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La nouvelle idéologie négrière

Ancien monsieur Afrique du Parti socialiste français et vieux militant connaissant à la fois la faune politique française, les têtes couronnées et les fortes têtes d’Afrique francophone, Guy Labertit est désormais en retrait de l’appareil institutionnel du principal parti d’opposition hexagonal. En profite-t-il pour se donner une plus grande marge de liberté de parole ? En tout cas, il a publié dans Le Monde daté du samedi 18 août 2007, un article d’opinion intitulé A qui profite l’uranium du Niger ? Pour les lecteurs du « vénérable quotidien du soir », il revient sur le conflit d’intérêts entre l’Etat du Niger et la firme française publique Areva, accusée de soutenir la rébellion qui sévit dans le Nord du pays. Il met surtout en lumière les accords inégaux qui permettent à Areva d’acheter la matière première principale de l’industrie nucléaire hier au quart du cours mondial, aujourd’hui au tiers. «  Selon les critères de l’indice de développement humain, retenus par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), le Niger occupe la dernière position dans le classement de l’ensemble des pays du monde. Cette place est largement due au très fort taux d’analphabétisme (89 %), plus sensible encore chez les femmes. Pourtant, l’uranium du Niger est enlevé par les groupes miniers, dont le français Areva en premier lieu, au tiers du cours mondial, et l’énergie nucléaire est la parade choisie par les puissances industrielles pour limiter le réchauffement de la planète et préserver l’équilibre des écosystèmes. Sauvegarder la planète en maintenant dans la misère la majorité de la population qui vit dans ses espaces recélant l’indispensable source d’énergie ? Cette extravagante conduite politique du monde alimente à peine la mauvaise conscience des instances internationales. A l’ONU et dans d’autres enceintes, il est de bon ton de ressasser, non sans condescendance, l’impérieuse nécessité d’accroître l’aide publique au développement quand la théorie du pillage des matières premières n’est pas aussi morte qu’on le croit - à l’image de ce qui se passe au Niger », écrit-il.

Les réactions d’un certain nombre d’abonnés du Monde - qui seuls ont le droit de commenter en ligne les articles publiés dans les éditions papier et électronique - sont frappantes et donnent une idée de ce que l’on pourrait appeler une nouvelle idéologie négrière. Refusant à grands cris la « repentance » à l’égard des crimes coloniaux du passé, l’école de pensée productrice de cette nouvelle idéologie se fonde sur une amnésie historique « décomplexée » et sur une vision du monde où la loi du plus fort doit être la meilleure dès lors que le plus fort n’est pas... les Etats-Unis !

Comment arrive-t-on à ne pas se scandaliser qu’un des pays les plus riches du monde extorque son uranium au pays le plus pauvre du monde à un prix dérisoire ? Bruno D., lecteur du Monde estime que, dès lors que le Niger est un pays africain, donc dictatorial et mal géré, le pillage de son uranium est acceptable. « Trois questions : 1) Quand bien même Areva (entreprise publique à 94 %, dont le principal client est une entreprise publique à 84 %) payerait son uranium au prix fort, les sous iraient-ils au développement ou bien dans la poche de quelques dirigents nigériens ? Si la réponse est non, à quoi bon s’offusquer ? 2) Sur quoi a-t-on le plus de contrôle : la destination des aides ou celle des montants des concessions minières ? 3) Où y a-t-il le moins d’intermédiaires qui se servent ? »

Selon Bruno D., puisque le gouvernement nigérien est corrompu, autant mieux le voler - sans pour autant que ce vol soit un disqualifiant moral - et redistribuer au peuple nigérien selon des priorités décidées par les technocrates gérant une « aide » au développement dont le fondement idéologique emprunte à la geste d’Arsène Lupin, gentleman cambrioleur qui dépouille les riches pour donner aux pauvres. « Si le prix payé était celui de marché spot, pensez-vous que le développement du Niger en serait amélioré ? Non bien sûr puisque ces recettes retournent immédiatement dans les banques occidentales », écrit, dans la même veine, un certain yfournier. Où l’on comprend tout l’investissement intellectuel mobilisé pour maintenir, dans l’esprit du citoyen occidental, l’image invariable du tyran africain assoiffé de sang et prompt à déposer ses biens mal acquis dans des comptes en Suisse. Qu’est-ce qui justifierait donc les spoliations dont les pays africains sont victimes s’ils étaient dirigés par des chefs « normaux », ni pires ni meilleurs que leurs homologues des pays riches, où la corruption de l’élite politique est, elle aussi, assez préoccupante ? En réalité, dictateurs africains et néo-négriers occidentaux sont des alliés objectifs. C’est pour cette raison qu’il n’y a aucune contradiction dans la pose de Nicolas Sarkozy, qui complexe la jeunesse africaine à Dakar, l’accusant de ne pas assez se dresser contre la corruption, pour ensuite encenser le « doyen » Omar Bongo au Gabon, caricature du type de dirigeants contre lesquels il serait urgent de se lever.

La nouvelle idéologie négrière a pour caractéristique de brandir, à tout propos et hors de propos, la « part de responsabilité » des Africains dans leur propre malheur. Le procédé est efficace pour deux raisons. Premièrement, de nombreux dirigeants africains ont montré au monde entier leur irresponsabilité chronique. Il n’est pas possible de ne pas en tenir compte. Deuxièmement, l’esprit humain est binaire. Pour discréditer une approche, il faut mettre en valeur l’évidence d’une approche visiblement opposée - même si les deux sont tout à fait complémentaires et permettent de comprendre la réalité. DavidX, lecteur du Monde, réagit ainsi à l’article de Guy Labertit : « Cette intervention pleine de bons sentiments fait l’impasse sur la responsabilité même des Nigériens et de leurs dirigeants dans la situation actuelle. Si le pays est dans une situation dramatique du point de vue économique, social, humain, il le doit avant tout à la façon dont il a géré ses affaires. Il est responsable de sa situation de faiblesse dont profite, sans beaucoup d’états d’âme, Areva. Nier la responsabilité première des Africains, c’est faire preuve de néo-colonialisme ». DavidX ne prouve rien, mais présente une fausse évidence : qu’est-ce qui lui permet donc d’imposer, comme première cause de la pauvreté du Niger, des causes endogènes ? Connaît-il l’histoire de ce pays et surtout des rapports de force dans ce pays ? Jérôme F, quant à lui, évoque le monopole historique d’Areva comme une banale question de gouvernance. « Je ne vois pas pourquoi l’auteur met en cause l’ONU dans cet article. Il semble que le rapport de forces clairement défavorable au Niger provienne d’un monopole d’Areva. Dans ce cas donner des licences d’exploitation à d’autres entreprises est la bonne piste d’amélioration. Malheureusement tant que les mines des concurrents ne sont pas ouvertes Areva est toujours en monopole. Ici le problème semble venir d’une mauvaise gestion passée, et il faut du temps pour la remettre en cause. » Jérôme F sait-il que ce monopole date d’avril 1961, soit moins d’un an après des indépendances négociées par des dirigeants choisis par l’ancien colonisateur lui-même ? Sait-il que le premier président nigérien, Amani Diori, a été renversé par ses anciens maîtres parce qu’il voulait remettre en cause le « deal » uranifère franco-nigérien ?

