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Accueil du site > Actualités > International > Le coût socio-économique de la canne à sucre

Le coût socio-économique de la canne à sucre

 L’ONG Repórter Brasil a divulgué un rapport qui traite de la production de canne à sucre au Brésil en 2009. S’il faut en croire ce rapport, la situation est catastrophique. Les cas d’esclavage, violations des droits des travailleurs, destruction de milieux naturels et invasions de territoires Indiens sont innombrables. La production de canne à sucre à atteint 612,2 millions de tonnes en 2009, une hausse de 7,1% par rapport à l’année précédente. L’état de São Paulo concentre à lui seul 57,8% de cette production. Dans l’état de Goiás, l’augmentation de production fut de 50%. De toute cette production, 20% est déjà contrôlé par le capital international. 

En Europe, on est habitué à une vision fausse ou partielle de la réalité en ce qui concerne les problème socio-économiques du Brésil. Rares sont les informations vérifiées, exemptes de préjugés, d’amalgames ou de raccourcis trop rapides. 
 
Les phrases telles que "Au Brésil on détruit la forêt amazonienne pour produire du biocarburant"
ne sont pas rares, alors qu’il suffit de connaître un peu le pays pour découvrir que ce sont les pâturages abandonnés, résultats de la destruction de la forêt, qui sont à leur tour réutilisés pour la culture du soja, vendu entre autres en Europe pour nourrir le bétail...
 
Mais qu’en est-il de la production de "bio-carburant" au Brésil ? 
 
La production de bio-éthanol au Brésil provoque en effet de nombreux problèmes socio-économiques. La plus grande entreprise de production de transformation de sucre en éthanol en activité au Brésil, la "Cosan" à été ajoutée à la liste noire du "travail esclave" du Ministère du Travail brésilien. Le "travail esclave" est un terme utilisé au Brésil pour décrire un type classique d’esclavage moderne qui consiste à recruter des personnes marginalisées économiquement, de leur faire un chantage consistant à les "persuader" qu’ils ont une dette et ainsi les faire travailler de force, avec des armes pour tout argument. Bien sûr, l’esclavage au Brésil est heureusement marginal, mais il ternit gravement son image dans le reste du monde comme l’a rappelé récemment le député fédéral brésilien Luis Carlos Heinze. 
 
L’entreprise incriminée, bien sûr, n’a pas accepté cet état de fait et essaye de faire retirer son nom de la fameuse liste, ce qui va entraîner une procédure judiciaire. Beaucoup d’usines ont été prises en flagrant délit d’esclavage dans ces plantations. L’usine Santa Cruz du groupe José Pessoa, a été prise en flagrant délit trois fois de suite en 2009. Le 15 mai, 150 travailleurs esclavagisés ont été découverts, le 6 juin, 324, et on en dénombrait 122 le 11 novembre. Il faut noter que cette entreprise comme d’autres ont signé une charte pour l’éradication du "travail esclave". Malgré cela, même après n’avoir clairement pas respecté ces engagements, ils continuent en tant que signataires de cette même charte en l’utilisant comme un simple outil de marketing. 
 
Les actions contre le travail esclave au Brésil sont non seulement peu nombreuses mais en plus peu efficaces. Le secteur de production de canne à sucre au Brésil est celui qui est le plus touché par l’esclavage. En 2009, 1911 travailleurs ont été libérés dans ces exploitations, d’après 16 cas de dénonciations. Il y a à peu près un million de travailleurs dans ce secteur, qui souffrent de beaucoup de violations des droits de l’homme et du travail, particulièrement en ce qui concerne la longueur de la journée de travail, la sécurité et la santé du travailleur.
 
En 2007 et en 2008, l’état de Mato Grosso et celui voisin de Mato Grosso do Sul ont subi les plus grandes destructions de forêt du Brésil (ces régions sont éloignées de l’Amazonie, le type de forêt y est différent), et ce, pour permettre l’expansion des cultures de canne à sucre. En 2007, la canne à sucre substituait donc 1119 hectares de forêt du Mato Grosso do Sul et 1892 hectares au Mato Grosso. En 2008, ce dernier état a perdu 2385 hectares de forêt.
 
La "Confédération de l’Agriculture et de l’Élevage" du Brésil (CNA), une des associations les plus influentes dans le secteur, fait pression pour que la législation soit changée au Brésil en matière d’environnement : ils exigent l’expansion de la culture de la canne à sucre sur des zones actuellement préservées d’une manière permanente, appelées "APPs". Dans l’état de Goiás, beaucoup de ces zones, généralement des sources et cours d’eau, sont déjà affectées et souffrent des conséquences de l’expansion de la culture de la canne à sucre. Dans ces régions, les gens qui osent s’opposer à ces groupes sont victimes de continuelles menaces. La culture de la canne à sucre est classée troisième plus grande consommatrice de substances
agro-toxiques, après le maïs et le soja. L’impact sur les cours d’eaux et les nappes phréatique est catastrophique.
 
Même si certains indiquent le plan "ZAE" , (un découpage en "zones agro-écologiques") comme solution pour le problème de l’impact sur l’environnement de la culture de la canne à sucre, ce plan n’a pas réponse à tout. L’interdiction d’agrandissement de la zone plantation en Amazonie peut pousser les cultures vers d’autres biotopes, comme le type particulier de savane brésilienne appelé "cerrado". Cette région est extrêmement fragmentée et dégradée. La plantation de canne à sucre dans les régions considérées comme potentielles peuvent compromettre gravement certains processus écologiques importants. Déjà de vastes exploitations sont de réels obstacles à la migration d’espèces animales endémiques. Également pour d’autres biotopes, le découpage "ZAE" reste trop favorable à l’expansion de la culture de la canne à sucre, compromettant sérieusement la biodiversité dans certaines régions.
 
La canne à sucre peut aussi entrer en concurrence avec d’autres cultures et de cette façon affecter sérieusement la production d’aliments et ainsi la sécurité alimentaire. Le projet "ZAE" s’étend en effet dans des zones traditionnellement dédiées à la culture de grains. Ceci affecte directement la production locale d’aliments et porte préjudice à de petits agriculteurs. Cela peut être la cause directe d’une hausse des prix des aliments de bases. 
 
Les populations d’Indiens sont aussi sévèrement touchées par cette expansion sans limite de la culture de la canne à sucre. Malgré le fait que la célèbre Fondation Nationale de l’Indien  (FUNAI) ait délimité de nombreuses zones protégées, des 42 terres reconnues dans l’état du Mato Grosso do Sul, la majeure partie se situe en plein dans la région d’expansion des cultures.
Actuellement, 16 usines sont localisées dans des municipalités qui sont reconnues comme habitées entre autre par des Indiens. Avec l’expansion de ces cultures (le soja également), les Indiens sont confinés dans des espaces minuscules, ce qui aggrave les conflits territoriaux et augmente la violence dans la région. Le Mato Grosso do Sul a été la scène de 42 meurtres d’Indiens en 2008, avec un total de 60 pour le pays entier (de ceux qui furent dénoncé, bien sûr)
Le 18 septembre 2009, un campement Indien proche d’une zone de culture de canne à sucre a été attaqué par des hommes armés, qui ont incendié baraques et biens et ont blessé par balle un Indien de 62 ans. Plusieurs usines avancent en terre Indienne illégalement. D’après le "Centre de Suivi des Agro-combustibles", au moins quatre usines se fourniraient de canne provenant de territoires reconnus ou revendiqués, mais dans tous les cas en processus d’étude par la FUNAI.
 


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12 réactions à cet article    


  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 8 mars 2010 10:10

    Bonjour,

    le plus navrant dans cette histoire est que le sucre roux, meilleur et plus sain, a été décidé par l’élite qui préférait le blanc, craignant que l’autre était...sale. c’est ainsi que depuis, le peuple peut jouit d’un sucre raffiné blanc, bien plus difficile à obtenir et néfaste à l’environnement alors que l’élite aujourd’hui préfère le roux... ! Mais alors, et les betteraves , production en tonnes 2003 2004 :

    France 29 358 296 13 % 29 419 000 12 % États-Unis 27 744 430 12 % 27 002 350 11 %Nous ne devrions pas avoir besoin de sucre exotique transporté par mer de nos « colonies »...

    • Djapaskero Djapaskero 8 mars 2010 19:58
      Merci de votre commentaire

      C’est vrai qu’en France, vous avez du sucre de betterave très raffiné. Le sucre de betterave fut imposé par Napoléon pour ne pas devoir acheter des produits venant des colonies.
      Ici au Brésil, nous avons un sucre de canne fort raffiné aussi et qui n’est pas brun. Le sucre de canne brun (mascavo) est connu dans les milieux bio et macrobiotiques. Le résultat de notre sucre blanc est tout de même moins « blanc » pour certaines marques que le sucre de betterave.

