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La nouvelle tendance du Ministère tunisien de l’Enseignement Supérieur !

On a tendance à oublier qu’à coté du Jasmin, le Printemps fait pousser, aussi, les Cactus !

Le fait d’armes le plus grave de la guerre d’usure proclamée par les Salafistes tunisiens contre la Révolution de Jasmin, qui va fêter, le 14 courant, son premier anniversaire, reste le sit-in dans les bureaux de l’administration de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba (FLAHM), établissement qui compte 8.000 étudiants.
 
Le 28 novembre 2011, un groupe de Salafistes, dont la quasi-totalité est étrangère à l’Université, ont bloqué l’accès aux salles pour les étudiants qui devaient passer des examens ou rejoindre des cours, tout en organisant un sit-in, qui perdure jusqu’aujourd’hui, dans les couloirs de la Faculté, et comme ailleurs, leur revendication principale est la levée de l’interdiction du port du Niqab dans l’enceinte universitaire. Suite à la décision prise par le Conseil Scientifique de l’Etablissement, relative au maintien de cette interdiction, les sit-inneurs se sont confortablement installés, cette fois-ci, dans les bureaux de l’administration, interdisant au Doyen d’accéder à son bureau, agressant des étudiants, des administratifs et des enseignants dont le Doyen lui-même ; un enseignant sera même transporté aux Services des Urgences. En outre, ces sit-inneurs, dont seulement trois éléments appartiennent à la FLAHM, ont ajouté une autre revendication, à savoir de mettre fin à la Mission du Doyen qui, rappelons-le, est élu par ses paires.
 
Suite à ces dépassements inacceptables, à la dégradation de la situation sécuritaire et devant l'impossibilité d'assurer la sécurité des étudiants, des enseignants et du personnel administratif et ouvrier, le Conseil Scientifique de la FLAHM, qui s’est réuni le mardi 6 décembre 2011, a décidé la fermeture de l’établissement universitaire jusqu’au départ des individus étrangers et à la levée du sit-in, et a demandé, par la voie du Doyen, à Moncef Ben Salem, nouveau Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (et membre historique du Parti Islamiste Ennahdha) l’intervention des Forces de la Sécurité Publique afin d’évacuer les sit-inneurs, alors qu’il s’était toujours refusé à une telle intervention jusque là. Cette demande d’intervention des Forces de la Sécurité Publique, bien qu’itérée par la suite plusieurs fois, n’a eu, jusqu’à ce jour, aucune suite. Entretemps, devant l’absence d’une décision forte de l’Etat sommant ces intrus à quitter les lieux, la situation s’est aggravée par l’augmentation du nombre de sit-inneurs et de leurs agressions, de tous genres, contre tous ceux qui oseraient s’approcher de leur territoire.
 
Aussi, la Fédération Générale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique a appelé «  à un Rassemblement de Protestation pour le mercredi 4 janvier 2012, devant le Siège du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, pour la défense de l’autonomie et des valeurs universitaires et pour exiger le levée du sit-in des personnes étrangères à la FLAHM qui veulent imposer par la force et par la violence de nouvelles règles pédagogiques oubliant qu'il s'agit de règles que, seule la profession, a le droit de fixer  ». Parmi les slogans scandés en arabe, lors de cette Manifestation on, peut citer «  Ministre sans capacité de décider, rentre chez toi et garde la maison », dont une variante est « Ministre ne respectant pas sa parole, rentre chez toi et garde la maison », et, évidemment, le fameux « DEGAGE », scandé, comme il se doit, en français. Cette Manifestation, qui a rassemblé des milliers de personnes, a été, sauvagement, réprimée par les forces de l’ordre se trouvant sur place, comme l’a souligné un Communiqué de la Ligue Tunisienne des Droits de L’Homme, diffusée au cours du Journal Télévisé, le soir même, sur la Première Nationale, « condamnant énergiquement ces violences et exigeant du gouvernement la levée du sit-in qui prend en otage la FLAHM ». Ce qui a conduit plusieurs Mouvements et Associations de la Société Civile à appeler leurs adhérents à soutenir et à rejoindre ce Mouvement de Protestation des Universitaires. Il faut donc s’attendre à ce que la protestation prenne de l’ampleur.
 
Lors de ce Rassemblement, les présents ont assisté à une première sans précédent, même à l’époque de Zinochet et de Bourguiba, digne des régimes les plus rétrogrades de la Planète : à partir des fenêtres des plus hauts étages des bâtiments du Ministère, furent déroulées des pancartes où étaient inscrits des slogans haineux et diffamatoires, insultant et stigmatisant les enseignants de la FLAHM, en les qualifiant de mercenaires, de vendus, de responsables de la décadence de leur Faculté,…, ainsi que des slogans obscurantistes tel que : «  Le Niqab, composante de l’identité  » qui laissent présager la nouvelle tendance de ce Ministère !
 
Etaient-ils inspirés par celui qui traitait Ali Douagi, Abou el Kacem Chebbi, Tahar Haddad,…de« clochards » et d’ « idiots » ! Cf. à ce sujet mon Article intitulé « Tunisie : Une Question-Réponse qui en dit long sur Moncef Ben Salem, notre Ministre « annoncé » de l’Education ! »
 
Salah HORCHANI

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201 réactions à cet article    


  • Henri François 6 janvier 2012 15:11

    A l’auteur,
    A ma connaissace les trublions ont été délogés par les forces de sécurité le 5 janvier. Il est bon toutefois de relativiser les faits évoqués dans cet article qui, rigoureusement eaxcts, n’ont concerné qu’un étabissment universitaire du pays. Les salafites représentent un faible minorité en Tunisie et leur activisme débridé ne fait pas tache d’encre, bien au contraire. Dans sa très grande majorité le peuple tunisien qui demeure musulman est très loin d’adhérer à une telle mouvance radicale.


    • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 6 janvier 2012 15:48

      @ Henri François

      Ce n’est pas leur premier coup et ce ne sera pas leur dernier !

      Ainsi, le dimanche 26 juin, un groupe de Salafistes, brandissant des drapeaux noirs et hurlant des slogans fondamentalistes, ont saccagé, au centre ville de Tunis, le cinéma Afric’Art et agressé, physiquement, des spectateurs et des Artistes qui s’y trouvaient pour la projection du film-documentaire « Ni Allah, ni Maître » de la réalisatrice Nadia El Fani, projection qui semble ne pas être du goût de ces barbus. Dans ce documentaire, Nadia El Fani se met en scène en train de discuter avec des Tunisiens de la rue sur la place de la religion dans la société et dénonce « l’hypocrisie sociale » qui règne en Tunisie, hypocrisie qui conduit, par exemple, une majorité de gens ne faisant pas ramadhan à se cacher. Elle y plaide pour une religion relevant, strictement, de la sphère privée.

      De même, après la diffusion par la Chaîne Nessma TV, le vendredi 7 octobre, du film franco-iranien « Persépolis », dont le thème est une tentative de prévenir les jeunes filles du risque de la Dictature Religieuse qui enverrait aux calendes grecques, à l’image de ce qui se passe aujourd’hui en Iran, les Principes d’Egalité et de Parité, un groupe constitué de 200 à 300 Salafistes ont, le dimanche 9 octobre [ deux semaines avant les élections pour l’Assemblée Nationale Constituante], attaqué, saccagé et essayé d’incendier les locaux de cette Chaîne, et un autre groupe s’est introduit dans le domicile de Nebil Karoui, directeur général de ladite Chaîne, et l’a saccagé et a, aussi, essayé de l’incendier. La séquence du film qui a rendu fous ces « agitateurs excités » est une séquence représentant Dieu sous les traits d’un vieil homme barbu, représentation humaine de Dieu qui serait proscrite par l’Islam.

      Nadia El Fani et Nebil Karoui ont fait l’objet de fatwas de mort contre eux par des, soi-disant, Chefs religieux Salafistes, la première pour athéisme et le second pour blasphème.

      Salah HORCHANI


      • Henri François 6 janvier 2012 17:40

        J’ai eu connaissance des incidents regrettables que vous énumérez, ils font partie de provocations répétées comme moi-même ai pu le constater à Kélibia avec la tentative tonitruante d’un meeting tenu par des barbus, drapeaux vert et drapeaux noirs au vent, place du marché, réunion qui s’est traduite par un fiasco monumental devant deux (facile à compter) pauvres bougres.
        Quant à leurs condamnations via des « fatwas », il vaut mieux en sourire.
        Il ne faut surtout pas tomber dans leur piège certainement tendu avec la complicité par le silence, du parti islamiste (modéré ?!!), mais vous avez raison, il faut se montrer vigilant et s’opposer à toutes leurs tentatives nauséabondes.
        Je suis convaincu que la maturité du tunisien, son intelligence auront raison de cet abcès. Je vous fais confiance. Le plus important est la rédaction de votre constitution et c’est elle qui demande d’ores et déjà toute votre attention. Lorsque celle-ci sera votée, l’Assemblée, le Gouvernement et le Président changés, alors oui, Inch’Allah, les salafites avec le parti religieux retourneront ailleurs à leurs chères études moyennageuses.
        Bien à vous. 


      • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 7 janvier 2012 12:07

        Message que le Doyen de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba a envoyé, aujourd’hui samedi 7 janvier 2012 à 01 heure, aux membres du Conseil Scientifique de ladite Faculté :

         

        Chers tous,

        Il est 1 heure du matin, je viens de rentrer à la maison après avoir assisté à la deuxième descente des forces de l’ordre pour déloger les sit-ineurs qui étaient revenus à la Fac en début de soirée et avaient monté une tente imposante en face du bâtiment central (ou ce trouve les bureaux du secrétaire général et du doyen). J’ai été appelé à 10h15, l’opération a commencé vers 23h et s’est prolongée jusqu’à 0h15. Il n’y a pas eu de violence, mais ils ont essayé vainement de me rappeler qu’il y avait un accord avec le ministre pour qu’ils puissent protester loin de l’administration. J’ai répété à plusieurs reprises que le dialogue était déjà rompu.

        Le problème reste entier, on doit être vigilant.

        Désolé de vous avoir dérangé un peu tard, mais je pense qu’il est de mon devoir de vous tenir informé de la situation de votre faculté.

        Habib Kazdaghli

         


        • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 7 janvier 2012 12:33

          Le Doyen serait-il moins important que les Salafistes ?

          Le Doyen a mentionné dans son Message que les Salafistes « ont essayé vainement de » lui « rappeler qu’il y avait un accord avec le ministre ».

          Comment se fait-il que le Doyen n’ait pas été informé de cet accord ?

          Serait-il moins important que les Salafistes, aux yeux de notre Ministre Moncef Ben Salem ?

          Salah HORCHANI


        • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 7 janvier 2012 17:36

          Un « Message de Soutien d’Universitaires et Chercheurs à leurs Collègues tunisiens » :

          http://medias.lemonde.fr/mmpub/edt/doc/20120106/1626769_53cd_amis_de_la_tun isie.pdf?ROSAE_PREVIEW

           

          Salah HORCHANI


          • platon613 8 janvier 2012 07:57

            Elections en Egypte : Les islamistes toujours en tête

            Les islamistes sont toujours largement en tête dans les législatives égyptiennes. Le parti des Frères musulmans (Parti de la liberté et de la justice - PLJ) et le parti des fondamentalistes salafistes (Al-Nour - La Lumière) affirment avoir receuilli ensemble plus de 62% des votes...

            http://www.news26.tv/proche-orient/...


            • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 9 janvier 2012 00:58

               

              Tunisie : Mon Dieu, vers quel Régime nous nous enfonçons !

               

              http://www.lepost.fr/article/2012/01/08/2675855_tunisie-mon-dieu-vers-quel-regime-nous-nous-enfoncons.html

              Salah HORCHANI

               


                • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 10 janvier 2012 11:03
                  « Nouvelles de la Faculté des Lettres de la Manouba (Tunisie) 
                  (Tunis, le 9 janvier 2012)

                  Par Habib Mellakh, universitaire, syndicaliste. Département de français, 
                  Faculté des Lettres de la Manouba (Tunisie)

                  Malgré le retour massif des étudiants de la FLAHM, quelques incidents ont empêché, ce matin, le déroulement de certains cours. IL en a résulté une atmosphère très tendue comparable à celle que la faculté a connue pendant les premiers jours de la crise et qui a vu la répétition d’un scénario devenu classique : une étudiante portant le niqàb se fait escorter, au moment où elle se dirige vers sa salle de classe par un groupe d’une quinzaine ou d’une vingtaine d’étudiants non inscrits pour la plupart à la faculté, acquis à sa cause et munis d’appareils photos et de caméras . Tandis que l’étudiante entre dans la salle de classe, certains d’entre eux en bloquent l’accès. D’autres y pénètrent pour faire valoir auprès de l’enseignant en charge du cours le droit de cette étudiante à y prendre part sans se découvrir le visage en violation du règlement intérieur qui interdit de se voiler le visage et qui empêche l’entrée des étudiants dans les salles de classe pour y semer le trouble. Le professeur essaye de convaincre l’étudiante de se découvrir le visage tandis que ses camarades qui ont fait irruption dans la salle filment la scène malgré l’opposition de l’enseignant qu’ils insultent parfois. Après le montage de la vidéo, il ne restera plus aucune trace de cette agression verbale. Cette vidéo est censée être utilisée comme une preuve contre l’enseignant, coupable d’avoir empêché l’accès au cours et pris en flagrant délit (sic !). Le film ou la photographie permettent aussi d’identifier ce professeur récalcitrant et l’expose aux représailles. C’est une forme d’intimidation et une menace à peine voilée. Quand l’enseignant n’arrive pas à convaincre l’étudiante, il quitte la salle. 

                  Aujourd’hui sept enseignants (4 enseignants arabisants, deux anglicistes et un italianisant) ont dû quitter la salle après avoir été verbalement agressés et menacés par les intrus. La directrice du département d’anglais venue prendre la défense de son collègue a été physiquement agressée. Elle a porté plainte auprès du district de la garde nationale de la Manouba. Pendant que les enseignants sont humiliés et qu’ils sollicitent la protection des autorités, le ministre déclare qu’il ne pourra pas envoyer aux établissements d’enseignement supérieur de circulaire interdisant le port du niqàb pendant les cours, les examens et les séances d’encadrement tant que la constitution n’aura pas été rédigée ! ».

                  Salah HORCHANI


                  • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 10 janvier 2012 12:12
                    « BEN SALEM, L’ HOMME ET L’OEUVRE 

                    par Ali Toumi Abassi, dimanche 8 janvier 2012

                     Ebauche d’un portrait du nouveau ministre de l’enseignement supérieur, en attendant la fin d’autres séances de pose 

                    L’entretien accordé par le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique à la chaîne Hannibal, hier soir, est un événement marquant de la toute première décade du gouvernement de la troïka, d’obédience essentiellement nahdhaouie. Comme beaucoup de mes compatriotes, notamment les universitaires qui attendaient que Ben Salem s’expliquât sur l’actualité universitaire, j’avais les yeux chevillés sur l’écran, et je tenais absolument à me faire ma petite idée sur une personne qui était déjà, depuis deux semaines, un vrai personnage frayant la chronique, quasiment diabolisé, traité de toutes les impérities possibles et imaginables, un vrai « pendard » comme dirait Molière. Quelle ne fut ma surprise ! Je devrais même parler au pluriel, car je n’en revenais pas, à force de voir mes préjugés (favorables et défavorables) dégringoler un à un, pour en rester finalement sur le cul. J’annonce donc ainsi la couleur de mon propos, et je vais parler de la personne et du personnage. 

