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Accueil du site > Actualités > International > La Russie et l’Islam, 6e partie : Le Kremlin

La Russie et l’Islam, 6e partie : Le Kremlin

Par Le Saker

 

Article original : http://thesaker.is/russia-and-islam-part-six-the-kremlin/

Source : http://lesakerfrancophone.net/russie-et-islam-acte-vi-le-kremlin/

Traduit par Abdelnour, relu par jj et Diane pour Le Saker Francophone

 

Voir première, deuxième, troisième, quatrième et cinquième parties.

 

Note : cette série d'articles a été écrite il y a plus d'un an, avant les événements en Ukraine et l'intervention US avortée en Syrie. La situation de la Russie en général et de Vladimir Poutine en particulier est bien meilleure aujourd'hui, confirmant les prédictions de l'auteur.

 

Voici un sujet que j’ai beaucoup hésité à traiter, et ceci pour de nombreuses raisons, l’une d’entre elles étant que mon opinion en la matière a fini par changer. Ce n’est pas dû à la découverte de faits indéniables, mais plutôt à une combinaison de facteurs comme la lecture "entre les lignes" de compte-rendus d’événements, plusieurs faits annexes pointant tous dans la même direction, en plus d’une certitude instinctive, inévitablement subjective mais extrêmement forte. Je vais énoncer ma thèse sans ambages. Je suis arrivé à la conclusion qu’il existe depuis de nombreuses années plusieurs groupes d’intérêts en conflit au Kremlin, et que l’un de ces groupes a pris la décision de sortir de l’ombre et de passer à l’attaque contre l’autre de façon discrète, mais bien perceptible. Le résultat de ceci est qu’une révolution en profondeur est en cours en Russie et que les quatre ou cinq prochaines années verront d’énormes changements ou une terrible lutte de pouvoir à l’intérieur du Kremlin.

Le monde musulman et le "facteur islamique" en Russie n’ont que peu d’incidence, voire aucune, dans ce conflit, mais le résultat de ce dernier définira la politique de la Russie envers les musulmans du pays ainsi que vis-à-vis du Moyen-Orient et du reste du monde. C’est pourquoi j’ai décidé de traiter ce sujet aujourd’hui.

 

 

Dans le passé, j’étais d’avis que Poutine autant que Medvedev étaient tous deux des représentants du même groupe d’intérêts, que l’on peut décrire comme une association entre certains services de sécurité et les grosses fortunes. Je mets au crédit de ce groupe d’avoir réussi très habilement à rouler le régime Eltsine sous contrôle US et ses oligarques juifs, et à briser ce contrôle dès l’arrivée au pouvoir de Poutine. Je crois toujours que c’est exactement ce qui s’est produit, mais j’en suis arrivé à réaliser qu’il y a dans tout cela une dimension que je n’avais pas perçue dans le passé.

En premier lieu, je ne voyais dans les événements de 1999-2000 que la victoire de Poutine et de son clan contre l’oligarchie juive (ce qui est le cas) et contre les intérêts US. Ce dernier point n’est pas si tranché. Oui, lorsque Poutine est arrivé au pouvoir, il a décapité les personnages clés de l’oligarchie, mais il n’avait absolument pas les moyens de changer le système que ces oligarques avaient mis en place avec leurs commanditaires US. Les individus furent remplacés, mais le système resta fondamentalement le même. Berezovsky et Gusinsky s’enfuirent de Russie, Khodorkovsky fut gratifié d’un séjour bien mérité dans un camp de bûcherons en Sibérie, mais le système que ces types avaient construit resta en place : les médias baissèrent un peu le ton de leur propagande la plus voyante (surtout au sujet de la Tchétchénie), les nouveaux Russes millionnaires cessèrent leurs tentatives de se payer la Douma (comme l’avait fait Khodorkovsky), les différents mouvement séparatistes se firent discrets, et la mafia russe entreprit d’être plus prudente dans ses activités. Mais les lois fondamentales, la Constitution, le système de gouvernement, ne furent absolument pas réformés. De plus, parmi les hommes de Poutine, certains voulaient à tout prix approfondir l’intégration de la Russie dans l’Occident et son système international sous contrôle US. Certains d’entre eux étaient visiblement des agents d’influence rémunérés émargeant au MI6 ou à la CIA, d’autres agissaient par conviction que ceci représentait la meilleure option pour la Russie. Cette catégorie se trouve bien souvent proche de Medvedev, aussi bien physiquement qu’intellectuellement. Après les années 1990, un grand nombre de ces gens gardèrent des positions clé dans diverses agences gouvernementales, des agences de médias et des intérêts d’affaires. Qui était à l’intérieur des cercles de pouvoir à l’époque n’est pas moins important que qui en était exclu. Certaines personnalité extrêmement populaires furent écartées très loin de ces cercles. Le cas de Dimitri Rogozin, qui fut envoyé à Bruxelles, illustre bien ce point.

Ainsi, tout ce à quoi nous avons assisté entre 2000 et 2012 est un grand tour d’équilibriste, un compromis entre au moins deux des groupes d’intérêts : je nommerai le premier les Intégrationnistes Atlantistes (en faveur de l'OTAN) et le second les Souverainistes Eurasiatiques. Le premier groupe veut que la Russie devienne un partenaire respecté de l’Occident alors que le second a pour objectif la création d’un monde multipolaire dans lequel aucun pays, aucune alliance, ne détiendrait un pouvoir suprême.

