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Accueil du site > Actualités > International > Le soulèvement par la faim en Corée du Nord ?

Le soulèvement par la faim en Corée du Nord ?

La colère est née en Tunisie poussant le président Ben Ali à quitter le pouvoir. Elle s’est répandue en Afrique du Nord avec l’Egypte et le départ le 11 février de Hosni Mubarak. Le Yémen a connu des heurts violents et la Libye n’a pas tardé à suivre avec un Kadhafi ébranlé. Les peuples se lèvent contre ce qu’ils considèrent des dictatures et ça se déplace vers l'Asie. 

Les échos se font ressentir doucement dans certains pays comme au Bahreïn ou dans une moinde mesure en Chine. Les manifestations y sont plutôt bien maîtrisées pour le moment ne faisant craindre rien d’inquiétant. Mais qu’en est-il de la dictature la plus enclavée de la planète, la Corée du Nord ? Il semblerait que le pays bouillonne actuellement, mais pas pour les mêmes raisons. Selon les médias d’Asie du Nord-est, des manifestations se seraient tenues le 14 février, deux jours avant l’anniversaire du grand leader, dans les villes de Jongju, Yongchon et Sonchon dans la province au Nord de Pyongyang. La raison : nourriture et électricité. Une source nord-coréenne rapporte qu’un ou deux habitants ont sorti des porte-voix pour y crier « Nous ne pouvons plus vivre ! Donnez-nous du feu ! Donnez-nous du riz ! », rassemblant rapidement autour d’eux une bonne partie des villageois. Dans l'incapacité d’identifier les personnes qui ont lancé le mouvement, les autorités auraient préféré répondre par un froid silence. Un phénomène rare en Corée où la dénonciation était la meilleure façon de s’en sortir à bon compte. Désormais, ils se couvrent les uns les autres. La colère peut après tout se comprendre. Le gouvernement a décidé de décharger les villes autour de Pyongyang en électricité afin d’éclairer de mille feux la capitale nord-coréenne pour les 70 ans du père Kim (69 ans pour certains). Les villes de Jongju et Yongchon sont les plus sensibles en Corée du Nord. En avril 2004, une bombe avait explosé juste après le passage du train de Kim Jong-Il. Les habitants n’y craignent pas les représailles. 

La situation semble relativement délicate actuellement au Nord du 38e parallèle. Le récent appel fait par Pyongyang à l’Organisation des Nations Unies pour nourrir son peuple montre bien qu’en ce moment, tout ne roule pas comme sur des roulettes. A l’heure actuelle, des experts de l’organisation internationale sont sur place pour évaluer les dégâts dus à la famine et estimer l’aide nécessaire pour ce pays de 24 millions d’habitants. Selon les spécialistes, Pyongyang ne pourrait nourrir que 20% de la population, le reste se débrouillant en faisant du business avec la Chine et surtout en opérant un marché noir. Le pouvoir n’a pas le choix. S’il casse les canaux de distribution souterrains, les manifestations éclateront. Le « Black Market » doit faire partie de l’économie nord-coréenne, sans quoi le pays serait fragiliséLe manque d’aide de la part du Sud joue forcément un rôle. Les deux précédents gouvernements avaient autorisé l’envoi total de 500 000 tonnes de nourritures et 300 000 tonnes d’engrais. Lee Myung-Bak a décidé de limiter les aides, provoquant au passage quelques conflits sanglants (essai nucléaire, torpillage de bateau, bombardement terrestre, etc.). Selon Kim Sung-Min, un transfuge nord-coréen de la radio FNKR, préciser que « le gouvernement sud-coréen estime à 1,4 millions de soldats et 2,6 millions d’habitants de Pyongyang le nombre de personnes ayant accès aux rations de nourritures, le « Cher Leader » ne sachant que faire pour le reste ». 