      Toutes ces entreprises sitées dans l’article font du sucre en vue de produire de l’acool, vendu aux étzts-unis et en Europe, et également pour le marché national comme carburant. Ici on utilise énormément l’alcool comme carburant pour les voitures et également comme désinfectant.

    • lharmas 8 mars 2010 10:16

      Je plusse mais avec quelques doutes car ils n’en parlent pas au 20h00 ... (?)


      • Djapaskero Djapaskero 8 mars 2010 20:17

        Bonjour Tharmas !


        Je ne sais pas si votre message est ironique...

        Mais je vais le considéré comme tel. Ici au Brésil, les sources qui ont informés de ce rapport sont également fort restreintes. Je ne me souviens pas avoir vu la nouvelle au journal national, mais il est possible que le rapport aie été nommé entre deux matières, dans un journal. 



      • ZEN ZEN 8 mars 2010 12:30

        Merci pour ce billet
        Le Brésil suscite l’admiration du FMI...
        Exact, on n’en parle pas à le télé au 20h00
        Mais que fait Lula, sinon favoriser les multinationales... ?
        la nécessaire réforme agraire s’éloigne un peu plus et le soja (aussi) devient matière à devises , au détriment de l’avenir du pays

        Quand la violence et l’impunité prime
        Le mouvement s’organise

        -"Dans ce pays aux quatre millions de familles dépourvues de terre, de vastes étendues - presque 60 % des surfaces rurales - appartiennent à moins de 3 % des propriétaires.De façon continue, de la colonie à l’Empire en passant par les gouvernements républicains, les élites ont toujours été attentives face à la possibilité qu’une telle quantité de terres ne facilite la transformation rapide de l’esclave ou de l’ouvrier agricole en petit propriétaire rural. C’est ainsi que furent prises les mesures nécessaires pour empêcher leur accès à la terre, tout en favorisant une accumulation limitée aux cercles du pouvoir. Le travailleur agricole est, historiquement, le plus pénalisé de tous les travailleurs brésiliens."(Carla Ferreira)

        - Le Brésil est le troisième exportateur de ressources naturelles dans le monde. En matière de ressources hydrauliques, le pays possède la plus grande biodiversité au monde et la plus grande réserve d’eau douce, avec le delta de l’Amazone. Selon le MST, le climat brésilien est propice à l’agriculture. Pourtant, plus de 40 des 170 millions d’habitants y souffrent de la faim.

        -"Les terres qui devraient être utilisées pour la réforme agraire sont destinées aux entreprises étrangères pour la production d’eucaliptus, de soja, de bétail et d’agro-combustibles« , a assuré le coordinateur national du MST.

        - »Cette violence radicale des logiques mercantiles et inégalitaires dominantes est à la source de multiples autres violences, mais aussi de mouvements sociaux en plein essor, riches des métissages créateurs qui ont constamment façonné ce pays."(Pierre-Alain Baud, Frères des Hommes )


        • Tony Pirard 8 mars 2010 16:01

           Les Européens ne connaissent au Brésil ou ne savent Géographie... !Seul l’êtat de Minas Gerais c’est plus grande que tout l’extension térritorial française.

           Mais,La Presse Européenne ne perderait une opportunité de dire tout ce qu’elle ne sait sur le Brésil.Pour commencement de converse, MST est un groupe illégal terroriste,anti-démocratique,tous le donnés fourni ou sont faux ou dehors de la réalité.

           Et plus,ils reçoivent argent du gouvernment Lula.Mr Djapasquero devrait savoir un plus sur leurs font de données avant de servir de font de manouevre de ces groupes marxistes et fascistes.
           Ou ,il fait de ouîs-mouches !ou veut dire sandices au autres... !
           


          • Djapaskero Djapaskero 8 mars 2010 20:52

            Tony Pirard


            Qui à parlé des MST ici ? Peut-être le commentaire au-dessus du votre. Quand à l’article, il n’a aucunne référence à ce mouvement, ni de près ni de loin. 


          • Tony Pirard 8 mars 2010 21:14

             La source de donnés de cet article,c’est une vraie source de Mensonges.. !Le journal National a montré le MST envahissent une ferme au Brésil et détrissent 1000 pieds de orangerie d’une entreprise,aprés les envahisseurs plaçent.... SABLE dans les moteurs de tracteur et chamion,volent presque tous les meubles de la ferme....

             Avez-vous oublié de mentionner ces faits dans votre « merveilleux » article.L’unique esclavage au Brésil c’est du MST pratiquée contre leurs propres membres.

