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Le russophone Avigdor Lieberman devient un joueur incontournable en Israël

Le parti russophone et nationaliste « Yisrael Beiteinu » a été créé par des originaires d’ex-URSS. Avigdor Lieberman, personnage politique qui ne laisse personne indifférent, en est le chef. Lorsque les Israéliens iront à nouveau aux urnes le 10 février pour élire les 120 députés de la Knesset, le parti russophone « Yisrael Beiteinu » pourrait créer une petite surprise. Il accroîtrait sa présence de quelques députés : il est en effet crédité d’une quinzaine de sièges contre 11 dans la présente législature.

Quoi que nous puissions penser de l’extérieur d’Israël, l’intervention musclée à Gaza aura laissé sur le carreau les membres du gouvernement qui briguent les suffrages de la prochaine élection. Le Kadima (centre droit) de la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, accuse un retard. Le parti travailliste d’Ehud Barak peine à se détacher dans les sondages. L’ancien ministre des Finances, Benjamin Netanyahu, chef du Likoud, serait celui qui récolterait les fruits de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza.

Le Likoud de Benjamin Netanyahu et le parti « Yisrael Beiteinu » d’Avigdor Lieberman semblent rencontrer la faveur populaire. Le Likoud peut espérer accroître sa représentation à la Knesset en faisant élire 34 députés, alors qu’il n’a fait élire, aux dernières élections, que 12 sièges sur 120. Le parti laïc d’Avigdor Lieberman pourrait faire élire 16 députés, soit cinq de plus qu’aux dernières élections.

Le Kadima a été marqué par les scandales du Premier ministre Ehud Olmert. Olmert n’est ni le premier ni le dernier à être visé par la justice israélienne. M. Avigdor Lieberman fait l’objet également d’une enquête policière. Sept proches du président Lieberman, dont sa fille Mikhal et son avocat, Me Yoav Méni, ont été interrogés par la police. À l’époque où il était ministre, monsieur Lieberman aurait continué à percevoir des fonds par l’intermédiaire d’une société dirigée par sa fille. Les sommes en cause sont particulièrement élevées : 2,16 millions d’euros en provenance de l’étranger. Et les accusations en sont conséquentes : blanchiment de fonds, malversations et abus de confiance.

En 1999, Avigdor Lieberman avait fait l’objet d’une enquête pour fraude fiscale. Cette fois-ci, les enquêtes pourraient rendre Lieberman inapte à occuper des fonctions ministérielles, telles que la Justice, les Finances ou la Sécurité intérieure, au sein d’un gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu. Ce qui rendrait plus complexe la mise en place d’alliances stratégiques avec des tiers partis pour le futur premier ministre. Lieberman a, de 1996 à 1999, occupé la fonction de chef de cabinet de Netanyahou lorsque celui-ci était Premier ministre.

Parce que Benjamin Netanyahu entend exclure Kadima de son gouvernement. En cas de défaite, Tzipi Livni ne serait donc plus assurée d’occuper une fonction ministérielle au sein d’un cabinet dirigé par le Likoud. « Les gens comprendront que c’est un parti qui n’a pas lieu d’exister. Seul le pouvoir les unit. Il n’y a aucun ciment à Kadima. Sans le pouvoir, ils n’existent pas », aurait confié Netanyahu à des membres de son équipe de campagne. En contrepartie, le candidat au poste de premier ministre aurait promis au ministre de la Défense, Ehud Barak, chef du parti travailliste, d’occuper le même poste.

Tzipi Livni a beau donner une image de « dame de fer », la population israélienne ne parvient pas à lui faire confiance. La « dame de fer » ne rassure personne, semble-t-il. Elle subit les contrecoups de la campagne électorale de Benjamin Netanyahu qui martèle, à qui veut l’entendre, que « l’opération à Gaza s’est achevée trop tôt ». Nonobstant le fait que l’équipe de Barack Obama, composée de Joe Biden, d’Hilary Clinton, de Ram Emanuel ou de Dan Kartzer, soit considérée comme proche de l’État hébreu, l’électorat pourrait rechercher une personnalité qui saura tenir quand même tête aux États-Unis et protéger les acquis d’Israël : il semblerait que le mieux qualifié pour tenir tête aux pressions de l’Oncle Sam est celui-là même qui a fait avorter les accords d’Oslo en 1993.

