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Accueil du site > Actualités > International > Le mur de la peur et ses répercussions en Cisjordanie

Le mur de la peur et ses répercussions en Cisjordanie

Israël pour se protèger des incursions palestiniennes a construit un mur. Cette construcition est -elle légitime ? Que peuvent faire les palestiniens ? Cette situation aboutit à une surrenchère des deux cotés du mur. Elle provoquera encore plus de haine contre l’occupant, qui réprimera encore plus ; cette spirale infernale risque de ne plus s’arrêter si rien n’est fait pour faire appliquer le droit international. En conséquence, la Communauté internationale se doit de réagir avec plus de vigueur, même si les intérêts géopolitiques sont bien complexes ! 

A Jérusalem, depuis le Mont des Oliviers, nous avons vu le mur s’étendre à gauche de la capitale et partir border la Cisjordanie. Nous sommes allés voir plus près. Ce mur devrait protéger des incursions terroristes et ne longer que la ligne verte (ligne d’armistice de 1967) mais la réalité est toute autre, puisque ce mur coupe des villages, pénètre dans les territoires Cisjordaniens et accapare des points d’eau. Les colonies juives sont enclavées par ce mur.
 
Vers Ramallah, nous suivions le mur /barrière pendant quelques kilomètres.
A certains endroits, il était encore en construction. Ce mur a commencé à être construit depuis 2002. Il est parfois appelé « clôture de sécurité » (security fence) ou mur de la Peur. Il fragmente la Cisjordanie en la transformant en une série d’enclaves, comme des bantoustans qui rappellent avec amertume l’apartheid en Afrique du sud. Des barres de béton épaisses de 40 cm jointes les unes envers les autres coupent le territoire.
 
Les routes adjacentes de certains villages palestiniens sont soit coupée par des blocs de rochers et de gravats, soit détruites. Un chemin circule le long de ce mur pour assurer la surveillance avec une bande de sable entre le mur et cette route, afin de repérer les intrusions. Ce mur est généralement doublé par des fossés anti-véhicules et des barbelés.
 
Il s’éloigne de la « ligne verte » de 60 à 80 mètres. Il est prévu sur plus de 700 kilomètres. Un grillage électrifié, muni de senseurs de détection, suit ce mur. Parfois des mines sont adjointes à ce mur.
 
Par endroit, le mur mesure de 7 à 12 mètres de haut et des miradors en béton équipés de projecteurs, de caméras vidéo télécommandées et de vigies se découpent dans ce paysage urbain bien fragmenté.
 
Quand nous entrons en Cisjordanie, nous traversons des poste de contrôles qui sont autant de filtres pour les palestiniens : ils doivent attendre des heures pour pouvoir passer afin de travailler du coté israélien. Ils en mettent autant pour revenir chez eux. La couleurs des plaques d’immatriculation a son importance : les plaques jaunes des voitures israéliennes passent partout, sauf dans les zones militaires, où il faut une plaque noire. Les voitures aux plaques blanches ou vertes (les Palestiniens) ne sont pas autorisées à pénétrer en Israël et ne peuvent circuler en Cisjordanie que dans les zones qui leurs sont autorisées. Certains militaires suivant leur bon vouloir ont des attitudes discriminatoires envers ces populations.
 
Des soldats bien armés défendent ces postes de contrôles et des doubles herses enterrées sont prêtes à se relever pour empêcher des véhicules de passer. Nous circulions avec une voiture de location israélienne, munie d’une plaque jaune. Nous avons peu attendu dans la file des véhicules israéliens au poste de contrôle à la sortie de Bethléem, par contre, les palestiniens passaient sur une autre file avec un débit bien plus lent. Au sommet du mirador, une caméra avec zoom scrutait l’intérieur des véhicules. Des armes lourdes restaient pointées sur les véhicules.
 
L’emploi déjà très dépendant d’Israël devient sinistré. Le chômage augmente et la vie sociale est confrontée aux pires difficultés.
 
Les villes palestiniennes sont condamnées. Encerclées par le mur, elles ne peuvent pas se développer. La population se trouve coincée, vu l’important taux de natalité et comme le territoire est déjà très réduit, cela pose des problèmes insurmontables.
A Ramallah, un mirador est partiellement détruit et calciné : il a reçu des tirs de roquette et des jets de cocktail Molotov. Une autre tour la remplace à coté. De lourdes portes en acier permettent aux soldats de passer en véhicules blindés afin d’intervenir quand les colonies semblent menacées.
 
