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Le Portugal se rend aux urnes

socrates.jpgL’affirmation du Parti socialiste se fait au centre. Cette citation sans ambiguïté du premier ministre portugais José Socrates n’est qu’un reflet limpide de la politique réformatrice, au risque de paraître libérale, menée par ce socialiste depuis son arrivée au pouvoir en 2005. En ballotage favorable dans le cadre des élections législatives du 27 Septembre prochain, le PS étant crédité de 33,6% des suffrages contre 32,4% pour le Parti Social-Démocrate adverse (qui n’en a que le nom), José Socrates ne perçoit cependant qu’aujourd’hui les conséquences d’une politique qualifiée de droite par le Bloc de Gauche (alliance de mouvements marxistes et troskistes, a obtenu 10,72% aux élections européennes de juin dernier). En effet, pris au piège par le scrutin proportionnel à un tour, le PS, qui avait obtenu la majorité absolue en 2005, s’est d’ores et déjà vu signifier par le parti communiste et le bloc de gauche qu’une coalition serait hautement improbable. Difficile alors, d’établir une majorité avec moins de 33% d’intentions de vote...

 

Une politique de rigueur aux effets peu perceptibles

José Socrates fait ainsi les frais des réformes fortement décriées dans l’électorat populaire qu’il a entreprit durant son mandat. Face à la morosité économique portugaise, soumise à la concurrence de l’est, José Socrates avait imposé la rigueur dès son arrivée au pouvoir : il abroge le licenciement par accord mutuel pour les fonctionnaires, décrète qu’un départ sur deux ne sera pas remplacé dans la fonction publique et plafonne les pensions de retraite.

Il allonge également l’âge de la retraite et ne se prive pas d’amoindrir les pensions dans le cadre de départs anticipés. En outre, il a transposé la "fléxi-sécurité" danoise, où en contrepartie d’une réglementation moins astreignante des conditions de licenciements, le salarié perçoit une allocation chômage conséquente (jusqu’à 90% du dernier salaire).

Cette politique d’austérité a certes, permis de résorber les déficits publics (6% en 2005 contre 2,2% en 2008) mais n’a peu, voire pas, impacté les conditions de vie des Portugais. Le taux de chômage, qui s’élevait à 7,7% en 2005 cotoie désormais les sommets et concerne 9,3% de la population active, sachant que José Socrates s’était fixé pour objectif d’annihiler les conséquences de la crise économique, au cours de laquelle le taux de chômage avait quasiment doublé (4% en 2000 contre 7,7 en 2005).

 

La gauche gronde

jose_socrates-c400.jpgCette politique réformiste aux effets somme toute modestes s’avère problématique à l’heure des échéances législatives : le PS a perdu sa base électorale socialiste, déçue par l’orientation libérale du gouvernement et partie garnir les rangs du Bloc de Gauche, des Verts ou du Parti Communiste. Aux élections européennes, ces mouvements radicaux ont cumulé 21,36% des suffrages contre 26,53% pour le PS.

Des rassemblements populaires monstres ont récemment ébranlé le gouvernement, tel qu’en avril 2007 où 200 000 salariés avaient manifesté leur mécontentement au palier du Conseil Européen. Pis, le personnel de l’éducation nationale, traditionnellement acquis au Parti Socialiste n’affiche désormais plus aucune sympathie pour son leader, José Socrates. La volonté affichée du premier ministre de "dégraisser le mammouth" pour reprendre la formule de Claude Allègre a révolté le corps enseignant, également opposé à la réforme de l’éducation nationale, qui implique fermetures de petits établissements et heures de travail plus soutenues. Il y a un an, 80% des enseignants du pays avaient constituté un cortège monstre au coeur de Lisbonne !

Au sein même du Parti Socialiste, des voix se sont élevées pour réclamer une réorientation de la politique gouvernementale. Figure historique du socialisme portugais, Mario Soares avait ainsi jugé incroyable qu’un Parti socialiste soutienne un représentant du Parti populaire européen (PPE) et surtout José Manuel Barroso [à la tête de la comission]. Tête de liste socialiste aux élections européennes, Vital Moreira avait lui aussi déploré le socialisme de façade de M.Socrates.

 

Un retour aux sources improvisé

Face à la gronde de l’électorat socialiste, José Socrates a improvisé un virage à gauche qui peine à convaincre, en témoigne la défaite des échéances européennes (26% contre 31 pour le PSD). José Socrates n’a donc pas lésiné sur les moyens, quitte à saborder les efforts budgétaires consentis ces quatre dernières années. L’allocation familiale de rentrée, jusqu’alors réservée aux ménages modestes, a été généralisée à tous les foyers et un fonds d’investissement en immobilier locatif a été mis en place, afin d’épauler les bas salaires dans le payement de leurs arriérés.

Son programme, rendu public début août, faire large place à des mesures d’inspiration socialiste : allocations pour les plus démunis, développement des chantiers publics etc... Lors du débat télévisé qui l’opposait au social-démocrate Manuela Ferreira Leite, José Socrates a d’ailleurs entrepris un net recentrage à sa gauche, se positionnant en faveur du mariage homosexuel quand, quatre ans auparavant, il refusait de prendre position sur le sujet pour contenter l’électorat centriste, clé du scrutin. Aujourd’hui, la crise étant passé par là, les rapports de force ont évolué, et c’est à sa gauche que José Socrates doit s’assurer un capital de voix.

 

Retrouvez ce billet dans son contexte original sur http://lenouvelhebdo.com


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Auteur de l'article

AJ


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