnette, un terrain d’entrainement, pour les diplomates des deux superpuissances. Elle constitue donc un point de tension particulièrement propice aux « tremblements de terres » géostratégiques !

Première poupée russe

Depuis des années les provocations entre séparatistes et géorgiens ne cessent d’émailler le quotidien de la région. La Géorgie, étant en quête de légitimité pour récupérer ses provinces, joue le jeu des grandes puissances en lançant les projets d’oléoducs et gazoducs pour embêter Moscou et entrer de manière accélérer à l’OMC, dans l’OTAN et s’afficher comme allié privilégié des Etats-Unis en envoyant des troupes en Irak ! La Russie de son côté ne force guerre le destin dans la mesure où la chute du communisme a désarmé sa diplomatie et où elle n’a rien à faire pour s’assurer l’alliance totale des séparatistes trop heureux d’avoir acquis une indépendance de fait que le temps se chargera bien de parachever.

Et le président Saakachvili le sait bien ! Fort du soutien militaire, économique et diplomatique des Etats-Unis, il pense avoir enfin les moyens militaires de ses ambitions : mâter les indépendantistes alors qu’il en est encore temps ! Le jour de la cérémonie des JO devrait donc jeter un voile pudique sur les morts civils qu’une intervention massive de son armée va engendrer. Car il ne fait aucun doute que l’intervention militaire géorgienne en Ossétie était le prélude à une épuration ethnique. Les Ossètes se seraient battus jusqu’au dernier pendant des années, à l’image des Tchétchènes contre la Russie.

Et la seule bonne question que l’on peut se poser est donc la suivante :

Comment un président apparemment empreint de la légitimité démocratique que lui confèrent les urnes et le soutien des puissances démocratiques que sont censées représenter les Etats-Unis d’Europe et d’Amérique, peut-il décemment chercher à résoudre un problème ethnique par les armes et le sang ?!

Voilà bien tout l’enjeu de ce conflit !

Deuxième poupée russe

Par son intervention armée, la Géorgie pose donc davantage un problème aux nations occidentales qu’à la Russie !

Il est en effet facile à la Russie d’intervenir sans préavis de manière musclée pour repousser l’assaut sanglant de la Géorgie ! Les accords de paix signés par l’ancien président Chevarnadze et la Russie autorisent la présence de forces russes d’interposition dans les provinces indépendantistes.

La Russie a-t-elle besoin de demander l’aval du conseil de sécurité des Nations unies pour intervenir ? Non. Les Etats-Unis et l’OTAN s’en sont bien passés lors de la guerre du Kosovo qui a duré des mois contre la Serbie. Rappelons alors que la Russie s’était élevée contre les occidentaux sans que sa position diplomatique n’ait soulevé plus d’intérêt que celle du Zimbabwe ! La jurisprudence du droit international plaide en faveur de la Russie. où les occidentaux ont bombardé la Serbie pour sauver les Albanais, les Russes ont écrasé l’armée géorgienne pour sauver les Ossètes.

Troisième poupée russe

Il a suffit d’à peine 48 heures à la Russie pour libérer l’Ossétie du Sud. Car au-delà des annonces du retrait de ses forces militaires d’Ossétie en signe d’apaisement diplomatique faites par le président Saakachvili, la vérité serait plus respectée si l’on observait la déroute infligée à ses troupes. Il n’y a d’ailleurs pas à s’étonner étant donné le rapport de forces. Le président Saakachvili s’en offusque et dénonce une opération orchestrée de longue date par Moscou. Le pauvre homme serait tombé dans un piège tendu par Moscou à travers les multiples provocations frontalières entre Ossètes et Géorgiens ! Mais lorsqu’on regarde la carte, on s’aperçoit bien vite de la proximité de la Tchétchénie qui est une zone de fixation des forces russes depuis des années. Il n’y a donc pas à s’étonner que la Russie qui dispose d’une armée d’un million d’hommes soit en mesure de frapper vite et fort dans cette région du monde, qui est stratégique à cause des ressources fossiles de la Caspienne et particulièrement instable !

En bref, l’action du président Saakachvili semble parfaitement insensée sur le plan géostratégique en plus du point de vu humanitaire ! Il n’y a donc pas à s’étonner qu’il n’apparaisse pas comme un interlocuteur crédible aux yeux des Russes. En outre, un homme qui n’hésite pas à entrer en guerre sans se préoccuper du grave danger de mort qu’il fait courir à sa population peut-il être crédible ? Le président Medvedev avait donc beau jeu de demander la destitution du président Saakachvili en préalable au retour à la paix. Là encore, l’action des Etats-Unis à l’encontre de Saddam Hussein en Irak, dont le dirigeant avait agressé militairement de nombreuses provinces rebelles de son pays renforce la jurisprudence du droit international en faveur de l’action Russe en Géorgie !

Quatrième poupée russe

En dépit de la légitimité en droit international acquise par la Russie dans cette affaire, les Etats-Unis jouent actuellement un jeu dangereux qui prend la forme d’un dénie de justice et d’une tentative d’humiliation de la diplomatie du Kremlin. Georges Bush a, en effet, pris le parti de la Géorgie sans réserve ni droit de regard. Peu importe que les troupes Géorgiennes aient tué des centaines de civils Ossètes. Peu importe que les troupes Géorgiennes soient intervenues en Ossétie sans en appeler au préalable à la communauté internationale. Georges Bush condamne la Russie sans même détenir le plus petit début d’argumentation. Et la Russie a parfaitement géré cette crise sur le plan militaire. S’appropriant les tactiques militaires de frappes dites préventives ou chirurgicales développées par les occidentaux, les Russes ne semblent pas avoir commis de faux pas. Et les cris de Saakachvili n’en sont que plus pitoyables. Car ce conflit a bien sûr mobilisé l’essentiel de satellites espions des Etats-Unis et de l’OTAN. Or aucun d’eux n’ont confirmés, preuves à l’appuie les déclarations des Géorgiens.

En vérité les Etats-Unis s’enferment actuellement dans une logique internationale d’impérialisme extrêmement dangereuse pour la stabilité planétaire. Ils savent que les 5 prochaines années seront les dernières durant lesquelles ils garderont la tête du leadership économique. Avec la mondialisation, cela équivaut à une perte équivalente de statut diplomatique. Leur engagement en Irak, basé sur des preuves falsifiées, leur a fait perdre une grande partie de leur crédit diplomatique notamment dans les organisations internationales. Cet engagement leur coute, en plus de la perte de nombreux points de PNB par an, une immobilisation de l’essentiel de leurs moyens militaires qui ne leur permettent plus d’intervenir sur de nouveaux fronts. Ils n’ont plus les moyens d’aider leurs alliés. En bref, plus les Etats-Unis perdent leur leadership mondial plus ils se replient sur des postures impérialistes très éloignées des idéaux prônés par la charte des droits de l’homme. L’affaire de Guantanamo en est un parfait exemple. Pour ne pas perdre la face, ils continuent, avec des méthodes dignes des inventeurs de la propagande allemande de 1936, à stigmatiser les ennemis d’antan, qui ont pourtant vocation à devenir les futurs partenaires économiques de demain. Ils leur refusent le droit de participer aux idéaux humanitaires qui ont construit leur légitimité sur le devant de la scène internationale depuis la deuxième guerre mondiale !

Il faut, je crois, tirer les bonnes conclusions des renversements de tendance géopolitiques que nous vivons. Les Etats-Unis sont en passe de devenir, s’ils n’y prennent garde, le premier facteur de déstabilisation de la paix dans le monde. A moins qu’ils n’acceptent de quitter leur costume de « gendarme du monde » que Bush père a endossé pour la première fois en Irak, il y a bientôt 20 ans. Mais l’orgueil du fils ne prend pas ce chemin ! La querelle du bouclier antimissile que les Etats-Unis cherchent à placer en Europe de l’Est sous prétexte de se protéger de l’Iran (dont les missiles ne dépassent pas une portée de 3000 kilomètres !!!) est un autre exemple du jeu arrogant, belliciste et fort dangereux de Georges Bush.

Cinquième poupée russe

Dans la cacophonie qui règne entre d’un côté la Russie, sûre de son bon droit, et de l’autre les défenseurs de la Géorgie que sont les Etats-Unis, l’OTAN, les pays baltes, l’Ukraine et la Pologne, au nom d’un passé mal digéré portant la graine de conflits sans fin, existe-t-il un espoir de paix ?

Certains, assez nombreux, ont rappelé le parallèle entre cette situation et celles vécues durant la guerre froide !

Mais cela montre surtout une chose. Les occidentaux sont encore dans cet esprit de guerre froide et s’imaginent qu’ils doivent encore sauver la planète ! Mais il n’y a plus rien à sauver en dehors des victimes du terrorisme. Les occidentaux ont surtout montré qu’ils refusent de partager leur pouvoir de gendarme avec les anciennes superpuissances déchues qui retrouvent une place internationale à laquelle ils ont pleinement droit.

Alors un espoir de paix dans tout cela ? Et bien la diplomatie européenne vient pour la première fois de son existence de lui donner corps. Et la France depuis si longtemps en retrait des initiatives de progrès en Europe reprend sa place initiale. La diplomatie française, peut-être la première du monde sur le plan qualitatif, s’est faite diplomatie européenne au profit de l’idéal fondateur de l’Union Européenne : la PAIX. Car le grand projet de Schuman était bien la paix entre les ennemis centenaires, entre la France et l’Allemagne. Et c’est soutenu pleinement par l’Allemagne, que la France a su trouver les mots d’apaisement entre la Russie et la Géorgie. Le président Sarkozy a su reconnaitre le droit de la Russie à défendre les russophones tout en sauvant la tête d’un Saakachvili dépassé par des évènements qu’il a lui-même déclenchés. Les voix de la France et de l’Allemagne ont su porter haut l’idéal de paix de l’Europe au-dessus des basses provocations et des discours bellicistes américains. En ces instants nous pouvons dire que l’Europe a plus fait pour la paix dans le monde que les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001.

Dans un tel contexte, on peut également se poser la question de la place des anciens pays du bloc communiste dans l’Europe ? Notre Europe a été fondée sur l’idéal de la paix. Peut-elle s’accommoder, sans sourcilier, des propos xénophobes antirusses, que l’histoire explique, mais que la volonté d’intégration dans l’Europe d’aujourd’hui ne peut comprendre ? Ces propos sont en effet profondément anti-européens puisqu’ils ne portent pas l’étendard de la paix. Et alors que l’Europe vit depuis plusieurs années une crise d’identité très profonde, à cause de l’échec constitutionnel et des éternelles querelles corporatistes entre des pays aux économies trop différentes, il est temps d’ouvrir les yeux et de demander à chacun de nos pays : qu’attendons-nous de l’Europe ?

Mais il est une chose certaine. La guerre de Géorgie a capté les regards internationaux. Et cette guerre a plus valeur de test pour les occidentaux que pour le bloc Russie/Chine : notre politique actuelle défend-elle réellement les valeurs de respect et de justice sur lesquelles nous avons fondé notre légitimité à dominer le monde ?

Si la réponse est positive, alors nous pouvons dormir tranquille pour de nombreuses décennies car la sincérité de notre action ne sera pas remise en cause par les pays émergeants. Dans le cas contraire, nos idéaux humanitaires auront l’apparence d’alibis cachant une seconde vague de colonisation. Alors, la guerre de Géorgie n’aura été que le premier moment d’un troisième conflit mondial qui s’annonce déjà.


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5 réactions à cet article    


  • Philou017 Philou017 16 août 2008 14:12

    @L’auteur : Comment un président apparemment empreint de la légitimité démocratique que lui confèrent les urnes et le soutien des puissances démocratiques que sont censées représenter les Etats-Unis d’Europe et d’Amérique, peut-il décemment chercher à résoudre un problème ethnique par les armes et le sang ?!

    La démocratie en Géorgie est une fable voir par exemple :

    "Les tireurs de ficelle derriere Saakachvili" de By F. William Engdahl (extraits)
    Mais il y a plus. Les ONG(les organisations non gouvernementales) ont été coordonnées par l’Ambassadeur des EU en Géorgie, Richard Miles, qui venait d’arriver à Tbilisi, auréolé du succès dans l’orchestration du renversement SOUTENU PAR LA C.I.A. de Slobodan Milosevic à Belgrade, utilisant les mêmes ONG. Miles, que l’on croit être un spécialiste des services d’infiltration, a surveillé le coup Saakashvili. Cela a impliqué la Open Society Georgia Foundation du milliardaire américain George Soros. Egalement la Freedom House basée à Washington dont le président était l’ancien chef de C.I.A. James Woolsey. Cela a impliqué aussi le financement généreux des EU par la National Endowment for Democracy Financée par le congrès, une agence créée par Ronald Reagan dans les années 1980 pour "faire en privé ce que la C.I.A. avait l’habitude de faire," à savoir des coups contre des régimes que le gouvernement américain trouvent peu amicaux. Les fondations de Georges Soros ont été forcées de quitter de nombreux pays de l’Europe de l’Est incluant la Russie aussi bien que la Chine après le soulèvement de Tiananmen en 1989. Soros est aussi le financier avec le Département d’Etat de Human Rights Watch, basée aux E-U et bras de la propagande du dispositif d’ONG pour des renversements de régime comme en Géorgie et pour la Révolution Orange de 2004 en l’Ukraine. Quelques analystes croient que Soros est un agent de haut niveau opérationnel du Département d’Etat ou des services secrets utilisant ses fondations privées comme couverture.

    Le département d’Etat des EU a aussi financé le Georgia Liberty Institute dirigé par Saakashvili, le candidat approuvé par les Etats-Unis pour succéder à Shevardnadze. Le Liberty Institute a à son tour créé "Kmara !" Qu’on traduit par "Assez !" Selon un rapport de la B.B.C. à l’époque, Kmara ! a été créé au printemps de 2003 quand Saakashvili et des étudiants activistes de Géorgie triés sur le volet, ont reçu un financement de la Fondation Soros pour aller à Belgrade étudier chez Otpor(finançé par les EU) avec les activistes qui ont renversé Milosevic. Ils ont été formés sur "la non-violence comme méthode de guerre" de Gène Sharp par le Centre de Belgrade pour la Résistance Non violente.

    Saakashvili comme Président mafieux

    Une fois qu’il a été en place en janvier 2004 comme nouveau Président de la Géorgie, Saakashvili a continué à squatter l’appareil avec ses copains et parents. La mort de Zurab Zhvania, son Premier ministre en février 2005, reste un mystère. La version officielle de l’empoisonnement par un appareil de chauffage au gaz défectueux - a été adopté par les enquêteurs de FBI américains dans les deux semaines suivant sa mort. Cela n’a jamais semblé crédible à ceux familiers avec les meurtres des gangs de Géorgie, et autres manifestations de décrépitude sociale. La mort de Zhvania a été suivie de près par celle d’un fonctionnaire d’apparat du Premier ministre, Georgi Khelashvili, qui s’est prétendument tué le jour après la disparition de son chef. Le chef du personnel de recherche de Zhvania est retrouvé mort plus tard également.

    ...........

    Depuis son arrivée au pouvoir en 2004 avec l’aide américaine, Saakashvili a mené une politique d’arrestations massives, d’emprisonnement, de torture et a approfondi la corruption. Saakashvili a présidé à la création d’un état de facto à parti unique, avec une opposition factice occupant une partie minuscule de sièges au Parlement et ce fonctionnaire a construit un palais Ceaucescu-style pour lui à la périphérie de Tbilisi. Selon le magazine, la Géorgie Civile (22 mars 2004) jusqu’en 2005, les salaires de Saakashvili et de beaucoup de ses ministres ont été censément payés par le réseau d’ONG du Spéculateur Soros, conjointement avec un Programme de Développement des Nations unies.
    http://eldib.wordpress.com/2008/08/13/the-puppet-masters-behind-georgia-president-saakashvili/

    et aussi : www.slavika.com/spip.php

    En vérité les Etats-Unis s’enferment actuellement dans une logique internationale d’impérialisme extrêmement dangereuse pour la stabilité planétaire.
    Tout à fait. L’instrumentalisation de l’Otan (qui n’a plus de raison d’être en tant que tel), la politique hyper-agressive en vue de controler les richesses énergétique, le noyautage d’ex républiques soviétiques avec installation de systèmes d’armes représentent une politique dangereuse.

    Mais cela montre surtout une chose. Les occidentaux sont encore dans cet esprit de guerre froide et s’imaginent qu’ils doivent encore sauver la planète !
    Bien vu. L’état d’esprit chez les dirigeants ressemble à celui de la guerre froide. C’est exactement le même, sauf qu’il n’a plus l’alibi idéologique. C’est surtout vrai chez les Américains, mais les Européens suivent.

    Il est temps de sortir de cette impasse.


    • La Taverne des Poètes 16 août 2008 23:14

      Ce n’est pas par qu’on est "une province russophile et russophone" que l’on peut obtenir l’autonomie, pas plus que le Québec bien qu’il soit francophone. L’ossétie est bien une province de la Géorgie. L’ONU ne reconnaît pas l’Ossétie comme un état. La jurisprudence dont vous parlez et qui justifierait, selon vous, les bombardements russes n’existe pas.

      Maintenant, je ne doute pas que les va-t’en-guerre sont des deux côtés et les crimes aussi. Il faut arrêter cette boucherie et rétablir le droit international et la paix dans cette région. Et enquêter sur ce qui s’est passé...Car il y a eu pas mal de violations des conventions de Genève, des viols, des pillages, peut-être une tentative de génocide.




      • bobbygre bobbygre 17 août 2008 18:40

        La jurisprudence dont vous parlez et qui justifierait, selon vous, les bombardements russes n’existe pas.

        L’Ossetie du Sud peut pretendre que son independance est légitime en se basant sur le précédent du Kosovo (1ere "jurisprudence").
        La Russie peut pretendre intervenir pour "defendre" son voisin en se basant sur les nombreuses fois où les USA sont intervenus miilitairement sans accord de l’ONU (2nde jurisprudence).

        Ca ne "justifie" pas les bombardements russes dans l’absolu (et il ne me semble pas que c’est ce que dise l’auteur) mais, dans le jeu diplomatique, c’est MALHEUREUSEMENT (grace aux US qui leur ont fourni les precedents) une justification recevable.


      • fifilafiloche fifilafiloche 18 août 2008 03:08

        Vous semblez expert en géopolitique russe. Pourriez vous m expliquer cette contradiction :

        Les Ossètes, caucasiens, semblent vouloir rejoindre à tout prix l empire russe.
        Les Ukrainiens, slaves, veulent eux sortir de la zone d influence de Moscou.

        Connaissant le racisme ambiant en Russie occidentale pour toute personne de type caucasien et la paranoia du terrorisme tchèchène, comment expliquer cette contradiction, alors que l Ukrainien a lui toutes les raisons ethniques et historiques de pouvoir s y intégrer, avec l avantage d un président pro russe.

        Dommage que votre article n ait pas sucité plus de réactions, il est pourtant de très bonne qualité.


        • Dyur 19 août 2008 00:21

          fifilafiloche je vous remercie tout d’abord pour votre compliment.

          En ce qui concerne la contradiction que vous observez sur les nationalismes, je pense qu’elle n’est qu’apparente surtout vu de l’Occident lointain.
          Pour prendre le cas de l’Ukraine, les véritables nationalistes étaient justement au pouvoir, avec le soutien de Poutine, avant la fameuse révolution Orange. Leur principal argument est d’ailleurs d’accuser l’actuel président Iouchtchenko de vendre les intérêts ukrainiens aux Américains et aux Européens. Ainsi l’ancienne membre de l’opposition "orange" Ioulia Timochenko vient-elle de se rapprocher du président russe Medvedev (Cf. http://www.romandie.com/ats/news/080818123356.6eo2uamj.asp ). Il faut bien penser que la Révolution Orange n’a pas été un raz-de-marée populaire. Les Ukrainiens n’attendaient pas après le soutien politique des occidentaux pour voter. Cette "révolution" s’est construite sur fond de contentieux électoral pour des fraudes électorales massives organisées par le pouvoir pro-Russe de l’époque. Cette révolution a surtout fait apparaitre une fracture entre les campagnes profondément slaves, nationalistes, et proche des partis conservateurs pro-russes et les grandes villes qui sont pour l’instant les seules à profiter du début d’ouverture intellectuel et du décollage économique dont les Etats-Unis est le lointain modèle. Comme en 1789 chez nous, la "révolution orange" a été une révolution des villes pour ne pas dire de la capitale (Kiev/Paris), une révolution "bourgeoise". 

          Le Caucase ne fait pas apparaitre non plus de luttes à proprement parlé nationalistes à mon avis. Simplement, les conflits auxquels nous assistont proviennent d’une tentative de peuples de protéger ou d’acquérir leur autonomie. Ces petites nations sont faibles et ont besoin du commerce pour s’en sortir économiquement. Les Ossètes et les Abkhazes se sont révoltés le jour où la Géorgie leur a retiré les prérogatives autonomistes qu’ils avaient du temps de l’URSS. Et la simple lecture d’une carte nous montre que le transite des énergies fossiles requièrent qu’une police, une force de maintien de la paix assure le calme nécessaire à ce transite vital pour l’économie mondiale. La Russie se bat aujourd’hui pour obtenir de manière nette et définitive ce pouvoir de police dans cette partie du monde. Il faut bien voir que la guerre ne lui apporte pas grand chose. La Russie est avant tout une nation qui vend du gaz et du pétrole et elle a besoin que les occidentaux soient ses clients de la même manière que les occidentaux ont besoin d’acheter ces ressources pour maintenir leur niveau de vie ! 

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