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La question religieuse complique l’élection à la présidence du Nigeria

Un accord d’alternance au pouvoir entre chrétiens et musulmans est mis à mal par la volonté du président chrétien par intérim de se présenter aux élections de 2011 après la mort prématurée en mai 2010 d’un président musulman avant le terme de son mandat.

Partition Religieuse du Nigeria

Une démocratie à l’épreuve du clivage religieux Nord-Sud

Lorsque Olusegun Obasanjo pris civilement le pouvoir en 1999 après 15 ans de gouvernance militaire, nombreux sont ceux qui ont pourtant vu en l’ancien général l’homme providentiel pour restaurer la démocratie au Nigeria. Le général Obasanjo qui avait déjà pris la tête du pays en 1976 dans une junte militaire arrivée aux affaires via un coup d’état en 1975, allait rendre le pouvoir aux civils 3 ans plus tard et doter le pays d’une nouvelle constitution. Vainqueur des élections présidentielles de 1999, l’ex-général sorti de sa retraite remit aussitôt au goût du jour le « Zoning System », un principe aujourd’hui contesté d’alternance démocratique du pouvoir entre les Nigérians issus du Nord du pays majoritairement musulman et ceux issus du Sud majoritairement chrétien. Un principe qui est en réalité un accord non écrit au sein du Parti Démocratique du Olusegun Obasanjo Peuple (PDP) archi-dominant dans le paysage politique nigérian. Au terme de son second mandat qui s’acheva en 2007, après de nombreuses manœuvres politiques visant à écarter de la course à la présidence les aspirants les plus crédibles et une tentative avortée de modifier la constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels, Obasanjo sudiste-chrétien allait choisir un duo d’inconnus formé par le nordiste-musulman Umaru Yar’Adua et le sudiste-chrétien Gooodluck Jonathan pour représenter le PDP à la présidentielle de 2007. Le ticket à l’américaine Yar’Adua - Jonathan devait mener le premier à la présidence et le second à la vice-présidence du pays. La candidature de ces deux hommes sans assise ni notoriété politique au niveau national fit naître des craintes que ces derniers ne soient que des marionnettes du président sortant toujours désireux de tirer les ficelles du pouvoir. La crainte d’une gouvernance militaire alimentée par le passé du général poussa beaucoup de Nigérians à juger largement préférables ces manœuvres démocratiques face à la perspective de voir l’ancien général retrouver ses réflexes militaires et conserver le pouvoir d’une manière autoritaire. Obasanjo se conforma finalement à la constitution lors de cette élection présidentielle de 2007 où Umaru Yar’Adua et Goodluck Jonathan furent élus respectivement président et vice-président du Nigeria. L’ancien militaire qui à travers cette élection a permis la première transition démocratique depuis l’indépendance du Nigeria jouit aujourd’hui encore d’une image de fin diplomate à qui l’ONU confie des missions internationales de médiation dans les conflits de la région des grands lacs en Afrique.