Le discours de Benjamin Netanyahu, concernant la question palestinienne, est simple. Il faut terminer le travail à Gaza et frapper le territoire avec un poing de fer. Avigdor Liberman ne donne pas dans la dentelle, lui non plus. C’est ce même Liberman qui déclarait, à propos de Gaza : « Nous devons combattre le Hamas comme les États-Unis ont combattu les Japonais pendant la Deuxième Guerre mondiale ». Le député d’extrême-droite ajoutait : « La conquête du Japon alors n’avait pas été nécessaire ». Il convient de rappeler qu’Avigdor Liberman a été ancien ministre des Affaires stratégiques dans le gouvernement d’Ehoud Olmert. Le quotidien Maariv titrait à la une : « Vers un gouvernement Netanyahu-Lieberman ».

Ehud Olmert, Mahmoud Abbas et les équipes de négociateurs avaient décidé, en juin dernier, de préparer un document faisant état des progrès et divergences dans les négociations de paix. Si les deux parties étaient parvenues à des accords sur des questions secondaires, il existait néanmoins des « divergences importantes » sur les questions centrales, comme Jérusalem et les frontières. Les députés de droite, furieux de cette ouverture d’Ehud Olmert, l’ont accusé de vouloir détourner l’attention de l’enquête qui le visait dans une affaire de malversations financières. Et c’est le même Lieberman, aujourd’hui interrogé par la police, qui déclarait : « Il s’agit d’une manœuvre pour sa propre survie politique ». Il promettait dès lors que le prochain gouvernement ne reconnaîtra pas ce document.

Aujourd’hui, dans le cadre de la prochaine campagne électorale en Israël, Avigdor Liberman a engagé une bataille juridique pour empêcher le parti arabe « Balad » de se présenter aux prochaines élections. La Commission Centrale Électorale de la Knesset, composée justement d’Avigdor Lieberman, avait, le 12 janvier dernier, voté en faveur d’une motion présentée par deux partis d’extrême droite, « Yisrael Beiteinu » et l’Union nationale-Parti national religieux, interdisant la participation de deux partis politiques arabes, « Balad » et « Ra’am-Taal », aux élections législatives du 10 février. Vingt-six membres de cette commission avaient voté pour, 3 s’étaient opposés et un membre s’était abstenu. La Cour Suprême d’Israël a renversé cette décision et autorisé, le 21 janvier dernier, les deux partis arabes, « Balad » et « Ra’am-Taal », de présenter des candidats aux élections législatives du 10 février prochain. En 2003, la même Commission Centrale Électorale de la Knesset avait disqualifié le parti « Balad », mais la décision avait aussi été rejetée par la Cour Suprême.

Pour les plaignants, un parti qui soutient la lutte armée des ennemis d’Israël n’a manifestement pas sa place au parlement israélien. Avigdor Lieberman, qui préconise également la déportation des Palestiniens, arguait que les initiatives et les discours du parti arabe allaient à l’encontre des intérêts de l’État juif. Les partis en cause sont en effet représentés actuellement à la Knesset par sept députés.

Guysen News International rapporte que, pour Jamal Zahalka, du Parti Balad, « c’est un paradoxe qu’AvigdorLieberman qui représente la droite ultra-nationaliste et qui déverse quotidiennement sa haine, peut se présenter au Parlement alors que nous demandons l’égalité pour tous les citoyens. Mais ceci n’est pas une vraie démocratie, on nous empêche de nous présenter au Parlement ». Au moment où la Cour suprême avait été saisie du dossier, Avigdor Lieberman avait déclaré : « La question est de savoir si ces partis soutiennent le terrorisme, et j’espère que la Cour suprême respectera la décision prise par la commission électorale, ces organisations terroristes doivent être mises dehors ».

Comme le rappelait RFI, le 13 janvier dernier, la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, avait, il y a quelques semaines, affirmé elle-même que le million et demi d’Arabes israéliens devraient être expulsés d’Israël et réinstallés dans les territoires palestiniens. Les Arabes représentent 20% des 7,4 millions d’Israéliens et disposent de 10 députés sur 120 au sein du Parlement sortant.

C’était le 16 janvier 2008. Avigdor Lieberman démissionnait du Cabinet Olmert.


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67 réactions à cet article    


  • COLRE COLRE 3 février 2009 11:05

     bouh le jaloux !… smiley


  • morice morice 3 février 2009 10:49

     il est en effet crédité d’une quinzaine de sièges contre 11 dans la présente législature.

    pas quinze...


