Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > International > Le dur combat des féministes turques

Le dur combat des féministes turques

Dans leur pays, en Allemagne , en France et dans d'autres pays européens, les femmes turques continuent à souffrir, en subissant de plein fouet les effets des règles archaïques de la société turque.

Le combat mené par des féministes turques mérite d'être salué et soutenu

En Turquie comme dans d'autres pays de culture musulmane et de tradition patriarcale, des femmes affirment leur féminisme, leur engagement progressiste ….

Certaines agissent de l'intérieur, d'autres ont émigré et poursuivent leur action dans leur pays d'accueil mais aussi en relation avec des féministes restées au pays.

Des centaines et des centaines de militants et de militantes progressistes, communistes pour beaucoup d'entre eux croupissent dans les prisons pour délit d'opinion.

L'acte d'accusation est maigre, il leur est reproché une parole, une déclaration ou d'avoir participé à des manifestations interdites.

J'ai eu l'occasion et l'honneur de rencontrer quelques réfugiés politiques qui ont purgé leur peine, ils continuent le combat.

Il y a tant à faire ici et là-bas.

Le livre de Seyran Ates publié en français en 2005 est un témoignage très fort sur le combat des femmes contre les pratiques réactionnaires et les violences qu'elles subissent.

« La traversée des flammes Turque, allemande et libre » de Seyran Ates, Editions Calman-Lévy, septembre 2005

Une féministe au front....et quel front !

Toutes les avancées féministes sont le fruit du combat difficile et opiniâtre mené par des dizaines de milliers de militantes, en Europe et dans le monde.

Il y a tant encore à faire, c'est vrai, mais les quelques avancées sont là.

Il existe des combats plus difficiles que d'autres, comme celui de ces femmes qui, comme Seyran Atès ont du s'opposer au patriarcat et à l'obscurantisme politico-religieux..

Je viens de découvrir ce livre auto biographique que cette avocate turque, allemande a écrit en 2003... Dès la première page, j'ai été impressionné par son itinéraire et captivé par l'intérêt et la vivacité de son récit.

Séparée de ses parents partis en Allemagne, elle finit par les rejoindre à l'âge de six ans.

Qu'il est difficile d'être une fille immigrée de culture turco-musulmane dans cette Allemagne de la fin des années 60 ! Il lui faut supporter les sanctions parfois brutales émanant de son père et de ses frères et réussir à s'intégrer dans une école allemande où elle reste l'étrangère.

Avec une énergie peu commune, la petite turque devient une bonne élève et réussit même à devenir déléguée de classe....

L'enfermement communautaire est une prison pour cette petite fille et surtout pour la jeune fille qu'elle devient : il y a partout des yeux pour observer et des bouches pour rapporter à ses parents ses moindres faits et gestes et gare aux fréquentations allemandes surtout masculines !

L'enfermement machiste et sexiste qu'elle subit comme femme ne découle pas mécaniquement d' un précepte religieux proprement dit mais d' une tradition archaïque qui se transmet d' une génération à l'autre.

Sa mère comme des millions de musulmans lit le Coran en arabe mais comme la plupart des ces « lecteurs » elle ne comprend ni cette langue, ni le « texte sacré »....

Tout ce qui est enseigné aux enfants et adultes n'est qu'une interprétation.

« L'islam n'est ni meilleur ni pire que le christianisme ou le judaïsme. Depuis les attentats de New-York, on a fait de cette religion un monstre. Ce n'est pourtant pas la religion qui commet des attentats. Ce sont des êtres humains, des hommes qui ont l'arrogance de mener une guerre au nom d'un dieu, mais aussi d'opprimer et de tuer des femmes. »

L'analyse est lucide et sans appel.

Elle va devoir pour se construire et conquérir son indépendance, affronter l'obscurantisme « culturel » et le racisme présent à Berlin comme partout.

Elle va jusqu'au bout pour affirmer son féminisme et assumer ses libres choix sociaux et même sexuels.

Lorsqu'elle s'engage dans un centre social pour protéger les jeunes femmes d'origine étrangère de leurs maris ou de leurs familles, elle n'ignore pas que beaucoup d'hommes et de femmes de gauche turcs lui reprochent de ne pas respecter les traditions culturelles...

Victime d'un attentat perpétré par l'extrême droite turque, il lui faut soigner sa grave blessure et encaisser certaines remarques comme celle ci :

« Comment pouvions-nous nous étonner de ce qui était arrivé » !

Volontaire et obstinée, elle poursuivra des études de droit.

Quel courage !

Jean-François Chalot


Moyenne des avis sur cet article :  3.57/5   (14 votes)




Réagissez à l'article

15 réactions à cet article    


  • dédé 22 avril 2011 10:39

    bel exemple.
    le féminisme est une idée neuve.
    Les sociétés rétrogrades soumises sous le poids des traditions avec la complicité des religions sont anachroniques.


    • OMAR 22 avril 2011 10:39

      Omar 33

      Chalot :" En Turquie comme dans d’autres pays de culture musulmane....
       
      Et comme toujours : Islam = femmes méprisées violentées, etc...

      Je vous rappelle une réalité :

      La Turquie a accordé le droit de vote aux femmes bien avant la France..

      Et la perception de la femme en Occident est souvent à l’image du comportement et de la valeur que leur accordent des types comme Berlusconi..

      Si toutes les femmes déclaraient les harcelement, humiliations et violences qu’elles subissent dans le monde entier, votre article aurait été autre, dans son contenu.

      En plaçant péjorativement des mots liés à la religion (islam, turco-musulmane, Coran, etc..) il est apparent que votre article s’incrit dans cette mode actuelle qu’est l’islamophobie,
      Chalot : le combat des féministes est universel....


      • CHALOT CHALOT 22 avril 2011 11:16

        Ce n’est pas l’islam qui est ici en cause mais :
        -les traditions patriarcales
        - l’interprétation de textes

        Je n’aime pas l’adjectif « islamophobe » et en plus mon article ne va pas dans ce sens


        • tikhomir 22 avril 2011 11:49

          L’interprétation de textes islamiques... donc, l’islam est en cause. Quel aveuglement...


        • fkarakaya 22 avril 2011 13:44

          Quand on a 1 femme sur 10 qui se fait battre, quand on a une femem qui meurt tous les 2 jours sous les coups de son compagne en France on ferme sa gueule avant de donenr des lessons aux autres !

          Pour vous la liberté de la femme c’est pouvoir se mettre à poil, couché avec son patron etc...Mais la femme qui veut se voiler ah nonnnnnnnn c’est kaka !

          En turquie uen fille qui a plus de 18 ans ne peut même pas être voilé à l’université ! Une fille de 10 ans qui a remporté un concours de poème, de dessins de composition etc... ne peut même toucher sa récompense parce que monsieur général qui est là trouve ça anti-laîque !

          Alors ne venez pas me chantez votre féminisime à la con qui donne que des droits pour certaiens et mal traite d’auters ! 

           


          • CHALOT CHALOT 22 avril 2011 14:21

            Qui donne des leçons de féminisme ?
            Ce sont des féministes turques qui s’expriment et qui demandent à juste titre la fin de l’obscurantisme.
            La liberté de la femme c’est de vivre comme elle l’entend sa sexualité...Toutes ne veulent pas coucher avec leur patron ! n’est-ce pas ! ???
            Le forum commence à être amusant


            • tikhomir 22 avril 2011 15:49

              Le féminisme est par nature un obscurantisme et il faut le combattre. Soutenons tous ceux qui de par le monde combattent cette idéologie arriérée.


            • CHALOT CHALOT 22 avril 2011 16:03

              C’est un avis original mais pas du tout étayé !?


              • tikhomir 22 avril 2011 16:20

                Avec quoi étayez-vous quand vous parlez de l’obscurantisme des autres ? Avec rien, alors pourquoi le devrais-je moi-même ?


              • Jungle Jungle 22 avril 2011 17:00

                « les femmes turques continuent à souffrir, en subissant de plein fouet les effets des règles archaïques de la société turque. » 

                puis-je me permettre de vous poser deux question monsieur charlot, êtes vous déjà aller en turquie ? avez vous déjà rencontré des femmes stambouliote ou autre ? 
                vous avez l’air de très bien connaitre ce pays pour écrire un tel article...
                parlez nous de vos rencontres avec les gens de la bas... 

                • CHALOT CHALOT 22 avril 2011 17:44

                  La réponse est oui :

                  - Je suis allé à Istanbul

                  - J’ai rencontré des femmes « stambouliotes » ici et là bas

                  Je m’appelle JF Chalot et pas autrement


                  • OMAR 22 avril 2011 23:24

                    Omar 33

                    Alot : "Je m’appelle JF Chalot et pas autrement....

                    Nous vous avons compris.......

                    Et excusez-nous d’avoir amputer votre nom de son initial : S...


                  • Isis-Bastet Isis-Bastet 22 avril 2011 20:42

                    Un livre intéressant sur la condition de la femme turque en Allemagne : « La fiancée importée » de Necla Kelek.


                    • CHALOT CHALOT 22 avril 2011 20:59

                      Merci

                      J’ai une intervention intéressante d’une femme turque sur facebook
                      Je lui ai proposé de mettre son intervention ici


                      • guylain chevrier guylain chevrier 23 avril 2011 00:29

                        Il faut faire connaitre et diffuser largement ces témoignages qui permettent de remettre dans la réalité ceux qui croient que le débat autour des excès des religions ne serait qu’affaire d’idées reçues, de cléricalisme attardé, alors qu’il s’agit d’atteintes graves aux libertés que les religions, toutes d’essence patriarcale parce que issues de sociétés qui l’étaient, portent en elles lorsqu’elles sont appliquées de façon littérale. L’islam appliquée à la lettre au nom de l’authenticité du culte, de la foi, comme l’avance les fameux « savants » de cette religion, est particulièrement concerné par ces atteintes aux libertés des femmes, d’autant que cette logique du retour à la foi authentique s’oppose à une modernisation nécessaire. Un rejet de toute modernisation qui trouve dans le passé colonial, non sans calcul, l’argument de sa justification. Les libertés ne sont pas différentes pour les femmes qu’elles soient croyantes ou non, d’Europe ou de terres arabes.
                        GC.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès