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Accueil du site > Actualités > International > La protection de la propriété industrielle en Chine : réalité ou (...)

La protection de la propriété industrielle en Chine : réalité ou mirage

 

Certes la Chine a intensifié ces dernières années la protection de la propriété intellectuelle mais le gouvernement chinois est pleinement conscient que dans un pays en voie de développement, avec 1,3 milliard d’habitants, un système complet de protection de la propriété intellectuelle ne peut pas être mis en place aisément.

Les spécialistes s’accordent pour qualifier d’honorable le Droit sur la propriété industrielle chinois, mais alors comment se fait-il que nombre d’entreprises étrangères implantées en Chine, trouvent sur le marché, au bout de quelques mois, leurs produits et matériels copiés à l’identique (design, caractéristiques, logo, couleur...) ?

La question est donc de savoir si une société française peut investir ou exporter en Chine tout en évitant le pillage de son savoir-faire ou de sa marque. L’impact de la contrefaçon chinoise peut être dramatique non seulement pour son avenir sur le marché chinois, mais aussi pour ses marchés export, voire sur son propre marché national.

D’après notre expérience et de multiples témoignages récents, la réponse est malheureusement non ! Certes la contrefaçon est quasiment impossible à éviter, mais peut-on pour autant en conclure qu’il existe dans les entreprises chinoises une « culture du pillage » ?

Ce phénomène est dommageable au premier chef pour les entreprises chinoises elles-mêmes, à tel point que certaines, détentrices d’innovations, renoncent à les commercialiser localement et les réservent pour l’exportation.

Pour les entreprises françaises qui exportent, le marché chinois représente un potentiel énorme, mais il reste très complexe à appréhender. La solution est d’en avoir conscience : « Si nous savons que nous serons copiés en Chine, le dépôt d’un brevet nous paraît utile pour ne pas se faire bloquer par une copie chinoise ayant déposé un brevet (cas existants !), mais pour avoir plus d’impacts dans notre discours commercial », affirme ainsi Mayeul Nicolas, responsable export de TERTU, société spécialisée dans l’équipement routier.

Nous sommes donc devant le paradoxe suivant : un droit sur la propriété industrielle, désormais de qualité, et la volonté évidente des autorités centrales de le faire respecter, mais une contrefaçon toujours aussi effrénée, se développant même en se professionnalisant et en s’industrialisant ! Quelles sont les principales causes du paradoxe ?

L’immensité du territoire, les particularismes locaux, une administration locale manquant de moyens, parfois laxiste, voire corrompue, et surtout la multiplication des contrefacteurs potentiels en raison de l’essaimage sauvage, phénomène typiquement chinois, rendent la lutte contre la contrefaçon très difficile, sinon impossible.

Il doit aussi être ajouté « l’imprudence fréquente des investisseurs et exportateurs français souvent mal informés des risques encourus par leurs conseils privés ou par les organismes publics dont cela devrait pourtant être la principale mission », comme nous l’a signalé très clairement le directeur de TRADEMED Marseille.

Quant aux solutions, il ne faut partir en Chine qu’après mûre réflexion dans l’optique de rencontrer d’autres entrepreneurs nationaux chinois qui partageront valeurs et ambitions concernant les transferts rapides de technologies propres. A l’exemple d’Abel Smati, PDG de ADEQUATEC - SHINRYOKU Technologies, qui n’hésite pas à déclarer : « Je pense que dès lors que nous aurons trouvé ces partenaires et établi avec eux une relation de confiance, mutuellement bénéfique, la question importante de la propriété intellectuelle ne se posera plus. Elle deviendra, au contraire le ciment de notre partenariat. Nos partenaires devenant les meilleurs défenseurs d’un bien dont nous partagerons les fruits. »

Enfin, la protection de la propriété intellectuelle ne cesse de s’améliorer, les Chinois ayant bien compris les enjeux en terme d’innovation technologique. Considérons néanmoins la Chine comme un partenaire potentiel important de notre développement ! Les entreprises françaises doivent surtout veiller à ne pas céder sans discernement leur technologie, de manière à conserver un intérêt pour les partenaires chinois.

