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Accueil du site > Actualités > International > La RD Congo : Kigali conteste le rapport de l’ONU

La RD Congo : Kigali conteste le rapport de l’ONU

Selon le rapport annuel du groupe d’experts des nations unies qui enquête sur la situation sécuritaire dans la région du kivu. L’ONU[1] accuse une nouvelle fois Kigali et Kampala de collusion avec le M23 . Provocant immédiatement une réaction de Kigali « cette situation ne cesse pourtant se susciter de nombreuses interrogations. En effet, compte tenu de la résurgence militaire du M23  ainsi que la violation de droits de l’homme dans la région des grands lacs.

Le retour des rebelles du M23

En effet, « les membres du conseil de sécurité ont examiné le 23 janvier 2014 à New York le rapport des experts des nations unies »tout en accusant le Rwanda et Ouganda d’aider les rebelles congolais du M23[2]. « Selon Olivier Nduhungirehe le représentant permanent adjoint du Rwanda à l'ONU, parlant d'"accusations sans fondement" et de non respect de la procédure ». Le Rwanda "conteste ce rapport" sur le fond et sur la forme, a-t-il affirmé. "Les accusations sont toujours les mêmes mais il n'y pas de preuve et la méthodologie est contestable (..) on veut maintenir la pression sur le Rwanda".

Il a accusé les experts, "qui n'ont d'expert que le nom", de se rendre sur le terrain pour "recycler des rumeurs". "Nous ne sommes pas d'humeur à continuer à servir de punching ball", a-t-il lancé. « Il faut selon le diplomate rwandais que l'ONU révise le recrutement et les méthodes de ses groupes d'experts afin "d'éviter que cinq ou six experts n'accusent un pays sans preuve ».Mais pourquoi l’ONU accuse à nouveau Le Rwanda ?

De toute évidence,l’envoyé spécial de l'ONU en République Démocratique Congo, Martin Kobler, le chef de la mission de l’ONU en RDC, a fait état « d’informations crédibles » selon lesquelles le M23 continue de recruter et redevient actif dans l’Est du Congo :

« Des sources crédibles font état de la poursuite du recrutement militaire après les accords de paix conclus à Nairobi en décembre ».

 « Nous ne devons tolérer aucune réapparition militaire des rebelles du M23", avait-il affirmé, invitant Le Rwanda et L’Ouganda "à tout faire pour éviter que des éléments du M23 ne trouvent refuge ou ne s'entraînent sur leur territoire". Le mouvement du M23,mis en déroute au mois de novembre par les FARDC appuyée par la force onusienne, a toujours nié de vouloir reprendre les armes ».

La violation des droits de l’homme dans la région des grands lacs

La question des droits de l’homme dans la région des grands lacs ont connu une régression,vue d’un œil pessimiste,peut être considérée comme négative. « Les textes et constituions sont là,ils garantissent,et sans exception aucune , les droits de l’homme et libertés fondamentales »[3]. « Cependant, il ne faut pas oublier que si les occidentaux sont arrivés à un niveau de développé en matière des droits de l’homme il leur ait fallu deux siècles si on retient que les dates de 1789 et 1948 » qui sont respectivement, la date de la déclaration française des droits de l’homme et du citoyen et la date de la déclaration universelle des droits de l’homme. Par ailleurs, la situation actuelle des pays de grands lacs marquée par un retard flagrant dans tous les domaines :Politique, économique et social ; frappé en sus de ça par le génocide, conflits armés etc, constituent autant des facteurs qui empêchent la plupart des pays de la CEPGL[4] à atteindre un certain degré de développement à même de leur permettre la satisfaction de leurs besoins essentiels. Comment peut-on alors parler dans ces conditions des droits et libertés ? En réalité les pays des grands lacs sont en crise, c’est pourquoi , il ne faut pas désespérer , ils sauront à la longue tendre de façon asymptotique vers cet idéal commun à l’humanité [5] : la déclaration universelle de droits de l’homme ça reste et restera toujours, un souhait pour tous.

Ferdinand LUFETE

 

Notes :

[1] ONU : L'Organisation des Nations unies (ONU) est une organisation internationale regroupant, à quelques exceptions près, tous les États de la planète. Distincte des États qui la composent, l’organisation a pour finalité la paix internationale. Ses objectifs sont de faciliter la coopération dans le droit international, la sécurité internationale, le développement économique, le progrès social, les droits de l’homme et la réalisation à terme de la paix mondiale. L’ONU est fondée en 1945 après la Seconde Guerre mondiale pour remplacer la Société des Nations, afin d’arrêter les guerres entre pays et de fournir une plate-forme de dialogue. Elle contient plusieurs organismes annexes pour mener à bien ses missions.

[2]. M23 : Le Mouvement du 23-mars, également appelé M23, est un groupe créé suite à la guerre du Kivu. Il est composé d'ex-rebelles du CNDP réintégrés dans l'armée congolaise

suite à un accord de paix signé le 23 mars 2009 avec Kinshasa. Ils se sont ensuite mutinés en avril 2012. Leur nom provient des accords du 23 mars 2009, car les membres considèrent que le gouvernement congolais n'a pas respecté les modalités de celui-ci. Le M23 est accusé de nombreuses violences contre les populations civiles, par des ONG (Human Rights Watch), par le tribunal pénal international et par le gouvernement américain

[3]. : Najb-bah- Mohemed,Libertés publiques année 95/96 Fac de Droit Fès(Maroc) p.38

[4] CEPGL : est une organisation internationale créé en septembre 1976 pour l'intégration économique et la facilitation des mouvements des biens et des personnes entre différents pays de la région des grands lacs d'Afrique centrale, le Burundi, le Zaïre—actuelle République démocratique du Congo (RDC)—, et le Rwanda. Elle a son siège à Gisenyi au Rwanda, ville de Goma en RDC (de l'autre côté du Lac Kivu).

En 1994, la crise burundaise puis le génocide rwandais plongent la CEPGL dans une crise. Et en 1996, tous les accords sont suspendus suite à l'agression de la souveraineté territoriale zaïroise par les troupes de l'Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo

(AFDL) et de l'Armée Patriotique Rwandaise (APR).

En 2004, Louis Michel, ministre des Affaires étrangère de la Belgique invite les ministres des Affaires étrangères de la RDC, du Rwanda et du Burundi au Palais d'Egmont à Bruxellespour discuter des modalités d'une éventuelle relance de la CEPGL.

En 2008, est décidée une relance de la CEPGL, confirmée en août 2010, suite à une rencontre entre les présidents Kagame du Rwanda et Nkurunziza du Burundi

[5] KAREL-Vasak « les dimensions internationales des droits de l’homme » paris-ed l’unesco 1978 p 628


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Lufete Ferdinand

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