Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > La monnaie en général, et celle du Zimbabwe en particulier

La monnaie en général, et celle du Zimbabwe en particulier

La monnaie s’est écroulée au Zimbabwe. Et l’inflation atteint des chiffres qui n’ont plus de sens.
Evidemment, les Occidentaux, derrière la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, dans la droite ligne de leur campagne médiatique concertée, accusent la politique du "dictateur" Mugabe et son antidémocratie comme origine de l’effondrement du dollar Zimbabwe.
Ils ont tort, et même totalement tort. C’est parce qu’il reste une certaine liberté dans le pays (libre circulation des produits et des marchandises, libre circulation des personnes, frontières perméables dans les deux sens) que la monnaie s’effondre. Et la cause numéro un, ce sont bien les actions économiques contre le Zimbabwe qu’ont pris les Etats-Unis et la GB.

Si cet article va parler du Zimbabwe, il ne va pas parler de Mugabe, mais de la monnaie, et du dollar zimbabwéen, mais surtout de la monnaie en général.

Comment se détermine la valeur d’une monnaie ?


A l’origine des temps (à notre échelle), la monnaie était garantie par de l’or. Jusqu’à la Première Guerre mondiale, le dollar américain était garanti par des dépôts en or, comme d’ailleurs toutes les monnaies du monde étaient garanties par leur stock stratégique d’or.

C’est à Bretton Woods, après la Seconde Guerre mondiale (vous savez, là où ils nous ont inventé la Banque mondiale et le Fonds monétaire international) que tout le système change. En effet, c’est un peu con que tout le monde garde de l’or qui ne sert à rien d’autre, uniquement pour garantir la valeur de l’argent, et donc on va laisser les Américains le faire et tout le monde va se repérer par rapport au dollar.

Ca tombe bien, cela arrange les Américains. Le président de la Banque mondiale sera donc toujours un Américain, chaque dollar sera garanti par de l’or (un peu moins de 0,9 g car le système métrique est sans doute trop compliqué : les chiffres ne tombent pas juste, c’est bête, hein ?), et de 1944 à 1971, toute personne qui le demandait pouvait changer ses dollars contre le poids de référence en or.

Mais, pendant ce temps, le dollar devenant la référence mondiale, la quantité de dollars monte progressivement de 3 milliards à 50 milliards. Il n’y a pas que des billets dans le tas, mais des comptes dans des livres (un chiffre dans un compte en banque, par exemple). Ce dernier point est un peu difficile à comprendre quand on n’a pas l’habitude : l’argent n’est pas une chose sonore et trébuchante. C’est un concept totalement abstrait, des chiffres dans un livre, des traces électroniques dans un ordinateur, etc. Le billet de banque n’est qu’un des symboles de cet argent, et il faut qu’une certaine partie de la masse monétaire soit symbolisée par des billets pour faciliter les échanges.

En réfléchissant bien, vous vous rendrez compte que c’est le cas pour la plupart d’entre vous : vous recevez un salaire par virement, vous payez la plupart des choses par virement, par carte de crédit ou parfois par chèque (qui n’est qu’un ordre de transfert), et finalement, vous ne touchez qu’une toute petite partie de l’argent que vous faites circuler sous forme de billet de banque.

Lequel billet est donc un symbole qu’il faut sécuriser. Les billets euro ont huit systèmes de vérification que tout le monde peut facilement examiner, plus d’autres (comme la micro-impression, par exemple, le papier UV...). Voir l’animation flash.

Bref, pour que cela fonctionne, c’est-à-dire que la population croie à la solidité du dollar américain malgré son érosion évidente qui est du niveau de la règle de trois, il fallait que l’or ne monte pas et, donc, les pays occidentaux ont manipulé la bourse des matières premières (ce qui est interdit par les différents gendarmes de la bourse) en faisant en même temps des ventes massives d’or, ce qui cassait le cours et leur rapportaient de l’argent, et en le rachetant quand il était moins cher pour reconstituer les stocks vendus. C’était le "pool de l’or" et les pays qui y participaient étaient la GB, les Etats-Unis, l’Allemagne, la France, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et la Suisse. Ils se répartissaient ensuite équitablement les gains entre eux sur le dos des épargnants manipulés.

En 1966, de Gaulle met la grouille en demandant à changer les dollars de la France en or et en augmentant donc le stock stratégique de la France pour soutenir son nouveau franc (introduit en 58). La défiance commence à s’installer et, en 1971, la parité entre le dollar et l’or disparaît.

Les monnaies mondiales sont basées sur la confiance

Le dollar devient une monnaie fiduciaire, du latin fiducia qui veut dire confiance, mais, par habitude, il reste la monnaie de référence. Mais il est aujourd’hui battu en brèche par l’euro.

Les valeurs des monnaies les unes par rapport les unes aux autres ne sont rien d’autre que cela : la traduction d’un degré de confiance. Comment imaginer autrement que d’un seul coup, en quelques semaines, le dollar qui valait 1,35 euro tombe à 0,80 et même quelques années plus tard (aujourd’hui) en arrive à 0,64 euro ?

Et si le dollar continue de tomber, c’est parce que tout le monde a un peu intérêt à ce qu’il tombe. Et même si les Américains essayent désormais de le redresser, l’Europe (enfin, la BCE) fait tout pour que les Américains n’y arrivent pas.

Et le dollar zimbabwéen ?

La chute du dollar zimbabwéen a une seule vraie origine : la perte de confiance. Et c’est un système vicieux qui s’auto-entretient.

Le truc est simple à comprendre : le gouvernement impose un taux de change entre le dollar américain et le dollar zimbabwéen (US$ contre Z$). Et il change très volontiers les US$ contre des Z$. Dans l’autre sens, cela ne marche pas aussi bien : si vous arrivez avec des Z$, vous ne récupérerez jamais des US$.

Bien entendu, la banque vous dit que si vous pouvez prouver que vous aviez changé au taux officiel, vous pouvez rechanger dans l’autre sens jusqu’à concurrence du montant initial. Mais, en fait, cela m’est arrivé une fois, et quand j’ai demandé à ravoir des US$ (avec tous les papiers qu’il faut), les deux fois où j’ai essayé, la banque m’a dit que c’était bon, mais qu’ils n’avaient pas de US$. Evidemment...

Je me suis dit que ce n’était pas grave et que j’achèterai en Duty Free avec mes Z$. Après tout, ce n’est pas si mal de faire tourner le commerce. Seul petit problème, après les contrôles de police (sécurité) et avant de rentrer dans la zone Duty Free (où on peut bien entendu payer en Z$), tout étranger se voit confisquer ses Z$, car on n’a pas le droit d’exporter des billets à l’étranger. J’aurais mieux fait de tout donner à la population locale plutôt que me faire racketter. C’est d’ailleurs ce que je fais désormais, mais, surtout, je ne change plus au cours officiel (je reviendrai sur ce sujet plus loin).

Bref, déjà que la population n’avait pas trop confiance dans le dollar zimbabwéen (les avoirs en devises qui auraient pu permettre de garantir sa valeur sont gelés dans des banques occidentales par les Occidentaux), le fait qu’on impose un taux officiel qui ne veut rien dire avec la réalité (et que commence à fixer le marché noir des devises, le vrai marché, car là on peut avoir des US$) fait perdre toute confiance.

Du coup, tout le monde veut du dollar américain, et le marché noir crée un cours basé sur l’offre et la demande où le dollar américain devient plus cher que ce qu’il ne devrait être puisqu’il est rare. Et il est d’autant plus rare que tout ce qui rentre en US$ passe par la banque centrale où ces US$ tombent dans un trou noir (pour acheter des denrées alimentaires, du pétrole pour l’électricité, mais aussi financer les combines des hauts fonctionnaires pour leur permettre de maintenir leur niveau de vie, la combine la plus courante étant d’obtenir des US$ au taux officiel et les revendre ensuite sur le marché noir). On en arrive à des différences de taux hallucinants du genre 1 US$ = 30 000 Z$ au cours officiel pour 1 US$ = 100 millions Z$ au marché noir. Soit un gain d’un facteur de plus de 3 000 sans rien faire ou pas grand-chose... Comme si vous achetiez une pomme 1 euro pour la revendre 3 000 euros !

Pour tenter de diminuer cette inflation, la police fait la chasse au marché noir et limite le droit de retrait de la population en Z$, avec selon les moments une limite débile qui permet de sortir de son compte par jour de quoi se payer une miche de pain. On imagine les queues devant les banques, car désormais les choses sont claires : dès qu’on a des dollars zimbabwéens, il faut les changer contre n’importe quoi d’autre. Car ce n’importe quoi perdra moins de valeur que le Z$.

A une époque, je changeais au marché noir en arrivant. Ce qui est strictement interdit, mais que tout le monde le faisait. Mais, désormais, je reste en US$ et je propose mes prix en US$ en me basant sur le taux de change "petits montants" du marché noir ce qui n’est pas interdit puisqu’en tant qu’étranger il est normal que j’aie de l’argent étranger. Et croyez-moi, cela arrange bien tous les petits commerçants à qui on le propose...

On ne peut pas le faire avec des euros. D’abord, parce que le plus petit billet est de 5 euros et qu’on ne vous rend jamais la monnaie. Et ensuite, parce que 5 euros est un montant important : au Zimbabwe, les choses ne sont pas chères et les prix très stables : mais, évidemment, en n’importe quoi sauf en dollar zimbabwéen...

D’ailleurs, à la frontière, les prostituées côté Zimbabwe acceptent toute monnaie sauf le dollar zimbabwéen, et se font même parfois payer en liquide : 2 litres de gasoil siphonné dans le réservoir pour une passe. Si on tombe en panne sèche au milieu de nulle part, au village suivant, vous pourrez acheter un petit bidon de gasoil alors qu’il n’y a aucune station service (ça m’est arrivé !).

L’interdiction de fabrication des billets

La Banque centrale du Zimbabwe est donc amenée à imprimer des billets de banque de plus en plus souvent. Et comme elle n’a pas les technologies pour faire des billets sécurisés, elle les commandait à une entreprise spécialisée allemande. La pression de l’Europe sur cette entreprise pour lui interdire désormais d’imprimer des billets pour le compte du Zimbabwe est une pure imbécilité mesquine.

Cela fait que l’entreprise allemande perd un business, que les billets ne seront plus autant sécurisés et que la source naturelle suivante est la Chine, ce qui va encore pousser plus facilement le Zimbabwe dans les bras des Chinois.

Cela ne va en rien gêner Mugabe, mais uniquement la population qui devrait encore plus faire la queue devant les banques par manque de liquidités.

Les hauts fonctionnaires n’apportent plus d’argent pour payer leurs repas dans les restaurants. Ils ont un système de billets à ordre que le restaurateur présente au ministère, lequel lui fait un virement. Ces restaurants sont bien entendu libellés en Z$, et ils sont très chers, car les prix sont basés sur les prix des produits en Z$ au moment où le restaurateur pense qu’il va avoir l’argent...

Le summum, c’est la Banque centrale elle-même qui, lorsqu’elle a vraiment besoin d’US$ (pour du carburant, des engrais, etc.), imprime des billets et va les changer elle-même sur le marché noir pour avoir ses US$, tout simplement parce que personne d’autre ne veut ni d’ailleurs ne peut leur changer des Z$. Et comme ce sont des montants très importants, ils sont basés sur une valeur future à plusieurs mois, ce qui fait encore plus enfler l’inflation qu’on ne peut plus significativement quantifier.

Cela dit, la plupart des devises actuelles viennent quand même de ce que le Zimbabwe arrive à produire avec un matériel obsolète ou rafistolé au système D. Elle produit en gros environ 1/3 de ce qu’elle pourrait faire assez facilement avec du bon matériel, même pas de haute technologie (je parle en particulier des mines).

La dévaluation

La dévaluation ne va ni changer l’inflation ni ralentir son accélération.
Rappel : la Banque centrale du Zimbabwe vient de faire un nouveau Z$ qui vaut 10 milliards d’anciens Z$. Donc, le marché noir actuel de 1 US$ = 340 milliards anciens va devenir 1 US$ = 34 Z$.

Il faut le lire vite, parce que le temps de lire la phrase la cote a changé...

Cela dit payer la même chose avec un billet de 100 milliards anciens ou 10 nouveaux ce n’est franchement pas si fondamental que ça.

Mais alors à quoi cela sert ?

Certains pensent que cela va juguler ou ralentir l’inflation. Ce n’est pas vrai, car ce changement ne modifie rien du mécanisme. Il faudrait qu’il y ait une reprise de confiance et qui ne pourra passer que par un changement politique (un accord entre Mugabe et Tsvangirai), un arrêt des sanctions économiques de la GB et ses copains occidentaux et surtout des prêts pour pouvoir acheter des équipements lourds pour pouvoir exploiter leur richesses naturelles : or, diamants, platine, cuivre, nickel, chrome, charbon, uranium, et j’en oublie... Mais ça, les Anglais ne vont pas l’accepter de bon coeur : toute la guerre qu’ils font au Zimbabwe est pour mettre la main sur une partie du gâteau. La confiscation des terres agricoles et les droits de l’homme ne sont qu’un prétexte.

En attendant, cette réévaluation du dollar zimbabwéen est quand même une bonne chose. Car les entreprises du Zimbabwe vont pouvoir enfin n’avoir qu’un seul compte en banque : ils avaient atteint le plafond de plusieurs comptes et étaient obligés de faire plusieurs comptabilité.

Ah ?

En effet, les logiciels de compta et de gestion des banques viennent d’éditeurs d’autres pays et les montants peuvent avoir un certain nombre de chiffres, mais là il y en avait vraiment trop et les logiciels devenaient incapables de fonctionner en atteignant le nombre limite de digits. Certaines entreprises avaient donc des dizaines de comptes sur la même banque parce que leurs transactions dépassaient les capacités du logiciel...


Moyenne des avis sur cet article :  4.25/5   (48 votes)




Réagissez à l'article

21 réactions à cet article    


  • Yannick Harrel Yannick Harrel 4 août 2008 17:23

    Bonjour,

    Article très intéressant et progressif dans sa volonté didactique afin de mieux comprendre comment le Zimbabwe s’enfonce dans la crise monétaire en recourant à des expédients de façade.

    Merci de nous éclairer sur ce pays de manière plus profonde que les quelques dépêches provenant d’une des centrales d’information.

    Cordialement


    • Bois-Guisbert 4 août 2008 18:23

      " Et la cause numéro un, ce sont bien les actions économiques contre le Zimbabwe qu’ont pris les Etats-Unis et la GB."

      Vous avez raison, ami, tout est de la faute de l’homme blanc, toujours et partout. On ne le dénoncera, l’homme blanc, jamais assez.

      C’est lui qui a l’intelligence, le savoir, l’esprit d’initiative, la maîtrise des techniques, les sous, la force...

      Quand on a tout ça, on est forcément responsable de ce qui arrive à ceux qui n’ont rien de ça...


      • koudou 5 août 2008 00:13

        @ Bois-Guibert

        Votre racisme vous égare. Je parle de la monnaie du Zimbabwe et de la guerre économique qu’a lancée la Grande-Bretagne contre le Zimbabwe.

        Il n’y a dans mes propos aucune indication ni connotation de racisme ni du fait que le racisme aurait un rôle à jouer dans ce mécanisme. Le processus économique de la chute de la monnaie n’a rien à voir avec le racisme.

        Votre intervention qui se croit ironique n’est qu’intellectuellement faible. C’est dommage, parce que vous auriez pu vous en rendre compte tout seul en réfléhissant un minimum car justement, dans ce cas précis, la Grande Bretagne soutient Tsvangirai (qui est aussi noir) en le finançant, parce qu’elle pense que ses décisions économiques seront plus favorables à la GB que celles de Mugabe, et que dans ce fonctionnement, il n’y a à priori pas de mécanisme provoqué par le racisme, mais seulement de l’intérêt économique.


      • Bois-Guisbert 5 août 2008 11:20

        Vous êtes bien aimable avec vos dénégations. Mais croyez-moi, quand, dans une situation donnée, il y en a un qui sait et un qui ne sait à peu près rien, c’est celui qui sait qui endosse l’essentiel de la responsabilité...


      • Cug Cug 4 août 2008 20:04

        Merci pour l’article.

        Il y a quelques semaines j’étais à Londres et la presse ne parlait que de Mugabe, Mugabe, Mugabe ....

        Quand le pays a obtenu son indépendance il aurait été plus sain qu’il récupère la terre en même temps !


        • koudou 5 août 2008 00:21

          @Cug.

          Vous avez raison sur tous les points.

          Cela dit, il est tout de même étrange qu’il y ait une telle focalisation sur le Zimbabwe (et les 120 morts annoncés par le MDC) alors que l’on ne dit rien sur le Darfour où il y en a eu plusieurs dizaines de milliers dans des conditions bien plus atroces.
          L’intérêt de mettre une pression médiatique n’est donc pas à rechercher dans la défense des droits de l’homme (qui aurait sû faire passer le Zimbabwe au second plan devant le Darfour sur ce seul critère), mais ailleurs.

          Pour ce qui concerne votre réflexion sur le fait que les terres auraient mieux fait d’être tranférées des fermiers blancs aux fermiers noirs à l’indépendance, c’est bien ce que les accords de Lancaster House qui ont servi à définir les conditions de l’indépendance qui a suivi dans les 5 mois avaient prévu, y compris le financement de ce transfert par la Grande Bretagne.
          C’est Tony Blair qui a cassé ce processus en ne respectant pas les accords de Lancaster House en disant "qu’il n’tait pas tenu par les engagements oraux de ses prédécessuers" quand il est devenu Premier Ministre à la fin des années 90.


        • Bois-Guisbert 5 août 2008 11:23

           il est tout de même étrange qu’il y ait une telle focalisation sur le Zimbabwe

          Pas si étrange que ça. Ce qui frappe essentiellement, outre le taux guinesséen de l’inflation, c’est la débâcle de l’agriculture d’un pays autrefois exportateur de denrées alimentaires et qui est désormais à la merci du programme alimentaire mondial...


        • Bois-Guisbert 5 août 2008 11:31

          Quand le pays a obtenu son indépendance il aurait été plus sain qu’il récupère la terre en même temps !

          Pourquoi, à l’époque, les fermiers noirs étaient plus compétents que ceux d’aujourd’hui ?


        • albertfrank 4 août 2008 22:34

          Cet article oublie avant tout une chose : Rien de nouveau. Un seul exemple : Le franc congolais (1960), les dévaluations successives, le taux parallèle, le zaïre, le nouveau zaïre... en combinant le tout, des "dévaluations" de l’ordre de centaines de milliards...

          Avant d’écrire un article, quelques notions de base d’économie ne seraient pas de trop... et éviteraient d’accuser toujours "les autres".