Les colonies qui sont derrière ce mur ressemblent à des lotissement où les maisons sont serrées les unes contre les autres comme un village féodal au milieu duquel se dresse une tour de guet équipée des dernières technologies de surveillance. Ces colonies sont souvent au sommet de collines et les serres de culture sont en bas. Ces enclaves sont en plein territoire Cisjordanien et des routes spéciales sur lesquelles ne peuvent pas circuler les palestiniens y mènent. Ce mur pénètre dans les propriétés ou dans les champs des palestiniens, coupent des villages, ce qui a permis de raser les maisons construites du « bon » coté du mur : vers la partie des terres annexées ou des territoires occupés.
 
Ce mur illustre des zones de fractures, qu’elles soient agraires, citadines, religieuses et culturelles. Il engendre des violations des droits économiques, sociaux et culturels et des droits civils et politiques tout en violant le droit international humanitaire.
Les palestiniens ne peuvent plus cultiver certaines de leur terre. La liberté de circuler n’existe plus. Pour aller d’un point distant de 300 mètres, mais séparé par le mur, il faudra contourner ce mur et passer divers barrages de contrôles, ce qui veut dire une perte de temps, qui est très grave quand il s’agit d’atteindre les hôpitaux, lors de problèmes urgents de santé.
 
Par peur du terrorisme, les flux de circulation des palestiniens sont limités, voir interdits dans certaines zones. Ceux qui en souffrent le plus sont les femmes, les personnes âgées et les enfants qui privés de ressources économiques et de leurs droits fondamentaux ne peuvent pas vivre décemment.
 
Le mur allonge sa monotonie et des graffitis appelant à la paix ou à la rébellion perturbent cette longueur infinie et outrancière, que cela soit au pourtour de la bande de Gaza ou en Cisjordanie.
 
Pour ne pas trop perturber les pèlerins ou touristes qui viennent à Bethléem, le mur est déguisé en mur anti-bruit avec des décorations passe-partout.
 
Avec le mur, les palestiniens sont assignés à résidence, mais les israéliens s’enferment aussi. Avant, les palestiniens travaillaient en Israël et avaient des contacts avec les civils israéliens ; ils connaissaient leurs mentalités, leur mode de vie et s’entendaient bien. L’israélien n’était pas un étranger, malgré le dépit des vieux palestiniens. Maintenant, avec ce mur, les jeunes ne sont plus en lien et en contact avec les israéliens. D’Israël, ils ne voient que ce qui fait peur : les check points, les blindés, les incursions, la discrimination et les morts. Ils ne perçoivent plus de façon tangible les israéliens qui paraissent des fantômes : les soldats restent invisibles dans leur tours, leurs blindés et leurs camions. Ils sont totalement désincarnés.

Dans ces conditions, comment les jeunes palestiniens peuvent-il percevoir la réalité, ne voir que des hommes et de ce fait, les représentations qu’ils se font deviennent des images de haine, de soldats sans âme, des civils sans consistance. La conséquence est qu’il est alors facile de se révolter et d’en arriver à se faire sauter pour détruire ce qu’ils pensent être un mal absolu. Ce mur aura provoquer ça. Radicaliser encore plus les jeunes à devenir des kamikazes. Israël programme sa destruction future en créant ces ghettos, qui distillent la haine, si cette voie ou cette coupure est poursuivie.
 
Dans les villes américanisées d’Israël, telles que Tel Aviv, on se sent bien loin des tensions de Jérusalem : une plage bordée d’hôtels luxueux, une jeunesse insouciante et de nombreux touristes vivent comme dans un monde parallèle. Les boîtes de nuit à l’ambiance techno, les bars « happy hours ». Tout oppose ces villes au conflit et au mur. On ne veut même pas en entendre parler. Voir et ne pas voir cohabitent dans un seul corps. Pourtant beaucoup d’Israéliens ne sont pas d’accord avec ce mur, qui demeure une rature dans les négociations de paix.Ils luttent pour le respect du peuple palestinien, de plus, certains soldats israéliens refusent ce rôle d’occupants...

