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La Syrie. Le point ce dimanche 14 juillet

Les températures torrides de l’été syrien et le début du ramadan ne sont guère propices aux grandes offensives militaires. Les opérations qui se déroulent dans le centre de Homs et dans la banlieue de Damas ne sont que des opérations de consolidation des positions après la victoire de l’AAS (Armée arabe syrienne, fidèle à Bachar al Assad) à Qousseir.

Les adversaires semblent fourbir leurs armes avant la bataille décisive qui se prépare pour l’automne.

Je vous propose une analyse de la situation actuelle suivie d’une étude prospective.

Cette analyse est vue sous un angle géopolitique qui cherche un changement de régime en Syrie pour les uns et qui tient au maintien du régime laïc actuel pour les autres.

L’aspect « droit d’ingérence humanitaire » en faveur d’un camp peut aujourd’hui être définitivement écarté tant les violences sont également partagées.

Les récents évènements dans certains pays du Machrek et en Turquie ont un lien entre eux et sont liés à une reprise en main stratégique par les États-Unis qui sera analysée dans un chapitre distinct.

 

Commençons par étudier la situation dans trois pays directement impliqués dans le conflit.

 

La Turquie.

La Turquie avait misée sur un renversement rapide de Bachar al Assad qui lui aurait permis d’étendre sa zone d’influence. Elle a autorisé l’installation de camps d’entrainement pour l’ASL (Armée syrienne libre, opposée à Bachar al Assad) sur son territoire. Le sud du pays est devenu une zone de transit pour les renforts de combattants islamistes internationaux et pour le passage d’armes, principalement envoyées pas les pétromonarchies du Golfe.

Environ 200.000 réfugiés ont fuit la guerre civile en Syrie et ont été installés dans des camps. Ces derniers sont sous la coupe de milices mafieuses et échappent au contrôle des autorités turques.

Les populations turques des zones frontalières se trouvent indirectement mêlées à un conflit qui ne les concerne pas. Les incidents avec les islamistes et avec les réfugiés deviennent de plus en plus nombreux. L’attentat dans la ville de Reyhanli (52 morts) en mai dernier en est l’exemple le plus dramatique.

L’économie locale est déstabilisée par l’afflux de Syriens prêt à accepter des salaires 50 % moins chers que les salaires perçu par les Turcs.

Un autre problème économique pour la Turquie est l’interruption du trafic routier vers le sud. L’Irak et surtout la Syrie sont devenus des zones instables et ne peuvent plus être traversés. Le fret routier emprunte maintenant des bateaux jusqu’à Haïfa (Israël) et se dirige ensuite vers l’est et vers le sud sous escorte militaire israélienne. [1] Il en est de même dans l’autre sens. Cela doit être humiliant pour les pays arabes officiellement en rupture avec Israël.

Pour ne pas prendre le risque d’avoir un deuxième front au Kurdistan, les autorités turques ont ouvert des discussions avec Abdullah Öcalan (toujours détenu sur l’ile prison d’Imrali). Un processus de paix est engagé. Il prévoit le retrait des miliciens du PKK vers l’Irak et une reconnaissance de certains droits à la minorité kurde. Cela ne plait pas à l’armée turque qui se veut garante de l’intégrité territoriale ainsi qu’à une grande partie de la population qui craint des revendications similaires d’autres minorités.

 Recep Erdogan semble entamer une courbe rentrante. Les pays européens ne sont pas chauds pour se lancer dans une aventure militaire en Syrie, surtout sans mandat de l’ONU. La perspective d’une intervention de l’OTAN qu’il appelait de ses vœux il y a un an encore s’éloigne de plus en plus et la Turquie est bien seule aujourd’hui.

Il se rend aussi compte qu’en cas d’offensive de l’AAS, un reflux des miliciens islamistes de l’ASL vers la Turquie déstabilisera le Sud du pays pour une longue période. 

Il a exigé le déplacement des camps d’entrainement de l’ASL vers le territoire syrien pour se soulager de la pression populaire mais je crains que ce ne soit trop tard.

Aujourd’hui, la Turquie est entourée sur trois cotés par des pays hostiles.

  • A l’Ouest, par la Grèce et Chypre.
  • Au Sud, par la Syrie et l’Irak.
  • A l’Est par l’Iran, l’Arménie et l’entité en devenir qu’est le Kurdistan.
  • Plusieurs pays européens sont aussi en froid avec la Turquie.

Cela fait beaucoup pour un pays dont le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, disait encore il y a 3 ans : « Nous voulons une politique de zéro problème avec nos voisins »

Recep Erdogan a peut-être aussi pris conscience que le redécoupage des frontières régionales planifié par le Pentagone ne sera pas favorable à son pays.

La carte ci-dessous date de 2006. Il y en a de plus récentes mais toutes prévoient un Kurdistan indépendant sur des territoires enlevés à la Turquie.

Quelques constatations.

  • La Turquie est amputée de sa partie est pour créer un Kurdistan. C’est sans doute pour la punir de ne pas avoir autorisé l’invasion de l’Irak à partir de son territoire en 2003.
  • L’Irak est éclaté. Un État irakien chiite se prolonge sur deux cotés du Golfe, sur les zones pétrolifères. C’était avant que l’Irak se rapproche de l’Iran et quand les États-Unis pensaient que les Chiites irakiens seraient de solides alliés.
  • L’Arabie Saoudite est aussi éclatée. Les États-Unis savent très bien que le mouvement wahhabite sunnite leur est profondément hostile et qu’il est responsable de nombreux attentats dont le 9/11. Une division du pays pourrait l’éradiquer ou le cantonner dans un État autour des lieux saints de l’islam.
  • La Jordanie gagne tout le pays nabatéen.
  • La Syrie n’est pas éclatée mais perd sa bande côtière et sa partie Kurde.
  • Assez étonnement, Israël revient sur ses frontières de 1967 et il n’y a pas d’État palestinien. 
  • Les petits pays sont maintenus : Koweït, RAU, Qatar etc.

Ce redécoupage est clairement fait en fonction des intérêts des États-Unis et cette mosaïque de petits États créés sur une base ethnique ou confessionnelle ne permettra aucune union future.

C’est sur ce fond trouble qu’ont éclaté les manifestations anti AKP qui ont réuni des millions de personnes dans les villes turques. 

Je ne me prononce pas sur les motivations cachées de leurs organisateurs. S’agit-il de manifestations contre les abus de la réislamisation lente de la Turquie et contre les méthodes autoritaires du président, notamment sa politique syrienne ou s’agit-il d’un avertissement pour le dissuader de réduire son soutien à l’ASL ?

 

Le Liban.

Le Liban est aujourd’hui divisé en deux camps de nombre à-peu-près égal : le Mouvement du 14 mars qui regroupe les factions anti-syriennes et l’Alliance du 8 mars dont le noyau est le Hezbollah et qui est soutenu par l’Iran et la Syrie.

Les ports du Nord du pays ont été les portes d’entrée de milliers de combattants islamistes et de dizaines de cargos chargés de munitions pour l’ASL. Le principal pourvoyeur était le Qatar qui a financé ces transferts de combattants et d’armes.

Le Nord du pays a servi de couloir de transit et a permis la conquête du centre de la Syrie par cette armée. La ville de Qousseir (Syrie) servait de plaque tournante à la distribution des armes.

La reprise de Qousseir par l’AAS avec le soutien du Hezbollah en juin dernier a complètement désorganisé l’ASL qui s’est retrouvée sans renforts et sans ravitaillement possibles, d’où leurs difficultés actuelles dans le centre de la Syrie et à Damas.

Il semble que le Hezbollah se contente actuellement de sécuriser la région autour de Qousseir pour interdire une reprise du ravitaillement. Le gros de leurs forces est resté dans le sud du Liban, face à Israël. Il est probable que de petites unités opèrent aussi à Homs et à Damas.

La guerre civile libanaise qui a duré de 1975 à 1990 a été très dévastatrice et elle a pris fin avec les accords de Taëf. La reconstruction de Beyrouth eut lieu sous l’impulsion de Rafiq Hariri et elle a coûté des milliards de dollars en investissements privés.

Voila pourquoi je ne crois pas à une nouvelle guerre au Liban. Les dirigeants du Courant du Futur (Mouvement du 14 mars) auraient beaucoup trop à perdre dans une nouvelle destruction du Liban, surtout quand on connait la puissance militaire du Hezbollah.

L’armée libanaise est, elle, relativement faible et elle n’intervient que rarement comme force d’interposition dans le pays Quand elle le fait, comme récemment à Tripoli (Liban), c’est en subissant de lourdes pertes.

Son intervention victorieuse à Saïda contre la milice du cheikh islamiste Ahmad al-Assir n’a pas soulevé beaucoup de réactions hostiles dans la communauté sunnite libanaise. J’en conclus que l’extrémisme islamique n’a pas vraiment pris racines au Liban et qu’il devrait encore diminuer dans les mois prochains avec le recul de l’influence du Qatar et l’interruption des arrivées d’armes.

Ces éléments me font croire que le Liban est neutralisé et qu’il n’a plus aucun intérêt à s’engager dans le conflit syrien.

Les deux points plus délicats, mais dont il est impossible d’évaluer les conséquences, sont l’installation d’environ 1.000.000 de réfugiés syriens dans le pays et les recommandations que l’Arabie Saoudite ne manquera pas de donner au Courant du Futur de Saad Hariri, son obligé. 

 

La Jordanie.

La Jordanie est peuplée d’environ 6.400.000 habitants dont 30 % de Palestiniens. Elle accueille au moins 500.000 réfugiés syriens mais leur a fermé la frontière depuis mai dernier.

Ici aussi, les milices maffieuses contrôlent les camps et les scandales se succèdent comme par exemple celui des donateurs saoudiens qui conditionnent leurs dons à la livraison de filles à épouser. [2]

Les États-Unis viennent de terminer leurs manœuvres militaires « Eager Lion » avec l’armée jordanienne et d’autres armées arabes.

Cela a permis de livrer du matériel de guerre sophistiqué aux instructeurs étasuniens qui seront chargés de former des combattants sur place. On estime ces instructeurs au nombre de 1.000. 

Les États-Unis ont aussi installé des missiles Patriotes et ils ont laissé des avions F16 sur place, officiellement pour défendre leur allié jordanien contre la Syrie qui … ne l’a jamais menacée.

Le roi Abdallah II a aussi autorisé le survol de son pays par des avions militaires et des drones israéliens.

La population est hostile à ces manœuvres ainsi qu’à Israël et aux États-Unis en général.

Le roi a beau avoir affirmé que son territoire ne servira pas de base de départ pour une invasion de la Syrie, je n’y crois pas du tout. 

Il n’est pas en mesure de s’opposer à la volonté des États-Unis, il ne pourra que s’incliner.

Son pouvoir repose sur le soutien des tribus bédouines qui lui fournissent ses soldats. Il peut être renversé à tout moment, c’est simplement une question de dollars.

Le seul gain que la Jordanie pourrait avoir, c’est qu’un redécoupage des frontières au Moyen-Orient qui lui serait favorable.

 

La Syrie.

Nous savons maintenant qu’un changement de régime avait été préparé bien avant les premières manifestations qui n’étaient pas si spontanées que cela.

Un mouvement "droit-de-l’hommiste" a lancé les premières manifestations le mardi 15 mars 2011 dans l’indifférence générale. [3] Elle réunissait, à l’appel de réseaux sociaux d’Internet, 200 personnes à Damas. Elle a été rapidement dispersée et ses dirigeants ont été arrêtés.

Elle a été suivie, le vendredi, par un appel à manifester lancé lors de l’appel à la prière.

On peut dire que ce sont bien les imams saoudiens des mosquées de banlieues et des petites villes qui ont été à l’origine des premières manifestations significatives.

Nous avons, là, les deux groupes qui ont été à l’origine de cette guerre. 

Il y a des intellectuels, en petit nombre, faisant partie des 10 % de Syriens connectés à Internet et mandatés par les Occidentaux pour réclamer plus de libertés politiques. 

Ensuite, il y eut des habitants de banlieues ou de petites villes, souvent d’anciens paysans, paupérisés par la crise de 2008 et par deux années de sécheresses, qui répondirent aux appels d’imams qui avaient été envoyés en mission par l’Arabie Saoudite pour réislamiser la Syrie.

Dès les premières victimes, et on ne sait pas qui est responsable des premiers tirs, les Occidentaux on exigé le départ de Bachar al Assad.

L’escalade militaire fait qu’aujourd’hui, les morts se comptent par dizaines de milliers et que les quelques manifestants du début ont été renforcé par des milliers de combattants islamistes étrangers bien armés et aguerris par des années de luttes en Tchétchénie, en Irak, en Afghanistan ou en Libye. Ils ont été longtemps opposés à une armée de miliciens faiblement entrainés et souvent abandonnés à eux-mêmes à des check-points ou dans des garnisons isolées.

Aujourd’hui, l’Armé arabe syrienne à revu sa tactique de combat. Elle recourt davantage à l’artillerie et aux frappes aériennes pour chasser les opposants, quitte à provoquer d’importants dégâts matériels.

 

Les opérations militaires en Syrie.

Il est évident que je traiterai le sujet sous l’angle d’une intervention extérieure, politique au début et armée ensuite.

Il y a eu des défections de soldats, surtout au début de la crise, mais pas de façon suffisamment massive pour que ce soit significatif.

La première offensive importante de l’ASL eut lieu à partir de la Turquie. Des milliers de miliciens de l’ASL prirent le contrôle des postes frontières et se dirigèrent ensuite vers Alep au début de l’été 2012. Le gouvernement syrien y envoya alors 10.000 soldats pour en assurer la défense. Une partie de la ville est depuis lors aux mains de l’ASL et les combats se poursuivent toujours aujourd’hui. Un couloir de ravitaillement est libre et il permet de garder le contact avec le centre d’Alep. 

Presque simultanément, une offensive massive sur Damas commença le 15 juillet 2012. Ici, les miliciens et leurs armements venaient du Liban et avaient été généreusement offert par le Qatar. Damas était et est encore défendue par la garde républicaine, une unité d’élite de 10.000 hommes avec un armement performant et commandée par Maher al Assad, le frère du président. Après d’âpres combats, l’armée régulière finit par repousser les assaillants en février 2013. Ce fut une victoire incontestable de Bachar al Assad qui n’avait pas quitté la Capitale.

Il se déroula au même moment, au large des côtes syriennes, un chassé-croisé entre des navires de guerres russes et US qui a été peu évoqué jusqu’à présent. Des navires US cherchaient à se positionner pour pouvoir lancer des missiles de croisière et les navires russes se plaçaient pour pouvoir les intercepter. [4] Il s’agissait pour les États-Unis de détruire la défense aérienne syrienne pour permettre la maitrise aérienne de l’US Air Force et d’ainsi venir en aide à l’ASL. Il s’agissait peut-être aussi d’éliminer Bachar al Assad. Je reviendrai sur ce point dans le prochain chapitre.

Ce petit jeu se termina par le retrait des navires US.

La bataille de Qousseir est une deuxième défaite de taille pour l’ASL. Ici, les pertes matérielles et humaines ont été significatives pour l’ASL. Elle perdra inexorablement le contrôle du centre du pays sans son couloir de ravitaillement. Nous avons très peu d’image de l’offensive du côté de l’AAS. Il ne semble pas y avoir eu beaucoup d’affrontement entre combattants. Il est sûr que la tactique a changé. L’AAS expose moins ses soldats et a donc moins de pertes. Je pense que la Russie a livré de nouveaux équipements plus performants, peut-être des systèmes d’artillerie plus précis, des bombes plus dévastatrices et sans doute des systèmes électroniques d’interception et de brouillage des communications.

Les vidéos du côté ASL nous montrent des combattants désemparés qui avaient perdu tout contact avec leur commandement. 

Il y a un article assez intéressant où le journaliste interroge des rescapés de l’ASL dans un hôpital libanais. [5] C’est clair, Qousseir a été un enfer pour eux. Il est à remarquer que des journalistes occidentaux on pu interviewer de nombreux combattants de l’ASL mais il leur était strictement interdit de demander leur nationalité. C’est bien un signe que la majorité d’entre eux sont étrangers et que cela ne doit pas être étalé dans nos médias.

Le commandement syrien a eu la grande intelligence de ne pas se précipiter sur Alep après la victoire de Qousseir. Une bataille décisive se prépare dans le Sud et il ne faut pas laisser des poches de résistance dans son dos dans le centre du pays.

Je pense que les discussions de dirigeants occidentaux à Sochi avec Vladimir Poutine et aussi au G8 ont surtout porté sur le vote d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie au Conseil de sécurité de l’ONU. Elle aurait dû permettre une exfiltration de combattants de l’ASL, voire de conseillers occidentaux, qui sont pris au piège dans le centre de la Syrie. Elle permettrait aussi l’installation d’un territoire contrôlé par l’ASL dans le Sud avant d’hypothétiques négociations à Genève.

Le déploiement de 10 à 15 navires de guerre russes équipés de matériel électronique et de divers types de missiles au large des côtes syriennes contrarie grandement toute menace venant de l’Ouest contre la Syrie. [6]

 

Les États-Unis et Arabie Saoudite.

Depuis le début des offensives de l’ASL, je ne comprenais pas la position des responsables étatsuniens. Je me suis rendu compte que Zbigniew Brzezinsky non plus. [7] Selon toutes vraisemblances, un effondrement de l’AAS amènerait les islamistes fanatiques du Front al-Nosra et de l’État islamique en Irak et au Levant à la victoire. Or, ce sont les mêmes adversaires que les États-Unis combattaient en Irak et en Afghanistan. Est-ce que Barack Obama était prêt à bombarder la Syrie pour aider ces fanatiques religieux à prendre le pouvoir dans un pays qui possède un arsenal d’armes chimiques et les vecteurs pour les transporter.

Il me manquait une pièce du puzzle et c’est le chef de la diplomatie britannique, William Hague, qui me l’a fournie quand il a dit qu’un pouvoir militaire succéderait à Bachar al Assad. Il n’est donc pas question d’élections après son départ. Simplement un coup d’État militaire qui amènerait au pouvoir des pro-occidentaux qui ouvriraient le pays à leurs entreprises et qui signeraient une paix avec Israël.

Cela fait 12 ans que des contacts entre des officiers supérieurs syriens et occidentaux ont été établis dans le cadre de la lutte antiterroriste. Les États-Unis savent certainement quels sont ceux qui sont susceptibles d’entrer dans ce jeu. On peut croire que l’Arabie Saoudite sera généreuse avec eux.

Mais pourquoi cette défaite de Qousseir met tous les stratèges occidentaux en émoi ?

Parce que cette victoire de l’AAS empêche toute nouvelle offensive à partir du Liban et elle regonfle le moral des troupes. 

Une nouvelle offensive sur Damas était en préparation. Elle devait provoquer un affrontement sanglant qui aurait affaibli à la fois les islamistes et la Garde républicaine.

Un groupe de généraux aurait alors pris le pouvoir et aurait décrété un cessez-le feu et ouvert un dialogue avec les dirigeants de l’ASL et du CNS qui, rappelons-le, ne sont pas constitués d’islamistes radicaux. Ils auraient sans doute demandé ensemble que les groupes djihadistes déposent les armes et rentrent chez eux.

Une élimination physique de Bachar al Assad était sans doute aussi envisagée.

L’Arabie Saoudite serait ensuite venue avec ses capitaux pour la reconstruction du pays sur le modèle libanais.

 

Le nouveau scénario et les prospectives.

Cette défaite de Qousseir à provoqué, dans les jours suivants, une réunion à la Maison blanche avec Barack Obama et tous les plus hauts responsables politiques et militaires du pays. C’est dire combien cela était inattendu pour eux et combien cela contrariait leurs plans. John Kerry, qui avait dû annuler une visite en Israël, s’est ensuite directement rendu en Arabie Saoudite. Cela indique que les États-Unis vont principalement s’appuyer sur ce pays pour rétablir une pression sur Bachar al Assad.

Le Qatar aux ambitions trop démesurées et rival de l’Arabie Saoudite dans la péninsule a été prié de s’écarter. On lui reproche son soutien à l’islam politique des Frères musulmans, responsables d’un manque de prise en considération des intérêts des États-Unis dans les pays où ils sont arrivés au pouvoir. En plus, la dynastie saoudienne est farouchement opposée à un islam politique qui pourrait la renverser à terme.

Les vidéos monstrueuses des exécutions sommaires commises par des islamistes, le chaos dans leurs rangs et la défaite de Qousseir sont aussi imputés au Qatar.

Voici le nouveau scénario qui a été élaboré.

  • Une nouvelle ASL, principalement formée de recrues syriennes et encadré par des officiers syriens (plus de 70 ont récemment été exfiltrés de Syrie), sera rassemblée en Jordanie. Sa formation sera assurée par les militaires étasuniens qui sont restés après les manœuvres « Eager Lion ». Elle sera équipée avec un armement sophistiqué qui lui permettra de lutter à armes égales avec l’AAS. Ses soldats recevront une solde substantielle, payée par l’Arabie Saoudite, ce qui leur évitera la tentation de déserter ou de vendre leur équipement aux islamistes.
  • Cette armée pourrait être renforcée par des éléments étrangers mais sous le commandement d’officiers syriens et sous la supervision des officiers des services spéciaux des États-Unis. Les opérations seront coordonnées par le Pentagone ou la CIA.
  • Sa première mission sera d’établir une tête de pont dans le sud de la Syrie, de peut-être conquérir Deraa et les aéroports de la province.
  • La nouvelle ASL pourrait alors être équipée d’armes antiaériennes et même de missiles sol-sol et d’armes lourdes.

Une nouvelle offensive contre Damas semble exclue à partir de ces positions sans un appui aérien ou au moins une zone d’exclusion aérienne.

Une telle zone pourrait être imposée à partir de la Jordanie ou d’Israël mais Andreï Lavrov a déjà dit que cela peut être considéré comme un acte de guerre qui justifie une riposte.

Vu l’autorisation de survol donnée par la Jordanie à Israël, on peut s’attendre à des missions de drones israéliens contre les forces loyales syriennes dans le sud du pays.

Le principal problème consistera peut-être à réussir à mobiliser suffisamment d’hommes. De cela dépendra sans doute la réussite ou l’échec de cette opération. Les pétrodollars saoudiens seront peut-être déterminants pour solutionner ce problème.

Il faut aussi préciser que les États-Unis ne soutiendront cette offensive que s’ils croient qu’elle aboutira à un résultat.

 

Une comparaison avec la Campagne de Russie.

Tout en sachant que les forces en présence sont beaucoup moins nombreuses, que les combats ne sont pas de la même ampleur et que les pertes humaines sont infiniment inférieures, je trouve qu’il y a un parallèle à faire avec la campagne de Russie (1941 – 1945).

Il y a l’invasion surprise d’une force étrangère, d’abord bien accueillie par la population dans certaines régions mais ensuite rejetée pour ses méthodes brutales.

Les principales batailles sur les deux théâtres peuvent être comparées ainsi.

  • La bataille de Damas a marqué un coup d’arrêt à l’offensive de l’ASL. Comme la bataille de Moscou (octobre 1941 – janvier 1942) a arrêté l’offensive allemande. Dans les deux cas, l’agresseur n’a plus été en mesure de gagner la guerre.
  • La bataille de Qousseir comme la bataille de Stalingrad (terminée en février 1943) sont des défaites coûteuses pour l’ennemi. Elles sont aussi symboliques. La victoire change de camp mais elle n’est pas décisive.
  • La bataille prochaine sera décisive. Elle se déclenchera sans doute à partir de la Jordanie. Elle devra être comparée à la bataille de Koursk (juillet – août 1943). Le vainqueur reprendra l’initiative. Si c’est la nouvelle ASL, les rebelles syriens peuvent espérer des négociations en position de force. Si c’est l’AAS, on peut s’attendre à la reprise du contrôle du pays par le gouvernement syrien. Pour rappel, les Allemands auraient pu percer les lignes de défense soviétiques à Koursk. Il s’en était fallu de peu.
  • Le siège d’Alep et le siège de Leningrad (levé en janvier 1944) ont aussi des points communs. Point moins stratégique, position d’attente des défenseurs et ravitaillement par un couloir plus ou moins sécurisé. Les assiégeants se retireront quand la province tombera aux mains de l’AAS et que le ravitaillement ne leur arrivera plus. Je ne crois pas que les forces syriennes loyales se lanceront dans un coûteux et destructeur assaut sur une ville de 1.700.000 habitants (sans doute moins aujourd’hui).

 

Reprise en main de la région par les États-Unis.