                    L’homme est on ne peut plus sympathique. J’avoue que c’est un peu « mon type » en matière d’amitié. Son tailleur hors catégorie, le noeud forcé de sa cravate, sa coiffure d’adjudant-chef, son sourire et même ses éclats de rire à peine retenus et soumis à la simple contagion d’humeurs avec son vis-à-vis, sa voix douce et entravée, sa gestuelle spontanée et nouée de tics, sa posture enfin et son air bon-enfant, parfois assombri par une nuée de traumatismes de l’ancien prisonnier d’opinion, longtemps martyrisé dans les geôles de Ben Ali….Tout cela fait de lui un homme qu’on a envie de ménager et de tenir par la main, pour éviter qu’il se trouve mal ou qu’il se mette à sangloter. Comme personne, j’avoue qu’il me dédouane de toutes les humiliations que j’ai dû vivre avec mes anciens « patrons », de Charfi à Tekari, trop poseurs, trop filous, trop condescendants, à l’image de leur marionnettiste de président. Mais le hic c’est que Ben Salem n’est pas affecté au département de l’enseignement supérieur pour collectionner des affinités électives des téléspectateurs anachronique tels que moi, ou des accointances pour d’éventuelles campagnes caritatives ! Il est à la tête d’un ministère où il faut faire preuve de distanciation et mettre à profit des talents scéniques et intellectuels multiples.

                     Le personnage du ministre a donc brillé par son absence hier soir, alors que tout le gratin universitaire, ainsi que le public estudiantin et sans doute beaucoup de détracteurs, prévenus de l’émission d’Hannibal, l’attendaient au tournant. Après la campagne médiatique en règle dirigée précisément contre Ben Salem et d’autres ministres nahdhaouis, annoncés par certains comme des parvenus qui perpétuent le clientélisme et le favoritisme datant de l’ère tyrannique révolue, après la crise de la Faculté de Manouba, où le gouvernement de Jébali a été soupçonné de sympathie avec les salafistes, et surtout après l’accueil musclé et humiliant fait aux manifestants de cette faculté dans l’enceinte de leur ministère, les esprits étaient entièrement montés, les partis sans appel étaient déjà pris et n’attendaient qu’une confirmation dans les propos de l’invité d’Hannibal. Qu’en était-il ? Jugeons plutôt sur pièces ! 

                    Je ne parlerai ni de son louvoiement quand il s’agit de justifier le silence du ministère devant l’acte illégal des sit-ineurs obstruant les lieux du travail, entravant des fonctionnaires de l’état en exercice et agressant physiquement le doyen, des enseignants et des étudiants, ni de la volonté de minimiser la dangerosité des exactions perpétrées, autant à l’université que dans le reste du pays, ni des imprudences langagières absolument inattendues de la part d’un ministre, en noyant le poisson sur des questions essentielles (la liberté de confession, le droit au travail, les problématiques pédagogiques et scientifiques), au profit d’une sophistique juridique ou spirituelle, fabriquée de toutes pièces, comme si son interviewer et les téléspectateurs universitaires étaient nés de la dernière pluie… mais je dirai deux mots de ses sorties sur la littérature. Le propos était gros, ahurissant, choquant et devrait sérieusement inquiéter l’université. 

                    D’après les déclarations que lui prête le journaliste et qu’il n’a pas désavouées, mais surtout selon ses affirmations en direct, regard tourné vers la caméra, comme pour dire : je persiste et je signe, Ali Douâji n’est pas à sa place sur son piédestal d’écrivain, car il était ce marginal appartenant à une horde de « taht essour » ( littéralement au pied de la muraille), un soûlard invétéré, et surtout l’auteur de boutades indignes telles que : « bawanitou kawmine enda kawmine sawaguirou » (les mégots de certains sont des cigarettes pour d’autres)… 

                    Sauf ingénuité de ma part, il faudra croire que notre ministre n’est pas l’universitaire que nous connaissons et qui vit ici et maintenant, mais un Béotien, déconnecté des réalités quotidiennes ( il avoue sans sourciller ne pas lire les journaux), et encore plus de la réalité scientifique. Primo, il n’est pas attendu d’un ministre de l’enseignement supérieur de s’immiscer dans une spécialité qui n’est pas la sienne, et de se mêler d’une problématique (évaluation de l’art) pour laquelle il n’a aucune compétence. A moins de croire que l’enseignement et la recherche littéraires n’ont rien de spécifique, ne demandent pas la science infuse et monsieur tout le monde peut y avoir son mot à dire. A moins aussi de s’inspirer des présomptions ridicules de Ben Ali qui faisait accroire à ses thuriféraires qu’il s’y connaissait en informatique, autant qu’en agriculture, en médecine et en menuiserie, lorsqu’il s’adonnait à ses piteux exercices de style, lors des visites de terrain. Dans ce cas, Ben Salem devrait aussi montrer aux enseignants d’arts, de médecine et de botanique ce qui ne va pas dans leurs départements respectifs. Il ne devrait pas s’étonner qu’un littéraire intervienne dans son fief de matheux, pour lui montrer quand, comment et à qui il faut dispenser un enseignement sur l’équation de troisième degré ! 

                    On peut bien admettre qu’il faut choisir des auteurs, des oeuvres, des genres, des thèmes adaptés à chaque niveau ( en passant du primaire, au secondaire et au supérieur). C’est bien un truisme pédagogique ! Mais il n’appartient pas au ministre, surtout s’il est un béotien en littérature, de décider des options qui relèvent uniquement du travail de commissions de spécialistes, désignées ad hoc. Autrement, le ministre ne ferait que tendre des lits procustiens dans les établissements, et s’amuserait à y dorloter des enseignants choisis conformément à des mensurations idéologiques. Les adeptes de Pol Pot et Ghaddafi s’y sont déjà inutilement aventurés… 

                    Maintenant, le fond du problème, et je le rappelle non pas à l’intention du ministre que je désespère de convaincre, puisqu’il s’est déjà avoué comme un étranger à l’art en général et à la littérature en particulier, le fond du problème, dis-je, consiste à postuler qu’un énoncé littéraire, tel que celui qui est injustement et naïvement reproché à Douâji, ne se lit pas exclusivement, ni même prioritairement, au premier degré, sinon le discours littéraire se confondrait avec le discours commun. Un vers, une boutade, un texte, un thème littéraire s’inscrivent et se lisent d’abord dans la spécificité générale de la littérature, qui est la connotation. Ben Salem et les lecteurs non initiés à l’art de l’écriture ne comprendront jamais que la phrase imputée à Douâji (les mégots de certains sont des cigarettes pour d’autres), relève à la fois de la parodie, du genre humoristique qui est le sien et de sa stratégie de créateur insoumis à l’ordre établi esthétique, social et politique. Ce n’est pas une simple galéjade douajienne de pasticher le fameux vers de Moutanabbi : « Bitha khadhatil’ayamou bayna ahliha, massaîbou kawmine enda kawmine fawaidou » (Ainsi la vie en a-telle décidé, le malheur des uns fait le bonheur des autres), mais une géniale récriture digne d’une réflexion approfondie, dans le cadre d’une dissertation et même d’un essai. Je n’aurais aucun scrupule à proposer cette boutade de notre plus grand humoriste en examen de littérature pour les étudiants de master ou d’agrégation, car elle est à la croisée de plusieurs problématiques : l’intertextualité, la généricité et… la littérature engagée… 

                    S’il faut supprimer Ali Douâji de l’enseignement et de la recherche littéraires, pour cause d’immoralité, il faudra sans doute aller jusqu’au bout de l’argument et fermer tous les établissements d’arts, de littérature et de culture. Car, comme l’art en général, la littérature est d’essence immorale, c’est-à-dire, en fait, amorale, et n’entend en aucun cas rivaliser avec les livres sacrés. Ali Douâji aurait dit « bawanitou kawmine enda kawmine sawaguirou », comme Guermadi a écrit « hobboun ka katifi’l allouchi ala kouskoussi » (un amour semblable à l’épaule du mouton sur le couscous), Al-Maarri qui a fait dire à Ibnou’l Karih, s’adressant à une femme de « Rissalatoul’ghofrâne » : « ahmilini zakafouna » (porte-moi à califourchon sur ton dos ), Imrouou’l Kaïss qui a dit : « Alyawma khamroun wa ghadan amroun » (buvons aujourd’hui et vaquons à nos affaires demain !), Rabelais qui a écrit « femme molle à la fesse », signifiant gaillardement « femme folle à la messe », et Sartre qui a écrit « toutes les femmes sont des putes, sauf ma mère par respect ». Douâji, et tous ces grands auteurs du même acabit seraient-ils donc à effacer de notre mémoire collective et de nos annales pédagogiques et culturelles ? Si oui, le modèle de la politique éducationnelle mijotée par notre nouveau ministre de l’enseignement supérieur serait, à terme, celui qu’on prête à Omar Ibnou’’l Khattab ayant conquis Alexandrie et ordonnant à son général, Amrou Ibnou’l’Ass, de brûler tous les livres de la fameuse bibliothèque de cette ville, pour n’y garder que les volumes du Coran !

                     Il faut espérer que Ben Salem n’a pas trop médité ses propos et s’est fait simplement trahir par sa bonhomie et son inculture littéraire. C’est dommage que l’un des ministres du nouveau gouvernement, soupçonné a priori de conservatisme édulcoré, mette ainsi très maladroitement, très dangereusement le pied à l’étrier, sans s’y connaître en équitation. Autrement, il faut que les universitaires se préparent à un gros quiproquo avec leur nouveau patron et à des dysfonctionnements sans fin dans la gestion de l’enseignement supérieur. ». 

                    Salah HORCHANI

                    • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 10 janvier 2012 14:27
                      « « Essaraha Raha » : l’issue de secours de Moncef Ben Salem
                       
                      Par Mohamed Anis Abrougui
                      08 Janvier 2012

                      Hier, sur la chaine Hannibal TV, Samir el Wafi a invité à son émission « Essaraha raha » l’actuel ministre de l’enseignement supérieur Moncef Ben Salem. L’émission fut très intéressante et instructive dans la mesure où diverses problématiques de l’actualité nationale furent discutées à l’instar du sit-in de la faculté de la Manouba. D’un autre côté, l’émission a fourni un éclairage certain sur le personnage du ministre et son passé. L’intérêt n’est pas de répéter ici l’émission qui est en train d’être retransmise en boucle mais plutôt de tenter de dégager les objectifs d’une telle émission, pour arriver peut être à sonder les « intentions de l’auteur ». En effet, pour différentes raisons l’émission d’hier semblait être vouée à réconcilier le personnage du ministre avec l’opinion publique et rien d’autre.

                      D’un côté, le plan de l’émission lui-même pourrait se résumer à ces quelques étapes : une première partie consacrée pour déballer tout ce que l’on critique chez le ministre et pour lui permettre de justifier toutes ses « gaffes » si l’on peut les appeler comme ça. Ainsi sa position quant à l’affaire de la Manouba est explicitée, ses déclarations concernant Ali Douaâgi et le groupe de « Taht Essour » ont été aussi justifiés et le ministre en a minimisé l’impact et la portée, et la vidéo qui a circulé sur Facebook le montrant en train d’attaquer Bourguiba et lancer un discours d’allégeance à Qatar a été aussi discutée. Voilà le ministre lavé de ses erreurs enfin justifiées. La deuxième étape fut consacrée à contrer toute sorte de rumeurs concernant le ministre et ses tendances idéologiques. La tentative du coup d’état auquel il fut mêlé en 1987 a été évoquée à ce propos. Ainsi, Moncef Ben Salem n’est pas un extrémiste et il est bien capable d’être le ministre de tous les tunisiens. La troisième partie fut consacrée au pathos : Moncef Ben Salem, le personnage qui a tant souffert, qui a été empêché d’assister aux funérailles de sa propre mère par le régime Ben Ali. Nul n’est besoin d’affirmer que sans que le téléspectateur ne s’en rende compte, en prétendant déballer tout le linge sale du ministre, Samir el Wafi le lave.

                      De l’autre côté, on remarque la façon légère dont certains sujets ont été discutés à tel point que l’on pourrait reprocher à Samir el Wafi de ne pas avoir voulu coincer son interlocuteur et de lui avoir laissé volontairement des portes de sortie alors que le paradoxe sautait aux yeux. Tel est l’exemple de l’affaire Douaâgi : Moncef Ben Salem minimise la portée de son discours et affirme avoir oublié s’il avait tenu les propos cités par l’animateur de l’émission. Il affirme avoir été contre un texte enseigné en deuxième année, pas plus. Or, tout le monde sait et Samir el Wafi savait que ce la vérité est tout autre. Lorsque le ministre s’est dérobé pour se concentrer sur l’histoire du texte, el Wafi n’a pas insisté. Le même comportement fut enregistré quand il a discuté de la vidéo dans laquelle l’actuel ministre parle des origines juives de Bourguiba, attestées par un papier écrit de la main de sa femme. Aucun commentaire de l’animateur ne vient mesurer la véracité de ces propos. Pour ne citer que ces exemples, el Wafi survole les problématiques sans les discuter dans le fond, permettant à son interlocteur de retourner sa veste publiquement en reniant ses propos passés de manière parfois audacieuses pour ne pas dire choquantes.

                      En définitive, l’émission n’a apporté rien de nouveau ou presque comme information puisque tout le monde connaissait ce que l’on reproche à Moncef Ben Salem et ce dernier avait déjà tenté de se justifier dans la presse, en vain. L’émission a repris les gaffes du ministre et lui a permis de mieux les justifier. Même la partie émouvante pour agir sur les sentiments des téléspectateurs n’est pas nouvelle : le CV du ministre qui circule sur internet est plus chargé de souffrances politiques que de travaux académiques. L’on pense que certaines contre-vérités qui sautaient aux yeux auraient pu être relevées par l’animateur, et puisqu’elles n’ont pas été relevées, l’on accuse les intentions de l’émission. Peut être que l’on attendait beaucoup plus de cette émission alors qu’il ne fallait pas. »

                      Salah HORCHANI

                      • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 10 janvier 2012 14:49
                        « La Tunisie admet-elle les deux poids deux mesures ? 

                        Samedi, 07 Janvier 2012 Par Moncef BEDDA

                        Deux événements ont retenu l’attention en cette première semaine de l’année 2012, à quelques journées du premier anniversaire de la Révolution de la liberté et de la dignité. L’un s’est déroulé devant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. L’autre a lieu à la faculté des lettres de la Manouba.

                        La protestation des enseignants et des étudiants a provoqué une réaction musclée, voire violente, de la part d’éléments en civil, appartenant apparemment aux forces de sécurité. Le sit-in de la Manouba a été déplacé de quelques mètres de la façon la plus pacifique et la plus démocratique qui soit, en présence d’un imposant déploiement des forces de l’ordre. 

                        L’observateur aura été témoin d’un comportement à deux vitesses. La patience usée à déplacer de quelques mètres les occupants des locaux administratifs et du bureau du doyen jure avec la punition expéditive exercée sur les universitaires, les étudiants et les journalistes. 

                        Le plus stupéfiant est la position du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique qui a accusé sans ambages les médias d’avoir amplifié l’affaire de la Manouba. « J’accuse franchement les médias d’avoir été les premiers à amplifier cette affaire », a souligné M. Moncef Ben Salem. 

