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La victoire des islamistes en Egypte : un danger pour la liberté et la paix

C’est fait ! L’islamiste Mohamed Morsi a été élu président de l’Egypte, premier pays arabe par le nombre de ses habitants occupant une position éminemment stratégique dans cette région. C’est un changement considérable aux conséquences qu’on ne saurait immédiatement mesurer.

S’il a obtenu 51,73 % des voix, contre 48,27 % pour Ahmad Chafiq, dernier premier ministre du président déchu Hosni Moubarak, c’est aussi dans un contexte de large abstention. Un électeur sur deux ne s’est pas déplacé, par défaut d’une autre candidature correspondant mieux aux aspirations des premiers acteurs de la révolution. Les islamistes ont surtout sus prendre le train en marche, alors qu’ils maillaient déjà le pays à travers ce rôle de lien social que leur avait laissé Moubarak, distribuant des aides aux familles aux sources financières opaques, moyennant leur voix.

Au Caire, des centaines de milliers de personnes ont fêté la victoire de M. Morsi sur la place Tahrir, symbole de la "révolution" qui a renversé M. Moubarak l'an dernier, sauf que, c’était en faisant la prière. Rien à voir avec les jeunes démocrates épris de liberté qui déchantent aujourd’hui conscients que cela n’augure rien de bon pour les progrès de libéralisation politique, morale et sociale attendue.

"LA RÉVOLUTION CONTINUE" façon islamiste ! L’Egypte renoue avec l’Iran.

"Je suis le président de tous les Egyptiens sans exception", a déclaré M. Morsi dans son premier discours à la nation. "L'unité nationale est le seul moyen de sortir de ces temps difficiles", a-t-il ajouté, mais autour de quoi réellement, par –delà la référence aux hommes, aux femmes, aux chrétiens comme aux musulmans de façon formelle. Car les Frères musulmans n’ont cessé de manifester avec des pancartes d’une clarté limpide : « Le coran est supérieur à la Constitution », attaquant les Eglises des autres religions... M. Morsi a affirmé qu’il faut que la "révolution continue jusqu'à la réalisation de tous ses objectifs". Là encore de quoi s’agit-il si on regarde ce qu’ont été les premiers signes de ce nouveau régime.

Comme l’exprime le gratuit 20 minutes « Le plus prompt à réagir à la victoire de M. Morsi a été le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui compte parmi les alliés des Frères Musulmans. Des cris de joie résonnaient dans la ville de Gaza. (…) Même enthousiasme en Iran, où le ministère des Affaires étrangères a salué ce qu'il considère comme l'une des dernières étapes du « Réveil islamique qui va ouvrir une ère nouvelle au Proche-Orient » (..) Les Emirats arabes unis ont « favorablement accueilli » l'élection du candidat islamiste, exprimant « l'espoir de voir les efforts converger maintenant pour assurer la stabilité » de l'Egypte ». Mais dans quel sens, pour arriver à quoi ? De quelle convergence s’agit-il sinon de celle d’une nouvelle domination religieuse par un islam ultraconservateur que les Frères musulmans ont toujours incarné !

Inconséquence incalculable de ces experts qui continuent de nous dire : « Circulez, il n’y a rien à voir ! »

En France, les observateurs habituels que l’on nomme de façon péremptoire « experts » continuent de nous expliquer partout que rien ici ne doit nous alarmer. Des experts qui, comme le dit France 2 dans son 20 h du 25 juin, ne considèrent pas le nouveau Président comme un « extrémiste »… Selon Gilles Kepel, interviewé dans ce journal, il n’y a rien à craindre puisque les islamistes au pouvoir entendent bénéficier de la manne du tourisme… Le tourisme ferait à lui seul ainsi obstacle et oui, il fallait y penser, à un projet politique qui depuis toujours anime les Frères musulmans : la charia dans l’Etat, le coran en lieu et place de la loi, la République islamique en lieu et place de l’Etat de droit, la foi contre le droit. On touche le fond du ridicule sinon une désinformation à l’inconséquence incalculable.

Ce n’est pas en insistant sur le fait que ce président soit le premier civil élu par voie démocratique, dans une démocratie sous l’influence d’un islam qui est depuis toujours religion d’Etat, que l’on fera oublier qu’il s’agit d’un islamiste, ce qui est la vraie et seule information sérieuse à retenir. Dans cette continuité, il s’est engagé à "préserver les traités et chartes internationaux" signés par l'Egypte, ce que reprennent les chaines de TV et les radios, en éludant le fait qu’il a simultanément déclaré, toujours avec ce double langage qui caractérise les islamistes, qu'il souhaitait "réviser" les accords de paix avec Israël conclus en 1979,"réviser les accords de Camp David" qui ont établi la paix avec Israël, et pas auprès de n’importe quelle agence de presse, mais de l'agence iranienne Fars. De façon cohérente il a aussi prôné un renforcement des relations entre Téhéran et le Caire, rompues depuis plus de trente ans. Un renforcement des relations entre l'Iran et l'Egypte "créera un équilibre stratégique régional et fait partie de mon programme", a déclaré M. Morsi. Rien que cela, mais il ne faut évidemment toujours pas s’inquiéter.

Un monde redessiné par une montée en puissance de l’islamisme, voilà le danger !