La politique de soutien en deuxième ligne des États-Unis a montré ses limites au Moyen-Orient et en Afrique du nord.

Les puissances régionales ne parviennent pas à s’accorder sur des objectifs communs et c’est souvent à l’encontre des intérêts des États-Unis : que ce soit en Tunisie, en Égypte, en Libye ou même en Turquie, leur perte d’influence est évidente.

Le point commun entre ces pays est l’arrivée au pouvoir de l’islam politique représenté par les Frères musulmans et principalement soutenus par le Qatar à coup de milliards de dollars. 

Les Frères musulmans sont fondamentalement antioccidentaux et veulent l’imposition de la Charia en l’introduisant petit-à-petit dans la constitution. Il est évident que ce parti est incapable de gouverner un pays de manière moderne, équilibrée et dans l’intérêt de toutes ses composantes. Il fusionne le pouvoir politique et religieux.

L’Arabie Saoudite ne veut pas de cet islam politique. Elle préfère un pouvoir politique séculier et un pouvoir religieux séparés qui s’occupe de faire respecter les lois islamiques. 

Le résultat est le même pour les citoyens mais le pouvoir politique, qu’il soit dynastique, militaire ou présidentiel garde la maitrise décisionnelle des affaires non religieuse.

Les États-Unis ont choisi l’alliance avec l’Arabie Saoudite. Le Qatar ne devra plus intervenir en finançant l’islam politique.

L’Égypte est la première victime de ce choix. Mohamed Morsi a par exemple fait une erreur en soutenant des discours de soutien aux djihadistes qui échappent au contrôle des États-Unis. Si l’ASL doit être soutenue militairement, ce sera par l’armée égyptienne, ce qui n’est pas nécessairement mieux pour Bachar al Assad.

La Libye passera sans doute par une intervention pour éliminer les milices hostiles aux occidentaux, soit par l’OTAN, soit par un voisin avec le soutien de l’OTAN.

Une direction militaire est aussi envisagée en Syrie après le départ de Bachar al Assad, s’il a lieu évidement.

La Turquie devra mieux veiller aux intérêts des États-Unis sous peine de sanctions.

C’est clair, les États-Unis sont de retour dans la région.

Je tiens à terminer cet article, qui peut peut-être sembler froid et distant à beaucoup, par un message aux Syriens porteur de l’espérance de la fin prochaine de leur calvaire. Je le sais, ils sont victimes d’une intervention extérieure et nos gouvernements et leurs serviteurs en portent une lourde responsabilité.

 

[1] http://www.courrierinternational.com/article/2013/05/21/les-camions-arabes-passent-par-haifa

[2] Le même scandale existe dans les camps de réfugiés turcs.

http://www.eschaton.ch/website/2013/syrie-les-allies-esclavagistes-de-loccident-droit-de-lhommiste/

[3] Une chronique du début des événements en Syrie.

http://alternatives-economiques.fr/blogs/moyenorient/2011/07/09/debut-de-la-revolution-syrienne/

[4] Il s’agissait évidement d’intercepter des missiles de croisière, pas des avions pilotés.

http://avicennesy.wordpress.com/2013/05/29/la-vraie-bataille-pour-la-syrie-celle-dont-les-medias-ne-vous-parleront-jamais/

[5] On arrive à avoir pitié d’eux. Ce ne sont que de pauvres bougres qui ont été endoctrinés.

Ecrivez "Les derniers jours de Qousseir" Le Temps. ch sur votre moteur de recherche.

[6] La quantité et la qualité des navires déployés indiquent la détermination de Vladimir Poutine à interdire toute tentative d'intervention extérieure en Syrie..

https://www.youtube.com/watch?feature=endscreen&v=ULeKGnCVmfU&NR=1http://

http://fr.ria.ru/defense/20130405/198001788.html

[7] Zbigniew Brzezinsky. Auteur du « Grand Échiquier ». Rappelons qu’il ne conseillait l’intervention militaire que quand tous les autres moyens avaient échoué.

http://www.legrandsoir.info/brzezinski-sur-la-crise-syrienne-the-national-interest.html


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46 réactions à cet article    


  • le moine du côté obscur 15 juillet 2013 10:07

    Il est clair que les prochaines batailles seront décisives et que le peuple syrien n’a pas encore fini de souffrir. Il reste à savoir comment les alliés de la Syrie vont réagir notamment l’Iran. Certains pensent que le nouveau président iranien va essayer de modifier la politique étrangère iranienne. Cela passera-t-il par un soutien moins fort à l’allié syrien ? Maintenant si certains syriens pensent que frayer avec l’ogre Sam est bénéfique ils feraient de voir ce qui arrive aux anciens alliés de Washington. Pactiser avec le démon Sam, c’est pactiser avec le diable tôt ou tard vous en payez le prix. Je pense que beaucoup ont compris que les soi-disant opposants à la solde des dirigeants occidentaux et affidés sont prêts à détruire leur pays et par conséquent ne sont pas de vrais patriotes. Bref cette guerre pourrait encore durer longtemps et malheureusement provoquer beaucoup de victimes civiles encore. Mais les psychopathes étasuniens n’en ont rien à faire comme ils n’en avaient rien à faire même de leurs concitoyens en piteux état à la Nouvelle Orléans après le passage de Katrina. 


    • Pierre Pierre 15 juillet 2013 10:53

      A mon avis, je peux évidement me tromper, je crois que l’Iran, le Hezbollah, la Russie et même l’Irak mettront tout en oeuvre pour qu’il n’y ait pas de changement de régime en Syrie. Ils ne savent que trop bien qu’ils seront une des prochaines cibles et que le basculement de la Syrie approchera le danger de leurs frontières.

      Nous sommes dans une guerre typique comme celles qui, à l’époque de la guerre froide, opposaient l’Est et l’Ouest dans des pays tiers et, comme vous dites, cela peut durer longtemps.
      Je ne pense pas que certains pactisent. Ils reçoivent de l’argent pour faire ce qu’on leur demande, et pas seulement au Moyen-Orient.

    • Pierre Pierre 15 juillet 2013 10:32

      Il y a une erreur géographique dans mon article. Chypre se trouve évidemment au sud de la Turquie et pas à l’ouest.

      Quelques grosses fautes d’orthographe aussi.
      « 200.000 réfugiés ont fui » (participe passé) au lieu de « fuit ».
      « les milices mafieuses » avec un « f » au lieu de deux.
      « la Garde républicaine ». « Garde » avec une majuscule comme la Garde républicaine française.
      Désolé, j’ai demandé la publication de l’article hier très tard et la fatigue aidant...
       

      • Anaxandre Anaxandre 15 juillet 2013 17:20

          Au vu de votre effort, personne ne vous en tiendra rigueur. J’ai moi-même approuvé votre article hier soir ; article qui, sans être un spécialiste, m’a semblé une bonne synthèse avec une prospective intéressante des évènements syriens, et au-delà. Bravo.


      • SEPH 15 juillet 2013 12:31

        Ça fait, plus de deux ans, que le front syrien a été ouvert.

        Après près de deux ans de conflit, nous en sommes, toujours, au même point. Le même scénario se répète, de jour en jour. Les terroristes s’infiltrent, à partir des pays voisins, attaquent des postes de contrôle, investissent des quartiers, attaquent des centres administratifs et des bases, plus ou moins, désaffectées. Il ne leur reste plus, ensuite, qu’à crier « victoire », après avoir fait quelques vidéos avec leurs téléphones cellulaires (on se demande s’ils n’ont pas été fournis que pour ça), et envoyer le tout, récits et vidéos, accompagné de chiffres, déjà, prêts, à l’avance, à la presse amie, qui se chargera de relayer.

        Quelques heures plus tard, l’Armée syrienne arrive, extermine les terroristes, saisit leurs armes, libère les quartiers, repousse les survivants, jusque dans les pays voisins. Là aussi, après que quelques vidéos aient été tournées, le service de presse syrien prend le relais. Le lendemain, même scénario, mêmes compte-rendus. Le surlendemain, idem. Un éternel recommencement, émaillé, de temps à autre, d’un attentat-suicide, avec sa cohorte d’images, toutes plus atroces les unes que les autres, ou un massacre de civils, organisé,par les terroristes à la veille d’une réunion internationale pour le mettre sur le compte de Bachar.

