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Accueil du site > Actualités > International > Le Québec : une nation à naître

Le Québec : une nation à naître

Le 24 juin est la fête nationale des Québécois.

Qu’est-ce qu’on fête, au Québec, le 24 juin ? Ça dépend... On a dit que ceux qui ignorent l’Histoire sont condamnés à la répéter ; il n’est donc pas mauvais de se rappeler que, de mémoire d’homme - j’en suis la preuve vivante - la Saint-Jean-Baptiste a été d’abord la Fête de la Race. Nous étions "nés d’une race fière", notre berceau avait été béni et notre carrière tracée par le Ciel. Le genre de contexte qui n’incite pas à des remises en question, de sorte que l’on ne s’en posait pas trop, des questions.

La "parade" - le défilé - de la St-Jean montrait des zouaves pontificaux, moins nombreux chaque année ; les orphéons des orphelinats - ils étaient encore pleins - jouaient des marches mussoliniennes pudiquement présentées en chants scouts ; le petit Saint-Jean-Baptiste fermait la marche, gagnant d’un concours de beauté entre enfants de notables. Des enfants blonds, bien sûr. En ce temps-là, les notables se portaient bien et le blond se portait beaucoup. Pas de questions.

Quand est venue la "Révolution tranquille" des années 1960 et le temps des questions, saint Jean-Baptiste s’est mué en précurseur. Un prophète adulte, musclé, vêtu d’une peau de bête. Un type sérieux qui erre dans le désert et qui pourrait chercher des ennuis.

On les a eus, les ennuis : les bombes de l’Armée de Libération du Québec et des deux (2) "Fronts de Libération du Québec", la visite du général de Gaulle et, pour finir, les événements d’octobre 1970, avec la loi martiale, l’armée canadienne dans les rues et des centaines de "séparatistes" en prison sans procès. Après ça, Saint-Jean-Baptiste « Version II » a été mis en veilleuse, comme un écran d’ordinateur.

Quand la St-Jean s’est rallumée en Version III, il y a quelques années, c’était en fête nationale, avec réjouissances populaires et allégories triomphalistes commanditées par le gouvernement et le secteur privé. Le secteur privé se porte bien, la coopération entre l’État et les nouveaux notables est revenue au zénith. Plus de questions. Ou plutôt, si : on fête quoi, le 24 juin ? Il faudrait le dire vite et le redire souvent, avant qu’il ne se crée des malentendus : nous fêtons une nation qui n’existe pas. Nous fêtons une nation à naître.

Une nation à naître ? Mais la "nation québécoise", alors ? "Nous-autres", au sens de Jacques Parizeau le soir du référendum ? "Nous-autres", nous sommes un peuple de blancs, francophones, étant ou ayant été catholiques et comptant au moins un ancêtre établi ici avant 1760. Nous sommes une grande famille, une tribu, un clan, une ethnie, un peuple... Nous sommes conscients d’être un tout et d’avoir des affinités. Une nation ? Mais oui, pourquoi pas ! Le malentendu, soigneusement entretenu depuis trente ans, ne consiste pas à dire que nous sommes une nation mais à nous être approprié le vocable "Québécois".

On dit "Québécois", c’est plus commode ; comme "Américain" sonne mieux que "États-unien". Mais quand vous et moi nous disons "nation québécoise" ou "culture québécoise", c’est à "nous-autres" que nous pensons : les "blancs, francophones, étant ou ayant été catholiques et comptant au moins un ancêtre établi ici avant 1760". Nous ne pensons pas à un million d’autres qui ne sont pas "nous-autres", mais qui cohabitent avec nous sur le territoire du Québec. Pas plus que les "Américains" ne pensent aux Boliviens ou aux Guaranis quand ils définissent la culture américaine.

Mais les Autres sont ici, tout comme les Guaranis sont bien en Amérique. De sorte que, malgré le vocabulaire politiquement correct qu’on nous sert - avec souvent, d’ailleurs, pour des motifs électoraux, le ton de ne pas vraiment y croire - nous savons bien que la notion d’une nation québécoise, tirant son sentiment d’appartenance de ce qu’elle habite au Québec et se définissant comme telle, est une fiction. La nation québécoise "territoriale" n’existe pas. Pas encore.

Ce qui est là aujourd’hui, sur le territoire du Québec - et qu’on partage ou non les options de Jacques Parizeau ne change rien à cette réalité - c’est "nous-autres"... et les autres. Les Autres peuvent chanter et danser avec nous, mais nous savons que, même si officiellement c’est aujourd’hui la fête nationale du Québec, l’immense majorité d’entre eux ne croient pas plus à une "nation québécoise" que le Québécois moyen ne croit que cette fête soit encore celle de saint Jean-Baptiste.

Or, si les Autres ne commencent pas à y croire, nous sommes perdus. Perdus, parce que ce million d’étrangers parmi nous - que personne ne songe à chasser ni à exterminer, mais qui sont là pour rester - rend inévitable que la population du Québec, bientôt, ne soit plus ni si blanche ni si post-catholique, mais qu’elle se réclame en nombre croissant d’ancêtres venus non pas il y a longtemps de Normandie ou du Poitou, mais de quelque part "ailleurs" et au cours du vingtième siècle.