Jean-Pierre Filiu, professeur à Sciences Po (Paris) qui voyait dans le printemps arabe une « Seconde renaissance du monde arabe », sur Ouma.com, est servi ! Mais il se veut toujours rassurant, il y a le modèle Turc si formidable qui montre la voie, comme il le développe dans son ouvrage « Révolution arabe. Dix leçons sur le soulèvement démocratique », chez Fayard. Une Turquie dirigée par un parti islamiste de plus en plus agressif, qui aujourd’hui s’en prend régulièrement à l’opposition avec des arrestations et un contexte de tension sur lequel on ne veut surtout pas attirer l’attention côté médias, pas plus que sur les bombardements réguliers de l’armée turque sur les villages kurdes, sur quoi l’ONU n’a rien à dire… Une Turquie qui s’enfonce progressivement dans un conservatisme religieux qui n’augure rien de bon au regard de ce qui se passe à l’échelle du monde arabo-musulman qui donne de plus en plus d’arguments dans ce sens encore avec le basculement de l’Egypte.

Rappelons-nous que la révolution s’est faite sous le signe du rejet de l’argument qui maintenait Moubarak en place, à savoir, le péril islamique, justifiant son pouvoir autoritaire qui n’était d’ailleurs certainement pas le pire. On dénonçait cela comme le mensonge d’un vieil homme sénile et d’islamophobes. Mais nous y sommes et en grand. Le pays arabe le plus important, 82 millions d’habitants, qui est au cœur des enjeux du conflit israélo-palestinien où se cristallise une bonne partie des tensions internationales, un carrefour stratégique, vient de basculer entre les mains d’un parti religieux islamique. C’est un tournant de l’histoire dont on reparlera.

Certains de ceux qui, depuis le début du printemps arabe jusqu’à aujourd’hui, ne cessent de faire des procès à ceux qui dénoncent cette évolution dont je suis, portent une énorme responsabilité sur les évolutions à venir en encourageant à un angélisme et à une naïveté qui pourrait un jour nous couter très cher car ici on ne joue pas ! C’est une nouvelle carte du monde qui est en train de se dessiner où l’essentiel des pays du printemps arabe passent sous domination islamique.

Les Etats-Unis règlent le jeu, tel l’éléphant dans le magasin de porcelaine, de l’Irak à l’Egypte.

Ces experts lobotomisent notre réflexion à vouloir à tout prix rassurer, en mettant leurs pas dans ceux de l’Oncle Sam, un certain Obama qui de Washington a félicité le nouveau président égyptien, l’a assuré du soutien des Etats-Unis dans la transition de l'Egypte vers la démocratie… a indiqué la Maison Blanche. "Il a souligné son intérêt à collaborer avec le président élu Morsi, sur la base du respect mutuel, pour faire progresser les nombreux intérêts partagés entre l'Egypte et les Etats-Unis".

Comment ne pas se rappeler le discours d’Obama en Egypte où il a flatté l’islamisme en encourageant le port du voile dans un pays miné par l’excision et une domination patriarcale par l’entremise de la religion ! On savait que la Maison Blanche négociait depuis plusieurs mois, sinon des années en secret, avec les Frères musulmans. Des Américains sans lesquels rien ne peut se faire, qui règlent le jeu, dans la continuité de cette méthode qui les caractérisent, de l’Irak à l’Egypte, d’éléphant dans le magasin de porcelaine, à considérer les intérêts stratégico-financiers du monde des actionnaires avant la liberté. Il faut dire que le « parti » Américain aussi considère la religion comme première dans l’ordre des valeurs et supérieure à toute autre considération, ceci expliquant cela.

Les dirigeants européens ont félicité chacun à leur tour Mohamed Morsi, tout en restant prudents nous dit-on. On cherche cette prudence sans la trouver dans la déclaration de François Hollande qui a salué la victoire du nouveau président et affirmé que la France « soutiendra l'Egypte dans les instances européennes et internationales ». « Il importe aujourd'hui que la transition, commencée en février 2011, se poursuive afin, conformément aux engagements pris, que s'établisse en Egypte un système politique démocratique et pluraliste et un Etat de droit garantissant les libertés civiles et politiques de tous les citoyens comme des minorités », a-t-il affirmé, ou rêvé...

Ce soutien déclaré sans autre considération au moment où le nouveau président égyptien remet déjà en cause la paix avec Israël, où il exprime la volonté d’un renforcement des relations avec l'Iran, pays mis en cause pour vouloir avoir la bombe afin de rayer de la planète les juifs, qui parle de créer " un équilibre stratégique régional » avec cette république islamique, a de quoi, pour le moins, interroger.

En Italie, le chef de la diplomatie italienne Giulio Terzi ne fait pas mieux, il a choisi Twitter pour adresser un message de félicitations au nouveau président égyptien, voyant dans son élection une « preuve de démocratie » en Egypte. Et quelle démocratie ! Qui permet au religieux de se confondre avec le politique, une confusion que l’on sait suicidaire pour l’Etat de droit. En France, parait-il, on a même fait une loi pour séparer la religion de l’Etat parce qu’elle était le principal obstacle à l’affirmation des grandes libertés et des droits de l’homme dans l’édification de la République !

Les islamistes ont utilisé la démocratie afin d’atteindre le pouvoir pour le confisquer.