Certains abonnés du Monde, en commentant l’article de Guy Labertit font carrément preuve de cynisme. Stefool_2, se fondant sur la supériorité technologique de la France et jetant aux orties des notions aussi élémentaires que la propriété et la souveraineté des Etats, affirme : « Des tonnes d’uranium sous la terre n’ont aucune valeur ». Puisque le Niger ne maîtrise pas les technologies d’extraction de l’uranium, il doit se contenter de ce qu’on lui donne. Lokantl, quant à lui, évoque le spectre de l’appauvrissement de la France, qui serait inéluctable si l’ordre mondial devenait plus juste : « C’est un peu facile de réduire ce problème à de méchantes entreprises. Areva = encore entreprise publique, donc l’Etat est complice. Or, l’Etat c’est le peuple dans nos démocraties. Donc nous bénéficions tous, au moins indirectement, des arrangements d’Areva. On peut en revanche rester vigilant, dénoncer les excès, et ne pas reconduire ceux qui pratiquent cette politique. Mais sommes-nous prêts à remettre en cause fondamentalement nos modes de vie, conséquences obligées d’un monde plus égalitaire ? » Et si c’était cette peur diffuse du déclassement d’un vieil empire colonial qui expliquait le succès de la nouvelle idéologie négrière ?

Il ne faut pas désespérer. En France, certains esprits gardent le sens de la justice. Leur esprit peut encore se permettre de saines colères. DH écrit : « Article utile, réactions d’un cynisme troublant ! Les mêmes sans doute soutiennent l’expulsion d’immigrés venus des pays spoliés par ces grands groupes. Le riche n’envisage jamais de remettre en cause son mode de vie fondé souvent sur la spoliation de l’autre. En quelque sorte la France, si fière de ses centrales nucléaires, obtient du plus pauvre au monde, africain, de "l’aide" pour financer ses efforts de réduction des gaz à effet de serre ! ». Lave Plus Blanc met les pieds dans le plat : « Agréablement surpris de trouver un article d’une telle qualité dans Le Monde, je conçois que ses "lecteurs", toujours aussi ignorants des réalités de la bourse aux matières premières dont les prix sont fixés à Londres (et non à Niamey), parlent de "la responsabilité première des Africains". A leurs yeux embrouillés, la France, qui tira sa puissance de son empire colonial, doit le rester, et continuer de traiter en "esclaves" ses fournisseurs d’énergie. Négriers, et fiers de l’être. »

Les lecteurs d’Agoravox réfléchissent-ils autrement que ceux du Monde ?


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84 réactions à cet article    


  • Yvance77 22 août 2007 12:46

    Votre article pose de bien bonnes questions, en cela bravo.

    Pour ce qui est de l’achat de divers matières à des prix plus que compétitifs, le circuit généralement est, que des gros trusts en généreux mécènes, transfèrent de colossales sommes sur des comptes paradisiaux, et alimentent par ce biais bien des dirigeants corrompus.

    Dans ce genre d’histoire on connait toujours d’avance les deux vainqueurs et le perdant.

    A peluche


    • Universitaire 1995 22 août 2007 15:43

      Sur Agoravox, on a censuré cet article pendant la campagne électorale :

      http://blog.360.yahoo.com/blog-hemwnYcgbq_SQcISKczR?p=87

      Nicolas Sarkozy, l’Etat et l’identité nationale (1)

      Dans un discours du 9 mars prononcé à Caen, Nicolas Sarkozy a déclaré notamment : « A force de demander à la France d’expier son passé... c’est notre participation à un destin commun qui est remise en question ». Une affirmation grave, qui ne relève plus de l’union nationale, lieu commun de l’actuelle campagne présidentielle, mais de ce que l’on s’est mis à appeler l’identité nationale. Le présent article, premier d’une série, aborde la question du statut des langues dites « minoritaires » et des réticences officielles à leur égard : craindrait-on que le mot « autodétermination » puisse être un jour prononcé pour certaines parties du territoire français ?

      (...)

      La situation a été pire encore, dans l’histoire récente, pour les populations annexées de force par la « grande expansion coloniale » de la fin du XIX siècle. Jules Ferry n’hesita pas à brandir une théorie improvisée sur les « droits et devoirs des races supérieures » et alla jusqu’à déclarer dans son discours du 28 juillet 1885 : « Si l’honorable M. Maigne a raison, si la déclaration des droits de l’homme a été écrite pour les noirs de l’Afrique équatoriale, alors de quel droit allez-vous leur imposer les échanges, les trafics ? ». Ce qui n’empêche pas, apparemment, Nicolas Sarkozy d’estimer que : « il n’y a pas eu beaucoup de puissances coloniales dans le monde qui aient tant œuvré pour la civilisation et le développement et si peu pour l’exploitation » comme la France qu’il décrit et revendique.

      Mais le colonialisme, et la première guerre mondiale qui en fut le tragique aboutissement avec à son tour des suites encore pires jusqu’en 1945, ont-ils été l’oeuvre de « la France » ? Ou s’est-il agi à l’origine de montages de quelques lobbies de financiers et de grands spéculateurs, dont des politiques ont servi les intérêts ? C’est la question que Nicolas Sarkozy refuse d’examiner. D’ailleurs, il n’y a pas eu « beaucoup de puissances coloniales » ... tout court, à une époque où le capital financier avait déjà dépassé les frontières nationales, raison de l’expression « impérialisme » employée dès 1902 par des économistes comme John Atkinson Hobson.

      Le colonialisme et l’impérialisme utilisaient des façades nationales. Mais ils correspondaient en réalité, déjà au début du XX siècle, à des intérêts de grands holdings internationalisés dont les alliances de la première guerre mondiale furent le reflet...

      (...)

      ... En 1991, le fondateur de la Commission Trilatérale David Rockefeller avait déclaré notamment : « La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers est sûrement préférable à l’autodétermination nationale pratiquée ces derniers siècles »...


    • Universitaire 1995 22 août 2007 15:55

      Et la suite de l’article censuré n’a plus été soumise par l’auteur à Agoravox mais à d’autres sites. Voici un extrait, qui me semble bien correspondre au présent débat :

      http://blog.360.yahoo.com/blog-hemwnYcgbq_SQcISKczR?p=119

      Nicolas Sarkozy, l’Etat et l’identité nationale (2)

      Le 28 mars, à Lille, Nicolas Sarkozy a relancé la thématique de la nation avec un discours qui se veut contre la « pensée unique » et qui refuse « que l’identité nationale soit considérée comme un gros mot ». Ségolène Royal, que le candidat UMP accuse de « prendre le parti des émeutiers » à propos de l’incident de la Gare du Nord, a à son tour dénoncé le « populisme » de Sarkozy et réitéré sa promesse d’un « ordre juste ». François Bayrou attribue à une rivalité entre la « droite » et la « gauche » tous les maux du pays et qualifie la France de « peuple fort regroupé autour de valeurs ». Mais les trois candidats défendent la « construction européenne », qu’ils présentent comme allant de soi. Rien d’atypique, dans la pièce de théâtre électoral qu’on nous joue depuis des mois et qui, conformément à sa vocation, escamote les vrais problèmes. Qui rappellera que les nationalismes du XIX siècle ont été le produit de la montée de la bourgeoisie industrielle et financière, et que c’est en fonction des intérêts des milieux financiers et industriels qu’il convient d’analyser les grands nationalismes du capitalisme actuel ? Ces nationalismes sont en réalité européen et planétaire, si on entend par nationalisme la volonté de mettre en place un Etat au service d’une classe sociale, comme ce fut le cas jadis.

