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Le discours de Barack Obama à Accra face aux réalités

Ou quand il appelle la jeunesse africaine à l’action, quand il loue les progrès démocratiques au Ghana et lorsqu’il pourfend une société où la règle de droit est étouffée au profit de la loi du plus fort, il y a de quoi se sentir encouragé. Mais le discours d’Obama doit être critiqué sur d’autres points.

 

 
Le 11 juillet dernier, le président américain était à Accra. Le choix du Ghana par Barack Obama pour s’adresser à l’Afrique noire est significatif et encourageant pour toutes les forces qui œuvrent afin que les peuples aient le droit de se doter des dirigeants à leur convenance. Symboliquement, ce choix est un réconfort pour des raisons historiques et actuelles.
 
Ghana, fort symbole historique et actuel. 
 
A l’heure actuelle, en Afrique, le Ghana fait partie de ces rarissimes endroits où les règles démocratiques ont un sens. Ce pays, après de forts moments de turbulence, a fini par intégrer la culture de l’alternance démocratie dans ses mœurs sous la clairvoyance de John Jerry Rawlings. Depuis le départ de celui-ci d’Osu Castel, ex-présidence du Ghana, le pays a connu deux alternances et des élections législatives et locales paisibles. Le Ghana, c’est aussi une société civile organisée, extrêmement bien renseignée et qui utilise à merveille les médias pour sensibiliser les populations sur différents sujets. La liberté d’expression est un outil essentiel dont les Ghanéens se servent pour donner leur opinion, critiquer et formuler des requêtes en direction des élus du sommet à la base. S’il est vrai que la pauvreté est encore immense au Ghana surtout dans les milieux ruraux où les conditions de vie sont particulièrement drastiques, il est tout de même évident que des efforts sont faits pour que le plus petit des villages dispose des infrastructures de base à savoir : des toilettes publiques, l’électricité, des écoles et de l’eau potable, toute chose inconnue particulièrement dans la quasi-totalité des pays dits francophones où les tyrans cleptomanes sévissent avec la bénédiction française. Aucune de ces batailles n’est totalement gagnée – le délestage et les coupures d’eau sont fréquents au Ghana - mais par une forte participation citoyenne doublée d’une vigilance redoutable, la construction de l’Etat-nation répondant aux besoins de ses citoyens est en cours au Ghana. Se servir de ce pays comme estrade pour parler aux Africains ne peut qu’encourager les Ghanéens et tous ceux qui ailleurs en Afrique se battent pour que le minimum démocratique soit une réalité continentale.
 
Barack Obama a sans doute touché la sensibilité historique de nombre d’Africains en allant au Ghana, ex-Goald Coast, premier pays d’Afrique noire à obtenir son « indépendance » après d’épiques luttes face à l’Angleterre impitoyable. La répression anglaise a été terrible mais le 06 mars 1957, le Ghana nouveau naquit. Ce territoire est celui de Kwame Nkrumah, un des plus grands penseurs politiques africains de tous les temps. Nkrumah, panafricaniste bon teint, futurologue à la limite avait compris très tôt que l’Afrique est condamnée au « servage » si elle reste cloitrée dans les frontières érigées par l’impérialisme en 1885 à Berlin. Pour cette raison, Nkrumah qui a connu les Dubois, Padmore, Peter Abrahams, goûté aux affres de la sous-humanisation des Noirs en vendant du poisson à Harlem alors qu’il était un érudit et sorti Lumumba de son isolement, n’a ménagé aucun effort pour prêcher la renaissance de l’Afrique en allant au plus vite vers la constitution d’un gouvernement continental. Nkrumah n’a pas été seulement un théoricien politique. Il a agit quand il le fallait : en 1953 et 1958 Nkrumah organise les 6e et 7e conférences panafricaines respectivement à Kumasi et à Accra. Cette dernière fut également la première conférence des États Indépendants d’Afrique. Il est le premier à soutenir en 1958 la Guinée indépendante d’Ahmed Sékou Touré avec un prêt de dix millions de livres sterling. En mars 1963, il participe activement à la rédaction de la charte de l’Organisation de l’unité africaine. Son idée de la création d’un gouvernement africain fut rejetée par ses pairs corédacteurs de la charte. Aujourd’hui, pourtant, cette idée est d’une brûlante actualité.
 
En plus de tout ceci le Ghana conserve un lieu de douleur particulier pour Michelle Obama, descendante d’esclaves : le fort de Cape Coast. Portant les marques indélébiles des horreurs de la plus grande déportation de l’humanité, ce lieu est le transit de millions d’Africains capturés sur la côte ouest africaine et en Afrique centrale, enchaînés, frappés et convoyés dans les cales de navires pour les Amériques. Ce fort garde toujours intact les cachots où étaient détenus les esclaves et la "porte du non retour", que traversaient ceux-ci avant de monter dans les bateaux en attente. Parler à l’Afrique noire à partir de ce pays a donc une signification historique et symbolique forte.
 
Un déplacement qui n’ignore pas l’économie et la diplomatie.
 
On ne peut pas limiter le voyage du président américain à ces seules considérations. Des aspects économiques et diplomatiques doivent être pris en compte. En 2008 les échanges commerciaux des USA avec l’Afrique ont atteint 140 milliards de dollars. La même année, les USA ont tiré un excédent de 600 millions de dollars de leur interactivité avec le Ghana. 15% des importations pétrolières américaines provenant de l’Afrique de l’ouest, on peut comprendre la démarche de Barack Obama surtout que le Ghana, important producteur de l’or et de cacao rentre dans le rang des exportateurs de pétrole en 2010. Quand on sait la rudesse du combat entre la Chine et les USA pour l’accès aux sources énergétiques dont le pétrole, on peut en déduire qu’Obama n’a pas manqué de discuter de cette question avec son homologue ghanéen.
 
Quant aux entreprises américaines, elles sont actives au Ghana. Pour preuve, Microsoft a conclu mi-juillet 2009 avec le ministère de l’éducation un partenariat pour « développer un logiciel pour soutenir l’enseignement et l’apprentissage dans toutes les écoles dans le pays ».
 
Diplomatiquement, Obama, depuis son élection, a entrepris un travail de déminage et d’embellissement de l’image des Etats-Unis particulièrement détestés sous George Bush pour sa violence. L’accomplissement de cette œuvre passe aussi par le choix des pays visités et le contenu des discours tenus ici et là. 
 
Le fond du discours.
 
Quant au fond du discours d’Accra, s’il y a des choses positives à retenir, à fructifier et même à implémenter sur le terrain, il y a des omissions, des contre-vérités et même des certitudes à rappeler ou à dénoncer.
 
