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La pauvreté en Afrique diminue plus vite que prévu

Les temps sont durs pour l’économie mondiale. Depuis qu’elle a été durement frappée il y a deux ans, les pays tentent de sortir de cette situation, mais dans beaucoup de cas, les essais ont été infructueux. Les maux ne sont toujours pas guéris et risquent de perdurer un certain temps. Les médecins gouvernementaux ne sont pas restés impassibles et ont appliqué de vieilles recettes éculées qui, pensent-ils, devraient cette fois-ci régler le problème. Mais l’on peut facilement constater que le remède est souvent pire que le mal. Les bonnes nouvelles sont rares : baisse de l’activité économique, chômage élevé et les drames particuliers que cela suppose. Les prévisions ne sont pas plus enthousiasmantes que cela. Au contraire, les pessimistes pronostiquent effondrements, crises monétaires et faillite d’États.
 
En ce qui concerne les pays du Tiers-monde, spécialement en Afrique, le continent le plus affecté par la pauvreté, des organismes internationaux comme le Programme alimentaire mondial prévenaient que le nombre de pauvres dans le monde serait désormais plus haut que jamais. Cependant tous ne sont pas d’accord avec cette vision négative sur les pays les plus pauvres, mettant en question les calculs du Programme alimentaire mondial, et faisant ressortir la croissance des pays en voie de développement des décennies précédentes. Parmi ceux-ci on trouve deux économistes, Maxim Pinkovskiy et Xavier Sala i Martín, qui semblent apporter un peu d’espoir. De fait, habitués que nous sommes aux mauvaises nouvelles concernant l’Afrique, leur étude intitulée « La pauvreté diminue en Afrique… Plus vite que vous le pensez ! » apporte une bouffée d’air frais.
 
Dans cet article, et dans la lignée qui est la sienne depuis plusieurs années, Sala i Martín passe sous le feu de la critique nombre d’idées préconçues que nous avons au sujet du continent africain et de son développement économique. Pour Sala i Martín l’idée selon laquelle la pauvreté ne diminuerait pas en Afrique est simplement fausse. Ce message optimiste au sujet des pays les plus pauvres et ceux en voie de développement – dans un contexte de globalisation et de liberté économique – n’est pas neuf chez cet économiste et rejoint d’autres de ses travaux précédents. Une de ses études les plus diffusées dans les universités et les médias (« La distribution mondiale des revenus : diminution de la pauvreté et période de convergence ») traitait de la distribution des revenus au niveau mondial et montrait déjà comment entre 1970 et 2000 la pauvreté et l’inégalité économique s’étaient significativement réduites, rejetant ainsi le lieu commun qui voudrait que les riches soient chaque fois plus riches et les pauvres plus pauvres. Dans d’autres articles, il avait également déjà pointé le fait qu’entre 1995 et 2007, les taux de croissance en Afrique étaient restés positifs – chose jamais vue jusqu’alors – et que la pauvreté avait baissé de 46% en 1995 à 37% en 2007, concluant que l’Afrique réunissait les conditions pour sortir du puits de la misère, tout en rappelant les obstacles, comme la fragilité politique ou la situation internationale.
 
 
Dans la nouvelle étude, qui vient d’être publiée par le prestigieux National Bureau of Economic Research (NBER), Pinkovskiy et Sala i Martín réalisent donc une étude empirique des indicateurs socio-économiques africains disponibles. Des principales conclusions de l’étude, on retiendra la réduction substantielle de la pauvreté – qui concerne la population vivant avec moins de 1 dollar par jour – et les augmentations des indices de développement humain dans le continent africain grâce à l’augmentation du revenu par habitant. Comme on peut le voir sur le graphique suivant, le taux de pauvreté en Afrique a chuté de 10 points après 1995, un chiffre remarquable, même si inférieur à celui atteint en Asie.
 
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Reflétant le fait que les idées préconçues sont souvent erronées, ces chiffres contredisent d’autres études ainsi que la vision classique de la situation africaine véhiculée par les médias ou certains « people » comme Bono, U2 ou Angelina Jolie ou les nouvelles diffusées par des organismes internationaux ou ONG – souvent intéressés à dépeindre de manière négative la situation – qui ne tiennent pas compte des développements positifs observés et qui proposent un modèle de développement économique fondé sur l’aide internationale qui a montré sa complète inefficacité depuis des décennies.
 