Certaines ONG des droits de l’Homme « estiment que la construction de ce mur/barrière à l’intérieur des Territoires occupés est contraire au droit international humanitaire et suscite des violations graves des droits humains. Le mur entoure plus de 50 implantations civiles israéliennes qui abritent la majorité des colons israéliens dans les Territoires occupés. » La légitimité d’Israël de se protéger n’est pas contestable, mais pas de cette façon, pas au détriment du respect des normes internationales, ni de celui des civils et d’un peuple qui en paient le prix fort. Israël a bien signé et ratifié les traités qui définissent son champ d’intervention.
 
Le 9 juillet 2004, la Cour internationale de justice juge "illégale" la construction du mur par Israël en Cisjordanie. Saisie par l’Assemblée générale de l’ONU en décembre 2003, la CIJ estime dans son avis consultatif que "la construction par Israël, puissance occupante, du mur en territoire palestinien occupé, notamment dans et autour de Jérusalem-Est, est contraire à la loi internationale".
 
Tant que ce mur existera, la paix n’est pas pour demain.
 
FM
Août 2008

Moyenne des avis sur cet article :  3.58/5   (31 votes)




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14 réactions à cet article    


  • Sébastien Sébastien 23 août 2008 11:39

    Vous en etes encore a vous interroger sur la legitimite d’Israel ? Vous avez un train de retard mon vieux...


  • Sébastien Sébastien 23 août 2008 11:37

    Vous avez oublie de signaler que depuis ce mur, les israeliens subissent 80% d’attentats en moins. Le mur n’a pas ete construit pour brimer les palestiniens mais pour proteger les israeliens. A part des extremistes debiles, personne ne se rejouit de cette separation de fait. D’ailleurs les problemes de travail se posent aussi pour les israeliens qui manquent d’employes.

    Comme d’habitude, parler d’apartheid est ridicule et decredibilise votre article tout en affichant votre parti-pris.

    Et enfin vous prenez le probleme a l’envers. Ce n’est pas parce qu’on a construit le mur que les palestiniens commettent des attentats mais c’est parce qu’ils commettent des attentats que l’on a construit ce mur. Donc quand les palestiniens comprendront qu’ils doivent se debarrasser de leurs terroristes fanatiques pour ameliorer leur situation, ils auront fait un grand pas vers la paix.


    • Sahtellil Sahtellil 23 août 2008 14:50

      "Donc quand les palestiniens comprendront qu’ils doivent se debarrasser de leurs terroristes fanatiques pour ameliorer leur situation, ils auront fait un grand pas vers la paix."

      Alors comme ça les Palestiniens doivent s’écraser comme de gentils toutous devant la spoliation croissante de leur terres pour améliorer leur situation ? smiley C’est à péter de rire si ce n’était pas aussi dramatique !

      BMD



    • Bateleur du Tarot Bateleur du Tarot 23 août 2008 16:37

      Mon cher Sahtellil

      Si je comprends bien votre propos vous soutenez le terrorisme, c’est une opinion comme une autre, le lecteur jugera.

      PS. Par contre la paix ne semble pas vous préoccuper beaucoup.

      Cordialement.

      ...


    • Sahtellil Sahtellil 23 août 2008 18:09

      Palabrer sur un forum à propos d’un sujet aussi passionnel ne fait pas avancer le schlimblick d’un iota. Les contributeurs croient généralement mordicus être dans le vrai et se bunkérisent dans leurs convictions quels que soient les arguments produits par le vis-à-vis. Aussi évité-je généralement d’intervenir même s’il est difficile de ne pas bondir à la lecture de certains posts. C’est le cas aujourdh’hui. Je clôturerai donc ma présence sur ce fil par la présente réponse.

