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Le vent de liberté : souffle-t-il à nouveau sur le versant sud de la Méditerranée ?

  Les pays de l’Afrique arabe ont été secoués dans les années cinquante par de grands mouvements d’agitation populaire qui ont contraint les autorités coloniales de l’époque à leur octroyer l’indépendance : la Libye en 1951, le Maroc et la Tunisie en 1956, la Mauritanie en 1960 et l’Algérie en 1962. L’Egypte quant à elle, ayant acquis une indépendance tout à fait relative, n’a été réellement libérée du joug colonialiste qu’en 1953 après la chute d’une monarchie complètement dominée par la Grande Bretagne et la proclamation de la république par Jamal Abdel Nasser qui a permis au pays de récupérer le Canal de Suez encore sous occupation étrangère.

 Au fil des années qui se sont écoulées depuis cette épopée historique, l’horizon politique de ces peuples s’est peu à peu estompé ; leurs rêves pour un Eden et un avenir heureux se sont hélas évaporés. A l’exception d’une minorité de privilégiés, la masse a continué à vivre dans l’ignorance et la misère. Et pourtant des milliers de victimes sont tombés pour l’acquisition de cette indépendance tant attendue. Un million de morts pour la seule Algérie…tous ces martyrs qui ont permis à une poignée de militaires et à leur agent Bouteflika de profiter aujourd’hui des richesses agricoles et minières de l’Algérie.

 Aux gouvernants européens se sont succédés en effet des administrateurs nationaux qui se sont avérés plus cruels et plus intraitables que les pires colonialistes. A la tête de ces Etats se sont intronisés en effet des gradés militaires, des individus sans expérience politique ni soutien populaire, des parvenus qui deviennent avec le temps de véritables souverains absolus, grisés par le pouvoir et imbus de la supériorité de leur personne et la prééminence de leurs idées et décisions.

 Deux choses perpétuent le règne de ces potentats. L’ignorance de la grande majorité de leurs peuples, en quelque sorte voulue par les gouvernants et la peur de la répression. En Tunisie comme en Egypte ce sont des intellectuels, des diplômées chômeurs qui ont été à l’origine des soulèvements. Le tunisien Bouazizi qui s’est immolé à Sidi Bouzid est un ancien lycéen qui a été contraint de rompre ses études secondaires pour devenir marchand de fruits. Les prisons égyptienne et tunisienne regorgent de prisonniers politiques, pour la plupart des intellectuels qui ont osé un jour exprimé librement leurs opinions ou demandé le changement. La pauvreté, l’ignorance et surtout la crainte de la répression contraignent le reste c'est-à-dire les masses populaires, à croire malgré eux en leur destin de malheur, à se soumettre et à accepter leur situation précaire. Bien entendu quand ils sont encouragés par leurs élites, ils se joignent aux manifestants et laissent exploser leur colère et leur amertume, bien souvent avec beaucoup de violence et de brutalité.

 Aujourd’hui toute la jeunesse nord africaine souhaite que les événements survenus en Egypte et en Tunisie s’étendent à d’autres Etats du Maghreb, des pays qui connaissent la même situation d’exploitation populaire et une énorme disparité entre les classes, avec une minorité de privilégiés (dont les généraux de l’armée) qui possèdent 90% des richesses nationales et le reste du peuple marginalisé qui végète dans la misère et l’ignorance. C’est là une triste vérité que chacun doit avoir le courage de reconnaître.

 Seulement voila. Certains régimes totalitaires de la région semblent avoir pris toutes les mesures de sécurité et de défense pour parer à toute éventualité et pérenniser leur empire. Le 12 février dernier une marche a été organisée à Alger à l’appel de la coordination nationale pour la démocratie et le changement (CNDC) pour dénoncer le vide politique et demander des changements. D’importantes et imposantes forces de l’ordre ont été mobilisées par les autorités pour empêcher cette marche pacifique. Pour contrer 2000 manifestants les forces de police ont fait appel à 30.000 agents, soit un pour quinze, sans parler des milices du pouvoir (en civil) qui se comptent par milliers. Bien entendu et comme toujours les responsables algériens ont essayé de minimiser l’ampleur de la contestation. Pour le ministre des Affaires étrangères « l’Algérie ce n est ni l’Egypte ni la Tunisie ». Comprenez bien le fond de la pensée du ministre à savoir « que le régime de Bouteflika que les Islamistes ne sont pas parvenus à inquiéter, ne se laissera pas déborder par de simples mouvements de rue ».

 Il en est de même pour la Libye qui mobilise deux forces de l’ordre : une police en tenue et un corps en civil, « des gardiens de la révolution », qui constituent une milice bien entraînée aux combats de rue. Sans parler de l’armée qui reste en état d’alerte. Quelle est la position des Etats européens face au comportement de ces Etats totalitaires qui compriment les aspirations de leurs peuples et les privent de leurs droits et des richesses de leurs pays ? Les porte-parole de leurs gouvernements, quand ils osent s’exprimer, le font avec beaucoup de diplomatie en utilisant des expressions très tactiques et adroites destinées à plaire aussi bien aux manifestants qu’aux autorités, telles que « Laisser les manifestations se dérouler librement » ou bien « éviter les moyens de répression ». Aucune condamnation ferme et solennelle n’est prononcée, de peur de mécontenter de bons partenaires économiques ! Un grand dirigeant européen aurait même dit qu’il préférait un gouvernement Bouteflika à un régime taliban. Dans les deux cas il s’agit d’un pouvoir autocrate. Mais alors quelle place occupe le peuple dans ces deux systèmes ?

 De par sa situation géographique et son histoire aussi bien ancienne que récente, cette région de l’Afrique du Nord se trouve et restera indubitablement tournée vers sa sœur jumelle de l’autre coté de la Méditerranée. Les croyances religieuses de ses habitants inspirées d’un islam malékite tolérant, ouvert à tous les courants de la civilisation, n’ont jamais été une source de haine ou de rejet des autres. Les millions de touristes européens qui visitent les pays du Maghreb ne tarissent pas d’éloges à propos de l’amabilité et de l’hospitalité de ses habitants.

 Un vent de révolte, un vent de liberté porteur de parfum de jasmin et de fleur d’oranger souffle actuellement sur cette région pour balayer la dictature des militaires et ouvrir la voie à la démocratie véritable. Faisons en sorte que ce printemps s’installe, que le ciel maghrébin s’éclaircisse et que les roses éclosent. Amen.             


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2 réactions à cet article    


  • le journal de personne le journal de personne 18 février 2011 15:09

    Les plombés
    Et un matin on se lève avec l’envie de tout faire cesser.
    Ni A, ni B, c’est la levée de tous les boucliers :
    On vient de réaliser que rien ne sert de vivre ou de mourir,
    si nous ne sommes pas en mesure de ré-enchanter le monde avec un plan C !
    Qui n’a rien de commun avec les deux premiers.
    Quitte à mourir, autant mourir pour une idée.
    C’est la connerie universelle et nécessaire de l’actuel millénaire.
    C comme colis piégé.
    Boum…
    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/02/les-plombes/


    • mek123 18 février 2011 19:58


      Même au Maroc on aprend par le journaliste marocain Alli lmrabet le palais aurez passez une commande à Israël, du matériel anti-émeute, qui aurez était livrez par les airs avec un avion-cargo C 130. Il aurez était réceptionné il y ?a une 10 seine de jour à l ?aéroport militaire Ben Slimane.

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