De la même façon qu’à la fin des années 1990 les partenaires du tandem Putin & Medvedev réussirent à déjouer l’oligarchie juive, les alliés du camp Poutine ont apparemment réussi au cours de ces deux dernières années à duper le parti Medvedev. Je suis très sceptique sur le fait que les gens autour de Medvedev aient bien réalisé ce qu’ils faisaient en laissant Poutine se présenter aux élections présidentielles sous le prétexte officiel que sa popularité était plus élevée que celle de Medvedev (ce qui est vrai). On les a probablement convaincus qu’il fallait s’attendre à six années de plus de compromis, mais le fait est que Poutine a fondamentalement changé la trajectoire de la Russie depuis qu’il a été réélu il y a un an.

Dans le passé, des fissures entre les deux camps étaient déjà apparues, entre autres la vente des S300 à l’Iran, la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’intervention en Libye, ou la réponse à la guerre du 08.08.08 en Géorgie, mais ces différends s’étaient toujours réglés en s’appuyant sur le fait fondamental que le rôle du président et celui du chef du gouvernement (Premier ministre) étaient parfaitement délimités, et que chacun devait rester dans sa sphère de compétence. Medvedev le précisa en personne lorsqu’il déclara que la décision de ne pas opposer de veto à la résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU sur la Libye autorisant l’intervention US/OTAN était une décision personnelle, et qu’il en avait lui-même donné l’ordre au ministre des Affaires étrangères. En revanche, Poutine dénonça cette décision en termes très clairs mais ne put s’y opposer. Chaque fois que Poutine et Medvedev se heurtaient sur une affaire, la popularité de Medvedev baissait alors que celle de Poutine augmentait.

 

Serdiukov

Ce conflit devint critique dans le cas d’Anatolii Serdiukov, précédent ministre de la Défense actuellement tombé en disgrâce. Je n’entrerai pas dans les détails, déjà connus, de la façon dont Serdiukov fut confondu, mais je donnerai un seul fait évident : ni les journalistes qui révélèrent les malversations de Serdiukov ni la Commission d’enquête qui ouvrit un dossier d’investigation n’auraient pu le faire sans l’approbation directe de l’administration présidentielle. De la même façon qu’Obama dut donner son accord (lisez donner les instructions nécessaires) dans le scandale Petraeus pour se débarrasser d’un adversaire beaucoup trop gênant et le remplacer par un fidèle, c’est bien Poutine qui fut véritablement le moteur de la chute de Serdiukov. J’ajouterai que l’illusion répandue selon laquelle Serdiukov était un homme de Poutine n’est fondée que sur des clichés de journalistes et n’a en fait aucune pertinence. Si, comme je le crois, Serdiukov fut imposé à Poutine par les Intégrationnistes Atlantistes, Poutine aurait été inévitablement tenu pour responsable des agissements de Serdiukov, même s’il n’avait pas choisi lui-même cet homme. Ceci rendait à Poutine extrêmement difficile tout mouvement contre son protégé.

La raison pour laquelle j’accorde une telle importance à cette affaire Serdiukov est que dans le système politique russe, le ministre de la Défense est pratiquement un second Président : il dirige ce qui est en fait un État dans l’État, il est à la fois très autonome et extrêmement puissant. La fonction de ministre de la Défense est donc un des postes les plus puissants de Russie. Je pense qu’il est également possible que les Intégrationnistes Atlantistes aient concédé à Poutine le poste présidentiel à condition que Medvedev soit numéro 2 et Serdiukov numéro 3. Medvedev est toujours numéro 2 mais Serdiukov a été éjecté et est tombé en disgrâce, et son successeur Sergueï Shoïgu est pratiquement à tous points de vue son antithèse.

 

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Shoigu

Dès que Shoigu entra en fonctions au ministère de la Défense, il éjecta sans ménagement le général Makarov, Chef d’état-major (un personnage d’une incomparable médiocrité), et le remplaça par un officier combattant extrêmement doué et immensément respecté, le général Valerii Gerasimov, qui à son tour rappela toute une liste de généraux admirés et très compétents qu'il réinstalla aux postes clés de la Défense. Shoigu annula également certaines des pires mesures connues comme les "réformes de Serdiukov" dans toute une série de domaines comme la formation militaire, la médecine militaire, le commandement et le contrôle, etc.

Comme on pouvait s’y attendre, et à l’inverse de Serdiukov, Shoigu entretient d’excellentes relations avec des personnalités comme Dimitri Rogozin, vice-premier ministre chargé de l’industrie de la défense, et Sergei Ivanov, chef du personnel de l’administration présidentielle (tous deux soupçonnés par pas mal d’analystes d’avoir joué un rôle de premier plan dans l’éviction de Serdiukov).