Par Vincent LOUYAT.


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13 réactions à cet article    


  • Talion Talion 19 septembre 2006 13:43

    J’habite en Chine et je vais vous donner mon point de vue et mon témoignage sur cette question...

    Généralement le soir j’aime assez me balader à pied à Salitun qui est un quartier de Beijing ou les expatriés sortent souvent.

    Je suis en particulier assez fan des petites brochettes qui sont cuisinnées sur le pouce par des marchants ambulants (pour les rêgles sanitaires, on repassera, mais par contre c’est sympas comme ambiance).

    Et en général en attendant que ces dernières soient cuites, je passe le temps en flanant dans une des deux boutiques de DVD de cette rue. A savoir que chacune de ces deux boutiques ne vend bien évidement que des contrefaçons... (De toute façon j’ai eu beau chercher, il n’y a aucun DVD qui ne soit pas un fake qui soit vendu sur Beijing, cette offre n’existe tout simplement pas).

    Maintenant pour que vous saisisiez mieux le tableau, je me dois de vous préciser que ces deux boutiques hautement illégales sont situées respectivement à 20 et 40 mêtres du commissariat de quartier et que ce dernier est lui-même situé juste derrière un super-marché spécialisé dans la contrefaçon.

    Inutlise de vous préciser que je croise régulièrement des policiers venant faire leurs achats dans ces commerce dont je viens de vous parler.

    La conclusion de tout ceci, c’est que nos amis Chinois n’ont strictement pas le moindre intérêt à nous aider à gagner de l’argent sur le dos de leur population, qu’ils sont au courant du fait que la contrefaçon existe chez eux et qu’ils considèrent que c’est très bien comme ça.

    Maintenant si les entreprises occidentales trouvent cette situation problématique, qu’elle ne se fassent surtout aucune illusion : En Chine leur avis n’intéresse personne et beaucoup de personnes sont prêtes à les remplacer si elles ne sont pas contentes.

    Les autorités ne détruisent des contrefaçons que pour la vitrine et afin d’empêcher l’apparition d’un cartel. Tant que la contrefaçon reste artisanale, tout le monde est content et les Occidentaux peuvent aller se faire fouttre, personne ne les retient.

    En espérant que ce témoignage vous aura éclairer.


    • mariner valley (---.---.64.180) 19 septembre 2006 15:53

      Effectivement tu confirmes un peu ce que pensais deja des chinois :

      a savoir ils se foutent completement de tout le monde car bientot ils vont dicter a tous comment il faut faire....

      c’est pour ca que perso que leur vendre des A380 ( par exemple) me parait une mauvaise idee car ils vont les desosser et en faire des copies. :- certes ca rapporte des sous immediatement mais sur le long terme c’est plutot nul. smiley car la maitenance des avions au rythme ou ils accelerent techniquement parlant ils nous enverrons balader la-dessus aussi

      bref un peu dans l’impasse quoi


      • Eva013 30 mai 2007 20:56

        La Chine veut déjà se doter de sa propre industrie aéronautique. Airbus a ouvert récemment une usine d’assemblage à Tianjin...


      • marc (---.---.160.180) 19 septembre 2006 15:54

        Une seule solution pour eviter la contre facon : c’est de vendre moins chers. Fabriquer un article a 1 euros en chine et le vendre 10 fois plus chers, fait que d’autres usines le copirons. Si l’article etait vendu moins chers, il ne serais beucoup moins copier. C’est une question de profit, on veut faire un max de profit sur le dos des « ouvriers-esclaves » Chinois !!! a+


        • (---.---.13.183) 19 septembre 2006 16:06

          Je rejoins un peu le commentaire précédent. Pourquoi la Chine lutterait contre la contrefaçon pour faire plaisir aux sociétés étrangères ? Tant qu’elle-même n’en sera pas victime sur les marchés non-chinois, elle ne bougera pas sauf pour la galerie.

          Cette situation se retrouve également dans le domaine des brevets et de la propriété intellectuelle (définis selon des normes unilatérales occidentales), qui vus du côté chinois s’apparentent à des rentes de situation de sociétés étrangères sur le dos de l’économie chinoise. Pourquoi payer Windows si cher à MS qui veut faire du profit en Chine ?

          Le pb s’étend plus généralement aux normes sur lesquelles on va assister à une véritable foire d’empoigne. Pourquoi la Chine adopterait les normes américaines ou européennes et payer des licences dans de nombreux cas ? Aucun. Donc la Chine va développer ces propres normes auxquelles devront s’adapter les entreprises qui souhaitent vendre en Chine.

          En résumé, comme la Chine va devenir le plus grand marché unifié, elle va imposer ses propres règles.


          • Darkfox (---.---.141.125) 19 septembre 2006 17:18

            Pour le moment la Chine s amuse beaucoup avec nos businessman, car nous n avons pas compris que le seul intéret de la Chine envers les étranger est simple, récupéré le retard technique. En ce moment le transfert de technologie augmente beaucoup vers la Chine. Les fabricants chinois font du Dumping pour accrocher les marchés et détruire les concurents puis augmenter de manière importante afin de récuperer un maximum .. Comme l a dit un politicien chinois le 21 siècle sera celui de la domination. Pourquoi ne veulent ils pas réévaluer leur monnaie ? Pour la redistribution des richesse ne se fait elle pas ( pour informations cette année dans le top des milliardaires les Chinois arrivent en force ! souvenez vosu nous sommes dans un pays communiste ! une partie de la population ùmeurt de faim est reste exploiter jamais la différences Est ouest n a été aussi importante ! en face le modèles américains s’est de la rigolade. Donc les propriétés intellectuels c’est juste un reve d’occidental car en Chine cela n’exsite pas et ca n ets pas dans la culture.


            • Vincent Louyat (---.---.194.197) 19 septembre 2006 21:47

              Auteur de l’article. Je me permets de répondre à vos commentaires vous disant que la Chine se met aux normes occidentales en terme de Propriété Intellectuelle.

              ***************

              Depuis le début des années 90, à travers les négociations du GATT, de l’OMC et sous la pression notamment des sanctions commerciales américaines, la Chine a apporté des modifications radicales de son droit et a renforcé la protection des droits de propriété intellectuelle. Plusieurs administrations sont habilitées à intervenir dans ce domaine : les autorités douanières, les bureaux d’administration de l’industrie et du commerce, la Sécurité publique pour n’en citer que quelques-unes.

              Les autorités douanières sont chargées du contrôle aux frontières des marchandises pour l’import et l’export et de la saisie des produits contrefaits ou piratés. Ces autorités agissent d’office ou à la demande des titulaires des droits après qu’ils aient apporté les preuves de la contrefaçon ou du piratage de leurs produits. De plus, afin de prévenir les abus d’utilisation de cette voie administrative, les titulaires de ces droits sont amenés à verser des cautions.

              Par ailleurs, à l’intérieur du territoire chinois, plusieurs autorités administratives peuvent intervenir d’office ou à la demande des titulaires des droits. Il s’agit des Bureaux d’administration de l’industrie et du commerce, présents à tous les niveaux, national et régional, qui mènent des actions individuelles ou collectives. Là aussi les preuves de contrefaçon ou de piratage doivent être apportées lors d’une demande d’intervention. Ces bureaux peuvent saisir les produits contrefaits ou piratés, infliger des amendes, mais aussi décider du montant des dommages et intérêts qui seront versés aux titulaires des droits de propriété intellectuelle. Leurs décisions sont de nature administrative et sous contrôle judiciaire.

