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La population de la classe moyenne chinoise a augmenté de 46% en 5 ans

L’augmentation rapide des effectifs de la classe moyenne constituera le levier le plus puissant du développement de la Chine au cours des années qui viennent, et modifiera profondément les conditions de l’équilibre planétaire.

La principale conséquence sociale de l’extraordinaire développement de la Chine depuis que Deng Xiao Ping a lancé la création des Zones Économiques Spéciales en 1978, est sans contestation possible la rapide croissance de la classe moyenne chinoise, lancée dans le développement industriel et commercial du pays.

Pivot du développement de la Chine, cette classe s’est progressivement enrichie. En s’élargissant à vive allure, elle a grignoté la grande masse des paysans chinois dont le volume décroit d’année en année. Parallèlement, les intenses activités de recherche agricole ont permis une hausse rapide de la productivité de l’agriculture, libérant ainsi de la culture de la terre un grand nombre de travailleurs (principalement le cas du riz).

En Chine, on définit la classe moyenne par l’ensemble des personnes dont les revenus sont compris entre 25.000 et 100.000 yuans [soit respectivement 2.500€ et 10.000€]. Sa progression résulte de nombreux facteurs, mais sans doute le plus déterminant est celui du haut degré d’alphabétisation de la population. L’un des plus élevés dans le monde.

De 2005 à 2010 [prévision], son effectif a ainsi progressé de 46%. Elle représentera 57% de la population chinoise en 2010, contre 39% en 2005, et près de 75% de la totalité du pouvoir d’achat disponible de la Chine.

Cette évolution aura des effets considérables sur la structure et la stratégie économique du pays. Le plus essentiel, économiquement et géopolitiquement parlant, sera sans aucun doute possible la perspective d’un renversement rapide du rapport "exportation / consommation" de la production nationale.

Ce renversement progressif permettra en effet à la Chine de jouir d’une plus grande indépendance économique à l’égard des États-Unis, et d’augmenter ses prix d’exportation du fait que l’industrie de ce pays ne se trouve plus en position de fabriquer la plupart de ses produits importés en raison de sa politique de délocalisation. La hausse du yuan qui s’ensuivra mettra les États-Unis en grande difficulté.

Il est donc pratiquement acquis que la Chine sortira beaucoup plus forte de la crise que les États-Unis, et que son poids prévaudra dans le monde, notamment sur le plan monétaire. Sans doute le dollar devra-t-il rapidement renoncer à son hégémonie planétaire.

 

© André Serra http://cybercanard.com

http://andreserra.blogauteurs.net/blog

 

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12 réactions à cet article    


  • boris boris 7 août 2009 09:35

    Les Chinois vont vite réapprendre à utliser de nouveau leurs vélos d’ici trés peu de temps.


    • Marc Bruxman 7 août 2009 18:43

      Les vélos peut être pas mais les scooters électriques oui. La bagnole dans une ville comme Shanghai c’est une aberration. Toute la population n’en posséde pas encore (loin de la) et vu le bordel à l’heure de pointe tant mieux !

      La densité de population en Chine est très élevée y compris dans les quartiers « riches » ou l’habitat vertical reste la norme, et si tout ce beau monde va sur la route en 4x4 ca cesse de fonctionner.

      Et puis bon vu le prix du Taxi dans la plupart des villes, à 10 Yuans la course ca ne sert à rien de posséder une bagnole individuelle.


    • sleeping-zombie 7 août 2009 11:15

      La Chine aussi se met a délocaliser ? ben où va le monde... ^^

      Bon alors, si c’est pas des p’tits Chinois que je dois mettre dans ma cave pour monter mon atelier de textiles, c’est qui ? Va encore falloir que je réapprenne une autre langue ?

      « En Chine, on définit la classe moyenne par l’ensemble des personnes dont les revenus sont compris entre 25.000 et 100.000 yuans »
      Et en France, on la définit comment la classe moyenne ? enfin, « les » classes moyennes, puisque la plupart du temps c’est mis au pluriel...
      J’ai bien une définition, mais elle est pas liée au revenu, juste à l’activité (ou l’inactivité) génératrice de ce revenu.


      • Marc Bruxman 7 août 2009 18:48

        Oui il va falloir réapprendre une langue pour délocaliser dans des pays pas cher. Le niveau de vie en Chine est monté et du coup il y a des tas de provinces ou il n’est plus rentable de produire du bas de gamme. Le Jiangsu est un exemple, mais assez vite vous allez oublier l’idée de produire à pas cher dans le Zhejiang pourtant très pratique car proche de Shanghai.

        Cela crée quelques problèmes car ces secteurs bas de gamme employaient beaucoup de main d’oeuvre et que les secteurs plus haut de gamme en employaient beaucoup moins. En Chine aussi, la part de l’industrie dans les emplois est en train de décroitre. Il s’agissait aussi il faut le dire d’une anomalie pour un pays somme toute relativement développé.


      • Forest Ent Forest Ent 7 août 2009 12:03

        C’est le point principal sur lequel je ne suis pas d’accord avec M Santi. Il y a trois ans, le FMI et l’OCDE affirmaient qu’il y avait un découplage entre la Chine et l’Occident. Je n’y croyais pas et j’avais écrit que la fin de la bulle de crédit porterait un coup terrible à l’économie chinoise, trop axée sur l’exportation et ne disposant pas d’un système politique solide.

        Il me semble qu’aujourd’hui la plupart des rédacteurs et commentateurs ici adhèrent toujours au découplage, et pensent que la Chine s’en est sortie intacte. Donnons-nous un peu de temps pour vérifier. On ne peut pas cacher la copie indéfiniment. Nous y verrons très clair dans un an ou deux.