      (...)

      Au discours de Nicolas Sarkozy sur l’ « identité nationale », François Bayrou oppose une « identité européenne », tout aussi nationaliste, qu’en réalité ni le candidat UMP ni Ségolène Royal ne récusent. Dans le même numéro du Figaro, il est fait état d’une intervention de la candidate PS, où elle déclare notamment : « La France est notre patrie, l’Europe est notre nouvelle frontière ». L’article ironise sur une précédente déclaration de l’intéressée : « La Chine est notre nouvelle frontière ». Mais les deux appréciations sont compatibles si on entend par « Europe » l’ensemble des 46 pays du Conseil de l’Europe, Russie comprise. Avec un « marché de la main d’œuvre » de plus de 800 millions d’habitants et des salaires extrêmement bas dans un Etat comme la Russie, par exemple. Une « frontière » qui correspond aux intérêts de groupes financiers et multinationales, comme la tutelle européenne sur l’Afrique préconisée par François Bayrou. Quant à Nicolas Sarkozy, dont le discours de Lille a entre autres cherché à rassurer les « petits entrepreneurs » et une partie des industriels, il n’a jamais prétendu le contraire, à quelques nuances lobbistes près. Le lobby colonial « français » sait très bien qu’il ne pourra pas garder, seul, le contrôle de ses zones d’influence. Tels sont les enjeux réels, et la valse médiatique des « identités » qui les escamote relève du panem et circenses électoral.

      A ce stade, la décence commande de rappeler la manière dont les populations de vastes zones de la planète, notamment en Afrique, ont été asservies par la force brute des canonnières au cours de la « grande expansion coloniale », dans des conditions incroyablement humiliantes et par des pratiques d’une violence et d’un racisme extrêmes. En témoigne le discours de Jules Ferry du 28 juillet 1885 devant la Chambre des Députés, dont voici un extrait tiré du site de l’Assemblée Nationale qui évoque un « grand moment d’éloquence parlementaire » :

      [début de l’extrait du discours de Jules Ferry]

      « (Jules Ferry) Messieurs, il y a un second point, un second ordre d’idées que je dois également aborder, le plus rapidement possible, croyez-le bien : c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question.

      Sur ce point, l’honorable M. Camille Pelletan raille beaucoup, avec l’esprit et la finesse qui lui sont propres ; il raille, il condamne, et il dit : Qu’est ce que c’est que cette civilisation qu’on impose à coups de canon ? Qu’est-ce sinon une autre forme de la barbarie ? Est-ce que ces populations de race inférieure n’ont pas autant de droits que vous ? Est-ce qu’elles ne sont pas maîtresses chez elles ? Est-ce qu’elles vous appellent ? Vous allez chez elles contre leur gré ; vous les violentez, mais vous ne les civilisez pas.

      Voilà, messieurs, la thèse ; je n’hésite pas à dire que ce n’est pas de la politique, cela, ni de l’histoire : c’est de la métaphysique politique...(Ah ! ah ! à l’extrême gauche.)

      Voix à gauche. Parfaitement !

      M. Jules Ferry.... et je vous défie - permettez-moi de vous porter ce défi, mon honorable collègue, monsieur Pelletan -, de soutenir jusqu’au bout votre thèse, qui repose sur l’égalité, la liberté, l’indépendance des races inférieures. Vous ne la soutiendrez pas jusqu’au bout, car vous êtes, comme votre honorable collègue et ami M. Georges Perin, le partisan de l’expansion coloniale qui se fait par voie de trafic et de commerce.

      [...]

      Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures... (Rumeurs sur plusieurs bancs à l’extrême gauche.)

      M. Jules Maigne. Oh ! vous osez dire cela dans le pays où ont été proclamés les droits de l’homme !

      M. de Guilloutet. C’est la justification de l’esclavage et de la traite des nègres !

      M. Jules Ferry. Si l’honorable M. Maigne a raison, si la déclaration des droits de l’homme a été écrite pour les noirs de l’Afrique équatoriale, alors de quel droit allez-vous leur imposer les échanges, les trafics ? Ils ne vous appellent pas ! (Interruptions à l’extrême gauche et à droite. - Très bien ! très bien ! sur divers bancs à gauche.)

      M. Raoul Durai. Nous ne voulons pas les leur imposer ! C’est vous qui les leur imposez !

      M. Jules Maigne. Proposer et imposer sont choses fort différentes !

      M. Georges Perin. Vous ne pouvez pas cependant faire des échanges forcés !

      M. Jules Ferry. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures... (Marques d’approbation sur les mêmes bancs à gauche - Nouvelles interruptions à l’extrême gauche et à droite.)

      M. Joseph Fabre. C’est excessif ! Vous aboutissez ainsi à l’abdication des principes de 1789 et de 1848... (Bruit), à la consécration de la loi de grâce remplaçant la loi de justice.

      M. Vernhes. Alors les missionnaires ont aussi leur droit ! Ne leur reprochez donc pas d’en user ! (Bruit.)

      M. le président. N’interrompez pas, monsieur Vernhes !

      M. Jules Ferry. Je dis que les races supérieures...

      M. Vernhes. Protégez les missionnaires, alors ! (Très bien ! à droite.)

      Voix à gauche. N’interrompez donc pas !

      M. Jules Ferry. Je dis que les races supérieures ont des devoirs...

      M. Vernhes. Allons donc !

      M. Jules Ferry. Ces devoirs, messieurs, ont été souvent méconnus dans l’histoire des siècles précédents, et certainement, quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l’esclavage dans l’Amérique centrale, ils n’accomplissaient pas leur devoir d’hommes de race supérieure. (Très bien ! très bien !) Mais, de nos jours, je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, avec grandeur et honnêteté, de ce devoir supérieur de civilisation.

      M. Paul Bert. La France l’a toujours fait !

      M. Jules Ferry. Est-ce que vous pouvez nier, est-ce que quelqu’un peut nier qu’il y a plus de justice, plus d’ordre matériel et moral, plus d’équité, plus de vertus sociales dans l’Afrique du Nord depuis que la France a fait sa conquête ? Quand nous sommes allés à Alger pour détruire la piraterie, et assurer la liberté du commerce dans la Méditerranée, est-ce que nous faisions œuvre de forbans, de conquérants, de dévastateurs ? Est-il possible de nier que, dans l’Inde, et malgré les épisodes douloureux qui se rencontrent dans l’histoire de cette conquête, il y a aujourd’hui infiniment plus de justice, plus de lumière, d’ordre, de vertus publiques et privées depuis la conquête anglaise qu’auparavant ?