        Mais qu’en est-il vraiment, sur le terrain ? Que se passe-t-il, en Syrie, depuis deux ans ? Dans la réalité, c’est la souffrance, au quotidien, la mort, au coin de la rue. La réalité, c’est que la Syrie est un pays, qui subit une agression délibérée, de la part d’une coalition, qui ne se cache même plus, sous des faux-semblants. Ce n’est plus un mystère pour qui que ce soit. Si, au début, il était encore possible, pour certains, d’hésiter ou de croire aux manifestations pacifiques, réprimées dans le sang, au soulèvement spontané, pour chasser une dictature, à la férocité d’un régime opprimant et massacrant son peuple, aujourd’hui, rien de tout cela ne tient plus.

        Toutes les argumentations qui furent les causes du chaos, apparaissent, pour ce qu’elles ont toujours été : de la propagande. Y compris, pour ceux qui les brandissent encore, soit pour justifier leur engagement, soit par habitude, soit encore, pour ne pas avoir à reconnaître de s’être fait manipuler, comme des enfants.

        L’agression est, désormais, avérée. Les agresseurs se sont démasqués, un à un. Les buts poursuivis semblent se dessiner, même s’il est encore difficile d’en cerner les contours. Mais malgré cela, les gesticulations continuent. Les fausses réunions, les fausses candeurs, les fausses déclarations, battent leur plein, comme aux premiers jours. Ça ne trompe plus personne, mais on fait comme si. Rien d’étonnant alors, si le ministère russe des Affaires étrangères ferme son téléphone à toutes ces simagrées. Il n’est pas étonnant, non plus, de voir la Syrie et l’Iran, concentrés plus que jamais, sur la fin de cette zizanie. Tous semblent dire : « Assez. On ne joue plus. Si vous voulez discuter, sérieusement, on est prêt ; sinon, allez vous faire voir ».

        En effet, tous savent, maintenant, comment ce conflit finira et comment y mettre un terme. Il est évident, pour tout le monde, que les terroristes, quels que soient leur armement et leur financement, ne parviendront jamais à gagner contre tout un peuple, qui, maintenant, fait bloc, autour de son gouvernement et de son armée de conscrits. 

        Ce ne sont pas quelques exactions de plus ou quelques tueries ou sabotages supplémentaires, qui changeront la donne. Ici, nous ne pouvons que nous remémorer la déclaration de Serguei Lavrov, avant même la déferlante djihadiste : « même si vous les armez jusqu’aux dents, ils ne viendront pas à bout de l’armée syrienne », avait-il dit. Cela montre bien la détermination russe, depuis le début, et surtout, met en relief une réalité, que, seuls, les aveugles ne pouvaient ou ne voulaient pas voir. Du côté du gouvernement syrien, il est devenu clair que la victoire ne sera jamais militaire, surtout, quand l’argent et les armes continuent à couler à flot, pour entretenir le terrorisme.

        Quels que soient les exploits de l’armée, la solution ne pourra se trouver qu’à travers les négociations. En attendant, il faut tenir, rendre coup pour coup et même plus. La Syrie a tout ce qu’il faut pour cela, malgré les tentatives maladroites d’embargo, l’arme suprême des atlantistes. Cette fois, cette arme, autrefois, redoutable, a fait long feu. Même si les Syriens en souffrent, elle n’a pas affaibli l’économie, au point d’influer sur les capacités de résistance du pays. C’est une première, mais une première, qui laisse augurer que les prochains embargos, en tant qu’armes subversives, n’auront plus les effets d’antan, comme ceux constatés, pour l’Irak, par exemple.

        La Syrie a donc de quoi tenir. Les agresseurs ont fini par en prendre conscience. Nous n’avons déjà plus cet obsédant refrain « Bachar al-Assad doit partir », refrain chanté, sur tous les tons, et ponctuant chaque discours, rappelant, étrangement, l’obsession de Caton, pour Carthage.

        La tendance est, désormais, à la sortie de la crise. Mais comment ? Des sommes énormes et beaucoup d’espoir ont été investis, dans ce conflit. Des dindons de la farce, il y en aura, forcément, mais personne n’a envie d’en être. D’où quelques tergiversations, et même, parfois, de l’animosité entre certains des partenaires. Bien que le torchon brûle entre l’ASL ( dont un haut dirigeant a été assassiné par al-Qaïda ) et al-Qaïda . Il ne faudra donc pas s’attendre à un arrêt immédiat du chaos syrien.

        Mais le rapport de force est en train de changer en faveur de l’armée syrienne. En effet, après la victoire de l’armée syrienne à Qusseir stratégique , ont modifié l’équilibre de forces. Actuellement une autre ville stratégique est sur le point d’être sécurisée par l’armée syrienne : c’est Homs.

        La grande bataille sera Alep. Son issue, s’il y en a une, pèsera sur les négociations futures, à condition que les États-Unis ne fasse pas avorter la conférence de Genève 2.

        Or, la décision occidentale d’envoyer des armes, en Syrie, n’augure rien de bon pour la Conférence Genève 2. Le problème de fond demeure, c’est pour les occidentaux, Israël, le Qatar et l’Arabie Saoudite de mettre à feux et à sang la Syrie par l’intermédiaire de mercenaires, afin de « partitionner » ce pays et d’affaiblir l’Iran et le Hezbollah en vue de nouvelles guerres au Liban et en Iran .

        Les terroristes qui sont recrutés en permanence pour quelques dollars, continuerons encore long temps à poser des bombes que les médias occidentaux continuent d’ignorer,. Alors nous aurons droit à notre lot quotidien de morts, de massacres, d’attentats, de prises et reprises, de nettoyages, de saisies d’armes…, mais, pour les Syriens, c’est la tourmente et le chaos qui continuent.

        La seule solution est politique, mais les occidentaux la refusent sous la pression notamment d’Israël.



        • Pierre Pierre 15 juillet 2013 14:06

          Bonjour SEPH,

          Merci pour votre long commentaire qui vient judicieusement compléter mon article.
          Waouh ! On sent la colère en vous. Moi aussi, j’en ai assez de subir la propagande de guerre de ces faiseurs d’opinion, qu’ils soient médiatiques ou qu’ils soient politiques.
          J’attends toujours que quelqu’un m’explique un seul avantage que , soit les Français, soit les Libyens ont tiré de l’intervention militaire en Libye. Pourtant, cela a coûté de l’argent aux Français.
          Je ne sais pas si vous le saviez, mais quand vous vous demandez si ces téléphones cellulaires n’ont pas été fournis pour mettre ce genre de vidéos sur Internet, vous êtes tout-à-fait dans le vrai.
          J’ai vu une interview d’un de ces tueurs à gage où il disait que l’aide financière que son groupe recevait était conditionnée par l’envoi de films montrant les exploits de ses hommes. Ces « sponsors » doivent être complètement tarés pour s’assouvir de ces vidéos macabres.
          Concernant la reconstruction de la Syrie, voici un très intéressant article sur les propositions des Occidentaux. lien C’est la base de discussion qu’ils comptent présenter à Genève.



        • SEPH 15 juillet 2013 22:46

          Vous vous interrogez  : " J’attends toujours que quelqu’un m’explique un seul avantage que , soit les Français, soit les Libyens ont tiré de l’intervention militaire en Libye" ?

          Ceux qui ont trouvez un avantage sont les actionnaires des groupes pétroliers ( compagnies US, Total, le groupe pétrolier italien ENI., BP,...) ? En effet, Kadhafi voulait entièrement nationaliser le pétrole. De plus, il voulait créer une monnaie d’échange pour tous les pays africains en dehors du dollar. Cela était inacceptable pour les US .

          En revanche, les libyens ont payé le prix fort : plus de 100 000 civils tués par les bombes de l’OTAN, un pays détruit et une guérilla permanente entre les groupes salafistes et un pillage par les vainqueurs : notamment le stock d’or qui a été volé aux libyens.

          Bref, cette guerre a été une guerre coloniale pour faire main basse sur les richesses libyennes.


        • Pierre Pierre 15 juillet 2013 23:04

          Total, BP, ENI, cela je le sais. Je parlais des Français qui paient leurs impôts en France.


        • SEPH 16 juillet 2013 11:43

          Cette guerre a coûté aux contribuables français plus d’un milliard d’euros pour les beaux yeux des USA et du Qatar qui avaient préparé 6 mois avant, les manifestations organisées de Benghazi, cette intervention militaire.