Enfin, le Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui dirige le pays depuis la chute de M. Moubarak a promis de remettre le pouvoir exécutif au nouveau président avant la fin du mois. Son chef, le maréchal Hussein Tantaoui, a adressé ses félicitations dimanche à M. Morsi. On dit que ce dernier ne disposera que d'une marge de manœuvre très réduite face au Conseil militaire. Certes, dans une "Déclaration constitutionnelle complémentaire", l'armée a en effet récupéré le pouvoir législatif après la dissolution à la mi-juin de l'Assemblée nationale, contrôlée par les islamistes, en vertu d'un jugement déclarant illégal le mode de scrutin. Toute réforme restera donc, jusqu'à l'élection d'une nouvelle Chambre des députés, à une date non précisée, soumise au contrôle des militaires. L'armée garde également un droit de regard sur la rédaction de la future Constitution, ainsi que des prérogatives importantes en matière de sécurité et de maintien de l'ordre.

Encore ici on croit nous rassurer sans rien mesurer des changements qui s’opèrent et de la force qui vient d’être donnée aux islamistes dans cette projection que M. Morsi fait lui-même, à travers l’idée d’un « nouvel équilibre régional » en s’alliant avec l’Iran, entre autres. Les islamistes avait un projet, prendre le pouvoir en surfant sur le printemps arabe et la démocratie pour mieux confisquer le pouvoir ! Ceux qui y voient autre chose sont des naïfs ou des imprécateurs !

Effectivement, M. Morsi, fort de la légitimité que lui procure son élection, n’a pas attendu pour faire entendre sa voix de ce côté. "Le Conseil suprême des forces armées n'a pas le droit de modifier la Constitution et je rejette la déclaration constitutionnelle qui limite les prérogatives du président de la République", a-t-il déclaré, appelant le CSFA à quitter "immédiatement le pouvoir". Un responsable des Frères musulmans a indiqué que les partisans de la confrérie poursuivraient leur sit-in sur la place Tahrir "jusqu'à l'annulation" de la "Déclaration constitutionnelle complémentaire". On voit bien qu’une nouvelle histoire s’engage qui risque bien un jour de se finir bien mal pour les Egyptiens.

Le capitalisme mondialisé facteur principal de l’échec de l’universalisation de la liberté

A l’horizontal de tout cela, il faut regarder plus haut, car cette évolution est le reflet d’une crise de la civilisation qui traverse le monde, dont la responsabilité revient principalement à un capitalisme mondialisé qui s’attaque à coups d’inégalités, en les décrédibilisant, aux valeurs de portée universelle de progrès et de liberté, dans un contexte où depuis la chute du mur il n’apparait plus d’autre alternative qu’un repli identitaire à des pays arabes qui n’ont pas su trouver le chemin de la liberté plus tôt. C’est ainsi que la revanche des pays arabes au regard de l’histoire, à laquelle ils sont encore économiquement, socialement et politiquement à la traîne, se fait contre l’Occident et ses valeurs, par un retour en arrière catastrophique, une régression qui n’a pas fini de faire couler de l’encre et peut-être bien du sang. Espérons que l’histoire ne donnera pas raison à Samuel Phillips Huntington et à son Choc des civilisations, bien que les engrenages paraissent s’en ébranler vers une mise en marche pas à pas à chaque nouvel événement dans le monde arabo-musulman.

C’est dans ce contexte de la victoire de M. Morsi en Egypte, qu’on apprend que Habib Kazdaghli, doyen de la Faculté des lettres, des arts et des humanités de la Manouba, en Tunisie, accusé d’avoir « agressé » une étudiante portant le « niqab », entendant simplement faire respecter l’interdiction du port de ce genre de vêtement ostensiblement religieux dans l’université, doit comparaitre devant le Tribunal de première instance de la Manouba, le 5 juillet 2012, à 9h. Cette affaire, après la condamnation du patron de la chaîne Nessma, jugé pour "atteinte au sacré" après la diffusion l'an dernier du film "Persépolis" qui osait avoir représenté Dieu, montre combien les islamistes vont avoir, sous le signe des événements égyptiens, partout le vent en poupe.

Une France où la laïcité fait face à la montée d’un communautarisme qui se reconnait dans cette islamisation du monde arabe

En France, parallèlement à un Conseil français du culte musulman de plus en plus dominé par les islamistes de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France), un ouvrage de droit musulman réalisé par Chems-eddine Hafiz, inscrit au Barreau de Paris, avocat de la Grande Mosquée de Paris et membre du bureau du Conseil français du culte musulman et Gilles Devers, inscrit au barreau de Lyon, avocat de la Grande Mosquée de Lyon et chargé d’enseignement à la faculté de Droit de l’Université Jean-Moulin (Lyon II), intitulé « Droit et religion musulmane », publiée chez Dalloz, 2005, nous éclaire sur les enjeux actuels de la place de l‘islam en France. Ils nous parlent d’une « foi partagée (…) avec sa part d’indémontrable, d’invérifiable » qui serait source de droit à mettre en parallèle avec le droit positif jusqu’à affirmer : « Au final, des aménagements de droit sont souhaitables pour que les musulmans puissent vivre sereinement leur foi, en toute authenticité, alors que rien ne justifie une remise en cause des religions, en droit interne, comme en droit européen ».

Plus grave encore, ce droit fondamental, qu’est la liberté de conscience, signifié par la liberté de changer de religion inscrite dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, est rejetée par les auteurs : « Il est légitime qu’une religion combatte le renoncement à la foi. La perte de la foi est la fin de la religion, et la religion doit s’armer contre ce renoncement qu’elle analyse, pour le fidèle, comme un égarement, et pour elle, comme un péril. Une religion peut ainsi mettre en garde les fidèles contre l’affaiblissement de leurs pratiques religieuses. Le dogme peut également fulminer les sanctions les plus rigoureuses, visant à l’intériorisation du principe de fidélité » jusqu’à reprendre un thème mille fois entendu dans les manifestations égyptiennes pour rejeter toute limitation des manifestations religieuses  : « le droit est sans prise sur la foi ».