    • Emmanuel Aguéra LeManu 6 février 2009 18:34

      Vous avez mal lu, les sondages le créditent de 15 sièges pour l’imminent scrutin. Il en a en effet 11 aujourd’hui.
      Avec son départ, la coalition d’Olmert reste avec 67 député, dit la vidéo.
      67-11=56.
      Si effectivement Lieberman recueille les 4 ou 5 voix supplémentaires qu’on lui "crédite", il est important de savoir d’où elles viennent, car à 1 ou 2 voix près, c’est une nouvelle crise, et je ne suis pas loin de penser, une nouvelle guerre pour rien...


    • morice morice 3 février 2009 11:01

      c’est ça votre homme : un fasciste, et on ne le lit absolument pas dans cet article plus qu’édulcoré. Rien sur son racisme, sa xénophobie (alors qu’il n’est pas né sur place !) et rien sur ses propos infamants : y’a de quoi être écœuré là.


      • COLRE COLRE 3 février 2009 11:08

        Pierre, zavez même pas dit que c’était un NAZI !!!!!! smiley smiley
         smiley


      • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 3 février 2009 11:10

         COLRE smiley


      • Sébastien Sébastien 3 février 2009 12:01

        Rien sur son racisme, sa xénophobie (alors qu’il n’est pas né sur place !)

        C’est genial comme commentaire !


      • morice morice 3 février 2009 12:43

        et oui mon vieux, il se le permet celle-là !!!


      • morice morice 3 février 2009 12:45

        c’en est un.


      • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 3 février 2009 11:09

        Bonjour Pierre, bon article qui montre à ceux qui l’ignoreraient toute la complexité d’une démocratie où les élections se déroulent à la proportionnelle. Les extrêmes-droites se réveillent dans toutes les démocraties (il suffit de considérer la Russie aujourd’hui, l’Italie, l’Autriche, et de ne pas oublier notre France dans l’observation de ce phénomène car nul n’ignore que le racisme et la xénophobie sont les tares les mieux partagées au monde).


        • Zalka Zalka 3 février 2009 11:23

          Hello Cosmic,

          N’oubliez pas de mettre en lien favoris votre commentaire, c’est trop rare de vous voir en positif ! ;)


        • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 3 février 2009 11:29

          Hi Zalka smiley
          C’est encore un malentendu, ça ne saurait durer smiley


        • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 3 février 2009 12:23

          Cosmic

          En effet. La démocratie est un exercice périlleux. Et l’analyse politique sur Agoravox, aussi, il me semble.

          Pierre R.


        • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 3 février 2009 12:31

          Manifestement oui, Pierre, et je le déplore autant que vous smiley

          En relation avec votre article et le paysage politique israélien qui s’annonce après le 10 février, cette analyse qui permet de replacer à son juste endroit le parti extrémiste de Liberman :

          "Le glissement vers le centre de l’électorat israélien est clair et net. Aux élections législatives de 1981, apogée de la bipolarisation de la vie politique, le Likoud dirigé par Begin avait recueilli 39 % des voix, presque à égalité avec les prédécesseurs des actuels travaillistes dont la tête de liste était Pérès. Ensemble, les deux formations avaient donc la confiance de quatre électeurs sur cinq. Un quart de siècle plus tard, la méfiance à l’égard des partis de gouvernement était telle que le Likoud, avec son score de 10%, et les travaillistes avec 15,8 % des voix, étaient en miettes tandis que Kadima, que l’exercice du pouvoir n’avait pas encore abimé – bien qu’il fût composé de rescapés de ces deux formations – recueillait 24 % des suffrages. Mais même en additionnant les bulletins de votes, ces trois partis n’étaient pas parvenus à séduire plus de 50 % des électeurs. Cette fois-ci, les sondages créditent la troïka d’un score avoisinant les 60 % (Likoud 26 %, travaillistes 15 % et Kadima 19 %)."


        • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 3 février 2009 12:45

          Cosmic

          Merci pour ces précisions. Il faut cependant comprendre, de cette mosaïque, que le Likoud, s’il détient la majorité des sièges, n’entend pas solliciter une alliance avec Kadima. Madame Livni n’est pas assurée de détenir un poste ministériel dans un gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu. En l’absence de Kadima, le Likoud devra, il me semble, créer des liens avec d’autres tiers partis, plus à droite de l’échiquier qu’au centre. Cela pourrait se traduire par une radicalisation d’Israël dans la région et à l’égard de la politique américaine. 

          Pierre R.