Il y a encore d’autres signes d’un changement potentiel au plus haut niveau du pouvoir en Russie. De plus en plus d’observateurs prévoient que le Front de toute la Russie de Poutine n’a pas été lancé seulement pour générer de nouvelles idées, ce qui est supposé être son objectif de départ, mais bien pour être un outil destiné à influencer et si nécessaire remplacer le parti Russie unie, qui serait un peu trop bien contrôlé par les Intégrationnistes Atlantistes. Encore une fois, ceci n’est que spéculation, mais le fait est que de plus en plus d’analystes envisagent que Medvedev pourrait bien ne pas rester chef du gouvernement encore très longtemps. Mon avis personnel est que Medvedev est un honnête homme, mais dont la stature politique est insuffisante, capable de gérer et d’administrer, mais dépourvu de vision politique. Encadré par des visionnaires de génie comme Poutine, Shoigu ou Rogozin, il s’alignera sur eux. Mais certes, s’il ne le fait pas, il risque d’être très rapidement éjecté.

Avant de nous intéresser à l’étape suivante, je souhaite énoncer une thèse que j’ai longtemps rejetée mais que j’ai fini par considérer comme juste.

Sans l’ombre d’un doute, en 1991 l’Union Soviétique a perdu la guerre froide : le pays se fractura en 15 morceaux, le régime politique s’effondra complètement et l’État cessa pratiquement de fonctionner, toute la richesse du pays fut accaparée par les intérêts occidentaux et leurs hommes de main – les oligarques juifs –, la pauvreté monta en flèche en même temps que le taux de mortalité, l’OTAN avança ses forces pratiquement jusqu’aux frontières de la Russie, et des conseillers américains inventèrent littéralement le nouvel Etat russe, sa constitution, son mode de gouvernement et la plupart de ses lois. Voici maintenant le concept clé que je veux exposer : en dépit de ses apparences extérieures d'indépendance, entre 1991 et 2000, la Fédération de Russie était devenue une colonie US, un territoire administré par les États-Unis, quelque chose de très similaire au statut de l’Irak après le retrait de la plus grosse partie des forces américaines, ou au statut, disons, de la Pologne ou de la Roumanie pendant la période soviétique. Quiconque ayant des doutes à ce sujet devrait étudier soigneusement les événements de 1993, au cours desquels le Parlement à peu près légitime de la Russie fut la cible des obus des chars avec le soutien total (lisez : sous les ordres) des USA agissant par l’intermédiaire de leur ambassade à Moscou, qui devint pendant ces événements le poste de commandement de la répression organisée contre l’opposition. J’étais personnellement présent à Moscou au moment des faits, et j’avais des informations de première main sur ce qui se passait en temps réel. Je peux par exemple témoigner des deux faits suivants : 1) le nombre de victimes déclarées a été largement en-dessous de la vérité et 2) l’importance de la répression en termes de durée et d’échelle a été beaucoup plus grande que ce qu’on a prétendu. Les véritables chiffres sont de près de 5000 (cinq mille) victimes et il fallut cinq à six jours de combats couvrant l’ensemble de la zone urbaine de Moscou (y compris des endroits hors de la ville proprement dite) pour réussir à écraser l’opposition. (Je peux personnellement témoigner d’un furieux combat aux armes à feu exactement devant les fenêtres de mon appartement le soir du cinquième jour de l’assaut.) Tout ce bain de sang a été dirigé et coordonné par les USA via son ambassade à Moscou, et la plupart des atrocités ont été commises non pas par des membres en uniforme des forces gouvernementales, mais par des mercenaires en civil (incluant des truands et des équipes du Betar) sans aucune autorité légale. Cela vous rappelle-t-il une autre capitale ? Eh oui, tout à fait, cela pourrait être aussi bien Bagdad. Comme on pouvait s’y attendre, l'ensemble des membres de la presse alignée occidentale rapportèrent que ceci était une grande victoire de la démocratie et de la liberté contre les forces obscures du revanchisme, du nationalisme et du communisme.

Si nous reconnaissons la thèse que la Russie était de facto un territoire sous contrôle US jusqu’en 2000, nous pouvons immédiatement comprendre la conséquence la plus importante : l’arrivée au pouvoir de Poutine n’a pas pu changer cette réalité d’un coup de baguette magique. Pensez à d’autre exemples, comme Saddam Hussein ou Noriega, marionnettes loyales des USA, qui décidèrent en fin de compte de changer de cap et de prendre leur indépendance. Leurs pays se sont-ils transformés en une nuit ? Bien évidemment non. La différence en ce qui concerne la Russie, bien sûr, est que les USA n’ont jamais eu la possibilité de déclencher une guerre contre elle et encore moins de l’occuper militairement le temps d’y installer un autre régime fantoche. La Russie des années 1993-1999, même avec des institutions terriblement affaiblies et dysfonctionnelles, avait encore les moyens de transformer toute les grandes villes américaines en un tas de cendres radioactives. Et malgré tout, l’État russe n’arrivait même pas à mobiliser assez de régiments pour pouvoir vaincre l’insurrection tchétchène. Tout ce qu’il arrivait à réunir pour contrer cette révolte n’était qu’un nombre limité de régiments mixtes, un bric-à-brac de sous-unités rassemblées à la hâte, bien souvent sans aucune formation militaire. Ainsi, lorsque Poutine parvint au pouvoir, l’État russe n’était plus qu’un mort-vivant totalement contrôlé par les USA.