Pour que se perpétue une nation québécoise de "nous-autres", il aurait fallu, il y a cent ans, pour le meilleur ou pour le pire, choisir la colonisation de nos territoires en friche plutôt que l’expatriation aux USA. Il aurait fallu, il y a cinquante ans, à tort ou à raison, continuer la « revanche des berceaux ». Désormais, il n’y aura de nation "québécoise" - au sens territorial du terme, qui est devenu le seul correct - que si cette nation intègre les Autres. Ce que nous fêtons aujourd’hui, c’est notre espoir que cette nation naîtra.

Notre espoir que les Québécois de demain - qui ne seront certes plus tout à fait "nous -autres" - garderont néanmoins une culture que nous leur transmettrons et qui les gardera semblables à nous : une culture francophone. Le 24 juin est d’abord l’affirmation de notre volonté de garder le Québec français. Il n`y a pas de logique formelle à ce choix, mais c’est sur ce terrain que nous avons décidé de jouer notre honneur.

Pas de logique formelle, car nous ne serions pas morts de honte, si nous étions nés au sein de ces 97 % de l’humanité qui ne parlent pas français, mais disent néanmoins parfois, en leurs propres mots, des choses intéressantes ; la question n’est pas là. Nous serions honteux, toutefois, si, étant de ceux qui l’ont appris de leur mère, nous ou nos enfants cessions de parler français. Honteux, comme quelqu’un à qui on a collé les épaules au plancher ; parce que nous serions conscients alors que moi, vous, "nous-autres", n’avons simplement pas dit assez de choses intéressantes pour que les "autres" jugent indispensable de venir nous écouter.

En ce 24 juin, pour que naisse la nation québécoise, prenons donc la résolution de dire des choses "intéressantes". Il ne s’agit pas de contraindre les Autres à l’usage du français, mais de les séduire. Faisons-le. Disons, en français, plus de choses intéressantes. Rappelons-nous cette réalité triviale qu’il ne faut pas de Loi 101 pour que tous les grands restaurants du monde présentent leur menu en français ; il suffit d’être les meilleurs...

Pierre JC Allard


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37 réactions à cet article    


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 27 juin 2007 15:33

      @ TAB : Merci pour le video du Général de Gaulle appelant à l’indépendance du Québec. Un moment fondateur du Québec moderne. Nous attendons impatiemment Sarkozy smiley

      http://www.nouvellesociete.org/5094.html

      Pierre JC Allard


    • L'enfoiré L’enfoiré 27 juin 2007 15:30

      Bonjour Pierre,

      J’ai regretté quelque chose : c’est que le ReadSpeaker ne puisse pas me lire l’article avec l’accent de chez vous. smiley

      Pour le texte, je dois dire que j’aime bien, mais je ne suis pas sûr du message que tu veux donner.

      Veux-tu une meilleur intégration et que les « Autres » comprennent qu’avec le Québec, ils sont plus fort que contre eux ?

      ou

      Désires-tu, au contraire, au vu de la grandeur du territoire, plus de séparatisme, plus de reconnaissance d’une nation Québec, à la De Gaule ?

      Tu comprendras mon souci en comparant avec notre propre problème plus intimiste à la belge.

      J’ai de la famille éloignée près de Montréal, implantée depuis 40 ans. Quand, ils sont venus, j’ai oublié de leur poser la question. Puis, depuis lors, les choses peuvent avoir bien changer.

      Toi-même, quelle est ton ascendance ?

      Cela m’intéresse votre pays d’où nous viennent tant de représentants dans le domaine de la chanson et d’autres. Merci smiley


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 27 juin 2007 16:14

        @ L’Enfoiré : Merci de ces questions qui me permettent de préciser ce qui, pour un non-Québécois, semble ambigü. La problématique, c’est que l’immigration, au Québec, vote massivement avec la minorité anglophone pour le maintien du Québec au sein du Canada. En fait, sans l’apport de ces votes, le dernier référendum aurait voté la sécession. Un fossé, donc, entre la majorité francophone et ces immigrants.

        Ma thèse est que, le nombre des immigrants augmentant, le Québec ne sera jamais majoritairement en faveur de l’indépendance, à moins que ces nouveaux Québécois ne s’identifient à la majorité francophone. Ils ne le feront que si cette majorité francophone cesse de présenter l’indépendance comme la revanche de l’élément français et en met en évidence les avantages pour un Québec qui demeurerait multiculturel.

        Cette insistance sur le multiculturalisme politiquement incontournable d’un éventuel Québec indépendant n’est pas, disons, viscéralement ressentie comme essentielle, par tous les indépendantistes québécois. C’est ce que je souhaiterais changer...

        Mon ascendance ? Normand, depuis environ 1100 ans, sauf les derniers siècles ou nous avons vécu en Amérique smiley

        Pour en savoir beaucoup plus : http://www.nouvellesociete.org/707.html

        Pierre JC Allard


      • L'enfoiré L’enfoiré 27 juin 2007 18:00

        Pierre,

        Avant de lire l’article qui me parait très fouillé. Si je comprends bien, on est toujours pour un Québec séparé du Canada anglophone.