              Un point peu connu est la mise en œuvre de la coopération entre les Bureaux administratifs et les entreprises titulaires des droits pour l’accomplissement des actions de protection des droits de propriété intellectuelle. Non seulement la preuve de la violation des droits doit être apportée mais il faut aussi veiller à donner des moyens matériels à ces services qui en ont très peu, voire parfois aucun. Il ne s’agit pas de corruption mais d’apporter des soutiens directement liés à l’accomplissement des actions, comme fournir ponctuellement des véhicules pour les opérations. Les Bureaux de l’administration de l’industrie et du commerce ont d’autres champs d’intervention que la protection de la propriété intellectuelle et leur budget ne leur permet pas de mener de telles actions à la fréquence voulue. C’est pour cela que des efforts de soutiens techniques, juridiques et financiers ont été faits au niveau gouvernemental entre les pays développés et les pays en développement conformément aux dispositions de l’accord de l’OMC en matière de propriété intellectuelle (Accord ADPIC). Par ailleurs, quand les actions contre la contrefaçon ou le piratage se déroulent sur une grande échelle et qu’elles peuvent être qualifiées de crime, les titulaires des droits peuvent faire intervenir en même temps la police qui, elle, mènera les enquêtes. Ensuite, le procureur se chargera de poursuivre les criminels devant le juge. Il faut souligner l’efficacité, le dynamisme et la simplicité procédurale des administrations chinoises, qui malheureusement ont encore peu de moyens. En effet, en l’état actuel du pays, le gouvernement chinois ne peut financer toutes les actions de protection des droits de propriété intellectuelle.

              La voie judiciaire de plus en plus fiable.

              Bien que l’accord de l’OMC en matière de propriété intellectuelle (Accord ADPIC) n’exige pas un régime spécial pour la protection des droits de propriété intellectuelle et que le droit de la propriété intellectuelle soit un droit étranger à la société chinoise, la Chine a établi des tribunaux spéciaux pour les affaires de propriété intellectuelle dans les capitales de province et dans certaines villes importantes sur le plan économique. Par ailleurs, ces tribunaux spéciaux sont du niveau des cours d’appel, ce qui souligne l’importance donnée aux affaires de la protection des droits de propriété intellectuelle, et sont constitués de juges experts dans ce domaine. Il faut également souligner que les juges chinois sont de plus en plus compétents parce qu’ils sont, pour la plupart à ce niveau, titulaires de diplômes universitaires en droit et doivent de plus passer le concours national de qualification.

              Selon le rapport annuel de la Cour populaire suprême, les affaires judiciaires traitées sont en hausse. Entre janvier 2000 et novembre 2004, les départements judiciaires chinois ont réglé 1 710 cas concernant les violations de droits de propriété intellectuelle soit une hausse de 56,42%. Ces quatre dernières années, les parquets à tous les niveaux ont de leur côté approuvé 2 462 arrestations dans 1 539 cas de violations de la propriété intellectuelle et ont poursuivi en justice 2 491 personnes impliquées dans 1 500 cas, selon cette même source.

              La voie politique.

              Si nous sommes plutôt familiers avec les démarches judiciaire et administrative, nous le sommes moins avec la voie politique qui pourtant doit retenir notre attention. En Chine, la volonté politique et le soutien du gouvernement, national ou local, jouent un rôle important dans tous les domaines, a fortiori dans les affaires de protection des droits de propriété intellectuelle. Le climat politique actuel en Chine est favorable à l’ouverture pour permettre le développement économique du pays et aux investissements étrangers. Les autorités nationales et locales sont prêtes à donner tout leur soutien pour permettre l’installation d’entreprises à capitaux étrangers et l’exportation de leurs produits. Ce soutien politique facilite non seulement les procédures administratives mais aussi la protection des droits de ces entreprises à capitaux étrangers, y compris les droits de propriété intellectuelle.