        • morice morice 3 février 2009 12:48

          livin est déjà viré de plans de Benjamin depuis belle lurette : ils ne peuvent pas s’encadrer, et Benj l’a déjà complètement laminée, ce que je décris dans mon article. Extrait :

          La grande perdante s’appelant Livni, jugée trop centriste, et ce qui reste du mouvement d’Ariel Sharon, désormais aussi comateux que son leader : "Kadima est crédité de 25 sièges contre 29. Les travaillistes (centre-gauche) obtiendraient environ 16 mandats contre 19 actuellement. Les médias ont d’ores et déjà intronisé M. Netanyahu Premier ministre." Un Netanyahou qui fustige déjà le groupe de Livni, qu’il déteste personnellement : "Ils ne participeront pas à mon gouvernement. Après deux semaines et demie dans l’opposition, ils s’effondreront. Les gens comprendront que c’est un parti qui n’a pas lieu d’exister. Seul le pouvoir les unit. Il n’y a aucun ciment à Kadima. Sans le pouvoir, ils n’existent pas".


        • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 3 février 2009 13:01

           Pierre
          Qu’est-ce qu’on disait smiley

          Léon ignore peut-être qu’une démocratie ne se mesure pas exclusivement à une élection (suivie d’un coup d’Etat militaire et de l’instauration d’un régime fasciste exterminant ses opposants), mais à l’instauration d’un système démocratique, c’est-à-dire un système au sein duquel l’opposition a le droit d’exister smiley


        • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 3 février 2009 13:41

          Leon

          Dans les tiers partis, il y a une possible alliance avec le parti religieux Shas qui, rappelons-le, avait refusé une semblable alliance avec le parti Kadima de Tzipi Livni. Madame Livni n’avait pu former un gouvernement en raison du refus de ce parti de se joindre à un gouvernement de coalition sous le Kadima. Tout indique que le parti religieux Shas ne refuserait pas une alliance stratégique avec le Likoud pour former un prochain gouvernement.

          En éditorial, le quotidien Haaretz dit craindre notamment cette trop grande fragmentation du prochain gouvernement israélien : « Electing the three candidates while their positions are not clear, in view of the extremism on the political periphery, the breakdown of the Knesset into small factions and the difficult challenges facing the next government, is dangerous. During the short interval that is left until the elections, the voters must demand clear answers and unequivocal commitments on matters of security, politics, society and economy  ».

          Pierre R.


        • sisyphe sisyphe 3 février 2009 14:46

          							par Cosmic Dancer 							 														 (IP:xxx.x20.126.169) le 3 février 2009 à 13H01 							 							
          							

          															
          							
           								

          Léon ignore peut-être qu’une démocratie ne se mesure pas exclusivement à une élection (suivie d’un coup d’Etat militaire et de l’instauration d’un régime fasciste exterminant ses opposants), mais à l’instauration d’un système démocratique, c’est-à-dire un système au sein duquel l’opposition a le droit d’exister

          Eh oui !
          L’état d’Israel est en train d’accélérer sa nazification, et voila Cosmic Dancer toute guillerette !
          On ne saurait être plus claire... smiley

          De plus, elle ose parler "d’opposition", quand, depuis maintenant la mort de Rabin, ce n’est que la droite et l’extrème-droite qui gouvernent en Israel ; celle là, d’opposition ! smiley

          En tout cas, preuve est faite que la majorité du peuple israelien a définitivement basculé du côté de la barbarie.. Belle réussite "démocratique" !

          							

        • Cosmic Dancer Cosmic Dancer 3 février 2009 18:08

          Je suis toute disposée à ce que nos vaillants défenseurs du noble et démocratiquement élu Hamas m’expliquent ce qu’est une démocratie à l’aune de leur vision politique.


        • Le péripate Le péripate 4 février 2009 00:09

           La démocratie, ce n’est pas seulement le gouvernement de la majorité, mais aussi le respect des minorités. Cette deuxième partie est souvent difficile à accepter. 
          Mais c’est surtout le meilleur moyen de changer de gouvernement sans violences. Et rien que pour ça, il faut l’aimer. Pour ça, mais pas plus. Parce que dès que la majorité ou les plus influents s’aperçoivent qu’ils peuvent se voter rentes, avantages, la démocratie elle-même en souffre.

          Pour la démocratie israélienne, l’enjeu est tout autre. Et la proportionnelle fait monter les enchères. Pour obtenir une majorité, seule la dernière voix compte réellement. C’est normal qu’elle vaille très chère.


        • Le péripate Le péripate 4 février 2009 00:11

           Comprendre la voix qui fait franchir le seuil de la majorité.


        • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 4 février 2009 09:15

          Léon

          Permettez-moi de citer Eliezer Ben Rafaël, Professeur de sociologie à l’université de Tel-Aviv, qui, dans un entretien accordé à l’hebdomadaire l’Express, apportait cette distinction, qui va dans le sens que vous proposez : « En Occident - France, Royaume-Uni, Etats-Unis - la démocratie s’est développée dans des sociétés où une philosophie et une réflexion libérales étaient préexistantes : je songe aux Lumières, par exemple. Dans un pays tel que le Japon, en revanche, le système démocratique a été importé, et le libéralisme est apparu au fil du temps. Israël appartient à cette deuxième catégorie. Les pères fondateurs étaient des révolutionnaires et des guerriers, qui venaient de Russie, de Pologne, de Roumanie. A présent, si le régime est démocratique, ses acteurs ne l’ont pas toujours été, et le libéralisme, au sens anglo-saxon, ne s’établit que progressivement. [...] En Israël, le défi consiste à accorder un maximum de démocratie et de libertés dans un Etat qui reste, par nature, un « Etat juif ». Or, pour un pays, être « juif » et « démocratique », cela n’a rien à voir. C’est contradictoire, même, et les non-juifs israéliens en savent quelque chose ».

          Pierre R.


        • mcm 3 février 2009 11:12

          Voici quelques précisions qui aideront à comprendre, pourquoi le Balad est un parti dont la légalité est contestée :

          Azmi Bishara, fondateur du Balad, est un ex-député israélien, il a écrit que le Hezbollah était un mouvement de résistance se battant dans une guerre menée par un gouvernement israélien dirigé par « des médiocres, des lâches et des opportunistes » qui étaient responsables d’un « vandalisme barbare et du ciblage délibéré des civiles ».

          Bishara et des députés du Balad voyagent souvent en Syrie et au Liban, Bishara à l’occasion de d’un voyage en Syrie, a fait publiquement l’apologie du Hesbollah, tous ces faits ont conduit à sa mise sous enquête pour blanchissage d’argent, contact avec un agent étranger, fourniture d’informations à l’ennemi et, plus sérieusement, assistance à l’ennemi durant la guerre.

          Ce sont les plus sérieuses allégations jamais portées contre un député israélien et qui signifient effectivement que Bishara doit soit rester en exil à l’étranger ou bien retourner pour affronter la perspective d’une condamnation à une longue peine de prison

          Le journal Yedioth Ahronoth a publié des articles rapportant que des mises sous écoute téléphonique par le Shin Bet, ont enregistré des conversations de Bishara durant la guerre, dans lesquelles il avait parlé à des « contacts de Hezbollah » en les dirigeant vers des « cibles optimales pour leurs missiles », rapportant aussi qu’il avait obtenu des « centaines de milliers de dollars en liquide » via des changeurs de monnaie à Jérusalem Est.

          Bishara nie ces allégations, disant qu’il n’a parlé à personne du Hezbollah durant la guerre. « Est-il vrai que j’étais au téléphone ? Oui, et les gens écoutaient. Mais parlais-je au Hezbollah ? La réponse est non », il nie aussi les allégations sur le blanchissage d’argent.

          Bishara n’est jamais retourné chez lui, après avoir remis sa démission du Knesset à l’ambassade israélienne au Caire, il vit maintenant avec son épouse et leurs deux enfants dans l’appartement d’un ami à Amman en Jordanie.


          • Zalka Zalka 3 février 2009 11:19

            Mcm, vous illustrez à merveillle la méthode des islamogauchistes. Lorsque quelqu’un critique l’islam, ceux ci rétorquent sur les défauts du christianisme ou d’Israël. Vous c’est la manière opposé : on montre du doigt un dangeureux fanatique, et vous bottez en touche sur le type qui est à l’opposé de l’échiquier...


          • mcm 3 février 2009 12:12

            @Zalka,

            Par mes positions, je me situe à l’extême opposé des islamistes, en celà vous avez raison, car sans être un fan de Avigdor Lieberman, j’approuve la fermeté de ses positions, en rejetant toutefois sa théorie qui voudrait traiter le cas palestinien par une extermination massive du genre Hiroshima ou Nagasaki.

            Par contre, les positions de Avigdor Lieberman concernant Jérusalem, qui ne sera jamais négociable sont un réél reflet de la réalité, jamais aucune demande arabe concernant Jérusalem ne sera acceptée par l’opinion Israélienne.

