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Accueil du site > Actualités > International > Le combat actuel de Barack Obama : la réforme de la santé aux (...)

Le combat actuel de Barack Obama : la réforme de la santé aux Etats-Unis

Avant toutes choses, il nous faut tenter de comprendre le fonctionnement du système actuel.

La question essentielle est : qui doit protéger des risques sociaux (maternité, chômage, maladie, accidents du travail, vieillesse...) ?

Faut-il assurer en fonction du travail ou faut-il que ce soit l’Etat qui se charge de l’assurance de ses citoyens ?

La première solution correspond à ce qui est majoritairement installé aux Etats-Unis, tandis que la seconde renvoie à la protection sociale qui existe le plus en France. Pour la première, l’assurance est financée par des cotisations, alors que pour la deuxième elle est financée par l’impôt.

La première est appelée solidarité horizontale, car une marchandisation de la protection sociale est possible puisqu’on peut placer notre épargne en fonds de pension (c’est-à-dire qu’elle va être placée sur des marchés financiers et redonnée au propriétaire au moment venu), et la seconde est surnommée solidarité verticale puisque l’argent est redistribué des riches vers les pauvres (pour simplifier).

Mais en fait si l’on veut être plus réaliste, il faut signaler qu’en général les deux systèmes de protection sociale sont utilisés (la logique Bismarkienne pour le premier et la logique Beveridgienne pour le second, du nom des créateurs).

Ainsi, la France a adopté un système de sécurité sociale (qui relève de l’assurance, c’est-à-dire des idées de Bismark), mais a également choisi de combler les larges manques de ce dernier par une forme développée du système de Beveridge qui correspond davantage à une assistance. Quant aux Etats-Unis, ils ont décidé de compléter le système assistanciel, qui ne distribue que des remboursements très faibles dans ce pays, par un système assurantiel, qui permet à chacun de choisir ou non une couverture complémentaire privée. En effet, seulement 38% des entreprises payent une assurance à leurs employés. Les autres doivent souscrire eux-même à des assurances privées dont les coûts sont très souvent beaucoup trop élevés.

 

Voyons maintenant l’évolution historique de la protection sociale aux Etats-Unis.

En 1933, Franklin Delano Roosevelt lance le célèbre New Deal (la nouvelle donne) qui avait pour but de revoir les relations entre l’Etat et l’économie après la crise financière de 1929. Une politique de grands travaux, entre autres, est menée (construction de ponts, de barrages, reboisement, assainissement...) Ainsi, l’emploi est relancé. En effet, 2 millions de personnes vont travailler de près ou de loin à ces travaux. Dans la même logique, en 1935 est créée la Sécurité Sociale qui fournira une assurance financée par des cotisations salariales et patronales. Le système bismarkien fonctionnait donc très bien à ce moment là puisque le chômage avait été enrayé et que donc beaucoup de personnes pouvaient bénéficier d’une assurance.

Or aujourd’hui le chômage ne cesse d’augmenter. En 1965, le président Lyndon Johnson avait créé le Medicare et le Medicaid dans le cadre de la "guerre contre la pauvreté", le Medicare s’appliquant aux retraités et aux handicapés. Bill Clinton, en 1993-1994, avait déjà tenté d’instaurer une réforme du même type qu’Obama, mais avait échoué devant les protestations des républicains conservateurs qui se sont d’ailleurs servis de cet argument pour gagner les élections présidentielles qui ont suivi. Le même scénario risque de se reproduire pour Barack Obama, qui avait promis lors de sa campagne électorale d’offrir une couverture santé aux 46 millions d’américains qui en sont dépourvus (sur 305 millions d’américains en tout, soit 15% de la population). Il l’affirme lui-même : "Je pense qu’il y en a certains qui conçoivent ça comme une réplique des années 1993-1994. Vous savez bien : un jeune président arrive, il propose un système de santé. Cela échoue et alors les républicains utilisent ça pour gagner les élections au Congrès lors de l’élection d’après... Je pense que certains sont en train de vouloir dépoussiérer ce scénario".

 

En quoi consiste donc réellement cette réforme ?