              Ainsi, les entreprises étrangères se trouvent-elles dans une situation plus favorable que les entreprises chinoises car les autorités tiennent à faire savoir que la propriété intellectuelle est respectée pour attirer les entrepreneurs étrangers. Ce contact peut s’effectuer de façon individuelle dans une affaire particulière ou dans une action collective d’entreprises étrangères pour influencer positivement le déroulement des actions. Dans ce sens, l’Association des entreprises à capitaux étrangers de Chine créa une Commission de protection des grandes marques (CPM) et regroupe plusieurs grandes sociétés transnationales dont les investissements en Chine dépassent 19 milliards de USD, telles que Unilever, Kodak, Nike. Eli Lilly, JT International, General Motor, 3Com, Syanyo et Oakley pour n’en citer que quelques-unes. Cette association remet chaque année des prix afin d’encourager les efforts d’application des lois sur la protection de la propriété intellectuelle, tel que le Prix de la Contribution spéciale à la protection de la propriété intellectuelle, en choisissant parmi 22 institutions dont le Bureau d’enquête sur les délits économiques relevant du ministère de la Sécurité publique de Chine, le Bureau de la propriété intellectuelle du département des mesures et de la justice relevant de l’Administration générale des douanes...

              Les exemples suivants nous montrent qu’il existe de nombreuses possibilités d’action. A Shanghai, l’usine Johnson & Johnson était sur le point de fermer après avoir subi une baisse de 70 % de son chiffre d’affaires en un an et avoir dû licencier 15 % de ses ouvriers. Grâce à la lutte conjointe de la Sécurité publique et d’autres organes responsables de l’application de la loi, la source de fabrication des produits contrefaits fut supprimée et cette usine connut à nouveau une augmentation de plus de 10 % de son chiffre d’affaires.

              A Fuqing, dans le Fujian, un fabricant chinois d’appareils électriques a produit et vendu des VCD et des presse-fruits sous la marque « Philips », société hollandaise qui avait pourtant enregistré sa marque. Après enquête, le Bureau de l’administration de l’industrie et du commerce du Fujian décida de confisquer les produits et condamna le contrevenant à une amende de 90 000 yuans (environ 9 000 euros). Mais Philips constata que la société chinoise continuait de vendre des presse-fruits tout à fait identiques aux produits Philips mais sans porter l’inscription de la marque. Des actions furent menées par les autorités locales et tous les produits copiés furent détruits.

              Les avocats peuvent trouver les stratégies et les techniques sur le plan juridique et politique pour protéger l’intérêt d’un titulaire dans un cas concret, comme le montre l’affaire Microsoft. Lorsque la société Microsoft voulut lutter contre le piratage, omniprésent en Chine, elle choisit d’attaquer les grandes entreprises chinoises qui utilisaient ses logiciels piratés. D’une part, les grandes entreprises avaient les moyens financiers de payer des dommages et intérêts élevés et, d’autre part, une affaire entre Microsoft et une grande entreprise chinoise attira beaucoup plus l’attention du gouvernement chinois. Les autorités chinoises furent amenées à tenir compte des réactions de la communauté internationale et eurent une influence positive sur les actions administratives de Microsoft et sur le sérieux du résultat judiciaire. Quant aux PME-PMI étrangères, même si les recours pour la protection des droits de propriété intellectuelle représentent un coût (toujours moins élevé qu’aux Etats-Unis ou en Europe), elles peuvent choisir soit d’agir collectivement, soit choisir des stratégies individuelles leur convenant.

              Pour conclure, la protection des droits de propriété intellectuelle s’améliore avec la construction et le développement de l’économie de marché non seulement du fait des actions des entreprises étrangères et de la communauté internationale mais aussi des entreprises chinoises elles-mêmes qui veulent de plus en plus protéger leurs propres créations et du fait des consommateurs chinois qui réalisent l’importance du lien entre la protection des marques et la garantie de qualité des produits.

              En espérant vous avoir intéressé.


