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Le jour J de la démocratie malgache

La IVe République de Madagascar promulguée le 11 décembre 2010 n’a toujours pas de Président. Le pays, en crise politique majeure depuis le 17 mars 2009, va enfin choisir son destin ce vendredi 25 octobre 2013.

Madagascar est un pays d’une grande richesse naturelle (ressources minières, climat, relief, faune, flore) mais qui fait partie des plus pauvres du monde sur le plan économique et social souvent pour des raisons politiques. En gros, tous les dix ans, le pays se paie une crise politique invraisemblable qui casse toutes les reconstructions (éventuelles) qui allaient aboutir. Résultat, le pays est en état de lente décomposition au point de voir réapparaître la famine pour plusieurs dizaines de milliers d’enfants.

La dernière crise politique remonte au 17 mars 2009. Depuis cette date, considérée pour beaucoup de Malgaches comme celle d’un putsch en bonne et due forme, les autorités politiques n’ont aucune légitimité démocratique. Cela fait donc quatre ans et demi que la classe politique malgache se cherche de nouveaux dirigeants. Jusque là, un jeune DJ enrichi pas ses affaires, Andry Rajoelina, a pris le pouvoir avec l’appui de l’armée et l’ancien Président de la République déchu, Marc Ravalomanana (dont le mandat devait se terminer en janvier 2012), a dû s’exiler en Afrique du Sud pour ne pas mettre sa vie en danger.

Conséquence économique immédiate de ce coup d’État : toutes les aides financières internationales ont été bloquées dès l’été 2009 et le pays vit dans une extrême difficulté financière, ce qui était d’autant plus regrettable qu’un programme d’aménagement des infrastructures avaient été lancé avec efficacité, notamment la remise en état des principaux axes routiers (facteur majeur pour favoriser un dynamisme économique).

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Mon dernier article sur la situation politique date du 5 juin 2013, il y a donc quatre mois et demi. Le pays était en plein processus électoral. Le 3 mai 2013, la Cour électorale spéciale (CES) avait validé quarante-six candidatures à l’élection présidentielle prévue alors le 24 juillet 2013.


Un nouveau retard

Deux difficultés majeures ont rendu l’agenda impossible à tenir.

D’une part, contre toute attente et contrairement à ce qu’il avait toujours annoncé, Andry Rajoelina, le Président de la Haute Autorité de la Transition et donc, chef de l’État en titre (illégitime), s’était porté candidat au dernier moment (sans respecter les délais), ainsi que l’ancien Président de la République Didier Ratsiraka (quasi-dictateur stalinien du 15 juin 1975 au 27 mars 1993 puis revenu par les urnes avec une inspiration plus sociale-démocrate du 9 février 1997 au 5 juillet 2002) et Lalao Ravalomanana, la femme du Président déposé et resté en exil à Johannesburg.

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Rappelons aussi que Didier Ratsiraka avait refusé de reconnaître sa défaite à l’élection présidentielle du 16 décembre 2001, ce qui a abouti à une (précédente) grave crise de sept mois ayant provoqué des milliers de morts et l’immobilisation totale du pays (un peu à la manière de Laurent Gagbo).

La présence de ces trois candidats ont été contestées à la fois par de nombreuses forces du pays (dont vingt et un candidats) mais aussi par la plupart des pays étrangers (en particulier la France et la SAC, Communauté de développement d’Afrique australe, principale organisation de médiation internationale pour résoudre la crise malgache) qui considèrent qu’elle n’est pas de nature à rendre le scrutin serein et sincère. Le retrait des partenaires financiers du scrutin a enfin bloqué tout le processus.

