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Le Bangladesh est un pays si riche...

Le Bangladesh souffre depuis longtemps d’une réputation désastreuse, alimentée par des statistiques peu avantageuses. Si la vie y est souvent difficile et incertaine, les relations humaines y demeurent empreintes d’une chaleur et d’une simplicité exemplaires. Nous avons passé 6 semaines à Khulna (sud-ouest du pays), auprès d'une ONG locale, puis quelques jours à Dhaka, avec de jeunes Bangladais. Cette étape bengalie est l'un des épisodes d'un projet de reportages d'un an en Asie du Sud-est, de la Chine à l'Indonésie, à la rencontre d'acteurs de la solidarité locale. Les contenus sont disponibles sur le site internet (www.lesreporterssolidaires.org) et sur Facebook (Page "Les reporters solidaires").

Lorsque le Bangladesh est évoqué dans une conversation, il n’est pas rare d’entendre, à un moment ou à un autre : « pays le plus pauvre du monde ». Chaque voyageur en partance pour Dhaka craint pour sa sécurité, et s’attend à être plongé dans un bain de saleté et de violence. Les journaux télévisés, la presse écrite ou les média en ligne français ne consacrent à ce pays que quelques minutes de reportages par-ci par-là, ou de brefs articles, quand des inondations le ravagent, ou quand des affaires de corruption éclatent au grand jour. Excepté le prix Nobel de Muhammad Yunus en 2006 (inventeur du micro-crédit et fondateur de la Grameen Bank), nul ne se souvient d’avoir lu, vu ou entendu quelque chose de positif concernant l’ex-Pakistan Oriental ces dernières années, si ce n’est dans un guide de voyage.

Certes, les chiffres ne plaident pas en faveur du Bangladesh. L’IDH, dont on peut considérer qu’il est un indicateur acceptable de l’état humain d’un pays, étant donné qu’il a pour base les piliers du bien-être quotidien des gens, est plutôt catastrophique (le pays se classe aujourd’hui 146e au niveau mondial). Les chiffres économiques ne sont pas reluisants non plus, plaçant le Bangladesh au 60e rang mondial environ en termes de « développement », pour un PIB de 114 973 millions de dollars. Contrairement à l’IDH, les notions de PIB ou de « développement » sont largement sujettes à la critique. Peut-on vraiment mesurer le bonheur d’une famille en dollars ? Un pays « développé » est-il vraiment un pays qui exporte des tonnes de produits manufacturés, dont l’industrie prend du volume en ravageant la planète, et qui crée au fil des années une classe moyenne s’adonnant avec entrain à la consommation de masse ? On peut en douter. Bien-sûr, un minimum de « développement » économique est nécessaire au bien-être quotidien des gens, mais quand on voit l’état déplorable du capital humain dans nos sociétés occidentales, on en arrive à se demander s’il ne vaut pas mieux se tenir éloigné de ce « développement » frénétique, qui rend les individus égoïstes et sans cesse avares de nouveaux biens.

Soyons cependant honnêtes : il n’y a pas de fumée sans feu, et tout ce qui se dit sur le Bangladesh n’est pas usurpé ou faux. Lorsqu’on visite le pays, on ressent bien vite que la vie n’y tient qu’à un fil. L’emploi informel est partout, avec pour corollaire l’insécurité de l’activité et l’insécurité des revenus. Le système de santé est affreusement défaillant, et rares sont les Bangladais médicalement couverts. Un salarié du secteur formel doit souscrire lui-même une assurance, et choisir le nombre de maladies ou d’accidents pour lesquels il souhaite être protégé. Ce qui signifie, en d’autres termes, que si cette personne subit un coup du sort non listé lors de sa demande de prise en charge, elle en paiera le prix.

La vie au Bangladesh semble donc suspendue en l’air, et retenue par presque rien. Les bus sont vieux (c’est un euphémisme) et abîmés, les bateaux aussi. Pour aller de Khulna à Dhaka, il n’existe pas de pont, et il faut effectuer une heure de trajet sur le Gange. Dans le brouillard de l’hiver tropical, les embarcations fragiles se croisent sans la moindre règle de circulation : hors-bord, ferry, tous se partagent le courant. Lorsqu’un bateau se retourne, ce qui arrive fréquemment, ou en cas de collision, la plupart des gens se noient, ne sachant pas nager. On ressent le danger tout au long de la traversée (nous l’avons expérimenté !), et il est assez troublant d’avoir le sentiment de mettre sa vie en jeu sur un trajet aussi commun que peut l’être un Paris-Lyon en France.

