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Le Kosovo, danger éprouvé et provoqué

Nous vivons sans doute les heures qui verront la province du Kosovo proclamer enfin son indépendance après des années de tribulations militaires et diplomatiques entre la Serbie, la Russie, les Etats-Unis, l’Union européenne et les indépendantistes albanais de la province. De grandes difficultés ne vont dès lors pas manquer à ressurgir, difficultés contenues dans l’essence même de la situation.

Hashim Thaçi, ancien chef de la guérilla albanaise et Premier ministre du Kosovo depuis le 17 novembre dernier, voulait déclarer unilatéralement l’indépendance après les élections présidentielles serbes. Voila qui est donc imminent. Seulement, les Serbes refusent catégoriquement, aidés en cela par la Russie - leur allié traditionnel -, que cette province soit indépendante, elle qui est le berceau de leur culture et de leur pays.

Les Etats-Unis et l’Union européenne soutiennent au contraire les indépendantistes albanais pour lesquels ils avaient déjà déclenché une guerre en 1999 pour empêcher Milosevic de rétablir (certes dans la violence) une présence démographique serbe au Kosovo plus importante que la présence albanaise, qui constitue aujourd’hui plus de 90 % de la population de la région.

Nous nous trouvons donc en face d’une situation explosive. Au point de vue stratégique, voire la Russie opposée de façon si téméraire aux Etats-Unis et à l’UE pour un problème se situant au cœur même de l’Europe rappelle inéluctablement les affres d’une guerre froide que l’on croyait enterrée depuis 89. De plus, les Serbes ne se montreront sans doute pas près à lâcher le Kosovo sans tenter quoi que ce soit, et les forces nationalistes étant fort nombreuses chez eux, la violence est loin d’être à exclure.

C’est aussi du point de vue du droit international que le problème indispose. La situation nous amène en effet un dilemme éternellement insoluble : qu’est-ce qui doit primer ? La souveraineté des Etats au niveau de l’intégrité de leur territoire ou le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ? La Russie affirme à l’ONU - qui pour la première fois depuis longtemps est prête à déclarer une indépendance au profit d’une minorité - qu’une telle décision détruirait les principes du droit international.

Enfin, nous pouvons nous interroger sur les conséquences d’une telle indépendance. En quoi cela serait-il bénéfique pour l’Europe qu’un nouvel Etat, à peine plus grand que notre département de Gironde, vienne compliquer un peu plus la carte des Balkans ? C’est sans compter d’autres facteurs : ce nouvel Etat devra être sous perfusion fort longtemps pour être un jour viable, et de plus cela créerait une nation musulmane en plein cœur de l’Europe. Pourquoi donc un tel acharnement à vouloir coûte que coûte cette indépendance ?

Comment se fait-il, par exemple, que les Américains, si prompts à combattre les islamistes à travers le monde, se fassent subitement les meilleurs amis d’anciens terroristes musulmans en territoire européen ? Et surtout, pourquoi l’UE, censée être une formation politique assez puissante pour garantir une indépendance vis-à-vis des Etats-Unis, se range derrière ces derniers quitte à se brouiller définitivement avec la Russie ?

J’ai mon explication, mais elle n’engage que moi : les Etats-Unis veulent diviser l’Europe en lui interdisant une unité culturelle (c’est pourquoi ils tiennent tant à ce que la Turquie et le Kosovo rentrent dans l’UE) afin qu’elle ne soit jamais en mesure de lui disputer trop gravement quoi que ce soit. Ils tiennent aussi à ce qu’elle ne se rapproche pas trop de la Russie, sachant pertinemment que seul l’axe Paris-Berlin-Moscou pourrait résolument mettre à mal leur suprématie.

Autre chose : Si l’UE se range aussi aveuglement derrière les Etats-Unis sur un problème aussi brûlant, n’est-ce pas une occasion de nous interroger sur cette Eurocratie bruxelloise, notamment à savoir si elle défend vraiment l’Europe ? Pardonnez-moi, mais quand je la vois prendre parti pour une minorité musulmane, anciennement terroriste et indépendantiste plutôt que pour une nation de culture et d’histoire européenne comme la Serbie, je reste perplexe sur les objets de cette « Europe » là...

Alors nous voilà condamnés à observer à deux pas de chez nous une situation qui risque de dégénérer. Espérons toutefois que les choses s’arrangent, mais que cela ne nous dédouane pas de nous interroger profondément sur les Etats-Unis et notre Union européenne.


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28 réactions à cet article    


  • Yannick Harrel Yannick Harrel 18 février 2008 13:25

    Bonjour,

    Moi aussi je ne comprends toujours pas la réaction des autorités Européennes. Le torchon brûle entre deux communautés à deux pieds de leurs édifices Bruxellois et pourtant, celles-ci injectent plus de 200 millions d’euros en envoyant policiers et juristes à plus de 1 500 kms de là sans pour autant se soucier de l’effet métastasique dans toute l’Europe que cela puisse prendre.

    L’autisme des Eurodirigeants est hélas devenu une réalité qui ne peut que faire craindre le pire pour l’avenir.

    Je vous recommande cette analyse de Vincent Hervouët passée sur LCI. Très juste et bien documentée.

    Pour rappel, signalons que tout ce gâchis est dû en partie à notre actuel Ministre des Affaires Etrangères, le brave docteur Kouchner lorsqu’il était administrateur de cette même province Serbe entre 1999 et 2001.

    Cordialement


    • tvargentine.com lerma 18 février 2008 13:37

      Les instances européennes sont folles,d’avoir soutenue une indépendance dans cette province tenue par la mafia

      La mafia dirige tout les réseaux criminels et soyons sur maintenant que grace à ses connards de policiens démagos qui siege en Europe,des centaines de millions d’euros vont etre détournés en "aides"

      Une vrai honte pour une europe politique,une vrai menace pour la sécurité de l’europe


      • Harald 18 février 2008 13:51

        Dont Sarkozy, votre mètre, soixante-deux :

        http://www.ambafrance-srb.org/spip.php?article1239&nbsp ;


      • ronchonaire 18 février 2008 13:52

        Il se trouve que je viens de passer un an au Kosovo. Affirmer qu’il s’agit d’un pays musulman est faux ; plus exactement, les kosovars sont autant musulmans que les français sont catholiques : la plupart ne sont ni croyants ni pratiquants et ceux qui le sont sont loin d’être des fanatiques (la consommation d’alcool est libre par exemple). Il n’y a donc rien à craindre de ce point de vue. Et puis, autant que je sache, l’Europe n’est pas fondée sur des critères religieux.

        Par ailleurs, la culture albano-kosovare est fondamentalement européenne et l’islam ne l’a que peu influencée. Au pire, pouvons-nous noter qu’il est pratiquement impossible de trouver du porc au Kosovo (ce qui ne les empêche pas d’avoir de l’excellente charcuterie par ailleurs !) De ce point de vue également, les craintes actuelles sont donc injustifiées.

        Quant aux craintes d’un possible précédent créé par le Kosovo, il faut remettre les choses dans leur contexte. Cela fait 10 ans que le Kosovo stagne sous protectorat de l’ONU, il y a toujours 17000 soldats internationaux déployés pour empêcher une reprise des massacres (aussi bien par les serbes que par les albanais), les négociations ont déjà duré 2 ans de plus que prévu et n’ont toujours rien donné. Le statu quo était intenable pour la population et même si la déclaration unilatérale d’indépendance n’est pas la meilleure solution, c’est finalement la moins pire.

        Quant à l’avenir, il me semble tout tracé. La place du Kosovo et de l’ensemble des Balkans est au sein de l’Union Européenne car cette région fait partie intégrante de l’Europe, aussi bien géographiquement, historiquement que culturellement. Cela ne se fera sans doute pas avant au moins 15 ans, mais cela finira par se faire, quoiqu’il arrive.


        • fafou0 18 février 2008 14:24

          Bonjour,

          Pour un "égaré", votre analyse semble pleine de bon sens et j’acquiesce totalement à votre "explication" car en réalité j’ai lu quelque chose allant dans ce sens, il y a environ 1 an, concernant la division de l’Europe par les Etats Unis dont j’ai malheureusement perdu le lien. C’est pour cette même raison que les USA sont "pour" l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne ! Sans compter leur peur de voir l’Europe se rapprocher de la Russie....les intérêts...

          N’oublions pas non plus, concernant la France, le rôle joué par Chirac dans les décisions prises par l’Otan... et l’échec de toute politique de retour des Serbes chassés de leur pays ou partis. Dans les accords de Rambouillet, il a été inscrit : l’indépendance du Kosovo "ne doit pas être un fait accompli", elle doit se faire dans le respect des minorités et de l’état de droit !

           


          • Cascabel Cascabel 18 février 2008 18:33

            Les "accords" de Rambouillet, quelle blague !


          • Lambert85 Lambert85 18 février 2008 14:32

            Ils sont "partis" quand vos serbes ? Combien sont partis pendant les guerres yougoslaves ? Les serbes sont depuis longtemps minoritaires au Kosovo pour des raisons historiques et économiques.


            • Cascabel Cascabel 18 février 2008 18:32

              Un petit pogrom ça aide aussi.


            • Internaute Internaute 18 février 2008 21:33

              De la même manière on peut dire que les français sont nettement minoritaires en Corse.


            • Fuchinran Fuchinran 18 février 2008 14:38

              L’indépendance a été (auto)proclamée unilatéralement donc, mais elle n’a pas été encore validée par les Nations Unies et du coup, elle reste "nulle et non avenue"... et ne semble pas prête à l’être puisque la Chine s’allie à la Russie, qui hier, était seule dans sa revendication pour rendre non légitime cette proclamation au nom des dangers des séparatismes, que la Russie connaît elle-même... Rappelez que l’Abhzkasie et l’Ossétie su Sud ont suivi l’élan du Kosovo immédiatement pour proclamer leur indépendance...

              Le sort du Kosovo-Métochie n’est finalement pas aussi évident que veulent bien le croire les Albanais du Kosovo ... D’ailleurs, l’UE n’est pas "favorable", attention 6 pays s’y opposent, dont une opposition ferme et crédible de l’Espagne, qui est l’un des pays les plus à même de jauger les risques de séparatisme et qui a l’influence suffisante aujourd’hui en Europe pour faire entendre sa voix, ce qui n’est hélas pas le cas des voisins de la Serbie : Roumanie, Bulgarie, encore trop "jeunes" et pas vraiment intégrés à l’Europe ou sous conditions...


              • Le péripate Le péripate 18 février 2008 14:45

                Mouais..... Et une couche de danger islamique, ici prétendument utilisé pour diviser l’Europe. comme si ça existait, ça, l’Europe.

                C’est bien plutôt pour faire pièce aux Russes, par Serbes interposés. Il y a une longue ligne de présence états-unienne qui court du fond de l’Asie jusqu’au Kosovo. Repousser le Russe est le but, comme en Afganistan. On a la politique de sa géographie. Et les Etats-Unis, malgré leur puissance, sont excentrés du centre du monde.

                 


                • Cascabel Cascabel 18 février 2008 18:38

                  Bien vu.


                • Internaute Internaute 18 février 2008 21:35

                  Et l’Israël, cela existe ?


                • Ar Brezonneg 18 février 2008 14:53

                  Que voilà une bonne nouvelle !

                   

                  - Le Kosovo, selon le droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes, s’est proclamé indépendant avec l’appui des autoristés de Bruxelles et des USA.

                   

                  - Pour la Bretagne, le Pays Basque, la Corse, la Catalogne, la Flandres, c’est un boulevard qui s’ouvre ! On n’en espérait pas tant !

                  - Avec ce précédent juridiaque rien ne nous empêche d’en faire autant !

                  - Merçi à Soldana, Barroso et Bush !

                   


                  • faxtronic faxtronic 19 février 2008 11:47

                    Encore faut il que ayez une nation avec une population prete a vous suivre. Ce n’est pas le cas ni en corse ni en bretagne.


                  • faxtronic faxtronic 19 février 2008 11:47

                    Encore faut il que ayez une nation avec une population prete a vous suivre. Ce n’est pas le cas ni en corse ni en bretagne.


                  • cywd 19 février 2008 13:11

                    Chacun voit midi à sa porte.

                    Rappelons que ceux qui râlent ici contre l’indépendance du Kosovo sont souvent partisans pour le Tibet libre...Y-a-t-il vraiment un équilibre entre la souveraineté de l’Etat et le droit des Peuples à disposer d’eux-même ?


                  • Cascabel Cascabel 18 février 2008 18:30

                    Vive mon quartier libre !


                    • bersace bersace 18 février 2008 18:39

                      « Droit des peuples à disposer d’eux même ». Y’a-t-il vraiment un peuple Kosavar. D’un côté on nous parle de cœur historique de la serbie, de l’autre on nous parle d’Albanais musulman au Kosovo. Au final, le peuple Kosovar est aussi réel que le peuple charentais.

                      Est-ce la première étape vers l’annexion du Kosovo par l’Albanie ?


                          • judel.66 18 février 2008 23:01

                            merci giscard et le regroupement familial de 1975............ merci les socialistes et le droit du sol........où allons nous  ???pauvre serbie si maladroite ..... pauvre europe si aveugle.......


                            • Baash 19 février 2008 01:46

                              c’a sent le serbe décu de pas avoir pu faire sa GRANDE Serbie qui avait presque réussit a exterminer ces sous-peuples qui envahissent Sa GRANDE Serbie.


                              • Emmanuel W 19 février 2008 17:36

                                Difficile question. Selon Pierre Hillard, ce processus d’écrasement des nations européennes prises en étaux entre les régions et Bruxelles est la volonté de l’Allemagne et des atlantistes.

                                Avant de rigoler, considérez que le ministère de l’intérieur allemand soutient et finance une centaine de mouvements autonomistes en Europe dont les Bretons, Alsaciens, etc...

                                Il écrivait en mars 2003 :

                                "Les populations extra-européennes, dans le cadre des droits de l’homme et du droit à la différence seront en mesure de réclamer une extension de ces droits en leur faveur. Les textes germano-européens les y autorisent. Qui plus est, l’entrée programmée de la Turquie dans l’Union européenne accéléra cette implantation ethnique musulmane sur tout le continent. De nombreux Kosovo sont à prévoir. L’Europe se fragmentera encore plus. Inévitablement des rivalités inter-ethniques liées aux intérêts économiques et à l’égoïsme inhérent de l’homme favoriseront des guerres multiples. "

                                http://www.diploweb.com/p5hillard1.htm

                                 


                                • Deneb Deneb 23 février 2008 11:08

                                  "...l’égoïsme inhérent de l’homme..."

                                   

                                  Parlez pour vous ! Moi, l’humain et sa noblesse, j’y crois. Etant athée, c’est curieusement presque un sentiment religieux. Qu’avez-vous à gagner à ratisser la misanthropie ambiante ?


                                • ergenekon ergenekon 19 février 2008 20:26

                                  vive le kosovo

                                   


                                  • Deneb Deneb 23 février 2008 11:01

                                    Il faut dire que la Serbie a tout faux depuis environs 25 ans. Comme par hasard, ça a commencé avec le Kosovo. Il faut dire que les Serbes sont en majorité racistes envers les albanais de Kosovo. Un peu de la même façon que les Australiens sont en majorité racistes envers les Aborigènes natifs. Les albanais ont utilisé l’arme démographique. En un siècle ils ont fait suffisamment d’enfants pour que le Kosovo soit peuplé à 90% d’albanais. Au début des années 80, les Serbes exerçaient une discrimination envers les Albanais, culturellement différents. La Slovénie s’est soulevé la première contre cette discrimination, ce qui lui a valu les foudres serbes. Ceux derniers en ont rajouté une couche en publiant le fameux Mémorandum de l’académie serbe qui rafraichissait idéologiquement la vieille idée de la grande Serbie. Surfant sur cette vague nationaliste, un jeune apparatchik Slobodan Milosevic ratisse la haine en s’adressant directement aux Serbes de Kosovo. La Slovénie crie au scandale , bientôt suivi par les autres republiques de la fédération yougoslave. En réponse, les Serbes s’organisent en milices armées et commencent à semer la terreur, pas seulement au Kosovo, mais aussi en Croatie et en Bosnie, où la carte des ethnies ressemble à une peau de léopard. La situation s’est singulièrement envenimée après la chute du mur de Berlin, quand tout le monde, sauf les Serbes, voulait la fin de la domination communiste. En effet, ces derniers, s’accrochant au cadavre de la Yougoslavie, entamèrent les campagnes militaires. En réaction, les autres, surtout les Croates, furent de même. Ce fut la guerre. Qu’elle ait durée quatre ans, c’est en grande partie la faute aux dirigeants européens, qui, surpris par l’éclatement de la Yougoslavie, essayaient de freiner et s’accrochaient au status quo, pendant que les population civiles se faisaient massacrer. Cela aurait pourtant été d’une simplicité enfantine d’y mettre terme, comme l’a prouvé en 1995 le geste salvateur des Etats-Unis de Clinton, qui ont bombardés les batteries serbes, postés sur les collines autour de Sarajevo. La guerre s’est arrêtée net. Il a donc suffit que quelqu’un (en occurrence les Américains) montre les muscles, et tout le monde a réussi à se mettre d’accord. Les européens sont donc co-responsables de quelques centaines de milliers de morts civils, en refusant de prendre parti contre les Serbes durant cette guerre.

                                    Après la fin des guerres yougoslaves, à défaut de la grande Serbie, Milosevic a donc décidé de refidéliser Kosovo coute que coute.Il s’y est évidemment pris à sa façon - en ratissant la haine. La récolte de la tempête n’a pas tardé : Clinton bombarde la Serbie.Les Serbes ont alors compris qu’il fallait se debarasser de Milosevic au plus vite. Cependant, les décennies de propagande nationaliste sont resté profondément ancrées dans les esprits. Les dirigeants serbes ont donc décidé de exploiter cette synergie avec les accents qui rappellent de plus en plus ceux de Milosevic.

                                    Mon analyse personnelle est que les Serbes s’y sont pris comme des manches. En jouant la carte du nationalisme au lieu de celle de la démocratie, ils ont réussi à passer pour des troublions dans une Europe qui n’avait pas envie de cela. L’independance de Kosovo est donc la suite logique de leurs errements. Et ce n’est pas fini. Au nord, dans la province de Voïvodina, la minorité hongroise est en train de lever la tête. Suite au prochain épisode.

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