 

Ramzan Kadyrov (Président de la République de Tchétchénie) et Vladimir Poutine

 

Et pourtant, Poutine réalisa ce qui tenait du miracle. En premier lieu, il écrasa magistralement l’insurrection tchétchène. Puis il éjecta les oligarques juifs, ce qui amena immédiatement un changement de ton dans la couverture médiatique de la guerre en Tchétchénie. Ensuite il commença à remettre l’État en place morceau par morceau tout en reconstruisant ce qu’il nommait la verticalité de la puissance, c’est-à-dire subordonner à nouveau au gouvernement central les différentes régions de la Russie : les mafieux furent chassés des postes de gouverneur qu’ils avaient achetés, les régions recommencèrent à payer des impôts au gouvernement fédéral (la plupart avaient cessé de le faire), et des envoyés présidentiels furent chargés de rétablir l’ordre dans les régions. Si tout ceci représentait une potion bien amère à avaler pour les Britanniques, qui s’étaient impliqués à fond dans le découpage de la Russie en petites entités, cela ne représentait pas un gros souci pour les Américains, qui avaient à l’époque des sujets de préoccupation beaucoup plus urgents : les néo-conservateurs venaient juste de réussir leur coup avec le 11 septembre, et la Guerre globale contre la terreur (GWOT) était en plein essor. De plus, ostensiblement, la Russie avait l’air de se conduire de façon très sage, apportant une aide active aux État-Unis en Afghanistan. Ce qui fait que pendant que la presse britannique fabriquait frénétiquement une vaste propagande hystériquement anti-russe, la presse US n’accordait pas beaucoup d’attention à tout cela.

Je ne crois pas que les Américains avaient beaucoup de sympathie pour Poutine, mais ils le considéraient probablement comme un partenaire fiable qu’ils pouvaient garder en laisse et qui ne leur causerait pas trop de soucis. Bien sûr, il était parvenu à empêcher le démembrement complet de la Russie, mais même les meilleures choses ont une fin, et en 2000 il aurait été peu réaliste de compter sur une autre décennie de chaos et d’effondrement façon Eltsine. Et puis la Russie ne s’était pas vraiment débarrassée du joug américain : le système qui avait été mis en place par les USA était toujours là, et ce que Poutine pouvait faire était délimité par la loi.

C’est ainsi que Poutine et Medvedev se lancèrent étape par étape dans le processus de reconstruction interne. En matière de politique étrangère, la Russie suivit un chemin très sinueux, agissant parfois de façon agaçante pour les Américains, mais toujours prête à coopérer dans les affaires réellement importantes.

C’est alors que les USA firent deux choses vraiment stupides : gonflés par un sentiment de toute-puissance et par l’arrogance impériale, ils laissèrent la Géorgie attaquer les forces russes en Ossétie et donnèrent leur plein soutien à l’agresseur. Ceci, ajouté à leur insistance maniaque sur le déploiement d’un système anti-missiles autour de la Russie, eut comme résultat une lame de fond de colère anti-américaine de la part des Russes, que Poutine exploita avec brio. Les Américains s’imaginèrent que, bien sûr, Medvedev c’était mieux, mais bon, Poutine, ils avaient déjà eu affaire à lui lorsqu’il était au pouvoir, et il n’avait rien de redoutable – ils pouvaient le contrôler. Sauf que Poutine 2.0 n’avait rien de semblable à la version originale.

Il y avait eu un signe annonciateur que l’Occident avait pris pour un banal discours politique : le discours de Poutine à la conférence de Munich 2007 pour la Politique de sécurité, discours dans lequel il affirmait sans ambiguïté que l’empire planétaire US était la cause majeure de tous les grands problèmes mondiaux :

« L’Histoire de l’humanité a connu des époques unipolaires et témoigne d’aspirations a la suprématie mondiale. Qu’est ce qui ne s’est jamais produit dans l’Histoire de l’humanité ?

Cependant, qu’est ce qu’un monde unipolaire ? Malgré tous les efforts pour embellir ce terme, en fin de compte cela ne signifie qu’une sorte de situation, à savoir un seul centre d’autorité, une seule source de puissance, un seul point de décision.

C’est un monde dans lequel il n’y a qu’un maître, un seul souverain. Et c’est finalement pernicieux aussi bien pour tous ceux qui sont à l’intérieur de ce système que pour la puissance souveraine, car elle se détruit de l’intérieur.

Et ceci n’a absolument rien à voir avec la démocratie. Car, comme vous le savez, la démocratie est le pouvoir de la majorité, éclairé par les intérêts et les opinions de la minorité.

Au fait, la Russie – nous – reçoit constamment des leçons de démocratie. Mais pour une raison ou une autre, ceux qui prétendent nous instruire ne parviennent pas à apprendre eux-mêmes.

Je considère que le monde unipolaire est non seulement inacceptable, mais également impossible dans le monde actuel. Et ceci pas seulement parce que les ressources militaires, politiques et économiques seraient insuffisantes s’il existait une autorité unique dans le monde d’aujourd’hui – et justement dans ce monde d’aujourd’hui. Ce qui est plus important est que ce modèle est défectueux car, à la base, il ne comprend ni ne permet de fondement moral pour une civilisation moderne. »

Ce discours au ton inhabituellement franc provoqua initialement une onde de choc, puis on le mit de côté et on l’oublia. La réaction occidentale fut en gros un « ok, tu nous aimes pas, et après, qu’est ce tu peux y faire ?  », avec un haussement d’épaules.