Mais revenons à nos moutons. La Corée du Nord peut-elle s'effondrer dans la même verve que les puissances du Moyen Orient et d’Afrique du Nord ? On sait à quel point la dictature communiste et l’Egypte sont liées. On sait également que ce qu’il se passe en Libye, où Kadhafi tenait d’une main ferme le pays comme le « Brelan Kim » (Il-Sung, Jong-Il et Jong-Un) à tenu jusqu'à présent la Corée du Nord, pourrait inquiéter les autorités de Pyongyang si le régime venait à être renversé. La seule différence, c’est que les mouvements qui ont renversé les dictatures depuis le début de l’année se sont lancés grâce à l’Internet et les réseaux sociaux. En Corée du Nord, ces mots n’existent pas. Ou du moins quasiment pas. Seuls les hauts-placés y ont accès. Mais l’accès à l’information par les autorités nord-coréennes a déjà été digéré… par les Chinois. Le site KCNA, premier site d’information sur la Corée du Nord, rapporte que les informations sur ce qu’il se passe actuellement dans le monde étaient filtrées par la Chine avant d’être déversées sur l’Internet nord-coréen. Le 15 février, Internet est comparé à un « virus du diable qui affecte les psychologies des internautes, désinformant l’opinion publique », dans un éditorial du Chinese People’s Daily. Une seconde information est accessible le 20 février décrivant que « la Chine mène des campagnes pour éviter le déploiement de toute information vulgaire ou érotique sur Internet et les téléphones mobiles […] afin de créer une culture harmonieuse et aider les plus jeunes à se trouver dans de bonnes conditions mentales ». Et le lendemain, un nouveau message était disponible sur la toile nord-coréenne relatant l’action prise par la Chine envers la volonté des USA de créer un fond de 30 milliards de dollars pour la liberté sur Internet : « La position du gouvernement chinois est telle que la liberté de l’Internet est garantie par la loi du pays et que les USA feraient bien d’éviter de mettre leur nez dans les affaires des Chinois en termes d’accès à Internet ». Bref, des messages censés rassurés les diplomates nord-coréens en montrant que la Chine maîtrise parfaitement son sujet et qu’elle serait un support de premier planLe titre de l’article du journal chinois paru en ligne « Commentary : The Internet belongs to all, not just the US  » montre à quel point les USA feraient bien de se calmer. Au regard de ce contrôle ultra-poussé de l’Internet, la Corée du Nord ne connaîtra vraisemblablement pas de mouvements tels que nous voyons en Afrique du Nord. A moins que la faim prenne le dessus et que 20 millions de nord-coréens trouvent un moyen de se soulever en même temps contre Kim Jong-Il et son fils… 

 
Par Arosmik
Site : http://encoreedusud.blogspot.com
Twitter : www.twitter.com/encoreedusud

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12 réactions à cet article    


  • dup 23 février 2011 09:38

    là ça va être beaucoup plus dur . C’est le regime le plus terrible de la planète. Les reportages sur la corée du nord sont de vrais films d’épouvante.


    • dup 23 février 2011 09:44

      on can live without bullet ,but one can not live without bullets

      du grand philosophe Kim Jong Il . Un peu la version du notre père donnez nous aujourdh’hui notre balle quotidienne . Ce pays est simplement surrealiste et infernal


      http://www.boreme.com/boreme/funny-2007/dear-kim-jong-p1.php


      • pingveno 23 février 2011 12:53

        Et en french, ça donne quoi ?


      • dup 23 février 2011 15:21

        en french ça donne : On peut vivre sans sucreries ,mais personne ne peut vivre sans balles.

        hautement poetique ,. Même Confucius n’a pas fait aussi fort


      • slipenfer 23 février 2011 10:20

        SLT rosmik
        On compte sur toi pour des info de première mains

        la censure là bas est efficace.

        d’accord avec dup ,sauf qu’ a voir le kim
        comme cela on penserai plutôt a un môme trop gavé. smiley
        Pas la tronche d’un staline.
        qui commande vraiment dans ce pays ?
        On verra bien.....
         