             Il faut avoir courage et dire la vérité.... !


            • Djapaskero Djapaskero 8 mars 2010 22:23

              Parce-que vous considérez le journal national comme une source sure ?

              laissez-moi rire !!!!

              Qui sont les menteurs ??
              Vous êtes totalement naïf. Si vous voulez, je vous met en contact direct avec les responsables de « Repórter Brasil », qui est une ONG qui lutte contre les abus, notamment l’esclavage.
              Si VOUS voyez un lien entre MST et RB, c’est votre problème. C’est totalement naturel que des activistes sans terres du mouvement MST se fassent entendre également par RB, ça ne veux pas dire que RB soit un OUTIL DE PROPAGANDE de MST, ne commencez pas à dire des innepties sur le sérieux de ce rapport, car vous serez vite à court d’argument.

              • Tony Pirard 8 mars 2010 22:49

                 Combien sont-ils payant pour défendre une organisation illégale terroriste et anti-démocratique... ?
                 Les photos sont clair sur la TV ! Laissez... d’être hypocrite...tout le Brésil a vu la destruction des 1000 pieds de orangeries par le MST.

                 Les ONGs,sont l’autres organisations douteuses,que sont sur les regards du Congress brésilien...

                 Vous n’avez pas argument pour discuter et profite de mensonges... !


                • Djapaskero Djapaskero 9 mars 2010 04:02

                  Vous avez le droit de penser qu’il y a des irrégularités dans la distribution des ressources pour les ONG, par le gouvernement fédéral, cela n’angage que vous.


                  Par contre, vous ne pourrez jamais prétendre que ces resources sont particulièrement élevées en ce qui concerne Repórter Brasil. Par exemple, certaines ONGs comme l’ INstituto De Pesquisa e Desenvolvimento, Empreendimentos científicos e tecnológicos, Fundação Artur Bernardes, 
                  FEDERACAO BRASILEIRA DE CONVENTION & VISITORS BUREAUX, etc. ont droits à des ressources beaucoup plus grosses.

                  Si vous prétendez que certaines ONGs ont des irrégularités dans leur fonctionnement interne, dites carément de quelles ONGs il s’agit. L’ONG du fils de Sarney ? ou bien les fameuses ONG incriminées dernièrement par la FUNASA ? (Instituto Desenvolvimento Sanitário em Meio Tropical, Federação das Organizações Indígenas do Rio Negro (Foirn), Instituto Brasileiro pelo Desenvolvimento Sanitário (IBDS), Conselho Indígena do Vale do Javari (Civaja), Coordenação das Organizações Indígenas da Amazônia Brasileira (Coiab), Instituto de Desenvolvimento de Atividades de Auto-Sustentação das Populações Indígenas (Indaspi), Organização dos Povos Indígenas do Médio Purus (Opimp), e União das Nações Indígenas de Tefé (Unitefé))

                  S’il ce n’est pas de ces ONGs que vous parlez, DE QUOI PARLEZ VOUS ? Moi-même je travaille pour une ONG à Belo Horizonte et ce n’est pas la première fois que je constate ce genre de remarques. On apelle cela de la difamation.

                  Combien sont-ils payant pour défendre une organisation illégale terroriste et anti-démocratique... ?
                  « Les photos sont clair sur la TV ! Laissez... d’être hypocrite...tout le Brésil a vu la destruction des 1000 pieds de orangeries par le MST. »


                  ENCORE UNE FOIS, pouvez-vous me PROUVER qu’il y a un lien entre l’ONG Repórter Brasil et le mouvement MST ???

                  Vous déblatérez toujours la même chose, comme si le fait était acquit qu’il y avait un lien entre les deux. Avez vous lut le rapport en question ? Voulez-vous promovoir le travail esclave ? Prétendez-vous qu’il n’y a pas de travail esclave dans le secteur de la canne-à-sucre ? Votre haine contre le mouvement sans terre vous rend totalement aveugle et vous fait totalement oublier qu’ici nous parlons de conditions de travail inhumaines !!!


                • Djapaskero Djapaskero 9 mars 2010 04:20

                  Si votre but est de polémiquer contre les mouvement marxistes, je pense que vous vous êtes trompés d’article. En effet, l’ONG Repórter Brasil ainsi que cet article ne défend aucun système politique, ni aucun mouvement.


                  Allez plutôt voir cet article, vous vous défoulerez avec plus d’ardeur...

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