On voit ici les enjeux qui peuvent peser autour des revendications communautaires et l’extension d’un port du voile en France qui connait un regain qu’il est facile de constater à l’œil nu, porteur de ces valeurs qui s’éloignent de toute idée d’intégration, enfermant, symbole d’un refus du mélange au-delà de la communauté de croyance et de l’affirmation de la supériorité de la foi sur le droit.

Rien qui ne soit fait dans ce contexte international pour rassurer tous ceux attachés dans notre pays à la laïcité, aux valeurs universelles de liberté, d’égalité et de fraternité, à une France qui met la religion au second rang au regard du bien commun, des droits et libertés de l'individu, de l’égalité homme-femme, de la loi, de la raison, de la Nation et de la République, ces acquis essentiels dans l’ordre des progrès de la condition humaine.

Guylain Chevrier, historien.


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27 réactions à cet article    


  • Chiitedeservice subcommandante 26 juin 2012 11:49
    La victoire des islamistes en Egypte : un danger pour la liberté et la paix

    ---->Quel honte votre titre. j’en ai mal au ventre.De plus en plus insupportable les athées hystérique. La démocratie à géométrie variable. Sincèrement, bien fait pour vous.

    L’Islam pour les nuls : decouvrir islam

    Lui, il n’hésite pas une seconde à se proclamer supérieur à nous, et à proclamer sa civilisation supérieure à la nôtre

    ---->Effectivement,L’Islam est une civilisation supérieur. smiley


  • popov 26 juin 2012 17:31

    @subcommandante

    Effectivement,L’Islam est une civilisation supérieur.

    Faut le dire vite.

    La théologie islamique ne reconnaît pas les relations de cause à effet : tout est le produit de la volonté d’allah. Alors pourquoi essayer de bien faire les choses ?
    Cela fait des siècles que cette théologie abruti les mahométans. Ajoutez à cela les mariages consanguins sur plusieurs générations et voila le résultat :

    http://www.youtube.com/watch?v=IrV-WcfqOXQ

    http://www.youtube.com/watch?v=eypukDtxJdU

    Dans ce dernier clip, l’âne sait qu’à force de descendre il va finir par toucher le sol. Il semble mieux au courant des lois physiques que ses tarés de maîtres.


  • popov 26 juin 2012 18:10

    @subcommandante

    L’Islam pour les nuls

    On ne vous le fait pas dire.


  • Le Grunge Le Grunge 26 juin 2012 10:43

    Mais oui c’est clair, on a qu’a leur imposer notre système cleptocratique a ces vilain barbu, on est tellement mieux, tellement partageur, en gros, l’Occident est un modèle pour toute société en devenir sur cette terre.... Avec ce genre de titre, vous donnez du grain a moudre a tous ceux qui comme nos ministre (et vous peut-etre) pense que toutes les civilisations ne se valent pas...


    Et au fait, arrêtez de traiter de dictateur tous les dirigeants des pays non aligné sur l’occident qui refusent de se soumettre a l’Impérialisme Américano-sionniste qui veut ponctionner leur ressources...Il ne faut pas s’étonner si ces ces peuples replongent dans l’obscurantisme, avec notre aide, ils ont vu se maintenir au pouvoir les pires gouvernement laique de notre histoire...

    • cistus 27 juillet 2012 01:15

      Le monde Occidental est horrible, le monde Occidental est horrible mais en attendant il y en a bien plus qui cherchent a y venir qu a y partir.


    • Loatse Loatse 26 juin 2012 11:49

      @Le grunge


      Que l’Egypte des frères musulmans aille donc jusqu’au bout de ses idées de « non soumission à l’impéralisme américano sioniste » et refuse l’aide de 2,1 milliards versée annuellement par les américains....


      M’enfin vu l’état des finances étatsuniennes, tout ceci risque de mal se terminer pour le peuple egyptien si cette mane ainsi que celle provenant du tourisme se réduisent à peau de chagrin... (comme en tunisie)

      Cela dit, cette « victoire » des frères musulmans n’est que l’expression du vote de 26% des inscrits... on ne peut pas qualifier ceci comme l’expression du peuple egyptien dans sa totalité... bien que le processus démocratique ait été respecté...

      (enfin je pense...)


      • Le Grunge Le Grunge 26 juin 2012 12:38

        certes ce vote ne représente surement pas tous les avis des égyptiens, on leur propose la même chose qu’à nous lors des élections : un européaniste ou un européaniste, sauf que eux ils ont au dîner : un partisan de l’insoumission quasi-extrémiste ou un partisan de l’ancien régime, pas folichon tous ça. Quoi qu’il en soit, gardons nous de réagir comme Merkel quand elle a senti que le nabot ne serait pas réélu en faisant du prosélytisme européaniste et libéral en faveur de simplet. Ils sont chez eux, c’est leur choix et nous devons le respecter au risque de jouer une fois de plus les gendarmes et casser cette décision démocratique, qui comme vous l’avez dit n’est surement pas partagé par tous, et enfin prouver au monde entier que l’Europe, le NATO et nous mêmes nous nous jouons des décision democratique des autres peuples sauf si elles sont en accord avec nos idées.


