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La politique « Assad doit partir » mène à la guerre contre la Russie, l’Iran et le Hezbollah

Semaine 10 de l'intervention russe en Syrie

Par le Saker US – Le 12 décembre 2015

The Saker

The Saker

 

Source : thesaker.is

Article original paru sur Unz Review

Traduit par Diane, édité par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

 

L’information selon laquelle Israël et la Turquie violent systématiquement le droit international n’est pas nouvelle du tout. Après tout, nous savons tous que la Turquie a régulièrement bombardé les Kurdes en Irak et en Syrie, que la Turquie occupe toujours illégalement le nord de Chypre, tout comme les Israéliens ont bombardé la Syrie et le Liban depuis des dizaines d’années et occupent encore illégalement la Palestine [et le Golan syrien].

Le développement intéressant de cette semaine est que la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont officiellement décidé de rejoindre ces États voyous et d’agir exactement comme les Turcs et les Israéliens en intervenant illégalement en Syrie – en violation directe du droit international – prétendument pour combattre Daesh. Et même si Daesh est l’ennemi officiel, il se trouve précisément que des positions de l’armée syrienne ont été bombardées par l’armée de l’air US tandis que les Israéliens bombardaient des dépôts de missiles du Hezbollah. Apparemment, la politique « Assad doit partir » est toujours à l’ordre du jour. D’une certaine manière, on pourrait dire que l’Occident a maintenant (ré)affirmé le principe selon lequel force fait loi et que les menaces et la violence restent la seule politique de l’Empire au lieu d’une politique légale et négociée. Le problème avec ça est que l’autre côté pense fortement que se rendre aux exigences de l’Empire n’est tout simplement pas une option.

 

- De quel côté sommes-nous ?

- Je n’en sais rien !

(Coalition US)

 

L’avertissement russe

En réalité, cela est en cours depuis des années. Depuis la récente décision de bombarder la Syrie jusqu’à la récente décision du FMI de renflouer l’Ukraine en violation directe de ses propres règles (qui, apparemment, ne seront pas réécrites), l’Empire anglosioniste a violé ses propres prétendues règles et principes depuis des décennies sur un arrière-plan d’indifférence quasi générale à l’égard de la fin de l’ordre mondial international approuvé à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La grande différence aujourd’hui est que son imprudente arrogance l’a maintenant mis en contact direct avec les forces armées russes qui, apparemment, ne sont pas prêtes à accepter ce genre de brutalité et riposteront si elles sont attaquées : dans son adresse annuelle, à la rencontre élargie du Comité du ministère de la Défense de la Fédération de Russie, Poutine a clairement indiqué que le fait que la Russie choisisse de ne pas riposter à la Turquie était une exception et le resterait. Il a dit :

« Je veux mettre en garde ceux qui pourraient de nouveau tenter d’organiser toute sorte de provocation contre nos troupes : nous avons pris des mesures additionnelles pour assurer la sécurité des troupes et de la base aérienne russe. Elle est renforcée par de nouveaux escadrons de l’armée de l’air et des défenses aériennes. Tous nos avions de combat volent maintenant avec une couverture aérienne. Je vous ordonne d’agir avec la plus extrême fermeté. Toutes les cibles qui menacent le groupe de la Russie ou notre infrastructure terrestre doivent être immédiatement détruites. »

 

Ce que Poutine fait là est de mettre en garde la Turquie et, en réalité, l’OTAN et l’Empire, que la prochaine fois, la Russie ripostera, immédiatement. Cela montre aussi que l’autorité quant à la riposte a été transmise aux forces russes en Syrie et qu’aucune décision au sommet ne devra être requise pour riposter. C’est vrai que ce n’est pas une première. Un ordre similaire avait aussi été donné à l’Armée de l’air russe en octobre déjà, mais puisque l’idée d’antiques Tornados abattant un SU-30SM est assez farfelue (même si la presse britannique insiste que leurs avions des années 1970 « sont capables de désintégrer n’importe quel avion dans le ciel »), la capacité des SU-30SM et même des SU-34 d’abattre un avion occidental de la 4e génération ne fait aucun doute. Les Russes ont la détermination et les moyens.

Mais l’Occident prendra-t-il les mises en garde russes au sérieux ?

 

Le contre-exemple israélien

Le contraste entre les pays de l’Otan et Israël ne pourrait, dans ce cas, être plus marqué. Bibi Netanyahou, de loin l’acteur le plus intelligent de l’Empire anglosioniste, s’est immédiatement rendu à Moscou pour rencontrer ses partenaires russes et négocier une sorte d’accord qui permettrait aux Russes et aux Israéliens de poursuivre leurs buts sans risquer une fusillade. Lorsque la première incursion de l’armée de l’air russe dans l’espace aérien israélien s’est produite, les Israéliens l’ont traité comme un événement complètement anodin. Le ministre israélien de la Défense Ya’alon a déclaré :

« Il y a eu une légère intrusion sur 1 mile (1,6 km) de profondeur dans notre espace aérien par un avion russe venant de Syrie, mais cela a été immédiatement résolu et l’avion russe est reparti pour la Syrie. C’était apparemment une erreur du pilote qui volait près du Golan. Les avions russes n’ont pas l’intention de nous attaquer, raison pour laquelle nous ne devons pas automatiquement réagir et les abattre lorsqu’une erreur intervient. »

 

Plus tard, un adjoint de Ya’alon, le général (de réserve) Amos Gilad, a déclaré lors d’un événement hebdomadaire à Tel Aviv que les avions russes avaient occasionnellement pénétré dans l’espace aérien israélien – mais que « la coopération très étroite entre la Russie et Israël » à propos des opérations dans et autour de la Syrie avait prévenu tout malentendu.

La contrepartie du côté de la Russie était tout aussi évidente, sinon officiellement admise : lorsque les Israéliens ont bombardé un dépôt d’armes du Hezbollah près de Damas, les Russes ont regardé de l’autre côté. Considérant que presque au même moment les agents du Hezbollah risquaient leurs vies pour sauver un pilote russe abattu, cette sorte d’accord est tout sauf d’une moralité exemplaire, mais les gens du Hezbollah sont aussi réalistes : il suffit de regarder comment ils ont toléré Assad même lorsqu’il torturait des gens pour la CIA (l’infâme programme de restitution) ou lorsque Imad Mughniyeh a été assassiné avec la complicité évidente de membres haut placés du régime de Assad [douteux voire absurde]. Les dirigeants du Hezbollah ont compris ce qui se passait ici : que cela plaise ou non, la Russie et Israël ont une relation spéciale qui, quoique loin d’être une lune de miel, inclut une combinaison unique de dur réalisme, confinant souvent au cynisme, et une reconnaissance réciproque qu’aucun des camps ne veut un conflit ouvert. Dans ce cas, on a dit aux Israéliens en termes très clairs que l’intervention russe pour sauver la Syrie de Daesh n’était pas négociable, mais que la Russie n’avait pas l’intention de protéger le Hezbollah des actions israéliennes aussi longtemps que celles-ci ne menacent pas les objectifs russes en Syrie. Comme Netanyahou est un réaliste, il a accepté le contrat.

 

 Pas touche à la Syrie !

 

Bien qu’il y ait eu une certaine confusion à ce propos, je crois comprendre que les Russes ont déployé des S-400 en Syrie, et qu’il existe quelques preuves de livraison (enfin) aux Syriens de batteries S-300 et qu’ils pourraient les avoir utilisées contre les Israéliens à une occasion au moins. Ce qui est absolument certain, c’est que selon le droit international, les Syriens auront le droit de tirer sur tout avion américain, français, allemand, turc ou autre volant dans leur espace aérien et que si cela arrive, les pays ayant violé le droit international n’auront aucun argument d’auto-défense légitime à invoquer. Par extension, cela signifie aussi que la Russie a également le droit de détruire tout système d’armement aérien, terrestre ou basé en mer visant l’aviation russe. Malheureusement, les politiciens et les propagandistes occidentaux (c.a.d les journalistes) font des contorsions verbales extraordinaires pour éviter de mentionner ces faits. Et si quelqu’un ose effectivement poser la bonne question, les responsables occidentaux ont un truc. C’est exactement ce qu’il s’est passé récemment entre la journaliste de RT Gayane Chichakyan et le porte-parole du département d’État John Kirby [Kirby attaque la journaliste sur sa bonne foi, tactique usée : tuer le messager pour tuer le message]. Regardez (la vidéo est en anglais) :

 

 

L’avertissement iranien

La Russie n’est pas le premier pays qui aurait mis l’Occident en garde à plusieurs reprises sur les dangers à rester crispé sur la politique « Assad doit partir » : l’Iran a aussi répété de tels avertissements. Le dernier est venu directement du conseiller en politique étrangère de la Révolution islamique d’Iran, Ali Akbar Velayati, qui a ouvertement déclaré que Bachar al-Assad est le président légal de la Syrie et que « l’Iran le considère comme sa ligne rouge ». Velayati a aussi dit que « seul le peuple syrien, qui a élu Assad, est habilité à décider de l’avenir de son pays (…) et aucun pays étranger ne sera autorisé à interférer dans les affaires internes de la Syrie ». De plus, un autre haut responsable, le président du Parlement iranien Ali Larijani, a déclaré que « la Russie n’a pas besoin d’un accord préalable pour utiliser l’espace aérien iranien pour bombarder des sites en Syrie » – autrement dit, un tel accord a déjà été négocié. Si on considère que Larijani et Velayati sont parmi les responsables les plus influents et de ceux qui font le plus autorité en Iran, on ne peut que conclure que les Iraniens sont en train de déclarer ouvertement qu’ils soutiennent pleinement les efforts russes en Syrie. Et cela, à son tour, signifie que l’Iran enverra autant de troupes que nécessaire pour empêcher Daesh de s’emparer de Damas. C’est l’autre facteur essentiel auquel l’Occident essaie désespérément de ne pas penser.

Le récit actuel de l’Occident tente de montrer que c’est la Russie (et seulement la Russie) qui maintient Assad au pouvoir. Mais c’est complètement faux. La réalité est que tant le Hezbollah que l’Iran sont pleinement engagés pour empêcher Daesh de renverser le gouvernement syrien et leur engagement est allé plus loin que les mots : le Hezbollah a envoyé des centaines de ses meilleurs combattants en Syrie et l’Iran a promis des milliers de soldats, la plupart membres de la Brigade al-Quds, pour faire la guerre en Syrie. Ce que ce degré de détermination montre est que l’Iran et le Hezbollah, exactement comme la Russie, ont conclu que leurs intérêts vitaux, existentiels, sont en danger et qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’entrer en lutte contre Daesh. Je crois que cette évaluation est absolument correcte.

 

 

Donc c’est la question essentielle ici : est-ce que les élites de l’État profond qui gouvernent l’Empire américain comprennent que ni la Russie ni l’Iran ni le Hezbollah ne pensent qu’ils peuvent reculer et accepter une victoire de Daesh en Syrie ? Est-ce que les dirigeants occidentaux réalisent que la Russie, l’Iran et le Hezbollah ne peuvent pas laisser l’Empire renverser Assad ? Y a-t-il quelqu’un là-bas qui ne réalise pas que la politique « Assad doit partir » implique une guerre contre la Russie, l’Iran et le Hezbollah ? La seule manière d’éviter une guerre est de renoncer enfin, même si c’est d’abord nié publiquement, à la politique « Assad doit partir ».

The Saker

 

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29 réactions à cet article    


  • Massada Massada 17 décembre 2015 14:12

    qu’il existe quelques preuves de livraison (enfin) aux Syriens de batteries S-300 et qu’ils pourraient les avoir utilisées contre les Israéliens à une occasion au moins.
     
    le S­300 ne représente pas une menace réelle pour la Force aérienne de Tsahal.
    l’armée israélienne a utilisé des méthodes de travail qui peuvent «  aveugler » les systèmes de défense aérienne au cours des exercices militaires conjoints avec le Grèce en Méditerranée orientale au printemps de cette année.
    À la demande des États­-Unis, les batteries S300 grecques ont été incluses pendant l’exercice conjoint avec les Israéliens, afin que les représentants de l’armée israélienne puissent apprendre les particularités de son fonctionnement, et trouvent des moyens pour éblouir ou confondre le radar­ 300


    • izarn 17 décembre 2015 22:10

      @Massada
      On se doute que les S-300 livrés à l’OTAN-Grecs ne sont pas tout à fait les memes que les S-300 russes...


    • AlbertGam AlbertGam 18 décembre 2015 00:47

      @izarn
      Les originaux russes fonctionnent à merveille sous Linux.

      L’OTAN a reprogrammé les siens pour qu’ils fonctionnent sous Windows... donc avec une chance assez importante d’exploser en plein vol... voire dès le lancement.

       smiley


    • roman_garev 18 décembre 2015 08:48

      @izarn

      Exact. Les SA-75 livrés au Vietnam pour abattre des B-52 étasuniens n’étaient qu’un prototype des S-75M de la défense contre-aérienne soviétique de l’époque. Version destinée à l’exportation ne révèle point des caractéristiques réelles de la version « véritable ».

    • njama njama 17 décembre 2015 14:22

      « Assad doit partir »
      Il importe aussi de se souvenir précisément de qui a dit cela, et quand.
      Il faut remonter presque au début du conflit, c’était le 18 aout 2011 (voir ci-dessous)... que Obama exige le départ de Bachar al Assad. (2000 morts environ en Syrie à cette date, dont plusieurs centaines des forces de l’ordre et militaires syriens. 100 fois plus aujourd’hui). Puis le psittacisme en vigueur dans toutes les chancelleries de la coalition et dans tous les médias mainstream fait depuis la rengaine.
      On notera que dans la foulée, le 02 septembre 2011  L’UE décrète un embargo sur les importations de pétrole syrien alors que la Syrie exportait plus de 90 % de sa production vers l’UE
      On peut résumer la ligne politique de Washington à la stratégie du chaos, consistant à le créer (d’abord) pour ensuite pouvoir négocier. Leur seul problème est que Assad n’est jamais tombé, contrairement à tous les multiples oracles qui prévoyaient sa fin politique, sa fuite ou sa mort. Et tant que les conditions ne sont pas appropriées pour négocier, il faut donc prolonger le chaos autant qu’il le faut, d’où l’utilité de ce « Bachar doit partir » condition non-négociable de la Coalition ne servant qu’à prolonger le chaos dans l’attente d’une opportunité qui servirait les intérêts très matérialistes des coalisés partenaires putschistes, principalement l’hégémonie sur le pétrole, le gaz, l’eau dans la région qui représente autant des rentes juteuses assurées pour plus d’un siècle, que des moyens de pression politiques sur de très nombreux pays dans le monde.

      Quand Mr Obama et Mrs Ashton donnent des leçons de « légitimité »
      Par Louis Denghien, le 18 août 2011 
      Avec une synchronisation qui témoigne de leur symbiose politico-diplomatique, les Etats-Unis et l’Union européenne ont appelé, jeudi 18 août, Bachar al-Assad a quitter le pouvoir. Pour les Européens, c’est donc l’anglaise Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, qui s’est chargée de la « sentence » : « L’U.E. , explique Mrs Ashton, note que Bachar al-Assad a perdu toute légitimité aux yeux du peuple syrien et qu’il est nécessaire pour lui de quitter le pouvoir«  . Quelques minutes plus tôt – au « boss » de parler en premier – c’est Barack Obama qui déclarait : « Nous avons à maintes reprises expliqué que le président Assad devait mener une transition démocratique ou démissionner. il n’a pas mené (cette transition). Dans l’intérêt du peuple syrien, le temps est venu pour le président Assad de se retirer. »
      http://www.infosyrie.fr/actualite/quand-mr-obama-et-mrs-ashton-donnent-des-lecons-de-legitimite/

      SYRIE. Barack Obama réclame le départ de Bachar al-Assad
      Par L’Obs avec AFP
      Publié le 19-08-2011
      Le président américain s’est prononcé pour un durcissement des sanctions envers le régime syrien. Sarkozy, Merkel, Cameron renchérissent.

      Barack Obama a exigé pour la première fois, jeudi 18 août, le départ du dirigeant syrien Bachar al-Assad. Le président américain a appelé son homologue syrien à « se retirer » du pouvoir et à respecter la volonté de changement de son peuple.
      Le gouvernement américain a annoncé un renforcement des sanctions déjà mis en place depuis le début de la répression, qui a fait plus de 2.000 morts.
      L’administration américaine a déclaré qu’elle interdisait l’importation de pétrole et de produits pétroliers de Syrie aux Etats-Unis et qu’il gelait tous les avoirs que l’Etat syrien pourrait avoir dans les territoires sous sa juridiction.
      http://tempsreel.nouvelobs.com/...
      Syrie : Barack Obama va exiger la démission d’Assad
      Publié le 18/08/201
      http://www.lepoint.fr/monde/...


      • Doume65 17 décembre 2015 14:34

        «  lorsque Imad Mughniyeh a été assassiné avec la complicité évidente de membres haut placés du régime de Assad [douteux voire absurde]. »

        Bonjour ; J’ai du mal à vous suivre. Qu’est-ce qui est absurde ? Ce qui est évident ?
        Merci de vous expliquer.


        • njama njama 17 décembre 2015 14:48

          @Doume65
          L’accusation d’un assassinat commandité par des membres haut placés du régime de Assad
          Et pas trop surprenant c’est un général israélien Amos Gilad qui le prétend.
          Les assassins courent toujours, d’autres sources accusent « le Mossad est derrière l’assassinat de Imad Moughnieh »

          Imad Moughniyah https://fr.wikipedia.org/wiki/Imad_Moughniyah


        • njama njama 17 décembre 2015 14:36

          Même le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a jugé, mercredi, « inacceptable » de lier le sort du président Bachar al-Assad à un règlement de la crise en Syrie.
          « En principe, a-t-il souligné, il revient au peuple Syrien de prendre une décision sur l’avenir du président Assad, mais je crois aussi qu’il est inacceptable qu’une solution de cette crise dépende du sort d’un seul homme ».

          Syrian crisis should not be dependent on Assad’s fate : Ban Ki moon
          AFP, United Nations | Updated : Dec 17, 2015


          • izarn 17 décembre 2015 22:18

            @njama
            Banki Moon reste aveugle : A part Assad il y a qui pour diriger l’Etat et l’Armée ? Qui ? Personne.
            Le remplacer par qui ? Un groupe de charlots qui font la guerre dans des grands hotels et aidés par des « islamistes modérés » ? smiley
            En fait Banki Moon, c’est qui lui au départ ?


          • charlie charlie 17 décembre 2015 14:47

            Assan partira, mais après, quand plus personne n’aura besoin de lui et qu’il deviendra un pion plus gênant qu’utile dans le concert des intérêts nationaux (Russie, Occident, Chiites, Turquie, etc).

            Pour l’instant, le dictateur-massacreur est maintenu car il est plus utile dedans que dehors où les massacreurs sont encore plus dangereux que lui. Le cynisme est une option fort banale en géopolitique.


            • roman_garev 17 décembre 2015 15:26

              Sur ces entrefaites, le ministre des affaires étrangères de la Turquie,Mevlüt Cavusoglu, vient d’annoncer que la Turquie, aidée par l’OTAN et par ses alliés régionaux, est capable d’occuper la Russie en 7 jours :

              http://yournewswire.com/turkish-government-threaten-to-occupy-russia-in-just-seven-days/
              Vous êtes dans l’OTAN ? Préparez-vous à cette partie de plaisir arrangée par vos amis turcs.

              • sls0 sls0 17 décembre 2015 15:42

                @roman_garev
                Ils carburent au LSD en ce moment au gouvernement turc. A un enfant de 10 ans on dirait ’’fermes ta gueule p’tit con’’, là que dire ?


              • izarn 17 décembre 2015 22:22

                @roman_garev
                C’est surement le nombre de minutes qu’il faudrait à la Russie pour réduire en brique de charbon la Turquie si elle s’avisait de ce genre de délire. :->


              • roman_garev 17 décembre 2015 15:33

                Les ÉU changent de cap. Assad ne doit plus partir, selon John Kerry :



                • fred.foyn Le p’tit Charles 17 décembre 2015 16:27

                  A vouloir se frotter à la Russie, les USA et ses collabos iront vers une drôle de surprise..


                  • howahkan howahkan Hotah 17 décembre 2015 16:30

                    Assad va rester.... smiley


                    • Gandalf Gandalf 17 décembre 2015 18:45

                      Assad doit partir ? Ah, ça dira, ça dira, ça dira.


                      Plus sérieusement, on peut espérer que la Syrie, où le premier accord de droit international a été négocié, soit le traité de la Perle, permet de tourner une longue série de conflits à l’initiative occidentale dans le but de déstabiliser l’Orient musulman, pour diverses raisons :
                      - vente d’armes ;
                      - contrôle pétrolier ;
                      - contrôle de l’envahisseur soviétique ou de la révolution iranienne ;
                      - connivence avec le colon israélien ;
                      - fabrication d’intégristes (frères musulmans, talibans, moudjahidines, Al Qaïda, Al Nosra, + apport saoudien etc) ;

                      Il y a évidemment des griefs sans doute justifiés à l’encontre d’Assad. Mais perdre 100 000 soldats laisse imaginer la virulence des combats, et donc des atrocités commises. Le faire tomber n’a absolument plus aucun intérêt, puisque :
                      - le canal de Suez en est à son deuxième exemplaire, et tant pis pour le gazoduc qatari, voire l’oléoduc iranien ;
                      - les hydrocarbures n’intéressent plus du fait du réchauffement climatique ;
                      - Le prix des hydrocarbures vont faire que la tension sera de basse intensité en Syrie, avec, sans doute, resocialisations des différentes communautés sur le long terme ;
                      - coût du transport maritime (BDI) très bas ;

                      La position d’Obama : Merci à la Russie de nous avoir arrêté en Syrie. D’autres clients pour notre complexe militaro-industriel ?

                      La position de Trump : Quelle connerie d’avoir fait tomber Hussein et Kadhafi. Et on a dépensé des milliards contre Assad. Trop con.

                      Le maître mot est bel et bien le respect du droit international, qui ont été bafoués en Syrie par le fait d’y fomenter une guerre civile. Les droits de l’homme, que nos gouvernants bafouent désormais en France, découlent du respect du droit international, que nos gouvernants ont bafoués en Syrie.

                      L’Occident, qu’il soit orthodoxe (Russie), catholique (Europe) ou protestant (US) connait désormais la réponse à son agressivité en Syrie : elle est terroriste, et surmigratoire.

                      Bien malin le dirigeant qui s’y tenterait sans exposer directement sa sécurité interne, sa population.
                      Sauf à comploter par le management de la peur contre son propre peuple, évidemment.

                      • Croa Croa 17 décembre 2015 23:56

                        À Gandalf
                        « - les hydrocarbures n’intéressent plus du fait du réchauffement climatique »
                        Tu rêves là !  Nos ’’élites’’ occidentales en sont toujours à la croissance, ils veulent toujours faire tourner les gros porte-conteneurs et remplir le ciel de gros avions. La COP21 c’est du bidon, juste une opération de com pour que ça continue justement... Hélas pour nous !


                      • soi même 18 décembre 2015 12:11

                        @Gandalf, dans les motifs que vous évoquez, il en a un qui est flagrant que vous passez sous silence que l’on pourrait appeler l’impérialisme musulman sunnites qui s’affronte avec l’impérialisme Tuco-musulman .qui rêve de retrouver leur influence de l’empire Ottoman sur le Proche Orient.

                        Et il ne va pas s’en dire que l’Occident va finir par se mordre les doigts d’avoir réveiller tous ses antagonismes spirituels, car, il apparaît évident de puis les attentats de Munich en 1972 , que l’on a bien affaire à la phase d’externalisation de ses querelles religieuses sur le sol européen qui est devenue une terre a conquérir.

                        A notre corps défendant, nous avons le retour de flamme de cette politique colonialisme de la fin du XIX et de la moité du XX siècles qui transforme plus particulièrement l’Europe en un futur champs de bataille spirituel.


                      • Gandalf Gandalf 18 décembre 2015 18:32

                        @ croa :
                        Sauf que si nos dirigeants courrent après la croissance, en passant par un Kwh à 0.03 centimes (e-cat ou équivalent), ils vont anéantir notre facture pétrolière et gazière, faire tourner un peu plus Eramet en Nouvelle-Calédonie (mine de nickel), améliorer nettement le pouvoir d’achat des français et françaises, redonner de la compétitivité, et en finir avec l’usurpation poltique par des monarchies pétrolières (financement de campagnes électorales dans les pétromonarchies, etc). 


                        Tant qu’ils ne passeront pas par ce rétablissement de la souveraineté (énergétique), c’est FN, DLF et UPR qui vont monter, monter, monter.

                        @soi-même :C’est vrai, les israéliens souhaitent réduire la pression musulmane autour d’eux tout en exportant ceux-çi en Europe (exportation de troubles). 

                        Parait-il qu’ils participent tout de même à regrouper les plus sensibles au djihadisme avec Daech.

                        Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère intellectuelle du monde, nous devrions être d’accord là-dessus.

                        Concernant les antagonismes religieux en Europe, j’y ai essentiellement entendu des guerres de chiffons, d’assiettes. Bref, une querelle bien superficielle et de bigoterie (qu’affectionne les merdias) qui nie les ponts autrement plus profonds entre les monothéismes, du moins si on souhaite un peu si attarder.

                        Attention, l’Europe devra passer tout de même sous les fourches caudines d’une mixité monothéiste. Mais l’état doit bel et bien supplanter ces taquineries sans lendemain. Le monopole de la force restera bien d’état.

                        La Syrie ne nous concerne plus. Seule la Russie a l’autorisation souveraine de la Syrie pour y intervenir. D’un point de vue capitaliste, elle se sait menacée par les nouvelles énergies et s’essaye donc naturellement à une situation de monopole. Mais cela n’a pas à nous faire peur, mais plutôt nous aider à passer outre. Cela est également le cas des pétromonarchies.


                        Erdogan (pétrole de Daech finançant le terrorisme, sic Poutine et véritable kleptocrate en Syrie), ou les Saoud (livraison de Captagon) salissent les prétentions impérialistes et non légitimes de ces deux puissances voisines. Elles seraient plus avisées d’avoir une vision pour leur propre territoire. « L’extensivité » (impérialisme) a toujours été un déclin vis-à-vis de l’intensivité (recherche, solutions internes, échange commerciaux, de recherche, techniques etc).

                        « A notre corps défendant, nous avons le retour de flamme de cette politique colonialisme de la fin du XIX et de la moité du XX siècles qui transforme plus particulièrement l’Europe en un futur champs de bataille spirituel. »

                        Tout un chacun un peu instruit pourra considérer que la spiritualité est antagoniste au champ de bataille.

                      • soi même 19 décembre 2015 02:42

                        @Gandalf ( Tout un chacun un peu instruit pourra considérer que la spiritualité est antagoniste au champ de bataille. ) Oui en apparence bien sur ... !


                      • thomas abarnou 17 décembre 2015 23:52

                        C’est fou de résumer ce conflit à deux camps. Cette guerre c’est un mikado, il va falloir le comprendre. C’est un crime contre la pensée de tout réduire à de misérables complots et aux gros méchants capitalo-sionistes. Assad est éjectacle. Les Russes se foutent de lui, ce qui compte c’est la sauvegarde de leurs intérêts. C’est ce qui se passera sûrement, la tête de Assad pour nous satisfaire contre une enclave militaire en Méditérannée et des contrats divers et variés.



                        • Hijack Hijack 18 décembre 2015 01:33

                          @thomas abarnou

                          Non, les russes ne se foutent pas de Assad. Imagine qui sera à sa place s’il n’était plus là ???
                          Non seulement Assad est respecté des russes, mais surtout ... préféré de son propre peuple. Sera élu haut la main. Pourquoi faire simple quand on peut faire très compliqué ?
                          Il n’y a que les mignons analystes politiques français qui n’ont aucun argument à part que Poutine s’en fout d’Assad. Faut leur poser la question : qui, à part lui. De plus, logiquement, historiquement, ce serait pure folie d’exclure celui qui a défendu ... contre vents, marées, vagues déferlantes et scélérates.
                          .
                          Assad a non seulement réussi à gagner (avec l’aide Russe certes, mais faut la mériter) contre presque le monde entier, diplomatiquement, politiquement et sur le terrain. Assad a été un vrai révélateur, tout autant qu’un bouclier pour la Syrie et les syriens.


                        • roman_garev 18 décembre 2015 08:35

                          @thomas abarnou

                          « C’est ce qui se passera sûrement, la tête de Assad pour nous satisfaire »


                          Hahaha. Qui sont ces « vous » que la Russie tiendrait à « satisfaire » ?

                          C’est déjà plus que de l’orgueil, c’est plutôt de la mégalomanie.
                          « Vous » n’avez qu’à vous satisfaire par vos propres moyens...


                        • roman_garev 18 décembre 2015 09:17

                          http://www.youtube.com/watch?v=tlGsIt9fZs8


                          Translation directe de la procédure d’ouverture et de déchiffrement de la boîte noire du Su-24M abattu par le F-16 turc (en russe avec traduction en anglais).

                          La Russie avait invité des experts de 14 pays pour prendre part à cette procédure. N’ont accepté que deux pays, la Grande Bretagne et la Chine. Les douze autres (y compris certainement la France, la liste n’étant pas annoncée) ont renoncé. De peur de déplaire à leurs amis turcs ? 

                          Pareillement au cas du Boeing abattu au-dessus de l’Ukraine, l’Occident ne veut pas apprendre la vérité. A quoi bon, quand des mythes suffisent aux abarnous ? Le Monde leur en fournira plein.

                          • AlbertGam AlbertGam 18 décembre 2015 15:01

                            @roman_garev
                            Exact. Le monde occidental est devenu totalement schizophrène. Il ne vit plus que dans un monde virtuel, imaginaire qu’il préfère entretenir par refus de voir le monde réel. Tous ces politicards, on leur met les preuves sous le nez... ils refusent de les regarder puis continuent à dire qu’elles n’existent pas.


                          • Analis 19 décembre 2015 13:05

                            Un article à relayer, bien que datant de 2003 il est parfaitement approprié de le rappeller : un an après l’expédition de Suez, Londres et Washington (cette fois-ci favorable à l’opération) montaient un plan de déstabilisation afin de se débarrasser d’un régime syrien pas assez pro-occidental, en employant des procédés annonçant de façon stupéfiante ceux qui ont été utilisés ces dernières années :

                            http://www.theguardian.com/politics/2003/sep/27/uk.syria1?CMP=share_btn_tw

                            -------------------------------------------------------------------------------------

                            Des documents nouvellement découverts montrent comment en 1957 Harold Macmillan et le président Dwight Eisenhower approuvèrent un plan de la CIA et du MI6 pour monter de faux incidents de frontière comme prétexte pour une invasion de la Syrie par ses voisins pro-occidentaux, et alors d’ « éliminer » le triumvirat le plus influent au sien du pouvoir à Damas.

                            [.....]

                            Bien que les historiens savent que des services secrets avaient essayé de renverser le régime syrien à l’automne 1957, c’est la première fois qu’on trouve un document montrant que l’assassinat de trois figures importantes était au cœur du plan. Dans ce document rédigé par un groupe top-secret à très haut niveau réuni à Washington en septembre 1957, aucun doute n’était laissé à Mr Macmillan et au président Eisenhower au sujet de la nécessité d’assassiner les hommes liges à Damas.