La constitution impose un retour prématuré d’une présidence chrétienne

Umaru Yar’Adua de santé extrêmement fragile s’avèrera finalement être un président autonome mais la vacance du pouvoir liée à ses nombreuses hospitalisations en Europe et au Moyen-Orient allait mettre à mal l’équilibre religieux du partage du pouvoir. Dès février 2010 Goodluck Jonathan allait assumer la fonction de président par intérim et ce jusqu’à la mort d’Umaru Yar’Adua en mai 2010. Après moins de deux ans et demi d’exercice effectif du pouvoir, la constitution nigériane allait instaurer une présidence chrétienne de facto jusqu’à la fin du mandat du défunt président et la tenue de nouvelles élections en mai 2011. Conformément au « Zoning System » un vice-président musulman fut désigné. Cependant le « Zoning System » prévoyait 2 mandats nordiste-musulmans consécutifs de 4 années chacun et cette logique devait pousser le président en exercice le sudiste-chrétien Goodluck Jonathan à renoncer à toute candidature à la prochaine élection pour permettre à un nordiste-musulman de diriger le pays jusqu’en 2015. Mais Goodluck Jonathan qui semble beaucoup se plaire dans ses nouvelles fonctions présidentielles se montre peu disposé à laisser passer sa chance lors des prochaines élections. L’homme se garde d’ailleurs de dévoiler ses intentions et laisse ses proches divulguer des informations abondant dans le sens d’une candidature comme l’y autorise toutefois la constitution nigériane. Les partisans du président, majoritairement sudistes, veulent désormais la fin d’un système subitement devenu antidémocratique et anticonstitutionnel à leurs yeux. Le PDP après avoir longtemps tergiversé en excluant dans un premier temps les sudistes de la candidature à l’investiture du parti a annoncé que l’actuel président était en droit de se présenter aux prochaines élections de 2011. Les nordistes qui ne voient pas d’un bon œil le flou entretenu par Goodluck Jonathan sur l’éventualité de sa candidature le pressent de clarifier la situation et de ne pas se laisser influencer par ceux qui aujourd’hui l’encouragent à abolir une pratique qui l’a mené au sommet de l’État. Les nordistes n’hésitent d’ailleurs pas à brandir la menace d’une instabilité politique qui dans le passé a coûté la vie à des milliers de citoyens.

Une partition religieuse qui peine à masquer l’épineuse question de la partition ethnique du pays

Plus d’une décennie après son indépendance, face à l’instabilité politique du pays et à la multiplicité des coups d’État ayant conduit l’armée aux affaires, la classe politique a recherché un consensus visant à rendre le pouvoir aux civils et à pérenniser une démocratie encore fragile. Le « Zoning System » est alors théorisé en 1979 par le nordiste Shehu Shagari, le premier président civil élu du pays avec le double objectif de rendre les institutions démocratiques et de favoriser la représentativité des différents groupes ethniques pour réduire les risques de déstabilisation liés aux conflits ethniques dans la jeune nation nigériane. Le terme « zoning » renvoie aux six zones géographiques du pays dont 3 se trouvent au Nord et 3 au Sud. Dans un pays qui compte quelques 250 groupes ethniques, et où le pouvoir se concentrait dans les mains des représentants d’une poignée d’ethnies majoritaires, le principe du « Zoning System » qui ne concernait pas que la classe politique, devait garantir à tous l’accès aux institutions, à l’administration, aux entreprises publiques et ce quelque soit le poids démographique de l’ethnie à laquelle on appartient. En 1983 les militaires ne tardèrent pas à travers un coup d’État interrompant le second mandat de Shehu Shagari à mettre un terme à cette expérimentation. S’ensuivirent alors 15 longues années de gouvernance militaire pendant laquelle des généraux nordistes allaient se succéder au pouvoir jusqu’en 1999 année pendant laquelle Olusegun Obasanjo sudiste-chrétien de l’ethnie Yoruba arriva aux pouvoirs et réinstaura le « Zoning System ».