                        D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que les journalistes sont accablés de tous les maux dont souffre la Tunisie depuis que les urnes ont porté au pouvoir le mouvement Ennahdha. Le témoignage à cet égard de Om Zied, dont le parti est allié du parti islamiste, ne laisse aucun doute sur les intentions belliqueuses d’Ennahdha à l’égard des médias. 

                        Ce n’est en tout cas pas en tirant à boulets rouges sur les chevaliers de la plume et en essayant de les marginaliser, que le gouvernement Jebali va rétablir la confiance qui fait grandement défaut parmi les Tunisiennes et les Tunisiens. 

                        La mission de trois ministres à Gafsa a-t-elle été menée avec le succès escompté ? Elle était sensée traduire « la volonté du nouveau gouvernement de renforcer le contact direct avec les régions et de suivre de près la situation dans le gouvernorat de Gafsa, notamment, dans le bassin minier, de manière à rétablir la confiance entre les habitants de ces régions et le gouvernement ». 

                        La situation est préoccupante. Il est temps que les autorités agissent et mettent à exécution immédiatement les promesses faites aux citoyens. C’est avec du concret que la société aura la preuve que la situation a évolué et que la transition démocratique est en bonne voie. L’action, la clarté et la transparence sont les seuls ingrédients capables de mener vers le succès. ».

                        Salah HORCHANI

                        • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 10 janvier 2012 15:38
                          « Qui, politise l’affaire du niqàb à la Manouba ?

                          Par Habib Mellakh, universitaire, syndicaliste. Département de français, 
                          Faculté des Lettres de la Manouba (Tunisie)

                          Comment peut-on croire que les enseignants de la Manouba refusent l’accès aux cours, aux examens à une étudiante se voilant intégralement le visage parce qu’ils ont un parti pris politique ?

                          Comment ne pas se rendre compte que ces mêmes enseignants acceptent cette étudiante dans l’enceinte de la faculté, à la buvette, justement parce qu’ils n’ont pas de parti pris politique et qu’ils respectent la liberté de croyance ?

                          Pourquoi leur nie-t-on le droit de défendre un parti pris pédagogique qui considère que la relation interactive est à la base de la réussite de toute formation, que le principe fondamental garant du bon fonctionnement et du succès de la transmission et de la réception de la connaissance est la coopération entre des individus qui acceptent la communication et le dialogue ?

                          Pourquoi oublie-t-on que la situation d’apprentissage est, comme toute communication, basée sur un pacte socio-éthique et sur une relation de confiance qui fait que l’enseignant a parfois été perçu comme un saint ? La fonction d’enseignant n’est-elle pas perçue comme un sacerdoce, justement parce qu’elle revêt un caractère quasi religieux par la vertu et le dévouement qu’elle exige ?

                          Pourquoi autorise-t-on qu’on bafoue la dignité des enseignants en leur faisant le procès d’intention qui fait d’eux des satyres potentiels, tentés par le diable, incapables de résister à leurs désirs et succombant fatalement à des appétits libidineux ?

                          Comment peut-on me confier la formation de l’esprit, si on me nie toute aspiration à une élévation morale ou spirituelle ou si on me soupçonne d’être habité par l’esprit du mal ?

                          L’enseignant ne prétend en aucune façon diriger les consciences et refuse la tentation de l’endoctrinement mais il ne saurait accepter d’atteinte à sa dignité ou à son intégrité morale ni de soumission aux adeptes du prêt-à-penser ou à des directeurs de conscience qui prétendent soumettre le monde à leur idéologie. Ce sont ces directeurs de conscience qui, sous couvert de la liberté religieuse, manipulent ces étudiants et les instrumentalisent politiquement comme le montrent de nombreuses vidéos qui sont diffusés sur les réseaux sociaux et particulièrement sur la page Talaba-révolution de Facebook. Ce sont eux qui s’abritent derrière les libertés individuelles pour tuer la liberté. Ce qu’on oublie trop vite, c’est qu’ils ne sont pas dans la posture d’une minorité persécutée mais d’une minorité qui, en pays d’Islam, compte imposer sa lecture de l’Islam. Qui, politise l’affaire du niqàb à la Manouba ? ».

                          Salah HORCHANI

                          • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 10 janvier 2012 18:15
                            Message diffusé [à grande échelle, mais de façon confidentielle et personnelle] par les Partisans et/ou sympathisants de qui vous savez [sans se déclarer comme tels ; mais, au contraire, en se présentant comme étant apolitiques, à la manière de notre Ministre Moncef Ben Salem, dès le début des années 80] auprès de la Communauté Scientifique Internationale, pour défendre la Position de qui vous savez, concernant le port du Niqab ! 

                            « Le problème d’étudiantes portant le Nikab (la burqua) est un problème général qui concerne la quasi-totalité des instituts universitaires en Tunisie. Il s’agit d’un nouveau problème qui a surgi après la révolution dans le contexte du soulagement des libertés personnelles. Cette liberté personnelle n’a pas été, à ce jour, réglementée par une loi et ce, à cause de l’instabilité politique du pays dans cette étape transitoire. 

                            Vu la sensibilité de l’affaire, le gouvernement transitionnelle n’a pas voulu prendre une décision ferme dessus. Ce qui est raisonnable en quelques sortes. Les responsables universitaires ont dû alors prendre les choses en main et trouver une solution provisoire à cette question. La plupart ont su traiter le problème avec sagesse et précaution sauf à l’université de Manouba où l’affaire a pris une envergure assez grave. 

                            La question qui se pose c’est pourquoi spécialement à cette fac que les choses ont-elles progressé de la sorte ? En examinant certaines données, on peut trouver quelques pistes qui nous aideront à trouver une explication. 

                            En effet, il est important de signaler que le doyen est un membre actif d’un parti politique (le pôle moderniste) et que ce parti se voit sans pouvoir sur la scène politique, à cause de sa représentation minoritaire à la constituante et à sa non participation au gouvernement. D’autant plus que ses responsables ont exprimé leur mécontentement et leur frustration à l’égard du parti majoritaire : La Nahdha. Ils se sont même placés en tant que ’force de l’opposition’ en refusant de travailler d’une façon coopérative pour l’intérêt général du pays. 

                            D’autre part, l’affaire du Nikab s’inscrit dans le cadre des libertés religieuses qui a fait l’objet du fameux dilemme islamisme/laïcité qui ne cesse de tourmenter notre pays depuis la révolution.

                             A mon avis, je pense que le doyen ainsi que ses collègues ont traité l’affaire avec parti pris en adoptant une attitude de confrontation, chose qui a encouragé les manifestants à réagir avec violence.

                             Il est à noter que le parti Nahdha a exprimé, depuis le début des évènements, sa condamnation de la violence ( agression du doyen) et a appelé le doyen à appliquer la loi d’une façon ferme pour rétablir l’ordre à l’université. Par ailleurs, il a expliqué qu’il respecte la liberté de porter le Nikab mais à condition que ça ne s’oppose pas à l’application des règlements administratifs nécessaires ».

                            Salah HORCHANI

                            • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 10 janvier 2012 23:25
                              « Nouvelles de la Faculté des Lettres de la Manouba (Tunisie)
                               (Tunis, le 10 janvier 2012) 

                              Par Habib Mellakh, universitaire, syndicaliste. Département de français, 
                              Faculté des Lettres de la Manouba (Tunisie) 

                              La volte-face de Moncef Ben Salem a encouragé le retour des sit-ineurs 

                              La situation est de jour en jour plus tendue à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba (FLAHM) et le sentiment d’insécurité gagne de plus en plus les enseignants et les étudiants surtout après l’agression physique dont Amel Jiidi, directrice du département d’anglais a été la victime hier après-midi et la menace de mort proférée à son encontre par un intrus qui s’est introduit à la faculté pour renforcer le groupe des défenseurs du niqàb et qui a été identifié par la garde nationale comme un jeune, habitant à la cité Ettadhamen et ne fréquentant aucun établissement d’enseignement supérieur. Une étudiante terrorisée hier, parce que la salle de classe où elle se trouvait a été envahie par le groupe, a dû sauter par l’une des fenêtres du rez-de-chaussée. Son témoignage a été recueilli par la garde nationale.

                              Le feuilleton des cours empêchés de se dérouler (au nombre de trois) continue et deux devoirs surveillés n’ont pas eu lieu. Mais le nouvel élément dans l’épisode d’aujourd’hui a trait à la reprise du sit-in. Les sit-ineurs ont passé la nuit d’hier à la faculté, amenant le matériel sophistiqué des meetings politiques avec des haut-parleurs et des micros très performants, et accrochant, entre les arbres du parc, des pancartes rappelant leurs revendications, sauf qu’en guise d’auditeurs, ils n’ont eu qu’une poignée d’étudiants et des journalistes de la chaîne al Jazeera. Tous les ingrédients sont par conséquents réunis pour la reconstitution du contexte qui a prévalu avant la fermeture de la faculté. Les collègues inquiets, scandalisés ou atterrés estiment que la situation est devenue intenable, que les examens semestriels qui auront lieu dans quinze jours sont menacés et que les cours de rattrapage décidés par le conseil scientifique peuvent être suspendus. 

                              Je n’ai pas voulu hier dans ce bulletin évoquer la menace de mort à l’encontre d’Amel Jiidi avant de m’assurer d’une prise en mains de l’affaire par la police, de peur d’être accusé d’amplification. Pourtant d’aucuns serinent jusqu’à aujourd’hui cette rengaine dans quelques médias. La prise en otage du doyen, la prise en otage de toute la faculté obligée de fermer ses portes et soumise jusqu’à aujourd’hui au diktat des sit-ineurs, l’agression qui m’a amenée aux urgences, Amel Jiidi menacée de mort, tous ces faits ainsi que les injures quotidiennes dont les enseignants sont abreuvés et les atteintes à la liberté du travail ne suffisent-ils pas pour convaincre nos détracteurs et l’état tunisien de la gravité de la situation ? Faudra-t-il que quelqu’un soit grièvement blessé ou qu’il meure à la faculté pour que l’on mesure les dangers réels encourus par tous ceux qui la fréquentent dans les circonstances actuelles ? Ces actes ne constituent-ils pas des délits punissables par le code pénal ? Ces faits ne sont-ils pas assez accablants pour que la justice se saisisse de l’affaire et traduise les coupables devant le tribunal ? Pourquoi livre-t-on la faculté aux sit-ineurs ?

                              Les universitaires, dans leur écrasante majorité considèrent que l’affaire du niqàb les concerne tous et qu’elle n’interpelle pas uniquement les enseignants de la Manouba comme le montrent, du reste, la grève du premier décembre et le rassemblement du 5 janvier. Ils ne comprennent pas pourquoi la levée du sit-in n’a pas été suivie d’une arrestation des coupables. Ce a qui pu se passer après l’engagement des autorités à ratifier le règlement intérieur sur le niqàb par la publication d’une circulaire demeure, à leurs yeux, un mystère. Un conseil interministériel réuni jeudi 5 janvier pour discuter de la question du niqàb et la rencontre des membres du conseil scientifique de la Manouba avec le président de la république étaient portant porteurs de promesses que la double levée du sit-in avait confortées. Les universitaires ont également caressé l’espoir que la nécessité d’une politique gouvernementale cohérente en matière de niqàb conjuguée à la pression des universitaires amènerait le ministre de l’enseignement supérieur à s’aligner sur la position de Taïeb Baccouche, son collègue de l’éducation nationale dans l’équipe de Béji Caïd Essebsi, favorable à l’interdiction du niqàb dans les collèges, les écoles primaires et les lycées, dans un contexte identique à la situation actuelle et qui a vu la constitution de la Tunisie abrogée. La circulaire de l’ancien ministre de l’éducation nationale n’a pas pour autant été considérée comme illégale par le tribunal administratif et elle est actuellement reconduite par son successeur. La volte-face de Moncef Ben Salem, à qui les universitaires imputent le durcissement actuel dans les positions des sit-ineurs et qui est intervenue à l’occasion de l’émission Saraha Raha, révèle-t-elle des divergences au sein du gouvernement sur la question ? Si tel est le cas, les membres de l’actuelle équipe ont intérêt à accorder leurs violons parce que la situation risque de dégénérer, si l’on ne résout pas le problème. 

                              Conscients de la gravité de la situation, le bureau syndical de l’enseignement supérieur de la Manouba, celui du syndicat du corps commun, celui des ouvriers et celui des fonctionnaires, appuyés par le bureau exécutif de l’UGTT envisagent d’organiser, dans les meilleurs délais, sous l’égide du bureau national de la FGESRS et de l’URT de la Manouba, une assemblée générale pour prendre les mesures susceptibles d’aider au déblocage de la situation. ». 

                              Salah HORCHANI

                              • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 10 janvier 2012 23:55

                                « Moncef Ben Salem : Que de la gueule..... 


                                Par Ali Gannoun 
                                Directeur de Recherche
                                Université Montpellier 2 

                                Mon ministre de tutelle est très diplômé, un peu trop peut être. Nous sommes des nains de la science devant l’immensité de son savoir. Il s’y connait même en généalogie, il affirme que »Bourguiba avait des racines juives et était sioniste« . Ma boulangère disait la même chose de Mr Ben Salem mais elle ne le traite pas de sioniste, elle est honnête et bien éduquée. 

                                Que nous descendions d’Abraham, ceci est un fait historique que l’aspirant apprenti Professeur Ben Salem présente comme une découverte. C’est à la mesure de tous ces travaux en 40 ans de carrière : quelques bouts de papiers scientifiques qu’un étudiant en fin de thèse est capable de faire mais avec plus de brio. 

                                Le nouveau ministre de l’enseignement inférieur est très fiévreux. Il délire le savoir !! Ses idées sont désordonnées et peu cohérentes, il passe du coq à l’âne avec la gravité d’un marchand de chaussettes qui nous explique l’importance du port du cache-nez avec les chaussettes courtes. Qu’il soit imbibé de croyance hallucinogène, je le comprends et je compatis même, mais qu’on nous le présente comme le nouveau Einstein je ne peux pas l’admettre !! La connerie a des limites !!!!

                                Pour le sionisme de Bourguiba je lui rappelle juste une phrase de Golda Maeir ancien premier ministre israélien »méfiez vous de Bourguiba, c’est l’arabe le plus dangereux pour nous« . Mais peut être qu’à l’époque il écoutait »Gafla Tsir« ou jouait-il à la »kharbga« avec ses semblables qui sont aujourd’hui les nouveaux politiciens de »ouithni« (je reste poli !). 

                                L’incompétence, la médiocrité et l’opportunisme caractérisent plusieurs membres du nouveau gouvernement. Ceci peut rassurer Mr Ben Salem, il n’est pas la »seule lumière« parmi ce déluge de ministres. 

                                Et la Tunisie dans tout ça ? Et ben, nous aurons, pour noyer nos désespoirs et oublier nos chagrins, le Mc Do : un Coca, une barquette de frites, un sandwich puant le ketchup et la photo de Ghannouchi grand format en cadeau. Putain que j’en ai marre !!!! !...AH..... ! ».

                                Salah HORCHANI

                                • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 11 janvier 2012 00:34

                                  « Communiqué sur la situation à la Faculté de la Manouba 


                                  Mouvement Ettajdid 
                                  Le 5 janvier 2012 

                                  A la suite des graves incidents survenus lors du sit-in du mercredi 4 janvier, devant le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, des enseignants, des étudiants, des fonctionnaires et des ouvriers de la Faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba (FLAHM) auquel ont appelé leurs syndicats respectifs, relayés en cela par la Fédération Générale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (FGESRS), le Mouvement Ettajdid tient à exprimer sa profonde inquiétude face à la dégradation de la situation à la Faculté de la Manouba et au risque de pourrissement dû au mutisme de l’autorité de tutelle face aux revendications des représentants des enseignants et des étudiants exigeant l’évacuation des éléments étrangers à la Faculté et le déplacement du sit-in au sein de la faculté de manière à permettre le fonctionnement normal de l’administration et la reprise des cours.