          • koudou 5 août 2008 00:46

            @albertfranck

            Je suis très surpris de votre intervention qui ne m’a pas l’air d’apporter une quelconque lumière ou réflexion.

            "Rien de nouveau". Oui, bien sûr, il n’y a strictement rien de nouveau !!! Je ne suis pas l’inventeur des mécanismes de l’inflation qui ne sont pas propres à l’Afrique (on a des exemples dans de très nombreux pays de ces phénomènes qu’on a récemment vu en Turquie, en Russie pour n’en citer que quelques uns, et donc ailleurs qu’en Afrique).
            Je ne suis pas non plus un découvreur d’une nouvelle vérité en parlant des monnaies adossées à l’or après guerre et de l’abandon de l’or étalon en 1971. C’est dans tous les livres d’histoire et ça traine dans n’importe quel bouquin de base d’économie. Je ne révèle pas non plus une idée nouvelle en disant que les monnaies sont désormais fiduciaires (basées sur la confiance) et que les grosses dévaluations sont dues à une perte de confiance.

            Mon article n’apporte donc rien à tout ce qui existe en terme d’économie monétaire, vous trouverez ces informations partout. Je ne vois donc pas du tout pourquoi vous écrivez " Avant d’écrire un article, quelques notions de base d’économie ne seraient pas de trop". Parce que justement, ce sont ces notions de base qui sont dans l’article !!!

            Ce que mon article apporte, c’est simplement la réflexion que la dégringolade monétaire du Zimbabwe ne se fait pas en dehors de tous ces mécanismes, mais au contraire, les suivent parfaitement, et que cette situation vient de l’état de conflit économique lancé par la Grande Bretagne contre le Zimbabwe (conflit économique dont je n’aborde pas la discussion sur les vraies causes, dont une partie est évidemment économique, mais pas seulement) .
            Je le démontre en indiquant ces notions d’économie et le principe de la stabilité par la confiance, et les mécanismes de perte de confiance au Zimbabwe envers le dollar Zimbabwe. Et donc qu’on ne sort pas de ces "notions de base d’économie".
            L’hyperinflation n’est donc pas due à des atteintes aux droits de l’homme ni à la démocratie, mais tout simplement à des mécanismes économiques qui ne sont pas nouveaux.

            Et je voudrais vous poser une question complémentaire : qui sont donc "les autres" que j’accuserais sans raison dans l’article ?
            Vous ne parlez tout de même pas de la Grande Bretagne dont je dis qu’elle mène une guerre économique contre le Zimbabwe parce qu’elle le dit elle-même ?


          • sobriquet 4 août 2008 22:55

            [impertinence on]

            S’ils avaient utilisé des logiciels de compta libres, ils auraient rapidement pu obtenir une mise à jour pour gérer convenablement ces grands nombres

            [impertinence off]

            Merci pour cet article intéressant et bien raconté.


            • koudou 5 août 2008 00:49

              @sobriquet

              Merci de m’avoir fait rigoler un grand coup.

              En plus, vous avez raison. Mais avant qu’une banque se mette à gérer les comptes de ses clients avec un logiciel libre, je pense qu’il va falloir une révolution des moeurs ...


            • fonzibrain fonzibrain 5 août 2008 03:17

              Contrairement à une croyance générale, l’institut d’émission des Etats-Unis est, en fait, une machine à fabriquer de l’argent détenue par un cartel bancaire privé, qui gagne d’autant plus que les taux sont élevés. Mine de rien, il imprime des dollars à bon marché et les revend plus cher.
              L’institut d’émission des Etats-Unis, appelé aussi « Réserve fédérale » ou « FED », revient constamment en point de mire lorsque le monde financier international se demande, anxieux, s’il va modifier son taux directeur ou non.

              par Wolfgang Freisleben, Vienne








              L’abréviation FED se rapporte au « Board of Governors of the Federal Reserve System », c’est-à-dire à la conférence des gouverneurs du « Federal Reserve System » érigé il y a 93 ans. Il s’agit non pas d’une ­banque centrale traditionnelle, mais de la réunion de cinq banques privées régionales tout d’abord, de douze banques actuellement, disséminées aux Etats-Unis, habilitée chacune à porter le nom de Federal Reserve Bank, un petit nombre d’initiés seulement sachant à qui elles appartiennent. Un seul point est certain : elles n’appartiennent pas à l’Etat. Néanmoins, elles exercent les fonctions d’un institut d’émission de l’Etat. Elles prennent leurs décisions au sein du Federal Reserve Board, dont le président les représente à l’extérieur et dont les séances ont lieu à Washington dans leur propre et imposant monument historique. La plus importante de ces banques privées est la Federal Reserve Bank of New York, qui contrôle l’énorme place financière de cette ville.
              Privilèges d’une machine à fabriquer de l’argent

              Ce cartel de banques privées dispose de privilèges incroyables, dont trois doivent être soulignés :
              • En imprimant des dollars, la FED convertit à moindres frais du papier sans valeur en dollars et prête ceux-ci aux Etats-Unis ainsi qu’à d’autres Etats et à d’autres ­banques contre reconnaissances de dettes. Au cours de son histoire, le cartel a donc créé des milliards de créances à partir du néant et encaissé des intérêts en permanence, ce qui lui assure un profit annuel atteignant des milliards. Ainsi, aucun gouvernement américain ne doit se faire des soucis à propos du déficit budgétaire tant que ces messieurs en complet sont à ses côtés et – tel est le cas du financement des guerres durant la présidence de Bush – mettent en branle la planche à billets en cas de besoin.
              • Le privilège des intérêts permet à la FED de fixer elle-même les taux et il est évident qu’elle a le plus grand intérêt à encaisser les plus hauts intérêts possibles. Les taux at­teignent donc un niveau souvent particulièrement élevé et occasionnent périodiquement des crises – ce qui est le cas actuellement et donne l’occasion à la FED d’intervenir ultérieurement comme sauveur. Les intérêts opèrent en permanence une ponction sur le pouvoir d’achat des citoyens américains en faveur des banquiers de la FED, par les intérêts des crédits comme par les impôts transformés en intérêts dus à la FED en raison de l’énorme service de la dette publique. Modifiant constamment les taux d’intérêt, la FED change les conditions cadres de la plus grande économie du globe et de la plus importante bourse des actions, celle de Wall Street, qui, principale bourse du monde, diffuse des signaux en direction des autres bourses.
              • Pour être en mesure de résoudre les crises bancaires, la FED gère les réserves monétaires de ses banques membres (rémunérées à raison de 6% par année), qu’elle remet à disposition du système bancaire lors de l’éclatement d’une de ces crises. Actuellement, la FED s’efforce de prévenir, en fournissant à maintes reprises des liquidités aux banques, une crise financière mondiale causée par le krach du système de financement immobilier américain. Comme de nombreuses banques améri­caines de crédit hypothécaire ont sagement lié leurs crédits à des papiers-valeurs et transmis ainsi leurs problèmes à des banques européennes, celles-ci ont commencé aussi à vaciller.
              Mais c’est la FED et son ancien président, Alan Greenspan, qui ont provoqué cette crise. En abaissant rapidement et dramatiquement les taux d’intérêt – après avoir porté le taux directeur jusqu’au niveau exorbitant de 6% –, et avoir approvisionné l’économie américaine excessivement en liquidités, Greenspan avait tenté, à partir du 3 janvier 2001, d’enrayer la plus forte chute boursière depuis 50 ans. Au 25 juin 2003, le taux directeur était tombé à son niveau minimal de 1%, ce qui avait permis aux banques d’octroyer des crédits aux taux extrêmement bas et ce qui avait fait tomber de nombreuses familles dans le « piège du crédit », les incitant à acheter des logements à crédit, à des conditions auxquelles elles ne pouvaient faire face qu’à des taux bas.

              Crise provoquée par la FED

              A la fin du cycle des taux d’intérêt, Greenspan avait provoqué une situation qui avait déclenché une avalanche. En effet, la FED a majoré douze fois de 0,25% son taux directeur, du 30 juin 2004 au 29 juin 2006, le portant alors à 5,25%. Il dépasse ainsi de 525% le taux fixé il y a quatre ans ! Les taux fixés pour les crédits hypothécaires sont montés en conséquence et ont atteint un niveau que toujours davantage de familles ne peuvent pas supporter. Comme la propension à épargner est actuellement négative aux Etats-Unis, que la plus grande partie de la population doit recourir au crédit et que les carnets ­d’épargne ne jouent guère de rôle, la crise s’accentue. Vu que, depuis l’année précédente, toujours davantage de bailleurs de fonds hypothécaires sont – tout comme leurs clients – en retard dans leurs paiements à d’autres banques, le système bancaire est en crise, celle-ci ayant atteint un point culminant en août 2007, lorsque la FED et la Banque centrale ­européenne (BCE) n’ont pu stabiliser le système que par plusieurs injections de liquidités.
              La crise des liquidités bancaires s’est immédiatement répercutée sur la bourse, qui réagit généralement de manière sensible aux variations de taux de la FED. En effet, la hausse des taux rend les titres à intérêt fixe plus attrayants que les actions, freine l’économie, est donc un poison pour la bourse et abaisse les cours des actions. Ainsi a commencé septembre 2007.