        Qu’est ce qui dérange ? Pourquoi cette idée de vivre séparé ? Economique ? Linguistique ? Est-ce la même volonté de l’autre côté ? Que vous apporterait l’autonomie ?

        Comme tu les sais, notre gouvernement est en affaire courante. Les objectifs des élections législatives vont être très dures à réaliser. Pas pour une raison de partis, mais par la quadrature du cercle, qui veut que les programmes institutionnels flamands et francophones ne s’accordent pas du tout. Il faudra une bonne dose de compromis comme je l’écrivais dernièrement.


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 27 juin 2007 20:12

        @ l’enfoiré : Un désir identitaire, découlant surtout de notre sentiment d’être en voie d’extinction, entre ces 300 millions d’Américains et une immigration croissante. Sur tous les plans sauf celui de la motivation liée à l’affirmation, une redistribution des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et le Québec serait plus avantageuse que la stricte indépendance... laquelle donnerait vite suite à des ententes bilatérales recréant une situation quasi inchangée. Mais... ne pas oublier qu’il n’y a pas un pays d"Afrique qui n’ait perdu à la décolonisation, mais aucun qui demande à être recolonisé...

        http://www.nouvellesociete.org/5073.html

        PJCA


      • Avatar 28 juin 2007 11:33

        A l’auteur,

        Article interessant et bien documenté.

        Vous dites :

        « découlant surtout de notre sentiment d’être en voie d’extinction, »

        en réponse a un commentaire et faisant le parallèle avec « l’immigration croissante ».

        Pouvez-vous préciser votre pensée car je trouve cela paradoxal...

        Etr accessoirement pouvez-vous me donner le taux de natalité au Quebec ?

        Ps : j’ai répondu a votre remarque nocturne sur le fil de « l’artiste ».


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 29 juin 2007 04:19

        Merci pour votre commentaire. Le paradoxe disparait quand on voit que plus des trois-quarts des immigrants s’assimilent à au segment anglophone. La réalité, c’est que, dès 2020, la majorité de la population de la Ville de Montréal sera anglophone. Il ne restera que 17% de francophones au Canada en 2040.

        Concernant la natalité, le ISF du Québec fluctue autour de 1,6 - en hausse d’un minimum historique de 1,37 au milieu des années "80 - mais encore bien en dessous du seuil de maintien de la population, le nombre des décès devant dépasser incessammnet celui des naissances.

        j’irai voir le site de l’artiste.... smiley

        PJCA


      • Pierre Emmanuel Finck 27 juin 2007 18:19

        Une question que je me pose, et dont beaucoup doutent -en particulier les etrangers-, c’est « Est ce qu’un Quebec independant serait viable ? »

        Au depart, j’etais plutot pro-independantiste. Ayant vu sur TV5 Monde des reportages sur Rene Levesque, un homme que je trouve fascinant, leader historique du parti quebecois (pour eclairer certains). Je m’imaginais la ferveur que De Gaulle avait pu avoir en disant « Vive le Quebec Libre » -j’avoue avoir ete un peu decu en voyant les images plus tard- et bien sur il etait normal que je sois du cote de « nos cousins d’Amerique ».

        Puis je suis finalement arrive a Montreal, il y a presque deux ans de cela, j’ai cotoye des pro-federalistes et des pro-independantistes, les uns criant au scandale, a la manipulation lors du dernier referundum de 1995, les autres criant a la betise concernant ces accusations de fraudes.

        Ce qui fait qu’aujourd’hui, je suis devenu neutre, non pas que le debat ne m’interesse pas, je suis toujours interesse par les debats politiques, mais plutot parce que finalement cela ne me concerne pas et que je considere que c’est une question quebecoise qui ne concerne meme pas le canada en entier, meme si une eventuelle cecession aurait bien sur un impact sur ce dernier evidemment.

        Malheureusement, le programme du PQ ( appellons le Parti Quebecois par son p’tit nom meme si cela va en faire rire certains ) concernant l’Independance est assez flou et assez etrange. J’ai entendu parler d’union economique, de transferts financiers gouvernementaux Quebec-Canada (avantageuse pour le Quebec bien sur) et de lois uniquement quebecoises. Tout cela me parait bien bizarre, comme si l’on voulait le beurre et l’argent du beurre.

        Un point de vue au passage, c’est que quelle que soit leur appartenance « Autres » ou « Nous-Autres », tous sont finalement des immigres, ou des descendants d’immigres. Avec cette logique, les seuls Quebecois sont les Indiens qui vivaient avant la colonisation Europeenne et encore, eux aussi ont du immigrer a un moment ou a un autre. Amerique, terre d’immigration.

        Une chose « importante » serait de savoir « A partir de combien de generations on peut dire qu’une famille est originaire de la contree ? » (contree a prendre au sens large du terme, j’ai volontairement evite d’utiliser le terme « pays » pour ne pas prendre parti smiley ) Quelle est la difference entre un Normand immigre depuis dix generations, comme vous mon cher Pierre, et un Normand immigre depuis seulement trois generations ? Sur le papier, la famille de l’un est venue bien avant celle de l’autre mais dans les faits, ils auront la meme culture, le meme accent, bref ce seront tous deux des Quebecois.