          Les médias français comme pendant la guerre d’Algérie ont menti honteusement et lâchement.

          Les français ignorent les faits et ses conséquences désastreuses pour le peuple libyen. Cela continue avec la Syrie, votre excellent article devrait-être publié pour briser la chape de plomb qui permet à des tueurs de poursuivre la destruction d’un pays pour des fins inavouables.


        • Pierre Pierre 16 juillet 2013 12:21

          Merci SEPH,

          Je viens de parler pendant plus d’une heure avec une amie qui a vécu en Libye, a gardé des contacts avec des Libyen et qui est restée très informée de la situation dans ce pays.
          Elle confirme que la situation dans le pays est épouvantable, que la sécurité est inexistante et qu’on va vers la partition.
          Merci Monsieur Sarkozy, merci Monsieur Bernard-Henri Levy.

        • paul 15 juillet 2013 13:20

          L’empire et ses satellites ont compris qu’ils ne pourraient pas faire tomber Assad par la force .
          D’autre part Israël ne voit pas d’un bon œil les rebelles prendre le pouvoir à sa porte .
          Reste la guerre d’usure pour affaiblir ce pays et préparer une apparence de changement démocratique (chanté par tous les médias avec leur OSDH ), qui sera contrôlé par les US, un peu comme ce qui se passe en Égypte .


          • QAmonBra AmonBra 15 juillet 2013 13:38

            @ Pierre


            Bonne synthèse du conflit syrien qui, malgré ses « coquilles »,  surclasse le travail des pseudo journalistes de nos me(r)diats.

            Effectivement, les U$A ont changé de stratégie, l’agent qatari a été remercié au profit de son rival et concurrent $aoudien. 

            La monarchie jordanienne, pour son malheur, est poussée a suppléer la Turquie que son Peuple (et/ou les russes ?) ont réussi a mettre « Out ».
            Sont également poussés hors jeu les courants libanais pro-U$ dans un Liban dont la grande majorité des citoyens n’a nulle envie de replonger dans un conflit confessionnel et fratricide.

            Sous toutes réserves, le parallèle avec les combats russo-allemands de la seconde guerre mondiale est pertinent. 

            De fait et grâce à la détermination et l’engagement des russes, le siège de la Syrie est brisé et Assad va pouvoir faire ce que Kadhafi n’a pu faire à cause de l’OTAN : Une « dé$alafisation » de la Syrie « zunqa-zunqa, dar-dar ». (rue par rue, maison par maison)

            Que pourront faire l’occident $ioniste et ses supplétifs locaux pour néanmoins briser la résistance de la Syrie, dont la chute est indispensable dans leurs plans de redécoupage et de confessionnalisation des états du moyen orient ? 

            Courir le risque d’une guerre mondiale ?

            • Pierre Pierre 15 juillet 2013 14:26

              @ AmonBra,

              Merci. Vous faites une bonne synthèse de mon article de synthèse.
              Je vois que votre clavier a des problèmes avec les « S » smiley

            • Al West 15 juillet 2013 13:42

              Bonjour Pierre,
               
              Excellent article. Et excellente référence [4], j’avais raté ça.
               
              Informations de « dernière minute » :

              - les Israéliens auraient utilisé des bases turques pour leur raid contre les missiles russes Iakhont à Lattaquié. (La source vient de Russia Today, j’ai tendance à les croire car leurs informations s’avèrent très souvent justes depuis le début de ce conflit.) L’article (très instructif mais en anglais) ici : http://rt.com/news/israel-strike-syria-turkey-089/

              - l’armée syrienne a fait une importante saisie d’explosifs dans une cache à Damas, évidemment de conception étrangère (notamment séoudite), qui d’après l’ambassadeur de la Syrie auprès de l’ONU étaient en mesure de détruire une ville entière, si ce n’est le pays. À voir...

              En tout cas, ça risque de chauffer à l’automne.


              • Pierre Pierre 15 juillet 2013 14:45

                Bonjour Al West,

                Merci pour le commentaire.
                J’avais aussi lu le démenti turc. Tout est possible. Tir à partir d’un avion ? D’un sous-marin ? Même un missile terre-terre ? Tiré par Israël ? Les Etats-Unis ? 
                Allez ! Je vais prendre un risque. J’exclus la France. smiley


              • Rensk Rensk 15 juillet 2013 16:23

                En êtes-vous sûr de votre « France » vu que cela est connu :

                « Chaque poste de tir Milan, placé sur chaque rue entrant dans Bab Amr coûte 100 000 euros, chaque missile coûte environ 12 000 euros. Les missiles étaient tirés à une cadence de deux à trois coups par minute. Ce matériel est fabriqué par Nord-Aviation (France) et MBB (Allemagne). Il aurait été offert à l’Armée « syrienne » libre...


              • Pierre Pierre 15 juillet 2013 20:42

                @ Rensk,

                J’espère que vous aurez remarqué le smiley. 
                Pour tout dire, je ne ne sais pas qui est responsable du tir et je n’ai aucune idée de ce qui se trouvait dans ce dépôt.

              • COVADONGA722 COVADONGA722 15 juillet 2013 21:06

                bonjour les chasseurs israéliens sont cloués au sol suite a des problèmes moteurs , quelques sites militaires estiment plus que probable le tir de missiles depuis un sous-marin dolphin !

                les missiles AM visés ne sont que de peu d’intérêt dans le conflit intrasyriens par contre leur passage au hezbollah semblait le reglement probable de son intervention sur le terrain !
                avec ces missiles d’une portée de 300 km haiffa et les instalations en mer d’israel de venaient des cibles.

              • flesh flesh 15 juillet 2013 14:32

                Je cite :

                L’Arabie Saoudite est aussi éclatée. Les États-Unis savent très bien que le mouvement wahhabite sunnite leur est profondément hostile et qu’il est responsable de nombreux attentats dont le 9/11 [sic]. Une division du pays pourrait l’éradiquer ou le cantonner dans un État autour des lieux saints de l’islam.

                Vous croyez encore à cette fable, Pierre ?

                • Pierre Pierre 15 juillet 2013 14:57

                  @ flesh,

                  Croire aux conclusions de la commission Kean est aussi stupide que de croire aux conclusions de la commission Warren. Ceci dit, ce n’est pas parce que ce n’est pas Ben Laden du fond de sa grotte qui est responsable de l’attentat que certains Saoudiens ne le sont pas non plus.
                  Mais nous ne sommes plus dans le sujet de l’article.

                • Pierre Pierre 15 juillet 2013 15:02

                  et il reste que le mouvement wahhabite est profondément hostile aux Etats-Unis et à tous les autres Occidentaux d’ailleurs.


                • bernard29 bernard29 15 juillet 2013 15:04

                  ah les « médias mensonges ». ils sont encore plus présents sur Internet qu’ailleurs.

                  certains journalistes citoyens « révolutionnaires » préfèrent les treks en Himalaya. Peut être qu’ils ont raison !!


                  • Pierre Pierre 15 juillet 2013 22:52

                    J’ai lu avec délectation les commentaires concernant la Libye que vous laissiez sur AgoraVox il y a 2 ans. A peu près tout ce que vous écriviez à l’époque était un copié / collé des élucubrations du célèbre imposteur, BHL et toutes ces allégations se sont révélées fausses. 

                    Apparemment, ce n’est pas vous qui allez m’expliquer ce que les Français ou les Libyens ont gagné en tuant Mouammar Kadhafi.
                    A propos, avez-vous éteint la lampe de votre salle de bain pour sauver l’écologie de la planète ? Non ? Ce n’est pas grave, ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan quand on voit le CO2 qui est dégagé par les bombardements humanitaires que vous soutenez avec tant de zèle.

                  • maQiavel machiavel1983 15 juillet 2013 18:10

                    Superbe article , l’ un des meilleurs que j’ ai lu sur la situation Syrienne.

                    Un article froid et distant certes , mais c’ est la meilleure façon d’ échapper aux manipulations émotionnelles de tous les camps en présence !
                    Le parallèle avec l’ opération barbarossa est osé !On peut pinailler par ci par là évidemment , mais bravo pour ces éclaircissements !
                    Une question à l’ auteur : pensez vous que le régime Syriens a tiré les leçons de ces deux années de guerre ? Que la guerre l’ a transformé ? En cas de victoire le régime va t-il engager des réformes ?