Mais en plus des données fournies par ces deux économistes, il existe d’autres raisons d’être confiant dans l’avenir des Africains, même si avec prudence. Une de celles-ci se trouve dans les parcours de ces Africains qui malgré les obstacles et grâce à leurs efforts, leur ténacité et leur créativité vont de l’avant et contribuent à créer la richesse, d’abord pour eux, ensuite pour leur entourage, œuvrant ainsi à la mise en place d’un environnement favorable à la coopération et à l’intégration sociale. Parmi les obstacles rencontrés, on rencontre le plus souvent les barrières légales et les tracasseries réglementaires que doivent affronter ces personnes qui désirent démarrer leurs affaires ou leur commerce, afin de bénéficier des fruits de leur labeur.
 
C’est pour cette raison que le contexte institutionnel est la base même de la croissance – fruit de l’investissement productif – lorsqu’il favorise, en défendant et protégeant les droits de propriété, la recherche du bénéfice légitime sur le marché, en satisfaisant les besoins des gens plutôt que la traque désespérée des rentes et autres privilèges étatiques. Chose que l’on peut observer, par exemple, dans l’éducation. Bien que cela puisse paraître incroyable, les Africains – à l’instar des Chinois ou des Indiens – créent leurs propres écoles privées pour pallier à l’échec de l’enseignement public. Les résultats sont encourageants et augurent d’une révolution éducative silencieuse. Depuis l’Occident, il n’est pas facile de comprendre précisément ce qui se passe en Afrique, et encore mois de discerner l’évolution au fil de temps. Néanmoins, comme le montre Alwyn Young dans son étude « Le miracle de la croissance africaine » il semble bien que l’Afrique se trouve ne meilleure situation que nous le pensons, même s’il convient de ne pas sous-estimer les tragédies qui frappent ce continent oublié.
par Lucilio (son site) jeudi 18 mars 2010 - 48 réactions
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  • Par sisyphe (xxx.xxx.xxx.130) 18 mars 2010 12:44
    sisyphe

    Face aux mensonges, à la désinformation, et aux références de je ne sais quel économiste véreux, rien de tel que les faits :

    Le monde a franchi en 2009 le cap "historique" du milliard de personnes sous-alimentées en raison de la crise économique, a annoncé vendredi à Rome l’organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

    "C’est avec un grand regret que je dois annoncer que nous avons plus de victimes de la faim aujourd’hui que jamais auparavant dans l’histoire de l’humanité", a déclaré à la presse Jacques Diouf, directeur général de la FAO en présentant un rapport de la FAO.

    "Un sixième de l’humanité est victime de sous-alimentation, comme jamais auparavant", écrit la FAO dans ce rapport préliminaire consacré à l’insécurité alimentaire.

    "Un milliard et 20 millions de personnes souffrent de la faim comme conséquence d’un mélange dangereux entre la crise économique et les prix alimentaires élevés", a expliqué M. Diouf.

    Il a déploré cette "combinaison dévastatrice pour les populations les plus vulnérables" qui a révélé "la fragilité du système alimentaire".

    La FAO souligne dans son rapport que la situation actuelle "n’est pas le résultat de mauvaises récoltes au niveau mondial" mais est due à "la crise économique mondiale qui a provoqué baisse des revenus et pertes d’emplois".

    En 2009, "compte tenu essentiellement des chocs de la crise économique et des prix souvent élevés des denrées alimentaires sur le plan national, le nombre des victimes de la faim devrait augmenter globalement d’environ 11%", selon les projections de la FAO qui s’appuient sur une étude du Service de recherches économiques du département américain de l’Agriculture.

    "Un monde affamé est un monde dangereux", a déclaré pour sa part Josette Sheeran, directrice du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM), rappelant que la faim mène "aux émeutes, à l’immigration ou à la mort".

    "Nourrir la population doit devenir la principale priorité", a-t-elle ajouté, dénonçant "le triste cap historique" que l’humanité a franchi.

    Selon la FAO, la "quasi-totalité des personnes sous-alimentées vivent dans les pays en développement".

    Elles seraient "642 millions en Asie-Pacifique, 265 millions en Afrique sub-saharienne, 53 millions en Amérique latine et dans les Caraïbes, 42 millions au Proche-Orient et en Afrique du Nord et 15 millions dans les pays développés".