        L’actuel Premier Ministre du Canada, M. Harper, a fait voter une loi en octobre dernier si je ne me trompe pas disant « Que cette Chambre reconnaisse que les Quebecois forment une Nation au coeur d’un Canada uni ». La definition de Nation de demandant pas que cette derniere soit unie a quoi que ce soit, finalement, officiellement, la Nation Quebecoise existe belle et bien, meme si elle n’est pas « independante ».

        Maintenant, allez savoir ce qu’est une nation veritablement. C’est plutot la dessus que devrait s’orienter votre interrogation je pense. Selon moi, c’est un ensemble de gens qui partagent les memes traditions, les memes valeurs, le meme mode de vie, la meme langue. Et donc, qu’est ce que la Nation Quebecoise ? Quelle est son identite ? La est la question.

        Pierre Emmanuel Finck, Sherbrooke

        « Rien du tout » qui deviendra, il espere, un « Autre » un jour meme si il a tout pour etre un « Nous autres » sauf la date d’arrivee smiley


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 27 juin 2007 20:21

          @ Pierre Emmanuel Finck. Bien sûr, le Québec serait « viable », mais serait-ce la vie qu’on veut ? Je vous précise d’abord que je ne suis PAS favorable à l’indépendance du Québec et, ensuite, que pour moi l’identification est culturelle francophone : j’ai vécu plus longtemps à l’étranger qu’au Québec. Les trois liens auxquels je réfère les commentateurs précédents sont ceux qui vous en diront bine plus sur la situation et ce que j’en pense

          Merci

          PJCA


        • Perkelix Perkelix 28 juin 2007 15:01

          @Pierre : Je vis depuis bientôt 10 ans à l’étranger et une situation qui m’exaspère au plus au point est l’automatisme CANADIEN = ANGLOPHONE que je côtoie partout. Pourtant, avec les français ou même les belges, les gens s’efforcent tout de suite de leur parler en français. Ce n’est pas le cas avec les québécois, parce que on nous identifie avant tout au fait nord-américain et celui-ci s’articule uniquement en anglais dans l’imaginaire collectif des gens d’outre-mer.

          Donc, pour moi, une situation où je serais munis d’un passeport d’un PAYS appelé Québec devient essentielle. D’ici là, je me sens aussi lésé qu’un estonien que les gens appelleraient distraitement « russe »...

          Bref, si j’étais pas indépendantiste le jour où je suis parti, là, je le suis devenu.

          Pour revenir à ton article, oui, le Québec devra rendre le fait francophone attrayant pour embarquer les immigrants dans la famille québécoise avec succès et s’assurer un OUI catégorique au prochain référendum.

          Ceci dit, conserver une place au fait francophone est-il réaliste dans un Québec que, suite à une récente viste, j’ai trouvé devenu totalement anglicisé ?

          Je pense par exemple aux Outgames, qui se sont déroulés uniquement en anglais, le comble de l’ironie étant que seules les équipes étrangères, telle celle de Californie venue fièrement vêtue de survêtements marqués du bien français « Équipe de San-Francisco », furent sensibles au fait d’être en sol québécois, alors que les organisateurs eux-mêmes en ont fait fi.

          Je pense également à l’accueil particulièrement agressif et américanisé que j’ai eu à mon arrivée au Dorval tout rénové et rebaptisé Pierre-Elliot-Trudeau. Questionné durant plus de 20 minutes par l’Immigration, qui regardait avec scepticisme le fait qu’un individu puisse être citoyen canadien tout en n’ayant pas demeuré sur le territoire depuis bientôt 10 ans, et ensuite pendant aussi longtemps par les Douanes, pour qui l’idée d’un citoyen canadien puisse ne pas résider sur le territoire et donc ne pas être assujetti aux impôts et taxes canadiennes ne rentrait pas dans la tête. Peut-on vraiment parler de Québec face à cette approche zélée et typiquement américaine de chercher des puces à tous ceux qui se pointent à la frontière, même quand il s’agit de ses propres citoyens ?

          Je passerai également sur le nombre d’endroits où l’on s’est adressé à moi uniquement en anglais, s’excusant que, en tant qu’immigrant allophone, on ait jamais su trouver le temps d’apprivoiser la langue française. Dans un Québec devenu pays, ce genre de malentendu deviendrait caduque : la langue nationale serait bel et bien le français et non pas ce n’importe quoi annoncé par une pancarte au sortir de Mirabel disant (de mémoire) « Bienvenue an Canada ! Nos deux langues officielles sont l’anglais et le français, mais sentez-vous à l’aise de parler toute langue qui vous plaira. »


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 29 juin 2007 04:45

          @Perkelix. Je comprend votre frustration et j’ai déja dit souvent que si l’indépendance du Québec se réalise - ce qui est d’autant plus probable que le contenu réel de cette indépendance se résumera à moin et moins, au fur et à mesure, que l’interdépendance s’installera dans le monde - ce sera un facteur positif de motivation pour les Québécois qui justifiera le prix relativement modeste qu’il nous coutera.

          Cela dit, convenons tout de même, vous et moi, qui ni l’un ni l’autre ne résidons vraiment au Québec, que la coquetterie d’avoir ces satisfactions ne nous excuserait pas d’inciter nos frères à lancer une charge à la baïonnette vers la souveraineté alors que nous sommes sagement loin des tranchées.

          Voyez les liens que je suggère dans mes réponses aux autres commentaires. Je crois que le Québec devrait jouer la carte de l’excellence. Faire au Canada ce que les Catalans font en Espagne avec tant de succès.

          PJCA


        • LE CHAT LE CHAT 28 juin 2007 09:52

          un bien bel article ! les problèmes d’intégration sont les même en France et au Quebec . comme dit jauni , qu’on leur donne l’envie d’avoir envie d’être québequois , tabernacle ! smiley


          • Bois-Guisbert 28 juin 2007 11:19

            Désormais, il n’y aura de nation « québécoise » - au sens territorial du terme, qui est devenu le seul correct - que si cette nation intègre les Autres.

            C’est très triste, la mort d’une vraie Nation et son remplacement par un fétide magma multiracial, multiethnique et multiculturel.

            Dans cinquante ans, le Québec - le Canada, je m’en fous - ne se distinguera du Guatémala et de la Bolivie - ces loqueteuses illustrations d’un métissage achevé -, que par le climat.

            Et dire qu’il y en a qui se battent pour la préservation d’espèces animales menacées d’extinction, considérant que leur disparition serait une tragédie...

            Notre monde marche décidément sur la tête...


            • Perkelix Perkelix 28 juin 2007 15:47

              Merci d’avoir mentionné l’Amérique latine. Ça m’a remis à l’esprit une image que j’emploie souvent pour décrire le vide identitaire auquel les québécois font face, surtout à l’étranger :

              Au sujet de l’Amérique latine, les gens pensent tout de suite « des hispanophones... sauf le Brésil où l’on parle portuguais ».

              Mais, pour l’Amérique du Nord, jamais on ne pensera « des anglophones... sauf le Québec où l’on parle français ». L’Amérique du Nord est anglophone et puis basta !

              Posez-vous la question, pourquoi.

              Ça n’aurait pas rapport au fait que les brésiliens ont leur pays et leur passeport bien à eux, alors que le Québec passe inaperçu telle une Estonie fondue dans une masse russophone à l’époque soviétique ?


            • Bois-Guisbert 28 juin 2007 17:37

              Quand je lis ceci :

              ...oui, le Québec devra rendre le fait francophone attrayant pour embarquer les immigrants dans la famille québécoise avec succès et s’assurer un OUI catégorique au prochain référendum.,

              je constate que vous êtes prêt à remettre votre avenir et celui des vôtres, à la merci des votes d’une masse de métèques, affluant des quatre coins du monde et éprouvant à l’égard du destin québecois, l’indifférence matérialiste de celui qui n’en attend que du travail et des sous.

              Alors, s’il y a, dans la Belle Province, une majorité de gens qui pensent comme vous, le Québec a fini son « cycle français » et il mérite amplement d’être submergé par des Nègres, des Hispaniques et des anglophones !

              Je pense par exemple aux Outgames...

              Vous n’avez rien trouvé de plus distingué ?

              Ça n’aurait pas rapport au fait que les brésiliens ont leur pays et leur passeport bien à eux, alors que le Québec passe inaperçu,.

              S’agissant d’un Québec complètement déculturé, le passeport Nansen conviendrait parfaitement.


            • Perkelix Perkelix 28 juin 2007 18:28

              Chaque référendum sur l’Indépendance s’est soldé par un NON venant surtout d’une immigration anglicisée et ne sachant rien de la réalité québécoise, ayant été accueilli - de leur point de vue - par le Canada, un pays nord-américain et donc anglophone. Le seul moyen d’obtenir un OUI sera de dépasser le simple cercle des descendants de colons français pour inclure les minorités francophiles dans le projet de société québécoise.


            • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 29 juin 2007 04:55

              @ Bois-guisbert.Comme je le dis ailleurs ( voir lien ci-dessous) Il a bien fallu que Bretons, Bourguignons et Provençaux sacrifient une part d’eux-mêmes pour que se développe pleinement une culture française. Mais c’est un choix.

              http://www.nouvellesociete.org/5151.html

              PJCA


            • dilettante 29 juin 2007 11:43

              « Comme je le dis ailleurs ( voir lien ci-dessous) Il a bien fallu que Bretons, Bourguignons et Provençaux sacrifient une part d’eux-mêmes pour que se développe pleinement une culture française. Mais c’est un choix. »

              PJCA : En quoi est-ce un « choix » ? L’union de la république française et l’assimilation de tous selon la doctrine jacobine n’a jamais été le résultat d’une quelconque consultation populaire, que je sache... bien au contraire...


            • Bois-Guisbert 29 juin 2007 12:17

              Bretons, Bourguignons et Provençaux étaient tous Indo-européens, de souche celtique, catholiques fervents et de culture gréco-latine, ou fortement imprégnés de culture gréco-latine, au moment de la constitution de la nation française.

              C’était donc très différent des tribus hétéroclites, en provenance des quatre coins du tiers monde, qui menacent de dénaturer le Québec et d’anéantir son âme, si les Québécois blancs, francophones, étant ou ayant été catholiques et comptant au moins un ancêtre établi ici avant 1760, ne veillent pas à protéger leur identité.

              Ils sont pourtant bien placés pour savoir, et pour constater chaque jour, ce qui se passe pour les peuples qui se font submerger par des gens venus d’ailleurs... Mais, eux, ils n’auront même pas droit à des réserves.


            • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 30 juin 2007 03:13

              @dilettante. Il est rare que les « assimilables » soient consultés ; le choix auquel je me réfère était alors - et est aujourd’hui - celui de la puissance assimilatrice.

              PJCA


            • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 30 juin 2007 03:43

              @Masuyer : Oui, Pouliot. Divertissant. Pour les solutions, j’ai bien peur que, sur le seul plan linguistique, la première solution aurait pour effet de créer un sentiment de fausse sécurité, sans rien changer à la réalité de l’attraction quasi irrésistible de la culture " américaine. Nous sommes en orbite trop rapprochée d’une géante gazeuse. Ma préférence va à l’affirmation tranquille de l’excellence, dont Barcelone me semble le meilleur exemple actuel.

              Pierre JC Allard


            • Bois-Guisbert 28 juin 2007 18:56

              Chaque référendum sur l’Indépendance s’est soldé par un NON venant surtout d’une immigration anglicisée...

              Donc, ce sont des étrangers qui font la loi, contre les « de souche », et vous vous résignez à cela au point de compter sur d’autres étrangers, des Antillais, voire des Africains d’Afrique francophone, pour renverser la vapeur en faveur de l’identité québécoise, et bien, vous pouvez toujours rêver...

              Je me demande, vu de loin, si les succès de Mario Dumont ne sont pas dûs à un large refus de la dissolution du Québec dans un bouillon d’inculture tiers mondiste...


              • Perkelix Perkelix 29 juin 2007 11:07

                Les immigrants influencent beaucoup, forcément, puisque le Québec a peu de contrôle sur le processus d’immigration et que le Canada se contente facilement des gens à peine anglophiles et sans habilité en langue française. Tout ce que le Québec a, c’est une opportunité de présenter un préjugé favorable aux francophones se présentant à ses portes via Immigration Québec et de relayer cette préférence pour tel ou tel immigrant à Immigration Canada. De ce fait, Immigration-Québec est un bien cocasse euphémisme, puisque les québécois dépendent toujours des décisions du fédéral.

                Ceci dit, beaucoup d’immigrants comme les haïtiens se sont éventuellement vus comme avant tout québécois, particulièrement sachant que plusieurs sont au Québec depuis 2 ou 3 générations. La même chose se constate avec d’autres groupes d’immigrants issus de communautés francophones ; après une couple de générations, ils s’identifient volontiers au Québec. Ces gens sont de bons alliés sur lequel il est souhaitable de compter.

                Cependant, un courant qui ressort dans cette discussion, c’est qu’il est peut-être déjà trop tard pour conscientiser les immigrants non-francophones. Sur le sujet, lors d’une récente visite, j’ai eu la mauvaise surprise de constater que le Québec a aboli les COFI, autrefois chargés de soutenir l’apprentissage du français par les immigrants. Abdication ?


              • masuyer masuyer 29 juin 2007 17:28

                « Donc, ce sont des étrangers qui font la loi, contre les »de souche« , et vous vous résignez à cela au point de compter sur d’autres étrangers, des Antillais, voire des Africains d’Afrique francophone, pour renverser la vapeur en faveur de l’identité québécoise, et bien, vous pouvez toujours rêver... »

                Bois-Guibert,

                argument fallacieux qui pourrait se retourner contre nos amis québécois, puisque les plus « de souche » comme vous dites ne sont pas les descendants d’européens au Québec, comme dans toute l’Amérique.

                A moins de considérer les « natives » comme les représentants de races inférieures qui n’a eu que ce qu’elle méritait et ce qui correspondrait à ce qu’on peut percevoir à la lecture de votre poste. Vous-même êtes-vous si sur de ne point être un peu « métèque » comme vous dites ? En tout cas moins je n’en sais foutre rien, j’ai surement des manques en généalogie.


              • Bois-Guisbert 30 juin 2007 10:58

                ...les haïtiens se sont éventuellement vus comme avant tout québécois, particulièrement sachant que plusieurs sont au Québec depuis 2 ou 3 générations.

                Lorsque j’ai découvert le Québec et le Canada, par le biais de Maria Chapdelaine et de Jack London, et lorsque aussi Trenet me berçait de noms poétiques (Trois-Rivières, Chicoutimi, lac Saint-Jean, Valleyfield, Ottawa...) qui émerveillaient mon enfance, je ne voyais pas l’avenir de cette terre placée sous le signes du culte vaudou...

                En ai-je fait glisser des pirogues, chargées de figurines d’Indiens, sur un lac Saint-Jean imaginaire, en linoléum... C’est à pleurer, quand on y repense, aujourd’hui...

                P.S. - Vous ne m’avez pas répondu à propos de Mario Dumont, en tant qu’incarnation possible du rejet de la tiers mondisation du Canada...


              • Bois-Guisbert 30 juin 2007 11:23

                A moins de considérer les « natives » comme les représentants de races inférieures qui n’a eu que ce qu’elle méritait...

                Les « natives », comme en cent autres endroits de la planète, n’ont pas cru devoir se défendre quand ils étaient en état de supériorité, et ils n’ont plus été en état de le faire quand ils se sont retrouvés en état d’infériorité.

                Ce n’est donc pas une question de « race », mais de mauvais calcul, à la base...


              • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 1er juillet 2007 04:08

                @ bois-guisbert. Désolé, votre question concernant Dumont m’avait échappée. Oui, Dumont à certes fait le plein de ceux qui sont solidement opposésà l’immmigration. Cela dit, ce serait une erreur d’y voir le point central du ralliement à Dumont. Il serait long d’expliquer, mais je dirais, pour les héxagonaux, que Dumont n’est pas vraiment le Pen, mais plutôt Poujade.

                PJCA


              • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 1er juillet 2007 04:12

                @ bois-guisbert. Désolé, votre question concernant Dumont m’avait échappée. Oui, Dumont à certes fait le plein de ceux qui sont solidement opposésà l’immmigration. Cela dit, ce serait une erreur d’y voir le point central du ralliement à Dumont. Il serait long d’expliquer, mais je dirais, pour les héxagonaux, que Dumont n’est pas vraiment le Pen, mais plutôt Poujade.

                PJCA


              • Pierre Emmanuel Finck 29 juin 2007 04:19

                Il ne faut pas oublier que ce qui a cree la mouvance independantiste est la peur de perdre la possibilitee de parler francais. Il y avait a l’epoque de Rene Levesque une grande majorite de francophones dans la province. Cette majorite a diminue avec le temps, on peut parler anglais et se faire comprendre par la quasi-totalite. A partir de la, la question malheureuse qui survient est la suivante : « Pourquoi parler Francais si on peut se faire comprendre en Anglais comme ailleurs au Canada et plus generalement en Amerique du Nord ? »

                Le billinguisme, meme si c’est parfois une bonne chose a tendance a entrainer une reduction des langues. Tout le monde aura au final tendance a utiliser le « facteur commun » ici l’anglais.

                Je pense que c’est d’ailleurs une tendance pas que Quebecoise, meme si elle est dans un bien autre mesure ailleurs, mais mondiale, du moins occidentale. Il y a eu il y a environ un an au Parlement Europeen une proposition de loi proposant que la langue de l’Union Europeenne officielle ne soit plus que l’anglais, loi heureusement rejetee.

                Je crois malheureusement que le « commercial » est en voie de l’emporter sur le « culturel ».

                Si je ne me trompe pas, la loi 101, oblige l’usage du Francais au travail au Quebec, mais avec la malheureuse presque-Hegemonie de territoires anglophones en Amerique du Nord ou le Quebec est finalement le dernier bastion francophone, cette loi me semble loin d’etre appliquee. On peut parler francais bien sur mais rien n’empeche de parler anglais, hors c’est une interdiction d’utiliser une autre langue que le francais qu’il faudrait, interdiction bien evidemment impossible a mettre en place et surtout a controler.

                Il ne reste donc plus qu’a transmettre cette fierte de parler francais, cette volontee de vivre en francais mais je crains malheureusement que cette transmission se face de moins en moins bien ou plutot que les jeunes en soit de moins en moins receptifs. Seule une « attaque » contre le Francais permettrait la renaissance du mouvement independantiste car il ne faut pas oublier que tous les quebecois, meme ceux dits « de souche » ne sont pas forcement favorables a l’independance, certains qui votent pourtant pour le PQ.


                • masuyer masuyer 29 juin 2007 17:50

                  Pierre,

                  votre article est très intéressant. J’ai côtoyé intensivement des québécois favorables à l’indépendance et nous avons souvent eu des débats passionnés et houleux sur l’immigration au Québec.

                  Je n’arrive pas à tirer de conclusion mais j’aime bien votre idée d’amener les populations allogènes à s’identifier comme Québecois plutôt que comme Canadiens.

                  Contrairement à ce que développe Bois-Guibert, des exemples existent. A la suite de la conquête de l’Irlande par les Britanniques, ces derniers ont installés des colons sur place. Quelques temps plus tard ceux-ci s’étaient « gaelisés » et l’Angleterre a alors entamé une nouvelle période de colonisation fondée sur la répression de la culture irlandaise. On peut aussi citer les Etats-Unis.

                  Pour en revenir aux discussions que j’ai pu avoir avec mes amis québécois, il semble que la véritable pierre d’achoppement est le problème linguistique. Pierre Emmanuel dans le post ci-dessus, identifie bien les problèmatiques posées par les situations de bilinguisme. Il est notable que le français du Québec utilise beaucoup d’anglicismes (à ce que j’ai pu remarqué, vous pouvez me corriger si je fais erreur) dans les domaines techniques (l’automobile par exemple) et professionnels. J’ai pu observer ce même phénomène chez les bretonnants de naissance de la dernière génération. La perte de la langue se fait par la perte du pouvoir économique de ceux qui la parlent.

                  Je ne vois donc que deux solutions au problème linguistique québécois, il y en a peut-être d’autres je vous laisse le soin ainsi qu’aux commentateurs de me permettre de les entrevoir, une indépendance (tout à fait viable économiquement) ou une opération de séduction (certaines cultures sans pouvoir économique ont parfois su gagner par leur attrait, cf l’exemple irlandais).

                  « La Grande Séduction », ce n’était pas un film québécois ?


                • Perkelix Perkelix 3 juillet 2007 16:34

                  Pour la présence d’anglicismes, le français métropolitain ne donne pas sa place non plus. Pourquoi cette insistance des français de parler de « parking » et « week-end » plutôt que de stationnement et fin-de-semaine, par exemple ?


                • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 juillet 2007 17:14

                  @ Perkelix Le français hexagonal - « métropolitain » me ramène trop « au temps béni des colonies » smiley - s’approprie un vocabulaire anglais. Pas de problème, toute langue vivante fait des emprunts. Le problème commence quand la structure n’est plus française ou que le mot français change de sens. Dans la phrase québécoise « j’ai serré le wrench en dessous de la table » ce m’est pas wrench qui est gênant.

                  Concernant votre commentaire précédent « le Québec a peu de contrôle sur le processus d’immigration » ... tout dépend si l’on est sérieux ou pas. C’est le Canada qui contrôle à la porte du café, mais c’est le Québec qui fait le service au bar ... Voyez le texte suivant.

                  Http ://www.nouvellesociete.org/5150.html

                  Pierre JC Allard


                • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 3 juillet 2007 17:28

                  Bon, encore un erreur sur le lien. Je reprends : http://www.nouvellesociete.org/5150.html Pendant que j’y suis, ne plaignez pas trop les Estoniens ; je dirais de Tallin ce que je disais de Vilnius... http://www.nouvellesociete.org/5041.html

                  pjca


                • Perkelix Perkelix 3 juillet 2007 18:12

                  Pierre, l’idée de démolir les frontières physiques et d’en contruire d’autres institutionnelles ne se fera pas. L’état est imbue de contrôle et ça inclue celui de la porte, pas juste de qui le barman va servir. En fait, on veut les deux, au niveau étatique.

                  Ceci dit, l’approche pourrait être souhaitable, dans la mesure où les indésirables seraient également désassujettis aux lois ; ils feraient ce que bon leur semble. Ainsi, on ne bénéficie pas des services publics puisque on ne paie pas d’impôts, mais tout l’argent qui ne revient pas à l’impôt permets à ces gens de se donner une économie parallèle qui convient mieux à leurs valeurs, plutôt que de subir celles imposées par l’État.

                  L’approche pourrait être valable au pays de naissance des gens aussi : on refuse le contrat social et la carte d’identité nationale ? On ne pourra donc pas bénéficier des services publics mais, en contre-partie, on sera également désassujettis aux lois. C’était un peu le principe des barons, à l’époque : des gens maîtres de leur domaine, puisque autonomes et n’ayant juré de loyauté envers aucun roi.

                  Pour l’Estonie, tout comme la Lithuanie, effectivement, ils se rattrapent. Ça reste qu’ils auront passé 50 ans à avoir la citoyenneté d’un État imposé de force qui ne les représentait pas. C’est également le cas de ceux qui sont devenus québécois, une fois que l’Angleterre eut défait la France aux Plaines d’Abraham. Nous n’étions plus français, mais avons-nous déjà été Canadiens ? J’en doute.


                • masuyer masuyer 4 juillet 2007 19:59

                  Perkelix,

                  le français métropolitain utilise effectivement beaucoup d’anglicismes, mais de manière, il me semble (ce n’est tiré que d’observations personnelles donc ça n’a aucune valeur scientifique) très différente du français du Québec.

                  Parking par exemple est un anglicisme mais qui n’est pas anglais (Car park en anglais, parking lot en états-unien). Week-end, si je ne m’abuse nous vient de la bourgeoisie française du XIXème siècle qui était plutôt anglophile. Il est passé dans le langage populaire quand les classes populaires en on eu un.

                  Ceux que j’avais remarqués dans le français du Québec étaient toujours employés à bon escient. De plus, nous nous attachons ici uniquement à l’aspect lexical d’une langue. Les anglicismes sont aussi syntaxiques (tomber en amour = falling in love).

                  Il ne s’agit pas ici de porter un jugement de valeur, mais juste d’observer des faits, qui peuvent servir une analyse. Ce que j’émettais plus haut était une hypothèse.

                  Cordialement


                • Claude 3 juillet 2007 18:43

                  .........BONJOUR, J’aime assez votre article,surtout a cause de la fin . Il faut etre le meilleur .quelle belle conclusion pour ceux qui se complaisent dans la mediocrite ou la paresse ou meme le desespoir sans connaitre meme ce qu’est la souffrance. Personne ne nait le meilleur aucun peuple n’est le meilleur’ on s’ameliore et on apprend et si c’etait cela le bonheur :de faire naitre cette quete du meilleur . Il faut avoir voyage un peu pour reconnaitre la relativite de bien des choses. Chers compatriotes si vous passez par la floride avant de partir visitez notre site et rassurez vous ,memes les meilleurs y trouveront quelque avis utile au dela des idees recues www.florideconseil.com

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