                    • Pierre Pierre 15 juillet 2013 20:10

                      Bonjour machiavel1983,


                      Merci pour votre commentaire.

                      Pensez vous que le régime Syriens a tiré les leçons de ces deux années de guerre ?
                      C’est une question sérieuse mais il faut d’abord savoir si le régime réussira à se maintenir. 
                      Si vous ouvrez le lien n° 3, vous lirez que 9 jours après la première manifestation, Bachar al Assad annonçait déjà une série de réformes dont la levée de l’état d’urgence.
                      Je ne pense pas que la période qui suivra cette guerre civile sera favorable à l’engagement de réformes économiques ou sociales. 
                      La première chose qu’il y aura lieu de faire sera la reconstruction du pays et la réconciliation nationale. Ce ne sera pas facile mais d’autres pays y sont arrivés.
                      Il faudra aussi juger les tortionnaires (des deux camps) pour que les Syriens puissent à nouveau vivre ensemble.
                      Je pense qu’en cas de victoire de Bachar al Assad, ce seront plutôt les pétrodictatures du Golfe qui auront du mouron à se faire. 

                    • JMBerniolles 15 juillet 2013 18:17

                      Merci pour cet article.

                      Cela fait du bien d’échapper à cette propagande mensongère de nos médias sur la Syrie.

                      Effectivement le parallèle avec la campagne de Russie allemande a un sens ;

                      Les russes s’en sont sortis parce qu’ils ont pu rétablir une base arrière hors d’atteinte.

                      De même, la Syrie est soutenue par l’Iran et le Hezbollah, à ses frontières et est fournie en armes par la Russie qui comprend très bien qu’elle peut être une cible finale.

                      Il y donc une base arrière forte pour le régime syrien qui a gagné [ce sont plutôt les autres qui l’ont perdue] la bataille du peuple.

                      Au fil du temps l’armée syrienne s’aguerrie et se forme aux maniements des armes sophistiquées... Du point de vue de ces armes d’ailleurs, il semble qu’un F16 israélien ait été abattu. 

                      Avec le temps et sa résistance à l’agression et à l’OTAN, la stature d’ASSAD grandie.
                      Effectivement sa tête doit être mise à prix.. 

                      N’oublions que le temps qui passe approfondi aussi la crise économique en Europe et aux Etats unis.. 

                      • Pierre Pierre 15 juillet 2013 20:20

                        Vous résumez bien quelques points importants de l’article.

                        Effectivement sa tête doit être mise à prix.  Des élections présidentielles avec Bachar al Assad ou sans lui sont totalement différentes. Pour ses ennemis, il doit se retirer ou être éliminé. 

                      • Xenozoid Xenozoid 15 juillet 2013 19:43

                        ok j’ai lu un peu, quand on parle du moyen orient et dáutre dans toute cette liste il ne peu pas laisser israel , sa seule entité politique ne peut resté innactif,impossible,la mayonnaise commence a monté,tous le monde joue le jeu pour l’instant,quelqu’un va faire une connerie (la reine d’angleteere clamse, une meteorite sécrase, les anglais declare la guerre a bin laden(qui reviens depuis le haut des cieux.les zombies(the best)....bien vu, cést beirout puissance 1000


                        • COVADONGA722 COVADONGA722 15 juillet 2013 20:41

                          yep , bonjour touffu et intéressant ,bravo.


                           Les rebelles syriens et les groupes d’Al-Qaïda engagés contre Bachar al-Assad sont à couteaux tirés après le meurtre de Kamal Hamami, un important chef insurgé, par des djihadistes dans le nord-ouest de la Syrie. Plus connu sous son nom de guerre Abou Bassir al Ladkani, Kamal Hamami a été tué jeudi 11 juillet dans le grand port syrien de Lattaquié par des islamistes du groupe de l’« Etat islamique en Irak et au Levant » (EIIL), une émanation d’Al-Qaïda en Syrie. Il était l’une des personnalités les plus en vue du Conseil militaire suprême de l’ASL.

                          ambiance , ambiance 

                          • Pierre Pierre 15 juillet 2013 21:49

                            Et quelques centaines de taliban sont venus se joindre aux coupeurs de têtes d’al-Qaïda. (lien)

                            Ils vont rejoindre les assoiffés de liberté saoudiens. (lien) 
                            Ils sont beaux vos amis, Monsieur Laurent Fabius. 


                          • Pingouin094 Pingouin094 16 juillet 2013 17:39

                            En même temps, vos amis à vous sont tout aussi beaux :

                            Les mollahs iraniens, les fondamentalistes du Hezbollah, les services secrets russes.

                            Sans compter que le régime syrien lui même...

                            Non, vraiment, félicitation !!! A avoir de pareils amis, si respectueux des droits de chacun.

                            PS : Et oui, le Hezbollah avait sa légitimité contre Israël. Il n’en reste pas moins une organisation extrêmement religieuse et qui n’a rien à faire dans une guerre civile dans la pays d’à côté. A part défendre son pourvoyeur d’arme et de finances. Oui, le Hezbollah perd toute légitimité en cessant d’être la résistance face à Israël, mais un élément étranger d’une guerre civile chez son voisin et parrain militaire.


                          • BlackListed BlackListed 16 juillet 2013 08:06
                            Israël a attaqué la Syrie depuis la mer

                            L’attaque a été menée par un sous-marin de la classe Dolphin et a été coordonnée avec l’administration américaine. 
                            L’attaque visait 50 missiles Yakhont de fabrication russe.

                            Tous ce que la Russie fournira à la Syrie pouvant représenter une menace Israël sera détruit.



                            • BlackListed BlackListed 16 juillet 2013 08:11

                              L’implication du Hezbollah dans la guerre civile syrienne lamine peu à peu ses ressources en hommes et en matériels.

                              Il perd des hommes, beaucoup d’hommes, des tués mais aussi de nombreux blessés, dont il est difficile d’évaluer le nombre – les rebelles l’exagère, tandis que la milice shiite ne publie aucun bilan.
                              Enfin dans le monde arabe, le Hezbollah perd en légitimité et en crédibilité : il est de moins en moins le « parti de la résistance » qui lutte contre Israël. Son autorité est de plus en plus contesté au Liban.

                              Le Sage dit : « assieds-toi au bord de la rivière et regarde passer le corps de ton ennemi » smiley


                              • Pierre Pierre 16 juillet 2013 09:26

                                Je ne sais pas si vous parlez sérieusement ou si c’est ce que vous souhaitez.
                                Ne faites pas de déduction trop rapide et surtout ne vous fiez pas aux analyses sommaires de nos médias.
                                Effectivement, le Hezbollah ne communique pas le bilan de ses pertes. Ce n’est pas pour cela qu’elles sont considérables au point de l’affaiblir durablement
                                On estime ses forces à plusieurs dizaines de milliers de miliciens bien entraînés et ses pertes en Syrie à une ou deux centaines d’hommes.
                                Au moins 90 % des ces miliciens sont positionnés dans le sud du Liban, face à Israël.
                                Il n’y a pas un engagement massif du Hezbollah à Homs, Damas ou Alep. Leurs actions en Syrie sont plutôt liées à la formation de l’armée syrienne aux techniques de combats de rues. 
                                D’ailleurs, la tactique de l’armée syrienne a changé. Elle élimine maintenant les combattants de l’ASL avec son artillerie et son aviation. 
                                De mon côté, j’ai plutôt lu que le Hezbollah se renforce en armement de manière quantitative et qualitative.
                                « Enfin dans le monde arabe, le Hezbollah perd en légitimité et en crédibilité. » C’est vrai, mais c’est surtout lié au matraquage des médias arabes et des imams salafistes. Le vent peut tourner.


                              • Pingouin094 Pingouin094 16 juillet 2013 17:35

                                Un article partial et biaisé en faveur du dictateur Bachar Al-Assad, peu interressant de ce fait.

                                Le tour de quelques preuves du parti-pris :

                                Si l’article se perd dans le détail des motivations de la Turquie ou des USA (forcemment mauvaise) a soutenir la rebellion, il ne fait que mentionner le soutien du Hezbollah au régime de Bacahr Al-Assad et ne mentionne ni l’Iran ni les USA).
                                En tant que communiste, je ne suis pas un grand fan de l’Oncle SAM, pourvoyeur de démocratie au bout du fusil. Mais je ne suis pas non plus un grand fan de Poutine ou des Mollahs d’Iran.