              Les motifs des banques de la FED

              Pour comprendre la manière d’agir et les motifs de la FED, qui paraissent parfois curieux, il faut jeter un coup d’œil sur l’histoire de l’institut d’émission.
              La proposition d’établir une banque centrale est due au banquier allemand Paul Warburg. La crise financière et bancaire déclenchée en automne 1907 par la faillite de Knickerbocker Trust Co. et la situation menaçante de Trust Company of America a mis en péril 243 banques, car aucune institution n’était en mesure de mettre temporairement des fonds à leur disposition pour surmonter leurs difficultés de paiement. Dans un discours prononcé peu de mois auparavant à la Chambre de commerce de New York, le banquier John Pierpont Morgan avait prévu par hasard cette crise et appelé à fonder une ­banque centrale. La crise se prêtait à merveille au soutien de cette revendication. Par la suite, Morgan a joué un rôle essentiel, à l’arrière-plan, dans la réalisation du projet.
              Initialement copropriétaire de la banque Warburg de Hambourg, Paul Warburg avait épousé en 1893, lors d’un séjour aux Etats-Unis, la fille de Salomon Loeb, de la banque new-yorkaise Kuhn, Loeb & Co., qui a fait de lui et de son frère Felix des partenaires de la banque (fusionnée en 1977 avec ­Lehman Brothers).
              Pourvu généreusement par la Banque ­Kuhn Loeb d’un salaire annuel de USD 5 000 000, Paul Warburg s’est occupé uniquement, pendant les six ans qui ont suivi la crise bancaire, d’une « réforme bancaire » tendant à ériger une banque centrale d’après le modèle de la Banque d’Angleterre, laquelle appartenait alors à des banquiers privés. Ce faisant, il a été soutenu par le sénateur Nelson D. Aldrich, beau-père du premier héritier milliardaire américain, John D. Rocke­feller junior, connu comme porte-parole du banquier J.P. Morgan au Congrès des Etats-Unis.

              Conspiration au yacht-club de Jekyll Island

              En novembre 1910 finalement, un groupe de personnes triées sur le volet s’est rassemblé, sous prétexte d’une excursion de chasse, dans un wagon de chemin de fer aux jalousies fermées du yacht-club que possédait le banquier J.P. Morgan à Jekyll Island, en Géorgie. Lors de cette réunion secrète, taxée ultérieurement de conjuration, Paul Warburg, représentant de Kuhn Loeb et d’autres banques ainsi que deux banquiers de J.P. Morgan, représentant aussi les intérêts du groupe Rothschild, et deux du groupe Rockefeller ont décidé d’aider le sénateur Aldrich à rédiger en neuf jours un projet de loi que le Républicain vaniteux entendait présenter en son nom au Congrès. Il s’agissait non pas d’une banque centrale, mais seule­ment d’une société privée nationale de réserve dont plusieurs comptoirs devaient être disséminés aux Etats-Unis et dans lesquels des banques affiliées volontairement de­vaient déposer des réserves monétaires de crise. En raison de ses relations bien connues avec le centre financier et boursier de Wall Street, Aldrich a échoué, la majorité méfiante des députés voyant à juste titre dans son projet un plan tendant à assurer à un cercle restreint de banquiers puissants et liés les uns aux autres une position dominante et, partant, la possibilité de réaliser des profits énormes dans l’économie américaine.
              Les requins de Wall Street ne se sont évidemment pas découragés et ont profité des élections présidentielles de 1912 pour faire élire le candidat démocrate ­Woodrow Wilson, qu’ils ont soutenu massivement sur le plan financier. Pendant la lutte électorale, il s’est fait passer pour un adversaire du « Wall Street Money Trust » et a promis au peuple un système monétaire exempt de main-mise des banquiers internationaux de Wall Street. En fait, la conception de la banque centrale a été élaborée par le groupe­ment qui semblait avoir perdu la partie.
              En tout cas, les Schiff, Warburg, Kahn, Rockefeller et Morgan avaient misé sur le bon cheval. Sous le titre de « Federal Reserve Act » qui dissimule sa portée et qui prétendument réduit à néant le projet de banque centrale formulé par Wall Street, ils ont déversé le 23 décembre 1913 sur des députés démocrates des mieux disposés et avec le soutien du président Wilson, un projet de loi très peu modifié et ont requis l’approbation du Congrès alors que de nombreux députés non informés prenaient déjà leurs vacances de Noël et que très peu avaient lu le texte du projet.

              Le plus grand cartel du monde

              Les rares députés qui ont perçu la nature de ce jeu pervers n’ont guère pu se faire entendre. Avec sagesse, le conservateur ­Henry Cabot Lodge senior a prévu « une inflation énorme de moyens de paiement » et que « la monnaie d’or serait noyée dans un flux de papier-monnaie non échangeable ». Après le vote, Charles A. Lindbergh senior, le père du célèbre aviateur, a déclaré au Congrès : « Cette loi établit le cartel le plus important au monde […] et légalise ainsi le gouvernement invi­sible de la puissance financière […]. Il s’agit du projet de loi Aldrich déguisé […]. La nouvelle loi provoquera de l’inflation tant que le cartel le souhaitera […]. »
              Lindberg avait raison, comme le prouve le « privilège du dollar ». Avant l’établissement du Système fédéral de réserve, des banques privées avaient déjà imprimé des billets. Dans les années soixante du XIXe siècle, il y avait encore 8000 sortes de billets, émises par des « State Banks » privées avec l’autorisation de l’Etat. A partir de 1880, 2000 banques pourraient avoir encore émis leurs propres billets. Depuis 1914, le chiffre s’est limité à la douzaine de banques privilégiées.
              Quand le président Abraham Lincoln a eu besoin d’argent, en 1861, pour financer la guerre civile et que les crédits des ­banques Rothschild, financiers traditionnels des guerres, lui sont devenus trop chers, il a éludé le privilège des banques privées et fait imprimer un billet d’Etat, le « Greenback ». Il ne devait pas survivre longtemps à cette démarche téméraire. En 1865, il a été assassiné par un tireur isolé, abattu lui-même lors de sa fuite. Le successeur de Lincoln, Andrew Johnson, a suspendu l’impression de billets pour des raisons inexplicables.
              Le prochain président qui a voulu redonner à l’Etat le monopole de l’impression de billets a été John F. Kennedy.

              Tentative de Kennedy de priver la FED de son pouvoir

              Peu de mois avant son assassinat, John F. ­Kennedy a été semoncé par son père Joseph dans le salon ovale de la Maison Blanche. « Si tu le fais, ils te tueront ! » Mais le président ne s’est pas laissé dissuader. Le 4 juin 1963, il a signé l’acte exécutif numéro 111 110, abrogeant ainsi l’acte exécutif 10289, remettant la production de billets de banque dans les mains de l’Etat et privant en grande partie de son pouvoir le cartel des banques privées. Après que quelque USD 4 milliards en petites coupures nommées « United States Notes » eurent déjà été mises en circulation et alors que l’imprimerie de l’Etat s’apprêtait à livrer des coupures plus importantes, Kennedy a été assassiné le 22 novembre 1963, soit 100 ans après Lincoln, par un tireur isolé abattu lui-même lors de sa fuite. Son successeur s’appelait Lyndon B. Johnson. Lui aussi a suspendu l’impression de billets pour des raisons inexplicables. Les douze banques fédérales de réserve ont retiré immédiatement les billets Kennedy de la circulation et les ont échangés contre leurs propres reconnaissances de dette.
              Grâce à son monopole de production illimitée d’argent, le cartel bancaire du Système fédéral de réserve dispose d’une énorme machine à fabriquer de l’argent, qui lui permet de gagner énormément. Qui se cache derrière ce système est un secret bien gardé. Car il faut distinguer entre les banques proprié­taires et les simples banques membres, qui déposent des réserves monétaires pour, le cas échéant, être sauvées par la suite. Il y a quelques années, la Federal Reserve Bank of New York a publié les noms de ces banques membres, qui n’ont par ailleurs aucun droit. La rémunération annuelle de leurs dépôts se chiffre à 6%. Mais le niveau de leurs parts est tenu secret comme les noms des propriétaires des banques fédérales de réserve, initialement trois, aujourd’hui quatorze.

              Critique après le krach de 1929

              Paul Warburg a refusé la présidence du Federal Reserve Board en 1910, alors que ce juif allemand à l’accent prononcé, juste avant le début de la guerre contre l’Allemagne, venait d’acquérir la nationalité des Etats-Unis. Toute­fois, il devint membre du Conseil d’administration et du puissant Council on Foreign Relations, qui passe encore aujourd’hui pour le berceau des politiciens américains et des banquiers de la FED.
              Les efforts qu’il a déployés pendant de longues années pour fonder l’institut d’émission américain lui ont valu non seulement de l’argent et des honneurs dans la haute finance, mais aussi la pire expérience de sa vie. En 1928, il a exigé sans succès une limitation de la circulation monétaire afin de freiner la spéculation boursière qui rappelait la ruée vers l’or. Mais ceux qui étaient disposés à l’entendre sont restés rares ; on le nommait la Cassandre de Wall Street. Après le krach d’octobre 1929, il devint la cible de ceux qui avaient perdu leur patrimoine. Des rumeurs, des brochures et des articles de presse l’ont décrit, lui qui avait tenté d’entraver les catastrophes financières, comme « l’auteur non américain » de la panique boursière d’alors. On a pu lire que « Paul Warburg avait prêté avec sa bande de l’argent au Système fédéral de réserve afin de mettre en mains juives les finances américaines et d’exploiter l’Amérique jusqu’à son épuisement. » De telles légendes se sont poursuivies jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Aigri par ces attaques, il est décédé en 1932. En 1936-1937, les cours des actions ont baissé de 50%, en 1948 de 16%, en 1953 de 13%, en 1956 de 13%, en 1957 de 19%, en 1960 de 17%, en 1966 de 25% et en 1970 de 25%. Ont suivi le krach ­d’octobre 1987, les chutes de cours de 1990, 1992 et de 1998 ainsi que, finalement, la forte baisse d’avril 2000 à mars 2003 et la crise actuelle qui a commencé en août/septembre 2007 et dont les effets sont incertains.
              Aujourd’hui, on répand le bruit – mais ne le confirme pas – que le groupe bancaire Rocke­feller détient 22% des actions de la Federal Reserve Bank of New York et 53% de tout le Système fédéral de réserve. Principal acquéreur de bons du Trésor des Etats-Unis, la Banque du Japon possèderait 8% de ces actions. On attribue 66% aux banques purement américaines et 26% aux vieilles ­banques européennes (dont 10% aux banques Rothschild). •

              Source : International III/2007
              (Traduction Horizons et débats)






              Vendredi 18 Janvier 2008


              Wolfgang Freisleben



              koudou c’est pareil dans les banque centrale africaine ?