      • Al West 26 juin 2012 12:04

        La démocratie n’a pas été tellement volée par les Frères Musulmans, mais par les Etats-Unis qui ont tout fait pour que le second tour voit s’affronter l’ancien du régime Moubarak et un islamiste. Dans ces conditions, le choix des Egyptiens se situait peu ou proue entre la peste et le choléra, et il n’est pas étonnant que Morsi soit arrivé vainqueur au vu du ressenti de la population égyptienne à l’encontre de l’armée.

        Néanmoins, m’est avis que beaucoup de monde va déchanter dans les prochains mois, la population égyptienne, en premier lieu, mais aussi le Hamas et l’Iran. On n’est pas porté au pouvoir avec des sponsors occidentaux sans rendre de bons services à ces derniers.

        Morsi préfigure à mon sens, tristement, le Karzaï égyptien.


        • Loatse Loatse 26 juin 2012 13:16

          Al west

          certaines « attentes » font tout le même froid dans le dos.....

          http://www.youtube.com/watch?v=QI3wG3loKlA&feature=player_embedded

          ps : j’ai hésité à poster cette vidéo mais sous réserve de traduction exacte, il y a de quoi s’inquiéter pour le futur de cette région...


          • Al West 26 juin 2012 13:53

            Hélas oui, mais cela fait partie des discours préélectoraux.

            Toutefois, l’actuel premier ministre turc Erdogan a été lui aussi élu grâce à une rhétorique profondément anti-israélienne. Ce même Erdogan qui aujourd’hui sert les intérêts de l’OTAN et vient de déclarer que tout militaire syrien proche des frontières turques était une cible, en réponse à l’abattage pour le moins obscur d’un avion turc.

            En Afghanistan et au Pakistan, le schéma est sensiblement le même : les dirigeants dénoncent publiquement les actions menées par les Etats-Unis mais au-delà de la dénonciation publique, il ne se passe rien.

            C’est en cela à mon avis que les supporteurs de Morsi seront déçus. Le temps est à la schizophrénie diplomatique smiley


          • Constant danslayreur 26 juin 2012 13:56

            Bonjour Loatse,

            J’ai voulu traduire pour vous mais la vidéo s’arrête à la 11ème seconde, j’essaierai si je peux plus tard.

            Eh oui vous avez raison, tout est en place pour le feu d’artifice final, par contre vous avez tort ce ne sont pas les « menaces de Hedjazi de libérer Jérusalem » qui sont le souci numéro un de l’humanité, mais bel et bien les innombrables excuses qu’aura désormais Israel pour lancer sa grande offensive pour établir Eretz Israël du Nil à l’euphrate.

            Morsi a évidemment assuré qu’il respecterait Camp David et du reste l’armée égyptienne devrait y veiller pour un moment, mais pas besoin de revenir sur camp David pour que ça pète, il suffit que les frères musulmans d’Égypte ouvrent Rafah avec Ghaza (et ses frères musulmans du Hamas), ne serait-ce que pour des raisons purement humanitaires et alors certains (toujours les mêmes), crieront au trafic d’armes, au terrorisme, au droit à l’auto-défense etc... la suite vous la connaissez ou la devinerez aisément.

            Sur les frères musulmans, des figures et non des moindres des salafistes égyptiens eux-mêmes prédisent le pire vu que pour eux, les frères musulmans c’est un état dans l’état et surtout, la loyauté des frères va d’abord au guide du mouvement (serments très durs prêtés lors de l’inscription) alors un président de tous les égyptiens qui serait comptable avant tout devant le guide smiley seul Dieu sait ce que ça risque de donner.

            D’ailleurs vous avez du noter que dès la proclamation des résultats, les frères se sont vite empressés de démissionner Morsi histoire de dire attention hein, il n’est plus tenu par son serment d’allégeance hein, c’est le président de tout un chacun plus chacun tout un... je demande à voir.

            En attendant, puisse Dieu préserver le peuple d’Égypte.


          • FRIDA FRIDA 26 juin 2012 14:29

            La vidéo originelle et enière

            http://www.youtube.com/watch?v=rqfKMP691wc&feature=related

            les propos litigieux commencent à partire de la 10e minute

            la traduction de l’arabe à l’anglais est fiable,


          • Loatse Loatse 26 juin 2012 14:43

            @Constant

            Puisse Dieu ramener la paix dans cette région....


          • Loatse Loatse 26 juin 2012 15:13

            Merci Frida pour cet original (auquel je ne comprend que pouic :), mais au moins cela permettra aux membres de langue arabe de vérifier si la traduction est conforme et les mots non coupés de leur contexte)...

            @Constant,

            je viens de m’apercevoir (oups) que j’ai omis de vous souhaiter également le bonjour... merci pour vos efforts de traduction...


          • Ronald Thatcher rienafoutiste 26 juin 2012 14:00

            Entre ici, Egypte majestueuse et libre, avec ton terrible cortege de fous de dieu, hommes prehistoriques aux mains libres de scrupule. Adieu Egypte, adieu egyptiennes...


            • Constant danslayreur 26 juin 2012 17:14

              « Non, mais ils ont le sens de l’histoire et de la religion, puisqu’ils estiment que tout ce qui est antérieur à Mahomet est totalement dénué d’intérêt et »

              Ah ils estiment ça les musulmans, évidemment on ne me dit jamais rien… rassurez moi ils connaissent au moins Abraham ces cons là ?

              «  plus grave encore pour ce qui concerne l’héritage patrimonial de l’Egypte, il est frappé du sceau infamant de l’impiété. »

              Baaahhh pas grave, puisque les fils de la veuve, se chargent de vous faire idolâtrer ledit patrimoine jusqu’au jour dernier.