                                  Il rappelle que la situation de blocage dans cette faculté perdure depuis plus d’un mois et que la poursuite de la part du ministère de cette politique d’indifférence risque de compromettre l’année universitaire et met près de huit mille étudiants face au spectre d’une année blanche. 

                                  La sortie de la crise exige de l’autorité de tutelle un minimum d’écoute et de signaux positifs face aux revendications des universitaires et des étudiants désireux de reprendre les cours. 

                                  Le Mouvement exprime sa ferme condamnation du traitement brutal qui a été réservé à certains sit-in ers, en particulier des journalistes et le secrétaire général de la FGESRS, ainsi que sa consternation face au contenu haineux et diffamatoire vis-à-vis des universitaires de pancartes affichées aux fenêtres du Ministère, qui mettent clairement en cause le dévouement des enseignants dans l’exercice de leur métier et leur sens des responsabilités. Il exige une enquête rapide de la part du Ministère sur les auteurs de ces pancartes. 

                                  Face à la prolongation de la crise et l’échec de toutes les tentatives de solution engagées jusqu’ici, les étudiants, les parents et les enseignants attendent du Ministre de l’enseignement supérieur qu’il assume pleinement ses responsabilités en mettant un terme au blocage actuel avant qu’il ne s’étende à d’autres établissements universitaires et exigent des autorités qu’elles fassent preuve au moins d’autant de détermination à dégager l’accès à la Faculté de la Manouba qu’elles en ont mis à dégager l’accès du Ministère.

                                  Pour le Mouvement Ettajdid,
                                  Le premier secrétaire, 
                                  Ahmed Brahim »

                                  Salah HORCHANI

                                  • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 11 janvier 2012 09:50
                                    FLAHM : Une universitaire, agressée et menacée de mort par les Salafistes, porte plainte

                                    « Amel Jaidi, chef du département anglais et membre du conseil scientifique de la Faculté des lettres de La Manouba, a déposé, mardi 10 janvier 2012, une plainte contre deux étudiants de la faculté : une étudiante portant le niqab, qui l’a agressée verbalement, et un étudiant de 1ère année d’histoire qui l’a menacée de mort.

                                    Selon une déclaration qu’elle a faite à Shems Fm, Mme Jaidi a expliqué que, lundi à 9h30 du matin, une étudiante portant le niqab s’est présentée à son cours. L’enseignante lui fait comprendre « gentiment » qu’elle devait dévoiler son visage pour pouvoir assister à la séance, selon le règlement intérieur de la faculté. L’étudiante l’a, alors, agressée verbalement, puis elle est partie pour revenir avec un groupe d’individus fondamentalistes qui voulait imposer sa présence par la force. Ces personnes sont entrées dans la salle de classe sans autorisation, précise la professeur. Elles l’ont agressée, ainsi que les étudiants présents dans la salle, verbalement (certains la menaçant de mort dont un qu’elle a reconnu : un étudiant en 1ère année histoire) et physiquement (en la poussant).

                                    Pour ces individus, le niqab est une liberté individuelle et « tant que cette soeur ne pourra pas étudier, personne n’étudiera ». 13h30 rebelote, le groupe est revenu avec des renforts externes à la faculté, agressant verbalement les enseignants présents. Mme Jaidi a également indiqué qu’en plus de la plainte déposée, un rapport interne sera rédigé. ».

                                    Source :


                                    Salah HORCHANI

                                    • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 12 janvier 2012 10:13
                                      « Retour des sit-inneurs à la faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de La Manouba

                                      Ce dogme qui veut gouverner l’université..

                                      Mercredi 11 janvier 2012 Par M.H.ABDELLAOUI

                                      Ahmed Chawki a sacralisé l’enseignant au point d’en faire un prophète. De nos jours, on assiste à des conduites qui ne font que l’opprimer, le contrarier et le déshonorer.

                                      Voilà une crise des valeurs qui ne cesse de se propager au sein de nos universités et établissements scolaires. De ce point de vue, ce qui s’est passé lundi à la faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de La Manouba en est un témoignage vivant. L’histoire ? Mme Amel Jiîdi, professeur chef du département anglais et membre du conseil scientifique, a fait l’objet d’une agression par une étudiante portant le voile intégral (niqab). Contactée, hier, à ladite université, elle nous livre sa version des faits : « L’incident s’est produit, hier, lundi, à 9h.30 devant la salle 323. On avait déjà entamé le cours quand une fille tout de noir vêtue s’est présentée en refusant de découvrir son visage, menaçant les étudiants que si elle n’était pas admise en cours, ce dernier n’aurait pas lieu. A ce moment-là, je suis intervenue, lui demandant gentiment de découvrir son visage, mais elle a refusé tout en m’insultant. Puis, ayant compris qu’il n’y avait pas moyen qu’elle assiste au cours sans découvrir son visage, elle m’a menacée de ramener toute la bande des salafistes et sit-inneurs qui étaient revenus depuis vendredi soir à la faculté des Lettres. Cinq minutes après, elle a débarqué avec près d’une vingtaine de barbus portant la tenue salafiste. Du coup, ils ont commencé à crier, à m’insulter et à me menacer. Je tiens à préciser, par la même occasion, que cette bande de salafistes était guidée par quelqu’un qui est connu pour son leadership au sein de la mouvance salafiste à l’intérieur de la faculté. Ce dernier a, ensuite, recommandé à ses compagnons de forcer le passage pour entrer en classe en m’agressant et, me poussant par derrière, j’ai failli tomber. Ce faisant, ils ont interrompu le cours pour insulter, par la suite, les étudiants en leur disant que si jamais cette soeur n’entrait pas en cours, ce dernier n’aurait pas lieu. A ce moment là, je me suis retirée avec mes étudiants et ils sont partis. L’après-midi, à 13h.30, j’étais dans mon bureau quand l’agent du département est venu m’informer qu’une collègue à nous venait d’être agressée dans la salle 313. En me rendant sur les lieux, j’ai trouvé la même bande accompagnée cette fois-ci d’autres individus qui n’appartiennent pas à la faculté et qui ne sont même pas des étudiants. En compagnie d’autres collègues, nous avons entamé une discussion avec eux, essayant de les dissuader de leur mauvaise action. Mais ils m’ont encore une fois agressée verbalement, puis, l’un d’entre eux s’est dirigé vers moi en me lançant qu’il s’agissait d’une affaire personnelle entre lui et moi et me menaçant de me liquider. Il m’a dit, à la lettre : « Moi, je ne parle pas beaucoup, je suis là pour agir »... Entre-temps, Mme Jîidi s’est tournée vers la justice : « C’est ce geste qui m’a poussée à porter plainte contre cette personne et le leader de la bande salafiste qui m’a agressée pour incitation à la violence. De surcroît, je trouve que le ministère de l’Enseignement supérieur est plus que jamais appelé à agir au plus vite pour trancher cette question. Autrement, si jamais notre ministère de tutelle ne prenait pas une position claire, il serait responsable de toute la violence qui pourrait se produire », conclut Mme Jiîdi. 

                                      Du temps gaspillé et après... A qui profite le désordre ? Est-on conscient de ce précieux temps que l’on est en train de gaspiller ? Est-ce un vrai combat pour des principes et des valeurs, ou sommes-nous en présence d’une instrumentalisation politique tout simplement ? A-t-on essayé de déterminer le profil et le statut social des sit-inneurs ? Des questions que l’on se pose au vu des perturbations qui ne cessent de secouer nos facultés. S’attardant sur la question du temps, M. Habib Kazdaghli, doyen de la faculté des Lettres, des Arts et des Sciences humaines de La Manouba, précise que, contrairement à ce que l’on pense, le sit-in n’a pas été levé. Il a été interrompu suite à l’intervention du ministère de l’Intérieur pour prendre une nouvelle forme : « Les sit-inneurs ont choisi de procéder autrement, en se déplaçant en groupe d’une vingtaine de personnes, munies de caméras pour filmer tout ce qui peut se passer dans une salle contenant une étudiante portant le niqab. Une manière d’intimider l’enseignant ou l’enseignante qui refuse de se soumettre à leur volonté. Il faut dire, dans ce sens, que la décision prise par le conseil scientifique de la faculté, le 2 novembre dernier, stipule que toutes les parties concernées sont appelées à respecter les mesures en vigueur, dont l’interdiction du port du niqab en classe°°, pour des raisons pédagogiques, ainsi que la préservation d’une bonne relation enseignant-enseigné, sur la base du respect mutuel. En d’autres termes, les filles qui portent le niqab peuvent accéder à la faculté, à la bibliothèque ; elles peuvent circuler en toute liberté au sein de la faculté. Elles doivent néanmoins découvrir leur visage en entrant en classe pour des raisons de sécurité et pédagogiques. Or, il se trouve que ce règlement intérieur n’est toujours pas accepté par les sit-inneurs, qui nous font perdre du temps là où l’on oeuvre tous à rattraper le rattrapable. Le scénario auquel nous assistons chaque fois est que, face au refus des filles portant le niqab de se soumettre à la loi en refusant de montrer leur visage, le professeur se trouve obligé de quitter les lieux devant l’impossibilité d’accomplir sa tâche dans les règles de l’art. Demander à une fille de se dévoiler est une exigence pédagogique à laquelle sont attachés tous les enseignants et pédagogues, faisant valoir qu’ils ont besoin de savoir à qui ils ont affaire. D’ailleurs, il faut que tous les acteurs de la société civile s’y engagent, et que les parents comprennent que cette exigence n’a pas d’autres soubassements que celui de l’intérêt des étudiants. De là, ils sont appelés à nous soutenir, en encourageant leurs enfants à respecter les lois en vigueur. Les différents syndicats nous soutiennent en cela »°°, fait remarquer M.Kazdaghli. 

                                      A la question de savoir si, derrière ce sit-in, ce n’est pas l’oisiveté, mère des vices, qui agit en sous-main, M. Habib Mallekh, universitaire et ancien secrétaire général du syndicat général de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, répond que les sit-inneurs ne sont pas des étudiants oisifs qui occupent leur temps en faisant des sit-in : « Ce sont des étudiants qui ont un certain nombre de convictions qu’ils défendent. Une de ces convictions est que les étudiantes doivent porter le voile intégral au sein de l’université et dans les salles de classe. Ils cherchent à nous imposer cette position dogmatique, ignorant que les lois propres à l’institution l’interdisent strictement. Nous respectons leur dogme mais ils sont également appelés à respecter les règles séculaires de la profession. Lesquelles règles exigent des méthodes pédagogiques bien déterminées pour la transmission du savoir à l’apprenant. Ils ignorent peut-être qu’en assimilant l’enseignant à un « animal libidineux » qui ne songe qu’à ses appétits charnels en regardant une étudiante, ils le blessent dans son honneur. Nos parents avaient, dans les années 60 et 70, une confiance aveugle en l’enseignant, au point d’accepter la punition corporelle qu’il infligeait à leur progéniture. Il faut continuer à défendre ces bonnes valeurs », considère M.Mallekh. Un avis partagé par M.Néji Argoubi, professeur de géographie, qui affirme, sur un mode allusif, qu’il y a nécessité de revoir la structure universitaire et les systèmes d’enseignement adoptés, afin de préparer des hommes et des cadres aptes à prendre la relève pour la prospérité du pays et le bien-être des Tunisiens... 

                                      S’exprimant sur les événements secouant la faculté de La Manouba, un sit-inneur rencontré dans la cour de l’université fait remarquer que le port du niqab est un droit qui doit être respecté partout et à tout moment, vu que cela relève des libertés individuelles. Il pense également que leur cause « est juste tant qu’elle puise dans les préceptes de la religion islamique ». ».

                                      .......................

                                      °° Voir le Commentaire suivant qui précise la position de la FGESRS (Fédération Générale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique) concernant le Port du Niqab.

                                      Source :


                                      Salah HORCHANI

                                      • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 12 janvier 2012 10:35
                                        La FGESRS (Fédération Générale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique) appelle à une Interdiction absolue de cacher son visage au sein de l’Enceinte Universitaire 

                                        mardi 27 décembre 2011 par Salah HORCHANI 

                                        Remarque préliminaire : 

                                        Depuis quelques temps, et, aussi, depuis peu de temps, plusieurs Personnalités politiques appartenant, en particulier, au Mouvement Ennahdha, et, en général, à leurs alliés de la Troïka, essayent, par des déclarations ballon-d’essai, souvent de manière déguisée, de revenir sur l’interdiction du Niqab dans l’Enceinte des Universités. Parmi ces Personnalités, on peut citer Moncef Marzouki, notre nouveau Président de la République, Moncef ben Salem, notre nouveau Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Tarak Dhiab, notre nouveau Ministre de la Jeunesse et des Sports, Rached Ghannouchi, le Président du Mouvement Ennahdha,… Toutes ces Personnalités motivent leur déclaration par, soi-disant, le Principe des Libertés Individuelles. Alors que le bon sens primaire commun montre que le port du Niqab est un danger, entre autres, pour la sécurité de tous dans l’Enceinte des Universités, est un danger pour celle qui le porte et ses camarades de classe dans les Salles d’Etudes, en particulier, les Salles de Travaux Pratiques, est un danger pour l’égalité de tous devant les examens et pour leur déroulement normal, et qu’il est contraire à ce qu’il y a de commun pour tous les types de Pédagogies, plus précisément : le Savoir ne peut se transmettre qu’à visage découvert. A moins que l’abandon de la Mixité soit la finalité cachée derrière le « bon sens » des dites Personnalités ! 

                                        C’est dans ce cadre, et, principalement, à l’attention de ce type de Personnalités, que je reproduis, ci-dessous, un Extrait d’une « Motion Générale » émanant de la FGESRS (Fédération Générale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique), Extrait, initialement écrit en arabe, dont j’ai assuré la traduction en français : 

                                        Union Générale Tunisienne du Travail

                                        Fédération Générale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

                                        Tunis, 10 décembre 2011 

                                        Motion Générale (Extraits)
                                         
                                        Nous, Secrétaires Généraux des Syndicats de Base (…) de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, réunis en ce samedi 10 décembre 2011, au siège de l’UGTT, sous l’égide de la Fédération Générale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, et ce, afin d’examiner l’Ordre du Jour suivant : 

                                        -Comment réagir face aux atteintes répétées aux Libertés Académiques et Individuelles perpétrées à l’Université Tunisienne ?