      Peu importe ce que je crois et qui je soutiens derrière mon clavier. L’important est l’acception que chacun des protagonistes sur le terrain veut bien prêter au vocable "paix". Selon vous et Sebastien, la seule partie rétive à l’instauration d’une paix durable est les Palestiniens. Fort bien. Alors quid des colonisations sauvages avec leur lot d’expropriations dans les cris et les larmes ? Quid des nombreuses résolutions onusiennes superbement ignorées par Israël devant les bienveillantes indignations de la communauté internationale ? La question des ressources en eau, le blocus de Gaza, etc. etc. ? Vous arguerez certainement du légitime droit de réponse aux "criminelles" attaques "terrorristes". Vous vous attendez peut-être à ce qu’un peuple sans armée régulière reste sans réaction devant l’honteux expansionnisme sioniste que cautionne par son silence le reste du monde ? Ce que vous appelez terrorrisme, c’est le droit imprescriptible d’un peuple quasi à terre de se défendre avec les moyens qu’on lui laisse face à la loi du plus fort dont mésuse ignominieusement un adversaire qui se préoccupe davantage d’étendre son territoire au détriment d’une réelle volonté de cohabitation paisible... Je me rends compte d’une foultitude d’éléments que je laisse dans l’ombre et qui sont essentiels à un argumentaire un tant soit peu complet et cohérent mais comme je l’ai dit, je ne me fais guère d’illusion sur l’utilité de l’effort que cela m’aménerait à fournir.

      BMD

      PS. Si vous désirez répondre, je vous engage à me citer les actions concrétes qu’Israël met en oeuvre en faveur de la paix au lieu de focaliser sur l’autre partie. Car pour faire la paix, il faut être deux.


    • Sahtellil Sahtellil 23 août 2008 18:17

      Au fait ce que vous entendez par paix, et vous rejoignez les sionistes en cela, c’est la capitulation totale de la Palestine aux conditions que veut bien accorder Israël. Votre position ne se conçoit pas autrement.

      BMD


    • Bateleur du Tarot Bateleur du Tarot 24 août 2008 00:31

      Mon cher Sahtellil

      Juste une question : la dernière fois que vous étiez en Israël ça remonte à quand ?

      A vous écouter tout d’un coup la paix c’est facile, yaka, mais il me semble qu’il vous manque l’essenciel, une connaissance sur le terrain, cela se lit dans vos propos, donc je ne souhaite pas continuer à perdre mon temps avec vous.

      ...


    • ZORBA 23 août 2008 14:08

      CA COMMENCE VRAIMENT A FAIRE TROP .
      IL EST TEMP DE DIRE QUE "L’ETAT D’ISRAEL"EST UN ETAT TERRORISTE QU’IL PERD TOUTE LEGITIMITE S’IL EN A JAMAIS EU.
      IL FABRIQUE TOUT SEUL EN L’AMPLIFIANT L’ANTI SEMITISME ET IL GASPILLE LE CAPITAL DE SYMPATHIE QU’IL AVAIT APRES LA LE GENOCIDE HITLERIEN CONTRE LES JUIFS D’EUROPE.
      BREF....LE COMPTE A REBOURS A COMMENCE ET LE CHRONO A ETE MIS EN MARCHE PAR LES GOUVERNEMENTS ISRAELIENS SUCCESSIFS.


      • Bateleur du Tarot Bateleur du Tarot 23 août 2008 14:35

        Cher auteur,

        Vous occultez, comme beaucoup, le fait qu’en 1967 l’ensemble des pays arabes entourant Israël s’étaient liés pour anéantir le pays et jeter les juifs à la mer (dixit Nasser) que d’autre part la bande de Gaza faisait partie de l’Egypte et que la Cisjordanie faisait partie de la Jordanie, donc aucun des ces territoires n’était palestinien. Seulement le courage d’une jeunesse héritière de cette terre en a voulu autrement et comme dans toutes guerre des territoires ont été légitimement conquis par Israël qui n’a pas voulu cette guerre.

        Il faut comprendre également qu’Israël n’est pas plus grand que la Normandie et que le gouvernement israélien, qu’il soit de droite ou de gauche à le devoir de protéger chaque mètres carrés de ce territoire et la vie de ses citoyens, la barrière de sécurité fait partie de ces moyens. Quant aux implantations israéliennes elles font partie d’une stratégie de guerre et il me semble plus constructif et moins meurtrier de construire des maisons que de tirer des roquettes et des missiles comme le fait le Hamas, mais c’est une question de point de vue...