      M. Clemenceau. C’est très douteux ! »

      [fin de l’extrait du « grand moment d’éloquence parlementaire »]

      La première constatation qui s’impose, à la lecture de ce débat hallucinant, est que les « théoriciens » de l’impérialisme protectionniste comme Jules Ferry ne brandissaient pas la théorie des « races supérieures » sur la base d’une quelconque conviction. Ils le faisaient sans trop d’égards et de la manière la plus cynique, parce qu’elle convenait aux intérêts des groupes financiers et des grands spéculateurs. Ferry avoue ouvertement que la raison d’être de son discours est, entre autres, de pouvoir « imposer les échanges, les trafics » aux « noirs de l’Afrique équatoriale ». Le reste relève de la pure mise en scène. L’ancien président du Conseil était sans doute bien conscient du caractère parfaitement antiscientifique de sa « théorie », mais il s’en fichait éperdument. C’est cela, la politique politicienne.

      La deuxième évidence est celle de la capacité du « centre » pour faire passer les pires politiques, combines et manipulations au nom de la « raison », du « consensus », de la « bonne gestion », de l’ « entente nationale »... L’oligarchie financière de la fin du XIX siècle a confié la mise en œuvre de l’impérialisme protectionniste au « centre gauche » plutôt qu’aux libéraux, dont les réticences envers cette politique étaient bien connues, ou aux conservateurs, parmi lesquels militaient des propriétaires agricoles hostiles à toute politique de confrontation avec le client riche qu’était l’Allemagne. On ne peut pas sérieusement douter du bien-fondé de ce choix des milieux d’affaires, car personne d’autre n’aurait pu « placer » un discours comme celui de Jules Ferry du 28 juillet 1885.

      Au point que, de nos jours, Jules Ferry passe pour un grand réformateur et on peut même lire son nom sur des banderoles syndicales. Mais ses réformes n’étaient-elles pas intéressées et conformes à la stratégie de l’oligarchie ? D’une part, pour garantir l’efficacité d’un appareil militaire et colonial qui ne pouvait pas fonctionner avec des illettrés. De l’autre, pour répandre un sentiment nationaliste propice à l’entreprise coloniale dans un premier temps et, à terme si nécessaire, à une nouvelle guerre avec l’Allemagne. Une guerre qui a bien fini par éclater en 1914.

      (...)


    • Abstention 2007 22 août 2007 19:09

      La « gauche » française a toujours été liée à un secteur du lobby colonial. Comme celles des autres pays européens « concernés ». Autrement, la guerre de 1914-18 ou les guerres et répressions coloniales d’après la Libération n’auraient pas pu avoir lieu.


    • tvargentine.com lerma 22 août 2007 12:54

      Votre article ressemble à du LEPEN black.

      Une fois encore,nous lisons un article plein de haine ,raciste anti-blanc,dont la seule référence semble ici le journal « le monde » ,dont les ventes sont en chutes libre en France et dont les articles écrits ne sont vraiment plus interressant du tout depuis des années

      A partir d’un article d’un journal en déclin,notre ami nous écris une prose ou une fois de plus il vite son adrénaline sur « le sale blanc »

      DE plus,vous écrivez :

      « Refusant à grands cris la « repentance » à l’égard des crimes coloniaux du passé »

      En vous,vos crimes éthiques qui depuis 40 ans ont tué des millions d’africains,vous avez de la repentance pour avoir soutenu et fermé les yeux sur ces crimes contre l’humanité ?

      Avant de donner des leçons de morales,balayer devant vos écuries ,car elles sentent le sang d’innocentes victimes assassinées sur l’éthnitisme.

      Comme bétise on lit aussi :

      « La nouvelle idéologie négrière a pour caractéristique de brandir, »

      quoi ???? l’équipe de France de football ??


      • Petite Eve 22 août 2007 15:39

        Vous dites que Le Monde ne publie plus d’articles vraiment intéressants depuis des années : c’est donc que vous devez le lire en douce, malgré tout, dans les toilettes peut-être pour ne pas être vu(e) ?

        A part ça, le reste de l’article, comme d’ailleurs le contenu de vos diverses interventions, ne mérite qu’une destination : la bouche d’égout (dégout ?...).


      • Haldir Haldir 22 août 2007 22:19

        Ce n’est pas parce qu’un journal est populaire ou qu’il fait quelque chose de rentable que c’est forcément un journal de qualité...

        TF1 est populaire... mais cette chaine fait-elle pour autant de la qualité ? France 5 a un audimat pas vraiment excellent... mais des émissions comme « C dans l’air » sont excellentes !


      • Nobody knows me Nobody knows me 23 août 2007 10:57

        lerma, toujours fidèle à sa bêtise légendaire, agresse, sans argumenter, vomit sa haine et son aigreur.


      • Nobody knows me Nobody knows me 23 août 2007 11:03

        Ah j’oubliais ! Il y a également ce talent de lerma de tout renverser, son absolutisme névrosé (Le P.. black ça c’est de la métaphore) et son « primaire » habituel que l’on peut lire dans chacune de ses remarques (anti-américanisme primaire, anti-libéralisme primaire, ... mais de quelle planète si évoluée (non primaire) venez-vous ???).


      • TSS 22 août 2007 13:11

        @l’auteur

        1)Areva ne soutient personne elle paie pour sa tranquillité !!!

        2)il n’y a pas de rebellion au niger mais juste le gvt du niger qui a spolié les terres des touaregs en leur promettant des retombées financières et du travail !choses qu’ils n’ont jamais vu et ils en ont marre ! c’est normal !!


        • Mondran 22 août 2007 13:23

          Ce témoignage sur les pratiques d’une compagnie industrielle illustre bien le cynisme du libéralisme. Je ne pense pas que la question se pose en terme de répentance, de néo colonialisme ou, de haine anti - quelque chose. Il s’agit ici de l’illusrration d’une conséquence de la position dominante acquise, dans ce cas, sur des bases historiques et maintenue par un ensemble d’éléments politiques et économiques. Cela se passe en Afrique, mais en Asie, qui n’a pas vu, les montagnes de produits « blancs » à recyclés, sur lesquels des enfants sniffent le plastique pour savoir s’il peut être ou non recyclés.

          Sans régulation internationale, indépendante des oligarchies politiques et économiques qui aujourd’hui possèdent les moyens de production et de communications, une telle situation n’a guère de chances de ne pas se reproduire.

          Autant dire, que nous retrouverons très certainement ce genre d’articles, dans un an, une décennie, ou peut-être même un siècle.


          • Philippe Vassé Philippe Vassé 22 août 2007 14:36

            A l’auteur,

            Bravo pour cet article qui est instructif d’une situation de régression générale en Afrique où grandes sociétés étrangères et gouvernements locaux corrompus soumis à leurs intérêts communs mènent des peuples entiers de catastrophe en désastre.

            Le titre est édifiant, mais parler de dépeçage, pillage et carnage pour y parvenir aurait peut-être été, au vu des faits décrits, plus précis, plus juste et plus vrai.

            Bien amicalement vôtre,


          • Bulgroz 22 août 2007 14:41

            Ce qui est grave, ce n’est pas tant l’article que son titre :

            « La nouvelle idéologie négrière »

            Je ne crois pas que l’auteur en soit responsable mais plutôt un des anonymes de la rédaction, et là, c’est plus que grave :c’est irresponsable à moins que cet anonyme ne souhaite la mort d’Agoravox par sa perte totale de crédibilité.