            • Eva013 30 mai 2007 21:07

              Je peux confirmer tes dires par un fait. A Xi’an, une ville de la province du Shaaxi, il y a beaucoup de petit magasins de contrefaçons. En 2004, lorsque je suis retourné en Chine, la première chose que je faisait était de me ruer vers un particulier qui vendait des Jeux de PS2 piratés pour 0.5 euros l’unité. Cependant, en 2006, la boutique avait fermé ( :( )car le propriétaire avait extrêmement peur des sanctions si la police découvrait qu’il vendait des jeux piratés. Inutile de préciser que les contrefaçons vidéoludiques sont introuvables dans le centre de Xi’an, il faut aller dans les quartier les plus marginalisés pour les trouver. Résultat : cette politique de respect de la propriété intellectuelle a fait couler ce commerce. Je suis retourné dans le centre de Xi’an pour acheter des jeux de ps2, mais chaque jeux ( non piraté) coûtait 200 yuan ( 20 euros), ce qui représente environ 1/4 du salaire mensuel d’un chinois moyen. Si cette politique ne coule pas aussi les magasins qui vendent des produits non contrefaits, je serai vraiment très étonné.


            • baihi (---.---.227.79) 19 septembre 2006 21:44

              La copie est inévitable pour progresser. Attendez qu’ils aient des champions en software , un genre de Microsoft ou Intel 100% chinois, et ils obligeront tout le monde à respecter la propriété intellectuelle. En attendant, ils font comme ils peuvent pour faire de petits profits... smiley


              • (---.---.137.173) 27 septembre 2006 15:53

                Peut-être, que les européens et les américains trouveront alors des arguties pour remettre en cause la propriété intellectuelle chinoise.

                D’ailleurs, si on regarde ce qui se passe sur les brevets des médicaments aux USA on voit que l’application et l’interprétation des lois y sont (déjà) à géométrie variable.


              • TToon (---.---.194.250) 20 septembre 2006 13:36

                La Chine ne suit-elle pas tout simplement le schéma qu’avaient déjà expérimenté en leur temps le japon et les dragons asiatiques ?

                Ce schéma, mélant protectionisme et rattrapage technologique par le pillage des innovations (souvenons-nous des « made in japan » des années 80 suivi du « made in taiwan » des années 90), a permis l’émergence d’une économie de la recherche financée par la contrefaçon.

                Ce dégagement de fond et cette émergence d’une R&D a alors fait basculer ces pays dans une autre logique économique. Devenus acteurs de progrès, il leur a alors paru essentiel d’adopter les outils de la propriété industrielle pour protéger les propres avancées.

                La Chine n’est pas encore arrivé à ce stade, mais regarde dans cette direction. D’ici 10 ans, on devrait vraisemblablement voir la Chine sur le devant de la recherche et en consequence la voir adapter les mesures nécessaires contre la contrefaçon.


                • Forest Ent Forest Ent 22 septembre 2006 02:01

                  La Chine suit également le chemin sur lequel l’avaient précédé les Etats-Unis au 19ème siècle.

                  Contrairement à ce que pensent certains angélistes du libre-échange, une nation n’a pas forcément intérêt à commercer avec une autre, et pas selon les règles de celle-ci.


                • tomtaddei 23 septembre 2006 06:15

                  La Chine...a mon sens, le mirage du 21 eme siecle.

                  Je vis a shanghai depuis maintenant une annee...et je vais essayer de repondre tant bien que mal avec ma vision de la Chine aux differentes interrogations posees par l’article et les commentaires en reprennat certaines choses.

                  La contrefaon en Chine : Bien sur c’est evident, mais il y en a aussi en france et en Europe...seulement quel est la part de produits « Made in China » dans le Monde !!!

                  La population chinoise, sait, contrairement a ce que l’on peut penser differencier les produits contrefaits des produits originaux et cela, les marques l’ont bien compris il y a maintenant plus de dix ans (il n’est pas rare de voir un vendeur de faux polos Lacoste devant une boutique officielle de la celebre marque) leurs produits n’etant pas adresses aux memes clienteles que les produits contrefaits (du moins ici en chine, a l’export c’est une autre question), tout simplement et quel que soit le secteur y compris l’industrie.