        J’ai juste une petite question à poser à l’auteur, trouvez-vous logique qu’il vive en Israël des catholiques, des musulmans, et des juifs, alors que dans ce que l’on appelle les territoires palestiniens juifs et catholiques sont chassés et n’ont pas droit à résidence ? - Cela ne démontre-t-il pas une volonté de rejet des populations non-musulmanes ?

        Le jour ou les palestiniens comprendront qu’ils ont plus à gagner à faire la paix plutôt qu’a prolonger un conflit qui les isolent chaque jour un peu plus, alors nous auront fait un grand pas en avant. Heureusement que des deux cotés des gens travaillent dans ce sens plutôt que de se lamenter, comme le fait cet article, sur le malheur de gens qui font tout pour l’alimenter.

        Cette guerre constitue le fond de commerce des fondamentalistes (Hamas, Hezbollah, Frères Musulmans, Al Qaida) dont le seul but est de convertir le monde libre à l’Islam et d’imposer la loi coranique.

        Il serait bon que nous ne nous trompions pas d’adversaire.

        Cordialement.


        • couscous 23 août 2008 18:16

          Cet article traduit bien la réalité de ce pays pas plus grand que deux départements français. Les civils palestiniens et israéliens veulent vivre en paix dans deux états. Ce mur ne résout rien.


          • ZEN ZEN 23 août 2008 20:45

            Le Mur fait partie d’une politique d’ensemble qu’a excellemment analysée le géographe J. Levy :



            « Sur la carte, il ne reste que des enclaves »

            « Les stratèges israéliens ont utilisé la barrière de sécurité comme un point d’appui pour l’encerclement des localités palestiniennes chaque fois que c’était possible » analyse le géographe Jacques Lévy, auteur d’une étude sur la déconstruction de l’espace en Cisjordanie. Il conclut à un “spatiocide"...Comme l’idée de se protéger contre le terrorisme par une frontière fermée a été jugée acceptable par l’opinion publique internationale, les stratèges israéliens en ont profité pour l’utiliser à fond, comme un point d’appui pour l’encerclement des localités palestiniennes chaque fois que c’était possible...
            Certains ont parlé de bantoustans en découvrant cette carte. Et cette comparaison avec l’Afrique du Sud n’est pas absurde, puisqu’il y a une logique de confinement dans de petites entités, dont certaines sont importantes en population...la barrière de protection n’est qu’une composante d’un système beaucoup plus complexe. Là où elle n’est pas présente, les Israéliens ont utilisé d’autres moyens comme les check-points, le classement en zone militaire ou en réserve naturelle, les routes barrées, les mottes de terre, les tranchées sur les chemins non goudronnées, y compris des actions qui semblent sans importance, mais qui sont planifiées pour entraver la circulation...
            On ne peut pas expliquer l’ensemble des mesures qu’on observe par un simple souci de sécurité. Dans une logique sécuritaire, on pourrait comprendre la mise en place d’une frontière étanche entre Israël et la Cisjordanie et Gaza mais certainement pas d’implanter des colonies. S’installer au cœur du territoire hostile et constituer une cible facile, c’est le contraire de la sécurité...Les Israéliens sont occupants d’un territoire qu’ils ne revendiquent pas et rien ne justifie, du point de vue de leurs propres justifications, qu’ils organisent cette destruction en profondeur de l’espace palestinien...
            Tant que les Palestiniens paraîtront aux yeux de l’opinion internationale pires que les Israéliens, les Israéliens pourront continuer à jouer avec leurs propres principes, contradictoires, à miser sur le caractère juif de l’Etat et la colonisation, le grand Israël...Le « spatiocide » peut ainsi se poursuivre. C’est ce que visent certains stratèges israéliens : les Palestiniens qui peuvent partir partiront. La société palestinienne s’affaiblira. Il n’y aura pas d’alternative. Peu à peu le territoire sera avalé. Et l’on obtiendra, nouveau paradoxe, ce que l’extrême gauche israélienne propose : un état binational. S’ils réussissent, les Israéliens se retrouveront devant une contradiction majeure..."

            Jacques Lévy • Topologie furtive.---------------------Jacques Lévy

            —Réaction d’un Israëlien :"Cette analyse de M. Jacques Lévy me paraît très juste. Je suis israélien et vis ce conflit au jour le jour. Je suis arrivé à la même conclusion : seule une fédération israélo-palestinienne pourrait permettre de pacifier cette terre..."