D’autre part, la feuille de route du 16 septembre 2011 prévoyait que tous les candidats exerçant des fonctions officielles devaient démissionner deux mois avant le scrutin. Or, Andry Rajoelina avait refusé de démissionner, ainsi que quelques ministres candidats. L’une des conséquences, c’est que le bulletin unique (en raison du coût et de la pléthore de candidats, un seul bulletin est prévu) n’était toujours pas imprimé (en Afrique du Sud en principe) tant que la situation de ces candidats n’était pas éclaircie. Et pas de bulletin signifie pas de vote, évidemment.

Concrètement, la date de l’élection a donc été repoussée, par nécessité à la fois politique et pratique. De sa propre initiative le 6 juin 2013, le gouvernement l’a reportée au 23 août 2013, ce qui a hérissé l’ensemble de la communauté internationale dont le soutien est pourtant indispensable dans les opérations de vote.


Un calendrier (enfin) définitif

Finalement, la Cour électorale spéciale a révisé la liste des candidats le 17 août 2013 en retirant les trois candidatures contestées, à savoir celles d’Andry Rajoelina, de Lalao Ravalomanana et de Didier Ratsiraka, ainsi que d’autres candidatures, ce qui aboutit à une liste de trente-quatre candidats (sauf erreur de ma part). Le 20 août 2013, avant la publication définitive des candidats le lendemain, le Ministre des Finances Hery Rajaonarimampianina a fait acte de candidature pour remplacer deux des (petits) candidats invalidés (comme l’y autorise le code électoral). Il avait été battu lors de la primaire au sein du parti d’Andry Rajoelina (TGV) au profit d’Edgard Razafindravaha mais serait soutenu par Andry Rajoelina lui-même.

Grâce à la levée de ces difficultés, la Commission électorale nationale indépendante pour la transition (CENIT), présidée par Béatrice Attalah, a pu se réunir en assemblée générale le 22 août 2013 en présence des experts de l’ONU et des partenaires financiers et techniques de l’élection, pour annoncer que le premier tour de l’élection présidentielle aurait finalement lieu ce vendredi 25 octobre 2013, date la plus tôt possible en raison de la nécessité pour les candidats de démissionner de leurs fonctions officielles deux mois avant.

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Le second tour éventuel de l’élection présidentielle a été fixé au vendredi 20 décembre 2013, le même jour que les élections législatives. Pour rappel, le mandat du nouveau Président de la République restera de cinq ans. La CENIT a d’ailleurs demandé à la CES la reconnaissance d’un cas de force majeure pour organiser le second tour de la présidentielle en pleine saison des pluies car l’article 36 du code électoral impose que le scrutin se tienne pendant la saison sèche de l’année, à savoir entre le 30 avril et le 30 novembre. Les élections communales (municipales) ont été reportées en 2014.

La maquette du bulletin unique a été finalisée le 26 août 2013 et la liste électorale a elle-même été finalisée en début octobre 2013, rendant quasiment impossible l’acheminement en deux semaines seulement de toutes les cartes d’électeur ; certaines seront donc accessibles seulement à l’entrée des bureaux de vote.

Ce vendredi 25 octobre 2013, déclaré jour férié, chômé et payé, tout semble donc en place pour que le scrutin se déroule dans les meilleures conditions, tant d’un point de vue pratique que démocratique. Il y aura 20 001 bureaux de vote, ouverts de 6h00 à 18h00 pour 7 823 305 électeurs recensés. Seule garante des résultats officiels, la CENIT devrait éviter toute fraude électorale grâce à un logiciel sécurisé qui permet d’envoyer par Internet les procès verbaux scannés de tous les bureaux de vote directement à son bureau à Alarobia.

Par ailleurs, l’Union Africaine a envoyé soixante et onze observateurs électoraux à Madagascar. En tout, il devrait y avoir entre cinq et sept cents observateurs étrangers et cinq mille observateurs nationaux (ce qui n’en fait cependant qu’un pour quatre bureaux de vote). De son côté, le Président de la Transition Andry Rajoelina, exclu de la compétition, fera une déclaration officielle à la télévision et à la radio ce jeudi 24 octobre 2013 à 20h00.


