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Le mystère de la Grande Pyramide, un pas de plus

En 2002 le secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités égyptiennesZahi Hawass, estimait que l’exploration des deux “conduits de ventilation” d’une soixantaine de mètres partant de la Chambre de la Reine, et bloqués par des portes de pierre travaillées dotées de “poignées” en cuivre photographiées par un petit robot (Upuaut-2 pour le conduit Sud) en 1993 puis en 2002 (robot Pyramid Rover pour le conduit Nord), constituait le dernier mystère de la Grande Pyramide.

Pour de nombreux chercheurs c’est en fait loin d’être le dernier mystère entourant la seule des sept merveilles du monde antique encore visible aujourd’hui, mais l’examen de ce mystère-ci a fait un pas en avant ce 24 mai 2011 avec les premières photographies de l’arrière de la porte Sud.

Lors de la visite de 2002, Pyramid Rover a foré un trou au travers de la porte Sud et introduit une petit caméra. Celle-ci permit de voir que l’espace derrière la porte semble vide et est fermé par une autre pierre à 18cm de distance, de manufacture ordinaire :

Il y a t’il quelque chose derrière cette seconde pierre ? Nul ne le sait. de même que la raison d’être de la première porte et des ses ornements en cuivre n’a aucune explication définitive. Les hypothèse vont de la pure symbolique à des connecteurs électriques vieux de 4 500 ans.

Ce mois-ci, un robot nommé Djedi conçu par Rob Richardson de l’Université de Leeds (UK) approcha la première porte Sud avec une caméra montée sur un bras flexible, capable de voir sur les côté et derrière – donc de voir l’arrière de la porte. Voici les images :

 

Des hiéroglyphes rouges et des lignes dans la pierre sur les murs de la petite chambre derrière la porte. Ce type d’hiéroglyphe est assez commun sur le site, leur déchiffrement pourrait peut être expliquer la raison d’être de ces conduits.

 

Le robot a aussi pu prendre des images de l’arrière de la porte :

On voit ici l’arrière des “poignées” de cuivre, en forme de boucles. La pierre est polie, comme la face avant.

 

 

Voici enfin une image composite de ce qu’a perçu Djedi.

 

 

 

Position des chambres et des conduits à l’intérieur de la pyramide :

 

 

 

Il y a t’il une autre salle derrière la pierre de fond dans le conduit Sud ? Nul ne sait. D’après l’égyptologue Kate Spence de l’Université de Cambridge, ces conduits ne peuvent qu’être symboliques et il n’y a rien derrière la pierre. Pour Zahi Hawass par contre, le fait qu’aucune autre pyramide ne dispose d’éléments semblables associé à la recherche de l’inviolabilité de la chambre funéraire l’incite à penser qu’il existe encore une chambre inconnue dans la pyramide, la “vraie” chambre funéraire.

L’affaire est donc loin d’être résolue d’autant que qu’en dehors de la question des conduits de la chambre de la Reine, il reste de nombreuses questions fondamentales sur le “pourquoi” et le “comment” de cette immense oeuvre. de nombreux chercheurs en dehors du circuit de l’égyptologie officielle et académique n’admettent pas les hypothèses classiques : pour eux les moyens supposés de l’époque ne permettaient tout simplement pas une telle construction, une telle précision dans la mise en forme et le polissage des pierres.

Ce documentaire passionnant fait le tour de ces questions :

 

Sources :

http://www.newscientist.com/article/mg21028144.500-first-images-from-great-pyramids-chamber-of-secrets.html

http://www.catchpenny.org/shaftend.html

http://www.drhawass.com/

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Les réactions les plus appréciées

  • Par Christian Navis (xxx.xxx.xxx.209) 30 mai 2011 11:21
    Christian Navis

    Les rares inscriptions significatives attribuent la grande pyramide à Keops. Et selon la religion d’alors, chaque pyramide devait être un tombeau. Problème : on n’a jamais retrouvé la dépouille de Kéops.
    La "chambre du roi" contient un sarcophage de pierre vide, sans couvercle ni brisures. Des pillards particulièrement habiles pour y accéder auraient laissé le couvercle trop lourd et la momie sans intérêt. Alors, où est le vrai tombeau du pharaon ? Probablement derrière une de ces "portes" de pierre. Mais pour des raisons assez troubles, Zahi Hawass a toujours fait obstruction à des fouilles... On aurait pu espérer que sa mise à l’écart politique (il était aussi ministre de Moubarak) permettrait de le remplacer. Mais pour le moment, rien ne vient...

    Quant aux mystères de la construction, l’hypothèse de la pierre reconstituée (expérimentée à l’identique) permet de se passer des E.T : on a les carrières à proximité, les liants géopolymères sont des ingrédients naturels courants connus et utilisés par les anciens égyptiens, il suffisait de les mêler dans des coffrages de bois... Et d’ailleurs, ils le faisaient pour d’autres constructions moins imposantes. Voir :
    http://www.geopolymer.org/fr/archeologie/pyramides/les-pyramides-sont-elles-faites-en-beton-1

  • Par aetius320 (xxx.xxx.xxx.142) 30 mai 2011 11:27

    La découverte de la première dalle date des années 90, le percement de 2002, l’installation d’une camera qui regarde en arrière de 2011.

    Ce n’est plus de l’archéologie, c’est du foutage de gueule.
  • Par Christian Navis (xxx.xxx.xxx.209) 30 mai 2011 15:58
    Christian Navis

    Différences entre pierre naturelle et pierre reconstituée : Les blocs de la pyramide de Khéops soumis à des mesures d’absorption d’ondes électromagnétiques ont révélé une teneur en eau de l’ordre de 10% alors qu’elle n’est que de 1 à 2 % dans les pierres naturelles. Comme si l’entassement avait constitué une barrière contre la dessiccation, logique sous un climat aride.

    Et puis, le mélange dans le calcaire de débris fossiles d’époques géologiques différentes, selon des orientations ne correspondant pas avec celles observées dans les carrières en contrebas du plateau n’est évidemment pas compatible avec une sédimentation naturelle.

    Enfin, les calculs de thermogravimétrie font apparaître une structure lithique avec des masses de densités trop égales et des composants répartis de façon trop uniforme pour que cela soit naturel. En tout cas, aucune pierre ramassée dans la nature ne présente une telle régularité.

    Mais encore le simple bon sens. La technique n’a pas servi que pour les pyramides. Dans la vallée des rois, il y a des sarcophages trop larges et des statues monolithiques trop volumineuses pour les couloirs menant à la crypte.

    Maintrenant, les témoignages d’époque : La stèle dite « de la Famine » située au milieu du Nil sur l’île de Séhel près d’ Éléphantine met en scène le dieu Kahnoum, le pharaon Djoser et son architecte Imhotep. Cette inscription contient 650 hiéroglyphes désignant des roches et des minéraux, en particulier des silicates, ainsi que leurs procédés de transformation.
    Dans la colonne 12, il est écrit : « Avec ces produits ils ont bâti la tombe royale »

    La stèle d’Irtysen conservée au musée du Louvre raconte la vie du fameux sculpteur Irtysen exerçant son art sous le règne de Mentouhotep (2000 avant JC) Elle explique de façon claire la technique de fabrication des statues en pierre coulée, en listant les différents éléments nécessaires et leurs proportions.

    Enfin, une des fresques des mastabas de Ti datée de 2450 avant notre ère, montre la technique de fabrication d’une statue par le mélange dans des vases de poudres destinées à « refaire de la pierre avec la main de l’homme » (sic)

    Cette doc résulte de mes recherches perso, grandement aidées par les études de Joseph Davidovits que vous pouvez consulter sur le web.

  • Par Christian Navis (xxx.xxx.xxx.209) 30 mai 2011 16:38
    Christian Navis

    Vincent, la théorie de la pierre reconstituée ne s’applique que pour une partie des plus gros blocs calcaire, ce qui n’exclut pas d’autres technologies pour d’autres matériaux tels que le granit qu’on allait chercher très en amont du Nil...

    Pour la pierre reconstituée, il semblerait qu’elle était coulée sur place. La boue minérale saturée lors des crues du Nil était apportée dans des jarres (et la poudre de calcaire et les autres ingrédients transportés dans des paniers) pour être mélangée et coulée avec de l’argile kaolinique, du sel natron utilisé par les embaumeurs (carbonate de soude présent sur les rives de l’oued Natron) ainsi qu’avec du "mafkat" qui est un silicate hydraté de cuivre et d’alumine exploité au temps de Khéops dans les mines du Sinaï, ainsi qu’avec de la chaux provenant de cendres.

    L’indice majeur : un nombre important de blocs coïncident exactement, par dessous, avec les irrégularités du bloc qu’ils recouvrent. Comme s’ils avaient été démoulés pas tout à fait secs et s’étaient ensuite modelés au support.
    La faisabilité : Davidovits a réalisé des blind tests en respectant les matériaux et les proportions, et une brochette de géologues a été incapable de distinguer la pierre naturelle de l’autre... Du moins sans examens très approfondis.

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