Ce que Poutine a fait est de poursuivre le renforcement systématique de l’État, relancer l’économie vers un essor de plusieurs années qui parvint même à surmonter la crise de 2008, et rééduquer patiemment le peuple à l’intérieur de la Russie sur un nouveau concept : le rétablissement de la souveraineté (суверенизация).

Le rétablissement de la souveraineté est un concept très puissant, combinant un diagnostic (nous ne sommes pas vraiment souverains) et un but (il nous faut devenir souverains). Cela ne vise personne, mais quiconque s’y oppose est mal vu (comment qui que ce soit peut-il s’opposer au fait d’être souverain ?). De plus, en introduisant ce concept de rétablissement de la souveraineté, Poutine incitait les gens à se poser des questions clés qui n’avaient jamais été posées auparavant : comment cela se fait-il que nous ne soyons pas maîtres chez nous ? Comment avons-nous perdu notre souveraineté ? Et qui est souverain à notre place, alors ? Et quels sont les véritables intérêts de ceux qui s’opposent à cette souveraineté ?

Lorsque les Américains comprirent que le génie s'était échappé de la lampe, il était bien trop tard : par le bais de ce simple concept, tout le discours politique russe avait opéré une mutation de l’état de stupeur catatonique au cocktail d’opinions potentiellement très dangereux.

Et cette fois, Poutine ne s’en tint pas aux discours : il fit proclamer des lois imposant à toute ONG financée par l’étranger de s’enregistrer comme agent étranger, et à tout agent de l’État possesseur de biens ou d’argent à l’étranger d’en justifier la provenance, ou de démissionner. Et tout ceci ne constitue que des coups d’essai. Le plus gros est à venir. Poutine a maintenant l’intention de modifier les lois régulant les activités des médias, il compte mettre en place une nouvelle législation permettant d’enregistrer les grandes entreprises sous la loi russe (actuellement, elles sont toutes enregistrées à l’étranger), il planifie le changement du régime de taxation des grandes multinationales étrangères et, pour finir, inévitablement, il lui faudra lancer un processus de révision de la Constitution russe. Pas à pas, Poutine utilise sa puissance pour modifier le système, amputant l’un après l’autre chacun des instruments de contrôle de l’étranger sur la Russie. Et enfin, mais ce n’est pas le moins important, Poutine a maintenant ouvertement entrepris la création d’une nouvelle Zone économique communautaire eurasiatique (Единое Евразийское Экономическое Пространство), incluant toute ancienne république soviétique désireuse de s’y joindre (la Biélorussie et le Kazakhstan sont déjà à bord), qui deviendra en fin de compte une Union Eurasiatique (Евразийский Союз). Ceci est bien évidemment totalement inacceptable pour les USA, ce qui est la raison pour laquelle Hillary Clinton a fait la démarche inconnue jusqu’alors d’annoncer ouvertement que les USA feraient tout ce qui est en leur pouvoir pour bloquer ce projet, ou tout au moins le retarder :

« Il y a une tentative pour re-soviétiser la région. Ce ne sera pas nommé de cette façon, ce sera nommé union douanière, ou Union eurasiatique, ou quelque chose de ce genre. Mais ne nous y trompons pas. Nous connaissons l’objectif et nous essayons de trouver des moyens efficaces de ralentir ce projet ou de le bloquer. »

Cette fois-ci, c’est au tour de la Russie de dire : « ok, tu nous aimes pas, et après, qu’est ce tu peux y faire ?  »

 

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Le fait est que les USA ne peuvent pas y faire grand chose.

Oh, bien sûr, les USA ont fait un foin énorme au sujet des "élections volées", il y a eu les Pussy Riots, le Congrès a édité l’Acte Magnitsky, et Hillary a proféré les menaces habituelles. Mais tout ça était bien trop peu et beaucoup trop tard, et lorsque que les Américains ont fini par comprendre qu’ils avaient un très gros problème sur les bras, il n’y avait plus grand-chose à faire pour y remédier.

Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne vont rien tenter au cours des prochaines années. Avant tout, nous devons nous attendre à un accroissement du nombre d’attentats terroristes dans le Caucase et le reste de la Russie. Si la Tchétchénie semble calme, du moins pour l’instant, la situation dans la république voisine du Daguestan est très dangereuse. Ensuite, nous pouvons nous attendre à ce que la rhétorique anti-Poutine atteigne de nouveaux sommets. Troisièmement, le MI6 et la CIA vont revenir à leurs bonnes vieilles méthodes de la guerre froide, à savoir financement et direction en sous-main de groupes dissidents. Enfin, si tout le reste échoue, l’Occident pourrait bien essayer le coup du tireur isolé pour se débarrasser de Poutine en personne.

Poutine et les Souverainistes eurasiatiques ne représentent probablement pas la majorité du peuple actuellement. Certes, ils occupent des positions de puissance et peuvent recourir à ce qu’ils appellent de façon euphémique les Ressources administratives (административный ресурс : la puissance de la bureaucratie d’État) pour faire avancer leur agenda, mais ils doivent compter avec une intelligentsia toujours férocement anti-Poutine et avec des médias encore plus hostiles à toute idée de souverainisme. Cependant, aussi longtemps que Poutine ne fait rien d’excessif, il sera extrêmement difficile pour les médias d’attaquer ouvertement un programme politique dont l’objectif est de rendre sa souveraineté à la nation russe. C’est pour cela que chaque fois que Poutine revient sur cette idée au cours de son message à l’Assemblée fédérale (cf. ici pour 2012), les médias choisissent de l’ignorer ou d’en réduire la portée. Malgré tout, ce sujet revient de plus en plus fréquemment dans le discours politique russe, porté par le très actif réseau internet russe (RuNet)

En ce moment Poutine exerce un grand contrôle sur l’appareil d’État et la plupart des positions clé au Kremlin est entre les mains de ses alliés. L’État lui-même est plus ou moins opérationnel, toujours rongé par la corruption et par un système légal étudié pour le rendre inefficace ; il peut fonctionner lorsqu’il le faut mais c’est encore loin d’être une mécanique bien rodée. L’économie russe se porte bien, surtout comparativement aux autres, mais elle est encore pesante, parfois inefficace, et la plupart des revenus continue à filer à l’étranger. De même, la société russe, dans l’ensemble, est ravie que les années1990 soient dépassées, mais la grande majorité des gens est encore dans les difficultés et aspire à un avenir plus souriant. Enfin, les forces armées russes ont beaucoup souffert sous Serdiukov, mais elles sont désormais sans aucun doute aptes à faire face à toute sorte de conflit imaginable, et elles travaillent progressivement à rétablir leur pleine capacité de dissuasion tous azimuts. Dans un tel contexte, les chances de succès de Poutine sont raisonnablement bonnes. Mais rien n’est joué, loin de là, et il serait très naïf de sous-estimer les capacités de nuisance de l’empire US face à cette nouvelle menace contre la domination américaine.

Le laps de temps dans lequel les choses commenceront à se dessiner est assez court, quatre à six ans au maximum. Si, d’ici la fin de son premier terme présidentiel, Poutine n’est pas arrivé à faire accepter son programme de rétablissement de la souveraineté nationale, tous les paris seront ouverts pour le Kremlin, et comme toutes les parties intéressées le savent, la lutte interne au sein du Kremlin ne pourra que s’envenimer. Nous pouvons être sûrs que dans les mois et les années à venir, nous allons assister à de sérieux bouleversements politiques en Russie, en commençant peut-être par un conflit ouvert entre Poutine et Medvedev.

Et l’islam dans tout ceci ?

Comme je l’ai écrit plus haut, ni le monde musulman ni le facteur islamique au sein de la Russie n’auront une quelconque influence sur le résultat de cette lutte. Tout au plus, les USA et leurs alliés Intégrationnistes Atlantistes pourraient-ils utiliser des terroristes islamistes pour déstabiliser la Russie. Mais aussi longtemps que l’État reste organisé et fort, tout le terrorisme imaginable ne suffira pas pour changer le cours des événements. De plus, un renouveau terroriste en Russie pourrait bien avoir l’effet exactement contraire : cela pourrait convaincre encore plus de Russes de la nécessité d’un régime fort et indépendant pour protéger la nation.

Cependant, le résultat de cette lutte pourrait avoir un grand effet non seulement en ce qui concerne le facteur islamique en Russie, mais aussi pour le monde musulman dans son ensemble. Les Intégrationnistes Atlantistes sont en gros anti-musulmans et pro-israéliens ; ils cherchent l’intégration de la Russie dans un système sécuritaire occidental en opposition avec tout système Islamique. Les Intégrationnistes Atlantistes sont toujours plus ou moins des partisans du paradigme du choc des civilisations. En contraste avec cela, les Souverainistes eurasiatiques, bien que n’étant pas nécessairement complètement pro-islam, sont tous en faveur d’un monde multipolaire et n’ont pas d’opposition à ce qu’un de ces pôles soit islamique. En d’autres termes, la seule circonstance où les souverainistes eurasiatiques reconnaissent en l’islam une menace est quand il est utilisé par l’Empire US comme un outil de déstabilisation de ces pays qui osent résister aux USA. A partir de ce point de vue, il y a un "Islam" en Bosnie, au Kosovo ou en Tchétchénie qui est un ennemi déclaré de la Russie, mais il existe un "Islam" en Iran, au Liban [Hezbollah] ou dans la Tchétchénie de Kadyrov qui est un allié objectif de la Russie. Il est caractéristique que les Intégrationnistes Atlantistes continuent à considérer Israël comme l’allié naturel de la Russie au Moyen-Orient, alors que pour les Souverainistes eurasiatiques, c’est l’Iran.