Lorsque le président américain parle de santé à développer, du lien intrinsèque entre démocratie, respect des droits de l’homme et développement, des opportunités à saisir, de la nécessité d’une Afrique en paix, on doit le féliciter. Lorsqu’il dénonce les satrapes truqueurs d’élections qui triturent ensuite les constitutions pour mourir au pouvoir et passer le relai à leurs progénitures, lorsqu’il tambourine sur l’enrichissement personnel des dirigeants publics et privés, tous ceux qui dénoncent ces pratiques souvent dans un anonymat médiatique se sentent réconforter. Ou quand il appelle la jeunesse africaine à l’action, quand il loue les progrès démocratiques au Ghana et lorsqu’il pourfend une société où la règle de droit est étouffée au profit de la loi du plus fort, il y a de quoi se sentir encouragé. Mais le discours d’Obama doit être critiqué sur d’autres points.
 
Il revient aux Africains de décider de l’avenir de l’Afrique.
 
Qui peut contester une pareille déclaration ? Personne. C’est une évidence et aucun Etat, aucun continent voire aucune structure familiale ne peut progresser s’il reste sous tutelle ou si « ses » choix et décisions sont le fait des autres, des étrangers. Mais la réalité de l’Afrique n’est pas celle-là. Et Obama le sait certainement. D’ailleurs, il a lui-même reconnu qu’il s’agit là d’un « principe », c’est-à-dire d’une théorie, d’un axiome. Cette règle est fausse - en tout cas pour le moment - et n’est donc pas valable pour l’Afrique et toute démonstration qui se fait à partir d’elle passe nécessairement à côté des réalités concrètes. Car, depuis les sanglantes invasions islamiques du VIIè siècle en passant par les assauts meurtriers européens à partir du XVè siècle suivis de la colonisation et de la décolonisation, le peuple noir n’a jamais eu la possibilité de décider des orientations politiques, économiques, religieuses et sociales qui lui conviennent. Cela fait au minimum 14 siècles que l’Afrique n’a jamais été le fait des Africains.
 
En partant de ce principe erroné, c’est donc en toute logique que le président étatsunien imputera la responsabilité de la stagnation africaine aux forces endogènes. Obama, même s’il se dit conscient du passé tragique de l’Afrique ne semble pas prendre la mesure des blessures assumées du bout des lèvres voire pas du tout assumées et jamais soignées de l’Afrique. Plus grave, Obama parle au passé comme si de nos jours toutes les agressions, les pillages et les spoliations avaient cessé sur le sol africain. Il affirmera même que l’Occident à la recherche de matières premières aborde l’Afrique avec « condescendance ». Cette affirmation est tout au moins faible si elle n’est tout simplement fausse. Ce n’est pas de la condescendance qui constitue le problème même si celle-ci fait partie des traitements infligés au peuple noir. Le véritable outil utilisé pour arracher les biens du sol africain c’est le crime accompagné de violences, du viol et du mépris. Comme quoi, il n’y a pas que la gouvernance qui ruine l’Afrique. Le fond de l’affaire est que les dirigeants légitimes et en adéquation avec leur peuple sont rares. La quasi-totalité de ceux qui régentent actuellement l’Afrique sont des agents de l’étranger s’opposant de facto au peuple qu’ils répriment avec les soins des forces militaires stationnées sur le continent.
 
Les Etats-Unis eux-mêmes restent un acteur important de la démolition de l’Afrique. Obama semble ignorer ce truisme. Il semble même effacer tous les crimes commis par les USA qui ont piloté des coalitions du crime via la CIA pour exécuter tous les dignes fils africains qui avaient voulu émanciper leur continent. Personnellement Obama n’est responsable en rien mais le principe de la continuité de l’Etat en démocratie – et les USA sont considérés comme une démocratie - impose que les actions des prédécesseurs soient assumées par les dirigeants successeurs. C’est au demeurant au nom de ce principe que des pays Occidentaux se font le devoir d’assumer certains crimes commis par leurs ancêtres à l’égard de certains peuples. Apparemment, cela ne compte pas pour le peuple noir à qui on peut pourtant au nom de ce même principe refiler en douce les dettes odieuses contractées par les administrations coloniales et les tyrans imposés. Les assassinats des patriotes africains dont les plus emblématiques Lumumba, Olympio, Um Nyobè, Moumié, Sankara, Biko et de bien d’autres encore, les renversements de régimes et l’érection d’autres, l’appui apporté au gouvernement raciste sud-africain dans sa tentative d’éradiquer les autochtones, le soutien apporté à Eyadema Gnassingbe, Mobutu, Bongo, Deby, Sassou, les généraux au Nigeria, Amin Dada, Bokassa, Biya…..par le biais de la DGSE française et de l’Intelligence Service britannique sous la houlette de la CIA, hier sous le fallacieux prétexte de « la guerre froide » et aujourd’hui sous le concept brumeux et cynique de la « défense de nos intérêts » ne seront pas assumés. Le peuple noir doit juste se contenter de la parole d’honneur selon laquelle les Etats Unis soutiendront désormais les gouvernements démocratiques et ensuite circuler puisqu’il n’y a rien à voir.
 
Compte tenu de tout ceci, le principe selon lequel les Africains qui décident de l’avenir de l’Afrique est actuellement un leurre. C’est virtuel. C’est un mensonge d’Etat. A la limite, Obama pouvait, à la suite d’un diagnostic qui pointe à la fois les responsabilités étrangères et les complicités locales, dire qu’à partir de maintenant, l’Occident doit laisser les Africains décider de l’avenir de leur continent. Comme il n’a pas du mal à faire l’économie de cette démarche de vérité, il faut le dire à sa place. 
 
L’économie zimbabwéenne plombée par le seul fait des Zimbabwéens voire de Mugabe.
 
Clamer avec une telle tranquillité que« l’Occident n’est pas responsable de la destruction de l’économie Zimbabwéenne au cours des dix dernières années », c’est faire preuve de simplisme ou de mauvaise foi. Même si la responsabilité de Mugabe et de son gouvernement est établie, il faut néanmoins réintroduire une notion de complexité dans la situation récente du Zimbabwe. L’économie zimbabwéenne a commencé par dégringoler à partir de la réforme agraire unilatérale entreprise par Mugabe suite au non respect des accords de Lancaster House. Sinon avant cet acte « abominable » Mugabe était un ami et un démocrate. Les violations des droits de l’homme au Zimbabwe étaient tues et l’opposition ne bénéficiait pas du tintamarre médiatique international. C’est une constance dans les relations internationales qu’on ne s’en prend pas aux pays amis fussent-ils dirigés par des tyrans. Ce qui est important, c’est que ceux-ci garantissent les intérêts de ses soutiens. Les tyrans dociles sont donc protégés contre leur peuple. C’est ainsi que d’autres pions africains coulant en toute quiétude l’économie de leur pays ne seront jamais matraqués ni médiatiquement ni politiquement par les puissances néo-impérialistes dont les Etats-Unis. Au mieux, ils seront soutenus sur tous les plans, au pire ils bénéficieront d’un silence complice.
 
La Corée du Sud avance, l’Afrique décline.
 
L’Afrique est riche en matières premières. Ce « malheur » conduit des pays occidentaux à se faire des guerres pour avoir la possession exclusive de ses terres. Cette concurrence s’est accrue avec l’entrée en scène des pays émergents notamment la Chine et l’Inde. La Corée du sud, elle n’a pas la chance d’avoir « le malheur africain ». Ce qui lui a relativement épargné des ennuis.
 
En réalité, la Corée a réalisé son succès économique en bénéficiant des dons d’une valeur de 3,1 milliards de dollars des USA pour lesquels ce pays est militairement stratégique face au bloc communiste. Pendant plus d’une quinzaine d’années, la Corée du Sud a échappé au traquenard de l’endettement sur la période de 1945-1961. De plus, lorsqu’à partir des années 70 la Corée a commencé par admettre des investissements directs étrangers, elle l’a fait avec précaution et restrictions énormes. Ce pays n’a pas collaboré avec le secteur privé étranger à n’importe quel prix. Il a conditionné fortement les investissements au transfert de technologie tout en passant au crible le matériel transféré pour vérifier s’il n’était pas obsolète ou si les redevances facturées n’étaient pas excessives. La Corée n’a pas sabordé les bases de son développent en laissant sous l’étouffoir des entreprises étrangères son industrie locale. Elle n’a donc pas agi sous la contrainte des institutions de Bretton Woods qui ont systématiquement imposé, en revanche, l’ouverture complète des marchés africains sous la supervision des pays du G8 chapeauté par les USA. Aucun Etat n’a pu se développer en démantelant ses propres bases. Or c’est ce que les « bailleurs de fonds » imposent à l’Afrique. Les USA, les Etats européens et les dragons asiatiques ont tout réglementé, contrôlé, protégé durant toute la phase préliminaire de leur développement, et continuent de recourir aux mêmes pratiques autant que nécessaire. Or, c’est ce que les « bailleurs de fonds » imposent à l’Afrique. La réponse africaine à ces injonctions aurait été un refus clair et net. Mais qui pour le faire ? Les valets et autres pions ? Peine perdue : cela ne fait pas partie de leur ordre de mission. En forçant l’Afrique à agir à contre-courant, le FMI, l’OMC et la Banque Mondiale ainsi que leurs marionnettistes, l’inscrivent dans une logique de tutelle permanente et donc la condamne à une régression économique sans bornes que seul le peuple noir doit arrêter.
 
Bonne gouvernance comme conditionnalité de l’aide.
 
Le discours de Barack Obama postule aussi pour la conditionnalité de l’aide. Pour lui, celle-ci doit est subordonnée à la bonne gouvernance : une sorte de répétition du discours de la Baule. Certes Obama n’est pas Mitterrand et on peut, peut-être, attendre encore un peu pour juger de la crédibilité de cette « promesse ». Rappelons utilement que l’aide dans sa forme actuelle est une mascarade et une stratégie pour mieux appauvrir l’Afrique pour ainsi asservir davantage ses populations. Cette aide dont une bonne partie finance le salaire des coopérants, des humanitaires et autres assistants locaux, cette aide qui sert à l’achat d’armes pour tuer les Africains, cette aide détournée vers des comptes secrets dans les paradis fiscaux par les préfets locaux qui saupoudrent au passage les innombrables intermédiaires ou négociants, cette aide liée, cette aide qui se transforme en dette perpétuelle remboursable par les populations n’est pas une aide. Cette aide là, le peuple noir n’en veut pas et n’en veut plus. Surtout pas sous la régence des tyrans pions. Quant à la bonne gouvernance, cette notion n’a plus de sens. Elle a été dévoyée par les institutions internationales notamment le FMI, la banque mondiale et l’OMC pour qui la bonne gouvernance c’est multiplier les coups de ciseaux sur les dépenses sociales pour rembourser les services de la dette, ouvrir les marchés, se lancer dans la compétition d’une fiscalité nulle voire négative et garantir un environnement socio-juridique sans entraves à la réalisation maximale du profit par l’investissement étranger. A moins qu’Obama réinvente la bonne gouvernance et l’impose aux mercenaires des institutions en question.
 
Aucune entreprise ne veut investir dans un pays ou le gouvernement et les autorités sont corrompus.
 
En affirmant péremptoirement qu’aucune entreprise ne veut investir dans un pays où le gouvernement se taille au départ une part de 20 %, ou dans lequel le chef de l’autorité portuaire est corrompu, Obama semble ignorer le fonctionnement de l’économie néolibérale dans laquelle les pays africains sont plongés. En effet, depuis les années 80, c’est le libéralisme sans foi ni loi ne prospérant que dans des cadres anomiques qui guide les économies africaines. Et pour capter les Investissements directs étrangers (IDE), l’Etat ne doit exister que pour établir des lois éliminant les impôts, pour manœuvrer l’appareil répressif en direction des syndicats et les gouvernants quant eux, ils doivent être des coursiers des investisseurs répondant avec célérité voire zèle à toutes leurs injonctions au risque de voir les capitaux vider les lieux. Barack Obama se trompe peut-être de système à Accra. Oublie-t-il aussi que ce système avec ses pratiques entre autres opaques et de corruption a conduit le monde entier dans une crise aux conséquences dramatiques ? Contrairement à ce qu’il énonce, les entreprises investisseurs aiment bel et bien les gouvernements corrompus et facilement corruptibles qui peuvent livrer des marchés sans passer par des voies légales d’appels d’offres et de contrôle parlementaire. Ce n’est pour rein d’ailleurs que les investissements qui rapportent le plus aux économies occidentales soient ceux qui opèrent le plus à l’étranger. Que dire des bénéfices des compagnies pétrolières, minières et de l’industrie d’armements dont les pratiques puant la corruption facilitent les transactions par le truchement des commissions, des retro-commissions occultes et de « graissage du moteur » ? Les entreprises dont parle Obama en l’occurrence les transnationales, outres ces pratiques financières, œuvrent inlassablement pour que les gouvernants soient des carriéristes capables de négocier directement avec elles et contourner ainsi toutes les législations sociales, environnementales et fiscales. Dans le cas contraire, ces entreprises n’investissent pas.
 
Prenant justement le cas du chef de l’autorité portuaire cité par Obama, que dire par exemple des pratiques mafieuses de Bolloré en complicité avec les autorités portuaires et les pouvoirs publics au Togo, au Cameroun et ailleurs en Afrique ?
 
Il est question du viol permanent de l’Afrique.
 
Le discours d’Accra est certes salutaire sur beaucoup de points. Mais, il passe la brosse sur d’autres problèmes qui sont directement liés aux relations que l’Occident d’une façon générale, entretient avec l’Afrique. Et ces relations ne se conjuguent pas au passé comme tente à le faire admettre Barack Obama. Il n’est pas seulement question de « la carte coloniale …qui a …contribué à susciter des conflits  », même pas « du passé tragique qui hante parfois cette partie du monde  » ou encore moins de « condescendance de l’Occident en quête de ressources ». Il s’agit de crimes sans auteurs et qui de ce fait, continuent, de viol quotidien du peuple noir, des actes de pillage, d’écrasement total des cultures africaines. Il est aussi question d’une économie extravertie condamnée à fournir aux autres des matières premières et de l’énergie comme aux temps des déportations esclavagistes. Il s’agit de la dette odieuse que le peuple noir est condamné à payer. Il s’agit du maintien contre la volonté du peuple noir des pions et des vassaux abusivement appelés gouvernants qui agissent en réalité pour la perpétuation de l’entreprise coloniale.
 
Que les cultures africaines, comme d’autres d’ailleurs, comportent des zones d’ombres, c’est une vérité. Et merci à tous ceux qui peuvent nous les rappeler car par les temps qui courent, des rappels amicaux ne sont pas inutiles. Mais, les « amis » doivent assumer eux-aussi leur part de responsabilité. Et comme le peuple noir ne peut attendre ces reconnaissances avant de résoudre ses problèmes, il ne lui reste qu’à continuer le combat qu’il mène depuis la nuit des temps pour l’édification des Etats réels, viables, soustraits des griffes du franc CFA, de la dette odieuse et de l’aide et capables de répondre à ses besoins tout en le protégeant durablement.
 
Peut-être faut-il faut revenir aux propos de Barack Obama pour conclure ce texte : « Mais ces choses ne pourront se faire que si vous saisissez la responsabilité de votre avenir. Ce ne sera pas facile. Cela exigera du temps et des efforts. Il y aura des souffrances et des revers…. Cependant, le progrès ne viendra de nulle part ailleurs, il doit découler des décisions que vous prendrez, des actions que vous engagerez et de l’espoir que vous porterez dans votre cœur. »
 
19 juillet 2009
Rodriguez
 
 

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Le discours de Barack Obama à Accra face aux réalités

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40 réactions à cet article    


  • fonzibrain fonzibrain 20 juillet 2009 11:15

    LE DISCOURS D’OBAMA A ÉTÉ UNE HONTE


    c’est vraimet incroyable d(’oser dire à quelqu’un à qui on met des battons dans les roues« he bey releve toi tout seul,c’est ta faute »
    c’est profondement honteux et grave,parceque les gens vont continuer à croire que c’est la faute aux africains

    le combat de sankara et sa mort démontre très clairement les interet occidentaux et la volonté que l’afrique ne se développe pas

    obama n’est rien,juste une marionette,

    • Bois-Guisbert 20 juillet 2009 11:30

      le combat de sankara et sa mort démontre très clairement les interet occidentaux...

      En tout cas, elle lui a permis de ne pas finir fou comme Sékou Touré, gâteux comme Robert Mugabe et failli comme tous les deux ! Pareil pour Lumumba le Moscoutaire.


    • Bois-Guisbert 20 juillet 2009 11:33

      Un messie qui d’un coup de baguette magique transforme la terre en Paradis ?

      Il a surtout essayé de faire en sorte que personne ne lui demande de très substantiels dédommagements, fut-ce sous forme de Hummers personnalisés et de jets privés...


    • Bois-Guisbert 20 juillet 2009 11:20

      « …depuis les sanglantes invasions islamiques du VIIè siècle en passant par les assauts meurtriers européens à partir du XVè siècle suivis de la colonisation et de la décolonisation, le peuple noir n’a jamais eu la possibilité de décider des orientations politiques, économiques, religieuses et sociales qui lui conviennent. Cela fait au minimum 14 siècles que l’Afrique n’a jamais été le fait des Africains. »

      On peut voir ça comme ça, mais l’Europe aussi a subi de sanglants assauts, au long des siècles. De la part des Perses, des Carthaginois, des Arabes, des Huns, des Mongols, des Turcs, et j’en passe…

      Elle a même, du fait de la peste noire, perdu la moitié de sa population entre 1347 et 1351, ce qui réduit les prélèvements des esclavagistes à une saignée imperceptible. Dans la foulée de quoi, loin de geindre et de se désespérer, l’Europe a enfanté de la Renaissance.

      Alors, si on veut voir les réalités en face, et pas à la façon de Barack Oblabla, il faut affirmer sans ambages que l’Afrique résiste au progrès depuis deux mille ans, pour ne pas remonter au déluge, et qu’elle tient « victorieusement » tête au développement depuis un demi-siècle.

      Il resterait à se demander pourquoi… Mais il est possible que certains hésitent à soulever la question par crainte des réponses qu’ils pourraient être amenés à formuler.


      • fonzibrain fonzibrain 20 juillet 2009 13:21

        à bois tout mort


        vous etes abject

        • Rodriguez 20 juillet 2009 13:44

          fonzibrain


          Perdez pas votre énergie avec Bois-Guisbert. 

        • Bois-Guisbert 20 juillet 2009 16:24

          vous etes abject

          Ce qui est susceptible, à la rigueur et le cas échéant, de me mettre en difficulté, ce sont les réfutations argumentées. Les insultes me conforteraient plutôt dans mon impression d’avoir vu juste.


        • abdelkader17 20 juillet 2009 13:31

          @Bois Guibert
          "il faut affirmer sans ambages que l’Afrique résiste au progrès depuis deux mille ans, pour ne pas remonter au déluge, et qu’elle tient « victorieusement » tête au développement depuis un demi-siècle."

          Quand on soutien des dictateurs africains qui plongent leur peuple dans l’analphabétisme et l’ illettrisme, qu’on pille l’Afrique par l’intermédiaire des multinationales, qu’on provoque sans cesse des guerres là ou les ressources sont en quantité en instrumentalisant des milices ça ne peut être en aucun cas source de progrès et de développement, mais de misère et de chaos.
          La France se souviendra longtemps de ce bon vieux Omar Bongo et tant d’autres, elle pourra lui ériger un monument pour service rendu à la nation.
          Il faut être cohérent, on ne peut constamment accuser les autres de retard en développement et dans le même temps tout faire pour que cette situation perdure.
          N’exonérons pas les mouvements révolutionnaires issus de la lutte contre le colonialisme de leur faillite politique et morale , ces derniers partagent en grande partie la responsabilité du désastre actuel avec leurs complices occidentaux de toujours.
          Résister au progrès, on n’est plus à une bêtise prêt qui ne voudrait pas de l’amélioration de sa condition sociale et matérielle, à part les fous.


          • Bois-Guisbert 20 juillet 2009 16:21

            Quand on soutien des dictateurs africains qui plongent leur peuple dans l’analphabétisme et l’ illettrisme, qu’on pille l’Afrique par l’intermédiaire des multinationales, qu’on provoque sans cesse des guerres là ou les ressources sont en quantité en instrumentalisant des milices ça ne peut être en aucun cas source de progrès et de développement, mais de misère et de chaos.

            Il est très facile de citer un certain nombre de chefs d’Etat et de « chefs d’Etat » ne correspondant en rien à ce profil, et dont les échecs ont été tout aussi retentissants que ceux des autres.

            Il y a, entre autres, Sékou Touré et Mugabe, déjà nommés, mais aussi Mengistu en Ethiopie, Samora Machel au Mozambique, Ratsiraka à Madagascar, N’Krumah, idole de Rodriguez....

            En outre, je vous rappelle que je parle de résistance au progrès « depuis deux mille ans, pour ne pas remonter jusqu’au déluge » et que c’est une réalité indiscutable à l’origine de laquelle les commodes Européens ne sont pas.


          • stephanemot stephanemot 20 juillet 2009 13:52

            Obama a clairement fait avancer le schmilblick

            Bien plus que Sarko... a moins d’etre vraiment de mauvaise foi.

            Ce qui change aussi, c’est la valeur de l’exemple. Bien au dela de l’exemple Obama, celui du Ghana, celui de l’Afrique modele. Pas l’Afrique suiveuse, mais l’Afrique qui sera suivie a l’avenir. Et bien au-dela du continent.


            • Rodriguez 20 juillet 2009 14:39

              Cher DOM,


              Voici ce que j’ai écrit « Le choix du Ghana par Barack Obama pour s’adresser à l’Afrique noire est significatif et encourageant pour toutes les forces qui œuvrent afin que les peuples aient le droit de se doter des dirigeants à leur convenance. »

              Couper une partie de la phrase et écrire un commentaire ne semble pas honnête. Si cela ne vous dérange pas, veuillez lire posément un texte avant de le commenter.


              • Makan 20 juillet 2009 14:54

                @L’auteur

                Bon article.

                Mais je pense que ce qu’Obama a voulu dire aussi, c’est que tout ce dont vous parlez, c’est le combat des Africains et des seuls Africains. Personne ne viendra relever ce défi à leur place. Personne ne viendra lultter contre les dictateurs corrompus à la solde des multinationales, personne ne fera la démocratie à leur place, personne ne chassera de la terre d’Afrique les militaires étrangers qui y sont installés, bref, c’est aux Africains de mener ces combats.

                Au lieu d’aller mourrir sur des frêles embarcations en mer pour rejoindre l’Europe, les jeunes Africains feraient mieux de mourrir dignement en combattant les dictateurs et leurs soutiens étrangers.


                • Bois-Guisbert 20 juillet 2009 16:27

                  Au lieu d’aller mourrir sur des frêles embarcations en mer pour rejoindre l’Europe, les jeunes Africains feraient mieux de mourrir en combattant...

                  Même pas forcément, puisqu’on sait qu’il existe des grigris qui tranforment les balles en eau avant qu’elles n’atteignent leur cible...


                • Makan 20 juillet 2009 16:43

                  @Bois-Guisbert


                  « Même pas forcément, puisqu’on sait qu’il existe des grigris qui tranforment les balles en eau avant qu’elles n’atteignent leur cible... »

                  Et votre cerveau aussi par la même occasion. smiley

                  C’est marrant, je lis les fils sur la France, je ne vous trouve pas aussi perspicace dans vos analyses sur la situation de votre pays. Vous faites une fixette sur l’Afrique et les Noirs, c’est ça ?


                • Bois-Guisbert 20 juillet 2009 18:53

                  Et votre cerveau aussi par la même occasion.

                  Il semble que vous ayez sur ces fameux grigris des précisions dont je ne dispose pas... Amadou Kourouma n’en parle pas dans « Allah n’est pas obligé » (Seuil), prix Renaudot 2002.

                  C’est marrant, je lis les fils sur la France, je ne vous trouve pas aussi perspicace dans vos analyses sur la situation de votre pays. Vous faites une fixette sur l’Afrique et les Noirs, c’est ça ?

                  Il n’y a pas de situation qui tienne. Avec Sarkozy-Royal et l’UMPS, c’est l’anti-France qui est au pouvoir. Je ne vais pas perdre mon temps à l’attaquer sur ou tel ou tel point en particulier.

                  Et je ne fais pas de fixette sur l’Afrique et les Africains, je ne suis complaisant à l’égard d’aucun pays atteint de mal-développement ou de sous-développement. Je pars de cet antique principe selon lequel les peuples - veaux hexagonaux compris, je m’empresse de le préciser - ont les gouvernants qu’ils méritent.


                • Makan 20 juillet 2009 19:57

                  @Bois-Guisbert

                  « Il semble que vous ayez sur ces fameux grigris des précisions dont je ne dispose pas... Amadou Kourouma n’en parle pas dans « Allah n’est pas obligé » (Seuil), prix Renaudot 2002. »

                  C’est donc le seul bouquin que vous ayez lu de lui ? Je l’ai lu aussi et, franchement, je ne l’ai pas trouvé terrible. Son autre livre « En attendant le vote des bêtes sauvages » est beaucoup mieux. Il y parle beaucoup de gris-gris et de fétiches. Je vous le recommande pour en savoir plus sur ces charmants objets.

                  « Il n’y a pas de situation qui tienne. Avec Sarkozy-Royal et l’UMPS, c’est l’anti-France qui est au pouvoir. Je ne vais pas perdre mon temps à l’attaquer sur ou tel ou tel point en particulier. »

                  Vous ne vous reconnaissez pas dans le pouvoir actuel en France comme beaucoup d’Africains ne se reconnaissent pas dans leur dirigeants. Mais on fait avec ce qu’on a.

                  « Je pars de cet antique principe selon lequel les peuples - veaux hexagonaux compris, je m’empresse de le préciser - ont les gouvernants qu’ils méritent. »

                  Oui, tout à fait d’accord avec vous. Aussi pourri que puisse être le gouvernement actuel en France, c’est simplement tout ce que les Français méritent.

                  En fait, Barack Obama ne dit pas autre chose aux Africains. Vous vous plaignez d’avoir des dictateurs pourris, des armées étrangères, des maladies, une dette colossale ? C’est à vous de changer les choses et si vous ne le faites pas, c’est donc tout ce que vous méritez.

                  Contrairement à vous, moi, je ne pense pas que la situation soit irrversible. Nous avons déjà mené et gagné d’autres luttes, nous gagnerons aussi celles à venir. Peu importe la mythologie des hommes blancs au sujet de notre capacité ou plutôt de notre incapacité génétique.

                  Tous les peuples ont des mythologies pour se sentir supérieurs aux autres. Chez le Blanc, c’est mythologie de l’intelligence innée, de la supériorité génétique.

                  Moi, je suis né dans une culture où on m’a enseigné, tout petit, que le Blanc est maudit, qu’il a vendu son âme au diable pour avoir le confort ici-bas et brûler éternellement en enfer. Il m’est arrivé de regarder l’homme blanc avec beaucoup de commisération malgré ses richesses évidentes. Bien sûr, en grandissant, j’ai appris à faire la part de choses et à lui reconnaître des mérites.
                   
                  Apparemment, votre esprit a du mal à se libérer de votre mythologie pour regarder les autres différemment.


                • Bois-Guisbert 20 juillet 2009 20:36

                   votre esprit a du mal à se libérer de votre mythologie pour regarder les autres différemment.

                  Le problème de ma mythologie, c’est qu’elle repose très largement de l’image que les autres donnent d’eux-mêmes.

                  Peu importe la mythologie des hommes blancs au sujet de notre capacité ou plutôt de notre incapacité génétique.

                  Je ne crois pas au tout génétique, moi, je pencherais plutôt pour des différences de structures mentales, comme par exemple, une perception de l’avenir qui n’incite pas à la prévoyance.


                • Bois-Guisbert 20 juillet 2009 20:39

                  c’est qu’elle repose très largement de l’image

                  AU CHOIX :

                  c’est qu’elle repose très largement SUR l’image

                  ou

                  c’est qu’elle DECOULE très largement de l’image


                • Makan 20 juillet 2009 20:57

                  @Bois-Guisbert

                  Une image peut être vue à travers un filtre déformant. Ou des oeillères.


                • Bois-Guisbert 21 juillet 2009 00:19

                  « Une image peut être vue à travers un filtre déformant. Ou des œillères. »

                  Ou à travers des lunettes roses… Ou encore du point de vue de Sirius…

                  Mais quel de soit l’angle et la manière de regarder, il n’y a aucun pays sous-développé ou mal-développé qui, en une seule circonstance, m’ait surpris agréablement au cours des trente dernières années. Les pays stagnants des cinq continents stagnent. Avec des différences de niveau de stagnation, mais ils stagnent.

                  Et je ne les vois pas décoller dans un avenir prévisible. Pour ne citer qu’un seul exemple très actuel, les expériences de Chavez et de Morales me paraissent irrémédiablement vouées à l’échec, du fait même de la médiocrité de leurs ressources humaines.

                  C’est le talon d’Achille de tous ces pays-là et il ne suffit pas d’alphabétiser les populations pour en venir à bout. Une élite apte à projeter, à concevoir et à diriger – je ne dis même pas dans l’« intérêt général », tant ce concept paraît hors de propos, en l’occurrence - ne s’improvise pas plus qu’un peuple apte à exécuter comme les règles de l’art commandent d’exécuter.


                • Makan 21 juillet 2009 10:51

                  @Bois-Guisbert

                  Toujours cette absence de mise en perpective chez vous. La durée de votre vie n’est rien dans la marche des peuple et vous vous attendez à être agréablement surpris en 30 ans ! (quelle longue période !!!).

                  La qualité des ressources humaines est selon vous génétique, puisque pour vous la formation n’y fera rien. 

                  Vous vous basez sur les 3 siècles de pospérité de l’Occident pour en déduire que le reste de l’Humanité ne vaut rien.

                  Vous ne vous êtes pas déjà pris une branlée, il y a 60 ans, pour ce genre de conneries ? Apparemment, vous n’avez pas appris la leçon. Continuez et la prochaine grosse branlée vous guette. Cette fois-ci, les peuples inférieurs iront en finir définitivement avec vous.

                  En fait je crois que tenter d’apporter un peu de lumière dans les ténèbres qui vous servent d’esprit est une oeuvre humanitaire.


                • Bois-Guisbert 21 juillet 2009 12:42

                   


                  Tout ce que vous dites est approximatif, tiré par les cheveux et frise souvent le procès d’intention. Vous atteignez le sommet du ridicule en même temps que le point Godwin.

                  « La durée de votre vie n’est rien dans la marche des peuple et vous vous attendez à être agréablement surpris en 30 ans ! (quelle longue période !!!).  »

                  Je n’en ai rien à faire de la marche des peuples. Rien n’est moins prévisible, à la différence de l’état dans lequel nous laisserons l’Europe aux générations qui nous suivront immédiatement. C’est le maximum qui soit concevable, et raisonnablement concevable. Et encore avec toutes les incertitudes que recèle l’avenir.

                  « La qualité des ressources humaines est selon vous génétique, puisque pour vous la formation n’y fera rien. »

                  Non, j’ai déjà dit que je ne crois pas au tout génétique. Il y a des facteurs culturels, mentaux, héréditaires, qui conditionnent les comportements et les aptitudes des peuples. Et un pays stagnant dont le taux d’alphabétisation est très élevés, pour les filles comme pour les garçons, restent un pays stagnant.

                  Quant à dire que la formation n’y fera rien, c’est encore une fois ridicule… Elle permet déjà à un petit nombre d’individus d’émerger et de sortir du lot, mais malheureusement, ils préfèrent, bien trop souvent, le bien-être d’ici à la satisfaction des besoins élémentaires des leurs…

                  « Vous vous basez sur les 3 siècles de pospérité de l’Occident pour en déduire que le reste de l’Humanité ne vaut rien. »

                  Non, je me base sur trois mille ans d’histoire de l’Occident, et je ne déduis rien du tout pour le reste de l’humanité, puisque le reste de l’humanité n’existe pas. Moi, je ne connais que des peuples entre lesquels existent des différences abyssales, telles qu’on doute parfois de leur appartenance à une seule et même espèce.

                  Dans le même ordre d’idées, je parle de « résistance de l’Afrique au progrès depuis deux mille ans, pour ne pas remonter jusqu’au déluge ». C’est un constat qu’un gosse de dix ans peut faire et que les gens que je lis faisaient il y a soixante ans en assimilant les conséquences économiques et humaines de la décolonisation à un cataclysme. Ils n’avaient pas vu, en revanche, que cela équivaudrait aussi à libérer les finances publiques d’un boulet effroyablement coûteux.

                  « Cette fois-ci, les peuples inférieurs iront en finir définitivement avec vous. »

                  Inférieur, supérieur sont des termes que je n’utilise pas. La supériorité comme l’infériorité ne sont pas quantifiables et n’ont aucun sens dans l’absolu. Vous le démontrez vous-même.

                  En l’emportant définitivement sur nous, les peuples que vous qualifiez d’inférieurs démontreraient une incontestable supériorité, ce qui fait que les qualifier d’inférieurs et, dans la même phrase, leur accorder une supériorité décisive est totalement contradictoire..

                   « je crois que tenter d’apporter un peu de lumière dans les ténèbres qui vous servent d’esprit est une oeuvre humanitaire. »

                  Alors je vous invite vivement à continuer. Surtout si vous êtes scout et astreint à une b.a. quotidienne. Post tenebras lux ! *mdr*


                • Makan 21 juillet 2009 13:12

                  @Bois-Guisbert,

                  « Tout ce que vous dites est approximatif, tiré par les cheveux et frise souvent le procès d’intention. Vous atteignez le sommet du ridicule en même temps que le point Godwin. »

                  Faut pas vous énerver comme ça. Nous ne faisons que discuter et vous risquez de nuire à votre rang d’homme supérieur.

                  « Et un pays stagnant dont le taux d’alphabétisation est très élevés, pour les filles comme pour les garçons, restent un pays stagnant. »

                  Et pourquoi le resterait-il donc ?

                  « Non, je me base sur trois mille ans d’histoire de l’Occident, »

                  Non, il ya trois mille an, il n’y avait rien en Occident. Même, il y a 500 ans, vous trembliez encore devant les Arabes qui vous emmenaient en esclavage. Ne dites pas n’importe quoi.

                  « Dans le même ordre d’idées, je parle de « résistance de l’Afrique au progrès depuis deux mille ans, pour ne pas remonter jusqu’au déluge ». C’est un constat qu’un gosse de dix ans peut faire et que les gens que je lis faisaient il y a soixante ans en assimilant les conséquences économiques et humaines de la décolonisation à un cataclysme. Ils n’avaient pas vu, en revanche, que cela équivaudrait aussi à libérer les finances publiques d’un boulet effroyablement coûteux. »

                  Vous même, à votre grand âge, vous avez une si grande ignorance de l’Histoire de l’Afrique. Comment un enfant de dix pourrait-il savoir ? Vous n’aviez rien prévu de ce qui se passe aujourd’hui. C’est facile de « prévoir » après...

                  Et de toute façon, ce qui se passe en Afrique ne regarde que les Africains. Vous avez été foutus dehors de partout en Afrique et personne ne vous regrette.

                  « En l’emportant définitivement sur nous, les peuples que vous qualifiez d’inférieurs démontreraient une incontestable supériorité, ce qui fait que les qualifier d’inférieurs et, dans la même phrase, leur accorder une supériorité décisive est totalement contradictoire.. »

                  J’ai utilisé le terme « peuples inférieurs » par ironie. Vous êtes aussi imperméable au second dégré ?

                  « Post tenebras lux ! »

                  Des fois, malheureusement, non, hélas !


                • Georges Yang 20 juillet 2009 16:52

                  L’Occident a certes une part de responsabilité (passé et présente) dans la déconfiture de l’Afrique, mais les Africains et leurs dirigeants ont aussi leur part. L’exemple de la Corée du Sud (citée dans l’article) est intéressant car il a été repris il y a plus de dix ans par le président de l’Ouganda, Yoweri Museweni. Lors d’un discours à Union Africaine il a textuellement déclaré :

                  Regardez la Corée de 1962 (date de l’indépendance de l’Ouganda) et comparez là avec l’Ouganda après 30 ans ! Ce que les coréens ont été capables de faire, les Ougandais n’y sont pas parvenus et ce n’est pas entièrement la faute des occidentaux, mais la carence des dirigeants du pays…

                  Dit par un président africain, cela a plus de portée que venant d’Américain fut-il métis.

                  D’ailleurs, Museweni, sans être sans défaut, est probablement un des meilleurs dirigeants africains actuel, qui a toujours voulu responsabiliser son peuple sans tomber dans la victimisation de l’esclavagisme (arabisé en Ouganda) ou du colonialisme (l’Ouganda étant un protectorat et non une colonie)

                  Museweni a aussi déclaré qu’il préférait des investisseurs étrangers payant des impôts comme BAT à Gulu que des Ougandais farfelus qui demandait que le pays emprunte au FMI ou à la Banque Mondiale. Il a d’ailleurs fait revenir les Indiens chassés par Amin à condition qu’ils investissent.

                   

                   


                  • fonzibrain fonzibrain 20 juillet 2009 18:34

                    george


                    la corée du sud n’a pas subi ce que l’afrique subi

                    la france afrique de foquart a TOTALEMENT EMPÉCHÉ CES PAYS DE SE DÉVELLOPER,LA MORT DE SAKARA ET LE SOUTIENS FRANçAIS À TOUT CES DICTATEURS LES A EMPÉCHÉ D’ÉVOLUER

                    C’EST NIER L’HISTOIRE QUE DE DIRE CELA

                    VOUS ETES AUSSI ABJECT QUE BOIS MORT


                    pour en revenir à la coré,il faut situer ce pays dans l’space et le temps,ON A VOULU QUE LA CORÉE DU SUD SE DÉVELLOPE À CE POINT POUR FAIRE FACE AU COMMUNISTES



                    UNE FOIS DE PLUS,COMMENT HUMAINEMENT PEUT ON DIRE CELA ET SOUTENIR CETTE THÈSE RÉVISIONISTE COMME QUOI C’EST LA FAUTE À L’AFRIQUE

                    ENSUITE YA PAS EU LE SIDA COMME EN AFRIQUE

                    et puis on ne jette pas nos déchets nucléaire chimique et compagnie en corée,on le fait en afrique,lybie,somalie,ghana,cote d’ivoire,etc.....


                    cesser de faire les nazis avec vos théories fumeuses

                    c’est honteux

                    • Bois-Guisbert 20 juillet 2009 20:11
                      la corée du sud n’a pas subi ce que l’afrique subi

                      La Corée du Sud a été rasée au sol par deux offensives sino-nord-coréennes et par deux contre-offensives « onusiennes ». En 1953, il n’y restait pas une pierre sur une pierre. Vingt-cinq ans plus tard - bien avant le sida et le transfert de déchets nucléaires, ces pitoyables « excuses » rétroactives -, c’était un pays industrialisé.