            La rédaction d’Agoravox veut elle nous rappeler que les Africains sont avant tout des nègres ?

            Monsieur Kouamouo, pouvez vous nous confirmer que vous n’êtes pas responsable de ce titre ? Merci.


            • caramico 22 août 2007 14:42

              On s’insurge contre les méchants américains qui vont chercher à coups de canon le pétrole là où il se trouve, afin de ne pas remettre en cause « l’american way of life ».

              Nous les gentils européens, on n’est pas comme ça : on se contente de graisser la patte et de soutenir quelques dirigeants pourris d’Afrique, ça revient toujours moins cher que d’en faire profiter toute la population.

              Un des effets pervers de ce système est que ces vilains africains, au lieu de se laisser sagement mourir de faim chez eux, viennent nous envahir.

              Heureusement on a Hortefeux.


              • caramico 22 août 2007 14:43

                Au fait, qui c’est la meuf sur la photo ?


              • Bulgroz 22 août 2007 15:19

                La Photo c’est Anne Lauvergeon, présidente d’Areva.

                Je suppose que la rédaction d’Agoravox a voulu souligné qu’elle était la grande responsable de cette " nouvelle idéologie négrière>

                Les français par l’entremise d’Agoravox soutiennent de tout leur coeur l’industrie française. C’est un énorme avantage par rapport à d’autres pays (les USA par ex) qui insultent quotidiennement les horribles entreprises capitalistes afin que celles ci perdent des marchés.


              • Universitaire 1995 22 août 2007 17:05

                Lauvergeon est membre de la Trilatérale.


              • ZEN ZEN 22 août 2007 14:58

                « Lave plus blanc » a dit l’essentiel...


                • ZEN ZEN 22 août 2007 15:04

                  Même si certains intérêts français commencent à se retirer de l’Afrique, il y a encore de bonnes affaires... Un bilan :

                  http://www.monde-diplomatique.fr/2006/02/HOH/13167


                • Alajuela Alajuela 22 août 2007 15:10

                  @ l’auteur,

                  Merci pour cet article que je trouve très juste et interressant. Je suis également effarée par cette « nouvelle idéologie (se fondant) sur une amnésie historique décomplexée » pour reprendre vos propos.

                  Quand on voit que le discours profondément raciste (« Jamais (l’homme africain) ne s’élance vers l’avenir, jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin »,ou bien : « qu’est-ce que l’Afrique ? L’enfance » etc...)" de M. Sarkozy à Dakar n’a quasiment pas eu d’écho dans la presse, il y a de quoi être stupéfait(e) !

                  Ierma écrit : « Une fois encore,nous lisons un article plein de haine ,raciste anti-blanc, » on croît halluciner. Où est le racisme anti-blanc dans l’article de l’auteur ? Ce qu’il dit est juste alors cela ne plaît pas à certains qui taxent cela directement de « racisme anti-blanc ». Cela me fait penser aux féministes dénonçant les inégalités et que l’on va qualifier de « mal-b » parce que c’est plus simple d’attaquer l’autre plutôt que de se remettre soi-même en question. En attendant, c’est le discours du président français que je trouve raciste et condescandant. De la part d’un président je trouve cela extrémement choquant. De la part de nos médias (dont le silence a été éloquent) je trouve cela extrémement alarmant.


                  • Nobody knows me Nobody knows me 23 août 2007 11:19

                    Meuh non ! Il est pas raciste Sarko, il a tout plein de gens de couleur dans son gouvernement (ironie)... Son discours est raciste, supérieur et hypocrite. J’ai apprécié cette remarque dans l’article sur son « désir de voir les africains lutter contre la corruption » (comme si les africains en étaient encore à marcher à quatre patte, comme l’australopithèque).


                  • Darkfox 22 août 2007 17:08

                    Moi je souhaite soulever une question .. pourquoi le gouvernement du Niger ne fait tout bêtement pression sur Areva , voir coupe l’accès aux mines quitte à renationaliser celles ci ... Car Je tiens juste à signaler que les entreprises donnent de spots de vin à des gens qui les acceptent.. Aréva est une grosse société comme tant d’autres...

                    Donc je ne dirai qu’une chose.. si un pays veule se lever .. il le peut si il choisit bien ses élites !

                    Ainsi l’Amérique du sud s’en sort très bien et l’afrique pourrait s’en sortir ...Certains sont déjà bien parti.

                    Personnellement dire que Aréva c’est la France revient à dire que BP c’est le Royaume Uni et Mac Donald les américains... donc je ne me sens pas concerné.

                    Quand « à la négrière » , nous le sommes tous .. donc arrêtons un peu les délires psycho-pathologiques... je ne pense pas que les chinois soient moins exploités... voir même les ouvriers des entreprises...

                    Après chacun sa pensée ...


                    • bernard92 22 août 2007 20:09

                      Voila environ un demi-siècle que les états africains francophones sont indépendants et l’on continue à nous dire que si cela va mal c’est de la faute de la France. Si cela va mal c’est d’abord la responsabilité des gouvernements africains concernés et ensuite celle des peuples qui les supportent (ou parfois les élisent ) Merci d’arrêter d’infantiliser en permanence les africains.


                      • Nobody knows me Nobody knows me 23 août 2007 11:26

                        « d’abord la responsabilité des gouvernements africains concernés et ensuite celle des peuples qui les supportent (ou parfois les élisent ) »

                        Mais oui, tout le monde sait que les élections se font en toute légalité, sans pression et avec le sourire sous les dictatures... Je ne pense pas que le terme ’supporter’ convienne ici. Je pencherai plutôt pour « [...] des peuples qui en prennent plein la gueule par leurs dirigeants »


                      • fouadraiden fouadraiden 22 août 2007 20:35

                        malheureusement c’est cruel à dire mais la France ,1% de la population mondiale, poucentgage consolidant la faible représentation des occidentaux dans la de la planète , ont tout intéret à ce que les Noirs demeurent des nègres pour leur commerce.

                        si la reparatition devenanait plus juste ,la France n’existerait meme plus au sein de la population mondiale.


                        • fouadraiden fouadraiden 22 août 2007 20:52

                          CECI DIT pour répondre à notre ami africain ,au-delà des causes occidentales ,évidentes, reste en dernier ressort l’inadéquation des peuples noirs à produire une idéologie capable d’élever l’homme noir à la marche du monde.

                          débattre de la corruption,des intentions d’Areva ,sont autant de fausses pistes.les hommes politiques américians le sont probablement tout autant.le problème n’est pas celui-là.

                          la verité c’est que les Noirs n’ont pas les moyens idéologiques,conséquences de l’histoire de leur culture,qui leur permettent de fonder une identité à la hauteur des enjeux contemporains.

                          les Noirs n’ont tous simplement pas de civilisation sur laquelle ils auraient pu appuyer leurs revendications légitimes.

                          les Chinois sont autant corrompus et tyranniques que les Africains ,néANMOINS ils ont une civilisation sur laquelle s’appuyer.

                          LE Noir reste encore coincé dans une image hérité de la colonisations occidentales ,icone qui a fait de lui le nègre qu’il est devenu aux yeux des occidentaux meme les mieux disposés à la briser.