Pourtant, au-delà de cette précarité et de ce manque de sécurité au quotidien, le Bangladesh est l’un des pays les plus riches au monde. Humainement riche. En un peu plus d’un mois de présence, on nous a demandé des centaines de fois d’où nous venions, qui nous étions, mais jamais de pourboires, jamais de sommes exorbitantes pour un trajet en bus ou en rickshaw. On s’est intéressé à nous plus qu’à notre portefeuille. On nous a proposé de nous transporter gratuitement suite à la blessure de Fabienne, et des dizaines de personnes se sont sincèrement attristés en la voyant en béquilles : «  vous venez visiter notre pays et elle se blesse, c’est tellement triste !  ». Au restaurant, on nous a refusé un petit pourboire (l’équivalent de 10 centimes d’euro), au nom du plaisir d’inviter et de l’honneur de nous avoir pour clients ; au marché, les commerçants ont toujours mis un point d’honneur à nous rendre la monnaie au taka près (1 taka = 0,01 euro), quitte à faire 500 mètres en courant pour aller chercher le change.

Au Bangladesh, les gens se parlent, se prennent par le bras ou par la main, qu’ils se connaissent ou non. Le lien social existe encore. On interpelle les plus vieux en criant « mama », ce qui veut dire « tonton », et les hommes d’une même génération s’appellent entre eux « Bai  » (frère) ; on discute instantanément avec son voisin dans le bus, on s’arrête dans la rue pour acheter une cigarette et la fumer en compagnie du vendeur ; on suit les voyageurs avec curiosité pour voir ce qu’ils font, savoir qui ils sont…L’intérêt pour les autres y est réel et sincère, et de fait, l’hospitalité bangladaise est hors du commun. A Dhaka, 5 jeunes diplômés en recherche d’emploi nous ont ouvert leur porte pour Noël, nous offrant leur lit, tous les repas quotidiens cuisinés par leurs soins, les transports, et une bienveillance digne du cercle familial. Une connaissance un peu éloignée est devenue en quelques jours un ami, arrangeant notre quotidien, nous invitant à manger avec sa famille le 25 décembre, partageant avec nous de longues et passionnantes discussions, et nous offrant à chacun un cadeau avant notre retour en Inde.

A Khulna, pendant un mois, on nous a également reçus à manger, on nous a offert chaque trajet en rickshaw ou en tuc-tuc, et on nous a accueillis dans la plus belle chambre de l’appartement. Lorsque Fabienne s’est fracturé le pied, un éminent podologue l’a soignée gratuitement, interrompant son petit-déjeuner un vendredi matin (jour saint pour les musulmans, et donc non-ouvré au Bangladesh) pour la consultation. Il nous a offert, en plus de ses services, d’excellents chocolats, et un ouvrage incontournable sur l’indépendance de l’Inde (Below the line, du journaliste Kuldip Nayar). Lors de ce rendez-vous, une tour Eiffel miniature trônait sur son bureau…Le dernier soir, le propriétaire de l’immeuble occupé par AOSED nous a invités à un repas phénoménal, avec un plaisir non feint. Comme le veut la tradition au Bangladesh, les convives mangent avant, et peu importe ce qu’ils engloutissent, seul le reste constituera le repas de celui qui accueille et de sa famille.

On pourrait multiplier les exemples, mais l’essentiel est là. Chaleur, intérêt sincère pour les autres, désintéressement, honnêteté, hospitalité, tous ces généreux traits de caractère sont fortement présents chez la majorité des Bangladais. Certes, le crime fleurit à Dhaka, la corruption demeure au sommet de l’Etat, et la vie quotidienne de millions de personnes est incertaine et précaire. Mais si l’on place, hors de toute considération économique, les relations humaines au cœur de la vie des gens, le Bangladesh est un pays riche, et considérablement « développé ». Les Bangladais aimeraient que le monde les regarde pour ce qu’ils sont, plus que pour ce qu’ils subissent chaque jour. C’est donc avant tout à ceux qui visitent ce pays d’en dire deux mots, car comme nous le disait notre ami Hassan au départ de Dhaka, « vous êtes maintenant des ambassadeurs du Bangladesh  ».