 

 

Tant que ces forces continueront à se combattre pour le contrôle du Kremlin et de la Russie, la politique russe envers l’islam en Russie et envers le monde musulman restera floue, parfois indécise, et par conséquent difficilement prévisible. Mon sentiment personnel est que Poutine et les Souverainistes eurasiatiques sont actuellement en position de force par rapport à leurs opposants, ce qui est vraiment une bonne nouvelle pour le monde arabe et musulman, particulièrement en Syrie. Le processus est loin d’être terminé, et il serait imprudent de faire des pronostics quant à ce que va faire la Russie, ou de compter sur elle pour faire ce qui est juste simplement parce que la logique des choses le voudrait. Un exemple atterrant de ceci nous a été fourni lorsque la Russie a donné, par le biais du Conseil de Sécurité de l'ONU, le feu vert aux US-OTAN pour envahir la Libye. Ce qui doit nous rappeler que la Russie n’est pas encore un pays véritablement souverain et qu’il ne faut pas s’attendre à ce qu’elle puisse systématiquement résister à la puissance monumentale des États-Unis.

 

A venir : La Russie et l'Islam, 7e partie : Les échappatoires de M. Météo

 

 

Voir également :

 

Vladimir Poutine à propos de la FIFA, Snowden & Assange (VOSTFR)

Le patriote russe et les saltimbanques français : leçon de Vladimir Poutine à Marine Le Pen et au FN (2)

Lettre ouverte aux identitaires et autres « remigrationnistes », par un Français de confession musulmane

Vladimir Poutine : l'ours de la Taïga russe se dresse face aux Etats-Unis

Tchétchénie : Kadyrov et 10 000 soldats s'engagent au service de Vladimir Poutine et de la Russie

Le patriote russe et les saltimbanques français : leçon de Vladimir Poutine à Marine Le Pen, Eric Zemmour, etc. (1)

Vladimir Poutine : Discours présidentiel à l'Assemblée fédérale - 4 décembre 2014

Discours de Vladimir Poutine sur le Nouvel ordre mondial - 24 octobre 2014

Le choc des civilisations selon Vladimir Poutine : nihilisme vs valeurs traditionnelles (VOSTFR)

Vladimir Poutine s'exprime sur l'Ukraine et les nouvelles sanctions américaines

 


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13 réactions à cet article    


  • coinfinger 20 juin 2015 17:10

    Pourquoi tant de doutes , vous avez tout à fait raison .
    Ce qui se passe c’est tout simplement un retour de la Russie à ses fondamentaux , ce pourquoi elle existe , dés le départ . Ce pourquoi des paiens slaves égarés dans le Nord se sont convertis en Chrétiens Orthodoxes , avec mission de reprendre le flambeau , on va dire Grec .
    St Peterbourg comme capitale fut un simple détour historique lié à l’ascension temporaire et maritime de l’Occident . Le retour de la capitale à Moscou avec la révolution , annonce déjà le retour aux fondamentaux , savoir si comme De Gaulle se pose la question si ce sont les Russes qui se servent du communisme ou le contraire , se vérifie là maintenant .
    Moscou c’est quoi ? C’est le substitut de Kazan à deux pas d’elle , aussi Turco-Mongole et Islamique que Moscou est Orthodoxe et post-grecque .
    Que vont faire les Russes des islamistes et Turcos-Mongols ce qu’ils ont toujours fait : un objet décoratif , juste le contre point qui les mets en valeur .
    Les épisodes Gorbatchev /Elstine auxquel il faut ajouter celui qui n’est pas terminé et qui retient votre attention ( Medvedev , etc ) ne sont pas des discontinuités , des égarements .
    Gorbatchev a servi à se débarasser du coté Mongol qui revenait en force avec ces sourcils à la Brejnev et autres , Gorbachev a été remercié pour ses faiblesses et concessions aux occidentaux , européens qui voulaient un compromis , les US/Eltsine ont juste été un moyen dans l’affaire .
    C’est Eltsine qui a promu , ’bizarrement’ , Poutine , en reconnaissant en lui un bon Russe , croyez vous que ce soit de son propre chef , uniquement ? .
    Maintenant qu’Européens et Américains ne servent plus à rien dans les rapports intérieurs , on revient aux questions de fond , et Médvedev et les ’libéraux’ et les traces de mondialismes US qui restent ( entr’autre la banque centrale Russe ) vont étre épurés . 
    Plus que symboliques , encore que en l’état encore actuellement ( symbolique) , les accords qui se profilent avec la Gréce , et les changements en cours en Turquie .
    Tout celà les Russes le font parce qu’ils ont compris que la force et de leur coté . L’Occident , imbibé de sa grandeur passée , va mettre du temps à réaliser . Espérons qu’en Europe çà arrive plus vite qu’aux USA , sans quoi nous ne seront plus rien , des attardés dans un cul de sac du Monde , dont il n’aura que faire . Ce que nous étions avant l’an mille .
    Quand aux Américains ils seront confinés dans leur ile à se draper dans leur gloire passée comme les Hidalgos du 17e siécle à se draper fiérement de leur capes trouées , une fois l’empire des Habsbourg écroulé .


      • Dom66 Dom66 20 juin 2015 22:22

        Article un peu long mais super, merci, rien à dire ??  Mais si…juste "L’Occident pourrait bien essayer le coup du tireur isolé pour se débarrasser de Poutine en personne." Alors là ! Que l’occident ne se trompe pas, Poutine est contrairement aux idées qui circules est un calme patient, et pacifique, qui à tout tenté pour faire entrer la Russie dans le monde Européen, sans succès, hélas pour nous, et pour eux. La raison du virage BRICS. Il arrive pour le moment à tenir les durs de durs qui poussent derrière, Donc, éliminer poutine reviendrait à avoir au pouvoir un interlocuteur Russe un peu moins facile. "Sérieux bouleversements politiques en Russie, en commençant peut-être par un conflit ouvert entre Poutine et Medvedev". Là ça ne risque pas.