Un système politique de plus en plus contesté

Les détracteurs du « Zoning System » rappellent qu’il n’a aucun fondement constitutionnel et que ce n’est qu’un accord antidémocratique au sein du parti majoritaire dans le pays. Pour ces derniers le principe du « Zoning System » constitue un obstacle à l’émergence d’une méritocratie qui verrait les citoyens les plus talentueux de l’État occuper les postes les plus importants. A leurs yeux ce système qui amène au pouvoir des incompétents uniquement choisis sur des critères ethniques, géographiques ou religieux ne peut que favoriser le clientélisme, le népotisme, la corruption et l’incurie de l’État face aux défis économiques et sociaux auxquels doit faire face la population. Le « Zoning System » compte des détracteurs de part et d’autre de la ligne de séparation religieuse Islam-Christianisme du pays. Ces derniers qui contestent le rôle de maintien de la paix et de la stabilité que jouerait le « Zoning System » citent de nombreux exemples de conflits et de massacres interethniques qui ont accompagné la mise en œuvre de ses principes dans toutes les zones du Nigeria. On peut en effet citer le massacre dans la région d’Odi en novembre 1999 quelques mois après la prise de fonction du président Obasanjo, ceux de la ville de Zakibiam en 2001 ou plus récemment encore ceux de la ville de Jos en mars 2010 largement médiatisés dans les médias occidentaux. Tous ces conflits au sein de la population nigériane montrent que la paix et la stabilité restent encore un doux rêve qui tarde à devenir réalité. Pour beaucoup une stabilité durable dans le Nigeria actuel passe par un engagement fort dans le développement économique qui nécessiterait l’implication des hommes et des femmes les plus talentueux susceptibles de diriger les principaux secteurs économiques du pays. Cependant ces nombreuses critiques s’expliquent aussi par le fait que beaucoup de citoyens nigérians peinent à comprendre les principes du « Zoning System » et l’opacité des tractations dans les coulisses du parti dominant PDP pour le choix des candidats aux hautes fonctions de l’État est jugé antidémocratique. Les dérives qui en émanent donnent l’impression d’une oligarchie corrompue dont les membres se partagent le pouvoir tout en s’estimant représentatifs de la diversité ethnique et religieuse du pays.

Les hésitations du président Goodluck Jonathan lui-même et ceux des cadres du PDP montrent à quel point la société nigériane est divisée sur cette question de remise en cause du « Zoning System » qui compte encore de nombreux partisans dans le pays. Les partisans de cette « affirmative action » à la nigériane soulignent son apport dans la stabilisation politique du pays et la chance donnée aux personnes issues des minorités ethniques d’accéder au pouvoir. Le président du sénat, le président de l’assemblée nationale, le chef du gouvernement fédéral, le vice-président tout comme le président ont tous été choisis sur les critères du « Zoning System » que certains veulent voir disparaître. Dans la magistrature, le syndicalisme, la direction de la santé publique et les directions des universités du pays, on applique le « Zoning System ». Certains partisans qui concèdent toutefois qu’une évolution du principe devrait rendre son application moins systématique sur l’ensemble du territoire et dans le choix des candidats aux hautes fonctions de l’État rappellent aussi que cette discrimination positive profitent principalement aux leaders chrétiens et aux minorités ethniques jusqu’alors écartés du pouvoir par les ethnies majoritaires. Un des arguments de poids des soutiens de la probable candidature de Goodluck Jonathan est son rôle joué dans la transition pacifique du pouvoir après le décès de l’ancien président Umaru Yar’Adua et dans l’accalmie observée dans la région du delta du Niger. Mais cette accalmie précaire observée dans cette région pétrolifère pourrait tout aussi être liée à la présence au pouvoir d’un homme dont l’ethnie Ijwa est la même que celle des milices du mouvement pour l’émancipation du delta du Niger. Ce n’est donc pas un pur hasard si la tension retombe dans cette région au moment où un citoyen qui en est issu accède pour la première fois à la présidence 50 ans après l’indépendance du pays. Cette relative stabilité dans le pays pourrait cependant être mise à mal ces prochains mois par les nordistes qui n’accepteront pas la candidature de l’actuel président. Un débat dont on ignore encore les conséquences et qui risque d’accentuer encore plus les clivages religieux et ethniques qui constituent une réelle menace pour l’existence de la nation nigériane.

Un Etat qui a déjà payé au prix fort les velléités d’indépendance de ses ethnies

Moins d’une décennie après son indépendance le Nigeria allait connaître une guerre civile de 1967 à 1970 connue sous le nom de guerre du Biafra provoquée par la sécession d’une de ses régions orientales majoritairement peuplée par l’ethnie Igbo. Cette guerre qui a fait plus d’un million de morts et dont les principales causes sont liées aux conflits et aux luttes de pouvoir entre les ethnies majoritaires du pays allait faire prendre conscience à la population que les tensions ethniques constituaient le plus grave danger qui hypothéquait la survie du pays sous sa forme actuelle. Aujourd’hui encore les relations interethniques constituent une grave menace pour la sécurité des millions de Nigérians qui sont amenés à vivre dans des villes et des régions rendues multiethniques par la mobilité de la population en quête de travail. Depuis le début du régime civil en 1999, au moins 13 500 personnes ont été tuées dans les conflits ethniques ou religieux selon l’ONG Human Right Watch (HRW). Sur le plan politique, lorsque les partis ont émergé au Nigeria ils ont d’abord été le reflet des différentes ethnies dominantes du pays. La constitution qui a vu le jour en 1978 a tenté de résoudre ce problème en obligeant les partis à obtenir un soutien dans l’ensemble des régions pour être légalisés. Le système fédéral inspiré de celui des Etats-Unis a doté le pays de 36 Etats eux-mêmes divisés en de nombreuses entités dotées d’un gouvernement local. Ce fédéralisme censé mieux prendre en compte les spécificités culturelles des populations gouvernées n’a pas fait disparaître pour autant les conflits liés à la représentativité. Une instabilité qui pénalise économiquement ce pays qui est le plus peuplé d’Afrique avec 130 millions d’habitants et occupe le sixième rang mondial dans la production du pétrole dont les ressources se trouvent dans le delta du Niger. Les grandes compagnies pétrolières sont parfois contraintes de fermer les sites de production sous les menaces de groupes rebelles qui sabotent régulièrement les installations d’acheminement du pétrole et kidnappent les employés.

Mouammar Kadhafi conseille la scission du pays pour mettre fin aux sanglants conflits ethniques

En mars 2010 suite aux derniers massacres ethniques à caractères religieux dans la ville de Jos, l’excentrique guide libyen Mouammar Kadhafi avait suggéré au Nigeria une partition suivant le modèle indo-pakistanais en deux États entre le nord musulman et le Sud chrétien pour mettre un terme aux sanglants conflits ethniques dans les régions centrales du Nigeria où cohabitent les communautés chrétiennes et musulmanes. Une telle séparation difficilement concevable dans le Nigeria d’aujourd’hui était pourtant la situation de cette région avant 1914 lorsque les Britanniques décidèrent d’unifier leurs protectorats du Sud-Nigeria et du Nord-Nigeria de cultures pourtant radicalement différentes. Le ministre nigérian des affaires étrangères après avoir qualifié d’irresponsables les propos du colonel Kadhafi avait annoncé le rappel de l’ambassadeur Mouammar Kadhafi nigérian à Tripoli la capitale libyenne. Après ces protestations officielles des autorités nigérianes Kadhafi alla plus loin dans la provocation en suggérant cette fois-ci non plus un démantèlement en deux États mais un démantèlement du Nigeria sur le modèle Yougoslave. Il rappela que l’ethnie Yoruba dans le Sud-ouest du pays veut un Etat, les Igbo dans le Sud et l’Est en veulent un aussi tout comme les Hausa dans le Nord et les Ijaw dans le riche delta du Niger. Les provocations de celui qui venait alors de diriger l’Union Africaine auront au moins eu le mérite d’attirer l’attention des autorités nigérianes sur l’urgence des indispensables mesures à prendre pour contenir les tensions entre quelques groupes ethniques qui peinent à cohabiter et donnent au monde entier une image absolument désastreuse d’un pays englué dans ses guerres tribales. Sans compter que lorsque les religions s’y trouvent mêlées cela alimente inévitablement les fantasmes d’une guerre de religions entre le monde chrétien et le monde musulman.