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9 réactions à cet article    


  • ZenZoe ZenZoe 23 janvier 2013 12:02

    Les Bangladais aimeraient que le monde les regarde pour ce qu’ils sont, plus que pour ce qu’ils subissent chaque jour.
    Ah bon ?
    D’accord, les Bangladais sont des gens délicieux, on vous a bien compris.
    Mais les Bangladais sont surtout des gens exploités à mort croupissant dans des bidonvilles infâmes. Ils ont des jambes et des mains dont la peau tombe en lambeaux, des poumons carbonisés, une paillasse huileuse et infestée de parasites pour dormir leurs deux trois heures par nuit, de l ’eau pour boire contaminée à l’arsenic, des conducteurs de rickshaw n’atteignant pas l’âge de 40 ans - et vous pensez honnêtement que ce qui compte pour eux avant tout, c’est leur réputation d’êtres délicieux ? Ma parole, les émanations toxiques du coin ont du vous monter à la tête.
    Bien cordialement, allez ...


    • Reporters solidaires 23 janvier 2013 16:21

      Bonsoir,

      Vous devez avoir une bien solide experience du Bangladesh pour en parler ainsi...a moins que vous ne soyez Bangladais(e) vous-meme ?

      Nous nous contenterons de deux points succints pour vous repondre :

      Premierement, vous n’avez certainement pas pris la peine de vous rendre sur notre site internet, ou nous abordons en plusieurs articles (bases sur des semaines passees sur le terrain avec une ONG bangladaise) certaines des difficultes considerables que la population de ce pays doit affronter au quotidien. Nous avons arpente la region de Khulna, nous sommes alles a Dhaka, et nous l’avons fait avec des locaux, et uniquement des locaux, ce qui nous a permis de mesurer combien la vie la-bas est precaire et parfois insoutenable (ce que mentionne d’ailleurs notre article, que vous avez du lire en diagonale).

      Le second point se resume a une question : que faites-vous, vous qui semblez si concerne, pour lutter contre la situation des Bangladais, si vous la jugez tellement insoutenable ? Notre but n’est pas de sauver la planete entiere, ni meme d’ameliorer le quotidien de la population d’un pays. Notre modeste contribution se limite a aller sur le terrain, et a retranscrire les initiatives positives menees par les populations locales pour ameliorer leur cadre de vie. Et peut-etre que de tels exemples pourront faire des emules...

      Enfin, si vous souhaitez en debattre avec les principaux interesses, nous pouvons vous rediriger vers les Bangladais concernes et directement cites dans cet article. Sachez que cet ecrit est le fruit d’une promesse, celle faite a une dizaine de personnes, a leur demande, de parler autrement d’eux et de leur pays. Car contrairement a ce que vous pensez, et meme si cela n’aidera pas les plus fragiles a s’en sortir durablement, ils le souhaitent ardemment.

      Veuillez nous excuser pour l’orthographe aleatoire de ce message - due au clavier anglais - et rassurez-vous, nos facultes n’ont pas ete alterees par de quelconques fumees...

      Cordialement,

      Thibault SIMONET et Fabienne THIRY
      www.lesreporterssolidaires.org
      Sur Facebook : Les reporters solidaires


    • ZenZoe ZenZoe 24 janvier 2013 12:01

      Bonjour,
      J’ai re-re-relu votre article et non, décidément, je ne l’aime pas. Je le trouve terrifiant.

      Les Bangladais sont des gens accueillants et généreux.

      D’abord, comment pouvez-vous mettre 152 millions d’habitans dans le même sac, comme s’il s’agissait d’une espèce tout à fait à part, et les décrire comme si vous parliez des loulous de Poméranie ou des chats persans. « Ils ne sont vraiment pas méchants, vous verrez, ils vous mangent dans la main... »
      Les Bangladais font partie de la même espèce que vous et moi, exactement. Nul le peut les décrire « dans leur ensemble », ce serait leur faire injure. Il y en a des gros, des maigres, des méchants, des filous...Votre article, écrit comme une image d’Epinal, avec une abondance de compliments à deux balles, est tellement condescendant, ça fait peur, vraiment !

      Ensuite, où voulez-vous en venir ? Est-ce à dire que s’ils étaient de fieffés coquins, ils ne vaudraient pas la peine que l’on trouve infâme leur exploitation ? Que l’on doit s’occuper d’eux essentiellement parce qu’ils ne font pas payer de pourboire et sont flattés de vous avoir comme clients ? S’ils vous avaient mordus et vous avaient piqué votre caméra, auriez-vous écrit le même article et vous investiriez-vous autant dans la vision que vous avez de leur bien-être ?

      Ce n’est peut-être pas la réalité, mais votre article reflète l’attitude de bien-pensants voulant faire « quelque chose de leur vie » et volant ainsi au secours des pauvres populations opprimées plus dans une optique d’être bien avec leur conscience que de changer le système. Soyez honnêtes, vous vous faites plaisir à vous avant tout. Et si, cerise sur le gâteau, les populations sont gentilles avec vous et même, s’occupent de vous quand vous êtes blessé (?), alors que demander de plus ?


    • Reporters solidaires 25 janvier 2013 09:24
      Je ne vous demande pas d’aimer cet article, et je pense qu’on apprend plus dans la contradiction que dans le consensus generalise et sterile.

      Il y a dans votre reponse un point de vue que je partage. Il est bien evidemment impossible, et presque insultant, de reduire un groupe de population quel qu’il soit a des caracteristiques generales, qui, meme si elles sont positives, ne peuvent etre l’apanage de l’ensemble du groupe. Et ce qu’il s’agisse des membres d’une meme nation, des fideles d’une religion, des habitants d’une ville, ou que sais-je encore. Chaque homme et chaque femme sont differents, et doivent etre consideres comme des individus a part entiere, sans s’attarder sur leur nationalite ou leur couleur de peau, c’est une evidence. Mon but n’etait pas de me rendre coupable d’un amalgame douteux, mais de souligner le fait que parmi tous les pays dans lesquels j’ai pu me rendre, c’est bien au Bangladesh que les relations que j’ai pu developper (travail, contacts dans la rue, echanges longs ou cours...) ont ete les plus chaleureuses, les plus desinteressees et les plus amicales.

      Vous developpez ensuite, dans votre reponse, un point que je n’aborde absolument pas dans cet article, et vous reliez vous-meme la notion d’exploitation au comportement des personnes exploitees. Vous faites fausse route, je n’ai jamais ecrit ca. L’exploitation d’un homme par un autre, ou d’un groupe d’hommes par un autre, est une indefendable ignominie. Il faut lutter contre toute forme d’injustice, d’exclusion et d’exploitation, et ce quelque soit l’identite de la ou des victimes. Je precise au passage que la terminologie que vous employez revele une conception plutot archaique du monde, dans laquelle l’Occident devrait « s’occuper » (ce sont vos mots) des plus fragiles de la planete. Rassurez-vous, au Bangladesh comme ailleurs, il existe des gens creatifs et courageux, qui proposent chaque jour des solutions concretes pour ameliorer leur vie quotidienne et celle des autres (cf. Muhamad Yunus, puisque nous parlons du Bangladesh). Les difficultes rencontrees par certains Etats, et par extension par leur population, relevent de considerations macro-economiques ; pour gerer sa vie, le reste de l’hunanite n’a besoin ni de vous, ni de moi.

      Ironie du sort, vous parlez ensuite de vol de camera...Nous nous sommes fait voler en Thailande l’integralite de notre materiel de reportages, et toutes nos images. Et pourtant, je ne compte pas ecrire un pamphlet sur les Thailandais, ce qui prouve, s’il en etait besoin, que je ne subordonne pas mes ecrits a l’accueil qui m’est reserve ou a la satisfaction que les personnes rencontrees apportent a mon ego...

      Sachez egalement que je ne compte sauver personne. Je fais simplement mon travail, qui est lie a ce que j’aime par dessus tout, a savoir aller a la rencontre des autres et voyager. Le projet que nous menons, et pour lequel nous ecrivons a tour de role, n’a pas la pretention d’apporter le changement la ou nous passons. Nous souhaitons simplement mediatiser ce que font les gens qui, dans leur propre pays, trouvent des solutions pour faire face aux problemes des plus fragiles. Nous n’interferons pas dans ce qui se fait la ou nous sommes, nous l’observons et le retranscrivons. Je vois la encore que vous faites des proces d’intention aux autres sans prendre la peine de vous renseigner sur leur travail. Le site est accessible en ligne...