                                         (…) 

                                        Après avoir échangé les informations et avoir débattu à ce sujet, 

                                        1. Nous saluons tous les universitaires qui ont contribué à la réussite de la Grève de Protestation du 1er décembre 2011 pour défendre la Sacralité de l’Université et son Indépendance, pour repousser toutes les tentatives de violation des Libertés Académiques, pour dénoncer la violence qui a visé un nombre non négligeable d’enseignantes et d’enseignants. De plus, nous dénonçons fermement les quelques annonces isolées qui affirment ne pas vouloir se plier aux décisions de la Fédération Générale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique et de la majorité des syndicalistes ; 

                                        2. Nous exprimons notre profonde inquiétude au sujet de la suspension des cours à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba, empêchée par ce fait de remplir son rôle scientifique et académique, et cela comme conséquence directe du sit-in et de la violence verbale et physique exercée par des éléments étrangers à la Faculté ;

                                        3. Nous insistons sur la nécessité de laisser l’Espace Universitaire en dehors de toute surenchère politique ou idéologique afin que l’Université demeure l’espace de la production de la Science et de la diffusion de la Connaissance ; 

                                        4. Nous appelons tous les Conseils Scientifiques et tous les Conseils des Universités à arrêter des décisions écrites qui interdisent, clairement, à quiconque de cacher son visage au sein de l’Enceinte Universitaire, dans les Salles de Cours et dans les Salles d’Examen. Nous appelons, aussi, les Autorités de tutelle à prendre leurs responsabilités pour défendre les Libertés Universitaires, à parrainer les plaintes déposées contre quiconque ayant usé de violence envers les universitaires et à trouver les moyens adéquats pour appliquer l’Arrêté exigeant de ne pas cacher son visage à l’intérieur de l’Enceinte Universitaire. Nous affirmons également que nous refusons, catégoriquement, le retour de la Police Universitaire ;

                                        5. Nous affirmons notre refus de tout dialogue avec les éléments extérieurs à l’Université. Par contre, nous soutenons et encourageons la poursuite et l’approfondissement du dialogue avec toutes les parties prenantes dans les Affaires Universitaires (Enseignants, Etudiants, Personnel Administratif et Ouvrier) ; (…) 

                                        6. Nous réitérons notre ferme volonté de défendre la Sacralité de l’Université et les Libertés Académiques par tous les moyens légaux.

                                        Salah HORCHANI

                                        • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 12 janvier 2012 11:27
                                          « Niqâb : les enjeux d’un accoutrement 

                                          Mercredi 11 janvier 2012 par Baccar Gherib  

                                          Avant, quand il m’arrivait de rencontrer ces lugubres silhouettes noires, c’était souvent des femmes venant de « pays frères », marchant soigneusement quelques pas derrière le mâle, le chef de famille, le patriarche. Le sentiment qu’elles m’inspiraient alors était, en premier lieu, la compassion. Aujourd’hui que les porteuses de Niqâb que je croise sont vraisemblablement mes concitoyennes, le sentiment qui l’emporte c’est toujours la compassion. Car si cet accoutrement est un choix spontané, il dénote forcément d’un mal-être, d’un malaise, d’une détresse psychologique. En effet, outre le fait qu’il consacre l’idée de la femme comme simple objet sexuel, qui doit être caché pour ne pas susciter les tentations voire la fitna, cet accoutrement signifie simplement le refus de toute communication avec l’autre. 

                                          A cet égard, les universitaires, à travers leur syndicat, ont vu juste en interdisant le Niqâb dans les salles de cours et d’examen, non pas pour des raisons idéologiques, ce qui les aurait mis sur le terrain glissant des faux débats identitaires, mais pour des raisons strictement pédagogiques. La relation pédagogique impliquant un échange entre enseignant et enseigné, elle ne peut avoir lieu si ce dernier soustrait son visage aux autres, empêchant par là toute relation humaine et a fortiori pédagogique. 

                                          De ce point de vue, le Niqâb n’est pas seulement un déni de féminité, mais un déni d’humanité ! Dès lors, qu’est-ce qui explique l’apparition de cet accoutrement déshumanisant, abaissant et humiliant pour la femme qui le porte ? D’autant plus qu’il est admis par tous qu’il n’a aucun soubassement ni justification d’ordre religieux ? 

                                          Et pourquoi ses adeptes visent-elles d’abord l’université ? A mon avis, le Niqâb a avant tout une utilité politique, qui est double pour nos nouveaux gouvernants : diversion et recomposition de la scène politique. 

                                          Diversion, d’abord, car il réussit à imposer un faux débat identitaire. Comme les tenues afghanes des hommes, le port du Niqâb veut véhiculer l’idée que ceux qui le portent seraient « plus musulmanes » que les autres, l’idée que notre société ne serait pas assez islamique en somme et que, partant, les autres seraient tous responsables de cette déviation par rapport à l’ordre juste, l’ordre divin. Le choix de l’université n’est donc pas fortuit, car elle est perçue comme un lieu de rationalité et de refuge des valeurs de la modernité. La polémique que le Niqâb y provoque réussit facilement à capter les feux de l’actualité et à imposer à l’opinion publique un faux débat. 

                                          Recomposition du champ politique, ensuite, car l’apparition du Niqâb et les polémiques qu’il suscite ont le don de faire paraître Ennahdha comme un parti modéré face à des extrémistes qui le débordent sur sa droite. Au moment où plusieurs partis estiment que les Tunisiens se situent politiquement au centre et s’auto attribuent, pour cela le qualificatif de « centriste », il est toujours bon, en effet, d’avoir à ses côtés un plus radical que soi qui, par son existence même, vous pousse automatiquement vers le centre. Et ce n’est sans doute pas un hasard que ce soit Dilou qui ait demandé l’organisation d’un « débat national » autour de la question du Niqâb !

                                           C’est pour cela que, tout en défendant ses valeurs, la citoyenneté et la république, le camp progressiste a tout intérêt à éviter ce vrai faux débat identitaire qui l’engluerait dans une polémique dont il n’a rien à gagner. Le Niqâb ne peut exister que par le défi, le scandale et la polémique. Si celle-ci venait à refluer, il est appelé à refluer lui-même et à demeurer dans le registre du phénomène marginal et anecdotique. » .

                                           Salah HORCHANI


                                          • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 12 janvier 2012 18:21
                                            « Manouba, le crime !
                                            jeudi 12 janvier 2012

                                            Par Ali Gannoun
                                            Directeur de Recherche
                                            Université Montpellier 2

                                            Je ne vais pas y aller par quatre chemins, ce qui se passe à l’université de Manouba est un crime, un crime contre les citoyens, la science, le pays, l’état et la république. Transformer un établissement d’enseignement supérieur en souk Oukath (sans les poètes) est une agression dont la Tunisie entière est en train de subir les conséquences. Elle témoigne de la démission de l’état et à l’installation de l’anarchie. Tous les dépassements qui ont eu lieu dans le pays ont une relation très étroite avec le laisser-aller qui règne dans cette Université. 

                                            L’agression des journalistes, les manifestations non spontanées organisées par des mercenaires pour soutenir le gouvernement provisoire, l’absence totale de bonnes perspectives économique et l’état général du pays témoignent de la gravité de la situation.

                                            La dérive totalitaire qui est en train de s’installer en Tunisie sonne définitivement la fin de l’état de grâce suscité après les premiers jours de la révolution et annonce l’entrée du pays dans une très grande récession économique et un large pourrissement politique dont on ne voit nullement la sortie. 

                                            Le gouvernement provisoire est un cas unique dans les démocraties modernes. 3 présidents (république, constituante et gouvernement) reçoivent les instructions d’un Cheikh sans aucun titre officiel sauf la présidence d’un parti politique. 

                                            La confusion, volontaire ou involontaire, est indescriptible et n’inspire aucune confiance. L’humeur du tunisien est morose et l’angoisse s’est définitivement installée dans son esprit. 

                                            Dans ce contexte, les afghans, saoudiens et yéménites, de passeports tunisiens, ont conquis la faculté de lettre pour s’en servir comme laboratoire de leur projet de société et de base arrière pour préparer la confiscation définitive des libertés en Tunisie. Le silence assourdissant du ministre de l’enseignement supérieur le rend complice de ce crime, au même titre que le premier ministre et le ministre de l’intérieur.

                                            Devant la lâcheté du pouvoir et face à cette destruction organisée de la science et de la connaissance ; il faut réagir, par la force s’il le faut, pour mettre fin à l’invasion des ennemis du progrès. L’université appartient au peuple souverain et doit servir la plus large majorité des citoyens. Ceux qui prétendent que ce lieu ne leur convient pas, ils peuvent s’installer ailleurs et profiter de la manne pétrolière de leurs maîtres. 

                                            Aujourd’hui l’université est victime d’attaques en règle d’une bande qui pratique le terrorisme intellectuel et qui cherche à détruire l’avenir d ’Ouled Echaab », ceux qui n’ont pas les moyens d’aller se payer les universités occidentales. Les preuves de ce crime barbare se trouvent dans les coeurs, les esprits et les regards des parents dépités. 

                                            Est ce le régime de Pol pot qui est le nouvel exemple de gouvernance en Tunisie ? Les khmers rouges (les Kamisses blancs) ont changé de tenues. Pour le voir il suffit de prendre le métro et d’aller à l’université de Manouba !! 

                                            Le crime est caractérisé et l’initiation au génocide intellectuel est amorcée. 

                                            Vite, il faut démarrer la lutte, vite, vite et très vite...
                                             !...AH... !".

                                             Salah HORCHANI

                                            • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 12 janvier 2012 23:12
                                               »Nouvelles de la Faculté des Lettres de la Manouba (Tunisie)
                                              (Tunis, le 12 janvier 2012)

                                              Par Habib Mellakh Universitaire, Syndicaliste
                                              Département de français, Faculté des Lettres de la Manouba

                                              Le spectre de l’année blanche plane à nouveau sur la Manouba
                                              La tension s’est accrue pendant ces 2 derniers jours à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba ( FLAHM), à la suite des menaces de mort proférées à l’encontre d’Amel Jiidi, Directrice du département d’anglais, par un jeune barbu demeurant à la Cité Ettadhamen, venu prêter main forte aux sit-ineurs. L’intention d’imposer le droit des étudiantes intégralement voilées à passer les examens quitte à en compromettre le déroulement, intention proclamée par les défenseurs du niqàb et signifiée d’une manière effrontée aux professeurs, , a également envenimé la situation. 
                                              C’est dans cette ambiance délétère que s’est tenue l’Assemblée Générale des enseignants de la FLAHM, convoquée pour débattre des actions susceptibles d’amener le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique à tenir ses promesses d’entériner par circulaire la décision prise par le conseil scientifique de la FLAHM d’interdire, pour des raisons pédagogiques, pendant les cours, les examens et les séances d’encadrement, tout vêtement pouvant cacher le visage.

                                              Les cent vingt enseignants présents, conscients des dangers qui guettent l’université et particulièrement la confiscation des libertés académiques et des prérogatives arrachées de haute lutte , se sont montrés déterminés à mettre fin aux atteintes à leur dignité, à sauver l’année universitaire, à défendre les prérogatives de l’enseignant, son droit à fixer les règles de la profession et décidés à faire valoir l’autonomie du conseil scientifique dans la prise des décisions d’ordre scientifique et pédagogique, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur. La tenue de cette assemblée a été l’occasion d’un débat très constructif qui a débouché sur un consensus autour des positions et des mesures suivantes :

                                              1. La condamnation vigoureuse des menaces de mort proférées à l’encontre d’Amel Jiidi et des agressions subies par les enseignants, le personnel administratif et ouvrier. Si les enseignants se sont limités à une position de principe, alors qu’ils auraient pu décider de faire une grève de protestation en raison de la gravité de la situation, c’est parce qu’ils ont placé l’intérêt des étudiants au dessus des intérêts de la corporation. Ils demandent au rectorat de la Manouba et à la FGESRS d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des agresseurs et à l’administration de l’institution de prendre les mesures disciplinaires adéquates sanctionnant leurs agressions.

                                              2. L’engagement à ne ménager aucun effort pour assurer le déroulement des examens dans les meilleures conditions possibles. Ils se déclarent prêts, à cet égard, à être présents massivement pendant les surveillances et à imaginer une stratégie efficace qui permette de contrecarrer toute velléité de sabotage des examens. Le ministère est tenu pour sa part d’assumer la responsabilité qui lui incombe dans ce sens en prenant les mesures suivantes :

                                              a) La publication d’une circulaire ou, à défaut, d’un communiqué entérinant par écrit la décision du conseil scientifique du 2 novembre 2011 et la généralisant à toutes les institutions. Cette condition est nécessaire mais non suffisante pour assurer le déroulement des examens.

                                              b) La mise à la disposition de la faculté d’un service de sécurité composé de la police et de l’armée, analogue à celui qui a permis l’année dernière le bon déroulement du baccalauréat pour empêcher les éléments étrangers d’accéder à la faculté et de perturber ses examens. Il s’agit là d’une mesure à mettre en œuvre impérativement en complément de la première condition qui est nécessaire mais pas suffisante. Ce dispositif n’opère pas dans l’enceinte de la faculté.

                                              c) La protection de la faculté contre les éléments étrangers qui perturbent ces cours par le recours à un service d’ordre de caractère civil comparable à ceux qui assurent l’ordre dans certaines universités étrangères. 

                                              Si ces conditions ne sont pas réunies, les enseignants de la FLAHM s’excuseront parce qu’ils ne pourront pas assurer le déroulement des examens.

                                              3. L’appel aux universitaires pour qu’ils prennent par le biais des structures syndicales autorisées les décisions de soutien qui s’imposent à l’échelle nationale.".

                                               

                                              Salah HORCHANI


                                              • Yohan Yohan 12 janvier 2012 23:20

                                                Pas vraiment envie de vous plaindre. On vous avait prévenu, du moins, ceux qui savent que, chez vous, derrière un dictateur corrompu se cache trop souvent un salafiste en puissance. 
                                                Preuve que vous viviez dans une bulle, en méconnaissant les orientations de votre peuple.
                                                Parlons plutôt du printemps des cocus...


                                                • nenecologue nenecologue 12 janvier 2012 23:33

                                                  Quand je pense que 40% des tunisiens de france ont votés pour les enturbanés ça me fait peur .Tiens mais oui c’est même la définition d’islamophobie : la peur de l’islam ...


                                                  • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 13 janvier 2012 20:57
                                                    « Les Tunisiennes et la Faculté de résistance
                                                    Vendredi 13 janvier 2012 

                                                    Par Lucas ARMATI

                                                    Un an après la chute de Ben Ali, “Télérama est allé à la rencontre des Tunisiennes”. Sur le campus de l’université de Manouba, le ton monte. Des étudiants réclament le droit au niqab. Etudiantes et enseignantes racontent.

                                                    Rafika Ben Guirat ressemble à toutes ces femmes que l’on croise avenue Bourguiba, les Champs-Elysées de Tunis : hauts talons, veste cintrée, chevelure dans le vent. Fin octobre, cette sémillante professeur de marketing et communication se rend à l’université de la Manouba, en banlieue tunisoise, pour donner un cours. Dans le grand patio ensoleillé de la fac, elle salue des étudiants. Avec son franc-parler, l’enseignante est très populaire. «  Quand je suis entrée dans l’amphi, j’ai compris dans le regard de mes élèves que quelque chose n’allait pas.  » Dans la classe, des types inconnus. A la porte, très vite, de l’agitation. En quelques minutes, une foule « énorme » s’amasse. « Mes étudiants m’ont suppliée d’arrêter le cours et m’ont escortée jusqu’à l’administration.  » On lui rapportera plus tard que la foule en voulait à sa tenue, jugée irrespectueuse... « J’avais pourtant une veste rouge, une robe blanche : les couleurs de la Tunisie ! » Secouée, Rafika Ben Guirat a tenu à reprendre les cours, comme si de rien n’était. Dans son petit bureau où les élèves défilent pour récupérer leur rapport de stage corrigé, elle confie, droit dans les yeux : «  Les médias ont voulu mettre ça sur le dos d’une islamisation de la société. Je crois surtout que ce sont quelques gars qui voulaient voir jusqu’où ils pouvaient aller. Ni plus ni moins. En aucun cas on ne fera de moi un symbole. »

                                                    Depuis la victoire du parti islamiste Ennahda aux élections de l’Assemblée constituante, l’université de la Manouba focalise l’attention des médias. Sous le régime autoritaire de Ben Ali, balayé il y a tout juste un an, ce campus excentré, planté au milieu de nulle part, était considéré comme un foyer insoumis, avec ses mouvements étudiants récurrents, ses grèves administratives, ses profs qui autorisaient le foulard - ultime signe de résistance alors que le pouvoir pourchassait les islamistes. Aujourd’hui, ce pôle universitaire - 26 000 étudiants,
                                                    dont 60 % de filles - est devenu malgré lui le symbole de la turbulente Tunisie postrévolutionnaire. Quelle place accordera l’université à l’islam, religion d’Etat mais tenue jusqu’ici à relative distance ? Respectera-t-elle le statut particulier des Tunisiennes, protégée par un code progressiste qui leur a permis d’accéder à l’éducation et à l’emploi (lire ci-dessous Filles de Bourguiba ) ? Avec leur quarantaine de députées d’un côté, leur discours ambigu de l’autre, les islamistes laissent planer le doute...

                                                    Leurs revendications sont claires : que les étudiantes puissent assister aux cours et passer leurs examens en niqab. Le mois dernier, l’université a encore une fois cristallisé les tensions. Une trentaine d’étudiants a décidé d’occuper le modeste bâtiment de la direction de la faculté des Lettres, des Arts et des Humanités. Ils nous montrent les couloirs encombrés de matelas, posés à même le sol. Certains campent là jour et nuit. Sont-ils des salafistes, ces musulmans ultra orthodoxes ? Eux disent que non, mais leurs revendications sont claires : que les étudiantes puissent assister aux cours et passer leurs examens en niqab, le voile intégral. Au premier étage, ils ont installé une sono, qui diffuse non-stop des chants islamiques. A côté, les leaders du mouvement - longue barbe et tenue traditionnelle - enchaînent les interviews, mi-suspicieux mi-professionnels, pointant du doigt les « médias de gauche » et la direction de l’université, qui refuse de céder et a annulé cours et examens, pour protester contre leurs méthodes.

                                                    Un peu à l’écart, une étudiante regarde cette agitation d’un air las. Voile violet, écharpe multicolore, Hajer est originaire de Tataouine, dans le sud désertique. Elle s’est inscrite à l’université de la Manouba pour suivre un troisième cycle d’anglais mais à cause de l’occupation les cours n’ont toujours pas pu commencer. « En attendant, je continue à payer mon loyer pour rien, se lamente-t-elle. J’ai parfois envie de tout arrêter et de rentrer chez moi. » 

                                                    Pourtant, l’année écoulée fut pleine de promesses : les manifestations anti-Ben Ali auxquelles elle a participé malgré la peur, la chute soudaine du régime, la tenue des élections dont elle insiste pour nous montrer les photos... elle revit tout avec passion. « Avant, à l’école, on écoutait l’hymne national tous les matins, mais cela ne nous parlait pas. Désormais, je ressens toutes les paroles au plus profond de mon être, je suis fière d’être tunisienne. Persuadée que le parti saura résister à sa frange la plus extrême, Hajer a voté pour les islamistes d’Ennahda. Mais elle renvoie dos à dos les manifestants et l’université : « Il faut laisser les femmes porter le niqab si elles le souhaitent, les hommes boire de l’alcool s’ils le désirent. Seul Dieu peut nous juger. »

                                                    Comme chaque matin depuis le début de l’occupation, le corps enseignant tient une réunion de crise dans le spacieux amphithéâtre Carthage. Beaucoup sont des femmes de la génération Bourguiba, ferventes avocates de la condition féminine. Ulcérées, elles ne comprennent ni les revendications des manifestants ni le flegme de certains étudiants. « Le niqab ne correspond pas à la tradition de la Tunisie ! s’écrie une prof de français. Et comment voulez-vous dialoguer avec vos élèves si vous ne pouvez pas voir leur visage ? » 

                                                    Malgré le mauvais souvenir laissé sous Ben Ali par la présence d’un corps de police aux portes de l’université, le tout nouveau doyen s’est décidé à faire appel aux forces de l’ordre pour déloger les perturbateurs. La demande est restée lettre morte, jusqu’à la semaine dernière. Le pouvoir avait-il intérêt à laisser pourrir la situation pour discréditer les professeurs ? Beaucoup le croient, dépités par la déliquescence de l’enseignement supérieur. Tous évoquent les promotions réservées, sous Ben Ali, aux fidèles du régime ; les réformes imposées au chausse-pied, sans budget ; la valeur des formations en chute libre.. 


                                                    Pendant des années, le pouvoir s’est servi du statut des Tunisiennes comme d’une vitrine, pour avoir l’Occident avec lui.” Dalenda Larguèche, directrice du Credif 

                                                    A l’autre bout de la ville, sur les hauteurs du quartier El Manar, Dalenda Larguèche reçoit dans son vaste bureau. Depuis trois mois, cette très chic professeur d’histoire moderne se partage entre l’université de la Manouba - où elle enseigne - et ses nouvelles fonctions de directrice du Credif, un important centre chargé de promouvoir les femmes, devenu outil de propagande sous Ben Ali. « Pendant des années, le pouvoir s’est servi du statut des Tunisiennes comme d’une vitrine, pour avoir l’Occident avec lui. L’institution que je dirige était instrumentalisée. Aujourd’hui, j’essaie de lui redonner de la crédibilité. » La mobilisation des professeurs de la Manouba, elle la soutient, y participe dès qu’elle le peut. Ce qui ne l’empêche pas de critiquer les erreurs des progressistes. « Pendant la campagne, les partis modernistes n’ont pas su s’emparer des vraies préoccupations du peuple. Ils ont axé leur discours sur la laïcité, en attaquant Ennahda. Dans l’esprit de beaucoup, c’est devenu une campagne anti-islam... ». Dans un haussement d’épaules, Dalenda Larguèche assure accepter les résultats des élections - « c’est le jeu de la démocratie  ». Mais, soucieuse de ne pas retomber dans les pièges du passé, elle se méfie de toute récupération politique.« Ce n’est pas à l’Etat de se charger de la question de la femme, mais à la bouillonnante société civile.  » 


                                                    Depuis l’année dernière, les citoyens tunisiens n’ont pas cessé de se mobiliser, multipliant pétitions, manifestations, grèves. L’épicentre de cette passion démocratique se situe devant les grilles du palais du Bardo, où siège l’Assemblée fraîchement élue. Le lieu est devenu une agora cacophonique et vit au rythme des engueulades et des débats publics. Des féministes réclament des garanties, des mineurs de la région de Gafsa demandent du boulot, des anti-Ennahda crient leur méfiance, des anciens combattants exigent leur pension... Certains dorment sur place, dans des tentes montées à la va-vite. Pas question que les hommes politiques leur volent « leur » révolution !

                                                    A 33 ans, Neila incarne cette Tunisie post-Ben Ali, vigilante et engagée. Volubile, cette doctorante à la Manouba a participé aux manifestations pour la défense des femmes. Mais elle s’énerverait presque quand on lui en parle : « Ces débats sont à côté de la plaque ! Avec bientôt un million de chômeurs, la priorité numéro un, c’est l’emploi ! » Dès les premiers jours de la révolution, celle qui se voyait appartenir à« une génération de lâches  » a monté via Facebook un groupe pour nettoyer l’avenue Bourguiba, où avaient lieu les plus importantes manifestations de Tunis. « C’est quoi cette schizophrénie de vouloir prendre son destin en main et de jeter son sandwich par terre ?!  » Les mois qui ont suivi, avec ses amis garçons et filles, Neila ne s’est pas arrêtée, s’engageant dans plusieurs associations pour aider l’intérieur du pays, très pauvre, ou former des observateurs impartiaux pour les élections. Aujourd’hui, elle sent un léger « reflux » dans la mobilisation. Découragement ? Fatigue ? «  Il faut réfléchir à de nouveaux modes d’engagement. Car si on ne trouve pas de solutions aux problèmes urgents, il ne faudra pas s’étonner de voir éclater une autre révolution, peut-être moins pacifique. Ça nous concerne tous, les hommes comme les femmes... »


                                                    Filles de Bourguiba 

                                                    Sans équivalent dans le monde arabo-musulman, le statut des Tunisiennes doit beaucoup au père de l’indépendance, Habib Bourguiba. Influencé par des penseurs progressistes du XIXe siècle, il instaure en 1956 le code du statut personnel, qui interdit la polygamie, bannit la répudiation et instaure le divorce judiciaire. Une révolution, suivie par l’octroi du droit de vote (en 1957), l’inscription de l’égalité hommes-femmes dans la Constitution (en 1959) et la libéralisation totale de l’avortement (en 1973). Aujourd’hui, les Tunisiennes sont éduquées (l’université compterait 60 % d’étudiantes) et bénéficient d’un accès non négligeable au travail (30 % des actifs). Cependant, d’énormes disparités subsistent entre villes et campagnes, les conditions d’héritage sont encore discriminatoires et les postes de décision réservés aux hommes. Composé de 41 membres, le tout nouveau gouvernement ne compte ainsi que 3 femmes dans ses rangs. ».


                                                    Source :


                                                    Salah HORCHANI
                                                    …………………………………………

                                                    • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 13 janvier 2012 22:09
                                                      « Je ne ferai pas de minute de silence en l’honneur des martyrs et travaillerai demain 14 janvier
                                                      Vendredi 13 janvier 2012 

                                                      Par Slimane Ben Miled

                                                      Je ne ferai pas de minute de silence en l’honneur des martyrs et travaillerai demain 14 janvier, après être allé manifester contre le gouvernement. Permettez moi de vous expliquer pourquoi : 

                                                      Les personnes qui sont mortes durant la Révolution ne sont pas tombées pour avoir droit aux honneurs et aux bouquets de fleurs. Elles sont tombées pour avoir le droit de vivre dans la Dignité, avoir du travail et surtout avoir de l’espoir dans l’avenir. Aujourd’hui on leurs propose, des souvenirs et des gerbes de fleurs. Ces honneurs sont offerts par les gens qui n’ont jamais participé aux manifestations et qui n’ont rien d’autre à proposer. Nous avons chassé Ben Ali par nos manifestations et notre hargne, nos demandes sont claires : Travail, Dignité, Démocratie et Liberté. Pendant que nous mourrions dans la rue, le gouvernement était soit au chaud à l’étranger bénéficiant des dollars du Qatar, soit collabo de Ben Ali. 

                                                      Le gouvernement nous propose à la place de la Liberté, de l’obscurantisme religieux, à la place du Travail, des plans de rigueurs et une dictature de l’administration et à la place de la Dignité une répression policière et une contre information digne de Ben Ali. 

                                                      Les honneurs posthumes sont l’aumône des contre-révolutionnaires à un peuple assoiffé de liberté. Je les laisses aux pauvres d’esprit et aux RCDistes reconvertis. ».

                                                       Salah HORCHANI

                                                      • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 15 janvier 2012 09:56
                                                        La Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba (FLAHM)
                                                        Aperçu Historique

                                                        La Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba (FLAHM) a été créée par la loi n°83–86 du 1 er septembre 1986, après avoir été l’annexe de la faculté des lettres, boulevard 9 Avril, dont elle a hérité les prestigieuses traditions universitaires qu’elle a su préserver depuis sa création grâce à la clairvoyante de ses enseignants. 

                                                        Depuis, la FLAHM se porte garant d’un patrimoine universitaire et symbolique qui dépasse l’histoire d’une création et l’histoire d’un lieu. La FLAHM est considéré, de nos jours, un pilier de l’université de la Manouba dans le sens où elle a été le premier noyau de la nouvelle cité universitaire. Elle accueille, à elle seule, le tiers du nombre total des étudiants qui avoisine les trente mille étudiants. 

                                                        A ses débuts, la FLAHM s’est contentée de former les étudiants du 1 er cycle dans les langues Arabe, Française, Anglaise, Allemande, Espagnole et Italienne à côté d’un enseignement en psychologie, philosophie et sociologie. Par la suite, et après avoir acquis son autonomie et s’est vue habilitée à délivrer des maîtrises en langues, on a remplacé les enseignements de psychologie, philosophie et sociologie par deux départements, l’un pour l’enseignement de l’histoire et l’autre pour l’enseignement de la géographie. 

                                                        À partir de l’année universitaire 2000/2001, la FLAHM s’est orientée vers la création de filières courtes sanctionnées par un diplôme de technicien supérieur dans les domaines de la traduction et relations internationales, des langues appliquées et multimédia, de la géomantique, de la géographie appliquée, des langues appliquées au commerce international et du cinéma et techniques télévisuelles. 

                                                        Toutefois, l’année universitaire 2006/2007 a vu l’engagement de la FLAHM dans le nouveau système d’enseignement universitaire « LMD » qui a exigé la généralisation des Licences Fondamentales au niveau de chaque département et de les consolider, dans une première phase, par des licences appliquées à un degré élevé d’employabilité. 

                                                        Ceci fait que la FLAHM a gardé son authenticité pédagogique et scientifique qu’elle a connu depuis sa création en attendant les résultats de l’adhésion de la FLAHM à cette nouvelle dynamique créée par le nouveau système « LMD » et en particulier, au niveau de la détermination des programmes des Masters et des Doctorats. 


                                                        Salah HORCHANI

                                                        • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 15 janvier 2012 10:14
                                                          FLAHM : Les examens reportés au 24 janvier
                                                          Samedi 7 janvier 2012

                                                          Les examens du premier semestre à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de La Manouba sont reportés au mardi 24 janvier 2012. Mais au préalable, des cours de rattrapage sont programmés du 7 au 20 du même mois, annonce le Conseil Scientifique de l’établissement, dans un communiqué publié hier.

                                                          Les membres du Conseil Scientifique réaffirment leur attachement à l’obligation de garder le visage découvert en salles des cours et des examens. Ils appellent les Autorités de tutelle à généraliser cette mesure par un Texte de Loi.

                                                          De leur côté, les sit-inneurs ont dressé leur tente, loin du Hall de la Faculté, pour poursuivre leur protestation contre l’interdiction à une étudiante, portant le Niqab, de passer les examens.

                                                          Source :


                                                          Salah HORCHANI

                                                          • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 15 janvier 2012 10:38
                                                            « Pédagogie et niqab font-ils la paire ?
                                                            Vendredi 13 janvier 2012

                                                            Par Nihel BEN AMAR
                                                            Enseignante universitaire, Maître de Conférences en génie chimique

                                                            En tant que pédagogue, je ne peux être enchantée de la volonté d’une partie de la population de porter ou de faire porter le niqab dans l’espace pédagogique sous couvert de la liberté vestimentaire. Je rappelle à ceux-là que dans un pays de droit et de libertés, la liberté des uns s’arrête là ou commence celle des autres. 

                                                            En dehors de toute polémique, je développe ici les raisons des professionnels du métier que nous sommes pour l’interdiction du niqab dans les salles de cours et les salles d’examens. Je passe outre les raisons sécuritaires et le devenir de ces monakibet sur le marché de l’emploi, raisons qui sont tout aussi importantes mais qui ne sont pas traitées ici car elles sortent du contexte pédagogique. 

                                                            Le niqab,les examens et la preuve 

                                                            Durant les examens, la tâche d’un enseignant-surveillant est de veiller au bon déroulement des épreuves et d’empêcher les volontés de fraudes. La réussite des étudiants méritants et non fraudeurs est sans équivoque l’objectif ultime recherché. Quels sont les outils à la disposition de l’enseignant-surveillant pour atteindre cet objectif ? 

                                                            Le tout repose sur la communication non verbale qui s’appuie sur l’écoute, les actions et les expressions du visage. On envoie et on reçoit des signes non verbaux qui transitent par les expressions du visage, les gestes et les attitudes. Ce sont là les outils qui permettent à l’enseignant d’accomplir sa tâche de surveillance. Une face voilée rompt ce moyen de communication et empêche l’enseignant de faire son travail, ne voyant plus le visage (le regard et les expressions) pour se rendre compte d’une tentative de fraude ! De plus, la tenue en elle-même peut facilement dissimuler des moyens de communication modernes pour être en liaison avec l’extérieur en cours d’examen, « écouteurs et téléphone portable ». 

                                                            A la faculté des Sciences humaines et sociales de Tunis, le 9 avril 2012 lors d’une épreuve de 8h30 à 10h30, ce fut le cas : une étudiante voilée a été prise en flagrant délit de fraude avec écouteur et téléphone portable. Avec une étudiante portant le niqab, ce type de fraude est certainement difficile, voire impossible, à détecter quand les expressions du visage pouvant trahir le fraudeur sont masquées. 

                                                            Le niqab et l’enseignement 

                                                            La méthode d’enseignement usuelle en Tunisie est l’enseignement en présentiel
                                                            qui repose sur la communication verbale et non verbale entre l’enseignant et l’étudiant. La communication verbale est le moyen d’expression d’étudiants entreprenants qui interpellent l’enseignant pour des éclaircissements ou discussions. Les étudiants réservés et timides, même face à des lacunes, n’iraient pas apostropher leurs enseignants. Dans ce contexte, les indicateurs de perception du message sont les seuls signes non verbaux (les regards et expressions du visage) que les étudiants transmettent et suite auxquels l’enseignant peut répondre. Si la face est voilée, la communication est rompue et l’enseignement en présentiel perd tout son sens. 

                                                            La solution 

                                                            Si on est animé de la volonté de ne pas priver de savoir les monakabet et non par celui d’imposer par la force le niqab à une institution éducative républicaine, la solution est d’assurer à ces étudiantes un enseignement à distance. Nous avons en Tunisie une université virtuelle 


                                                            qui pourra répondre aux demandes de ces étudiantes qui ne voient pas un intérêt à la communication non verbale en mettant à leur disposition des enseignements sur supports numériques ou à distance

                                                            Ainsi l’absence de communication par l’expression d’un enseignement en présentiel est remplacée par la communication par l’écriture dans un enseignement à distance (via l’ordinateur). 

                                                            Cette solution proposée n’est pas une sanction punitive et un moyen d’isolement de ces étudiantes, car la méthode a fait ses preuves dans plusieurs situations : éloignement géographique, cas d’étudiants employés... et est tout à fait adaptée à la demande de ces étudiantes. ». 

                                                            Salah HORCHANI

                                                            • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 15 janvier 2012 11:18
                                                              « Les islamistes face aux bikinis 
                                                              Jeudi 12 janvier 2012

                                                              Par Renaud Michiels

                                                              Il faut interdire alcool et bikinis, clament des islamistes dans des pays vivant du tourisme, comme l’Egypte, la Tunisie, le Maroc ou les Maldives. Le voyageur doit-il s’inquiéter ?

                                                              En Egypte, en Tunisie, les révolutions arabes ont débouché sur la montée en puissance des partis se revendiquant de l’islam. Au Maroc, le parti islamique PJD est devenu la première force du pays. Avec, partout, des menaces sur certaines libertés, en particulier les droits des femmes. Et par ricochet, sur les touristes. Dans le désordre : interdiction de l’alcool, des bikinis, des casinos, port du voile obligatoire, séparation des sexes. Des salafistes égyptiens ont voulu fermer les sites archéologiques qui contiennent des statues nues. Aux Maldives, les spas ont été temporairement fermés car ce seraient des lieux de débauche « anti-islamiques ». 

                                                              Un « impact considérable » 

                                                              Ces menaces effraient-elles les vacanciers ? Qui irait à Djerba, à Charm el-Cheikh ou sur une île de l’océan Indien si costumes de bain deux-pièces et alcool y étaient bannis ? « Pour ces destinations balnéaires, il est évident que ce serait un vrai problème, il y aurait un impact considérable », répond Prisca Huguenin-dit-Lenoir, porte-parole d’Hotelplan Suisse. « Mais ce n’est pas le cas, ça ne l’a jamais été. » Alors, pas d’impact sur le tourisme ? « Egypte, Tunisie ou Maroc doivent restaurer la confiance », répond Peter Brun, chargé de communication de Kuoni. « Les réservations augmentent de nouveau peu à peu même si le niveau d’avant les révolutions n’a pas été retrouvé. Mais les craintes sont liées à la sécurité, pas à des déclarations d’islamistes radicaux. » 

                                                              La stabilité d’abord 

                                                              « Pour l’Egypte, c’est un peu gelé, même si on s’attend à une reprise pour 2012, enchaîne Prisca Huguenin-dit-Lenoir. Mais les appréhensions sont liées à la stabilité politique, pas à des questions d’interdiction d’alcool ou de bikinis qui n’ont jamais été en vigueur », confirme Mme Huguenin-dit-Lenoir. Et tous deux de préciser que, menaces ou pas, il y a actuellement des offres à saisir. Des prix jusqu’à 30 ou 40% de moins que l’an passé pour l’Egypte, par exemple. 

                                                              Mais demain ? Fini cocktails, bronzette et mixité ? Les voyagistes n’y croient pas. « Même pendant les révolutions, les stations balnéaires n’étaient pas touchées », note Peter Brun. « Ces pays savent l’importance du tourisme pour leur économie. » Les spécialistes du monde arabe semblent d’accord. « En Egypte, les Frères musulmans devront retrouver le niveau des recettes touristiques de l’époque de Moubarak pour préserver des millions d’emplois. Or le tourisme, cela signifie des filles aux bras nus et de l’alcool dans les bars », a plaidé Henry Laurens, professeur au Collège de France dans l’Express. 

                                                              « Les déclarations les plus radicales sont venues de certains salafistes, pas des plus modérés. Et ces propositions musclées sont en partie électoralistes », détaille Hasni Abidi. « Ces pays ne vivent pas du pétrole mais du tourisme », note le directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen, à Genève. « Ceux qui sont au pouvoir savent que s’en prendre au tourisme, c’est s’en prendre à l’économie, au peuple, et c’est ne pas pouvoir tenir ses promesses électorales, qu’elles se revendiquent de l’islam ou pas. C’est aussi la certitude de perdre les élections suivantes. » Bref, pour ces pays de tourisme, francs, euros et dollars devraient passer avant la charia. 

                                                              Quatre exemples 

                                                              Tunisie : des hôtels sans mixité 

                                                              Le tourisme, en 2010, faisait vivre quelque 2 millions de Tunisiens. Mais après la fuite de Ben Ali, la montée en puissance du parti islamique Ennahdha a suscité la peur. D’autant que Rached Ghannouchi, figure du parti, a évoqué des hôtels sans alcool ni bikinis, ou voulu des hôtels halal, sans bar ni discothèque, avec des étages réservés aux femmes. Ennahdha a obtenu 41% des voix.

                                                              Pourtant, rien n’a changé. Secrétaire général du parti, Hamadi Jebali a lancé : « Est-il raisonnable de paralyser un secteur vital comme le tourisme en interdisant les boissons alcoolisées et le port de maillot de bain ou d’autres pratiques ? » Sa réponse : non. 

                                                              Maroc : halte aux casinos 

                                                              Peu de séjours balnéaires au Maroc, mais des villes phares : Marrakech, Casablanca, Tanger. C’est là que la menace a pesé : sur l’alcool, les loisirs. Une interdiction des casinos a été demandée. Fin novembre, le parti islamique PJD devenait la première force du pays. Mais au pouvoir, il a rassuré. Pas question d’« islamiser le Maroc », dit Lahcen Daouadi, secrétaire du parti. Ni d’interdire l’alcool. « On ne peut pas ! Si vous voulez avoir 20 millions de touristes, ce n’est pas possible. Si vous voulez acheter de l’alcool, c’est caché. Celui qui veut se servir se sert, mais il faut protéger les enfants, les jeunes. » 

                                                              Maldives : spas « anti-islamiques » 

                                                              Fin décembre, suite à la victoire des islamistes en Egypte, les religieux radicaux manifestent aux Maldives. Dénonçant les activités « anti-islamiques », ils visent l’alcool et surtout les spas, qui seraient des lieux de prostitution. Le 30 décembre, le gouvernement ferme tous les spas. Un choc dans ce pays qui vit des 850 000 touristes accueillis chaque année. Mais tout est rouvert quatre jours plus tard. Le gouvernement a voulu donner une leçon aux extrémistes. Le président Nasheed dira au Monde que la fermeture a permis de « rappeler à la population qu’elle vivait en grande partie des revenus du tourisme ». 

                                                              Egypte : « Un tourisme plus halal »

                                                              Contraires « à la morale islamiste et à la pureté des moeurs », alcool et bikinis seront bannis de l’Egypte. Les salafistes ont accumulé les déclarations : « Nous voulons un tourisme plus halal, avec des plages non mixtes. » Et, en décembre, les partis islamiques sont devenus majoritaires : 24% pour les salafistes, 37% pour les Frères musulmans. Mais on sirote toujours des bières à Charm el-Cheikh : les Frères musulmans ont assuré ne pas vouloir toucher au secteur. « Si quelqu’un peut trouver une activité qui rapporte 12 milliards de dollars par an, il pourra appliquer les restrictions qu’il veut », a plaidé le ministre du Tourisme. ». 


                                                              Salah HORCHANI

                                                              • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 16 janvier 2012 20:08
                                                                « Nouvelles de la Faculté des Lettres de la Manouba (Tunisie) 
                                                                (Tunis, le 16 janvier 2012)

                                                                Par Habib Mellakh Universitaire, Syndicaliste. 
                                                                Département de français, Faculté des Lettres de la Manouba 

                                                                Nouvelle escalade dans la crise à la faculté 

                                                                Tandis que les enseignants et le personnel administratif et ouvrier ne ménagent aucun effort pour assurer les cours et préparer les examens du premier semestre malgré les perturbations, les provocations et les menaces et que le mouvement de soutien aux étudiantes intégralement voilées commence à s’essouffler en raison de la résistance de tout le personnel de l’institution, les sit-ineurs ont convoqué aujourd’hui une conférence de presse au cours de laquelle ils ont annoncé l’entrée de cinq étudiantes portant le niqàb dans une grève de la faim à partir de demain. 

                                                                Cette nouvelle escalade dans la crise augure d’un durcissement de la position des sit-ineurs, après l’accalmie relative qu’a connue aujourd’hui la faculté. L’administration n’a en effet relevé que l’annulation de deux cours dont le déroulement a été saboté par les sit-ineurs, selon le scénario décrit dans les bulletins précédents. C’est le calme annonciateur de la tempête. 

                                                                Pendant ce temps, les membres du conseil scientifique, les directeurs de département, les présidents de jury, les présidents des masters, le secrétariat général, le service des examens sont à pied d’oeuvre pour la réussite des examens semestriels et ils ont entamé la préparation de la session de janvier tout en sachant que son déroulement peut être compromis par la présence des sit-ineurs et la nouvelle escalade. 

                                                                C’est pourquoi l’assemblée générale syndicale du 12 janvier a insisté sur l’urgence qu’il y a à réunir les conditions nécessaires à la tenue des examens : un texte clair et précis signé par le ministre entérinant la décision des conseil scientifiques de l’université tunisienne d’interdire le port du niqàb ou de tout autre voile pendant les cours, les salles d’examen et les séances d’encadrement, l’évacuation des sit-ineurs et la protection des examens par un dispositif sécuritaire opérant devant la faculté et dans ses alentours pour empêcher le sabotage des épreuves par des étrangers. 

                                                                Ce sont ces revendications que transmettra le bureau national de la FGESRS au ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique demain à l’occasion d’une séance de négociations au cours de laquelle d’autres problèmes de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique seront abordés et discutés. ».

                                                                Salah HORCHANI

                                                                • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 17 janvier 2012 15:10
                                                                  « Le Niqab en marche vers les lycées

                                                                  Par Aicha Bennys Slama

                                                                  On ne parle d’un fléau que lorsqu’il provoque de nombreux dégâts et qu’il est sans doute trop tard pour réagir. Ne faut- il pas étouffer le mal dans l’oeuf ?

                                                                  Dans un lycée de la délégation de la Manouba, le nouveau directeur (un barbu) , qui se trouve être aussi un imam règne en maître tout-puissant sur son institution. Citons quelques faits pour situer le personnage : par exemple, quand il doit réunir les professeurs pour une réunion de département, il ne convoque que les femmes voilées et pas les « safirats ». Un jour il a décidé aussi de retirer les interrupteurs de toutes les salles de classe pour faire des économies, et contribuer ainsi à lutter contre la crise économique que traverse notre pays. Quel ne fut alors sa fureur de voir les profs regarder la télévision dans la salle des profs en attendant l’heure de leur conseil de classe. Sacrilège. Il y a plus grave. 

                                                                  Dans ce lycée, deux élèves ont décidé un beau jour de porter le Niqab et ce avant l’allocution d’investiture de notre cher président de la république dont je qualifierai les propos avec tout le respect que je lui dois, « d’inconscients ». Ces jeunes filles ont donc été priées par l’administration et leurs professeurs de se dévoiler le visage ou de rester chez elles .Elles ont bien sûr choisi la deuxième option. Donc après le fameux discours présidentiel, ledit directeur s’est empressé de convoquer des amies de ces deux élèves, amies qu’il est allé lui-même chercher dans leur salle de classe pour leur demander d’avertir nos deux niqabées que la voie est enfin libre. Voici donc les deux fantômes de retour au lycée avec la bénédiction du maître des lieux. 

                                                                  Quant aux professeurs qui ont refusé l’entrée de leur classe à ces filles, ils ont été sommés par le directeur, furieux, de rédiger une lettre expliquant leur geste, lettre qui sera envoyée au ministère. Serait-ce une façon de les menacer et de les faire changer d’avis ? 

                                                                  Ce directeur ne voit-il pas plus loin que « sa barbe » ? Ne voit-il pas qu’il ouvre une brèche à une déferlante ? Mais peut-être est-ce le but ? 

                                                                  Doit-on attendre que la mésaventure de Mme Amel Jaidi, chef du département d’anglais et membre du conseil scientifique de la Faculté des lettres de la Manouba »qui a été agressée verbalement par une étudiante portant le Niqab« se reproduise. Un des étudiants a même menacé Mme Jaidi de mort. 

                                                                  Faut-il donc qu’il y ait mort d’homme pour réagir ?

                                                                  Doit-on risquer de compromettre une année scolaire en laissant cette « secte » agir à sa guise ? Comment expliquer le silence des ministères de l’enseignement ? Ne dit –on pas, qui ne dit mot consent ? 

                                                                  Que feront ces messieurs du ministère derrière leurs tout nouveaux bureaux, quand ils verront des filles en Niqab se présenter pour passer le bac ? Viendront-ils alors remplacer les professeurs pour vérifier les identités, et tout ce qui pourrait être caché sous leur voile sacré ? »

                                                                  Source :


                                                                  Salah HORCHANI

                                                                  • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 17 janvier 2012 15:37
                                                                    « Tunisie : reprise du sit-in des partisans du niqab dans une faculté 
                                                                    Mardi 17 janvier 2012 

                                                                    AFP 

                                                                    Les partisans du niqab (voile islamique intégral) ont repris lundi leur sit-in, levé le 5 janvier, à la Faculté des Lettres de la Manouba, près de Tunis, et menacent d’entrer en grève de la faim à partir de mercredi si le niqab reste interdit dans les salles de classe. 

                                                                     »Nous maintenons nos revendications, nous poursuivons notre sit-in pacifique (...) nos soeurs, étudiantes portant le niqab, entameront une grève de la faim« dès mercredi, a déclaré à la presse Mohamed Al Bakhti, 26 ans. 

                                                                    Cet étudiant en 1ère année d’histoire, connu pour avoir été mêlé, selon la presse, aux incidents sanglants attribués à un groupe de salafistes jihadistes en 2007, coordonne la mobilisation pour le port du niqab en classe par les filles, y compris durant les examens. 

                                                                    Les partisans du niqab —un voile noir dissimulant entièrement le corps et le visage— avaient occupé à partir le 28 novembre les locaux de la Faculté de la Manouba, où sont inscrits quelque 13.000 étudiants, obligeant la direction de l’établissement à suspendre les cours le 6 décembre. 

                                                                    Enseignants et étudiants de la faculté avaient manifesté le 5 janvier devant le ministère de l’Enseignement supérieur pour réclamer l’intervention de l’autorité de tutelle. 

                                                                    Quelques heures plus tard, le sit-in était levé et les cours avaient pu reprendre le 9 janvier. 

                                                                    Le doyen de la Faculté Habib Kazdaghli a indiqué lundi à l’AFP que les protestataires avaient repris leur sit-in le soir même de sa levée et poursuivaient »illégalement« leur mouvement dans l’enceinte universitaire. Selon lui l’administration a recensé 20 actes d’agression contre des enseignants depuis la reprise des cours. Il a décrit un groupe de 15 à 20 personnes qui sont en faction, chahutent, filment les cours et s’en prennent aux enseignants dès que ces derniers refusent l’accès en classe à une étudiante en niqab. 

                                                                     »Le climat s’est beaucoup détérioré, nous sommes insultés, molestés et humiliés devant nos étudiants. C’est intolérable d’autant qu’il s’agit d’une petite minorité composée de quelques étudiantes et de personnes étrangères à la faculté« , a déclaré à l’AFP Amel Jaïbi, enseignante en anglais dans cette faculté. 

                                                                    Mme Jaïbi a indiqué que la police, qui enquêtait sur une agression dont elle avait été l’objet, avait découvert que son agresseur était »un homme recherché étranger à la faculté« . 

                                                                     »Nous ne sommes pas contre le niqab à l’extérieur, mais nous exigeons de dispenser nos cours et de faire passer les examens à visage découvert« , a poursuivi la chef du département d’anglais. ». 

                                                                    Source : 


                                                                    Salah HORCHANI

                                                                    • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 17 janvier 2012 18:42

                                                                      "Tunisie : Six étudiantes en Niqab en grève de la faim à Manouba

                                                                      Mardi 17 janvier 2012

                                                                      Les Salafistes continuent de perturber les cours dans la cour de la Faculté de La Manouba. Six étudiantes portant le niqab ont entamé lundi une grève de la faim. Elles exigent de garder leur « masque » à l’examen.

                                                                      Selon Habib Kazdaghli, doyen de la Faculté des lettres, des arts et des humanités de Manouba, la semaine écoulée a été marquée par la suspension d’une vingtaine de séances, à cause de la poursuite du sit-in observé par des « étudiants du courant salafiste dans la cour de la faculté. »

                                                                      Ces derniers ont utilisé même des mégaphones pour diffuser des chants religieux, a-t-il dit à l’agence Tap. Ce qui n’est pas de nature à rendre les cours plus facile à suivre.

                                                                      Inquiet, le doyen a appelé les parties concernées à aider la direction et les professeurs de la Faculté à assurer le déroulement normal des cours et celui des examens prévus le 24 janvier 2012.

                                                                      Qui sont les « parties concernées », sinon les deux ministres de l’Enseignement supérieur et de l’Intérieur, Moncef Ben Salem et Ali Larayedh, tous d’eux issus du parti islamiste Ennahdha, qui brillent par leur passivité et leur laxisme.

                                                                      Par ailleurs, six étudiantes portant le « niqab » ont décidé d’entrer en grève de la faim, à partir de lundi. Et de faire du chantage. Elles disent qu’elles ne suspendront leur grève de la faim qu’après que l’administration revienne sur ses décisions et leur permette d’assister aux cours et de passer leurs examens sans se découvrir le visage, comme il est indiqué dans le règlement intérieur de la faculté.

                                                                      C’est une manière d’exiger le droit… à la fraude aux examens. C’est la seule explication plausible à ce comportement pour le moins douteux.".

                                                                      Source :

                                                                      http://www.kapitalis.com/proximite/53-societe/7847-tunisie-six-etudiantes-en-niqab-en-greve-de-la-faim-a-manouba.html

                                                                      Salah HORCHANI


                                                                      • COVADONGA722 COVADONGA722 17 janvier 2012 18:50

                                                                        yep confondre Démocratie et suffrage universel c’est s’assurer de voir le plus grand nombre
                                                                        imposer sa vision sociétale !!!


                                                                        • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 17 janvier 2012 19:28

                                                                          Sur la véracité des leitmotive du Parti Islamiste Tunisien au pouvoir Ennahdha

                                                                           

                                                                          Le leitmotiv du Parti Islamiste Ennahdha, usité tous azimuts, par ses Dirigeants, Partisans et Sympathisants, se résume en cette simple phrase : «  Nous sommes majoritaires, donc nous décidons  » dont une variante, à conclusion implicite, est : «  Le peuple nous a choisi, on est investi par la volonté populaire  ».

                                                                           

                                                                          Examinons la véracité des dits leitmotive. Sur le total du nombre de sièges à l’ANC, Ennahdha en possède aux environs de 41% ; ce qui implique que les affirmations «  Nous sommes majoritaires  » et « Le peuple nous a choisi, on est investi par la volonté populaire  » sont fausses. Si l’on considère, maintenant, les électeurs inscrits volontairement : 36%, environ, d’entre eux ont voté Ennahdha ; ce qui entraîne que les deux dites affirmations sont encore, un peu plus, fausses. Et, pour terminer, considérons les électeurs potentiels : le pourcentage de ces électeurs qui ont voté Enahdha n’est égal ni à 30%, ni à 25%, il est égal à environ 20% ; ce qui montre que les affirmations en question sont archi-fausses.

                                                                           

                                                                          Ainsi, nous pouvons dire, à la lumière de ce qui précède et à la lumière de l’Actualité, que les Islamistes [qui, rappelons-le, ont récupéré notre Révolution sans y avoir pris part] conduisent, aujourd’hui, les Affaires de la Nation, en gouvernant, de plus en plus, en solitaire, sans être investis d’aucune majorité. Appelons un chat, un chat : cette Gouvernance s’appelle un Coup d’Etat Constitutionnel.

                                                                           

                                                                          Salah HORCHANI

                                                                           


                                                                          • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 18 janvier 2012 01:01
                                                                            « Nouvelles de la Faculté des Lettres de la Manouba (Tunisie)
                                                                            Mardi 17 janvier 2012)

                                                                            Par Habib Mellakh
                                                                            universitaire, syndicaliste.
                                                                            Département de français, Faculté des Lettres de la Manouba (Tunisie)
                                                                             
                                                                            Accord pour un dispositif sécuritaire renforcé pendant les examens
                                                                            Assemblée générale syndicale à la FLAHM, le 19 janvier 

                                                                            Recevant aujourd’hui les membres du bureau national de la FGESRS, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Monsieur Moncef Ben Salem leur a promis de protéger les examens semestriels de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba grâce à un dispositif sécuritaire renforcé devant l’institution, capable d’empêcher le sabotage des épreuves par des étrangers. Le renforcement du personnel administratif et ouvrier en charge du contrôle de l’identité et de la sécurité a également été décidé par le ministre et annoncé pendant cette séance de négociations avec les représentants de la FGESRS. Ces deux mesures doivent, pour être efficaces, s’accompagner d’une nouvelle levée du sit-in par les forces de l’ordre.

                                                                            Par contre le ministre ne s’est pas clairement prononcé sur la publication d’ un texte (circulaire, note de service ou communiqué ) entérinant la décision des conseil scientifiques de l’université tunisienne d’interdire le port du niqàb ou de tout autre voile pendant les cours, les salles d’examen et les séances d’encadrement. Il a reporté cette décision à une date ultérieure et l’a subordonnée aux résultats d’une consultation auprès du tribunal administratif saisi par le ministère de cette affaire.

                                                                            Il s’agit vraisemblablement d’avoir un avis sur la compatibilité du texte proposé à la consultation avec les libertés individuelles et la particulièrement la liberté vestimentaire. C’est une première dans notre pays. IL s’agit en apparence d’une procédure visant à protéger les droits de l’homme et qui ne peut être qu’appréciée dans un pays qui est dans une transition démocratique. Mais à y regarder de plus près, l’on se rend compte qu’elle est étrange. C’est comme si, oubliant que la liberté vestimentaire n’est jamais absolue, on demandait au tribunal administratif, au nom de cette liberté vestimentaire, de donner son avis sur l’obligation du port de l’uniforme par des policiers ou des douaniers ou de la blouse blanche par le corps médical ou paramédical pendant le travail parce que des professionnels appartenant à ces secteurs souhaiteraient abandonner ces uniformes par caprice ou pour des motifs religieux (Qui sait si un jour une femme appartenant à la douane, ou une infirmière ne demanderait à porter le niqàb pendant son travail ?). Depuis quand un code vestimentaire doit-il être soumis à l’avis d’un tribunal administratif ? Les codes vestimentaires souples ou stricts ainsi que les règlements d’uniformes ont toujours existé dans toutes les civilisations et ont toujours été déterminés par la profession soit pour des raisons pédagogiques, soit pour des raisons d’hygiène ou d’autorité, sans aucune ingérence du pouvoir politique ou religieux. Pourquoi devrait-il en être autrement aujourd’hui en Tunisie alors que personne ne remet en cause la liberté vestimentaire en dehors des lieux de travail.

                                                                            La décision de s’en remettre au tribunal administratif est l’expression d’un profond malaise du ministre de la majorité nahdhaouie, confrontée à la rébellion des sit-ineurs mais obligé de tenir compte du point de vue de ses partenaires au sein de la coalition gouvernementale. 

                                                                            Après le soutien accordé par le Président de la république, Monsieur Moncef Marzouki au conseil scientifique de la Manouba le 5 janvier dernier et la position claire du président de l’assemblée constituante, Mustapha Ben Jaafar, favorable à l’interdiction du niqàb en classe, vendredi dernier, le gouvernement est entre le marteau et l’enclume. 

                                                                            Mais cet attentisme ne semble pas plaire aux enseignants de la Manouba, chaque jour confrontés aux dérapages verbaux et aux menaces des sit-ineurs et qui sont très inquiets, à six jours du déroulement des examens, à cause des atermoiements ministériels et de la tension qui monte de jour en jour. Ils se réuniront en assemblée générale syndicale le jeudi 19 janvier 2012 à 12h30 pour une nouvelle évaluation de la situation à la lumière des derniers développements selon une information communiquée par Khaled Nouisser, secrétaire général du syndicat de base des enseignants. ».

                                                                            Salah HORCHANI


                                                                            • HORCHANI Salah HORCHANI Salah 19 janvier 2012 21:32
                                                                              « Nouvelles de la Faculté des Lettres de la Manouba (Tunisie)
                                                                              (Tunis, le 18 janvier 2012)

                                                                              Par Habib Mellakh
                                                                              universitaire, syndicaliste.
                                                                              Département de français, Faculté des Lettres de la Manouba (Tunisie)


                                                                              Mobilisation générale pour la réussite des examens et mise en garde contre les risques d’échec

                                                                              Les directeurs de département, les présidents des masters, les coordinateurs des sections, le secrétaire général de la faculté, le responsable du service des examens se sont réunis aujourd’hui sous la présidence du doyen. 

                                                                              Ce comité qui se réunit traditionnellement dans les institutions d’enseignement supérieur à la veille des examens semestriels aide le doyen à mettre en œuvre les décisions du conseil scientifique relatives à l’organisation des examens, aux règles régissant les délibérations et aux critères de rachat. 

                                                                              Etant donné le contexte qui prévaut à la faculté en ce moment, l’attention de ce comité s’est évidemment focalisée sur les mesures appropriées pour la réussite des examens semestriels. Les membres présents se sont déclarés mobilisés pour cet objectif malgré les difficultés rencontrées et les menaces qui pèsent sur leur déroulement.

                                                                              Ces enseignants, en charge de la responsabilité des examens, ont retenu, conformément aux prérogatives de la faculté et compte tenu des moyens dont elle dispose, des modalités internes très strictes et parfois draconiennes pour permettre une organisation rigoureuse des examens. L’interdiction absolue d’accès à la faculté pour toutes les personnes non concernées par les examens figure parmi ces décisions, ainsi que la mobilisation de tout le personnel enseignant, administratif et ouvrier. La faculté est d’ailleurs tenue de renforcer ce service de surveillance par le recours à l’aide des institutions voisines. Une demande dans ce sens a été faite à l’autorité de tutelle par l’assemblée dans une lettre signée par le doyen et qui suggère aussi au ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique trois mesures complémentaires majeures qui n’entrent pas dans les attributions de la faculté mais qui sont considérées comme indispensables à la tenue des examens :

                                                                              1. La levée du sit-in et l’engagement de poursuites judiciaires à l’encontre des auteurs d’agressions verbales ou matérielles et de menaces de liquidation physique dont le personnel enseignant, administratif et ouvrier a été la victime.

                                                                              2. La protection des alentours de la faculté par un dispositif sécuritaire performant analogue à celui qui a permis aux examens nationaux de 2011 de se dérouler dans de bonnes conditions.

                                                                              3. La publication par le ministère de tutelle d’un texte précis interdisant le port du niqàb et de tout autre voile cachant le visage pendant les cours, les examens et les séances d’encadrement dans le but de soutenir le règlement intérieur de la faculté.

                                                                              L’assemblée met également en garde l’autorité de tutelle contre les risques d’échec liés à l’absence de mise en œuvre de ces mesures.

                                                                              Pendant que toute la faculté est en alerte pour la réussite des examens, la perturbation de certains cours et de certains devoirs surveillés continue. Cinq cours et devoirs surveillés ont été aujourd’hui annulés en raison de l’entêtement des sit-ineurs à imposer la présence dans les salles des étudiantes portant le niqàb, tandis que les hauts parleurs hautement performants diffusant les harangues des leaders ont considérablement gêné le déroulement des cours et des devoirs surveillés.

                                                                              Plus grave est l’incident qui a eu lieu vers deux heures et demi de l’après-midi et qui a vu un étudiant, inscrit en première année histoire, légèrement blessé à l’œil à la suite d’une agression perpétrée par un jeune chômeur qui n’a pas hésité à utiliser son couteau, blessant légèrement à la main un gardien qui essayait de l’arrêter. Une plainte a été portée contre l’agresseur par la faculté auprès du district de la garde nationale de la Manouba. Triste destin, en ces jours sombres, d’une prestigieuse faculté condamnée à alimenter les potins et la rubrique des faits divers dans les feuilles de chou ! ».

                                                                              Salah HORCHANI

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