                          le problème des noirs est idéologique .il est ni économique ni meme moral.

                          l’Occident s’enfout des noirs.

                          ET avoir comme seul argument à cette voracité occidentale une morale ,qui est la leur par ailleurs ,révèle combien l’homme noir est encore le prisonnier d’une image toute occidentale.


                        • eppix eppix 23 août 2007 12:35

                          les égyptiens et les éthiopiens, ils étaient gaulois ? Quelle inculture, et dire que vous vivez en France et que vous avez les moyens de vous instruire !


                        • fouadraiden fouadraiden 24 août 2007 20:45

                          ah bon !

                          les Egytpiens, desquels parlez-vous ?

                          et les Ethiopiens actuels ,en quoi seraient-ils les héritiers de l’illustre histoire que vous leur pretez ?

                          votre culture !non merci.

                          c’est bizarre que les Noirs américians n’ aient pas pensé à vos ethiopiens(ou aux leurs) dans la recherche de leur identité pour contrer la machine raciale blanche américiane ?

                          il suffit de voir les noirs qui vivent parmi les occidentaux pour comprendre ce que je dis.


                        • Gilles Gilles 2 septembre 2007 10:29

                          « Les Noirs n’ont tous simplement pas de civilisation sur laquelle ils auraient pu appuyer leurs revendications légitimes. »

                          ça me rappelle le crédo raciste d’il y a quelques décennies. « La preuve que les noirs sont inférieurs, c’est qu’il n’y a jamais eu de grandes civilisations noires, qu’ils n’ont jamais rien inventé, ni construit de pyramides ni de viaducs.... ». Charles Trenet avait récité en truc dans le genre en 1971 et s’était plus tard excusé.

                          Ce sont les propos de gens « binaires » qui mesurent la civilisation à l’aune de la leur, la civilisation européenne. Leur inculture et étroitesse d’esprit les empêche en toute honnêteté d’utiliser d’autres outils intellectuels pour se mesurer aux autres.

                          Plus personne d’un tant soit peu instruit et intelligent ne raconte ces bobards. L’être civilisé ne se résume pas au savoir technique ou a sa capacité à conquérir de grands empires (en massacrant trés « civilement » des millions de gens comme napoléon ou Hitler).

                          En plus Fouadraisen, il y a eu des pharaons nubiens (tout noir...brrrr)


                        • Gilles Gilles 2 septembre 2007 10:38

                          « il suffit de voir les noirs qui vivent parmi les occidentaux pour comprendre ce que je dis. »

                          Merde alors, un noir reste un noir ou qu’il soir, c’est à dire un sous-civilisé. Dur propos pour l’intégration...

                          Et les afro-américains, la plupart implantés depuis plus longtemps que pas mal de blancs venus au XIX et XXem siècle sur le sol américain ? Ne peuvent-ils se considerer comme américains et occidentaux plutôt que comme simple noir, forcément liés à l’Afrique ?

                          Vous êtes raciste ! La seule couleur de peau vous suffit à classer les gens sans considération autre et à les ranger dans les cases qui vous arrangent.

                          Dans le Petit Larousse du début du siècle (vers 1900-1920), si vous regardez à « négre », vous découvrirez exactement votre discours. Il y est même rajouté que des noirs vivant depuis plusieurs génération sous les climats tempérés (cad en France par ex), deviennent... blancs ! Ben oui, l’Afrique rend con, c’est bien connu et l’Europe produit de la graine de génie.

                          Ceci dit, Picasso et les précurseurs de l’art contemporain se sont carrément basés sur l’art africain et leur concepts


                        • castling 22 août 2007 21:26

                          Bonjour

                          Article interessant.

                          Toutefois je souhaiterais plus d’informations sur deux points, vous dites :

                          « Sait-il que le premier président nigérien, Amani Diori, a été renversé par ses anciens maîtres parce qu’il voulait remettre en cause le « deal » uranifère franco-nigérien ?  » Vous avez des sources ? (bouquins, interview de Diori avant son deces etc..").

                          Connaissant « un peu » l’histoire du niger il me semblait qu’il fut renverse plutot a cause des famines continuelles dans les annees fin soixante et debut soixante-dix ainsi que le pillage systematique des convois humanitaires europeens (apparemment par des membres du gouvernements mais sur ce point je ne suis pas bien sur). Son « successeur » Kountche a d’ailleurs subit rapidement plusieurs coups d’etat lui meme, doit on comprendre que lui aussi a voulu faire un mauvais deal avec les francais ? Cela serait surprenant vu qu’il a aussi renegocie. A part wikipedia, qui ne m’apprends rien de supplementaire, je ne trouve pas.

                          Ensuite n’aillant pas acces au monde des abonnes je serai heureux de savoir si l’article, ayant pour sujet entre autre le fort taux d’analphabetisation du pays (c’est dans votre morceau choisis) parle t’il aussi des suites du scandale connu sous le nom de l’affaire MEBA, ou, apparemment, un milliard de franc CFA ont ete detournes par des membres du gouvernement a des fin personnels. Fonds provenant des pays occidentaux via notamment la BCE destines a ameliorer l’education. De meme peu d’infos a glaner la dessus. Vous devez etre au courant vu votre zele a denoncer, avec justesse, les injustices que subissent l’Afrique.

                          Salutations

                          Cast


                          • verite ET reconciliation 22 août 2007 23:02

                            AREVA Adresse : 27-29 rue Le Peletier 75433 Paris Cedex 09 France Tel : +33 (0)1 44 83 71 00 Fax : +33 (0)1 44 83 25 00 Président : Anne LAUVERGEON Site Internet : http://www.arevagroup.com Secteur d’activité : Industries diverses Autres sociétés du secteur Activité : Né du regroupement de l’ensemble des activités de CEA-Industrie, Cogema, Framatome ANP et FCI en septembre 2001, le groupe Areva est présent dans toutes les activités du cycle nucléaire, de l ?extraction minière au démantèlement des installations, en passant par les réacteurs et le retraitement.

                            Le CA par activité se répartit essentiellement comme suit :

                            - Pôle T&D (34,3% ; n° 3 mondial) : fabrication, installation et maintenance d’équipements et de systèmes pour la transmission et la distribution d’électricité ;

                            - Pôle Amont (26,9%) : fabrication du combustible nucléaire à partir du minerai d’uranium ;

                            - Pôle Réacteurs & Services (21,3%) : conception, construction et maintenance de réacteurs nucléaires ;

                            - Pôle Aval (17,5% ; n° 1 mondial) : recyclage et stockage des combustibles usés, décontamination et démantèlement d’installations nucléaires.

                            La répartition géographique du CA est la suivante : France (32,5%), Europe (29,1%), Amérique (17%), Asie-Pacifique (14,2%), Afrique et Moyen Orient (7,2%).

                            Une question pour Monsieur Kouamouo (en éternelle croisade), après la lecture de la dernière ligne, à savoir : « Afrique et Moyen Orient (7,2%) » --- combien pèse le Niger dans la répartition géographique du capital de AREVA ?

                            (source : http://www.newsinvest.fr/az/societe.php3?socid=3784)


                            • eppix eppix 23 août 2007 12:37

                              il ne s’agit pas de capital, mais bien de matière première. Merci M. Kouamouo


                            • eppix eppix 23 août 2007 12:44

                              Merci théo, pour cet article brillant ! Ce article fout la rage aux enragés stéréotypés qui idéalisent leur pays qui se bâtit sur les mêmes méthodes barbares que les autres puissances mondiales.


                            • tal 22 août 2007 23:18

                              @ Koudou

                              Merci pour votre article très bien documenté que je me suis attaché à lire dans le détail. Tout d’abord je tiens a dire combien votre insistance et votre détermination à évoquer les problèmes touchant votre continent sont méritoires.

                              Ne vous découragez pas car en dépit de ces quelques trublions qui se tiennent toujours en embuscades prêts a bondir sur le moindre texte écrit par un auteur noir, afin de le démolir sans l’avoir le moins du monde lu. Ainsi que je l’ai dit lors du topic précédent dont vous étiez le rédacteur , cette catégorie d’individus qui n’ont que l’injure raciste à la bouche- ou au bout de la plume-,dès que s’agissant de l’Afrique,leurs réponses sont stéréotypées,et leurs commentaires affligeants !... .

                              Inutile de les désigner ils se reconnaîtront, cette engeance appartient à ce qu’il convient d’appeler des voyous du net. Ils ne méritent pas la moindre attention.

                              Connaissant un peu le Zimbabwe pour y avoir séjourné quelques fois à l’occasion de déplacements professionnels pour le compte de ma Société (agro-alimentaire) J’avais dans votre sujet précédent écrit sur Mugabé,donné mon sentiment.

                              Je n’étais pas en total accord avec vous sur certains points de détail, notamment concernant votre point de vue sur le racisme Concernant notamment votre remarque sur le racisme des asiatiques à l’égard des noirs, je vous avais fait remarquer que ces derniers réputés haïr les blancs plus que tout en n’aimant pas les noirs non plus, ne faisaient pas preuve d’originalité et ne se distinguaient pas en cela comme des autres homo sapiens sapiens, -de toutes couleurs-, qui n’aiment ni ceux d’une autre couleur de peau qu’eux, ni même ceux de leur propre couleur.

                              Pour renforcer mon propos je l’avais assorti des exemples de : la haine jaune à l’égard du jaune, du blanc à l’égard du blanc, et du noir à l’égard du noir, manifestés au travers des génocides dont furent respectivement victimes les cambodgiens, les juifs, et les hutus. Massacres perpétrés par leurs « frères de race »

                              Le cas du zimbabwé est emblématique de la situation de l’Afrique post-coloniale. Je pense que tout ou à peu près tout -et aussi parfois n’importe quoi-, a été dit sur ce pays. La vérité -essentielle- vous la pointez dans cet excellent article très bien documenté. Elle se résume dans ce passage :

                              « Tom MacDonald, l’ambassadeur des Etats-Unis au Zimbabwe déclarait que le gouvernement de Washington jugeait impossible de s’engager à verser des fonds qui lui paraissait violer le droit de propriété et les droits de l’homme. Bien entendu, il parlait du projet de réforme agraire au Zimbabwe,... »

                              On ne peut en effet que sourire devant un pareil cynisme.

                              Je crois l’avoir dit lors des échanges sur le précédent sujet, Ce pays est victime d’un embargo honteux qui ne veut pas dire son nom. Ces lobbies dont vous parlez et dont personne de sérieux ne peut nier l’existence, sont animés d’une haine tenace à l’égard non pas seulement de Mugabe, mais aussi de la population dans son ensemble. Ils ne rêvent que de revanche, et pour cette raison sont prêts aux pires agissements assurés qu’ils sont de pouvoir manipuler les populations de leurs pays respectifs.

                              Personne n’a versé une larme quand Ian Smith faisait emprisonner arbitrairement les opposants politiques, au point qu’amnesty international avait rangé ce pays et ce régime parmi les pays champions de la violation des droits de l’homme.

                              Rappelons que la UDI * menée sur son initiative, rencontra la désapprobation de l’ensemble de la communauté internationale, et le vit destitué par la Couronne. Les rendements étaient certes infiniment supérieurs à ce qu’ils sont depuis cet embargo -honteux !-, mais ceux qui voudront bien se pencher sur l’économie de la Rhodésie de cette époque, auront loisir de constater que la production agricole ne servait pas tant a accroître le bien-être de la population locale, mais représentait un marché d’exportation permettant d’engranger des devises qui servaient a garnir les comptes bancaires des lobbyistes Rhodésien et Sud Africains, et a améliorer les conditions de vie déjà très confortable de la minorité blanche.

                              Les retombées pour la population noire étaient quasiment nulles.

                              C’est dans l’air du temps de traiter avec sarcasme, hauteur ou condescendance, les questions relatives au continent noir, et de laisser croire que l’Africain appelle partout au secours le blanc. Les propos d’un des intervenant qui parle des terres que l’on « donne » à ces fermiers -heureusement- chassés du zimbabwé vont dans ce sens. Cela relève de la plus grande démagogie et mérite à peine d’être relevée, car chacun sait que dans tous les pays situés à l’équateur (Asie, Amérique latine, et Afrique ) des concessions sont de tous temps données à des étranger dont les pays d’origine possède un know how n’existant pas encore dans les contrées en voie de développement. Le Brésil -mais aussi le Canada !-, sont à ce titre des exemples éloquents.

                              La question historiquement s’est posée différemment pour le Zimbabwe. L’exploitation du pays se faisait dans un tout autre contexte que celui que nous offre ce modèle de coopération et au détriment de la population noire qui était exploitée pour la richesse agricole produite, comme elle l’est encore de nos jours pour la richesse minérale extraite.

                              Ce monsieur qui vous demande comment fait-on pour voyager d’Abidjan à Harare, ne connaît manifestement pas l’Afrique sinon aurait formulé sa question sous une autre forme que je vous laisse deviner...

                              Par ailleurs on pourrait lui retourner une question similaire en lui demandant comment on faisait -même du temps de la colonisation Française-, pour circuler en Côte d’Ivoire de Soubré à Daoukro ? Nous qui sommes sensés avoir fait tant de bien et accompli tant de belles réalisations dans ces pays.

                              Ce même individu enfonce ensuite le clou, et s’adressant à ce comparse que l’on retrouve toujours à ses cotés, parle de :« ... la vague de repentance qui sévit dans certaines sphères et media. » Ah, nous y voila ! Ces gens-la imprégnés qu’ils sont de haine et de ressentiments à l’égard de leurs semblables ont choisi les noirs pour se défouler de leur mauvaise conscience. Des auteurs très en vogue dans ces milieux-là, on donné le ton avec des ouvrages comme « les sanglots de l’homme blanc », ou la « tyrannie de la pénitence ». Vous noterez en passant que ces mêmes gens qui semblent si ...à l’égard de je ne sais quelle pénitence que leur demanderait de faire les noirs, on su durant 60ans (soixante !), faire pénitence pour les horreurs et monstruosités commises contre -les juifs- leurs propres frères de race. Durant 60 ans personne ne s’est avisé de dire que c’en était trop, personne ne s’est aventuré -ni ne s’aventurerait encore- à le dire.