        • roman_garev 21 juin 2015 09:10

          Bravo l’auteur et le traducteur pour cette analyse brillante.


          Hélas, vu le manque évident d’intérêt à l’islam au sein de l’AV, cet article a peu de chances d’attirer l’attention des lecteurs qu’il ne le mérite.

          Amputé de ses deux derniers alinéas, cet article devrait être repris à l’AV sous un titre totalement différent.

          • Le p’tit Charles 21 juin 2015 09:13

            Abracadabrantesque...supputations..et dérives totales sur les pensées de Poutine... !
            Vous n’êtes ni au Kremlin ni un proche de Poutine...alors vos élucubrations sont grotesques...seul Poutine « SAIT » ce qu’il doit faire pour son pays...
            Bonne journée !


            • roman_garev 21 juin 2015 10:06

              @Le p’tit Charles


              À quoi sert tenter de s’introduire dans les pensées du quiconque, lorsqu’on voit clairement ses actions ? Et ces actions ne ne font qu’approuver ces « élucubrations », dont vous n’avez pas daigné d’évoquer une seule qui puisse être traitée en tant qu’une « abracadabra ».

              Des étiquettes diffamantes au lieu d’arguments, c’est ça votre style de discussion ?

            • Le p’tit Charles 21 juin 2015 10:18

              @roman_garev...Vos élucubrations sur Poutine sont dignes d’un élève de CM1...
              Quand on ne connait pas un sujet faute d’arguments..on évite d’en parler...vous êtes dans le domaine de théories fantaisistes comme tant d’autre personne...Vouloir paraitre en ne sachant rien...c’est bien Français comme posture.. !
              Je suis même certain que vous votez pour les incompétents qui gouvernent depuis des années.. ?


            • JC_Lavau JC_Lavau 21 juin 2015 13:49

              @Le p’tit Charles.
              Le soir du 1er tour de 2007, nous n’avions plus choix qu’entre deux avocats.
              Hergé a dessiné ma joie :
              http://citoyens.deontolog.org/index.php/topic,348.0.html

              Après les deux tours des Primaires, je n’avais plus le choix, je ne pouvais plus voter Martine Aubry. Elle seule a le mauvais caractère indispensable à la fonction. Je doute toujours qu’elle aurait été un agent de Washington aussi obéissant, elle.


            • Le p’tit Charles 21 juin 2015 14:20

              @JC_Lavau...Aubry...et son stock d’amiante.. ?


            • roman_garev 21 juin 2015 16:19

              @Le p’tit Charles

              Êtes-vous certain d’objet de votre critique ? Citez-moi s.v.p. mes « élucubrations sur Poutine ». Ainsi que mes « théories fantaisistes ». Trompé d’article... d,auteur... ? Que fumez-vous là-bas pour écrire n’importe quoi ?

            • Le p’tit Charles 21 juin 2015 17:00

              @roman_garev...Vous (pensez) simplement connaître ce monsieur..ce qui (hélas) n’est pas le K loin de là...vous échafaudez des thèses qui raisonnent dans le vide..mais rassurez vous vous n’êtes pas le seul à vouloir détenir la vérité..Le monde est rempli de gens qui sont certains de la détenir...Résultat c’est le « CHAOS »

              Bonne soirée.. !


            • roman_garev 21 juin 2015 18:54

              @Le p’tit Charles


              Je me demande toujours à qui vous vous adressez, quelles paroles vous discutez. Quelqu’un imaginaire.

              Pauvre petit charlie, ça s’appelle delirium tremens... 

            • JC_Lavau JC_Lavau 21 juin 2015 14:05

              Selon le lieutenant Colombo, quand il interroge le ministre de la police sur Canal +, « Elle est complètement con, ma femme. En même temps, elle regarde toujours la télévision ».
              M’amie aussi partage les convictions premières du p’tit Charles... « En même temps, elle regarde toujours la télévision » et elle croit qu’elle s’informe...
              La même télévision qui vous avait tous convaincus qu’il y avait urgence à faire la guerre aux lybiens. Sauf qu’on ne pouvait trouver nulle part une étude sociologique de la Lybie, permettant de prévoir sur quelles forces sociales on pourrait appuyer une hypothétique « démocratie ». Quatre ans et demi plus tard, on n’a toujours pas trouvé.

              Avant guerre, les convictions des femmes italiennes soumises à la propagande fasciste, c’était pas triste non plus. Feu Lucie Levasseur contait la stupeur de dites femmes italiennes devant la réalité d’une mère française hyperactive, pourvoyant à tout pour ses enfants. S’il y a une chose que les propagandistes redoutent par dessus tout, c’est l’irruption de la réalité.

              Concernant Vladimir Vladimirovitch, j’ai du mal à comprendre ceux qui gobent encore la propagande, tant la réalité s’est imposée en pleine lumière.

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