            Mes précisions sur le Balad exposent des faits ( et non pas mon opinion ), pour fournir des informations qui aident à comprendre le paysage politique Israélien, si voulez mon opinion, je ne suis pas pour l’interdiction du Balad, mais je suis pour les poursuites judiciaires contre les terroristes et leurs complices dont Azmi Bishara, si les charges qui pèsent sur lui sont démontrées.


          • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 3 février 2009 12:37

            Mcm

            Il convient de préciser que ce parti a fait l’objet de deux décisions d’exclusion de la Commission électorale centrale de la Knesset, et que ces deux décisions ont été renversées par la Cour suprême d’Israël. 

            Pierre R.


          • Le Rocher 3 février 2009 11:32

            Tout ça fait très peur, ces extrémistes de droite sont capables de tout et le jeu politique israëlien fait monter les enchères. C’est à celui qui aura les prises de positions les plus va-t-en guerre et les solutions les plus radicales. Liebermann en est le porte drapeau.
            C’est même plus des faucons mais des dingues. Et en plus ils possèdent la puissance nucléaire, c’en est à espérer que l’Iran la possède aussi pour équilibrer les forces.
            Ce n’est pas parce qu’ils sont élus démocratiquement , Ahmnani-Najad aussi l’a été, ce que l’on nous oppose à tout bout de champ en ce qui concerne la puissance israëlienne, que ça change la donne. Ces gens sont hyper dangereux, il n’y a que les USA qui ont encore un semblant de contrôle sur les ministres israéliens. Pour combien de temps ?


            • morice morice 3 février 2009 11:38

              Israel verse extrême-droite, aujourd"hui tout le monde trouve ça normal sans gueuler ? Elle est où, la démocratie ?? Lieberman est un clone parfait de Mussolini, voilà ce qu’il aurait fallu ECRIRE.


            • Zalka Zalka 3 février 2009 12:05

              @Dom : Momo est un peu comme Avigdor finalement. Pour la démocratie, mais pas celle qui permet aux types trop éloignés de lui d’en faire partie.


            • morice morice 3 février 2009 12:44

              répète un peu là...


            • Zalka Zalka 3 février 2009 13:50

              Ok Momo, je répète.

              Vous trouvez les propos de Liberman condamnable ? Moi aussi.
              En particulier lorsqu’il s’agit d’exclure les partis arabes israëlien. C’est d’autant plus idiot, que la conséquence pourrait être de faire basculer une large partie de cette communauté dans une guerre ouverte contre la majorité juive.

              Mais vous ne proposez rien d’autre que de l’exclure lui aussi. Au risque d’en faire un martyr et de propager ses idées.


            • morice morice 4 février 2009 02:15

               il y a d’autres moyens, comme celui de tracer son portrait véritable...


            • morice morice 4 février 2009 02:16

               mussolini est devenu Duce à la proportionnelle, avec seulement 35 députés.... sur plus de 400 : Lieberman prend le même chemin !! exactement le même !!!


            • Sébastien Sébastien 3 février 2009 12:14

              Tres bon article !

              Ce n’est pas le sujet, certes, mais il ne faut pas reduire la politique israelienne a des problemes exterieurs et le vote se fera aussi massivement sur des programmes de politique interieure et notamment economiques.


              • morice morice 3 février 2009 12:45

                "équilibré" sur un Mussolinien ??


              • Pierre R. Chantelois Pierre R. Chantelois 3 février 2009 12:47

                Dom22

                Merci. En effet, comme je l’indiquais précédemment, l’analyse politique sur Agoravox est un exercice fort périlleux.

                Pierre R.


              • morice morice 4 février 2009 02:12

                 mon article parlait d’un individu qui se prend pour Mussolini, le même que celui décrit ici


              • morice morice 3 février 2009 12:49

                La ce n’est pas une analyse, car vos chiffres sont faux et Lieberman est présenté comme une colombe....


                • goc goc 3 février 2009 13:20

                  Il est clair que ces elections permettront enfin de faire tomber les masques.

                  d’abord le coté soi-disant democratique d’israel, pays ou 20% de ses habitants ne sont representé que par 8% de députés, et je ne parle pas des droits plus que limités des israeliens non juifs, cela a un nom : ça s’appel "appartheid" donc politique purement raciste.

                  ensuite le fait qu’une majorité d’israeliens juifs votent pour les partis d’extreme-droite ne fera que confirmer que c’est bien toute cette population qui est raciste, et non uniquement ses dirigeants. De plus cela prouvera bien que le sionnisme est bien un concept extremiste incluant doucement dans l’esprit des gens l’idée de solution finale.

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