Les candidats

Il serait assez fastidieux de présenter tous les (nombreux) candidats à cette élection. Je vais donc en présenter seulement certains (quinze) dans l’ordre électoral officiel.

Hery Rajaonarimampianina (55 ans) fut Ministre des Finances et du Budget de 2009 à 2013. Expert-comptable et professeur de comptabilité, il serait le candidat préféré d’Andry Rajoelina. Il propose de rétablir l’État de droit (rétablir la sécurité, valoriser le service public, rendre la justice impartiale, lutter contre la corruption), de relancer l’économie (lancer des grands travaux, renouer avec les investisseurs, assurer l’autonomie alimentaire, encourager le tourisme) et de combattre la pauvreté.

Roland Ratsiraka (47 ans), de formation agronome, est avant tout le neveu de l’ancien Président Didier Ratsiraka. Élu député en 1998, maire de Tamatave depuis 1999, il fut candidat à l’élection présidentielle du 3 décembre 2006 (10,1%). Il promeut l’unité nationale et souhaite faire émerger le pays en cent jours, en réduisant les taxes et les impôts pour relancer l’industrie et le commerce extérieur.

Hajo Andrianainarivelo (46 ans), ingénieur et entrepreneur (il fut directeur de production chez Tiko en 1995), est maire d’Ankadinandriana (depuis 2008 après un ancien mandat) et ancien vice-Premier Ministre chargé du Développement et de l’Aménagement du territoire. Il veut mettre en place un plan d’urgence pour redresser l’économie (en particulier, renouer avec les investisseurs, assainir Air Madagascar) et l’éducation (augmenter le taux de scolarisation, améliorer la santé et l’alimentation des élèves, promouvoir l’entreprenariat).

Andriamparany Benjamin Radavidson (52 ans), directeur financier dans le privé, fut plusieurs fois ministre (Finances et Budget en 2002, Économie et Planification en 2006, et Éducation nationale de 2007 à 2008) et député à Tananarive en 2007. Il souhaite apaiser le climat politique (en proposant des droits à l’opposition et en garantissant la neutralité de l’administration) ; décentraliser le pays pour donner plus de marge d’action aux élus locaux ; redynamiser l’économie (en renforçant la régulation de l’État, luttant contre la corruption et en encourageant les initiatives privées).

Camille Vital (52 ans), militaire (général de brigade) et ingénieur de génie civil, fut Premier Ministre en 2009 puis ambassadeur permanent auprès de l’ONU à Genève en 2012. Il présente des objectifs précis pour son mandat : 500 000 touristes par an en 2015, 450 000 emplois créés en 2015, 5 000 kilomètres de nouvelles routes bitumées et 15 000 kilomètres de routes remises en état en 2015, 300 kilomètres de voies ferrées, 300 infrastructures sportives en 2016, 27 agences pour l’emploi en 2015, 15 ports de pêche et un lieu de sanitaire public pour 100 habitants en 2015.

Patrick Rajaonary (58 ans), de formation HEC et MBA, chef d’entreprise, il fut candidat à l’élection présidentielle du 16 décembre 2001 (1,6%). Maire de Fandriana de 1997 à 2002, il s’est opposé à la fois à Didier Ratsiraka et à Marc Ravalomanana. Soutenu par des habitants de Fianarantsoa et par une partie de la communauté betsileo, il désirerait faire participer les citoyens aux choix économiques et administratifs, décentraliser le pays, assurer la gratuité de l’enseignement, et donner au peuple le pouvoir de sanctionner les dirigeants défaillants.

Roindefo Monja (48 ans), dirigeant d’entreprise, fut Premier Ministre en 2009 et candidat à l’élection présidentielle du 3 décembre 2006 (il n’a reçu que 21 suffrages !). Il propose huit axes de redressement national en trois mois : réconciliation nationale, sécurité, économie (légaliser le travail au noir), tourisme, réduction des dépenses de l’État, environnement et emploi (mise en place d’une banque d’investissement national pour promouvoir l’entreprenariat, amélioration des habitations), infrastructure (désenclavement, entretien des routes, rendre prioritaires les énergies renouvelables), sports et jeunesse (création d’académies de sport).