                            Une partie du « plan préféré » disait : "Afin de faciliter les actions des forces libératrices, de réduire la capacité du régime syrien d’organiser et de commander ses actions militaires, de maintenir les pertes et destructions au minimum, et de parvenir aux buts recherchés le plus vite possible, un effort particulier doit être mené afin d’éliminer certains individus. Leur élimination devrait être réalisée tôt au début du soulèvement et de l’intervention, et à la lumière des circonstances du moment."

                            Le document, approuvé par Londres et Washington, désignait trois hommes : Abd al-Hamid Sarraj, chef des renseignements militaires ; Afif al-Bizri, chef d’état-major général ; et Khaled Bakdach, dirigeant du parti communiste syrien.

                            L’inquiétude avait grandi à Downing Street et à la Maison-Blanche au sujet des sentiments anti-occidentaux et pro-soviétiques grandissant en Syrie depuis le renversement du régime militaire conservateur du colonel Adib Chichakli par une alliance des partis baassites et communistes et de leurs alliés au sein de l’armée syrienne en 1954.

                            [......]

                            Le plan préféré ajoutait : "Une fois qu’une décision politique sera atteinte de procéder à des perturbations internes en Syrie, la CIA sera préparée, et le SIS [MI6] tentera de monter des sabotages et coups mineurs au sein de la Syrie, en travaillant avec des contacts dans le pays.

                            Les deux services devraient s’entretenir de la façon appropriée d’éviter toute interférence dans leurs activités mutuelles... Les incidents ne devraient pas se limiter à Damas ; l’opération ne devrait pas être excessive ; et dans la mesure du possible on devrait s’efforcer d’éviter que les leaders syriens clés prennent des mesures de protection personnelle supplémentaires.

                            Sabotage

                            Le rapport affirme qu’une fois le degré nécessaire de peur atteint, des incidents de frontières seraient mis en scène pour fournir un prétexte pour une intervention militaire irakienne et jordanienne. "On devra faire apparaître la Syrie comme l’organisation de complots, de sabotages et de violences contre les gouvernements voisins« , ajoute le rapport. »LA CIA et le SIS devraient utiliser leurs moyens à la fois dans le domaine psychologique et celui de l’action violente afin d’augmenter la tension." Cela signifiait des opérations en Jordanie, en Irak et au Liban, prenant la forme de "sabotages, conspirations nationales et diverses activités violentes" devant être attribuées à la Syrie.

                            Le plan demandait le financement d’un « Comité Syrien Libre », et d’armer des "factions politiques dotées de capacités paramilitaires ou pour d’autres actions violentes" à l’intérieur de la Syrie. La CIA et le MI6 succiteraient des insurrections intérieures, par exemple par les druzes dans le sud, aideraient à libérer des prisonniers politiques détenues à la prison de Mezze, et soulèveraient les Frères Musulmans à Damas.

                            ---------------------------------------------------------------------------------

                            Ahurissant comme on retrouve la même propagande mot-pour-mot, à 54 ans d’intervalle. Ce document montre aussi que loin d’être des accidents ou des aberrations isolés, comme certains veulent le croire, les attaques sous fausse bannière sont un procédé couramment utilisé par les impérialistes occidentaux.


                            • AlbertGam AlbertGam 19 décembre 2015 13:32

                              Oui. Pour poursuivre dans ce sens en découvrira encore plus dans ce livre de Noam Chomsky qui complète excellemment cet ancien article et entre en profondeur dans le détail :
                              L’Occident terroriste - D’Hiroshima à la guerre des drones (2015)

                              J’adore aussi cet ancien livre, toujours de Noam Chomsky, qui montre comment la propagande et les medias dictent les votes des citoyens (c’est encore beaucoup plus subtil qu’on ne le croit même ici sur AgoraVox) et ne sont devenus que désinformation et propagande au mépris de leur rôle qui est d’informer et de façon pragmatique :
                              La fabrication du consentement : De la propagande médiatique en démocratie (2008)

                              Tous les livres de Pierre Hillard aussi sont excellents à lire.


                              • thomas abarnou 27 décembre 2015 16:20

                                On a tord de tout cristalliser sur Assad, à la fois de le détester et à la fois de le soutenir. Assad s’est fourvoyé tout seul, en perpétrant exactions et massacres. Il s’est maintenu au pouvoir par la force, ce qui était déraisonnable. Les Russes et l’Iran se fichent de sa personne, éjectable. Ce qui comptent pour eux, c’est la sauvegarde de leurs intérêts. Assad est déjà le passé de la Syrie, ses jours sont comptés. Si paix il y a il ne pourra plus jamais gouverner, raisonnablement. Son despotisme a montré ses limites. Continuer de le soutenir, c’est à la fois nier ses excès et surtout faire preuve de naiveté. Son sort est déjà négocié en sous-main par les grandes puissances. 

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