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Accueil du site > Actualités > International > Le génocide des Tutsis du Rwanda, Dallaire et la Méfloquine

Le génocide des Tutsis du Rwanda, Dallaire et la Méfloquine

Les incroyables déclarations, passées quasiment inaperçues, du Général Roméo Dallaire[1], en avril 2017, sur les effets pervers médicamenteux dont il a été victime avant, au cours et après sa "mission" à Kigali, de 1994 à 1995 (effets pervers dus à une cure de méfloquine), ont de quoi faire froid dans le dos.

La méfloquine est un antipaludéen chimioprophylactique, administré par voie orale, employé dans l'armée Canadienne (à l'époque) sur le personnel se rendant dans des zones d'endémie palustre soit des régions à "malaria"[2] (Le Rwanda n'est pas une région particulièrement "mal classée" par rapport à cette maladie en Afrique Centrale). Les armées américaine, canadienne et allemande l'ont, actuellement, retiré de leur "arsenal" prophylactique.

"Mefloquine, ...., induce an idiosyncratic intoxication reaction that is often preceded by subtle prodromal [indicating the onset of a conditions] symptoms that may be difficult for an individual soldier to identify, particularly in combat settings". "This syndrome can begin with subtle mood or personality change, a sense of unease or foreboding and vivid dreams. With time, and particularly with continued dosing, this can progress to frank anxiety, confusion, restlessness or depression. In certain susceptible individuals, with time or continued dosing, the syndrome can then progress further to frank psychosis, with paranoia, delusions, hallucinations and depersonalisation. This psychosis is particularly frightening, and is associated with a risk of particularly grizzly violence and suicide. I often compare this toxic reaction to that illustrated in M. Night Shyamalan's film : "The Happening". At its worst, mefloquine is a horror film in a pill." Consulting physician epidemiologist Dr Remington Nevin was motivated by personal experience to research the effects of mefloquine and call for a comprehensive ban. [3]

Il y a plusieurs questions qui viennent, de suite, à l'esprit à propos de ce qui pourrait être un scandale (de plus[4]) sur le plan général du complexe médico-pharmaceutique de la méfloquine et sur le plan particulier des dégâts collatéraux du complexe militaro-industriel constat&és au cours du Génocide des Tutsis du Rwanda :

1 - Sur le plan général des questions de santé publique et des initiatives d'autorité qui sont prises par les pouvoirs "compétents", les cas sont nombreux où il a été difficile de trancher entre des intérêts privés coupables et de véritables erreurs humaines (Thalidomide, sang contaminé, implants mammaires, trafic d'organes, etc., etc.). Le "médicament" en question, porterait les noms commerciaux de Lariam, Méfloquine ou Tafenoquine et aurait été développé initialement par le laboratoire suisse Roche, pour le compte de l'armée américaine et "validé" aux USA en 1990. La mise à l'"écart" de cette "molécule" a été adoptée par le Canada en juin 2017. Depuis pas mal d'années déjà, de nombreux articles scientifiques et des documentaires cinématographiques "abordaient" la question de ce "médicament" d'une manière critique et cela sur base de témoignages qui semblent bien être "non douteux"[5]. Les mises en questions porteraient tant sur le mode d'obtention suspect des "certifications" que sur des expériences à la limite de la légalité (les deux semblant souvent aller ensemble) et que, finalement et surtout, sur les effets du médicament tels que décrits par Dallaire lui-même, en plein jour.

Mr. Dallaire said : “Mefloquine is old-think and it does affect our ability to operate,”. In his case, the side effects were so severe that he had to ask his assistant to monitor his actions

(Commons veterans affairs committee - Canada)[6]

On ne peut s'empêcher de se rappeler avec effroi les expériences "Mengele" et l'Unité 731 japonaise en Chine[7]. Il est bon de songer, avec recul, aux tests de Stephan Millgram (1960-1963 - soumission à l'autorité)[8], et à ceux d'Ewen Cameron (projet ARTICHOKE 1951-1963[9]). A contrario, on peut se réconforter aux études d'Oliver Saks (l"Eveil) et de Grégory Bateson (Anorexie mentale et théorie du But Conscient)......

2 - Dans le cas particulier du Rwanda de 1994, il s'agit bien entendu du rôle des différentes parties dans le Génocide des Tutsi. Particulièrement à propos du Général Roméo Dallaire, ne faudrait-il pas s'interroger (et lui-même, par la même occasion) sur les faits suivants :

- Pourquoi Dallaire témoigne-t-il, seulement en mars 2017, sur cette question[10], alors que depuis de nombreuses années il était (et serait encore toujours) psychologiquement et psychiatriquement suivi d'une manière intense[11], (ce qui était connu dans l'armée canadienne) ? La question de la méfloquine était d'ailleurs l'objet de questionnements sérieux dès avant 2009, dans le milieu médical et dans le monde militaire !

- Pourquoi Dallaire, dans l'introduction de son livre : "J'ai serré la main du diable", parle - t-il de ce que "tout un chacun" connaît, bien sûr, sous le nom de SSPT : Syndrome du Stress Post Traumatique. ? Mais pourquoi n'évoque-t-il pas la question des effets de la méfloquine qu'il a ressenti, lui-même, à l'époque, à Kigali ? (1ère édition 2003) ?

- Pourquoi Dallaire a-t-il contacté les services ad hoc de la médecine militaire canadienne pour invoquer les "dommages collatéraux néfastes" qu'il subissait à l'usage de la méfloquine, et ce durant sa présence à Kigali (18 février 1994) [12] ?

- Pourquoi Dallaire fait-il état, maintenant (mars 2017), du fait qu'il aurait été obligé de prendre de la méfloquine ? (Mars 1997). "J'étais depuis un an sous méfloquine. Après 5 mois, j'avais écrit au Quartier Général de la Défense Nationale et j'ai dit que cette chose est en train d'affecter ma capacité à penser. Cette chose me fait "sauter" l'estomac. Cette chose affecte ma mémoire et je voulais m'en débarrasser[13]..... J'ai alors reçu une réponse l'une des plus rapides que j'ai jamais reçues. Elle m'ordonnait essentiellement de continuer [la médication], et que sinon, je comparaîtrais en cour martiale pour m'être infligé moi-même des blessures » (Dallaire [14] devant la "House of Commons Committee on Veterans Affairs")

- Pourquoi Dallaire évoque-t-il, dans son livre (p 340 de la version anglaise de 2005), le cas de l'évacuation fin avril 1994, de son adjoint le Major Brent Beardsley pour cause de "malaria", mais en fait pour "réaction allergique " à la méfloquine, sans faire la liaison avec les symptômes que lui- même connaissait et dont il avait saisi le commandement dont il dépendait ?

- Pourquoi Dallaire, connaissant les effets de la méfloquine sur ses capacités intellectuelles, n'a-t-il pas cessé de prendre ce médicament ? En désobéissant, sans doute ? Mais depuis Nuremberg et Eichmann à Jérusalem, "on" sait qu'on ne peut se retrancher derrière les ordres quant ceux-ci conduisent à une catastrophe prévisible (ce qui était le cas du Rwanda). Dallaire n'aurait-il pas dû se faire porter malade ou démissionner comme Vicente Diaz de Villegas, commandant en 2008 de la Monuc, après deux mois de "présence" à Goma (RDC) ?

- La thèse selon laquelle le célèbre "Rwanda Genocide Fax" initialisé par un certain Jean-Pierre serait né d'une "illusion", d'une "hallucination" ne commencerait-elle pas à prendre corps ?

- Comment expliquer la mission du Peloton Mortier du lieutenant Lotin dans le Parc de l'Akagéra le jour de l'attentat sur l'avion du Présidant Habyarimana ? Un "ordre donné" dans une sorte de délire, dû à la méfloquine ?

- Comment expliquer le trajet que Dallaire a adopté pour se rendre à l'Ecole Supérieure Militaire en "passant" devant le corps de garde du "Camp Kigali" où, au moment même, les 10 casques bleus belges étaient assassinés, le 07 avril 1994 ? Une dépersonnalisation et perte d'orientation provoquée par la méfloquine ?

- Il faudrait aussi se demander si un des officiers de Dallaire, le Major polonais Stéphan Stec, lui aussi, n'aurait-il pas été victime de la méfloquine. Dallaire n'en parle pas. De Stéphan Stec, Linda Malverne dit : "Post-traumatic stress is a mysterious illness. Stec fell ill after the viewing of Hotel Rwanda. He stopped eating and in spite of help from psychiatrists who had treated soldiers from the Dutch battalion in Srebrenica, Stec died late last year (Stephan Stec se serait-il laissé mourir ....)"[15] (The Observer, Sunday 19 March 2006 )

- Il en est de même pour Sian Cansfield, la documentaliste (Ghost Writer) de Dallaire pour son livre "J'ai serré la main du diable" Elle aurait fait de nombreux séjours au Rwanda (sous médication méfloquine ?) . Elle s'est suicidée en septembre 2003 dans des circonstances assez mal éclaircies .... Précédemment (en 2000) elle avait été la "négresse" de Carl OFF pour "The Lion, the Fox and the Eagle" et avait sans doute aussi fait de nombreux séjours au Rwanda ...sous méfloquine ?

Au moment où on apprend que :

 même Louise Arbour[16] "avoue" (enfin) les entraves de Kagamé aux travaux du TPIR[17] (elle, qui a séjourné, sous méfloquine (?), longtemps à Arusha où le paludisme est plus important qu'au Rwanda) ;

 le Général François Lecointre, ex commandant de l'opération Turquoise, arrive "au pouvoir" en France (lui dont le traitement anti-malaria devait être français et non de méfloquine... ?) ;

 le risque de voir révélées toutes les sources de financement de la guerre au Rwanda (France, Israël, USA, Belgique, G-B) est devenu réalité ;

 un score de 85% pour Kagamé ce 04/08/2017 est "prévisible" ;

 le Pentagone (l'Akazu Clinton) ne voudrait pas que la vérité éclate sur les prémices du Génocide, mises en places par la Communauté Internationale Amie du Rwanda ;

N'est-il pas temps de se demander si après des livres comme "Ces malades qui nous gouvernent" (Accoce Pierre – Rentchnick Pierre - 1977) et comme "Ces fous qui nous gouvernent" (Pascal Desutter - 2007), il ne faudrait pas écrire : "Ces drogués qui nous gouvernent".... ?

 

[1] Commandant de la Mission des nations Unies pour l'assistance au Rwanda d'octobre 92 à mi-août 1994

[13] Traduction personnelle.

[16] Procureur en chef du Tribunal Pénal International pour le Rwanda de septembre 96 à septembre 99


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