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Accueil du site > Actualités > International > Le mouvement Bellmark au Japon

Le mouvement Bellmark au Japon

De passage au Japon, vous est-il déjà arrivé de voir ce symbole ou ses dérivés sur la couverture d’un livre à la librairie, sur une bouteille de thé ou sur l’emballage d’un o-musubi (ou o-nigiri) au kombini, ou encore sur un contenant de mayonnaise au supermarché ? ベルマーク (Bellmark), c’est le nom d’un mouvement qui remonte à 1960, alors qu’il fut amorcé par le quotidien national Asahi Shimbun en réponse à la requête d’un professeur qui, enseignant dans une école de la préfecture de Fukushima, lançait un appel pour que les écoles en difficulté financière puissent acheter le même matériel scolaire que les écoles bien nanties.

Ces étiquettes sont à la fois discrètes et présentes un peu partout dans la vie quotidienne au Japon, sur plus de 2 000 types de produits (en voici un bel exemple ici). Mais que se cache-t-il donc derrière ces petites cloches ? Rien de tel qu’un petit schéma pour bien comprendre la logique derrière ces clochettes qui font tinter l’argent au Japon.

Le cas classique est celui de l’Association de parents et d’enseignants (PTA) qui collecte et trie les étiquettes de cloche pour acheter du matériel nécessaire à la vie scolaire, calcule les points accumulés (qui seront convertis en yens, le nombre de points variant selon le produit) puis envoie le tout (étiquettes et formulaires) à la Fondation Bellmark. Celle-ci procède à la vérification puis demande aux commanditaires du programme de déposer la somme correspondant aux points accumulés dans le compte bancaire de la PTA.

Une fois cet argent encaissé, la PTA établit la liste des achats qu’elle désire faire via la Fondation Bellmark, puis lui envoie sa commande. La Fondation commande alors le matériel aux compagnies qui participent au programme Bellmark. On voit ici surgir l’astuce : les PTA ne peuvent pas acheter n’importe quoi avec l’argent reçu des commanditaires. Elles doivent passer par la Fondation Bellmark, qui s’assure que l’argent est dépensé pour une bonne cause (lire "pour acheter le matériel autorisé auprès des compagnies participantes).

Sur réception de la commande, la compagnie participante envoie le matériel à la PTA et rembourse 10 % du montant des achats à la Fondation Bellmark, qui pourra utiliser cet argent dans des projets d’aide aux écoles en difficulté au Japon, ou, comme cela se fait de plus en plus, dans des projets d’aide au développement en Asie.

Il va sans dire que les écoliers jouent un grand rôle dans cette mécanique vertueuse, car ce sont eux qui bien souvent, à la maison, découpent les clochettes sur les produits pour les rapporter à l’école. Petit hic, la baisse de la natalité a probablement contribué, depuis les années 1990, à une diminution considérable du nombre de clochettes collectées. Le mouvement s’étend toutefois de plus en plus, que ce soit dans les universités et les organismes communautaires, ou auprès des particuliers, qui peuvent utiliser leur téléphone portable pour accumuler des points et faire des achats en ligne, acheter un tee-shirt Bellmark ou encore envoyer leurs étiquettes au club Aspara du quotidien national Asahi Shimbun (voir le dernier billet de Nipponica Blogula).

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5 réactions à cet article    


  • Iroquois Iroquois 2 juillet 2008 13:59

    Bonjour,
    Petite question. Vous dites "des écoles en difficulté financière" : car moins bien dotées en fonds publics par rapport à d’autres ou par rapport à celles privées ?


    • Alain Côté Alain Côté 2 juillet 2008 21:50

      Bonjour. Je n’ai pas de détails sur ce point, mais je suis tenté de croire qu’il s’agisssait plutôt d’inégalités entre écoles publiques. On peut notamment penser à la vétusté des installations dans certaines écoles, faute d’argent pour renouveler les équipements. Bellmark vient d’ailleurs en aide aux écoles qui subissent des dommages à la propriété suite à un tremblement de terre, glissement de terrain ou autre calaminité naturelle (quand même assez fréquentes au Japon).


    • Alain Côté Alain Côté 2 juillet 2008 21:50

      Bonjour. Je n’ai pas de détails sur ce point, mais je suis tenté de croire qu’il s’agisssait plutôt d’inégalités entre écoles publiques. On peut notamment penser à la vétusté des installations dans certaines écoles, faute d’argent pour renouveler les équipements. Bellmark vient d’ailleurs en aide aux écoles qui subissent des dommages à la propriété suite à un tremblement de terre, glissement de terrain ou autre calaminité naturelle (quand même assez fréquentes au Japon).


    • Alain Côté Alain Côté 3 juillet 2008 11:32

      > Parkway

      Je pense qu’il faut lire ma réponse au premier commentaire pour bien comprendre. Il faut aussi tenir compte du passage où j’écris : "... comme cela se fait de plus en plus, dans des projets d’aide au développement en Asie."

      Cordialement,
      Alain


    • Jean-Paul Cendrier Arpenteur 19 juillet 2008 19:09

      Qui a dit que le capitalisme effacerait les différences ?
      Au moins il permet aux citoyens de s’organiser et de pas toujours compter sur l’état providence !

      Jules

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