                  En ce qui concerne le choix du partenaire, les « joint venture » n’etant plus une obligation je conseille vivement les WOFE (filiales a capitaux 100% etrangers) qui sont un moyen de s’assurer pour l’ avenir (cf. Fiat a Nankin ou Pepsi Co avec son embouteilleur) par contre privilegier sans aucune restriction du personnel chinois hautement qualifie qui saura s’entourer d’un solide reseau (importance capitale en Chine).

                  La corruption, etant monnaie courante ici, toute plainte, reclamation, licence et autres s’obtient beaucoup plus rapidement lorsque l’on met la main au portefeuille...

                  De meme, il ne faut pas oublier que malgre toutes les evolutions de la Chine d’un point de vue commercial et politique, il s’agit d’un systeme tres complexe qui allie une economie capitaliste a un regime communiste oppose par definition mais qui dans la realite ne se cotoient pas trop mal, tant que la « nomenklatura » locale s’’y retrouve.

                  D’ailleurs, il est monnaie courante de dire ici, que si vous voulez faire des affaires, enrichissez vous, mais ne faites jamais de politique...

                  La chine a la differrence des dragons asiatiques dans les annees 90 et du Japon dans les annees 70 -80 a un regime politique ancre dans les moeurs et apres un tendance a l’occidentalisation ces 10 dernieres annees on assiste depuis peu a un repli sur la culture asiatique profonde prechee par Confucius et ses acolytes et a un delaissement, voir un rejet des cultures occidentales et japonaise par une grande partie de la population.

                  Le PIB de la chine, presente un tres faible pourcentage lie a la consommation des menages, les investissements tirant aujourd’hui ce pays vers le haut, mais pour combien de temps... ???

                  Les autorites locales l’ont bien compris et ont pour cela des solutions : Investir afin de moderniser et developper les regions ainsi que leur attractivites afin d’etaler l’emploi sur l’ensemble du pays Limiter les investissements etrangers par la mise en place de barrieres fiscales, geographiques... Limiter la mecanisation, afin de reduire les licenciements et autres restructurations Creer des emplois gouvernementaux injustifies (cf. pour ceux qui connaissent les « Trafic Assistant »).

                  Non la Chine, n’est pas le pays ou il est possible de faire des affaires juste en posant un nom (c’etait une autre epoque), cependant cela est encore vrai, quand on arrive le premier dans son secteur on le reste tres longtemps, malgre la contrefaçon.

                  Pour revenir a l’article de depart, il me semble tres interessant de reprendre une chose qui a ete dite, les protections intellectuelle et industrielle sont tres importantes ici afin de ne pas se retrouver copier et etre accuse d’etre le copieur... En ce qui concerne les transferts de technologies arreter de vous inquieter, on a pas besoin de leur donner les plans, leurs techniques d’espionnages sont calques sur celle de l’ex-blocs sovietique et meritent toutes nos eloges.

                  Cependant il est vrai que l’Europe a enormement de soucis a se faire si elle veut rester competitive, et ce n’est pas avec nos belles 35 heures (temps de sommeil / semaine ici) que nous allons developper de nouveaux produits. sans aucune concurrence...

                  Et cela sans compter sur l’Inde, ou le personnel est hautement plus qualifie et dont on assiste depuis trois ans maintenant au grand reveil et la Russie qui detient la majeure partie (je ne me rappele plus du pourcentage) de l’energie mondiale indispensable au fonctionnement de nos cheres industries...

                  En resume, la Chine ce n’est qu’un avertissement de ce que nous reserve l’avenir... Agissons maintenant...

                  Amicalement Thomas

                  PS : Je reste a votre disposition par email tom@thomastaddei.com pour toutes informations. j’ai egalement de contacts d’entreprises specialisees dans la propriete intellectuelle a Shanghai.

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