              • koudou 5 août 2008 10:02

                @fonzibrain

                J’ignore totalement à qui appartiennent les Banques Centrales Africaines en général. Elles ont toutes officellement les droits d’émission de monnaie, de fixation des taux directeur et même parfois de taux de change par rapport aux autres monnaies (donc des décisions de parité non fixées par le marché de l’offre et la demande). Par contre, savoir à qui elles appartiennent et surtout à qui elles obéissent me semble révéler tout un ensemble de situations assez contrastées.

                Pour le cas du Zimbabwe pour continuer dans l’exemple de l’article, tout le monde - y compris les niveaux politiques décisionnaires avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger à propos du problème que représentait ce système pour l’avenir du tourisme - m’ont clairement indiqué que le décisionnaire n’était pas GIdéon Gono, mais qu’ils se trouve plus haut sans qu’on me cite jamais de nom. Cependant, officiellement, le gouverneur Gidéon Gono prend ses décisions en toute indépendance comme dans les pays occidentaux. Et donc, il semble très difficile de savoir si le "plus haut" signifie le chef de l’état ou un ensemble de cartels privés.
                Je n’ai pas eu l’impression que la question de la propriété effective de la Banque Centrale (à savoir l’état ou des Banques ou un organisme indépendant semi étatique) n’était un problème du moment que l’état commandait la manière de fonctionner. Et bien évidemment, il y a un black out sur ce sujet manifestement tabou qui m’a très vite convaincu qu’il ne fallait pas que j’insiste à poser des questions trop précises. Ce qui fait que je n’en sais rien du tout et que j’en suis réduit à des impressions et des supposisions qui n’ont guère plus de valeur que des élucubrations.

                Au passage, les personnes qui ont encore de l’argent officiellement au Zimbabwe ne le confient pas à des banques mais en ont une bonne partie en bourse. Cela peut paraître curieux que la Bourse du Zimbabwe, dont les entreprises ont des titres dont la valeur est libellée en dollars zimbabwe puisse être encore d’un intérêt quelconque.
                Mais la réponse est que, à moins de transformer cet argent en US dollars et de les placer à l’étranger (ce qui est se situe quelque part entre l’interdit et l’anti-patriotisme), la Bourse est le seul moyen de garder de la valeur à ses avoirs. En effet, la Bourse est devenue le moyen de conserver de la valeur à sa fortune en dollar Zim, car les cours sont constamment ajustés pour correspondre à la réalité du taux du marché noir. C’est très curieux comme phénomène, et tous les Zimbabwéiens qui ont officiellement de l’argent en Z$ le placent en Bourse, car c’est le seul endroit totalement légal et moral au Zimbabwe où leurs liquidités gardent leur pouvoir d’achat et même progresse. AInsi, le placement qui en Europe est toujours entaché d’un risque non négligeable est devenu au Zimbabwe le plus raisonnable et le moins risqué.


              • Tata007 5 août 2008 12:49

                Arretons de plaquer une lecture idéologisante sur la triste réalité du Zimbabwe...

                Vivant au Zimbabwe depuis 1 an et demi, et ayant du mal à m’expliquer toujours les événements hallucinant de la vie économique de ce pays, j’ai pris connaissance avec intérêt de votre contribution. Hélas... le manque de sérieux de vos affirmations sur le Zimbabwe me font douter même de la véracité de vos explications historiques sur la monnaie...

                Vous dites en introduction :
                Evidemment, les Occidentaux (...) accusent la politique du dictateur" Mugabe et son antidémocratie comme origine de l’effondrement du dollar Zimbabwe. Ils ont tort, et même totalement tort. C’est parce qu’il reste une certaine liberté dans le pays (libre circulation des produits et des marchandises, libre circulation des personnes, frontières perméables dans les deux sens) que la monnaie s’effondre. Et la cause numéro un, ce sont bien les actions économiques contre le Zimbabwe qu’ont pris les Etats-Unis et la GB.
                Et comment argumentez vous ces affirmations ensuite ? Rien....

                Moi même, en arrivant au Zimbabwe j’étais toute prête à rechercher "la faute de l’homme blanc" (comme dit notre collègue ci-dessus), et en tous cas à me méfier de toutes les critiques émises par des ex- Rhodésiens blancs volontiers passablement racistes... Apres 1 an et demi dans le pays, et surtout l’expérience des élections, je m’aperçois que ce ne sont pas seulement les Blancs qui critiquent Mugabe, mais la quasi totalité des citoyens que j’ai rencontrés (donc bien sur les noirs en 1er lieu)
                Non pas que les Anglais soient blancs comme neige : non, leur gestion hypocrite de l’indépendance du Zimbabwe, le non-respect des accords de Lancaster qu’ils avaient sponsorisés, sont certainement pour beaucoup dans la debacle actuelle : et en premier lieu, parce qu’ils permettent à Mugabe et à son parti de se servir d’une propagande anti-occidentale stupide pour occulter leur propre responsabilité.

                Je suis simplement atterrée de voir tant de gens reprendre cette propagande stérile... On peut être anti-impérialiste et garder la tête claire, non ?

                Il y avait certainement un problème de propriété des terres au Zimbabwe, et certainement il fallait trouver moyen de le régler. La manière Mugabe n’a ostensiblement pas été la meilleure, non seulement parce qu’elle a recouru massivement à une violence indigne de ce pays (par ailleurs fort civilisé), mais en plus parce qu’il s’agissait d’une manoeuvre clairement politique négligeant totalement de mettre en oeuvre les mesures d’accompagnement nécessaires pour une bonne transition de l’agriculture. Résultat, les terres confisquées aux blancs ont été confiées soit à des caciques du régime, qui s’en servent comme "barbecue week end houses", soit aux malheureux chassés de leur maison lors des opérations de destruction des bidonvilles, et quni aux machines, ni bien sur aux crédits. Ils en sont réduits a une petite culture vivriere autour de leus cases en paille... et pour les mieux introduits, à récupérer de l’essence à prix subventionné auxquels ils peuvent avoir acces en tant qu’agriculteurs, pour le revendre au marché noir. Résultat : la production agricole représentera cette année moins de 30% des besoins du pays - un pays qui pendant des années à fournit ses excédents à toute la sous-région.

                La crise agricole n’est certainement pas la seule raison des difficultés actuelles... mais d’un autre côté il est pénible d’entendre en permanence le parti au pouvoir s’auto-légitimer sous le seul pretexte qu’il a rendu les terres au noir - OK, cela fait plus de 15 ans, et maintenant, qu’a-t-il fait pour son pays ?

                Concernant les sactions sur le Zimbabwe, je vous invite à examiner la "fact box" produite par Reuters il y a quelques semaines :http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900SID/MUMA-7GWBA5?OpenDocument
                Vous verrez que les sanctions ne peuvent être considérées comme responsables des difficultés du pays... :
                . interdiction de voyager pour 20 à 250 des hauts responsables du régime
                . gel des avoirs dans les banques des mêmes hauts responsables (histoire d’éviter de les voir prospérer comme on voit d’autres Omar Bongo et consorts)
                . embargo sur les armes
                . embargo sportif qui touche essentiellement le cricket
                . isolement diplomatique - c’est le seule élément que l’on pourrait effectivement incriminer... :

                Le Zimbabwe en effet souffre de ne plus avoir acces au crédit pour mettre à niveau ses infrastructures. Le FMI a en effet suspendu son assistance en 2002, apres que le pays ait failli dans le remboursement de ses arriérés, et réaffirmé sa volonté de persister dans la politique économique qui est la sienne.
                Vous en connaissez beaucoup, vous, des banques qui vont preter de l’argent a un pays qui connait 6 millions de pourcent d’inflation, un déficit budgétaire équivalent de 50% du PIB,et une décroissance annuelle de pres de 20% par an depuis 4 ans, et qui s’obstine dans sa politique économique ?

                Le gouvernement n’a rien proposé, lors de la deniere campagne, pour redresser l’économie. Ah, si, pardon : « la souveraineté, totale, l’indigénisation des entreprises" et la chasse aux "traitres valets de l’impérialisme occidental, qui augmentent leur prix pour tenter de saper le régime librement élu par le peuple". Et cela fait maintenant presque 1 an que des policiers en civil vont vérifier dans les magasins que les prix des denrées de bases sont conformes à la législation. Conformes ? Oh, oui, ils le sont : en fait on ne trouve plus, depuis 1 ans, ces denrées dans les magasins : ni pain, ni huile, ni sucre, ni farine de mais.

                Il est vrai que certains de ces produits sont exportés au Botswana et en Afrique du Sud, par des entreprises avides de devises, pour être rachetées essentiellement par des Zimbabwéens, qui vont les revendre 3 ou 4 fois plus cher au retour. C’est ça la liberté ?
                NB : encore que, ce matin, je lis dans le journal que le gouvernement va interdire l’exportation des denrées de base... A quand l’interdiction de l’importation pour tous ceux qui, comme nous, ne trouvent plus de quoi se nourrir dans le pays ? Ou encore, riche idée, les restrictions et ponctions sur les devises envoyées par les émigrés à leurs familles (quelques 100 millions de USD par mois, quand même). A force de gouverner en dépit du bon sens, on en rend la vie des gens vraiment impossibles.... Le pire, ces derniers mois, c’est les entraves faites au travail des ONGs, qui
                menacent encore de priver pres de 2 millions de personnes vulnérables d’aide alimentaire !

                Quant à la liberté dont jouissent, selon vous, les citoyens dans le pays, il est vrai qu’elle est mieux rentrée dans les moeurs que dans bien des pays d’Afrique. Il y a une presse d’opposition étonamment vivace, des groupes citoyens, un certain sens de l’état de droit... tout ceci, jusqu’a un certain point, et plus précisement le point où le pouvoir se sent menacé, comme on l’a vu lors de ces élections. Car au fond, il faut se rappeler que le président et le parti ne sont pas arrivés au pouvoir par le droit et la démocratie - qui étaient passablement défaillants aussi à l’époque, mais par les armes. D’ou ce manque de respect pour ce qui nous semble essentiel : l’état de droit.
                L’expérience électorale a été édifiante... Pour ceux que ca intéresse, lisez "the army will drive voters to the poll" : http://www.thezimbabwetimes.com/?p=626

                Quand aux vraies raisons de l’inflation au Zimbabwe, je crains que ce soit tout simplement que le gouvernement tente de vivre au-dessus des moyens du pays... C’était tout à son honneur dans les années 80 : une vraie politique éducative et sociale, avec des institutions respectables, des fonctionnaires très bien formés... Un modèle pour toute l’Afrique.
                Et puis les choses se sont malheureusement dégradées : d’un côté, la corruption a fait son nid, et de l’autre, l’économie réelle a cessé d’être suffisamment productive pour financer ces dépenses.
                Alors moi je ne suis pas une experte en économie, mais je me souviens ce que disaient les grands mères : l’inflation, c’est quand le gouvernement fait marcher la planche à billets. Et ce n’est pas étonnant si c’est devenu exponentiel avant les élections, car la planche a billets a marché à fond : par exemple, pour payer des indemnités de ministre aux « vétérans de guerre » qui sont les plus fideles soutiens du régime (et bien utiles en période de violence....) - ils ont touché 9 milliards à l’époque, soit je crois pas loin de 50 fois le salaire minimum, ou encore, en fournissant les milliards nécessaires pour acheter les devises au marché noir, pour financer les tracteurs et les voitures dont le parti a arrosé les chefs de village pour s’acheter leurs faveurs pré-électorales...
                Le taux de change est actuellement de quelques 300 milliards d’anciens dollars zimbabwéens pour 1 USD, mais il faut savoir quand même que les membres du gouvernement continuent de bénéficier de l’ancien taux officiel, de 30 000 anciens Z$ pour 1 USD. Imaginez : une Mercedes a 400 000 USD leur revient ainsi à seulement 12 milliards de zims, soit ... 4 centimes de dollars américains au taux du jour ! On comprend que certains s’accrochent au pouvoir.


                • Manta Manta 5 août 2008 13:31

                  Merci Tata007,

                  C’est beaucoup plus clair ainsi, et surtout plus conforme a ma petite experience de l’Afrique.
                  Personnellement, c’etait le Congo/Zaire/Congo mais, la-bas, ca se passait un peu de la meme facon qu’au Zimbabwe.

                  Rien de neuf sous le ciel d’Afrique, helas.


                • koudou 5 août 2008 15:18

                  @Tata07

                  J’ai lu avec un très grand intérêt votre commentaire. Il donne un certain nombre de faits réels, dont tous n’ont pas de rapport avec l’article, mais ne peuvent pas être traités de hors sujet, car ces faits contribuent à la perte de confiance qui a fait s’effondrer la monnaie. Mais il comporte aussi une certain nombre d’opinions qui ne me paraissent pas fondés, et qui ressemblent tellement à la doctrine de l’Etat Français que je soupçonne que vous êtes à l’Ambassade de France au Zimbabwe ou dans une des associations proches.

                  Je vais tenter de répondre aux principaux points de votre intervention et j’espère que vous vous rendrez compte que votre affirmation de "manque de sérieux de mes affirmations" est inexacte, ou tout au moins pourrait aussi bien s’appliquer à certaines des vôtres.

                  "prête à rechercher "la faute de l’homme blanc""
                  Je voudrais une nouvelle fois souligner le fait que je cherche pas la faute de l’homme blanc, et que je n’accuse pas "l’homme blanc" de racisme anti-noir ou que sais-je. C’est une manie courante ici que de projeter ses propres pensées sur ce qu’écrit quelqu’un. Il n’y a en moi aucune tentative ni d’accuser les noirs, ni les blancs.

                  "je m’aperçois que ce ne sont pas seulement les Blancs qui critiquent Mugabe, mais la quasi totalité des citoyens que j’ai rencontrés"
                  Si on se base sur les élections législatives (dont personne ne conteste les résultats) et sur le premier tour de la présidentielle (dont les protagonistes ne discutent plus du résultat, sinon à 3 ou 4% près), on a deux forces en présences, de taille tout à fait semblable, avec un avantage marqué mais pas écrasant de Tsvangirai et son MDC sur Mugabe et son ZanuPF
                  Dans ces conditions, affirmer comme vous le faites que la "quasi-totalité" des citoyens critiquent Mugabe en une phraséologie qui tend à vouloir démontrer qu’il se maitient au pouvoir contre l’avis de l’ensemble de la population, relève de la désinformation pure et simple.

                  Vous parlez des accords de Lancaster House non respecté par les Britanniques. C’est vrai.
                  Vous parlez de Mugabe qui utilise cet argument pour tenter de masquer ses carences de gestionnaire économique. Vous avez raison, à la fois sur les carences, et à la fois sur le fait qu’il essaye de détourner l’attention par ce que vous appellez "propagande stérile". Je ne vois pas d’ailleurs pas comment appeler cela autrement.

                  Pour ce qui concerne la crise agricole, je ne vous suis pas entièrement.
                  Car s’il est vrai qu’un certain nombre de fermes ont été données à des proches du régime (ce qui est répréhensible, car c’est du népotisme), toutes les terres n’ont pas été transférées à des hauts politiques, et même parmi celles qui ont été transférées à des hauts fonctionnaires, il y en a certaines qui ont été parfaitement exploitées.
                  Mais surtout, la raison de la perte de production n’a pas pour seule origine ni même pour origine principale la mauvaise répartition des terres, mais les périodes de sécheresses graves qui ont sévit dans la région, et qui ne touchent d’ailleurs pas que le Zimbabwe, mais aussi 22 autres pays en Afrique sub saharienne. La FAO (Food & Agriculture Organization de l’ONU) et le PAM (Programme d’Alimentaire Mondial) ont lancé un certain nombre d’études en Zambie, Zimbabwe, Lesotho, Swaziland, et Mozambique. Ces rapports sortent au fur et à mesure, et indiquent bien que la région a subi des périodes de sécheresses graves et c’est ce facteur qui a été mis en vant, avec une aggravation par le recul de la production marchande de maïs. Rapport FAO/PAM : http://www.fao.org/countryprofiles/index.asp?iso3=ZWE&lang=fr
                  En 2004, Amnesty International (plus pas trop modéré contre Mugabe) écrivait quelque chose de similaire : http://www.amnesty.org/fr/library/asset/AFR46/026/2004/fr/dom-AFR460262004fr.html
                  On rentre dans un autre problème qui est celui des changements climatiques et de la désrtification, et les problèmes agricoles de l’Afrique subsaharienne (y compris le ZImbabwe) rentrent principalement dans ce mécanisme. Ce qui se passe sur le plan économique et politique est aggravant et rend les choses plus aigues, mais il ne faut pas inverser l’importance des causes.

                  "la production agricole représentera cette année moins de 30% des besoins du pays"
                  Pour être un peu plus exact, la production céréalière en 2008, en baisse de 40% par rapport à l’année précédente, ne représentera cette année qu’un peu plus de 40% des besoins du pays.
                  La production céréalière du Zimbabwe prévue par la FAO est de 848000 tonnes, soit 40% de moins que l’année dernière. Les besoins étant de 2 millions de tonnes, il va donc manquer 1,23 millions de tonnes de céréales.
                  http://www.fao.org/docrep/010/ai469f/ai469f00.htm

                  "les sanctions ne peuvent être considérées comme responsables des difficultés du pays"
                  Ah bon ?
                  C’est une affirmation plus incantatoire que démonstrative ...
                  Voyons ... gel des avoirs : dirigeants ou proches des dirigeants du pays, et entreprises nationales du pays. Interdiction d’emprunter de l’argent.
                  Il y a aussi quelque chose que vous avez oublié, c’est le lobbying actif pour couper les marchés de vente du Zimbabwe, sachant que la porte principale en Europe, c’était la Grande Bretagne.
                  Résumons en faisant le parallèle avec ce que cela pourrait signifier pour un individu : vous avez de l’argent en banque, mais vous ne pouvez plus y accéder, vous ne pouvez plus emprunter, et on essaye le plus possible de vous empêcher de gagner de l’argent par votre travail, et on vous empêche de venir vous visiter pour venir vous expliquer.
                  Si vous pensez toujours que les sanctions sont totalement étrangères aux difficultés économiques, c’est que vous avez vraiment un défaut de raisonnement quelque part, ce que je n’ai pas ressenti chez vous.
                  En tout cas, moi, si on m’empêche de gagner ma vie, qu’on confisque l’argent de mon compte en banque, qu’on me ferme mon compte et qu’on m’interdit d’emprunter, je ne sais pas très bien comment je vais pouvoir faire, surtout si en plus on m’interdit de venir dans le quartier de mon banquier venir m’expliquer.