      Pour conclure, je serais sincere et franc : bien evidemment, c’est se faire plaisir que de realiser un tel voyage. Mais sachez qu’on peut tout a la fois se faire plaisir et se sentir rellement concerne par les autres, au point de vouloir parler largement de ce qu’ils vivent. Il ne s’agit pas de « faire quelque chose de sa vie », comme vous l’ecrivez avec mepris. Ce projet est l’aboutissement d’un long travail, et vient a la la suite d’annees entieres consacrees a l’exclusion et a la pauvrete, en France comme a l’etranger. Je ne basculerais neanmoins pas dans la justification, au risque de vous faire croire que vous dites juste. Je ne peux maintenant que vous remercier pour ces critiques, qui sont, comme toutes critiques, bonnes a prendre, et vous inciter a faire valoir vos points de vue... mais je vous encourage a ne pas accorder a vos concitoyens des sentiments ou des intentions qui ne sont pas les leurs.

    • OMAR 23 janvier 2013 18:43

      Omar 33

      @l’auteur :« le Bangladesh est l’un des pays les plus riches au monde. Humainement riche. ... ».

      J’ai apprécié votre article et cette chaleur humaine qui s’y dégage...

      Je voudrais vous dire que si en France, en Belgique ou au Danemark, par exemple, cette humanité semble absente, ce n’est surtout pas par xénophobie, égoïsme ou misanthropie, loin de là...
      Regardez ce formidable élan de générosité et de solidarité qui se manifeste en Europe, dés qu’un fléau s’abat sur un pays sous-développé...

      Le mode de vie imposé aux occidentaux leur ravit un élément précieux, nécessaire à la connaissance d l’Autre : le temps.

      Sinon, il n’y a pas de peuple élu ni de race supérieure...

      Il y a juste l’Humanité et des étres humains...


      • Gauche Normale Gauche Normale 23 janvier 2013 20:39

        Vive la flexibilité !


        • lulupipistrelle 24 janvier 2013 03:04

          Ras le bol des ONG qui sont les supplétifs des Etats qui acculent les autres à la misère.


          • Reporters solidaires 24 janvier 2013 09:28

            Une petite precision sur le milieu des ONG, souvent meconnu du grand public. On distingue generalement deux categories d’ONG, a savoir :


            D’une part, les ONG urgentistes, souvent de taille consequente, fonctionnant parfois comme des multinationales, liees aux grand bailleurs internationaux, et qui agissent en situation de crise. Lorsque leur action depasse le contexte de l’urgence, il arrive en effet qu’elles se substituent aux gouvernements nationaux, ce qui n’est pas souhaitable pour deux raisons : la souverainete des pays concernes estalors bafoue (c’est une forme d’ingerence occidentale, une de plus), et, surtout, certains regimes criminels se dechargent ainsi de leurs missions fondamentales. Nous desapprouvons totalement ce mecanisme vicieux.

            D’autre part, les ONG dites « de developpement » (terme a employer avec la plus grande prudence, puisque ramene de nos jours au progres technique et a l’accroissement des biens de consommation, sans porter aucune attention au developpement humain des societes), qui se focalisent sur la creation de solutions durables a des problemes de fond (ex : creation d’activites economiques en zones rurales, syndicalisation des travailleurs de l’informel, etc.). La plupart de ces ONG travaillent aujourd’hui avec des relais locaux, en l’occurence des ONG nationales. Les gens qui vivent les difficultes au quotidien creent leur propre structure, et developpent leurs propres projets, avec le soutien logistique, humain et financier d’une ONG du Nord. Ainsi, les ONG que nous rencontrons sur notre parcours ont ete crees par des locaux, et sont gerees par ces memes personnes. Fedina est 100% indienne, AOSED est 100% bangladaise, etc. Dans de tels cas de figure, il n’est plus question d’etre un « suppletif » d’Etats deficitaires, car toutes ces ONG de developpement, en complement de leurs projets de terrain, interpellent leurs dirigeants nationaux, via du plaidoyer, des manifestations ou des campagnes.

            Enfin, il existe une modeste et petite categorie de gens qui se contentent d’observer pour informer, pour retranscrire ce que font les autres, ici et ailleurs, en vue d’aider les plus faibles a resoudre leurs difficultes. 

            Quoi qu’il en soit, meme en cas de desaccord, il importe d’etre constructif, et de savoir de quoi on parle !

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