                                L’article parle de « maintenir un régile laïc » pour justifier le régime de Bachar Al-Assad. Un véritable article d’analyse pourrait se poser la question de dans quel mesure , en cas de victoire de Bachar Al-Assad, le régime ne risque pas de s’islamiser profondément dans la mesure où ces deux principaux soutiens sont quand même à un niveau très élevé en matière de fondamentalisme musulman (le Hezbollah e tl’Iran).

                                Voilà pour les éléments objectifs qui prouvent le parti pris. Ensuite, on ne compte plus les phrases laudatrices envers le régime...
                                Et on ne compte plus également les tentatives de disqualifications de l’opposition « droit de l’hommiste » (rien que le terme ... ) allant jusqu’à remettre en cause les premières manifestations et le fait que l’armée fut la première à ouvrir le feu. C’est comme les chambres à gaz, il y’en aura toujours pour nier l’évidence. D’autant plus à partir du moment où le régime interdisait la présence de médias étrangers pour avoir des observateurs impartiaux. Plus facile ensuite de nier, nous sommes d’accords.
                                Ce fait est pourtant établit, notamment par le fait qu’il est la cause première de la désertion de soldats réguliers pour former l’ASL ; et ce bien avant que les milices islamistes ne commencent à prospérer dans l’ombre de l’ASL ...


                                • Pierre Pierre 16 juillet 2013 19:35

                                  Je réagis assez vivement pour rejeter l’amalgame que vous faites entre mon article et le révisionnisme. Cela fait partie d’une certaine stratégie contre la théorie conspirationniste où on retrouve chaque fois des raccourcis malhonnêtes du genre : vous vous en prenez aux banquiers qui sont responsables de la crise actuelle donc vous êtes antisémite ou vous contestez le rapport Kean donc vous contestez l’existence des chambres à gaz. 

                                  Vous vous dites communiste, grand bien vous fasse, moi je ne le suis pas mais je sais ce qui est juste et je rejette la violence, surtout quand elle n’est pas justifiée. Je ne vous dirai jamais vous êtes communiste dont vous cautionnez les goulags. C’est profondément malhonnête.
                                  Vous avez lu l’article, c’est bien, mais il faut aussi lire les liens dont le troisième (lien) qui n’est globalement pas favorable au régime syrien. Vous lirez que la contestation était orchestrée dès le départ par des mosquées. C’est comme si en France les prêtres ordonnaient à leurs ouailles de manifester sans autorisation contre le mariage pour tous à la sortie de la messe du dimanche. Arrestations arbitraires et violences par les forces de l’ordre syriennes : pas de doute. Responsabilité des premiers morts : je ne sais pas. Voyez en Egypte où il y avait des tireurs embusqués sur les toits qui tiraient sur les deux camps (lien) et où il y a eu plus de 50 morts. La provocation, cela existe aussi. Et la déstabilisation d’un pays par des forces extérieures aussi. Avez vous entendu ce qu’a dit Roland Dumas ? 
                                  Bachar al Assad est un dictateur. Oui, peut-être, mais il a quand même été élu même si c’est sans opposition et je ne pense pas qu’il y ait une autre méthode pour lutter contre les décalés historiques islamistes. En plus, pouvez-vous me citer une démocratie exemplaire au Moyen-Orient ? Déjà que la nôtre ne l’est pas !
                                  Le témoignage de la presse occidentale (observateurs étrangers). Franchement, vous la croyez vraiment objective ? Il y a des témoignage de journalistes malgré tout mais ils ne sont pas publiés dans les grands médias.  (Patrick Cockburn)
                                  Vous semblez insinuer que quelques centaines de miliciens, voire un millier, sont décisifs pour l’AAS. C’est ridicule. Le gros des forces du Hezbollah est dans le sud du Liban, face à Israël. Qousseir, comme Homs aujourd’hui, sont reconquis grâce à l’artillerie et l’aviation.
                                  Et l’ASS fait face à des dizaines de milliers de combattants étrangers, ce qui ne semble pas vous vous déranger.
                                  Je suis contre la peine de mort, donc contre l’Iran mais ici, ce pays est dans le bon camps.
                                  Ceci dit, je ne rejette pas la critique mais votre amalgame m’a fait sortir de mes gonds.
                                  Chacun a sa sensibilité et une objectivité totale n’existe pas quand on écrit un article.



                                • Pierre Pierre 16 juillet 2013 19:44

                                  @ Pingouin094,

                                  Si vous n’êtes pas anglophone, lisez au moins cet article. Il peut être lu sur de nombreux sites. AdoraVox l’a rejeté. (lien)

                                • edouard 21 juillet 2013 13:38

                                  Pierre, merci encore pour cet exposé complet et parfaitement documenté .

                                  Avec les mêmes éléments que les vôtres, j’aurai des conclusions un peu différentes.
                                  Même si la sitation ne prête pas à jouer, je parie que Genève 2 aura lieu avant fin septembre et que le cauchemar que vit les Syriens va s’arrêter là
                                  D’autre part j’ai la conviction que les USA ont encore plus envie de quitter la région et de laisser le témoin aux Russes.
                                  En effet tous les évènements auxquels on a assisté : Vidage de l’Emir du Qatar, de Morsi, de Mechaal chahutage musclé d’Erdogan, négociation sur la base des frontières de 67 imposées à l’entité sioniste ...sont le résultat de la divulgation par les services russes, d’un plan qui évinçait Russes, Américains, Libanais, Jordaniens , Séoudiens et le peuple syrien d’une véritable solution.
                                  Il s’agissait de faire converger sur Damas des colonnes de Turco-Talibans au Nord et de Palestino-Egyptiens au sud pour déclencher un coup d’Etat CIVIL en Syrie...
                                  Toute la direction du Parti Baas, corrompue et aux ordres des sionistes(qui aurait ensuite dissout l’armée) a été limogée, L’Arabie dindon de la farce reprend le flambeau plus pour négocier avec l’Iran et la Russie la sortie de crise, que pour continuer une lutte inutile.
                                  Notre président va d’ailleurs prendre connaissance, demain, des conditions de sa reddition.


                                  • Pierre Pierre 21 juillet 2013 23:05

                                    @ edouard,


                                    Vous poster ici un bon commentaire en évoquant un coup d’Etat civil avec pertinence.
                                    Il y a dans ce conflit de nombreux acteurs qui ont chacun leur agenda. 
                                    Aujourd’hui, le groupe Qatar, Turquie, Mohamed Morsi et Frères musulmans est en perte de vitesse et c’est le groupe Etats-Unis, Arabie Saoudite, armées arabes et takfiristes qui pourrait devenir la principale opposition armée à Bachar al Assad.
                                    Le groupe France et ASL « droit-de-l’hommistes » va sans doute progressivement être marginalisée ou être décimée par les djihadistes.
                                    J’essaie toujours d’être attentif aux déclarations des uns et des autres et une déclaration de Vladimir Poutine sur l’affaire Edward Snowden avait éveillé mon attention.
                                    « Edward Snowden ne doit pas faire de déclarations qui nuisent à nos partenaire américains. »  Pour moi, cela indique peut-être que les grandes lignes d’un accord sur la Syrie ont été définies entre les Etats-Unis et la Russie et que Genève 2 aura lieu pour les officialiser. 
                                    Il faut cependant que cette nouvelle ASL appelée à devenir le principal interlocuteur de Bachar Al Assad ait une visibilité et donc son implantation dans le sud de la Syrie pourrait être très importante pour les Etats-Unis.

                                  • reneegate 21 juillet 2013 13:43

                                    Synthèse sur le conflit Syrien très interessante. Le parallèle avec la campagne de russie me fait penser à la réaction du peuple qui a été déterminante. Comme le peuple russe à Léningrad (relevant les plans des principaux monuments royaux pour les reconstruire), les Syriens vont ils se réunir autour de valeurs fortes qui transcendent tous les clivages (on pourrait dire nationalistes). Et surtout l’armée syrienne comme l’armeé russe à Stalingrad va t elle prendre contre toute attente l’initiative en préparant discrètement une contre attaque ?
                                    Je crois que ce dernier point est déterminant et pas seulement pour les Syriens.
                                    Je pense fortement à la situation politique en France.
                                    Au plaisir de vous lire.

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