                  Maintenant, il est certain que la réaction de Mugabe à cette guerre économique a été pour le moins inadéquate. Et en particulier, création de monnaie n’importe comment, fixation d’une parité par rapport au dollar avec un change à sens unique, taxation de toutes les devises étrangères entrantes, taxation violente des revenus du tourisme par le même mécanisme, et laisser-faire des opérations gravement frauduleuse de nombreux hauts fonctionnaires sur le change. On ne pouvait pas faire pire, et on peut se demander si il n’aurait pas commis les mêmes erreurs même s’il n’y avait pas eu cette guerre économique. Mais clairement, ce sont ces sanctions qui l’ont poussé à le faire, car à part tenter de trouver un terrain d’entente avec les européens, il s’est braqué violemment contre Tony Blair et la GB, et a commis toutes ces conneries.

                  Le FMI : votre présentation des relations entre le Zimbabwe et le FMI est totalement fausse. Et je n’ai pas le courage de tout reprendre, en commençant par le début, à savoir que comme partout en Afrique, le FMI a voulu imposer sa politique catastrophique en Afrique d’ajustement structurel dont le seul objectif visible pour la population a été de rendre l’école et les hopitaux payants. Quant à l’inflation, vous ne pouvez pas utiliser comme argument l’inflation effroyable de 2008 pour justifer d’une décision de 8 ans auparavant où l’inflation existait mais était du même ordre que les autres pays africains.
                  Evidemment, si vous travaillez pour l’antenne du FMI au Zimbabwe, je comprends les contraintes intellectuelles auxquelles vous êtes tenue, et je n’insisterai pas sur ce point.

                  Votre description du non fonctionnement de la politique du prix imposé est tout à fait juste. Le marché s’échappe par le biais de la libre circulation des produits et marchandises avec les pays frontaliers. Et les prix d’ailleurs ne sont pas très chers EN US DOLLAR. mais en Zim$ c’est effectivement l’horreur.
                  En tout cas, ce mécanisme est exactement ce que la GB et les US pronent à tout va et appellent le libéralisme. Et c’est ce que veulent également le FMI et l’OMC. Et ils appelent également ça la "liberté". C’est un mot que vous trouvez tout à fait inadéquat semble-t-il, et je pense comme vous. Mais c’est la pensée économique dominante de nos jours.

                  Votre dernier paragraphe cite un point que je n’ai effectivement pas mis dans mon article, parce que je n’ai pas de fait précis, mais uniquement des on dits et des preuves très indirectes : la corruption. Et c’est un des points qui participe avec une grande efficacité à la perte de confiance des habitants et à la perte de valeur du Zim$.
                  Elle est galopante dans le pays. Et si vous y habitez, vous avez certainement appris l’expression "make a plan".


                • Tata007 7 août 2008 11:22

                  Bon, d’abord je voudrais m’excuser de m’être un peu emportée. A force d’entendre la rhétorique des "sanctions illégales" répétée et déclinée sur tous les médias nationaux, on ne supporte plus de la voir reprise telle quelle à l’extérieur et notamment en Afrique, puisqu’elle a réussi a anesthésier sérieusement la diplomatie régionale, dont beaucoup au Zimbabwe attendent le salut.
                  J’ai sans doute été un peu injuste en vous reprochant un manque de sérieux... Je ne trouvais pas les arguments étayant ces affirmations nervantes ; cette fois vous en alignez  un peu plus et je vous en remercie. Au-delà de la polémique, c’est l’occasion de partager des infos !
                  Je vous rassure, je ne travaille ni pour l’Ambassade, ni pour le FMI, ni pour la CIA. Je n’en dirais pas plus car je n’ai pas très envie de me faire repérer ici ;-£

                  "On a deux forces en présences, de taille tout à fait semblable, avec un avantage marqué mais pas écrasant de Tsvangirai et son MDC sur Mugabe et son ZanuPF"
                  "Affirmer comme vous le faites que la "quasi-totalité" des citoyens critiquent Mugabe(...)"

                  C’est vrai, le pays s’est montré tout à fait divisé
                  - le jugement sur la qualité des mobilisations et des convictions des uns et des autres n’appartient qu’à ceux qui les font. Après, la perception qu’on peut avoir de l’opinion générale dépend beaucoup de sa situation géographique. Les centres urbains en particulier, ont massivement voté pour l’opposition au 1er tour, tandis que les zones rurales traditionnellement acquises au pouvoir l’ont encore souvent supporté. En parlant de la "quasi-totalité des citoyens  que j’ai rencontrés", je ne prétends pas faire état d’un sondage représentatif sur le territoire. Mais simplement témoigner de deux faits : D’abord, que le MDC ne semble pas être juste la poupée des Anglais ou le parti des Blancs ; il n’est pas non plus un parti un peu confidentiel auxquels les médias étrangers accorderaient beaucoup d’importance. Il s’est révélé, malgré les conditions difficiles de la campagne, une véritable force populaire, qui a des racines profondes dans la société civile, syndicales, communautaires, et très fortes régionalement. La plupart des personnes que j’ai pu voir, et qui d’ailleurs ont voté ou pas, se lamentent de la situation et blament le pouvoir ; elles ne sont pas fortement affiliées au parti d’opposition, mais y trouvent l’expression naturelle de leur volonté de changement. Le deuxieme point qui m’a beaucoup surpris, c’est la facon dont les langues se sont deliees aux lendemains du 1er tour. Avant les élections, j’évitais toujours d’aborder les questions politiques même avec ceux qui m’étaient proches, de peur de les embarrasser. Le jour du vote, les gens ont bu et fété, comme s’ils avaient droit enfin a une ivresse  de l’espoir qui serait de courte durée. Quand l’attente s’est prolongée, un vrai espoir est né avec la conviction que "de toutes facons ca ne peut pas continuer comme ca". Et chacun, du vendeur de tomates dans la rue au caissier de supermarché, y est allé de son commentaire, ouvertement, librement. Et puis... la situation s’est refermée, avec les violences, chacun a ravalé son mécontentement....

                  Pour ce qui est de la crise agricole : je ne prétends pas que c’est elle qui a plongé le pays dans la récession ; mais elle est je crois l’un des exemples (sans doute trop médiatisé car sujet à tant de crispations) de mauvaise gouvernance. Et je ne parle pas de la confiscation des terres, mais de l’insuffisance de la politique agricole. Un journaliste anglophone d’ailleurs, dans "Where we have hope" (http://www.amazon.com/Where-We-Have-Hope-Zimbabwe/dp/0871138964), a bien décrit la manière dont le gouvernement a négligé une politique en faveur des petits agriculteurs qu’il avait pourtant plutot bien démarrée dans les années 80.
                  Outre les insuffisances du support à la production, les agriculteurs (comme les producteurs de tabac) sont confrontés à un marché completement distordu : le gouvernement voudrait qu’ils vendent leur production à des prix ne garantissant pas leur viabilité, les poussant au contraire à recourir au marché noir pour revendre essence subventionnée ou mil de maïs. Résultat : la production chute, les circuits de distribution se désorganisent, chacun y allant de sa combine, au grand détriment même de l’Etat qui ne touche plus sa TVA !
                  Les aléas climatiques sont certainement un frein au développement agricole en Afrique - sans parler de la désertification qui concourt à l’explosion des conflits, comme, à mon avis, au Darfour, mais c’est un autre sujet. Apres plusieurs années de précipitations insuffisantes, c’est la violence des pluies et leur mauvaise répartition qui, cette année, donnent au gouvernement zimbabwéen l’alibi de la mauvaise récolte (40% des besoins du pays, vous avez raison - 28% est le chiffre de la chute par rapport à l’année précédente). Mais quel autre pays de la région a connu une telle récession ? Le Zimbabwe a vu sa production agricole chuter de 50% entre 2000 et 2007... !
                  Je trouve sur le site de la FAO que vous indiquez (http://www.fao.org/docrep/010/ai469f/ai469f00.htm) :
                  Les principaux facteurs à l’origine du recul de cette année, outre les mauvaises conditions météorologiques, ont été les retards dans les livraisons de semences et les pénuries d’engrais, la dégradation des infrastructures et, surtout, les prix insuffisants de la plupart des cultures contrôlées par l’Office de commercialisation des céréales. Le recul de la production agricole nationale enregistré depuis 7 ou 8 années est également dű à des changements structuraux. Les agriculteurs nouvellement installés ne cultivent qu’environ la moitié des bonnes terres qui leur sont allouées en raison de pénuries de tracteurs ou d’animaux de trait et de carburant, des investissements insuffisants dans les infrastructures/améliorations, et de l’absentéisme de quelques bénéficiaires de la redistribution des terres. Le secteur commercial à grande échelle produit désormais moins d’un dixieme du maïs qu’il produisait dans les années 1990. Les rendements en maïs des agriculteurs exploitant les terres communales qui produisaient l’essentiel de la récolte du pays, sont aussi tombés à un quart de leur niveau en une décennie, du fait de la perte de la relation symbiotique de ces agriculteurs avec l’ancien secteur de l’agriculture commerciale à grande échelle, et d’une crise des industries d’intrants agricoles.

