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Le feu du trône et le charbon voisin…

Les élections présidentielles et législatives se tiendront en Tunisie le 25 Octobre. En ordre dispersé l’opposition réelle joue le boycott, les prolongations et l’intrigue. Mais les dés semblent d’ores et déjà jetés : le président sortant et le Rassemblement démocratique constitutionnel (RCD parti de la majorité) ne se font aucun souci sur l’issue de ces échéances. Que faire ?

Nous n’avons pas la prétention de donner des leçons aux militants tunisiens. Le king de la révolution et le préposé aux ragots sont passés par-là (ils se reconnaîtront et comme toujours ne voudront rien entendre et comme toujours  s’en tireront à bon compte !). Qu’ils continuent leur bonhomme de chemin dans le mûr, nous en savons d’autres sentiers sinueux : ceux du labeur collectif, permanent, responsable et « âpre » au droit.

Notre ambition est de débattre le plus gentiment du monde avec nos frères aînés, chefs de files de l’opposition. Nous débattrons des élections.

Alors que les ardeurs électives des uns retombent comme un soufflet, que le boycott et la faucille sans marteau des autres se valent. Nous posons une question candide. Que faire sinon. Que faire tout court ?

De haut vers bas

Dans son joli livre « projet de paix perpétuelle », le philosophe allemand Emmanuel Kant, éprouve le besoin de dissuader d’une fausse bonne idée : une idée voulant que l’action politique commence par le haut ?!! Et si elle commençait par le bas, notre action politique ?!! Localement. Dans une mairie, au conseil municipal par exemple. Nous admirons d’emblée. Ce n’est pas dans la nature autocratique ni aristocratique de s’affaiblir publiquement et sur l’essentiel : le pouvoir exécutif : le palais et le Parlement. L’on ne démocratise pas à domicile. A vue d’œil. La cour et ses enceintes immédiates, ses enceintes poreuses. Non, pas ça dans une autocratie. Maintenant, il existe quelques « omissions » : là où le pouvoir ne court pas le risque d’une contagion contestataire, là où les frontières locales sont étanches, où la souveraineté communale semblerait indépendante du joug national, là, sur les questions purement « municipales » de voirie, d’organisation urbaine, de cadastre…là, l’autocratie se déleste volontiers de vétilles, condescendante ou peut-être méprisante !!

Cadastre ou urbanisme local, c’est tout ce que tu nous souhaites, rétorqueront coup sur coup certains !! Soit. Ce qui vous paraît avec raison pacotilles, rebuts, miettes régaliennes, au regard de la politique, me semble une énorme chance au regard de l’histoire. Pourquoi ?

Pour paraphraser si Mustapha Ben Jaafar[1], un homme courtois avec qui l’on peut discuter : exiger de l’opposition des propositions immédiatement gouvernantes, relève tout simplement de l’imaginaire. Répondant à une fausse interrogation qui porte en elle-même sa narquoise équivoque, il ne croyait pas si bien dire. L’opposition tunisienne ne peut présenter un programme pour des raisons objectives : un programme suppose des données et un budget. Les premières demeurent inconnues ou invérifiables (sauf pour des sources autorisées !!). Le second est en conséquence du beau songe !

Du bas vers le haut

Alors comment faire un bout de chemin vers les « sources » ! Eh bien, cela s’apprend. Mais pas d’emblée dans la cour, ni dans le Parlement. Cela s’apprend à la source, un étage plus bas. Précisément dans un conseil municipal, dans un syndicat…Laissons de côté ce dernier. Il relève d’une organisation plus sectorielle et moins collective qu’une commune. Siéger au conseil municipal, dans sa propre mairie, nous évite déjà la moitié du chemin vers des données fiables : les statistiques sont moins difficiles à tenir, moins opaques, les élus se connaissent comme larrons en foire et la traçabilité circonscrite. On connaît mieux sa ville, on connaît son histoire, ses bosses et ses chalets. On y est moins dupe, plus teigneux sur les « chiffres » !!! Lapalissades ! Dans les faits sûrement, mais pas dans les ambitions de certains militants qui ne se voient pas retomber bien bas !!! Ont-ils fait trente quarante ans de politique pour si peu !!!

Ce n’est pas l’avis de milliers d’autres hommes politiques européens américains asiatiques latinos voire africains, qui reprennent leurs classes communales au lendemain d’un passage ministériel !! Aux anges, ils repartent à zéro comme de férus novices, ils font du porte à porte, ils distribuent des tracts, ils parlotent à la ménagère et au médecin !!!!

Si les appétits citoyens de se prendre en charge et de servir sa société sont plus forts que leurs  légitimes appétits gouvernants (parlementaires ou présidentiels), une hypothèse communale plausible ici et maintenant, aurait plus d’adeptes, prêts à aller au charbon voisin. Mes amitiés les plus sincères.

 

Jamel HENI

Psychologue




[1] Président du Forum pour le travail et les libertés

 

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2 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 15 octobre 2009 14:40

    ça ressemble à ce que sera la France après dix ans de règne de Talonette 1er !


    • TSS 15 octobre 2009 14:42


      j’avais bien aimé Nescabot 1er

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