Barack Obama et Joe Biben ont trois principaux objectifs :

  1. Pour ceux qui ont déjà une assurance, leur assurer plus de sécurité et de stabilité. Il s’agit en effet d’empêcher que les assurances baissent leur couverture-maladie quand les assurés sont malades, et réduire les coûts pour les soins préventifs comme les mammographies. De plus, Obama souhaite préserver Medicare et Medicaid.
  2. Pour ceux qui n’ont pas d’assurance, Obama veut en créer une qui aurait un prix abordable. Pour aider les personnes les moins favorisées, une bourse nationale d’assurance-santé sera créée.
  3. La réduction des dépenses de santé. En effet, le président des Etats-Unis affirme que sa réforme n’ajoutera pas un centime au déficit public. Un comité d’experts indépendant, composé de médecins et de professionnels de la santé, aura pour rôle d’identifier les fraudes, les abus et les pertes d’argent du système de santé. Cette réforme doit faire économiser 2 500 dollars à chaque famille américaine en faisant baisser les prix des médicaments et en obligeant les hôpitaux à réaliser un compte-rendu du coût de la santé.

 

Alors quelles sont les chances pour que cela marche aujourd’hui ?

Le 12 septembre, une manifestation a eu lieu à Washington le long de la Pennsylvania avenue qui relie le Capitole à la Maison Blanche. Les manifestants, qui parlent de "dérives socialistes et marxistes", scandaient des slogans tels que "l’Obamacare me rend malade". L’argument principal de ces contestataires était le coût que cette réforme pourrait avoir, soit 900 milliards de dollars (Des phrases telles que "Je ne suis pas un distributeur automatique de billets" figuraient sur les pancartes).

Cependant le lendemain, les partisans de cette réforme ont cherché à répondre à la manifestation de la veille en organisant la leur. Ils n’étaient certes que quelques centaines ou un millier tout au plus, mais étaient bien décidé à se faire entendre. En effet, ils tournaient en rond autour d’une fontaine près du Capitole en brandissant des pancartes où l’on pouvait lire "Etre pauvre, ça ne devrait pas être une condamnation à mort", ou encore "Non, je ne vais pas débrancher grand-mère". Une jeune manifestante ce jour-là expliquera la faible mobilisation par cette affirmation : "C’est décevant, oui, mais vous savez c’est plus facile de mobiliser les gens pour venir protester contre quelque chose que pour montrer qu’on soutient un projet".

Le dimanche soir, Barack Obama était invité à une émission intitulée Soixante minutes pour convaincre. Il réaffirmait à cette occasion qu’il était convaincu qu’il réussirait à obtenir du Congrès une loi qui remplirait les trois objectifs qu’il s’était fixés. Rappelons également que le Président des Etats-Unis a clairement précisé qu’il ne comptait pas toucher à ceux qui sont déjà assurés. En effet, il ne voulait pas reproduire l’erreur de Bill Clinton et propose une réforme moins radicale que celui-ci, et plus réaliste. 

 
Pour terminer sur une note positive, je rappellerais que deux tiers des américains ayant suivi le discours de Barack Obama mercredi soir dernier seraient convaincus par cette réforme, selon un sondage CNN/Opinion research publié le jeudi suivant. Ceci représente une hausse de 14 points par rapport à avant cette intervention. Une personne interrogée sur sept dit avoir changé d’avis suite à ce discours. Les sondeurs précisent néanmoins que les démocrates ont davantage suivi le discours que les républicains, ce qui déséquilibre la représentativité de l’échantillon interrogé. 
 

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53 réactions à cet article    


  • Mathieu Bédard melt_core 14 septembre 2009 19:02
    Très intéressant, très analytique, merci.

    Le problème de la réforme Obama, c’est qu’elle ne s’attaque à aucun des problèmes actuels de l’assurance santé Américaine, pour se concentrer sur la création d’un nouveau géant de la santé. Tous les détails ici ;

    • sisyphe sisyphe 14 septembre 2009 19:18

      Lol  : la référence au site du « Libre échange et de la liberté »...

      Plutôt qu’un article de propagande et de désinformation libérale, renseignezz vous plus objectivement...


    • oeil-de-lynx oeil-de-lynx 16 septembre 2009 05:26

      Un aspect intéressant. Je me renseigne...


    • sisyphe sisyphe 14 septembre 2009 19:11

      Finalement, c’est rigolo de voir toute la droite et l’extrême-droite américaines traiter Obama de communiste (suprème injure là-bas, of course) , parce que sa réforme veut venir en aide aux 46 millions d’américains non-couverts : une sorte d’hommage du vice à la vertu...

      Trop cons, ces pauvres amérikkkains


      • Le péripate Le péripate 14 septembre 2009 19:39

        Ils sont finalement assez modérés : ils pourraient dire pire, comme socialiste à la française, par exemple.


      • kalon kalon 14 septembre 2009 23:47

        Tu deviens vieux, Péri, méme un chiot sais que c’est du coté ou se trouve la moelle qu’il faut attaquer l’os.
        on n’a pas besoin d’un philosophe pour comprendre cà !


      • kalon kalon 14 septembre 2009 23:51

        Dit, sisyphe, t’es certain de pas dire des conneries ! smiley


      • kalon kalon 14 septembre 2009 23:56

        Rien ne nous prouve que ce n’est pas le philosophe qui est un malade mental !
        Il est tout à fait possible que ce soit nous qui soyons fous,
        regardons la définition qu’en fait « le littré » et méditons là


      • sisyphe sisyphe 15 septembre 2009 00:49

        Par kalon (xxx.xxx.xxx.181) 14 septembre 23:51

        Dit, sisyphe, t’es certain de pas dire des conneries ! 

        Oh, ça m’arrive, comme à tout le monde...

        Simplement, j’essaie qu’elles soient positives (je dis bien j’essaie)...


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 15 septembre 2009 02:46

        @ Sysyphe : Il est assez surprenant, en effet, de voir des pauvres qui dorment dans leur voiture parce qu’ils non plus de maison accuser Obama de vouloir « redistribuer la richesse »... et d’entendre Obama s’en défendre... L’autre tristesse est le clivage par partis qui occulte toute considération de compassion sociale ou de solidarité nationale. Le plus désespérant est sans doute cette rapide conversion d’un Américain sur sept, suite à un seul discours, car ne comprend-t-on pas qu’il peut changer a nouveau d’avis, pour le prix d’une bonne pub ? 


        Il était politiquement correct d’accuser le gouvernement Bush, tout en réitérant une grande confiance au peuple américain... Ça ne se discutait même pas. Alors continuons... Mais l’Amérique est en démocratie médiatique... 

        Le vrai combat est entre un Establishment qui a mis Obama de l’avant pour faire les réformes sans lesquelles il comprend que le système va exploser et une bourgeoisie qui ne veut rien sacrifier de ses privilèges. L’Establishment a pour lui la force et contrôle les médias. La bourgeoisie contrôle la structure démocratique par une corruption totale et un réseau de copinage à tous les paliers. Rien n’est encore joué.







      • kalon kalon 15 septembre 2009 03:41

        Pour l’instant, c’est la Chine qui a les cartes à jouer en main, mais si la Chine ne bouge pas, cela voudra dire que ce ne sont plus les USA qui sont les maitres du jeu,
        qui, alors ?


      • Jean-paul 15 septembre 2009 13:34

        @ Allard
        Plus de 1000 chaines de television par foyer ,sans compter les chaines des autres pays .Vous confondez avec le pays ou tout le monde regarde TF1 .


      • ZEN ZEN 14 septembre 2009 19:47

        Toujours bien informé, Péripate

        Obama engage sa crédibilité

        -Une réforme courageuse nécessaire, quoique limitée, floue et faisant encore la part belle aux assurances privées et au business pharmaceutique

        -Aux sources de la gangrène :


        • Le péripate Le péripate 14 septembre 2009 19:58

          Ce n’est certainement pas sur cet articulet taillé sur mesure pour une oreille socialiste que j’apprendrais quelque chose.


        • sisyphe sisyphe 14 septembre 2009 20:01

          On ne te parle pas d’un article, on te parle de CHIFFRES !

          Tu aimes ça, les chiffres, non ?


        • Antoine Diederick 14 septembre 2009 22:28

          eh oui , Zen, la sécurité sociale sert le business pharmacie, mais bon....vaut mieux qu’elle existe cette sécurité, après tout.


        • sisyphe sisyphe 14 septembre 2009 20:00

          -Aux sources de la gangrène :

          Excellent lien, Zen, qui montre parfaitement la faillite totale d’une organisation libérale du système de santé : 16% du PNB pour presque 20% de citoyens non couverts : un must !!

          Une petite comparaison avec « le pire » (le système de sécu français) peut-être, péripatate ?


          • Le péripate Le péripate 14 septembre 2009 20:04

            Je ne suis pas de bonne humeur, alors garde tes « peripatate » pour tes copains moulés dans leurs T-shirts Che Guevarra, Dératiseur fascistoïde.


          • sisyphe sisyphe 14 septembre 2009 20:46

            rhhhôôôô, mes excuses, peripatounet...
            De mauvaise humeur ?
            Le temps ? La conjoncture ? La grippe ? Une petite déprime ?

            N’hésite pas à consulter un médecin : profite de l’excellent système de santé français........... tant que ça dure encore..


          • ZEN ZEN 14 septembre 2009 21:30

            « Dératiseur fascistoïde. »

            Quoiquidit ?


          • Wrong Orwell Wrong Orwell 15 septembre 2009 18:20

            Je voudrais préciser qu’aux USA, le terme « libéral » est généralement l’attribut des progressistes (donc démocrates centre droit,quoiqu’en disent les républicains), c’est à dire la libération sexuelle,les cheveux longs,etc et non à la droite conservatrice (républicains).


          • Wrong Orwell Wrong Orwell 15 septembre 2009 18:22

            Je voudrais préciser qu’aux USA, le terme « libéral » est généralement l’attribut des progressistes (donc démocrates centre droit,quoiqu’en disent les républicains), c’est à dire la libération sexuelle,les cheveux longs,etc et non à la droite conservatrice (républicains).


          • Antoine Diederick 14 septembre 2009 22:24

            bonsoir, enfin un article sur le débat de la solidarité interpersonnelle.....aux USA

            quand je pense, qu’il y a encore 10 ans des esprits modernes en Europe louaient le modèle us, alors qu’il faut voir avec quelle peine Obama en reprenant les idées de son mentor Clinton, a bcp de mal à faire passer son projet.

            en attendant, espérons que la crise ne remette pas en cause le modèle européen, même si certains abusent du systéme et même si le Président Sarkozy, ne sait pas trop de quoi il s’agit.


            • Antoine Diederick 14 septembre 2009 22:34

              Dans votre article vous parlez de Bismarck, qui outre son projet d’envoyer le France en enfer, avait bien dans sa réflexion imaginer une sorte de sécurité sociale, comme cela se pratiquait naturellement, informellement dans la campagne allemande. Ach, les hobereaux de province !

              A part une certaine dépêche, c’est tout de même la conscience sociale des mouvements humanistes de gauche qui sont parvenu à l’imposer...pourvu que cela continue.


              • Antoine Diederick 14 septembre 2009 22:41

                remarque, depuis quelques temps les assurances privées et commerciales de soins de santé voient leurs primes augmenter plus vite que la sécurité sociale basique....

                il ne faut pas oublier que ces sociétés d’assurance sont des sociétés commerciales et que la sécurité sociale de type interpersonnelle garantie par l’Etat est une sorte de « sanctuaire » de partage.

                Je ne voudrais par faire la leçon aux consommateurs de soins sociaux, mais il est temps que tout un chacun prenne conscience de la chance que nous avons.


                • Antoine Diederick 14 septembre 2009 22:51

                  quand je n’étais pas grand, j’étais petit, mon père me disait :« Antoine, faut que tu penses à t’inscrire aux soins de santé » . Agacé et rebelle, je l’envoyais paître :« Quand je serai vieux, papa, yaura plus de sécurité sociale car cela sera la faillite généralisée ! ». Mon père a mouru, jeune, avec la sécu.