                  Quant au rôle du FMI :

                  Vous ne pouvez pas utiliser comme argument l’inflation effroyable de 2008 pour justifer d’une décision de 8 ans auparavant où l’inflation existait mais était du même ordre que les autres pays africains.
                  Vous avez raison, mon argument était un peu facile et il faudrait connaitre beaucoup mieux les conditions et relations économiques de l’époque du début de cette mésaventure... Mais ce que je voulais dire, c’est que citer, comme continue de le faire le gouvernement, les sanctions imposées par les Occidentaux comme principale raison de l’incapacité du pays à trouver des crédits, est aujourd’hui totalement ridicule...
                  On peut être idéologiquement opposé aux politiques que tente d’imposer le FMI, mais  encore faut-il être sûr de pouvoir se permettre lui tourner le dos, comme l’Angola, le Venezuela ou d’autres. Le ZImbabwe, qui n’a pas de pétrole mais a d’aurtes ressources, pouvait-il se le permettre ? Peut-être, mais pas avec la politique qu’a poursuivie le gouvernement.
                  Quant à savoir si, sans les sanctions, le Zimbabwe aurait été capable d’infléchir sa politique pour s’adapter à une réalité difficile, c’est délicat. Je vous rejoins cependant dans l’idée que les sanctions ne font que le braquer, et sont, comme souvent, tout à fait contre-productives.

                  Là où je ne suis pas du tout convaincue en revanche, c’est dans l’idée que ces sanctions sont effectivement responsables de la débacle actuelle. Je recherche toujours des informations objectives sur le sujet, afin de mieux comprendre les arguments utilisés, mais sans succès. Et j’avoue ne comprendre pas  davantage vos arguments
                  Gel des avoirs : dirigeants ou proches des dirigeants du pays, et entreprises nationales du pays. Interdiction d’emprunter de l’argent.
                  Il y a aussi quelque chose que vous avez oublié, c’est le lobbying actif pour couper les marchés de vente du Zimbabwe, sachant que la porte principale en Europe, c’était la Grande Bretagne.
                  Résumons en faisant le parallèle avec ce que cela pourrait signifier pour un individu : vous avez de l’argent en banque, mais vous ne pouvez plus y accéder, vous ne pouvez plus emprunter, et on essaye le plus possible de vous empêcher de gagner de l’argent par votre travail, et on vous empêche de venir vous visiter pour venir vous expliquer.

                  Le gel des avoirs concerne un petit nombre de personnes privées (250 pour les Américains, 23 puis 137 pour les Européens), et, si les informations de Reuters sont exactes, 4 compagnies initialement, plus 17 avec le nouveau jeu de sanctions proposé de cet été (http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900SID/MUMA-7GWBA5?OpenDocument). De plus, les USA interdisent à leurs concitoyens de s’engager dans des affaires avec le pays (d’où effectivement des difficultés pour les Zimbabwéens qui voudraient placer leur argent aux USA, ou recevoir des investissements américaoins). Ce qui n’empêche nullement un grand nombre d’entreprises zimbabwéennes d’avoir des comptes en Afrique du Sud, à Hong Kong ou ailleurs, comptes qui leur permettent, pas très légalement j’imagine au regard des lois de leur pays, de percevoir des devises pour leurs exportations, et  d’effecteur en devises leurs achats d’intrants. Avouez que ce n’est pas très pratique pour les entreprises qui se contentaient de servir - remarquablement - leur marché intérieur, et  n’ont pas une balance extérieure positive... Ce qui rend à tous la  vie impossible, c’est l’impossibilité de disposer légalement de devises dans le pays : elles sont consignées aupres de la banque centrale, et il est très difficile d’y accéder - peu avant les élections elles ont tout simplement été confisquées pendant des semaines ! Alors imaginez comment faire du business esclusivement avec un Zim dollar qui se dévalue de 100% tous les quelques jours ! Quand vous n’avez même pas accès au cash en banque, pour payer vos employés en fin de mois ! (avec des limites de retrait tout à fait incohérentes) Que vous ne pouvez pas importer vos inputs des pays voisins, et êtes soumis à des coupures de courant quotidiennes !
                  Quant aux entraves que vivent les entreprises zimbabwéens pour accéder aux marchés d’exportation, il est exact qu’elles participent de la décroissance. Dans un contexte mondialisé où les grands blocs, tels l’Europe, se protègent autant que possible, sauf accords particuliers et relations privilégiés, le Zimbabwe est resté un peu orphelin dans son splendide isolement (enfin, j’exagère, oubliant la relation provilégiée avec le grand chinois, dont le gouvernement zimbabwéen se gargarise régulièrement). La responsabilité de ces mauvaises relations en incombe au gouvernement du pays autant qu’à ses interlocuteurs - il n’y a qu’à voir la façon dont le président s’est félicité de la décision anglaise de retirer tout investissement dans son pays.

                  La politique des sanctions, qui participe de cette spirale négative, est donc à mes yeux néfaste - mais elle n’est pas pour autant la principale responsable des difficultés du pays. Robert a obtenu "100% independance, 100% souveraineté", c’est lui qui doit être responsable de ce qu’il en fait devant ses électeurs.



                • Gilles Gilles 5 août 2008 15:25

                  Koudou

                  "et que cette situation vient de l’état de conflit économique lancé par la Grande Bretagne contre le Zimbabwe"

                  Oui...mais tout ça n’a t-il pas commencé avec le fiasco de l’expulsion masisve et violente des fermiers blancs (et de leurs travailleurs noirs par centaines de milliers) et la dégringolade de la production agricole, voici peu une réussite africaine et pourvoyeuse de devises ? Ce qui a comme vous le dîtes ruiné la confiance dans le pays, que ce soit de l’intérieur ou de l’extérieur ?

                  L’Angleterre et consort, ont certe une responsabilité inititiale immense (refus de repecter les accords de Lancaster) et ont par la suite attisé la crise, mais en fin de compte les GRANDS responsables ne sont que Mugabe et sa clique qui eux croissent sur la crise.... (et ont par ailleurs pris les meilleures fermes pour eux, syphonnent les dollars et l’aide alimentaire....)


                  • koudou 5 août 2008 17:50

                    @Gilles

                    Pour rétablir la chronologie :


                    - accords de Lancaster House (1979)

                    - arrêt du respect de Lancaster House par Tony Blair (arrêt du paiementt des compensations aux fermiers blancs)

                    - Arrêt du respect de Lancaster House par Mugabe (confiscation des terres des fermiers blancs sans compensation)

                    - Sanctions économiques par la GB, suivie de la Communauté Européenne et des US et interdiction à Mugabe ou ses représentants officiels de venir participer aux sommets Afrique-Europe qui se tiennent en Europe

                    - Financement par le groupe de Westminster du parti d’opposition à Mugabe (MDC et Tsvangirai)

                    Je voudrais aussi modérer l’affirmation de l’excédent agricole avant les années 2000 et de la contribution de cet excédent dans le PIB. Entre 93 et 98, l’excédent agricole en céréales était en moyenne de 250 000 tonnes (soit 10% de la production environ). Et la plupart de l’exportation n’était pas alimentaire mais provenait du tabac.
                    Pour remettre en plus l’agriculture en perspective, la totalité du secteur agricole ne représentait que 18% diu PIB en 1998, pour 24% pour les mines et secteur primaire. L’excédent alimentaire souvent cité commé étant la propérité du Zimbabwe ne représentait donc que moins de 1% du PIB.
                    http://www.africa-onweb.com/pays/zimbabwe/economie.htm

                    En terme de devises, en 1999 (donc l’année juste avant les confiscations), les deux premières sources de devises étaient les mines (45% des devises entrantes dans le pays) et le tourisme. L’agriculture ne vient qu’après. Et si l’apport de devises s’est ratatiné, c’est surtout parce que le revenu des mines a vertigineusement chuté et que le tourisme est dans un très mauvais état : les mines parce que le pays ne peut plus acheter les matériels et/ou pièces d’entretien pour les machines d’extraction, et le tourisme, parce que les 4 premiers marchés mondiaux de tourisme sont dans l’ordre l’Allemagne, les USA, la GB puis la France et que dans ces pays, la campagne anti Zimbabwe effraye les touristes potentiels et que la seule zone qui tourne encore au Zimbabwe est celle de Victoria Falls, parce qu’elle est vendue comme extension de l’Afrique du Sud, au point même qu’on arrive à trouver sur le net des gens qui croient que les chutes Victoria se trouvent en Afrique du Sud.
                    cf rapport de l’OCDE http://www.oecd.org/dataoecd/49/48/1826797.pdf

                    Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la descente de l’économie du Zimbabwe n’a pas pour origine la confiscation des terres et leur redistribution partielle à des proches du régime. La décroissance du PIB a commencé dès 1997, principalement du fait de l’obligation d’appliquer la politique d’ajustement économique du FMI pour obtenir des investissements étrangers en particulier dans le secteur de l’industrie. Mais les investissements ne sont jamais arrivés.


                  • Gilles Gilles 6 août 2008 08:46

                    Merci pour ces précisions, dont on parle peu dans les articles sur ce pays

                    Les chutes de Victoria sopnt par contre entre le Zimbabwe et la Zambie

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès