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Accueil du site > Actualités > International > Le dernier baroud de Bob Denard

Le dernier baroud de Bob Denard

Le procès qui s’ouvre ces jours à Paris, sur la tentative de coup d’Etat manqué aux Comores en 1995, se tiendra sans la présence du principal intéressé. Robert Denard alias Bob sera absent, à 77 ans, pour raisons médicales.

S’il est des personnages hors normes, Bob Denard est bien de ceux-là. Dès son plus jeune âge, ce dinosaure de la décolonisation a fait le choix des armes. Engagé volontaire en Indochine, il quitte l’armée en 1952 pour un bref passage dans des emplois civils au Maroc, avant d’intégrer la police de ce protectorat français. Sa carrière de mercenaire commence alors dans les années 1960, dans les convulsions de la décolonisation, en pleine guerre froide.

 

Anticommuniste, défenseur de l’Algérie française, accusé en 1954 d’avoir monté un coup d’Etat contre Pierre Mendès-France, il est sur tous les points chauds d’alors : Katanga, Biafra, Yémen, Tchad... Ce chien de guerre devient vite l’homme de main idéal de la politique post-coloniale gaulliste, qui souhaite continuer à tirer les ficelles des anciens territoires de l’Empire. Pour ce faire, aucune méthode n’est interdite, corruption, dépendance économique, et si nécessaire, coup de force.

 

C’est ainsi qu’à la demande de la France, le 5 septembre 1975, il intervient une première fois aux Comores, ancienne colonie française. La commande est simple : remplacer le président Abdallah par un autre plus ouvert aux intérêts de l’hexagone. L’opération est un succès.

 

Trois ans après, le temps d’une tentative de coup d’Etat au Bénin, Denard est de retour sur les lieux pour assurer, toujours à la demande de la France, le retour du président Abdallah. Bob Denard s’installe. Il crée une garde présidentielle encadrée par des officiers européens, et se lance dans les affaires. Il change aussi entre temps "d’employeur", en passant sous solde de l’Afrique du Sud qui voit dans ce bout de territoire un intérêt stratégique.

 

 

Mais tout a une fin, et en 1989, Pretoria, ébranlée par la fin de l’apartheid, met fin à son soutien. Le président Abdallah, sous les conseils de la France devenue mitterrandienne, voit dans ce retrait l’occasion de se débarrasser de l’envahissant colonel.

 

Dans des circonstances mystérieuses Abdallah est assassiné. La situation tourne mal, Denard et ses hommes sont évacués en Afrique du Sud par des parachutistes français.

 

 

Pourtant, tout n’est pas fini. Nostalgique, Bob Denard, à la tête d’une poignée d’hommes, renverse en septembre1995 le successeur d’Abdallah avant d’être rapatrié vers la métropole par les services secrets français... alors qu’un francophile déclaré accède à la présidence comorienne.

 

 

Traduit devant une cour d’assises en 1999 pour le meurtre du président Abdallah qui avait la double nationalité franco-comorienne, Denard est acquitté au bénéfice du doute.

 

Depuis, le colonel Bob soignerait ses vignes dans le Médoc. Celui qui aime se présenter comme "un corsaire de la République" est aujourd’hui rattrapé par l’ouverture du jugement sur son rôle dans le coup d’Etat manqué de 1995.

 


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2 réactions à cet article    


  • msakalamu (---.---.211.63) 26 février 2006 23:41

    Ce qui est drôle dans cette affaire c’est que la justice française accuse B.Denard de << tentative de coup d’état>> au moment où tout le monde sait que le coup d’état ait réussi et que le Président DJOHAR était déporté dans L’île de la REUNION par l’armée française.


    • Naudin (---.---.136.9) 16 mars 2006 19:28

      Des information trés intérèssantes sur cette affaire d’état sur le site www.comores95.info La DGSE mouillée jusqu’au cou... d’état.

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