              Et à ce propos dites à Isis de ne plus se casser le fondement à chercher le … heu … la … heu … l’appendice caudal d’Horus, non seulement il a été retrouvé, mais il ensemence le monde … votre monde de partout… veinard va http://images.google.fr/search?tbm=isch&hl=fr&source=hp&biw=1024&bih=602&gbv=2&oq=ob%C3%A9lisque+&aq=f&aqi=&gs_l=img.12...0.0.1.5301.0.0.0.0.0.0.0.0..0.0...0.0.K-sW6uNHj5Q&q=ob%C3%A9lisque&orq=ob%C3%A9lisque+ 


            • popov 26 juin 2012 17:45

              @edelweiss

              Les islamistes seraient ravis de détruire les pyramides, comme ils détruisent régulièrement les trésors archéologiques pré-islamiques au Pakistan.
              Heureusement pour les pyramides, c’est du solide. Et pour les démolir, il faudrait se retrousser les manches et s’armer d’un gros marteau.


            • Ronald Thatcher rienafoutiste 27 juin 2012 07:06

              toute speculations est toujours en dessous de la realite avec certains musulmans, voir le travail admirable d`Aurangzeb et son entreprise de demolition de temples millenaires hindou, du travail de pro.


            • Constant danslayreur 27 juin 2012 09:53

              Schweizer au ... faîte de ma bêtise à moi

              • 4 Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre.

              7 Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l’Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent,

              exode 20/4-5 ... Les dix commandements ça vous dit quelque chose ?

              Eh non, ce n’est pas musulman...


            • JCason 26 juin 2012 23:16

              Il faut rendre à l’auteur le courage d’oser poser ce genre de problème, dans ce contexte où le danger de l’islamisme passe pour invisible par défaut de se poser la question autrement via des médias et des politiques qui font le dos rond. En 1938 lorsque Daladier (France) et Chamberlain (Royaume-Uni) ont signé les Accords de paix de Munich avec Hitler, c’était aussi pour ne pas voir la montée des périls qui a fait ensuite 50 millions de morts... Ils disaient aussi, comme ces experts qui sont enrolés par les médias pour nous rassurer : circulez ! Il n’y a rien à voir... Les élites trahissent toujours.


              • CHALOT CHALOT 27 juin 2012 00:19

                Complètement d’accord avec l’auteur...Il est quand même dommage que l’armée puisse être le dernier rampart interne contre l’islamisme radical ! cela bouscule quelque peu nos schémas...à moins qu’une opposition au régime puisse se construire


                • guylain chevrier guylain chevrier 27 juin 2012 01:34

                  Il est tout de même curieux que, dès que l’on souligne un événement qui montre une fois de plus le passage du printemps arabe à un printemps islamiste, on en rejette la réalité en trouvant des excuses pitoyables telle que : il a été élu selon un processus démocratique. Sauf que l’on sait que les islamistes n’ont de loi que la foi et sont rompus à savoir utiliser les armes de l’adversaire pour le détruire, la démocratie pour prendre le pouvoir au nom de la la liberté et de la révolution avec le soutien des institutions internationales, pour le confisquer ensuite et le remettre entre les mains d’Allah, avec charia en bonus.

                  L’islamisme est un fascisme qui est comme toutes religionsse confondant avec le pouvoir politique, entend y appliquer son dogme, avec la liberté dans le viseur car seul Dieu a le droit d’écrire l’histoire, pas l’homme.

                  Nous reparlerons dans quelques temps de tout cela par nécessité un peu plus sérieusement. Car les islamistes ont bien dans la tête l’idée d’un monde mis sous la domination du coran, un monde qui n’aurait rien à envier à la pire des dictatures. Le problème c’est qu’il ne s’agit pas d’une projection théorique, les islamistes prennent partout le pouvoir dans le monde arabe avec l’Iran qui a peut-être déjà la bombe et il n’y a bien qu’un fou de dieu pour appuyer un jour sur le bouton.

                  Prenons donc la mesure historique de ce qui se déroule sous nos yeux, la montée d’un péril. Comme le dit Jcason, cela a comme un parfum de déjà vu.

                  Pour information, j’ai publié sur Agoravox deux articles sur le printemps arabe qui anticipaient sur cette situation, qui avaient été combattus par des internautes sous couvert d’une vision discriminatoire voire islamophobe. De quoi sourire aujourd’hui, s’il ne se jouait derrière tout cela bien plus qu’on ne le croit, rien de moins que l’avenir de notre liberté.


                  • Al West 27 juin 2012 02:39

                    Et bien en ce qui me concerne, je suis très loin d’être inquiété par les islamistes. Les fanatiques atlantistes, en revanche, m’apparaissent bien plus dangereux. Vous tremblez devant l’éventualité que l’Iran, un régime qui est loin d’être militairement agressif, dispose de la bombe atomique, mais vous ne semblez pas inquiet qu’Israël dispose d’au moins une centaine de têtes nucléaires, si ce n’est plus (200 selon Mordechaï Vanunu) et que ces têtes nucléaires sont officiellement déployés sur des sous-marins allemands.