Alain Tehindrazanarivelo (53 ans), médecin et professeur agrégé de neurologie, il fut vice-Premier Ministre chargé de la Santé en 2009. Son programme est décliné en quatre thèmes : épanouissement social (accès aux soins, à l’éducation, à l’emploi, au logement, à la sécurité, à l’eau potable, à l’électricité domestique), redécollage économique (relance du partenariat international, modernisation et extension des infrastructures), gouvernance partagée (déconcentration du pouvoir, promotion des associations, lutte contre la corruption, renforcement du pouvoir régalien), et réconciliation nationale (organisation de conférences locales et nationales, valorisation de la diversité, favoriser l’égalité des chances et l’équilibre régional).

Guy Rakotomaharo Rajemison (63 ans), expert financier, fut le directeur de campagne de Marc Ravalomanana (en 2001) et son conseiller chez Tiko. Adjoint au maire de Tananarive (Marc Ravalomanana) en 2000, il fut élu Président du Sénat de 2002 à 2008 puis nommé ambassadeur extraordinaire en Suisse. Il propose de restaurer la démocratie et l’État de droit (décentralisation, réconciliation, lutte contre l’insécurité et la corruption), investir dans la sécurité alimentaire, relancer le secteur privé (élargir la coopération internationale, créer une nouvelle ville, promouvoir la création d’entreprise), gérer durablement les ressources minières, avec quelques objectifs précis : atteindre le taux d’électrification à 100% dans les villes et à 50% en milieu rural en 2020, le taux d’accès à l’eau potable à 84% dans les villes et à 75% en milieu rural en 2020, 850 000 touristes en 2018 et 1,4 million en 2020, hausse de 15% de la production agricole en 2020, réduire à 0% la perte en couverture forestière en 2017, hausse de 65% du taux de scolarisation dans le primaire, de 50% dans le secondaire, et 10 000 étudiants par an dans les universités.

Jean Lahiniriko (60 ans), ingénieur, fut Ministre des Travaux publics en 2002 puis fut élu Président de l’Assemblée en 2003. Candidat à l’élection présidentielle du 3 décembre 2006 (11,7%, arrivé en deuxième position), il fut désigné en 2009 Vice-Président de la Haute Autorité de Transition. Socialiste, il préconise de lutter contre la pauvreté (par une meilleure répartition des richesses, un renforcement du pouvoir d’achat, la création d’une chaîne de télévision institutionnelle, une séparation des pouvoirs), d’éradiquer la malnutrition, de combattre l’insécurité, de favoriser la réconciliation nationale, de distribuer l’eau et l’énergie, etc.

Jean Eugène Voninahitsy (60 ans), enseignant, il fut élu à 24 ans député en 1977, puis en 1997, puis en 2009. Il participa à la marche du 10 août 1991 sur Iavoloha qui ébranla le pouvoir absolu de Didier Ratsiraka, point de départ de la démocratie malgache (la moitié de Tananarive était dans la rue pendant que les médias du monde étaient tournés vers les dizaines de milliers, seulement, de manifestants dans les rues de Moscou protestant contre le coup d’État contre Mikhaïl Gorbatchev) et se rapprocha de l’ancien Président Albert Zafy pour s’opposer à Marc Ravalomanana jusqu’à en faire de la prison. Il veut doter les chefs-lieux de district des moyens de construire les routes, mécaniser l’agriculture, ériger des barrages hydrauliques, libéraliser la distribution d’eau et d’électricité, rendre gratuits les soins et les hospitalisations, rendre obligatoire et gratuite la scolarisation dans le primaire, et mettre en place la parité homme/femme.

