Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox Mobile

 Accueil du site > Actualités > International > Le Brésil de Lula, un futur géant politique

Le Brésil de Lula, un futur géant politique

lulafinal.jpgLuiz Inácio Lula da Silva dit Lula, va quitter son poste de président de la république fédérale du Brésil après huit années passées au palais d’Alvorada. L’ancien ouvrier de Volkswagen va se retirer en héros : bénéficiant d’une popularité d’environ 80%, il a refusé d’amender la constitution afin de se représenter pour ne pas fragiliser la démocratie brésilienne. Son bilan intérieur est globalement positif mais c’est sa politique extérieure qui lui a permis de gagner une reconnaissance internationale. En huit ans de mandature, il a visité près de 200 pays et a passé 400 jours en visite officielle. Preuve que Lula n’a pas voulu faire du Brésil un géant économique muet sur la scène internationale à l’image du Japon.
 
Le Brésil a cherché avec détermination à développer son rôle dans le nouveau contexte international. Après sept ans et demi de gouvernement du président Lula, l’image du pays à l’extérieur a changé. L’importance croissante du Brésil est aujourd’hui incontestable dans la discussion des principaux thèmes de l’agenda international a récemment écrit le ministre des affaires étrangères Celso Amorim dans une tribune au Monde.

Des connivences avec le régime iranien et cubain

Mais contrairement à un de ses homologues européens, Lula ne s’est pas mué en globe-trotter hyperactif adaptant son discours aux passions versatiles de l’opinion, mais a axé toute sa politique étrangère sur un fil conducteur clair et précis. Tout d’abord, comme le rappelle Celso Amorim, le Brésil a cherché à construire des coalitions au-delà des alliances et des relations traditionnelles.

Ainsi, Lula a mené une collaboration fructueuse avec Ahmadinejad, il a plaidé tout au long de son mandat pour une politique de dialogue vis à vis du président iranien et a désapprouvé les sanctions prononcées par le Conseil de sécurité de l’ONU. Lors de l’affaire Sakineh, Lula a tenu à ne pas froisser son homologue et s’est dit prêt à accueillir au Brésil la jeune femme condamnée à la lapidation. José Serra, candidat de l’opposition aux prochaines présidentielles, a d’ailleurs axé sa campagne sur les drôles de connivences entre le Brésil et l’Iran.

Quand au régime castriste, Lula n’a pas souhaité rompre avec le respect presque mystique que s’imposent les dirigeants sud-américains vis à vis de Fidel Castro et de son frère Raul. De nombreuses voix se sont élevées pour regretter que Lula n’ait pas profité de son leadership pour émettre des réserves quand au caractère démocratique du pouvoir cubain.

Lula a également attaché beaucoup d’importance au continent africain, sur lequel il a organisé plusieurs "tournées" et visité près de vingt pays. En nouant de nombreux partenariats économiques, Lula a non seulement développé la présence d’entreprises brésiliennes en Afrique mais a aussi impulsé la création d’ambassades. Avec en ligne de mire, le souhait d’obtenir le soutien des pays africains en vue de l’obtention d’un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU.

Trouver sa place sur l’échiquier politique

iranlula.jpgIl s’agit d’ailleurs de l’objectif primordial de Lula, son fil conducteur, la raison même de son activiste diplomatique. Lula sait que le Brésil ne pourra se mêler dans le cercle restreint des grandes puissances politiques si il ne fait que soigner ses relations avec la Triade.

Il doit se démarquer, devenir un partenaire privilégié des pays émergents ou en voie de développement, devenir un acteur incontournable en dehors du cercle traditionnel, c’est à dire se démarquer des USA et de l’Europe. Soutenir l’Iran, Cuba et les pays africains, c’est proposer un autre mode de fonctionnement que celui imposé par le nord, c’est créer de nouvelles alliances pour peser dans le monde de demain.

L’UNASUR, un jouet acquis au Brésil ?

Avec l’UNASUR (Union des Nations Sud-Américaines), fondée à Brasilia à l’été 2008, Lula a voulu participer à la construction d’une ébauche de futur état sud-américain. La finalité de cette union politique veut s’inscrire dans le même raisonnement que l’UE : monnaie unique, organes exécutifs et législatifs et citoyenneté commune.

Pour le moment, l’UNASUR est au point mort, victime des tensions entre le Venezuela et la Colombie, ainsi que de la crise économique qui a monopolisé les esprits. Lorsque la machine sera enfin lancée, il ne faut pas croire que le vieux rêve de Bolivar se réalisera : le Brésil pèse trop lourd (51% de la population sud-américaine) pour que l’union concrétise un dessin continental comme l’UE. L’UNASUR ne sera qu’un jouet du Brésil, un organisme lui permettant de concrétiser son influence politique.

Avec le départ de Lula, la scène politique internationale va donc perdre un grand stratège. Globe-trotter, le président brésilien aura donc tout fait pour assurer le rayonnement international futur du Brésil. Construction de nouveaux liens, de nouvelles relations internationales ; volonté d’incarner le monde en voie de développement et fondation de l’UNASUR : tels sont les pièces maîtresses de l’ouvrage diplomatique de Lula.

Retrouvez ce billet dans son contexte original sur http://offensif.net, le blog d’Alex Joubert 



Sur le même thème

Election présidentielle 2014 : Le Brésil aux prises avec les fondamentalistes religieux ?
« L'Amazonie est à nous! » Comment le Brésil défend sa souveraineté sur le poumon vert de la planète
Percer le rempart des BRICS ?
Brésil : Ceux qui vont mourir te saluent !
Mondial 2014 : le Brésil botte en touche


Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

AJ


Voir ses articles

ECRIVEZ UN ARTICLE !






Palmarès







Partenaires