                    Alors vous pouvez toujours vous inquiéter de la montée des Frères Musulmans, ce que je fais également, car il me semble qu’ils ne représentent pas la lecture la plus pacifique du Coran, mais peut-être serait-il bon de se rappeler que :

                    - le régime iranien n’a jamais prétendu à une quelconque expansion, dispose à l’heure actuelle d’un gouvernement rationnel et non agressif, et il n’existe aucune preuve qu’il souhaite se doter de l’arme nucléaire (il est d’ailleurs soutenu par les Russes, qui ne souhaitent pas plus que les Occidentaux qu’il obtienne la bombe atomique) ;

                    - le gouvernement israélien semble sombrer dans une dérive agressive militaire irraisonnée et dispose, quant à lui, de nombreuses têtes nucléaires prêtes à être lancées.


                  • cistus 27 juillet 2012 03:56

                    @Al West
                    Vous confondez religion et pays.
                    La vision expansionniste d Israel n excuse et n exclut pas celle des autres.


                  • mouais 27 juin 2012 11:44

                    Morsi partage en un équilibre instable le pouvoir avec les militaires, donc si l’on suit les institutions égyptiennes, que ce soit l’un ou l’autre des candidats qui ait gagné en apparence, cela revient au même.
                    Les seules questions à se poser sainement, sont :
                    quelle est la position de la 7e flotte en Méditerranée et dans la Mer rouge et avoisinantes, en sauvegarde du pétrole ?
                    quels sont les intérêts saoudiens et qataris qui avec les américains soutiennent les uns et les autres ? Qu’on cesse de nous lanterner avec les islamistes soit-disant opposés aux américains.

                    Qu’on cesse de nous gonfler avec les prétendus printemps arabes, ils ressemblent au remplacement de Sarko par Hollande sur ordre de l’oligarchie, parce que dans le contexte français les socialistes font mieux l’affaire de ladite oligarchie actuellement.


                    • Jean J. MOUROT Jean J. MOUROT 4 juillet 2012 09:37

                      Gilles Kepel, cité dans l’article, était mieux inspiré lorsqu’il rédigeait son livre « la revanche de Dieu » en 1990. Il le concluait ainsi : « A moyen terme, c’est une logique de conflit que porte le développement en parallèle de mouvements religieux qui ont pour ambition de reconquérir le monde. Conflit, guerre entre des »croyants« qui font de la réaffirmation de leur identité religieuse le critère de Vérités aussi exclusives que particulières. »


                      • Analis 2 août 2012 22:10
                          Les Frères Musulmans et les autres islamistes sont un grand danger et un obstacle considérable pour la démocratie. Mais en Egypte, le principal obstacle vers celle-ci et la plus grande nuisance est le régime militaro-mafieux soutenu par les Occidentaux. Après le départ de Moubarak, celui-ci a tout fait pour favoriser les islamistes et barrer la route aux libéro-démocrates. Il est plus simple pour eux de faire face à des islamistes sectaires qu’à des démocrates, cela permet de justifier notamment la continuation de pratiques autoritaires. De toutes façons, il fallait être très naïf pour croire que ceux qui avaient servi le régime prévaricateur de Moubarak alalient se transformer en thuriféraires de la démocratie : 
                          Démonstration éclatante par Al Masri Al-Youm : 


                         :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: ::

                        Pourquoi Al-Baradei ne sera pas président
                        Pour l’écrivain Alaa Al-Aswani, le Prix Nobel de la paix s’est retiré de la course à la présidentielle pour ne pas cautionner une démocratie de façade. Il est vrai que dans le pays rien n’a changé.

                        26.01.2012 | Alaa Al-Aswani | Al-Masri Al-Youm





                        Si vous avez un fils à l’école primaire, jetez donc un coup d’œil sur son manuel d’histoire-géo. Un chapitre assorti de jolies images est consacré aux “succès” remportés en trente années de règne de Hosni Moubarak. Le texte se conclut ainsi : “Tous les efforts du président Moubarak n’ont pas suffi à satisfaire le peuple, et celui-ci a fait une révolution afin de changer le régime.” Pas un mot des effroyables crimes commis durant ces années. Et la révolution est expédiée en une phrase lapidaire et approximative. Voilà ce qu’apprennent nos enfants à l’école. Que se passera-t-il dans la tête d’un élève qui aura appris sa leçon par cœur, puis vu les images d’un Moubarak allongé sur un lit d’hôpital et transféré devant le juge ? Il ne pourra qu’arriver à la conclusion que c’est une terrible injustice à l’égard d’un grand homme et que la révolution est détestable d’avoir entraîné sa chute. 

                        Ceci fait partie de la série de mensonges par lesquels le ministère de l’Education intoxique les esprits. Tout récemment, plusieurs sujets d’examens ont présenté les révolutionnaires comme des gens favorisant la corruption, financés par des pays étrangers. Il ne s’agit pas de faits isolés mais d’une politique. La puissante bureaucratie du ministère de l’Education ne permet à aucun professeur d’introduire des sujets politiques sans en référer à ses supérieurs, qui eux-mêmes reçoivent leurs instructions des plus hauts responsables. Tout cela montre que l’ancien régime continue de régner sur l’Egypte. Le 25 janvier, c’est le premier anniversaire de la révolution. Qu’a-t-elle obtenu ? 

                        Les sources d’exaspération 

                        Premier constat : normalement, une révolution qui réussit à faire chuter le régime entraîne automatiquement l’abrogation de la Constitution, puis l’élection d’une assemblée constituante afin d’en élaborer une nouvelle. Or en Egypte, le Conseil suprême des forces militaires [qui gouverne le pays depuis la révolution] a refusé un tel scénario. Il a au contraire opté pour une simple réforme constitutionnelle, idée qui remonte à Moubarak lui-même. Celle-ci a été adoptée par référendum… avant que ce même Conseil ne l’annule pour imposer une Constitution transitoire, cette fois sans consultation populaire. 

