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La quatorzième réunion des dirigeants économiques de l’APEC à Hanoï

M. Georges W. Bush est à Hanoï, au Viêt-Nam, pour assister, les 18 et 19 novembre , au Forum de coopération économique Asie-Pacifique (Apec), dont font partie vingt-et-un pays riverains de l’Océan pacifique. Cette réunion, qui lui donnait l’occasion de réaliser un grand « show », un grand spectacle diplomatique, a été ravalée non pas au rang d’un voyage ordinaire, mais au niveau d’une mission sans résultat très brillant.

Me président Clinton, premier président américain à avoir été accueilli avec des acclamations après la Guerre du Viet-nam, avait remporté un grand succès ; cela n’a pas été le cas cette fois-ci pour M. Georges W. Bush. Des curieux sont venus voir passer son cortège. Des honneurs officiels au Palais du gouvernement sous le buste du défunt père de la Patrie, Ho Chi Minh, mais pas plus. On savait déjà que la nouvelle Chambre démocrate des représentants l’avait privé de la satisfaction de signer le « traité historique de libre-échange » qu’il avait projeté de conclure avec le Vietnam. Les députés avaient rejeté, avant son départ, cet accord commercial avec le Viêt Nam. La tournée asiatique que le président entreprenait a donc perdu de sa portée symbolique. Comment promettre, quand on sait qu’on n’en pas l’autorisation ?

Une dépêche de Reuter’s affirme qu’il a néanmoins cherché à rassurer les Vietnamiens sur sa capacité à mener à bien ses objectifs en matière de libéralisation des échanges.

« Je pense que cela se fera », a prédit G.W. Bush lors d’entretiens au palais présidentiel vietnamien.

Sa visite apparemment tournée vers l’avenir devra néanmoins évoquer le passé. Le président doit se rendre au Bureau de recensement conjoint des prisonniers de guerre et des disparus au combat. Trente et une années se sont écoulées depuis la fin des combats. Mais on est toujours sans nouvelles de près de 1800 soldats américains.

Lors d’une visite à l’Université de Singapour, le président Bush a réaffirmé la volonté des Etats-Unis de demeurer engagés en Asie. Mais quelle est la valeur d’une promesse exprimée par un chef d’Etat parvenu à mi-course de son mandat et affublé, pour le temps qu’il lui reste, d’un congrès en opposition ?

Pendant ce temps, les nations européennes et leurs instances gouvernementales, parlementaires ou économiques, ne paraissent pas se rendre compte, absorbées qu’elles sont par des problèmes quasi paroissiaux, que depuis une bonne vingtaine d’années, le bassin de l’Océan pacifique est en train de devenir le nouveau centre de gravité de la planète.

C’est là que vivent - ou survivent - les populations les plus pauvres, les plus actives et les plus nombreuses du monde, aux côtés de quelques puissances dont la croissance économique - pour être partie de plus bas - laissent statistiquement loin derrière elles celles des nations européennes.

Créée en 1989, L’APEC est composée de vingt-et-un pays situés en bordure de l’Océan pacifique. Ce regroupement d’économies représente 55 % du produit intérieur brut (PIB) mondial et 47 % du commerce mondial. Ces données en font le forum le plus important de la région Asie-Pacifique.

L’assemblée de leurs représentants va se retrouver, le 28 novembre, pour sa 14e réunion à Hanoï, capitale de la République populaire du Viêt Nam, où le président des Etats-Unis les a précédés. Le choix de cette ville n’est pas neutre, dans une république dont la sévérité des institutions communistes est légendaire, depuis l’entrée triomphale des « Bodoi » dans Saïgon, devenu Ho chi Minh. On n’a pas oublié le pont aérien constitué d’hélicoptères lourds Shinook de l’US Navy, qui évacuaient dans l’urgence vers la 6e flotte, depuis le toit de l’ambassade des Etats-Unis, les diplomates et leurs amis, ainsi que les derniers militaires d’un contingent qui avaient connu et fait connaître sans succès à ce pays ce qu’une grande puissance peut faire subir d’horreur à un peuple qui se bat pour son indépendance.

Récemment le gouvernement d‘Hanoï, s’inspirant des méthodes adoptées par Pékin, a libéré, dans certaines limites permises, son économie. Naguère, l’Indochine ne connaissait pas le thé. Le Viêt Nam est devenu le second producteur en Asie de ce produit et se maintient au deuxième rang des producteurs de riz. Le tourisme se développe à une cadence soutenue. Le pays vient d’ouvrir ses portes à l’informatique en autorisant la construction sur son sol d’un centre de production de microprocesseurs de marque américaine. Les statistiques indiquent, par ailleurs, que depuis trois ans, le taux de croissance de l’économie de ce pays n’est pas descendu au-dessous de 7 %.

Je me souviens que me trouvant à Saïgon en 1964, au moment de la guerre américaine du Vietnam, ayant pris des petits taxis bleus « dauphine » ou « 4 CV » peints en blanc et bleu, j’avais demandé aux chauffeurs ce qu’ils pensaient de la guerre. Ils m’avaient répondu avec un geste large : « Tant qu’elle nous rapporte des billets verts... ». On sait que dans toutes guerres, les vainqueurs sont ceux qui en réchappent. Effectivement, les président Clinton et G.W. Bush ne sont jamais allés dans le pays avant 1975.