Impossibilité de pousser l’ethnicité hors du champ politique

Dans un pays où aucun groupe ethnique ne dispose d’assez de membres pour imposer une hégémonie par le biais des mécanismes d’une démocratie classique, les hommes et les femmes politiques ayant des ambitions nationales sont contraints de bannir de leurs discours toute référence à l’ethnicité sous peine de ne pouvoir rassembler au-delà de leurs communautés. Cette aptitude est d’autant plus nécessaire qu’il est difficile de faire émerger une conscience nationale au sein de ces populations où l’ethnicité est l’essence de l’individu. L’ethnie renvoie à l’homme l’image de ses traditions, de ses coutumes, d’un espace géographique qu’il croit sien, des croyances et tout un ensemble de choses dont il n’a pas conscience mais qui pourtant forgent son identité. Cette conception de l’ethnicité pourtant répandue en Afrique subsaharienne peut sembler étrange en Occident où l’ethnie est plutôt négativement perçue, dénuée de toute dimension Goodluck Jonathan culturelle, associée à de vagues caractéristiques physiologiques quand elle ne renvoie pas simplement aux bruyants combats des minorités pour se faire une place dans le paysage politico-médiatique. Au Nigeria comme ailleurs en Afrique noire les peuples souvent implantés de part et d’autre d’une frontière d’un État peuvent difficilement se référer à un référentiel culturel commun qui développerait en eux un fort sentiment d’appartenance à une nation. L’histoire du Nigeria en tant que nation n’est malheureusement pas celles de ses 250 groupes ethniques. Pour se débarrasser de l’ethnicité dans l’espace publique les politiques ont beau avoir adopté la rhétorique de leurs homologues occidentaux, ils ont beau jouer le jeu du bipartisme gauche-droite, socialiste-libéraux ou nationaliste-internationaliste, ils ont beau teinter leurs discours de relents marxistes ou capitalistes, parler de patrie, de nation, de république et de tous ces termes qui en Occident font consensus et sont rassembleurs, leurs ethnies restent leurs bases politiques. Cette situation n’est fort heureusement pas une fatalité comme le montre l’histoire d’Olusegun Obasanjo triomphalement élu en 1999 avec 62.6% de voix alors qu’il réalisait le plus faible de son score dans sa région natale où son ethnie Yoruba ne lui avait toujours pas pardonné l’abandon du pouvoir en 1979 à un candidat de l’ethnie Hausa. Rassembler par delà les considérations ethniques et garantir une fois au pouvoir une représentativité ethnico-réligieuse de la population du pays dans un contexte pacifique est un art extrêmement complexe. Le président nigérian Goodluck Ebele Jonathan que l’on décrit comme un homme chanceux tant son ascension au sommet de l’État a été fulgurante, dispose de peu de temps pour réaliser cette prouesse.

NomeFam


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5 réactions à cet article    


  • Waldgänger 23 août 2010 11:54

    Remarquable article, encore une fois, qui n’appelle pas de commentaires particuliers. Chapeau pour la quantité d’informations rassemblées, la qualité et la clarté de leur exposition.


    • Hesprides Hesprides 23 août 2010 13:08

      encore une grille de lecture ethno-religieuse !!

      Justice, redistribution de richesses, liberté d’expression sonneront toujours mieux et pourraient promettre un avenir plus radieux pour ce grand pays


      • Hesprides Hesprides 23 août 2010 13:10

        toujours cette satanée lecture ethno-religieuse !!!

        On n’entend que peu parler de justice, répartion des richesses, liberté d’expression...


        • Waldgänger 23 août 2010 20:24

          Je ne suis pas vraiment d’accord avec votre analyse. Ce qui me dérange, c’est que vous plaquez des grilles de lecture marxisantes et occidentalisantes sur une réalité qui ne peut y correspondre. Oui, le tribalisme a d’une certaine manière ingéré le fonctionnement des institutions démocratiques formelles, tout comme on peut dire qu’en Occident, ces institutions ont été avalées par autre chose (le système du code, la sphère de la consommation ?). 


        • Waldgänger 23 août 2010 20:55

          Vos deux commentaires me posent problème parce qu’ils se posent dans une perspective qui est pour moi fausse, qui placerait la culture dans les superstructures et l’économie dans les infrastructures. Dans ce cas, tout processus social serait à décoder uniquement dans le sens où il révélerait en dernière instance son explication originelle par le jeu des « forces productives », explication qui est fausse. Le fait de placer la production comme concept central d’étude de toute société est faux, ça ne s’applique pas à ce que semble être la société nigériane, et ça ne s’applique même pas, ou plutôt même plus, à nous.

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