            La Paix Maintenant - La réalité de l’occupation en Cisjordanie >>> Les terres volées aux Palestiniens :
            "...Israël n’a ni respecté ni protégé le droit à la propriété de milliers de Palestiniens, en confisquant et en saisissant une partie de leurs biens et en y érigeant des colonies. Les informations de sources gouvernementales elles-mêmes montrent que, depuis 1967, les gouvernements successifs d’Israël ont initié de nouvelles colonies et permis l’expansion de colonies existantes sur des terres appartenant à des personnes palestiniennes privées, en violation de la loi israélienne dont l’esprit est à trouver dans le précédent constitué par la décision de la Haute Cour de Justice en 1979..."







            • FM FM 24 août 2008 02:10

              Bonjour,

              Votre commentaire est très pertinent et résume bien la situation sur place. Je vous en remercie

              Par contre, je suis étonné de la virulence de certains autres commentaires, trop parti pris d’un bord à l’autre sans une analyse sérieuse, on reste sur le champ de l’affectif, de l’émotionnel, comme si en France, un combat d’arrière garde était mené. Ce qui est vrai en somme et ceci étant dit cela explique ces propos peu respecteux des uns et des autres.. Imaginez -vous un instant vivre la-bas en Israél ou en Palestine (TO ou à Gaza), commentr réagiriez-vous aux diverses situations qui se présenteront, auriez vous encore plus de rage, plus d’acrimonie dans vos propos ou auriez -vous plus envie de jouer au pompier, au médiateur afin que les personnes ne se détestent pas, à cause de décisions gouvernentales ? Du coté Palestinien, beaucoup militent pour la paix comme du coté Israélien. C’est un travail de longue haleine.

              J’ai discuté avec certaines personnes du CRIF qui ont très mal réagi quand je leur demandais ce qu’ils pensaient du mur, d’autres, plus conciliants, admettaient que c’était une erreur. J’ai des amis palestiniens et israéliens, ne me dites pas que j’ai des partis pris ou un parti pris.
              Il faut aller là-bas pour se rendre compte que la vie n’est pas facile ni pour les uns ni pour les autres. Les civils et certains soldats israéliens refusent cettte situation et ils paient le prix fort le fait de le dire : prisons, interrogatoires, asssassinats, quant aux palestiniens, c’est aussi la prison pour une simple manifestation, quand ce n’est pas une balle tiré par un sniper ou des assassinats ciblés pour certains leaders politiques pas forcement radicaux ou extrémistes ou fondamentalistes.

              Qu’est ce le terrorisme vu à l’aune du 11 septembre 2001 ?
              Je peux comprendre les palestiniens qui se font sauter, mais je condamne ces actes. Tuer des civils n’aménera pas la paix.. Je l’ai expliqué dans mon article. Que dire alors de l’assassinat d’ Yitzhak RABIN par un extrémiste israélien, surement manipulé ?
              Comment peut -on arriver à donner des jugements bruts de décoffrage, d"avoir des avis aussi tranchés envers une situation aussi complexe, aussi douloureuse, tant par l’histoire, la géographie, le lieu de naissance des trois religons soeurs, le territoire et les autres enjeux qui nous échappent surement.

              Je vous propose de voir le site http://www.lapaixmaintenant.org/ ,celui-ci http://www.2peuples2etats.org/ et un dernier anglophone http://www.miftah.org/ Israeliens et Palestiniens sont ici ensemble.

              Ne devons-nous pas défendre la paix et la justice ?
              FM


            • Sahtellil Sahtellil 24 août 2008 10:15

              FM,

              Bonjour. J’ai cru comprendre que vous incluiez mes posts ci-dessus dans votre critique (constructive, j’ai plussé). Comme les "malentendus" sont à la base d’une bonne part des malheurs de ce monde, tâchons de les lever dans celui, virtuel, qui nous permet aujourd’hui de communiquer, par delà les distances, pays, éthnies, religions, etc... Mes compatriotes marocains produisent un adage qui dit : "La langue est dépourvue d’os" pour justifier un malencontreux propos vite émis. C’est mon cas aujourd’hui, je le reconnais volontiers, entraîné, comme vous le dites avec justesse, par l’affectif, l’émotionnel. Par conséquent je vais dire clairement ma position sur le terrorisme, qui n’est pas seulement un sentiment théorisé nourri de ce que nous retenons des médias mais le fruit d’un traumatisme vécu. Permettez-moi pour cela de narrer une petite tranche de vie.