                      A la décolonisation, il y avait en Afrique et en état de fonctionnement, des ports, des gares, des lignes de chemin de fer, des routes, des écoles, des hôpitaux, des équipements téléphoniques et radiophoniques, des services postaux, des administrations constituées..

                      C’est donc bien l’Afrique qui n’a pas subi ce que la Corée du Sud a subi, puisqu’aux destructions s’ajoutaient cinq cent mille morts et autant de blessés. Il faut toute l’ignorance d’un Fonzibrain pour oser certaines assertions.

                      Tout à son culte d’un Sankara chimérique, il en oublie de parler des dictateurs d’inspiration marxiste dont les expériences ont foiré encore plus lamentablement que celles des Amin Dada, Bokassa 1er et autres Mobutu.

                      Laissons-le donc à ses rêveries et que ceux qui veulent savoir prennent la peine de se documenter pour vérifier qui, de Fonzibrain et moi, a raison...

                    • Georges Yang 20 juillet 2009 19:16

                      La Corée a subi une occupation japonaise particulièrement dure, puis la guerre entre les deux Corée. Pays rural, bien moins développé que le Japon et la Chine de l’époque elle a su émerger et pas uniquement à cause de l’aide américaine.

                      Le meilleur moyen de développer l’Afrique ne consiste pas à les déresponsabiliser. Certains pays avaient avant la crise plus de 6% de croissance, il ne faut pas l’oublier et considérer que tous les pays africains vivent dans la misère.

                      En dehors de l’Ouganda, on peut citer l’Angola, le Botswana, l’Ile Maurice et en partie l’Afrique du Sud dont le principal problème est la criminalité. Le Gabon pourrait être un émirat s’il était bien géré. Il y a des responsabilités partagées, en exonérer les Africains c’est les infantiliser et ils n’en ont ni envie ni besoin.


                      • Nho 20 juillet 2009 19:48

                        @Bois Guibert
                        "Alors, si on veut voir les réalités en face, et pas à la façon de Barack Oblabla, il faut affirmer sans ambages que l’Afrique résiste au progrès depuis deux mille ans, pour ne pas remonter au déluge, et qu’elle tient « victorieusement » tête au développement depuis un demi-siècle.

                        Il resterait à se demander pourquoi… Mais il est possible que certains hésitent à soulever la question par crainte des réponses qu’ils pourraient être amenés à formuler."

                        Vous considérez donc connaître cette réponse. Et en vous lisant je comprend que celle-ci, que vous n’osez que suggérer, est une théorie de hiérarchisation des groupes humains.

                        Vous vous placez probablement au sommet...

                        Si ça vous permet de mieux dormir...


                        • Bois-Guisbert 20 juillet 2009 20:21

                          « Si ça vous permet de mieux dormir... »

                          Je dors admirablement bien, tout en sachant que les Chinois, Japonais et Coréens, par exemple, nous surpassent assez largement, sur le plan du Q.I. moyen...

                          Par ailleurs, je ne parlerais pas de hiérarchisation, mais de différences d’aptitudes au développement technico-industriel.

                          Maintenant, si vous-même avez une explication différente, ne vous gênez pas, elle ouvrirait peut-être des perspectives tout à fait nouvelles en matière de développement...

                          Au point où on en est, aucune piste ne doit être négligée.


                        • Rodriguez 20 juillet 2009 22:49

                          @ Makan, Nho et Cie

                          Ne perdez pas votre temps avec Bois-Guibert. Chercher et relisez tous les textes sur l’Afrique publiés sur ce site. C’est une constance chez ce specimen de Bois.

                          Il a des comptes personnels à régler avec tout ce qui parle de l’Afrique. Mon premier texte sur l’Afrique a été accueilli par ce type avec les mêmes propos, de la même puanteur. J’ai fini par me rendre que le specimen est bien atypique. C’est ainsi que j’ai compris qu’il ne faut pas lui répondre.

                          Bref, laissez-le dans son monde.


                        • Bois-Guisbert 21 juillet 2009 00:29

                          Il a des comptes personnels à régler avec tout ce qui parle de l’Afrique.

                          Et si je n’en avais pas, j’écrirais : l’Afrique et le continent de l’avenir et, dans cinquante ans, ce sont les Européens qui iront y quémander du travail et un quignon de pain ?

                          C’est cela que vous voulez dire ?

                          Avant de répondre, sachez que la famille politique à laquelle j’appartiens ne s’est pas trompée quand, il y a soixante ans, elle a prophétisé que les indépendances se solderaient par un désastre à la fois économique et humanitaire. Et le réchauffement climatique ne va rien arranger !


                          • Makan 21 juillet 2009 11:49

                            « Il a des comptes personnels à régler avec tout ce qui parle de l’Afrique. »

                            Une déception amoureuse ? Un grand black qui lui a pris sa femme ? Ou une belle Sénégalaise qui l’a plaqué ?


                          • Bois-Guisbert 21 juillet 2009 12:40

                            Enfant une remarque intelligente. Ravi que vous puissiez ramener la discussion à un niveau où vous êtes à l’aise.


                          • Makan 21 juillet 2009 12:57

                            @Bois-Guisbert

                            Vous êtes content d’entendre un Noir parler de sexe, hein ? Il est dans son élément, n’est-ce pas ?


                          • Bois-Guisbert 21 juillet 2009 14:51

                            « Vous êtes content d’entendre un Noir parler de sexe, hein ? »

                            Ah parce que vous parliez de sexe ? Moi, j’avais cru comprendre qu’il s’agissait de sentiments...

                            « Il est dans son élément, n’est-ce pas ? »

                            C’est bien possible, à en juger par l’erreur d’interprétation que j’ai commise.


                          • Makan 21 juillet 2009 16:08

                            « Ah parce que vous parliez de sexe ? Moi, j’avais cru comprendre qu’il s’agissait de sentiments... »

                            Sentiments ? C’est quoi, ça ? Je pensais que comme vos ancêtres, il y a 60 ans, vous croyiez que les races inférieures en sont dépourvues. Vos prévisions infaillibles auraient-elles été fausses sur ce point ?

                            « C’est bien possible, à en juger par l’erreur d’interprétation que j’ai commise. »

                            Bah ! Vous n’en êtes plus à une erreur d’interprétation près...


                          • Bois-Guisbert 21 juillet 2009 16:20


                            Au revoir, Makan, au revoir...


                          • Makan 21 juillet 2009 19:40

                            Oui, ce fil est un peu épuisé, cher ami. Ce sera un plaisir de vous revoir sur un autre.


                          • realchange 21 juillet 2009 03:08

                            Cet article est tres pertinent. Je le recommande à la lecture. On peut ne pas être d’accord avec son auteur, comme cela ressort dans certains commentaires, mais le propos mérite attention par sa construction et son argumentation.

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Rodriguez


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