                              La peur du gendarme sans doute, car le courage de toute cette faune nauséabonde qui se place dans le sillage de vos sujets, a des limites. Mais pour les noirs, pour les Africains il en va autrement. On les sait faibles, vulnérables à la merci des contrôles de police, et toujours sous le coup d’une reconduite à la frontière, on sait leurs pays entre les griffes des anciens colonisateurs qui ont eu l’intelligence de placer les « bons » responsables à la tête de ces pays.

                              On sait que le respect de l’Africain en général, et de l’homme noir en particulier dans notre pays ne peut être garanti par un corpus de lois assorti de dispositions pénales comme c’est le cas pour la Shoah,ce qui signifie que des individus de l’acabit de ceux qui polluent vos sujets, savent qu’ils n’ont pas a se gêner. C’est aussi simple que cela. Il y a ceux qu’ils respectent et craignent, même si ils ne les aiment pas, et il y a ceux comme les noirs qui servent d’exutoire à leur haine. Quand vous dites :

                              « La France a été le seul pays anciennement colonisateur à reconnaître l’esclavage et la traite des Noirs comme « crimes contre l’humanité ». »

                              Vous croyez peut-être plaire à ces gens, mais là encore prenez garde. Ce texte n’a pas fait l’unanimité, loin s’en faut, et je dirai qu’il a de fortes chances d’être un jour abrogé ce qui ne sera jamais le cas de ceux votés pour les autres génocides que vous connaissez. Il n’y a que ce qui se rapporte aux souffrances endurées par les noirs et donc à leur mémoire qui gêne et indisposent cette faune. Là comme pour le reste vous le savez bien il y aura toujours deux poids et deux mesures.

                              Lisez l’excellent ouvrage de Claude Ribbe « les crimes de Napoléon » et vous verrez combien la France a dans sa culture l’amour des noirs.... Lorsque vous parlez avec une ironie non feinte : « du grand démocrate Kadhafi » Pensez vous sérieusement que son aide et son intervention puisse être plus néfaste que celle de tous ces colonisateurs Européens -dont la France- qui se sont succédé sur le continent noir durant 4 siècles pour le piller et le saigner à blanc comme l’on sait ?...

                              La encore vous voulez visiblement plaire à certains de vos lecteurs mais assurément vous avez raté le coche !

                              Quoi qu’il en soit j’ai surtout beaucoup apprécié votre conclusion, et quant à moi, j’espère et suis même convaincu que le Zimbabwe sans sortira avec le temps sans le concours de cette vermine qu’elle a bien fait de chasser. Pour ce pays je reste persuadé qu’ils ne pourront jamais dire « ils nous ont supplié de revenir », car on connaît la suite...


                              • Antoine Diederick 22 août 2007 23:29

                                Bonsoir,

                                Excellent article qui interpelle.

                                Si je puis me permettre, les nigérians ne sont pas des nigériens, ce sont deux pays différents....a vocation économiques différentes....

                                Le Niger est un des pays les plus pauvre au monde en terme de ressources (je ne parle pas de la richesse humaine des habitants du pays). Et donc uranium=manne ....

                                Ce qui est interpellant ds votre article :

                                "La nouvelle idéologie négrière a pour caractéristique de brandir, à tout propos et hors de propos, la « part de responsabilité » des Africains dans leur propre malheur. Le procédé est efficace pour deux raisons. Premièrement, de nombreux dirigeants africains ont montré au monde entier leur irresponsabilité chronique. Il n’est pas possible de ne pas en tenir compte. Deuxièmement, l’esprit humain est binaire. Pour discréditer une approche, il faut mettre en valeur l’évidence d’une approche visiblement opposée - même si les deux sont tout à fait complémentaires et permettent de comprendre la réalité."

                                Je pense que pour l’avenir des relations historiques entre l’Europe et l’Afrique ce que vous évoquez devra dans un avenir assez proche , être dépassé ds les esprits de telle manière que nous puissions développer de nouveaux partenariats en tirant les leçons du passé. En tous les cas , c’est ce que je souhaite....

                                Bonne soirée à vous.


                                • Antoine Diederick 22 août 2007 23:35

                                  Le reproche de mauvaise gouvernance adressée aux africains et surtout aux dirigeants africains me semble légitime, c’est un constat malheureux mais réel.

                                  Les soubresauts post coloniaux ont été très éprouvants et expliquent ces années de transitions douloureuses en Afrique quoique certains pays africains tirent très bien leur épingle du jeu et s’en sortent honorablement.

                                  Le monde ne s’est pas fait en un jour et je suis certain qu’avec le temps, l’Afrique trouvera sa place et assumera pleinement sa place ds le concert des nations....


                                • Act 25 août 2007 13:58

                                  Antoine,

                                  Excusez moi mais votre commentaire est ridicule. Vous citez l’auteur pour reprendre quelques lignes plus bas exactement ce qui était dénoncé. La mauvaise gestion de nombre de dirigeants africains est flagrante (1). Elle va de pair avec les spoliations françaises (occidentales) (2). Comme a expliqué l’auteur, ces deux propositions sont complémentaires. Ce ne sont que des éléments du même terme qui s’associent. Elles ne se dissocient donc pas et surtout ne s’opposent pas. Les dirigeants occidentaux et dictateurs africains sont des alliés objectifs contre les peuples africains (en premier ressort). Il faut chercher ailleurs des motivations qui ne heurtent pas votre morale.


                                • Act 25 août 2007 14:11

                                  Théo,

                                  MAGISTRAL !!!


                                • Antoine Diederick 26 août 2007 11:18

                                  @ Act (IP:xxx.x45.0.137) le 25 août 2007 à 13H58

                                  Il m’arrive parfois de mal lire et il est vrai que ma remarque plus haut était légérement ridicule.

                                  A l’instant, je ne relis par l’article qui initie le fil de discussion et donc ne me propose pas de nourrir la polémique et ni d’essayer de faire sens à propos de l’article, littéralement.

                                  Je suis d’accord d’encourager les Africains qui ont trop souvent l’impression que nous les jugeons et que ce jugement est une critique, notre regard leur importe.

                                  Pour en revenir à votre remarque, je crois que vous relevez ce qui est une idée répandue et perversement exploitée et qui a la longue devient un lieu commun, a savoir que les pays ex-coloniaux que nous sommes, organisent et maintiennent les conditions de la mauvaise gouvernance en Afrique, afin de continuer à en capter les richesses.

                                  Sans soute, cela fut-il un calcul intéressé le lendemain de la décolonisation. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts et je pense que cette idée est devenue un motif réducteur pour comprendre les relations Europe-Afrique.

                                  Je crois, qu’avant de dénoncer les travers et les mauvais comportements des uns et des autres, il serait bien de revisiter l’histoire ancienne et récente avec objectivité.

                                  S’il fallait opposer le « pillage organisé » de l’Afrique par le colon au « pillage désorganisant » de certains leaders africains, nous ne pourrions pas voir les relations entre les africains et les occidentaux que comme un conflit permanent, définitivement inscrit ds l’histoire passée et future, c’est ce que que je nommerai de l’idéologie contraignante et contre-productive.

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