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Le complot, la complotite...

Le régime algérien comme tout un chacun le sait, est l’un des plus réactionnaires, des plus prédateurs, et des plus compromis avec les forces les plus noires qu’on puisse imaginer.

Pourtant, par un curieux retournement de l’histoire, le discours altermondialiste, si l’on peut dire, qui se développe en ce moment contre l’intervention de l’Otan contre le régime de Kadhafi, est tombé pile poil avec ses souhaits les plus intimes. Taper sur toute velléité des Algériens de se lancer dans la dynamique impulsée par la révolution de jasmin. Et du coup, le régime algérien s’est retrouvé du même côté de la barrière de ses ennemis naturels, ceux qui sont pour la libération des peuples.

Etranges retournements que ceux induits par les évènements de Libye, où un dictateur atroce est érigé en héros des temps modernes, au moment où son peuple, écrabouillé par 42 longues années d’une atroce dictature, est qualifié, le plus sérieusement du monde de traître. Parce qu’il a eu l’outrecuidance d’appeler à l’aide, au moment où une armée de mercenaires allait entrer à Benghazi, pour y faire couler des rivières de sang, pour reprendre les propres termes des Kadhafi, père et fils.

Au début, il y avait un groupe de pseudos révolutionnaires, qui tombaient sur l’OTAN par habitude idéologique. Une quasi routine. La « mobilisation » était présente un peu partout. Et ces gens, qui sont sincères, même s’ils ne sont pas très perspicaces, ont voulu croire, et faire croire que ce n’étaient pas les milices de kadhafi et ses mercenaires qui étaient visés, mais le peuple libyen lui-même, et en tant que tel.

Ces gens, idéologues et militants par conviction, ne connaissent rien, en fait de la réalité libyenne, des exactions commises contre le peuple libyen depuis plus de 40 ans, de toute l’horreur du régime libyen. De ses atrocités, de sa prédation systémique.

Ils n’en savent rien, ou si peu. Parce que si c’était le cas, ils n’encenseraient pas ainsi un despote qui a broyé ce peuple qui a tant enduré de lui et de sa famille. Non, ils n’en savent rien. Et, emportés par leur bel enthousiasme, ils ne veulent plus rien savoir. Ils sont dans un dialogue de sourds.

Et puis d’un coup, de nouvelles têtes sont apparues sur Facebook, des Algériens, avec un style différent, et des méthodes inusitées, qui s’attelaient au discours ambiant. Du pain bénit. Surtout que des figures de proue de l’altermondialisme étaient entrés dans la danse. Mais parmi ceux qui se lançaient ainsi, à corps perdu, dans la stigmatisation de l’OTAN et toutes les forces qui viennent se greffer dans ce genre de discours, venaient s’engouffrer dans cette aubaine qui s’offrait à eux, sur les réseaux sociaux, des opportunistes de la subversion. Des opportunistes qui savaient très bien ce qu’ils faisaient, et qui eux ne sont ni naïfs, ni désintéressés. Ces « groupies » du héros Kadhafi avaient pris le train en route, pour nous chanter une nouvelle rengaine, où nous découvrons de bien curieuses associations. Par exemple que tout le peuple libyen est un traître, parce qu’il a appelé au secours, parce qu’il a demandé à être protégé contre un carnage annoncé. Et on se laisse aller à imaginer si l’ONU n’avait pas voté les résolutions d’intervenir en Libye, et si la tuerie promise par Kadhafi avait été perpétrée. N’aurait-on pas, à ce moment, reproché à la communauté internationale de ne pas être intervenue, comme au Rwanda, par exemple.

Mais ces gens qui se sont saisis de cette opportunité, et qui dénient au peuple libyen ne serait-ce que le terme de révolution donnent l’impression d’agir dans une action concertée. On sent une sorte de complicité entre-eux. Une inter-connexion. Et ils interviennent promptement, à chaque fois que cela est necessaire, pour défendre l’un d’eux, lorsqu’il est confondu. Alors j’ai compris.

Le régime algérien avait tout fait pour que Kadhafi ne tombe pas. Il l’a soutenu à bout de bras. Et si ce n’était le régime algérien, Kadhafi n’aurait pas tenu deux semaines.

Il l’avait soutenu parce qu’il savait que la Lybie de Kadhafi était son dernier rempart. De la même manière qu’il a tout fait pour contrarier la révolution tunisienne.

Puis, les Américains et les Français, qui l’ont plus ou moins ménagé, alors qu’ils savaient qu’il soutenait Kadhafi, l’ont rappelé à l’ordre de façon relativement énergique, façon de lui dire « ca suffit avec le chantage des gros contrats. Il faut arrêter de soutenir Kadhafi, ca va vous péter à la gueule. Toute la presse sait que c’est vous qui l’empêchez de tomber, et ca ne sert à rien, parce qu’il va tomber. Alors maintenant, ca suffit ! »

Et le régime a été obligé de lâcher Kadhafi.

Au lendemain de la visite de Juppé à Alger.

J’avais fait un article sur cela. Le compte à rebours avait commencé, dès lors.

Mais maintenant, le régime a compris que s’il essayait de salir la révolution libyenne, et de sublimer Kadhafi, il préparerait le terrain pour lui-même, pour se mettre dans le rôle de héros, face à un occident qui veut déstabiliser toute la région pour le pétrole. Et comme il a trouvé la dynamique en place, sur les réseaux sociaux, qu’elle est quasiment internationale, animée par des pseudo révolutionnaires, aussi naïfs qu’ils sont enthousiastes, il a sauté sur l’occasion. Une occasion en or.

J’ai entendu dire qu’une équipe de cyber agents avait été installée à Hussein Dey, dans une caserne, l’ex commissariat politique de l’ANP. Au début, il n’y avait que des cancres, et qui ont un niveau de sous sol. Ils ne faisaient qu’insulter, traiter les gens de harkis, d’homos, de voleurs, etc.

Mais il semble qu’ils ont été étoffés récemment par un nouvel arrivage d’agents beaucoup plus costauds, bilingues, qui ont un bon niveau général, et qui attaquent sur le plan des idées.

Et en ce moment, ce sont surtout ces gens qui mettent le paquet sur cette récupération du héros Kadhafi, et des traîtres du CNT. Et ainsi, le régime va préparer doucement le terrain à une très vaste opération de fabrication de bataillons entiers de Baltaguias, qui défendront le régime, le jour où ca pétera. Ce sera du tout cuit.

La théorie du complot est devenue une auberge espagnole, un fourre-tout de constructions bizaroïdales, où ils tentent de tout expliquer par des spéculations conspirationnistes tous azimuts. Ce qui fait, en fin de compte, qu’ils ont, à leur insu ou à bon escient, noyé le poisson, et contribué à rendre ridicules même les vraies théories du complot. A croire que cette démarche a obéi elle même à une théorie du complot. Parce que trop de complotite tue la théorie du complot.

Et curieusement, des opportunistes politiques de tout poil s’engouffrent dans le créneau, comme on dit. Au point où un régime comme le nôtre, dont les barons placent l’argent qu’ils nous ont volé dans les antres même de ces « pieuvres » dont ils nous rebattent les oreilles, et bien ce régime lui-même est en train d’instrumenter ce discours « anti-impérialiste » de pacotille, pour contraindre ceux qui s’opposent à lui au silence et à la peur, puisque grâce à cette mobilisation des « anti-impérialistes », rémunérés ou non, les gens qui osent seulement défendre le peuple libyen sont cloués au pilori de l’ignominie et de la trahison. Et ceux qui vont se soulever contre ce régime seront traités de même, et même pire, puisqu’on leur prépare les baltaguias qui iront les lyncher le long des routes. Une logique presque pavlovienne.

Et le comble de tout cela, c’est que ces gens, qui procèdent par une sorte de distillation savante de leur poison, le font sans tenir compte des doses de cheval qu’ils injectent. Ils l’envoient sur la toile sans se soucier de l’énormité de ce qu’ils disent. Plus c’est outrancier, et mieux ça passe. Ils disent que le peuple libyen est traître à son propre patrie, et même qu’il est indigne de Kadhafi. Que Kadhafi a été liquidé de la scène parce qu’il allait révolutionner le monde avec son « Dinar or », que ce sont les illuminatis qui sont derrière l’opération et tutti quanti, du même genre, énorme et qui fait fi de toute logique, et de tout raisonnement.

Et de fil en aiguille, avec forces farces, ils nous préparent à la grosse opération de Baltagueres, qui consistera à défendre le régime algérien, le jour où le peuple décidera de l’évacuer de sa vie. Ce jour là aussi ils nous diront que ce sont les illuminatis, les sionistes, les néocons, et je ne sais pas qui d’autre, qui veulent liquider les héros qui veillent sur l’Algérie, pour nous prendre le pétrole, ou peut-être nous inventeront-ils autre chose, comme un « Dinar en titane » destiné à détrôner le dollar. Qui sait ?

D.Benchenouf




par D.BENCHENOUF (son site) samedi 27 août 2011 - 38 réactions
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  • Par doctorix (---.---.---.182) 27 août 2011 16:29
    doctorix

    Votre discours est étrangement conforme à celui des média.
    Le fait de vous présenter sous un patronyme arabisant n’implique ni son authenticité, ni la vérité de vos propos. Alors, votre courage épistolaire n’a rien d’évident.
    D’une part.
    Ensuite, vous enfourchez facilement le cheval du conspirationnisme, si cher au N.O.M. et à ses séides, qui pour ma part ne m’effraye nullement. Ce terme a dans mon esprit la même valeur que celui de résistant dans les années 40, avec des parfums de courage, d’honnêteté et de lucidité, dont personne n’a à avoir honte.
    Ceux qui n’ont pas cette démarche sont au contraire à mes yeux des naïfs, ou des imbéciles, ou des malhonnêtes, tant les preuves de complots multiples s’accumulent jour après jour.
    Le peuple Algérien se débarassera un jour de ses oppresseurs, s’il le désire, comme l’ont fait les peuples Tunisiens et Egyptiens, sans aide extérieure. Nous ne soutenons aucun dictateur. Nous prétendons que quand un peuple est prêt à la révolte, il n’a besoin de personne. Et surtout pas de vautours étrangers qui n’ont rien à faire de la démocratie, mais de nombreux larcins à commettre. Au prix du mensonge et du sang.

    Un article d’Anne Morelli, professeure à l’Université Libre de Bruxelles

    Les principes généraux de la propagande de guerre sont toujours pareils. Ils tentent de nous faire adhérer à une cause belliciste par des déclarations d’abord pacifistes puis résignées : nous sommes « contraints » par l’Autre à faire la guerre. Il l’a provoquée et nous allons nous y engager pour de nobles causes : la protection humanitaire des civils, la démocratie, la lutte contre le militarisme effréné de notre ennemi...

    Bien sûr, lui, commet systématiquement des atrocités, tandis que notre armée est composée de gentilshommes, tout au plus susceptibles d’une involontaire « bavure ». En outre cette guerre n’est en rien risquée de notre côté : la supériorité écrasante de nos armes nous assure des « pertes zéro » tandis que nos ennemis sont depuis le début condamnés à la défaite. Enfin, celui qui s’opposerait à cette guerre courte, morale et forcément victorieuse, ne peut qu’être un agent de l’ennemi.

    J’ai réuni ces principes qui régissent la propagande, préalable et contemporaine à toutes les guerres depuis le début du XXe siècle, dans un petit volume [1]. À chaque nouvelle édition je dois ajouter sur ce même schéma, des exemples de bobards ayant été utilisés pour mobiliser l’opinion dans les conflits les plus récents : Afghanistan, Irak... Et à chaque fois je forme un vœu pieux toujours démenti : j’espère que les lecteurs, avertis, ne se laisseront plus prendre aux pièges grossiers de la propagande...

    Mais la récente guerre de l’OTAN contre la Libye nous oblige - hélas - une fois de plus à constater que ces principes sont à l’œuvre... et marchent très bien !

    Nous sommes des pacifistes et « réagissons » aux violences libyennes

    Selon la thèse officielle de l’OTAN, nos bombardements, via l’opération « Protecteur unifié » (sic), ont pour but d’empêcher le régime libyen (les mots ont toute leur importance) de poursuivre ses attaques barbares contre le peuple libyen [2]. C’est donc « lui » qui a commencé et nous ne faisons que réagir à des violences ennemies, par ailleurs difficiles à quantifier et juger. Ainsi, les « rebelles » de Benghazi contre qui agit Tripoli, sont-ils vraiment d’innocents civils alors que, même leurs toutes premières photos, nous les montraient lourdement armés (par qui ?) et que leur Conseil National de Transition se plaint lorsqu’il se rend à l’OTAN à Bruxelles, de recevoir insuffisamment d’argent pour professionnaliser leur armée [3].

    Les bombardements, rebaptisés « campagnes de frappes aériennes », ont été autorisés par le Conseil de sécurité de l’ONU le 18 mars 2011 en tant que « réaction » à ces présumés massacres de civils et pour « protéger les civils libyens ». Il peut sembler que bombarder des civils pour les « protéger » est contradictoire, mais c’est bien en ces termes que la mission est lancée [4]. Elle serait donc, comme toutes les guerres, une « réplique » à ce que l’OTAN appelle « les attaques barbares du régime de Kadhafi contre le peuple libyen ».

    Khadafi, monstre par intérim

    La propagande canalise classiquement la haine et les ressentiments de l’opinion publique vers un leader ennemi, sensé être la cause de tous les maux. Il sera à la fois fou, démagogue, cynique, militariste... Guillaume II pendant la Première Guerre mondiale - avant Ben Laden, Milosevic ou Saddam Hussein - a ainsi personnifié l’ennemi à abattre. La guerre a évidemment pour but sa capture, après quoi l’humanité retrouvera le bonheur.

    Le conflit avec la Libye ne fait pas exception à la règle mais la construction médiatique du personnage de Kadhafi est particulièrement intéressante. En effet, après avoir été la personnification du mal, du « terrorisme international » et l’ennemi public n° 1, rendu responsable de tous les genres d’attentats, le colonel - qui avait également nationalisé les compagnies pétrolières de son pays - est redevenu fréquentable. Alors qu’en juin 2011 le ministre belge de la Défense, De Crem, assure vouloir bombarder la Libye tant qu’on ne sera pas débarrassé de Kadhafi, il semble avoir oublié que le chef du précédent gouvernement belge, Guy Verhoofstadt, a reçu Kadhafi à Bruxelles il y a peu d’années, avec tous les égards possibles. Kadhafi était alors redevenu un interlocuteur valable, également pour Berlusconi et Sarkozy qui l’autorisaient à dresser son campement dans leurs jardins, le traitaient avec familiarité et lui faisaient signer notamment, l’engagement de stopper chez lui les flux migratoires du Sud désirant aller en Europe [5].

    De nobles bombardements

    Un des principes de la propagande de guerre veut qu’on fasse croire à l’opinion publique que notre engagement belliqueux poursuit de nobles buts. Il ne doit jamais être question ni de ressources économiques à maîtriser ni d’objectifs géostratégiques mais bien de démocratie à imposer, de militarisme à mâter et de pauvres gens au secours desquels nous volons. Ainsi dans le cas libyen il ne sera pas question de la maîtrise des ressources pétrolières d’excellente qualité de ce pays, ni de sa situation stratégique entre deux pays au destin politique déstabilisé par le « printemps arabe ». Toute la propagande sera par contre axée sur le manque de démocratie du pays (ce qui n’est pas faux mais n’entraîne pas systématiquement des interventions armées de l’OTAN si l’on en croit le statu quo qui règne en Arabie Saoudite et dans les émirats...) et sur les Libyens qui attendent notre « aide ».

    Cette fois il ne s’agit pas de secourir les Kosovars, ni les femmes afghanes avides d’émancipation, ni les Kurdes irakiens ou les Chiites opprimés mais bien de sauver des civils que nous devons protéger de la brutalité des forces de Kadhafi. Nos bombardements sur la Libye auront donc un but noble et hautement « humanitaire ».

    Les « atrocités » libyennes et les « bavures » de l’OTAN

    Les guerres traînent inexorablement derrière elles leur cortège de violences, d’iniquités et de victimes innocentes. Dans chaque camp - même si à des degrés variés - on assassine des enfants et des vieillards, on viole, on torture.