        J’attire quand même votre attention sur la question suivante : « comment connaissez-vous le volume de l’économie chinoise » ? Parce qu’à ma connaissance, ce que l’on appelle le PIB chinois est un chiffre édicté par un ministère sans enquête terrain. Par exemple, toutes les subventions gouvernementales sont comptées dans le PIB. Ce qui se passe dans ce pays n’est pas transparent. La seule chose mesurable, ce sont les exportations, et elles sont en chute libre. Selon toute apparence, le PIB chinois est en train de baisser.

        Mais ces considérations ne portent que sur le moyen terme. A long terme, l’industrialisation de la Chine est une évidence, qui ne sera limitée que par les ressources naturelles. Ce pays subira un contre-choc démographique gigantesque dans 20 ou 30 ans.


        • tvargentine.com lerma 7 août 2009 12:45

          Vous écrivez « L’augmentation rapide des effectifs de la classe moyenne constituera le levier le plus puissant du développement de la Chine au cours des années qui viennent, et modifiera profondément les conditions de l’équilibre planétaire »

          Avant ,je lis que vous êtes consultant en entreprise et sans doute ciblez vous des clients chinois pour faire un tel éloge d’une dictature communiste qui assassine les opposants politiques et interdit les syndicats libres

          La réalité de la Chine est avant tout que c’est un pays de paysan et que vous ne passez pas de la campagne à une société industrielle développée comme cela du jour au lendemain et encore moins à des modèles développés avec une dictature en place

          http://www.tvargentine.com/



          • Marc Bruxman 7 août 2009 18:59

            En terme de mentalité, peut être sont ils restés un peu paysans dans l’ame. Après tout nous le sommes toujours en France après tant d’années.

            Dans les faits, les campagnes ont été abandonnées par les plus jeunes qui sont tous attirés par les diverses villes flamboyantes que compte le pays. Un simple ouvrier y gagne un très gros salaire comparativement et si il économise et renvoie au village cela fait une énorme différence pour ses parents. Mais le fait est que la plupart ne reviendront jamais sauf accident de la vie.

            Comme vous le dites, le changement va vite dans ce pays et donne le vertige. C’est à la mesure de Shanghai PuDong, un quartier gigantesque constitué uniquement de rizières au début des années 90 : Allez vous y promener et vous verrez que votre cerveau n’arrive pas à s’imaginer que c’est possible. Ici, il n’y a plus une trace de verdure sur des kilométres, seulement une ville grouillante.

            De la technologie aux traditions, tout change à une vitesse impressionante et c’est aussi pour cela que ce pays laisse une très forte impression à tous ceux qui y sont allés.

            Pour le reste, les prix (merci la crise) ont fortement baissé sur le Paris Shanghai (moins de 600 € avec Air France en Juin) et donc je vous encourage fortement à y aller vous faire une idée. Même si avec la grippe du cochon, le comite d’accueil à l’aéroport n’est pas très agréable ;) Une fois passé le check de température, vous découvrirez un pays étonnant. Et on se surprend même à être triste de rentrer à paname ;)


          • manuelarm 7 août 2009 13:14

            Le problème c’est que la chine a deux bulles en formation, il y a immobilier et la bourse, et comme l’écologie entre dans les moeurs et que les entreprises vont investir en masse dans ce domaine, et comme la chine est le pays formant le plus d’ingenieur, et qu’il partirons à peu près avec les mêmes handicap que les pays occidentaux, il est fort à parier que des entreprises chinoise orienté vers ecologie s’introduise en bourse ce qui accroitrera la bulle boursière qui explosera un jours ou l’autre, et cela touchera de plein fouet les petits porteurs chinois qui coïncide avec la classe moyenne chinoise. Espérons que je me trompe sinon certaines nations vont trinquer si cela arrive. 


            • Marc Bruxman 7 août 2009 13:41

              "La seule chose mesurable, ce sont les exportations, et elles sont en chute libre. Selon toute apparence, le PIB chinois est en train de baisser."

              J’y vais réguliérement, mon dernier passage la bas date de Juin dans la province du Jiangsu. Et si il y a bel et bien eu un gros passage à vide entre Décembre et Mars 2009, avec de nombreuses personnes au chomage technique, je peux vous assurer que l’économie était bel et bien repartie en Juin malgrès la grippe du cochon (ca leur fait très peur la bas, c’est presque irrationnel).

              Parmis les amortisseurs pour ce pays, un taux d’épargne des ménages parmis les plus élevés au monde (qui sert de couverture sociale vu que le gouvernement n’en fournit pas). Et de gigantesques besoins à satisfaire.

              Ils essaient actuellement de réorienter une partie de cette épargne vers la consommation intérieure et de déssérer les vis du crédit, autrefois difficile à obtenir car techniquement la banque ne pouvait pas saisir votre logement (propriété d’état puis propriété privée insaisissable dans les faits). Couplé au désir des chinois de vivre à l’occidentale, cela donne pour l’instant des résultats et la croissance est visiblement au rendez vous. Pour le reste, wait and see...


              • Forest Ent Forest Ent 7 août 2009 16:04

                Merci pour ces observations.

                Ca n’en fait pas une statistique et il faudrait voir la part monétaire, mais ok, wait and see.


              • Le péripate Le péripate 7 août 2009 21:42

                Oui, sur Gapminder, il n’y a presque pas de chiffres sur la Chine après 2000, probablement jugés pas assez fiables.


              • fourreau 8 août 2009 01:51

                la voracité chinoise est à redouter. lien ici. âme sensible s’abstenir

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