              Je dirige un atelier de signalétiques et d’enseignes publicitaires à Casablanca. Le samedi 3 mai 2003, j’avais à procéder à la pose sur site d’un lot de signalétiques intérieures pour le compte d’un club privé dépendant du consulat d’Espagne appelé "Casa Espana" que je ne connaissait pas auparavant. Comme la commande était assez importante relativement à la modestie de ma structure, nous dûmes, mon équipe et moi, travailler jusqu’au soir, ce qui me permit de faire connaissance avec les gens de service dont le gérant, un très charmant garçon, et le portier qu’on appelait "Lhaj", un solide quinquagénaire taciturne mais sympathique. Le gérant, Mhammed Mahboub, me fit faire le tour du propriétaitre, en fait un bar-restaurant avec terrasse en plein air et une salle pouvant accueillir des expostions, le tout dans un cadre très convivial qui m’impressionna favorablement. Il m’engagea avec insistance à ne pas hésiter à venir manger un morceau ou boire un verre à l’occasion. Ce que je promis de faire, d’autant que je ne dédaignais pas 1 ou 2 verres après le travail 2-3 fois la semaine, et qu’il m’avait présenté à quelques habitués, dont des expatriés, avec lesquels le courant est très vite passé. Or, il se trouva que j’arrêtai de fumer les jours qui suivirent. Je jugeai bon d’interrompre momontanément mes petites sorties par crainte de rechute. Vint le vendredi 16 mai où les débits d’alcool reprirent leurs activités après 5 jours d’arrêt pour cause d’Aid El Mouloud, fête religieuse. Le soir, je fus tenté de répondre à l’invitation de Mahboub mais je ne me sentais pas encore assez d’aplomb pour une soirée enfumée ; je rentrai chez moi. Vers 21h, la ville bascula l’horreur. Horreur qu’on appellera désormais "les attentats de Casablanca". J’appris le lendemain que Casa Espana (photos : 1 - 2 - 3 - 4) était parmi les sites ciblés et qu’un des terroristes avait commencé par égorger celui que les journaux appellent "le vigile" mais qui pour moi est Lhaj, un homme avec qui je partageai un verre de thé en taillant un bout de bavette. Ce n’est qu’en voyant Mahboub à la télé, le visage affreusement mutilé (heureusement reconstruit plus tard), que j’appris qu’il en réchappa miraculeusement.

              Chaque fois que je repense à cette journée, je ne peux réprimer un frisson rétrospectif. Ma vie, je la dois à quelques paquets de cigarettes en moins, sachant que je ne tardai pas à replonger. Comme quoi entre tout et rien, il n’y a généralemet pas l’épaisseur d’un cheveu.

              Alors, les attentats contre les civils, je crois savoir ce que c’est. Je serais criminel de souhaiter pareil sort à quelqu’un, y compris mon pire ennemi.

              Pardon de la digression, mais j’abhorre être pris pour ce que je ne suis pas.

              Cordialement.

              BMD


            • Sébastien Sébastien 24 août 2008 10:25

              Les civils et certains soldats israéliens refusent cettte situation et ils paient le prix fort le fait de le dire : prisons, interrogatoires, asssassinats,

              Vos sources ? Qui s’est fait assassiner pour avoir critiquer le mur ? Il y a toutes les semaines des manifs d’israeliens contre le mur, vous pensez qu’ils finissent tous en prison ou assassines ? C’est hallucinant de colporter des rumeurs comme ca...

              Je peux comprendre les palestiniens qui se font sauter, mais je condamne ces actes. Tuer des civils n’aménera pas la paix..

              Bah voila la difference entre vous et moi. Moi je ne comprends pas qu’on
              se fasse sauter. Parce que ce qu’on appelle un attentat suicide n’est pas un suicide du tout. C’est un assassinat de masse. On tue un maximum de civils. Il n’y a rien a comprendre la-dedans...

              C’est un peu facile de comprendre tout en condamnant...

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