Cependant, les noms de 58 000 jeunes Américains sont gravés dans le marbre noir du Mur du souvenir d’Arlington, comme à Delphes, en Grèce, ceux des marins athéniens morts lors de la Bataille de Salamine, figurent dans le marbre gris d’un mur mémorial érigé à gauche du Trésor des Athéniens.

Parmi les membres de l’APEC présents dans la capitale vietnamienne, il y aura, venus des côtes américaines du Pacifique, le Canada, les Etats-Unis, le Mexique, le Pérou et le Chili.

Du Sud viendront l’Australie, la Nouvelle-Zélande, de la partie asiatique occidentale du Pacifique, Brunei, Darussalam, l’Indonésie, le Japon, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Philippines, Singapour, la Thaïlande, et la Malaisie.

Puis les tigres du Nord : La Corée du Sud, Hong-Kong, la République populaire de Chine, la Fédération de Russie, Taïpei chinois et la République populaire du Vietnam, considérée comme un des plus pauvres pays, mais un des plus dynamiques en dépit de trente années de guerre, et dont les Etats-Unis recherchent maintenant l’amitié et les bonnes grâces, trente et un ans après leur défaite.

On notera que, pour des causes géographiques, et malgré des liens anciens qui pourraient les unir à certains de ces vingt-et-un pays ou à leur économie, pour de bonnes ou mauvaises raisons, aucun pays d’Europe, aucun des membres de l’Union de l’Europe ne participe à cette assemblée.

Cela peut étonner, au moment où, dans « l’ordre du jour » des financiers, économistes et diplomates, se trouve la globalisation de l’économie planétaire. Cette organisation internationale s’est donnée pour objectif spécifique, affirment ses créateurs, « la promotion de la libéralisation des échanges commerciaux et des investissements, et la coopération en vue de favoriser le développement et la croissance économique ».

L’APEC est ainsi devenue, aux yeux de principaux pays qui en sont membres, « le principal forum en Asie-Pacifique ».

En dépit de sa vocation économique et commerciale initiale, l’éventail des enjeux discutés au sein de cette organisation s’est progressivement élargi en fonction de l’interdépendance croissante des préoccupations politiques et commerciales.

Devenue une assemblée géostratégique, ses activités englobent désormais « la libéralisation du commerce, la facilitation des échanges, et la coopération économique et technique ».

Et plus surprenant encore, étant donné la diversité de ses membres, au-delà des préoccupations technico-économiques, figurent dans ses travaux l’organisation et la coordination de « la lutte contre le terrorisme », qui sont devenues également des objectifs de cette organisation internationale.

On peut se demander qui est visé. On ne peut pas manquer de comparer - au moment où M. Georges W Bush se trouve à Hanoï - certains des objectifs soumis à la 14e réunion de l’APEC à des questions imposées à la conférence de l’OTAN qui se tiendra à la fin du mois à Riga. Par hasard, affirmeront les porte-parole gouvernementaux du continent nord-américain.

Ces derniers, au nom de l’APEC, affirment que l’existence de l’organisation au nom de laquelle ils parlent « offre à ses membres une infrastructure précieuse permettant aux hauts fonctionnaires, aux ministres et aux dirigeants de se consulter régulièrement sur les façons le plus appropriées de gérer les divers défis que posent la mondialisation et l’évolution du commerce international. » Cette perspective paraît être aussi prometteuse que la « promenade d’Alice au pays des merveilles ».

En effet comment des pays aussi importants et peuplés que la Fédération de Russie, la République populaire de Chine, les Etats-Unis, l’Indonésie et le Japon, aux desseins contradictoires ou divergents, vont-ils trouver un langage commun en dehors de l’américain, du chinois, du russe ou du japonais ?

Durant les deux jours de leur rencontre à Hanoï, les représentants des vingt-et-un pays échangeront également leurs points de vue sur les enjeux de la région en matière d’économie, de politique, de santé et de sécurité. On s’attend à ce que les dirigeants abordent les questions suivantes.

  1. Un des principaux sujets de discussion concernera la suspension actuelle des négociations entreprises sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ainsi que le rôle de l’APEC dans la reprise éventuelle des négociations.
  2. Ils étudieront les mesures à prendre pour accroître leur coopération au chapitre de la lutte contre le terrorisme, de la sécurité énergétique et de la protection de la santé.

La lutte contre le Sida et les différentes formes de malaria, les pandémies d’influenza, de grippe aviaire, fera l’objet d’une attention spéciale, a indiqué la représentation canadienne. Et, naturellement, la question récurrente et toujours sans solution des moyens d’améliorer la coopération économique et technique entre les pays développés et les pays en développement.

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2 réactions à cet article    


  • Marie Pierre (---.---.166.127) 20 novembre 2006 14:29

    Article intéressant Monsieur Bellaigue. Et vous soulevez un point important : l’absence de l’Europe, voire de la France qui est fort appréciée au Viet Nam.


    • Mr. William Attah (---.---.88.240) 16 février 2007 19:36

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