Pierrot Rajaonarivelo (67 ans), directeur commercial, fut ambassadeur à Washington (1989 à 1997) puis vice-Premier Ministre chargé du Budget et de la Décentralisation en 1997 (lançant le découpage en provinces autonomes), invalidé comme candidat en 2006 car en exil politique de 2002 à 2009, puis Ministre de l’Économie et de l’Industrie en 2010 et Ministre des Affaires étrangères en 2011. Il propose de remplacer le népotisme par l’ethnocentrisme, et le clientélisme par la compétence, installer le fédéralisme, sécuriser les investissements des opérateurs économiques pour redynamiser le pays, faire des allègements fiscaux pour le secteur privé, créer une troisième chambre parlementaire composée de notables en relation directe avec la population, et favoriser le développement dans la diversité.

Tabera Randriamanantsoa (59 ans), administrateur civil (formé à Cuba), de la mouvance d’Albert Zafy, fut élu député à Farafangana (1998-2002) et nommé Ministre de la Fonction publiques et des lois sociales (2012-2013). Il veut restaurer l’éducation civique, renforcer l’accès aux soins (hygiène, santé, nutrition), favoriser le dialogue social pour l’emploi, faire un reboisement professionnalisé, mettre en concordance le code minier et la protection de l’environnement, lutter contre la pollution marine, moderniser les infrastructures de transport, libéraliser le secteur de la communication et rendre prioritaire l’électrification en milieu rural.

Jean-Louis Robinson (61 ans), médecin, député élu en 2007, il fut conseiller spécial du Premier Ministre Jacques Sylla (2002 à 2004) puis nommé Ministre de la Santé, du Planning familial et de la Protection sociale (2004 à 2006 et 2007 à 2008), puis Ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture en 2008. Dans la mouvance de Marc Ravalomanana, il soutient la construction d’infrastructures scolaires et sanitaires, la gratuité de l’enseignement primaire, la décentralisation des décisions relatives à la sécurité intérieure, la mise en place de soins de proximité, la dotation de matériels agricoles aux paysans, la transparence de l’octroi des permis d’exploitations terrestres et maritimes, la création de nouvelles brigades de gendarmerie, la promotion du webjournalisme, et le renforcement de la collaboration avec l’ONU.

Edgard Razafindravahy (52 ans), homme d’affaires, fut nommé secrétaire général du parti d’Andry Rajoelina (TGV : Tanora malagasy vonona) en 2009 (après le putsch) et a remplacé Andry Rajoelina comme maire de Tananarive (avec une autre dénomination). Il fut choisi candidat de ce parti à la suite d’une primaire dans laquelle a participé Hery Rajaonarimampianina. Ses propositions portent sur la lutte contre la corruption, le développement du système éducatif, l’exploitation du potentiel de la biodiversité dans le tourisme, une croissance d’au moins 6%, la construction d’aéroports et de routes (dignes des touristes), l’instauration d’un climat de confiance pour les investisseurs étrangers, la réduction à 0% le taux de chômage chez les jeunes d’ici cinq ans, et la création d’une caisse nationale d’assurance maladie pour prendre en charge les frais de soins et d’hospitalisation.

Les autres candidats sont notamment Clément Ravalisaona (66 ans), chef d’entreprise ; Roland Dieu Donné Rabearison (54 ans) ; Fetison Rakoto Andrianirina (50 ans), administrateur de société proche e la mouvance de Marc Ravalomanana ; Brigitte Rabemanantsoa (50 ans), médecin et maire d’Ambohimalaza Miray élue en 2003 ; Jean-Pierre Rakoto (66 ans) ; Michaël Bréchard Dofo (40 ans), entrepreneur ; Joseph-Martin Randriamampionona (49 ans) ; Saraha Georget (43 ans), enseignante (formée à Aix-en-Provence) ; Freddy Tinasoa (42 ans), avocat et créateur de l’association O.BA.MA (Olom-baovao Malagasy) proche de la mouvance d’Andry Rajoelina ; Laza Razafiarison (38 ans), mathématicien ; William Ratrema (70 ans), docteur en lettres et enseignant (je ne cite pas les autres candidats dont je n’ai pas assez de précisions).


Les enjeux du 25 octobre 2013

Dans tous ces programmes, on constate qu’il y a quelques invariants : relance de l’économie notamment en renouant avec les investisseurs étrangers, en encourageant (par la confiance) le tourisme et en remettant en place des infrastructures décentes (routes, énergie, eau) ; lutte contre la corruption et impartialité de l’État ; réconciliation nationale (pour clore définitivement la crise ouverte en janvier-mars 2009). C’est donc plus sur la méthode que sur le fond que les candidats se différencient, sur leur capacité à appliquer leur programme, sur leur personnalité à favoriser l’unité nationale.

De tous ces candidats, à mon humble avis (mais je peux me tromper), se dégagent en fait cinq à sept candidatures : trois provenant des trois mouvances de la transition, Jean-Louis Robinson (soutenu par Marc Ravalomanana), Hery Rajaonarimampianina (soutenu par Andry Rajoelina), Rolant Ratsiraka, ainsi que les deux anciens Premiers Ministres (assez isolés) Camille Vital et Roindefo Monja. À celles-là, on pourrait aussi, éventuellement, ajouter les candidatures d’Edgard Razafindravahy, investi officiellement par le parti d’Andry Rajoelina, et de Jean Lahiniriko qui était arrivé à la deuxième place à l’élection du 3 décembre 2006.

Il est très difficile d’avoir une idée claire des rapports de force, tant la vie politique malgache est complexe, tortueuse, et pauvre, pauvreté qui empêche évidemment l’éclosion de multiples sondages réalisés dans les règles de l’art. Il semblerait en tout cas que chaque candidat ait eu le même accès aux médias même s’il y aura une nette prime de visibilité pour les candidats capables de financer beaucoup d’opérations de communication et de promotion.

Contrairement aux élections présidentielles précédentes (1993, 1996, 2001 et 2006), où les enjeux et les rapports de force étaient "relativement" prévisibles, celle du 25 octobre 2013 sera probablement la plus surprenante et nécessitera certainement un second tour.

Quel que soit l’élu ou les qualifiés pour le second tour, espérons avant tout que les résultats (scrutés minutieusement par la communauté internationale) seront acceptés par tous les candidats et que le prochain Président de la République soit de taille à redonner aux Malgaches l’unité nationale dont ils ont besoin pour relancer leur économie et assurer leur développement dans des conditions sanitaires dignes du troisième millénaire.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (24 octobre 2013)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
L’élection présidentielle du 24 juillet 2013 aura-t-elle lieu ?
La feuille de route adoptée.
Un putsch en bonne et due forme.
Le prix du sang.
Et si cela s’était passé en France ?
La nouvelle Constitution malgache.
Le gouvernement malgache pour appliquer la feuille de route.
Liste de mai 2013 des candidats à l’élection présidentielle.

yartiMada2013B03

 


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3 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 25 octobre 2013 13:11

    ça veut dire quoi au juste démocratie , dans ce pays où la barbarie règne et où la foule découpe les gens à coup de machettes et les jette dans le feu ????????


    • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 25 octobre 2013 13:59

      Bonjour Le Chat,

      Très étrange commentaire. Ce que vous évoquez est un fait divers, horrible évidemment, mais qui n’a aucun rapport avec la vie politique. Pour cela, il y a eu dix-neuf arrestations le 5 octobre, si mes informations sont exactes, les autorités condamneront les assassins comme partout.

      Que diriez-vous si on parlait de la France comme du pays d’Émile Louis ? ou celui de la mère de Fiona ? ou celui de Simone Weber ? ou celui de Véronique Courjault ? etc.

      Cordialement.

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