        • Mammon 23 février 2011 10:24

          Bonjour Arosmik

          Il ne me semble pas que ce soit la première fois que des émeutes éclatent en Corée du Nord, la réforme monétaire entreprise par le régime l’année dernière (réévaluation du won qui a mis à mal le marché noir) ayant déjà passablement échauffé les esprits.
          Il ne faut pas oublier non plus que Kim-Jong-Il est sur la pente descendante question santé, et que la succession de son fils Kim-Jong-Un n’emporte probablement pas l’adhésion de tous les caciques du régime...
          Si révolution il y a, elle viendra à mon avis de la rébellion de certains généraux et de leurs unités, éloignées de Pyongyang, qui tenteront à ce moment-là de rallier les populations locales à leurs causes. Famine et contestation de la légitimité du successeur du « Cher Leader », voire les deux en même temps, sont de très forts motifs de mécontentement dans ce pays.

          Mais attendons de voir, tout est tellement imprévisible dans le « royaume ermite »...
           


          • LE CHAT LE CHAT 23 février 2011 12:53

            le régime sera à terre avant la fin de l’année ! il est déjà condamné .....


            • stephanemot stephanemot 23 février 2011 14:54

              Le regime nord coreen est deja mort. Ni l’ideologie ni le culte de la personnalite ne percutent plus desormais, et ce n’est pas la photo du Genial General KIM Jong-un tenant ses binoculaires a l’envers qui va sauver les meubles. Seul Beijing empeche jusqu’a present l’effondrement du systeme.

              A mon avis, des trois courants qui dechirent la classe dirigeante (pour simplifier : Juche, Beijing et Sunshine), c’est la Chine qui detient la clef aujourd’hui :
              http://seoulvillage.blogspot.com/2010/07/after-cheonan-tragedy-juche-sunshine-or.html

              Mais la Chine elle-meme n’est pas a l’abri. Et les rumeurs vont bon train sur le prochain coup de calgon du Cher Leader (plus pres de Seoul et du Gyeonggi-do, si possible avec de petits relents radioactifs).


              • ssj4gokusama 23 février 2011 20:01

                De toute façon c’est évident que la Chine a mis sous perfusion le régime nord-Coréen. Pour une raison assez simple : l’argent. Et c’est d’autant plus évident aujourd’hui maintenant qu’elle est la 2e puissance économique mondiale. Et effectivement une situation conflictuelle dans le Pacifique sud, que cela soit uniquement intérieure à la Corée du Nord ou frontale avec le Sud -Pire des deux situations vu que la Chine sera pris entre deux feux de vouloir soutenir ce qui est censé être un « allié »( mais plus une grosse aiguille dans leur pied maintenant, pour ne pas parler d’un couteau enfoncé dans le dos) et de ne pas froisser les investisseurs occidentaux-, ce serait mauvais pour leur économie, même si le reste du Pacifique Sud en pâtirait. Ils auraient donc tout intêret au statu-quo. Et dans le pire des cas, si le conflit, quel qu’il soit est inéluctable, ils auraient tout intérêt à ce qu’une conclusion intervienne rapidement...et dans la situation 2 ils ne mettraient probablement pas de veto à une coalition internationale pour une intervention armée dans la zone, où de toute façon USA et Corée du Sud (+Japon) n’attendront pas les tractations à l’ONU, à l’image de la guerre en Irak de 2003 pour passer à l’action.


              • papi 23 février 2011 17:30


                Si des émeutes éclatent, je crains que le terme « bain de sang » ne soit même plus approprié pour
                décrire l’horreur dans lequel ce pauvre peuple va être précipité.. Quelle misère  !!
                 


                • dom y loulou dom y loulou 23 février 2011 19:52

                  d’autres ont remarqué que youtube est entièrement censuré depuis bientôt 24 heures ?


                  • dom y loulou dom y loulou 23 février 2011 20:47

                    nono c’est ma machine qui déconne ;)

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