    Le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde est passé de 825 millions pendant la période 1995-1997 à 873 millions pendant celle de 2004-2006, selon l’agence spécialisée des Nations unies. En 2008, il a atteint 915 millions.

    "Nous avons besoin d’un nouvel ordre mondial alimentaire", a estimé M. Diouf, évoquant un sommet mondial sur l’alimentation que la FAO souhaite organiser en novembre prochain.

    "Le problème de la sécurité alimentaire est un problème politique", a-t-il lancé, réclamant de "de plus importants investissements dans l’agriculture".

    Au cours d’un sommet à Rome en juin 2008, les pays membres de la FAO avaient réaffirmé leur engagement à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim d’ici à 2015.

    Vendredi, M. Diouf a reconnu que cet objectif n’était "plus réaliste".


    Le nombre de personnes sous-alimentées augmente constamment, et la crise économique a accéléré le mouvement cette année. Selon le rapport, 1,02 milliard de personnes souffrent de la faim dans le monde.



     Le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde a franchi pour la première fois depuis 1970 le seuil du milliard, une progression que la FAO attribue essentiellement à la crise économique mondiale. "Aucune nation n’est épargnée et, comme toujours, ce sont les pays les plus pauvres - et les populations les plus démunies - qui en pâtissent le plus", déplore Jacques Diouf, directeur général de la FAO.


     La majeure partie des personnes sous-alimentées proviennent de la région Asie-Pacifique (642 millions), suivie de l’Afrique subsaharienne (265 millions), de l’Amérique latine (53 millions) puis d’une région comprenant Proche-Orient et Afrique du Nord (42 millions). Dans les pays développés, 15 millions de personnes souffrent de la faim.


     Seize pays ont été identifiés par la FAO comme particulièrement vulnérables
    sur le plan économique en raison de crises nationales et régionales. Il s’agit de la Somalie, de l’Afghanistan, de l’Ethiopie, de l’Irak, de l’Erythrée, du Soudan, d’Haïti, du Burundi, de la République démocratique du Congo, du Libéria, de l’Angola, de la Mongolie, de la Corée du Nord, de l’Ouganda, du Tadjikistan et de la Géorgie.


     Du fait de l’intégration des pays en développement aux marchés financiers et commerciaux internationaux depuis 20 ans, la crise frappe simultanément une grande partie de la planète, en particulier un nombre élevé de pays en développement. La récession actuelle s’ajoute à une crise alimentaire qui, dans la période 2006-2008, a fait monter les prix des denrées de base à des niveaux hors de portée pour des millions de pauvres. Fin 2008, les prix des denrées de base restaient supérieurs de 17% en termes réels à ceux de 2006.


     Le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde a augmenté constamment
    depuis 10 ans. Aucun progrès n’a été effectué pour atteindre les objectifs du Millénaire d’une baisse de moitié des personnes sous-alimentées entre 1990 et 2015, à environ 420 millions de personnes.

  • Par jako (xxx.xxx.xxx.164) 18 mars 2010 10:47
    jako

    Au hasard "pour pallier à l’échec de l’enseignement public." il faut oser désinformer comme cela
    au Congo c’est sous l’exigeance du FMI que les écoles privées ont été importées et le public saboté (pas de salaires versés de longs mois) pour forcer les enseignants à pourvoir les écoles privées ce qui a immédiatement créé un gros gros problème de casse sociale , bref j’ai l’habitude avec vos "articles" smiley

  • Par LE CHAT (xxx.xxx.xxx.148) 18 mars 2010 15:36
    LE CHAT

    quand on a rien , c’est facile d’arriver à trois fois rien ! 1% du commerce mondial pour le tout , ça compte pour du beurre dans tous les cas ! en ce moment , il y a une reprise sur les machettes au Nigéria .... 

  • Par Arunah (xxx.xxx.xxx.110) 18 mars 2010 13:08
    Arunah

    L’auteur est un provocateur irresponsable qui ne se rend pas compte qu’il va dissuader ses lecteurs de faire des dons aux ONG travaillant en Afrique. De plus il ne sera plus nécessaire d’accueillir de migrants africains en Europe puisque la pauvreté en Afrique diminue plus vite que prévu. Bonne nouvelle ! 

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