                  Et nous ?


                  • Candide Candide 14 septembre 2009 23:58

                    Bel article, Lucile, et bon courage pour la suite de vos études de journalisme.


                    Il n’empêche que si tant d’américains (plus de 60% à ce jour) rejettent cette réforme c’est bien parce qu’elle leur fait peur. Les américains refusent que le gouvernement mette son nez dans leurs affaires et leur vie privée, c’est viscéral chez eux. 
                    Et contrairement à ce qu’on lit dans les journaux français, personne ici n’envie le « système français », lequel agit plutôt comme un épouvantail qu’autre chose. Au risque de déplaire à certains sur Agoravox, le système social français est à l’image de la France elle-même, archi dépassé depuis longtemps. Il coûte tellement cher qu’aucun être normalement constitué n’en voudrait s’il savait la vérité : plus de 50% de tout ce que vous gagnez est pompé par le système social français (charges patronales auxquelles s’ajoutent les 23 % de votre propre salaire) et tout cela pour un système social des plus iniques qui soient (voire les retraites par répartition où la majorité cotise plus et plus longtemps pour que certains partent plus tôt avec plus de retraite, régimes spéciaux, fonction publique, députés etc, etc.) En plus ce système est déficitaire chronique et il rembourse de moins en moins. 
                    Ici aux USA, on ne refuse pas les pauvres (j’insiste sur ce point quoi qu’ on ait pu en dire dans vos journaux), il y a le Welfare et quantité d’associations, alors qu’en France 25% des généralistes et 40% des spécialistes refusent les CMU. 
                    J’ajoute que je paye moins cher ici aux USA pour mes soins dentaires et mes yeux qu’en France, et que je suis content de voir que les hôpitaux sont archi bien équipés, suffisants en nombre et très propres. Au fait, où en est-on avec les maladies nosocomiales en France ? ça c’est un sujet qui pourrait vous intéresser, Lucile.
                    Bon courage à vous.
                     

                      • lord_volde lord_volde 15 septembre 2009 02:28

                        Ouais..., je reste sur ma faim devant cet article mi-figue, mi-raison, qui fait l’impasse sur la réforme envisagée qui ménage le chou et la chèvre. L’article peine à dévoiler le très connu dilemme théorique du système de protection sociale (Beveridgien ou Bismarkien) dont le premier couvre les risques professionnels via un système de prélèvement social par répartition alors que le second assure la perte de revenue liée aux aléas via une assurance socioprofessionnelle.
                        Soutenir, favorister, renforcer seraient ; à lire les mesurettes décrites par notre journaliste en herbe, les trois mamelles de la réforme révolutionnaire en préparation de l’administration Obamaniène. Il semblerait que la réforme envisagée fonctionnerait à l’image des vases communicants qui donnerait à Pierre ce qui sera pris à Paul. Le système voulu priverait les personnes âgées de certains soins qualifiés de conforts ou de superflus qui alimenterait un fonds à destination des ménages modestes. Quant à l’extrême pauvreté, hormis les associations caritatives qui ne couvrent jamais les réels besoins de soins de cette population, elle sera une fois de plus laisser pour compte, sauf erreur de ma part. 
                        Le miracle attendu Obama le caudataire en matière d’assurance maladie est un cache misère ou une cautère posée sur une jambe de bois.


                        • lord_volde lord_volde 15 septembre 2009 02:46

                          rectificatif : d’Obama le caudataire.
                          La répartition concerne la retraite fortement inégalitaire qui favorise les hauts revenus tandis que l’assurance maladie, la vieillesse et l’assurance chômage relèvent de la solidarité des salariés (régime général) dont les prélèvements sont proportionnels aux revenus imposables. Les régimes agricoles, professionnels et autres (fonction publque) sont relativement Bismarkiens. Il n’y a pas si longtemps, les caisses ucanss (régime salarié) compensaient scandaleusement la caisse de retraite des fonctionnaires. 


                          • Jean-paul 15 septembre 2009 03:28

                            Pour les Americains Sarkozy est un president socialiste .
                            Les Americains n’ont aucune idee de nos taxes ,de notre lourde bureaucratie ,de nos lois sur le travail ,de notre discrimination sur l’age ,des privileges des fonctionnaires ,de notre chomage ,de la CMU .
                            Pour eux 5% de TVA ,dans certains etats pas d’impot sur le revenu .S’ils savaient qu’il ya 60 % de charges sociales obligatoires (patronales et salariales )ils seraient impressionnes .Sans parler des controles fiscaux ......
                            En principe ils ne veulent pas quel’etat s’occupe d’eux ,ce qui signifie plus de taxes .
                            Pour l’assurance maladie il n’y a encore rien de concret ( sans parler de l’assurance maladie pour les illegaux ,refusee )
                            Bref pour eux le socialisme ,NO THANK YOU !!!


                            • Candide Candide 15 septembre 2009 04:12

                              Jean Paul,


                              Pour l’américain moyen, et même et surtout le cultivé haut de gamme la France est un état communiste, ni plus ni moins.
                              D’ailleurs n’est-ce pas un certain Valery Giscard D’Estaing, ex président et fondateur du traité de Lisbonne, qui aurait dit il y a déjà trente ans, alors qu’il était en fonction (1974-1981) : « Si nous dépassons 35% de prélèvement sur le PIB, nous serons en économie communiste » ? En 1981, la dette moyenne était de 20 € par tête, aujourd’hui elle avoisine les 40.000. Je sais ça n’a rien à voir avec les prélèvements sur le PIB (47% officiels, mais certainement plus) mais ça s’ajoute. Et sur ces prélèvements les seuls frais de fonctionnement de notre chère administration, sa kyrielle de fonctionnaires inutiles( officiellemnt 1 français sur 4, mais probablement 1 sur 3 est directement ou indirectement payé par l’Etat, on ne compte pas les chômeurs hein, uniquement ceux qui touchent un salaire contre un« travail »), ses députés surnuméraires nous en coûte 54%. 
                              Si ça c’est pas du communisme pur et dur ! On comprend que ça affole les américains non ?

                              • sisyphe sisyphe 15 septembre 2009 12:47

                                Bon petit message de propagande libérale !

                                Quand on voit les résultats du système de santé américain, pour le prix qu’il coûte aux contribuables, son classement (37ème), comparé à celui de la France (1er), on reste toujours sidéré par les dénégations des néo-cons libéraux, qui continuent, inlassablement, d’enfoncer les clous de leur socle de poncifs que la réalité infirme ; comme quoi le formatage est efficace pour les esprits binaires..

                                Et sinon, quels sont les fonctionnaires que vous préconisez de supprimer : les employés des hôpitaux, pour aligner le système de santé français sur celui américain ? les policiers ? les profs et insitituteurs, pour continuer à démanteler l’ éducation nationale, et multiplier les illétrés (comme aux states) ? la poste, pour la livrer au privé, avec une explosion des prix, et un système de production pousse-a-suicide (comme à France Telecom) ? la SNCF, pour l’aligner sur le fabuleux système anglais, par exemple ?

                                Le bon vieux discours poujadiste, qui se donne des allures de « modernité » ; vous en êtes, comme tous les connards d’américains de droite et d’extrême-droite, resté à la vision antédiluvienne héritée de la guerre froide : faut évoluer, mon vieux, Mac Carthy est mort, et le système que vous continuez de défendre a fini par faire beaucoup plus de ravages même que le système communiste.


                              • sisyphe sisyphe 15 septembre 2009 15:42

                                Par Candide (xxx.xxx.xxx.19) 15 septembre 04:12


                                Pour l’américain moyen, et même et surtout le cultivé haut de gamme la France est un état communiste, ni plus ni moins.

                                Ce qui donne une idée du « haut de gamme de la culture » aux Etats-Unis : lol de lol !!


                              • Jean-paul 15 septembre 2009 13:30

                                Le commentaire de Sysiphe confirme ce que dit Candide .De plus c’un fan de Fidel Castro ce qui explique ...
                                Comme les Americains ne connaissent rien a notre systeme de sante et n’en veulent pas ,les Francais ne connaissent pas le systeme americain et n’en veulent pas .


                                • sisyphe sisyphe 15 septembre 2009 14:57

                                  Par Jean-paul (xxx.xxx.xxx.166) 15 septembre 13:30
                                   « Comme les Americains ne connaissent rien a notre systeme de sante et n’en veulent pas ,les Francais ne connaissent pas le systeme americain et n’en veulent pas . »

                                  Réaction qui montrerait l’intelligence profonde du raisonnement à la jean paul ; « Moi, ch’connais pas ; alors, j’en veux pas » ; le genre de raisonnement qui aurait permis à l’humanité d’en rester à l’âge de pierre...

                                  Sauf que.... y a des gens qui se renseignent, des études et des classements qui sont faits, et qui permettent, justement, de connaître, avant de se prononcer.
                                  Donc, les français ne veulent pas d’un systèmede santé, classé 37ème mondial (quand le leur est classé 1er), qui coûte 16% du PIB, et laisse sans couverture, près de 20% de la population, en connaissance de cause, et avec des raisons fondées, chiffrées et argumentées.

                                  Les américains, eux, effectivement, ne connaissent rien d’autre qu’eux-mêmes, et sont donc la proie aux réflexes pavloviens à la jean paul : « houla, communisme gnagnagna fidelcastrognagnagna »

                                  jean-paul, le parfait petit soldat de l’Amerikkke profonde....


                                • Le péripate Le péripate 15 septembre 2009 15:01

                                  Merci de donner le lien où il est dit que la France est n°1 dans le classement des systèmes de santé (pour le déficit certainement).


                                • Le péripate Le péripate 15 septembre 2009 15:08

                                  Je propose à la réflexion ce graphe, avec en ordonnée l’espérance de vie à la naissance et en abscisse les dépenses de santé par habitants. Je me demande comment on peut obtenir un classement. Mais les planificateurs ont la religion des chiffres, quite à les trafiquer.


                                • sisyphe sisyphe 15 septembre 2009 15:40

                                  Par Le péripate (xxx.xxx.xxx.211) 15 septembre 15:08

                                  « Je propose à la réflexion ce graphe, avec en ordonnée l’espérance de vie à la naissance et en abscisse les dépenses de santé par habitants »

                                  Graphique effectivement intéressant, où l’on voit que les Etats-Unis sont le pays où la dépense de santé par habitant, est, de loin, la plus élevée du monde, pour une espérance de vie (78 ans) inférieure à celles d’un tas d’autres pays ; dont la France, l’Italie, le Canada, etc, etc....

                                  Quand on y ajoute le fait qu’aux Etats-Unis, donc, presque 20% de la population n’est pas « couverte » , les dépenses de santé de ce pays ne concernent donc que 80% de sa population ; ce qui en augmente, évidemment, le différentiel.

                                  Merci de ces confirmations.


                                • Le péripate Le péripate 15 septembre 2009 16:14

                                  Mais tout à fait ! Cependant, seule une mouche collée en haut à droite du graphique ne verrait pas la dispersion et la tendance des pays, entre autre que le pari d’une forte espérance de vie se généralise (cliquer sur le bouton play). Il faut prendre du recul et ne pas rester collé.

                                  Premier point : le système de santé américain n’est pas l’utopie libérale. C’est au contraire un système fortement réglementé. La seule liberté n’est finalement que de faire le choix de ne pas s’assurer.Pour ceux là c’est le plus souvent transitoire, presque un tiers est riche et en bonne santé, un quart des clandestins.
                                  Deuxième point : Medicare et Médicaid, comme notre sécu, coutent aussi très cher et leur gabegies valent bien la notre. Les règlements sur les assurances des entreprises, (la majorité des cas) sont kafkaïens.
                                  Troisième point : une inflation législative et juridique, des indemnités énormes aux « victimes » iatropiques.
                                  Quatrième point : un réseau de free-clinics, gratuites, financé par (horreur ! ) la charité privée, et animé par des (horreur !) bénévoles.

                                  Après, on peut peut-être faire des comparaisons. Mais sans charge idéologique.

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