    Le génie de la propagande de guerre est de faire croire au public que « nous » menons une guerre « propre », contrairement à nos ennemis. Ainsi dans la guerre de l’OTAN contre la Libye, les médias décrivent dans le menu les atrocités ennemies mais tentent de passer sous silence celles de l’OTAN et de ses alliés. La torture a pourtant bien été « légalisée » dans le camp occidental à l’occasion de la guerre contre l’Irak [6] mais on n’y fait plus la moindre allusion.

    Par contre lorsqu’il devient impossible de nier le caractère meurtrier des bombardements de l’OTAN, il faudra minimiser leur caractère atroce. Rebaptisés « frappes » ils sont sensés être des « raids de précision », visant des cibles uniquement militaires. Et lorsqu’il appert que les victimes sont des civils voire des enfants, il faudra d’abord nier, utiliser le conditionnel, parler des « allégations » du « régime » de Kadhafi qu’on ne peut vérifier, puis enfin avouer une « bavure », avoir tué « accidentellement » ou « par erreur » des civils. Ainsi un raid de l’OTAN le 20 juin, sur Sorman, à 65 km à l’ouest de Tripoli fait quinze morts civils dont trois enfants. Un journaliste de l’Agence France Presse ayant constaté qui étaient bien les victimes, l’OTAN ne peut plus nier que ce « raid de précision » n’a pas touché que des cibles militaires. Elle devra aussi avouer avoir tué le 19 juin des civils « par erreur » lors d’un bombardement de nuit à Tripoli, dans le quartier de Souk-al-Yuma, pourtant habituellement indiqué comme hostile à Kadhafi !) et avoir accidentellement frappé une colonne de véhicules « rebelles » dans la région de Brega le 16 juin 2011 [7]. Pour minimiser les dégâts occasionnés par le bombardement d’une habitation privée, Le Soir [8], met habilement en doute le témoignage de la victime en écrivant que Khalid El-Hamidi affirme avoir perdu sa femme, ses trois jeunes enfants et sa maison lors d’une frappe de l’OTAN et plus loin que sa maison a été selon lui, frappée par un bombardement de l’OTAN. Le titre parlant d’une « cible légitime » (sans point d’interrogation), reprend bien évidemment le point de vue de l’OTAN et décrédibilise celui de la victime.

    Ces « tragiques erreurs » et « dommages collatéraux » sont bien sûr inexorables mais ne sont relevés que chez nos ennemis. Lorsque ce sont nos armées ou nos bons alliés de la « rébellion » libyenne qui s’en rendent coupables la discrétion est de rigueur. Dès les premières semaines de la « rébellion » et au moins jusqu’en juillet 2011, l’ONG Human Right Watch (HRW) d’origine américaine et peu susceptible de sympathie pour Kadhafi, signale que la « rébellion » libyenne se livre à de graves exactions contre les civils des régions qu’elle contrôle : passages à tabac, saccages de biens, incendies de maisons, pillages des hôpitaux, domiciles et commerces... Mais s’agissant de nos bons alliés, l’information de HRW sera publiée au conditionnel (« des incidents auraient eu lieu ») [9] contrairement à ce qui concerne les « atrocités » de nos ennemis, toujours considérées a priori comme avérées. Quant à ceux qui fuient la Libye n’oublions pas que la première cause de leur exil réside dans nos propres bombardements.

    Pertes zéro

    Pour rassurer l’opinion publique, la propagande martèle que nos armes sont si performantes qu’il n’y a aucun risque à faire participer notre armée à cette nouvelle « opération ».

    Il est vrai que des bombardements sont évidemment bien moins risqués pour celui qui bombarde que pour celui qui est bombardé (surtout s’il n’a pas une D.C.A. efficace). Ce déséquilibre flagrant des risques commence cependant à s’estomper lorsque l’« opération » se prolonge sur terre. Les guerres en Afghanistan et en Irak devaient aussi se solder théoriquement par « zéro morts » mais cette prévision a naturellement été démentie par la réalité.

    Le bilan des morts est très sous-évalué car il ne tient généralement compte que des morts parmi les soldats « officiels ». Or l’occupation est de plus en plus confiée à des mercenaires privés, appelés « contractors ». Ces sous-traitants sont, par exemple en Afghanistan, aussi nombreux que les « vrais » militaires américains mais leurs contrats échappent au contrôle parlementaire et médiatique. À elle seule la société L3-Com comptabilise à ce jour 350 morts de soldats privés [10]. Au cas où l’opération libyenne se prolonge sur terre, soyons donc attentifs, lorsqu’on nous présentera des bilans rassurants pour « nos » troupes, que ceux-ci intègrent aussi ces mercenaires, par ailleurs difficilement contrôlables dans leurs façons d’agir et parfois recrutés sur place sans discernement.

    Comment rester critique ?

    La critique historique nous apprend que discerner les faits exacts demande de recouper les informations provenant de sources diverses. Dans le cas présent, l’exercice est très compliqué sinon impossible : peu d’informations indépendantes filtrent de Libye, la radiotélévision libyenne est absolument inaccessible à l’étranger car les émetteurs satellites ont été bloqués et nos médias accompagnent immédiatement toute information dérangeante d’un commentaire des « rebelles » que nous soutenons ou de l’OTAN. Ainsi le contribuable qui se demande pourquoi une partie de ses impôts va payer les sorties exceptionnelles des F-16 belges et leurs bombes, ne peut que compter sur lui-même face à la propagande qui déferle dans nos médias, exercer son bon sens et DOUTER.

    Anne Morelli
    Professeure de « Critique historique » à l’Université Libre de Bruxelles
    Présidente de « Femmes pour la Paix »
    Bruxelles, le 18 août 2001

  • Par le moine du côté obscur (---.---.---.41) 28 août 2011 14:19
    le moine du côté obscur

    En effet le PNAC est un beau projet de psychopathes assoiffés de pouvoir qui mettent en place des « stratégie de choc » pour atteindre leur(s) objectif(s). Je pense que leur but est de privatiser le monde et de faire de la plupart des humains qu’ils soient blancs, noirs, jaunes, rouges ou violets des esclaves et des choses dont ils pourront disposer comme ils le voudront. Le dicton dit que le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument et cela j’ai pu le vérifier. Alors certains veulent appeler ces gens des illuminati ou d’autres noms de ce genre, moi je les appelle des psychopathes et je trouve que c’est une race à part. Qu’ils soient blancs, jaunes, noirs, violets ou rouges je ne les considère pas comme humains. Ils sont humains d’apparence mais ils ne sont sans doute pas comme nous. Sans doute serait-il intéressant de faire une analyse de leur corps pour savoir si ce ne sont pas des extraterrestres :). Etaient-ils humains au départ ? Probablement ! Mais pour ma part ils ne sont plus car leurs esprits sont corrompus et pourris. Et si certaines personnes sont assez naïves pour croire que tels « monstres » n’existent pas et bien je les plains. Je ne vois aucune différence entre des psychopathes comme Charles Manson, Jeffrey Damer, Ted Bundy et nos dirigeants que ce soit ceux qui sont clairement visible ou ceux plus dangereux qui sont « derrière le rideau ». Et qui veut le pouvoir doit accepter d’avoir les mains sales voire à devenir un psychopathe, c’est triste à dire mais mon expérience m’a emmené à cette conclusion. C’est ainsi que pour le pouvoir on « vend son âme ».

  • Par machiavelle (---.---.---.131) 27 août 2011 15:15
    machiavelle


    Effectivement, tant que l’etat algérien ne s’opposera pas aux interêts de l’empire, il n’aura pas à craindre une quelconque révolution composé d’islamistes entraînés par la CIA...

    à bon entendeur...

  • Par Jean J. MOUROT (---.---.---.25) 28 août 2011 18:19
    Jean J. MOUROT

    C’est fou ce qu’on s’aime, entre Algériens ! Pas étonnant que les chefs de la Révolution de 54 à 62 se soient bouffés entre eux ! Tous des traitres ! En attendant les Algériens d’Algérie ne sont pas à la fête !

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