                        Deuxième remarque : l’objectif de la révolution était de permettre aux Egyptiens de vivre dignement. Il s’agissait entre autres d’obtenir l’abolition de la Sécurité d’Etat, une sorte de boucherie organisée pour torturer les Egyptiens par milliers. Or le Conseil militaire a insisté pour la maintenir et s’est contenté d’en changer le nom. La révolution voulait également que la police soit épurée de ses dirigeants responsables de la mort des martyrs de la révolution. [Quelque 850 personnes ont été tuées.] Mais ces responsables ont conservé leurs postes, voire ont été promus au sein de leur hiérarchie. De même, le Conseil militaire est resté indifférent au problème de l’insécurité galopante provoquée par le refus de la police de faire son travail ordinaire de maintien de l’ordre. Certes, la police militaire réprime brutalement les manifestations, mais elle reste les bras croisés face à une poignée de gens qui occupent, parfois pendant une semaine entière, les voies de chemins de fer. Comme si les autorités faisaient exprès de multiplier les sources d’exaspération, comptant que les citoyens finiront par tenir la révolution pour responsable de leurs problèmes. 

                        Troisième remarque : le Conseil militaire a maintenu la plupart des hauts fonctionnaires. Ce qui explique qu’il règne un état d’esprit inchangé depuis l’époque de Hosni Moubarak. Ainsi, le Premier ministre, Kamal Al-Ganzouri, promet de protéger les manifestants campant devant le siège du Conseil des ministres mais ne cille pas quand ces mêmes manifestants se font tuer [par l’armée], traîner par terre et tabasser, y compris les filles. Il parle d’une grave crise économique mais n’a pas l’air embarrassé par le fait que la Banque centrale ait mis de côté 55 milliards de livres [environ 7 milliards d’euros] au nom de Hosni Moubarak. On se moque du monde, exactement comme on le faisait sous l’ancien régime. Comme si la révolution n’avait pas eu lieu. 

                        Quatrième remarque : même si la plupart des juges sont des gens respectables, la justice en tant qu’institution n’est pas indépendante. Elle demeure aux ordres d’une administration dont le président est nommé par le ministre de Tutelle, lui-même nommé par le président… La révolution avait exigé le renvoi des juges ayant participé au trucage des élections, mais le Conseil militaire les a maintenus. Nous en voyons la conséquence : aucun procès contre les responsables de la répression n’a eu lieu, malgré trois tueries successives [en octobre, devant le siège de la radio-télévision d’Etat, ainsi qu’à la fin du mois de novembre, puis mi-décembre autour de la place Tahrir]. Quatre-vingt-quatre martyrs y ont laissé la vie, écrasés par des blindés, asphyxiés par du gaz lacrymogène ou fauchés par des tirs à balles réelles, sans parler des milliers de blessés, de ceux qui ont perdu un œil ou du nombre de jeunes filles humiliées. Au lieu d’inquiéter les responsables, ce sont de jeunes révolutionnaires qui ont été accablés. Le blogueur Ahmed Douma a été arrêté, l’éditorialiste Nawara Negm inculpée pour avoir “fait croire à l’opinion publique que la corruption existait toujours” [le 18 janvier, elle a été tabassée en pleine rue], des militants interdits de voyage… Et pendant ce temps, le numéro deux de l’ancien régime, Omar Souleyman, voyage librement, à bord de jets privés, et rencontre les grands de ce monde. 

                        Une même dictature 

                        Cinquième remarque : le Conseil militaire a organisé des élections inéquitables et offert la majorité parlementaire aux forces de l’islam politique. Il leur a permis de créer des partis à base religieuse, en infraction flagrante avec l’article 4 de la Constitution provisoire qu’il a lui-même proclamée. Ensuite, la commission électorale instaurée par ses propres soins a fermé les yeux sur toutes les infractions commises par ces partis, telles que la propagande politique à travers les mosquées, la présence de militants devant et dans les bureaux de vote et jusqu’à l’achat de voix. Il n’a pas non plus enquêté sur la provenance des millions de livres dépensés par ces partis au cours de la campagne. Ce genre de questions, le Conseil ne les pose qu’à ceux qui se montrent critiques à son égard. 

                        En dehors des poursuites judiciaires contre Hosni Moubarak – avec toutes les réserves qui peuvent être formulées quant à au sérieux de son procès –, la révolution n’a atteint aucun de ses objectifs. Le fait est que le Conseil militaire a transformé la révolution en coup d’Etat. Au lieu d’instaurer une démocratie, il s’est contenté d’un changement de façade. Une dictature a succédé à une autre. Si les choses continuent ainsi, nous aurons [en juin prochain] un nouveau président, élu certes, mais élu selon les grâces dudit Conseil. Et celui-ci continuera de tirer les ficelles en coulisse. C’est pour toutes ces raisons que Mohamed Al-Baradei a annoncé son retrait de la campagne électorale. 

                        Il faut lui savoir gré d’avoir refusé de servir de feuille de vigne pour une démocratie de façade. Qui peut imaginer que la campagne sera honnête alors que les médias officiels font feu de tout bois contre la révolution, que les forces de l’ordre harcèlent l’opposition et que des dizaines de milliers de baltaguis [voyous devenus indics de police] sont disponibles pour être lancés contre toute personne ou rassemblement susceptible de déranger le régime ? 

                         :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: 

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